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TRAITEMENT ET PRISE EN

CHARGE DE L’ OBESITE
INTRODUCTION
Problème de santé publique .
OMS: Véritable épidémie
Grand nombre de complications (diabète type2
,HTA ,pathologies cardiovasculaires ,respiratoires …
Traitement difficile,nécessité d’un suivi au long cours.
Bénéfice de la perte de poids avec diminution
significative de la morbi mortalité .
Prévention du gain de poids .
DEFINITION /CLASSIFICATION
Surpoids et obésité =accumulation anormale ou
excessive de graisse corporelle pouvant nuire à la santé.
Définition de l’OMS :
* surpoids =IMC égal ou supérieur à 25
*l’obésité = IMC égal ou supérieur à 30.
Statut pondéral défini par l’indice de masse corporel :
IMC = poids (kg)/taille² (m²)
L’IMC est la mesure la plus utile du surpoids et de
l’obésité.
Elle s’applique aux deux sexes et à toutes les tranches
d’âge adulte, Il doit toutefois être considéré comme
une indication approximative car il ne correspond pas
nécessairement à la même masse graisseuse selon les
individus.
Chez les moins de 18 ans, il faut calculer l’IMC de la
même façon que chez l’adulte et reporter la valeur sur les
courbes spécifiques de l’IMC en fonction de l’âge.
Répartition de la masse grasse: la mesure du rapport
tour de taille/tour de hanches:
*obésité androïde :
F: TT/TH >0.8
H: TT/TH >0.95
*obésité gynoïde :
F: TT/TH <0.8
H: TT/TH <0.95
Ce rapport tend à être remplacé par la mesure de la
circonférence abdominale qui permet d’apprécier
facilement en clinique les risques métaboliques liés à
l’excès de poids et à l’obésité.
Risque métabolique élevé pour un :
TT >80 cm chez la femme
TT>94cm chez l’homme
Quantification de la masse grasse:
-Clinique :pli cutané brachial
-Examens paracliniques: peu utilisés
* Densitométrie corporelle
*Méthode isotopique .
*Impédancemétrie
*Imagerie des parties molles
Syndrome métabolique : deux
critères diagnostiques

glycémie ≥ 1 g/l ou diabète de type 2 préalablement


diagnostiqué
 obésité centrale définie par un tour de taille ≥ 94 cm pour
les hommes et ≥ 80 cm pour les femmes
 triglycérides ≥ 1g50 ou traitement spécifique de cette
anomalie lipidique
 HDL-c < 0,40 g/l pour les hommes et < 0,50 g/l pour les
femmes ou un traitement spécifique pour cette anomalie
lipidique
 tension artérielle systolique ≥ 130 mmHg ou diastolique ≥
85 mmHg ou traitement d'une hypertension préalablement
diagnostiquée).
EPIDEMIOLOGIE
Epidémie mondiale .
Dernières estimations mondiales de l’OMS pour 2005:
*Environ 1.6 milliard d’adultes (15 ans et plus) avaient un
surpoids.
*Au moins 400 millions d’adultes étaient obèses.
*Au moins 20 millions d’enfants de moins de 5 ans
avaient un surpoids .
2.6 millions de personnes décèdent chaque année du
fait de leur surpoids ou de leur obésité .
L’OMS prévoit que d’ici 2015 ,quelque 2.3 milliards
d’adultes auront un surpoids et plus de 700 millions
seront obèses.
Autrefois considérés comme des problèmes propres aux
pays à haut revenu, le surpoids et l’obésité augmentent
de façon spectaculaire dans les pays à faible ou moyen
revenu, surtout en milieu urbain.
Obésité en Algérie :
Une étude menée par le professeur Kemali en 2003
(étude de l’IMC de la population d’un quartier d’Alger)
révèle que:
* près de la moitié présente une obésité.
*1/3 accuse un surpoids,
* 15,1 % ont un excès pondéral franc
* 1,2 % une obésité morbide.
PHYSIOPATHOLOGIE
Maladie d’organe :le tissu adipeux
 Maladie multifactorielle combinant des facteurs
génétiques encore mal identifiés et des facteurs
environnementaux principalement liés à
l’alimentation et au manque d’activité physique.
Conséquence de l’augmentation des réserves
énergétiques stockées sous forme de triglycérides dans
les adipocytes.
Normalement, il existe un équilibre entre les dépenses
énergétiques de l’organisme et les apports énergétiques
de l’alimentation. L’obésité résulte d’un dérèglement
de cet équilibre.
Causes d’obésité :
Formes syndromiques :
*syndrome de Prader Willi
*Autres formes syndromiques :associant retard
mental sévère ,des doigts et orteils surnuméraires et
des anomalies de la vision.
Formes endocriniennes :
* Syndrome de cushing .
*Hypothyroidie .
*Insulinome
Obésité iatrogène : neuroleptiques ,glucocorticoides
,antiépileptiques …
Anomalies de la base du crane :
*craniopharyngiome, tumeurs hypothalamiques,
gliome, sarcoïdose, encéphalite …
 Troubles du comportement alimentaire :
*Compulsion et épisodes boulimiques .
*Night eating syndrome .(syndrome d’hyperphagie
nocturne ).
CONSEQUENCES DE L’OBESITE

