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HALLUCINATIONS

Dr. O. FARAH
Service de psychiatrie médicolégale
EHS FRANTZ FANON DE BLIDA
Une hallucination est une perception sensorielle qui
procure la même sensation immédiate de réalité
qu’une perception réelle, mais en l’absence de
stimulation externe de l’organe sensoriel intéressé.
Il est à noter que la personne peut ou non être
consciente du fait qu’elle a une hallucination.
Le plus souvent, on observe des hallucinations
auditives et visuelles et, plus rarement, des
hallucinations olfactives et tactiles.
La personne peut présenter une combinaison de
perceptions sensorielles.
La durée des hallucinations, de même que leur
provenance externe ou interne à la personne, peut
varier.
Leur apparition peut être soudaine ou graduelle sur
une période de temps.
Elles peuvent posséder un contenu simple comme un
son ou une sensation tactile fugace ou encore être
complexes lorsque la personne voit un objet, entend
des phrases, etc.
Les hallucinations doivent être distinguées des
illusions au cours desquelles un stimulus extérieur est
mal perçu ou mal interprété.
Par exemple, une personne peut être confondue avec
une autre, une robe de chambre prise pour un
cambrioleur, un bruissement de feuilles pour une voix.
Les hallucinations sont souvent associées aux
problèmes psychiatriques, mais des expériences
hallucinatoires transitoires peuvent survenir en
l’absence de trouble mental.
Par exemple, cela peut se produire durant le processus
de deuil, suite à une expérience hautement stressante,
suite à une privation de sommeil ou une grande
fatigue.
Après avoir consommé certaines drogues «  LSD,
ecstasy, PCP, mescaline », lors d’un sevrage d’alcool
« delirium tremens » ou de médicaments.
Suite à une perte sensorielle ou un trop grand
isolement social, ou encore en raison de conditions
médicales particulières « dommages cérébraux,
maladie de Parkinson, d’Alzheimer, etc. ».
HALLUCINATIONS AUDITIVES
Les hallucinations auditives impliquent la perception
d’un son, le plus souvent une voix ou une musique.
Les hallucinations verbales sont plus communes chez
les personnes souffrant de troubles psychiatriques.
Chez les patients schizophrènes, ces hallucinations
s’observent dans 50 à 80 % des cas.
Plusieurs types d’hallucinations auditives peuvent se
retrouver :
Les premières peuvent être des bruits simples comme
un son, un cliquètement, tandis que les secondes
correspondent notamment à la voix, à des sons
environnementaux ou à de la musique.
Cependant, des individus ne souffrant d'aucun
trouble mental particulier peuvent également
entendre des voix, donc il est important de chercher
une étiologie physique, par exemple une prise
importante de caféine peut également causer quelques
hallucinations sonores.
HALLUCINATIONS VISUELLES
Une hallucination visuelle consiste en la perception
d’un stimulus en son absence.
Il faut distinguer les hallucinations des illusions et des
inférences visuelles qui sont des perceptions inexactes
de stimuli extérieurs réels.
Plusieurs types d’hallucinations visuelles :
Des éléments simples, tels que des lignes, des formes
géométriques (seules ou disposées selon un certain
ordre) et des phosphènes (sensations lumineuses).
Des constructions complexes comme des visages, des
personnes, des objets, des animaux, des plantes et des
paysages.
Il peut être parfois difficile de départager ces deux
types d’hallucinations puisqu’une hallucination simple
pourrait être décrite de façon complexe par une
personne.
Par ailleurs, une suractivité cérébrale à l'origine
d'hallucination chez 10% des aveugles est induite par la
perte visuelle soudaine (syndrome de Charles Bonnet).
Olfactives & Gustatives
Les hallucinations gustatives, ou olfactives (nommées
phantosmie) désignent le fait de percevoir des goûts
ou de sentir des odeurs continuellement en dehors de
toutes alimentations ou d'objets expliquant leurs
présences de façon continuelle.
Il est important de distinguer ces sensations et
perceptions anormales de celles qui accompagnent les
affections digestives ou respiratoires.
Dans les odeurs, elles incluent celles de vomi, d'urine,
pétrole, ammoniaque, d'excrément, de fumée et autres
puanteurs repoussantes.
En ce qui concerne le goût, on retrouve généralement
des goûts désagréables (amer, acide, salé,...) qu'on
peut parfois associer à la salive sans que ce soit
