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GENETIQUE DES CANCERS

CAS CLINIQUE
Cas clinique
Une femme de 30 ans consulte pour des antécédents familiaux de
cancer du sein. Elle n’a pas d’antécédents personnels notables.
L’interrogatoire retrouve un grand père paternel décédé d’un
cancer du pancréas, et deux cas de cancer du sein chez un oncle et
une tante paternels. Le père de la patiente est bien portant. La
patiente a un frère et une sœur.
1- Dessiner l’arbre généalogique de cette famille.
2- Que vous évoque l’histoire familiale ? Sur quels arguments ?
3- Quelle démarche diagnostique adoptez-vous pour organiser le
conseil génétique ?
4- Quels sont les deux principaux gènes impliqués ? A quelle classe de
gènes appartiennent-ils ?
5- Une mutation de l’un des deux gènes étudiés a été identifiée. Quel
gène est a priori muté et pourquoi ?
Réponse
1- pedigree
2- Il s’agit très probablement d’une
prédisposition héréditaire au cancer du sein
devant la présence :
- de trois apparentés du premier degré dans la
même branche parentale que le cas index
ayant des cancers du même spectre (sein et
pancréas)
- un homme ayant un cancer du sein
3- Il faut commencer par rechercher la mutation causale chez
l’un des patients, dans ce cas l’oncle paternel de
préférence, sinon la tante.

- Un sujet porteur de la mutation peut ne pas développer la


maladie (pénétrance incomplète). Par contre il a 50% de
risque de la transmettre à sa descendance. Si la mutation
est retrouvée, ceci confirme la prédisposition génétique au
cancer du sein. Les apparentés ont un risque de développer
un cancer beaucoup plus grand que celui de la population
générale. Le diagnostic pré-symptomatique (test prédictif)
est indiqué dans ce cas.
3- si la mutation est retrouvée chez l’oncle ou la tante, ces
derniers ont très probablement hérité la mutation de leur
père décédé d’un cancer du pancréas. Leur frère (qui est le
père du cas index) a 50% de risque d’avoir l’allèle muté. Le
risque à priori pour notre patiente et ses frère et sœur est
donc de 25%.
- si les apparentés n’ont pas la mutation, le risque de
développer un cancer est celui de la population générale.
- si aucune mutation n’est retrouvée chez l’oncle et la tante,
ceci n’élimine pas l’hypothèse de la prédisposition
héréditaire. Il faut surveiller les autres membres de la
famille comme étant à haut risque de développer un
cancer.
4- Les gènes BRCA1 et BRCA2 sont des gènes
suppresseurs de tumeurs.
5- Le gène BRCA2 est plus fréquemment muté
dans les cancers du sein chez l’homme ou
l’association de cancer du sein et cancer du
pancréas.