 DIMINUTION DE l’ESPERANCE DE VIE :


* de 7,1 ans chez les femmes et 5,8 ans chez les
hommes de 40 ans obèses (Framingham).
*Le risque de morbidité augmente continuellement
entre un IMC de 25 à 30 kg/m2 et encore plus
rapidement pour les IMC plus élevés.
 Complications :
Risque cardio vasculaire : prévalence de HTA x 4 .
Troubles métaboliques:
*Hypercholestérolémie
* Intolérance au glucose : prévalence x 8 .
*Diabète de type 2
Troubles respiratoires :
syndrome d’apnée hypopnée obstructive du sommeil
(70 % des SAHOS sont obèses)
 Pathologies ostéo articulaires :
risque d’ arthrose augmente dès IMC > 25
 Pathologies digestives :
Lithiases vésiculaires, Reflux gastro-oesophagien, Stéatose
hépatique
 Pathologie psychiatrique :
Prévalence dépression majeure x 1,8
Cancers hormono dépendants : seins ,utérus ,ovaires.
Altération de la qualité de vie
discrimination sociale et professionnelle.
 IMPACT ECONOMIQUE:
Surcout de santé , consommation soins x 2.
PRISE EN CHARGE
Objectifs :
1*obtention d’une perte de poids :
-perte initiale de 10% du poids de départ à atteindre
en 6 mois (0.5 à 1 kg par semaine ).
-Perte de poids plus rapide ne confère pas de
meilleurs résultats à long terme .
2 *Prévention de la reprise du poids .
Moyens :
*Régime alimentaire
*Activité physique
*Thérapie cognitivo comportementale
*pharmacothérapie
*Traitement chirurgical
Approche diététique
Le traitement de l'obésité est dans tous les cas basé sur
une réduction calorique.
 L'apport énergétique doit être inférieur à la
consommation d’ énergie .
Le principe de base d'un régime hypocalorique est
qu'il doit fournir tous les nutriments essentiels
(surtout protéines, vitamines et minéraux).
Le degré de restriction énergétique peut varier et doit
être déterminé pour chaque patient .
Restriction énergétique modérée:
apportant 1200à 1600kcal/24 heures, produira un
amaigrissement de 0,5 à 1,0 kg par semaine. Cela signifie
qu'il faudra environ 6 mois pour atteindre l'objectif cible
d'une réduction de 10% du poids initial.
Restriction énergétique sévère :
*Les régimes sévèrement hypocaloriques apportent par jour
moins de 800 kcal.
*Indiqué dans l’obésité morbide .
*Dans les cas ou il faut obtenir une perte de poids rapide (ex
:chirurgie ).
*Doit être réalisé sous surveillance médicale .
Composition d’un régime hypocalorique
Activité physique
L'activité physique est un élément essentiel du
traitement de l'obésité.

Le type d’activité physique est important ainsi, la


pratique régulière de la marche ou de la bicyclette
réduit le poids d’une personne, qu’elle soit obèse ou
non, et la perte de tissu concerne la masse grasse sans
réduire la masse musculaire .
La plupart des recommandations officielles sont de 30
minutes par jour, la plupart des jours de la semaine .