hallucinatoire.
Ces hallucinations apparaissent souvent en
conséquence de dommages faits aux tissus nerveux du
système olfactif ou gustatif, ou secondaire à l'irritation
par une tumeur de la pointe de la face interne du lobe
temporal où se trouve le centre cortical des sensibilités
olfactives et gustatives.
Ces dommages peuvent être causés par une infection
virale, tumeur cérébrale, traumatisme physiologique
ou exposition possible à des toxines ou drogues.
La phantosmie peut également être induite par l'
épilepsie affectant le cortex olfactif.
Les hallucinations olfactives ont également été
rapportées lors de céphalées, bien que la fréquence de
telles hallucinations soit encore méconnue.
Hallucinations cénesthésiques
La cénesthopathie, une sensation somatique viscérale,
empreint d'un sentiment général de mauvaise santé
qui n'a pas été mis en évidence d'un organe ou d'une
région du corps.
Néanmoins, ces sensations corporelles donnent un
sens au malaise, n'étant ainsi pas considérée comme
une hallucination puisqu'il y a une cause objectivable.
Le schizophrène, peut, par exemple, décrire
métaphoriquement que certains membres de son
corps changent, s'allongent, se décomposent ou d'être
possédé par le diable, phénomènes s'articulant par une
modification biochimique cérébrale ou des douleurs
émises par une hyper-excitation du système nerveux
(chocs électriques, brûlure interne,
fourmillements,...).
Le membre fantôme, qui consiste à ressentir un
membre ou un organe amputé ou manquant comme
faisant toujours partie du corps.
L'hallucination tactile se manifeste par la sensation
d'insectes qui rampent, grouillent sur ou sous la peau,
généralement accompagnée de la vision de ces
derniers, n'apparaissant qu'après la prise de drogues,
de consommation ou de sevrage de produits
psychoactifs (benzodiazépines, anticholinergiques,
antidépresseurs, neuroleptiques, amphétamines..)
rapportés aussi dans le delirium tremens.
Mécanismes des hallucinations
Diverses théories ont été proposées, mais on ne sait
pas avec certitude à l'heure actuelle le mécanisme de
l'hallucination :
l'hyperactivité des nerfs de la dopamine dans le système
mésolimbique : le cannabis et les stimulants sont des
agonistes de la dopamine qui provoquent des
hallucinations, mais qui sont aussi valables à la prise de
médicaments antipsychotiques antagoniste à celle-ci ;
défaillance de la fonction d'auto-surveillance : si le
mécanisme permettant la distinction entre soi et
l'extérieur fonctionne normalement, n'est plus en
mesure de percevoir que c'est le son de l'énoncé interne
qui se produit à l'extérieur de soi dans le cerveau, si la
fonction s'altère, les hallucinations auditives
surviennent donc avec la perception du bruit comme
venant de l'extérieur.
Causes
L'hallucination peut avoir des causes multiples :
intoxications par des drogues (psilocybine, LSD, PCP,
mescaline, et dans une moindre mesure l'ecstasy) ;
pathologies neurologiques  : maladie de Parkinson,
maladie des corps de Lewy diffus, atrophie multi-
systématisée, paralysie supra-nucléaire progressive ;
pathologies psychiatriques : schizophrénie, psychose
hallucinatoire chronique ;
pathologies du sommeil : narcolepsie ;
pathologies organiques : méningo-encéphalites
infectieuses, maladies vasculaires cérébrales,
traumatismes crâniens, tumeurs cérébrales, certains
types d'épilepsies, comme la démence ;
pathologies métaboliques, maladies endocriniennes :
crise d'hypoglycémie, complication neurologique du
diabète,... ;
privation du sommeil, privation sensorielle.
Spécifiques au sommeil

hallucinations hypnagogiques qui ont lieu au moment


de l'endormissement
hallucinations hypnopompiques qui ont lieu au réveil.
Elles peuvent se produire alors que la personne est bien
réveillée mais aussi dans un état intermédiaire comme au
cours d'une paralysie du sommeil ce qui les rend
particulièrement angoissantes pour la personne qui en
fait l'expérience.
Les hallucinations hypnopompiques ne se prolongent en
général pas plus de quelques minutes après l'éveil
complet.
Ce type d'hallucination peut se produire également chez
une personne manquant de sommeil ou effectuant une
tâche trop monotone, voire les deux.
Généralement, elles sont accompagnées
d'endormissements de quelques secondes parfois appelés
"micro-sommeil" où la personne reste dans un état
intermédiaire entre le sommeil et l'éveil.