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Développement durable ?

DÉPARTEMENT MANAGEMENT INTERNATIONAL


2020-2021
Quelle place dans les
enseignements à l’IMT ?

Une question
incontournable et
transversale, une UV de
M1-M2 axée sur la notion
de responsabilité (IRES)
Plan
1. RETOUR SUR UN CONCEPT PAS SI CONSENSUEL OU COMMENT
L’ÉCONOMIE ABORDE LA QUESTION ENVIRONNEMENTALE ?
2. D’AUTRES FAÇONS DE COMPTER ? DE PRODUIRE ET
TRAVAILLER ? DE VENDRE ET CONSOMMER ?
1. Retour sur un concept pas si consensuel
ou comment l’économie aborde la question
environnementale ?
E C O N O M I E E T E N V I R O N N E M E N T P E U V E N T- I L S FA I R E B O N M É N A G E ?
S O U T E N A B I L I T É F O RT E E T FA I B L E
D E S O U T I L S I M P O RTA N T S … M A I S TO U J O U R S À D I S C U T E R
Environnement et économie peuvent-ils faire bon
ménage ?
• L’environnement comme angle mort des questions économiques : « Les richesses naturelles sont inépuisables,
car sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l'objet des
sciences économiques. » Jean-Baptiste SAY.
•Pourtant la « terre » était au cœur des approches économiques des physiocrates et des classiques (XVIII et
XIXéme siècle)
•Mais les enjeux environnementaux disparaissent fin XIX – début XXéme : croissance sans limite, foi dans le
progrès technique, pollution optimale, …
Environnement et économie peuvent-ils faire bon
ménage ?
• L’environnement comme angle mort des questions économiques : « Les richesses naturelles
sont inépuisables, car sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être multipliées
ni épuisées, elles ne sont pas l'objet des sciences économiques. » Jean-Baptiste SAY.

•Pourtant la « terre » était au cœur des approches économiques des physiocrates et des
classiques (XVIII et XIXéme siècle)
• Le rôle central de la question agricole
• Les limites à la croissance et la marche vers un état stationnaire… (D. Ricardo)
• … pas si dramatique que cela (J.S Mill)

•Mais les enjeux environnementaux disparaissent fin XIX – début XXéme : croissance sans
limite, foi dans le progrès technique, pollution optimale, …
Une croissance sans limite ?

Solow : une croissance continue, dépendant du progrès technique et permettant la convergence des
pays…

La courbe de « Kuznets » « environnementale » : changements des modes de prod. et de conso. (cf. les « lois » d'Engel).,
modifications des préférences politiques, etc...
Au mieux, l’environnement comme « contrainte
contournable » : exemple de la « pollution optimale »
Le principe d'une pollution

optimale : « Les pays sous-peuplés


d'Afrique sont largement sous-
pollués. La qualité de l'air y est d'un
niveau inutilement élevé par
rapport à Los Angeles ou Mexico.
(…) Il faut encourager une
migration plus importante des
industries polluantes vers les pays
les moins avancés »
Larry Summers, Banque Mondiale.
L’environnement contre-attaque ?
Le retour des « limites de la
croissance » (rapport Meadows,
1972) et les critiques de Nordhaus
(solution optimale +3,5° en 2100…).

L’invention (ou la redécouverte) de la


notion de développement durable :
« répondre aux besoins présents sans
compromettre la capacité des générations
futures à satisfaire les leurs » (rapport
Brundtland, 1987).
Mais soutenabilité
faible ou forte ?
Des outils importants mais limités
oExternalités, prise en compte des « parties prenantes
oEffets Rebonds et analyse dynamique
oTaux d’actualisation et valeur du futur
oMéthodes de mesure, d’évaluation et/ou de
monétarisation
Vers des approches totalement renouvelées ?

Le principe d'entropie et les travaux de Georgescu-Roegen (« l'énergie utilisable
est progressivement transformée en énergie inutilisable ») et la notion
d’irréversibilité (ou point de basculement). → vers la décroissance ?

Croissance, décroissance ou mauvaise façon de compter ? Des limites du PIB aux
indicateurs alternatifs → Méda, Gadrey

Les limites sociales à la croissance : inefficacité technique et perte d'autonomie
(Illich et Gorz) ; biens positionnels et consommations ostentatoires (de Veblen à F.
Hirsch).
 Article D. Méda « Le changement climatique nous oblige à revoir nos connaissances, y compris en sciences
économiques », Le Monde, Octobre 2020
2. Des méthodes ou
modèles alternatifs ?
D’AUTRES FAÇONS DE COMPTER ?
D’AUTRES FAÇONS DE PRODUIRE ET TRAVAILLER ?
D’AUTRES FAÇONS DE VENDRE ET CONSOMMER ?
D’autres façons de compter et d’évaluer ?
Comptabilité verte et notation socio-environnementale
[Comment les agences de notation se positionnent vis-à-vis de la gouvernance des entreprises ? R. Kammoun]

Peut-on « compter différemment » en entreprise ?


Des indicateurs de performance et de contrôle renouvelés ?
[ex. impact des logiques de standardisation des procédés dans le secteur médico-social, L. Nirello]

La productivité a-t-elle encore un sens ?