Chez un sujet obèse, il faut environ 60 minutes d’activité


physique quotidienne pour aider à induire une perte de
poids et 80 minutes d’activité physique quotidienne pour
ne pas en reprendre après un résultat satisfaisant.
THÉRAPIE
COGNITIVO-COMPORTEMENTALE
Elle vise à développer des stratégies pour obtenir un contrôle
du choix des aliments et du comportement alimentaire.
 Favoriser la motivation : modifier son mode de vie est
une tâche qui demande un grand degré d'autonomie et
d'enthousiasme de la part du patient.
 Contrôle des stimuli : Le comportement
alimentaire, considéré comme une série ou un enchaînement
d’événements, est déclenché par toute une suite de signaux
externes et internes. Le patient apprend à intervenir
précocement dans cette chaîne pour prévenir le
comportement alimentaire non désiré.
 Modifications des pensées auto destructrices : Les
personnes obèses adoptent souvent des pensées ou des
attitudes d'auto dépréciation ,la TCC les aide à modifier
ces pensées et ces convictions.
 Auto-contrôle acquis :les situations émotionnelles
provoquent très souvent des difficultés à maintenir le
contrôle du comportement alimentaire.Ce phénomène est
connu sous le terme "désinhibition" ou "contre-régulation«
quelques techniques sont inculquées pour modifier ce
comportement alimentaire émotionnel .
Traitement médical
D'une façon générale, les médicaments anti-obésité
peuvent agir :

 En régulant l'appétit, c'est-à dire en modifiant le


comportement alimentaire (anorexigènes).

 En inhibant la résorption intestinale des aliments,


en particulier les graisses.
 Régulateurs du comportement alimentaire
Les médicaments dits anorexigènes agissent en
augmentant la concentration intra-synaptique de
dopamine, de noradrénaline et/ou de sérotonine.
Cet effet peut être obtenu en favorisant la libération pré-
synaptique de ces amines et/ou en inhibant leur
recapture neuronale.
*La sibutramine :(Reductil®)
agit en inhibant la recapture neuronale de la noradrénaline
et de la sérotonine, et dans une moindre mesure de la
dopamine.
prescription (entre 10 et 20 mg par jour) s’accompagne
d’une diminution de l’appétit et d’une augmentation de la
dépense d’énergie.
L’efficacité par rapport au groupe placebo est une perte
supplémentaire de 3 à 6 kg après 6 mois de traitement et de
4,5 kg supplémentaires à 12 mois.
La prescription s’accompagne chez les patients diabétiques
d’une réduction de la glycémie et de l’hémoglobine glyquée.
 Aucun effet significatif n’est noté sur la formule lipidique.
Les effets secondaires principaux sont une tachycardie ,une
hypertension artérielle et parfois des troubles du rythme .
Médicament suspendu depuis le mois de Janvier .
 Inhibiteurs de la résorption intestinale :
*Orlistat :(Xenical®)
C’est un inhibiteur des lipases digestives, réduisant la
digestion et l’absorption des lipides alimentaires, de telle
manière que 30 % environ des graisses ingérées sont
retrouvées dans les selles.
La dose à prescrire est de 360 mg en 3 prises.
L’efficacité par rapport au groupe placebo est une perte
supplémentaire de 2,6 kg après 6 mois de traitement et de
2,9 kg supplémentaires à 12 mois (soit une perte moyenne
totale de 8 kg à 12 mois).
Réduction de la glycémie et de l’HbA1c chez les sujets
diabétiques .
Un effet favorable est noté sur les triglycérides et sur le
LDL-cholestérol.
Les effets secondaires principaux sont surtout digestifs
(diarrhées , douleurs abdominales, troubles
dyspeptiques ).
Nouvelle substance:Rimonabant
 C’est le premier médicament agissant sur le système endocannabinoïde
(système physiologique récemment découvert. Il joue un rôle important
dans la régulation de l’apport alimentaire, le
stockage et le métabolisme des graisses et du glucose),il réduit la prise
alimentaire.
Actions favorables sur les facteurs de risque.
La dose à prescrire est de 20 mg en une prise .
L’efficacité par rapport au groupe placebo est une perte supplémentaire de 5
à 6 kg au bout d’un an.
Réduction du tour de taille de 5 à 6 cm .
 Réduction s de 15 % des triglycérides .
Augmentation de 9 % du HDL cholestérol.
Les effets secondaires :des troubles dépressifs ; troubles digestifs (nausées,
vomissements et diarrhée ).
Produits ne pouvant être recommandés dans le
traitement de l’obésité
Les sympatho-mimétiques:ont dominé pendant des
années le marché des anorexigènes sans que leur
efficacité soit scientifiquement évaluée .
A l’heure actuelle, ils n’ont plus de place dans le
traitement de l’obésité.
Hormones:
*Thyroxine son effet thermogénique augmente le
métabolisme de repos ,les doses efficaces entrainent
des complications cardiovasculaires et osseuses graves.
*B HCG ,hormones de croissance :abandonnés.
A qui prescrire un médicament
anti-obésité ?
Lorsqu'un patient n'a pas perdu un demi-kg par
semaine après au moins 6 mois de régime
hypocalorique et d'activité physique intense .
Si le patient se plaint essentiellement d'une sensation
de faim, il faut privilégier un traitement frénateur de
l'appétit.
Si le patient présente une hypertension artérielle ou
une élévation du taux de cholestérol LDL, il paraît
préférable de prescrire un inhibiteur des lipases
digestives.
Les médicaments anti-obésité doivent être réservés aux
patients qui ont soit une obésité avérée (BMI > 30 kg/m2),
soit un excès de poids (BMI > 27 kg/m2) avec des
complications ou facteurs de risque directement en
relation avec la surcharge pondérale.
Ils ne peuvent être envisagés que s'ils sont prescrits en
complément d'un régime hypocalorique et d'une activité
physique.
Critère de bonne réponse au traitement
Des essais cliniques ont montré que les patients qui
répondent favorablement les premières semaines à
premiers mois sont ceux qui obtiendront le meilleur
bénéfice lors d'un traitement à long terme.
Si le patient ne perd pas 2 kg dans les 4 premières
semaines de traitement, les chances de bonne réponse
à terme sont extrêmement faibles.
Le traitement médicamenteux doit être interrompu
après 12 semaines si le patient n’a pas perdu au moins
5% du poids initial.
Quand faut il arrêter le TRT chez le patient
répondeur
Si le poids est perdu durant les 6 premiers mois, le
traitement peut être poursuivi pour éviter une reprise
pondérale.
Le traitement peut donc être poursuivi aussi
longtemps qu'il s'avère efficace (poursuite de la perte
de poids ou maintien du poids perdu) et que les effets
indésirables sont peu importants.
Il n'y a actuellement aucune indication quant à la
durée maximale de traitement, mais les essais
cliniques publiés n'excèdent pas une durée de 2 ans.
TRAITEMENT CHIRURGICAL
La chirurgie est considérée actuellement comme le
seul traitement efficace de l'obésité morbide .
Chirurgie bariatrique (du grec baros, qui signifie
lourd).
La chirurgie bariatrique regroupe un ensemble de
techniques.
Principes du traitement chirurgical
Deux principes différents:
* Diminuer la quantité de nourriture acceptée par
l’estomac, et en retarder l’évacuation, techniques
“restrictives pures” =GASTROPLASTIES

