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Les troubles mentaux révélateurs d’affections organiques

A- LES ETATS CONFUSIONNELS


Les états confusionnels témoignent le plus souvent d’une agression cérébrale diffuse
aigue ou subaigüe. Ces accidents généralement transitoires, doivent systématiquement
faire évoquer le diagnostic d’une lésion organique.

a - Clinique

Le début d’une confusion mentale est, typiquement assez brusque.

Sujet, souvent insomniaque , l’humeur instable et fluctuante, est envahit par un


sentiment d’étrangeté et perplexité anxieuse.

Une irritabilité et des troubles du comportement peuvent aussi inaugurer le tableau


clinique.
La période d’état : Celle-ci est caractérisée par 4 ordres de signe:

- Un trouble de la conscience:

Baisse de la vigilance: au début obnubilation simple, puis confusion proprement dite

(obscurcissement de la conscience ) ; ensuite stupeur; puis un coma.

- Une baisse des capacités : une inattention et une distractibilité.

- Un trouble de la mémoire ( antérograde ) de fixation:

Impossible de mémoriser les événements ( qui sera responsable d’une amnésie

lacunaire séquellaire après la guérison ).

- Une désorientation temporo-spatiale ( Le sujet ne reconnait plus ni les lieux, ni les

dates , ni les personnes).


La présentation du confus est souvent caractéristique; hébété, perplexe et anxieux.

- L’onirisme: souvent associé a la confusion, est comparé à un rêve.


Ce « délire de rêve » comprend des hallucinations visuelles à contenus volontiers
désagréables ou monstrueux.

- Des signes généraux : le retentissement de la confusion sur l’état général est constant,
dés que l’évolution s’aggrave ou s’étend au delà de 24h: ( tachycardie, instabilité
tensionnelle, rougeurs du visage, sueurs, déshydratation et fièvre).
b - Etiologie :

1- Maladies infectieuses : Méningite, septicémies, choc toxi-infectieux, typhoïde,


syphilis , encéphalite, toxoplasmose, paludisme.

2- Métaboliques: Hypoglycémie, troubles hydro- électrolytique, déshydratation,


hypoxie, insuffisance respiratoire, insuffisance rénale, anémies sévères, insuffisance
hépatique ( encéphalopathie hépatique ), pancréatite aigue.

3- Traumatismes cérébraux, hématomes ( extra-duraux, sous- duraux).


4- Epileptiques ( confusion post-critique, crises temporales, état de mal comitial ).
5- Vasculaires: Accidents ischémiques, hémorragies cérébrales, HTA, HTIC, œdème
cérébral.
6- Syndrome de sevrage: Alcool ( delirium tremens ), barbituriques, anxiolytiques.
7- Intoxication accidentelle: Monoxyde de carbone, pesticides, métaux lourds ( plomb,
Mercure ).
8- Intoxications médicamenteuses ( par surdosage): Les psychotropes, corticoïdes,
antiparkinsoniens, hypoglycémiants ..etc.
9- Endocriniennes: Hypo et hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, insuffisance surrénale.
10- Nutritionnelles : Hypovitaminoses B1, B12.
11- Abus de substances psychoactives : Amphétamines, Cocaïne , Opiaces,
Hallucinogènes, Haschisch, Solvants, Barbituriques, Anxiolytiques.

12- Tumorales: Tumeurs cérébrales.

13- Stress psychique intense ( Accident , Tremblement de terre).


Conduite à tenir:

La prise en charge initiale consiste à rassurer le malade tout en réalisant un bilan

étiologique.

1- Isolement du malade en assurant une présence apaisante:

. Installer le malade dans une chambre faiblement éclairée : la pénombre favorise

l’agitation anxieuse.

. Assurer la sécurité du patient : bloquer les fenêtres, enlever tout les objets

susceptibles d’étre utilisé par le malade contre lui-même.

. Assurer la surveillance continué et rassurante.


2- Evaluer le retentissement somatique: Examen clinique soigneux et bilan biologique
( FNS, ionogramme sanguin, glycémie, calcémie, vs) et examens complémentaires
adaptés : ECG et ECBU.