[ex. des temps de travail dans le secteur médico-social ? FX Devetter]

Comment aller au-delà du « green washing » ou de la


« dénonciation »? [ ex. travaux sur les « codes de conduites » des FMN ; C. Sehier]
Indicateurs de performances et de richesse alternatifs
De la remise en cause du PIB…
◦ non prise en compte des stocks,
◦ des coûts et des gains oubliés,
◦ absence de prise en compte des inégalités,
◦ des « qualités » différentes,
◦ le non-monétaire, …
… à l’émergence d’indicateurs alternatifs :
◦ IDH, un précurseur…
◦ indicateurs centrés sur le bien-être social sans monétarisation
◦ Indicateurs environnementaux sans monétarisation
◦ indicateurs « enrichissant les comptes nationaux »
Trois questions méthodologiques insolubles :
◦ Quelles dimensions retenir ?
◦ Trouver une échelle commune ?
◦ Quelle pondération d’agrégation ?
Un exemple en économie du travail :
de la durée hebdomadaire à la
disponibilité temporelle.
• L’analyse du temps de travail repose
essentiellement sur la seule dimension de la
durée. Pourtant d’autres dimensions sont
déterminantes : localisation et prévisibilité
notamment.
•Intégrer ces différentes dimensions modifie la
compréhension de certains phénomènes comme :
• Les inégalités entre femmes et hommes
• Les inégalités sociales
• La situation spécifique de certains emplois en horaires
fragmentés par exemple ()
D’autres façons de produire et
travailler ?
Quel impact sur le management des ressources humaines ? Que signifie l’accent mis sur la
« bonheur au travail » ou la « qualité de vie au travail »? Comment comprendre l’(a)
(in)satisfaction au travail ? (A. Léné)
Comment prendre en compte les mécanismes dysfonctionnels dans les organisations ? Quels
sont par exemple les facteurs associés au harcèlement ? (A. Léné, projet RELREL)
Comment appréhender la « qualité des emplois » ?
◦ Attention nationale et internationale croissante autour de notions comme le « travail décent » (BIT) ou les
indicateurs de qualité de l’emploi (UE indicateurs de Laeken) notamment dans le cadre de la stratégie
« More and Better jobs ».
◦ Mais comment opérationnaliser ces attentes ? Des indicateurs (voir « comment compter différemment ? »)
mais également des modèles productifs renouvelés : « entreprises libérées » ? ( ex. dans le secteur de
l’aide à domicile ; Laura Nirello et FX Devetter, projet SIRCE)
D’autres façons de produire et
travailler ?
Des acteurs alternatifs : ESS et associations [L. Nirello ; FX Devetter]
◦ Importance économique et sociale de l’ESS notamment pour certains secteurs en croissance
(médico-social)
◦ Mais des résultats en termes de qualité de l’emploi assez médiocres…
◦ … qu’il convient d’analyser avec prudence en tenant compte notamment des politiques publiques.

Quel rôle pour les NTIC dans la transformation de la réalité sociale et économique des
territoires ? Comment peuvent-elles favoriser une politique de développement durable ? [
exemple des iles bretonnes, J. Lazes]

Economie circulaire (ex. Projet RECONVERT sur le secteur du bâtiment et de la


déconstruction)
D’autres façons de vendre et consommer ?
Une question de stratégie des entreprises mais aussi pour les
« territoires » ? (J. Lazès)

La RSEE et son impact sur les chaînes de valeurs globales (Clément


Séhier) ou sur les achats publics (FX Devetter).

Temps de travail et développement durable : quelle articulation


entre durée du travail et consommations ? (FX Devetter)
Temps de travail, consommation « coûts
environnementaux »
Toutes choses égales par ailleurs, la réduction du temps de travail réduit les consommations les plus
polluantes (grands logements, transports, alimentation).
The impact of working hours on certain types of consumption
Source: Enquête budget des ménages, 2001 [Survey on household budgets]. The figures are ‘odds ratios’ from the logistic regression calculations (see box).
The more the value diverges from 1, the greater the impact of working hours. The results are significant at the 1% level except those marked * which are significant at the 5% level.

Variables   Owning a Owning a Owning a Owning a Employing High Eating out Houses with
tumble- freezer dishwasher microwave a cleaner electricity more than 6
dryer oven bills rooms
Working time Less than 35                
by week for hours 0.794 0.832* 0.698 0.767* -- -- 0.734 --
the household                
36 to 79 hours Ref. Ref. Ref. Ref. Ref. Ref. Ref. Ref.
               
1.244 1.109 1.336 -- 2.204 1.202* 1.295 1.347
80+ hours

L’extension des périodes travaillées et la désynchronisation des rythmes accroissent les pollutions
(notamment liées aux transports)
(absence de) Conclusion
Des questions qui interrogent l’ensemble des
enseignements
Une nécessaire interdisciplinarité
Une impérieuse modestie qui renvoie à l’importance d’une
participation large
Synthèse (non exhaustive) de la place du DD
dans les enseignements du département MI
L1 – Découverte de l’entreprise Le rôle de Responsabilité sociale et environnementales des entreprises
La notion d’externalités
L1 – Introduction à la comptabilité Notion de comptabilité environnementale
Rôle social du contrôle de gestion
L1 – Actualité économique Une semaine spécifique sur la question écologique
L2 – Méthod. des sciences sociales Interrogation sur le rôle des indicateurs et les enjeux environnementaux et sociaux
L3 – Stratégie des entreprises Analyse critique de la RSEE
M1 – M2 Transformations numériques Impacts sociaux et environnementaux des NTIC
M1 – M2 Ingénieur international Commerce international : impacts sur le marché du travail et sur l’environnement
Langues Introduction to the environment (LV1 – L1)
Environmental issues and work ethics: Board meeting simulation: polluting the river (LV1 –L3)
Semaine intensive : croître ou ne pas croître ? (LV2 – L3)
Semaine intensive sur la diversité (Intercuturel - L3)

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