* Diminuer la quantité de nourriture absorbée par


l’intestin : techniques dites “malabsortives” = COURTS-
CIRCUITS

* Associer les deux objectifs : techniques mixtes.


TECHNIQUES RESTRICTIVES

1- Gastroplastie verticale calibrée:


Selon MASON :
* Elle réalise une poche gastrique dont la capacité varie de 15 à 25 ml, établie par
agrafage vertical le long de la petite courbure et communiquant avec le reste de
l’estomac par un petit chenal calibré par une bande prothétique.
Selon MAC LEAN :
 Transsection de la poche gastrique pour la séparer du reste de l’estomac .
 Evite la reperméabilisation de la ligne d’agrafes .
 Actuellement, les GVC sont réalisées par laparoscopie selon la technique de
MacLean.
Complications : fistule gastrique ,érosion gastrique par la bande prothétique ,
dilatation de la poche
2-Gastroplastie horizontale :

*Mason: cloisonner l'estomac horizontalement (petite


courbure) en laissant un espace étroit pour le passage des
aliments.
*Gomez: agrafer transversalement la partie proximale de
l'estomac et créer une ouverture renforcée au niveau de la
grande courbure.
*Malgré le renforcement des sutures, les agrafes se
relâchaient souvent et les conduits se réélargissaient.
*Ce type d’intervention n’est plus pratiqué.
3-Gastrectomie en gouttière : « sleeve
gastrectomy »:
* Consiste à enlever la plus grande partie du fundus et de
la grosse tubérosité sans interrompre la continuité
gastrique, de façon à former un tube gastrique long et
étroit .
*Réalisable par laparoscopie .
Sleeve gastrectomy
4-Anneau gastrique :
*Remonte à près de 20 ans.
* Repose sur la réalisation d’un bandage circulaire de la
partie haute de l’estomac à l’aide d’un anneau modulable.
*Boitier placé dans le plan sous-cutané profond et relié par
un cathéter au ballonnet de l’anneau. Son remplissage par
du sérum physiologique permet de moduler la superficie de
serrage,modifiant ainsi la vitesse d’évacuation du
néoestomac au-dessus de l’anneau.
*La facilité relative de l’intervention et sa réversibilité
expliquent le recours fréquent à cette technique.
* complications : perforation gastrique ,hemorragie
,suppuration ,malposition du boitier ,migration ou rupture
de l’anneau .
TECHNIQUES MALABSORPTIVES PURES

 Courts-circuits intestinaux isolés (courts circuits


jéjuno-iléaux) :
*Abandonnés .
* Complications métaboliques sévères .
TECHNIQUES MIXTES
Les dérivations

L’objectif essentiel de la dérivation est de réduire la


digestion des aliments absorbés.
Cette intervention entraîne une diminution marquée
du poids, mais elle s’accompagne de complications
plus ou moins graves selon la technique employée.
Nécessite une supplémentation en vitamines et en fer .
DÉRIVATIONS GASTRIQUES SIMPLES:
Dérivation gastrique de Mason : consiste en la création
d'une petite poche gastrique proximale par la division
chirurgicale de l'estomac et son abouchement à
l'intestin.
Dérivation gastrique avec boucle rétrocolique.
D'autres modèles de dérivation gastrique consistent à
créer un réservoir par agrafage.
DERIVATION GASTRIQUE AVEC ANSE DE ROUX EN
Y = COUR CIRCUIT GASTRIQUE =BYPASS
GASTRIQUE
Le principe du CCG (ou bypass gastrique) repose sur la
réduction de la capacité gastrique associée à un certain
degré de réduction d’absorption intestinale et de
dérivation biliopancréatique grâce à la réalisation
d’une anse en Y plus ou moins longue .
La poche gastrique dans le CCG est souvent réalisée le
long de la petite courbure par agrafage (gastroplastie
verticale) .
Elle est le plus souvent déconnectée ou non du reste de
l’estomac.
L’anse en Y est anastomosée, d’une part à la poche
gastrique mais aussi au grêle proximal (anse
biliopancréatique) déversant les sécrétions
biliopancréatiques, à 40-60 cm de l’angle
duodénojéjunal.
La longueur de l’anse efférente dite « alimentaire »
peut être variable (pouvant atteindre 2 m), ce qui
permet de moduler le défaut d’absorption intestinale..
D’une manière générale, la longueur de l’anse
alimentaire est de 150 cm.
Dérivations biliopancréatiques

 La dérivation biliopancréatique de Scopinaro:


Scopinaro et ses collaborateurs ont montré qu'il était
possible de :
*Diminuer l'absorption de nutriments en
raccourcissant l'intestin .
*Réduire l'absorption de matières grasses (lipides)
en déviant les sucs biliaires et en diminuant le contact
entre aliments et enzymes.
La dérivation biliopancréatique de Scopinaro présente
de nombreuses similitudes avec le bypass gastrique.
Elle se distingue par la résection complète de la partie
basse ou distale de l'estomac .
 La dérivation de Scopinaro est en fait une dérivation
biliopancréatique associée à une gastrectomie distale .
 La dérivation biliopancréatique avec gastrectomie
pariétal=duodénal switch :
Contrairement à la dérivation biliopancréatique de
Scopinaro, où la gastrectomie est distale, cette technique
applique une gastrectomie pariétale avec raccordement
bout à bout de l'anastomose duodéno-iléale.
Théoriquement, la dérivation biliopancréatique avec
gastrectomie pariétale a l'avantage de permettre un
fonctionnement de l'estomac plus proche de la normale et
d’éviter une anastomose gastro-entérique.
Autres techniques :
 Ballon intra gastrique:
Il a été utilisé dans les années 1980-1985 .
Rapidement abandonné du fait d’accidents de nécrose
gastrique.
Réinitialisé récemment il a pu, grâce à des progrès sur
les matériaux et sa taille, gagner en innocuité.
 Pose par voie endoscopique sous anesthésie générale.
Doit être ôté au bout de 6 mois.
 Pacemaker gastrique:
 Innovation intéressante.
Il agit par une stimulation des nerfs vagues de l’estomac
et induit une satiété en créant une « pseudoréplétion ».
Sa pose est réalisée par laparoscopie .
 le boîtier du pacemaker est implanté sous la peau de
l’abdomen.
 Ses résultats semblent encourageants.
Indications du traitement
chirurgical

Patients avec un IMC > 40 kg/m².
 
Patients avec un IMC > 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité
susceptible d’être améliorée après la chirurgie (notamment maladies
cardio-vasculaires dont HTA, SAS, désordres métaboliques sévères, en
particulier diabète de type 2, maladies ostéo-articulaires invalidantes…)


En deuxième intention après échec d’un traitement médical,
nutritionnel, diététique et psychothérapeutique bien conduit pendant 6-
12 mois


Age : entre 18 et 65 ans.
 
Patients bien informés au préalable, ayant bénéficié d’une évaluation et
d’une prise en charge préopératoires pluridisciplinaires .
 
Patients ayant compris et accepté la nécessité d’un suivi médical et
chirurgical à long terme
  
Risque opératoire acceptable 
 
 Age < 60 ans les données actuelles ne permettent pas d’établir le
rapport bénéfice/risque de la chirurgie bariatrique au-delà de 60 ans.
Après 60 ans, l’indication doit être posée au cas par cas en fonction de
l’âge physiologique et des comorbidités associées .

 Il n’existe pas de recommandations concernant le choix du type
d’intervention en fonction des caractéristiques des patients ,ce choix
semble plutôt lié à l’expérience des chirurgiens .
Contre indications de la chirurgie

1) Risque opératoire trop important.


2) Maladie inflammatoire, évolutive du tube digestif.
3) Cancer évolutif.
4) Troubles psychiatriques avérés NON STABILISÉS.
5) Infection antérieure avec risque de contamination.
6) Utilisation habituelle et continue d’aspirine et de
corticoïdes.
7) Allergies connues ou suspectées au matériel (silicone ?…).
8) Patient souffrant de maladie autoimmune (lupus…).
Efficacité de la chirurgie
Les résultats les plus intéressants ont été apportés par
l’étude Swedish Obese Subjects (SOS) .
Il s’agit d’une étude suédoise multicentrique menée en
continu comparant le traitement chirurgical toutes
techniques confondues au traitement médical .
Elle a montré que l’IMC à 2 ans était inférieur dans le
groupe chirurgie à celui des patients du groupe traitement
conventionnel et qu’il était passé de 40,8 à 31,5 chez
l’homme et de 42,3 à 32,5 chez la femme.
 De plus, la perte moyenne de poids dans le groupe
chirurgie avait été de 23,5 ± 15,3 kg à 4 ans.
Évolution du poids chez les sujets de la Swedish Obese
Subjects (SOS) study sur une période de 10 ans
Mesures complémentaires à la chirurgie
la qualité du suivi postopératoire multidisciplinaire influence
les résultats de la chirurgie bariatrique .
Des conseils hygiénodiététiques doivent être donnés aux
patients après l’intervention concernant l’alimentation,
l’hygiène de vie et l’activité physique, de façon à optimiser
l’efficacité de la chirurgie et à en limiter les inconvénients
digestifs .
Régime alimentaire : en postopératoire immédiat,
l’alimentation sera fractionnée et mixée.
Pour les AG, l’alimentation sera mixée et fractionnée pendant 15
jours, puis l’alimentation sera fractionnée (6 repas/j) mais de
texture normale.
Pour les CCG, l’alimentation sera mixée et fractionnée
pendant 1 mois, puis le relais sera pris par une
alimentation fractionnée de texture normale.
Alimentation équilibrée manger lentement, en
mastiquant bien les aliments.
Activité physique : elle apparaît nécessaire pour favoriser
la perte de poids .
Suppléments vitaminiques : indispensables après CCG,
doit contenir des polyvitamines (vitamines B et
liposolubles) et des oligoéléments (calcium, fer).
Autres traitements : l’administration de traitement
antireflux ou antiacide est parfois nécessaire après AG.
INDICATIONS GENERALES
PREVENTION DE L’OBESITE
la prévention de l’obésité représente la pierre angulaire
du contrôle de la pandémie en cours.
Deux objectifs majeurs doivent être visés :
*prévention de l'augmentation de poids.
*promotion du maintien du poids.
Accroître les connaissances relatives à une alimentation
saine.
Création d’infrastructures et d’un environnement qui
encouragent et permettent la pratique d’une activité
physique régulière .
CONCLUSION
L’épidémie d’obésité à laquelle nous sommes
actuellement confrontés est un défi important pour
nos soins de santé .
la prise en charge clinique du patient doit être
optimalisée.
Il est urgent d’instaurer une vaste réflexion pour
développer une stratégie adéquate de prévention au
niveau de la population.
MERCI DE VOTRE
ATTENTION