3- Réhydrater par voie orale et veineuse et corriger les désordres hydro électrolytiques

4- Réaliser un bilan étiologique par des examens complémentaires appropriés ( EEG,


TDM cérébrale, IRM….)

5- Le traitement de la confusion est essentiellement celui de sa cause.

6- Une sédation s’impose en cas d’agitation intense et d’onirisme générant des troubles
du comportement.
. Tranquillisants : En cas d’anxiété perplexe (Benzodiazépines: Tranxene , Valium )
en absence d’insuffisance respiratoire.
. Neuroleptiques : En cas d’agitation et troubles du comportement.
( Loxapac , Nozinan , Largactil , Risperdal et Haldol )
B- Les troubles mentaux des tumeurs cérébrales :

15% à 20% des tumeurs cérébrales se manifestent au début de leur évolution par des
troubles psychiques isolés.

Le retentissement d’une néoformation intra- crânienne dépend de plusieurs facteurs:


- Le siégé de la tumeur.
- Son retentissement anatomique ( œdème cérébral, compression à distance, troubles
vasculaires).
- Le retentissement global d’une éventuelle HPIC.
- L’équilibre psychologique et la structure de la personnalité antérieure.

Les symptômes révélateurs :

Les troubles initiaux peuvent être permanents ( d’évolution progressive) intermittents


(paroxystiques).
Les troubles permanents sont dominés par des syndromes confusionnels ou confuso-
démentiels et des états dysthymiques.

Tout épisode dysthymiques inexpliqué et tout symptôme de la série confusionnelle


doivent systématiquement faire penser à une Hypertension intracrânienne, surtout si
des céphalées et des vomissements accompagnent les troubles psychiques.
Les troubles intermittents peuvent être des anomalies paroxystiques de la conscience ,

des automatismes psychomoteurs ou des phénomènes psycho-sensoriels; ils doivent, a

priori, faire évoquer le diagnostic d’une lésion cérébrale localisée.

Les examens simples à effectuer sont:

- Fond d’œil

- Radiographies du crane

- EEG

- TDM

- IRM
C - Les Troubles mentaux de l’épilepsie :

1- Les troubles mentaux critiques : Ces manifestations s’observent essentiellement au

cours des épilepsies temporales;

04 catégories de troubles paroxystiques peuvent être individualisé.

- Les états confusionnels ou confuso-oniriques.

- Les états crépusculaires : Des troubles de l’attention et un ralentissement idéatoire

apparaisse brusquement; le patient éprouve une perplexité anxieuse et des sentiments

d’étrangetés sans véritable désorientation.

- Les automatismes psychomoteurs : Une suspension plus ou moins complète de

l’activité psychique avec persistance parfois d’un comportement intentionnel parfois

complexe. Dans les automatismes prolongés , on peut observer


Des « automatismes ambulatoires » avec voyage ou fugue amnésique.

- Les états de rêve ou dreamy state : L’accés est inauguré par un sentiment de frayeur

ou d’étrangeté. Une sensation olfactive ou gustative est associée. La crise est vécue

comme un rêve ; le patient a, très souvent , conscient de son caractère pathologique.

2-Les troubles mentaux inter-critiques :

Des tableaux aigus ou subaigus, de confusion mentale, de psychose délirante aigue ou

de psychose dysthymique peuvent alterner avec des crises comitiales typiques.

3- Les troubles mentaux permanents :

Les troubles du caractère : La personnalité de nombreux épileptiques se caractérise par

une irritabilité excessives, une instabilité de l’humeur et agressivité explosive.


D - Les troubles mentaux des traumatismes cranio-cérébraux :

Divers accidents neuropsychiatriques sont susceptibles de compliquer les suites

immédiates ou lointaines d’un traumatisme cranien.

1- Les états confusionnels post-traumatiques : Dues à la commotion cérébrale, les

confusions post-traumatiques entrainent généralement un état stuporeux ou agité avec

onirisme. Dans la plupart des cas , elles guérissent en 3 à 4 jours.

2- L’épilepsies post-traumatiques :

L’épilepsie complique 4 à 5% des traumatismes crâniens , elle peut survenir

précocement; due aux lésions aigues, elle est souvent sans lendemain, qu’elle soit

focale ou généralisée . La comitialité tardive est au contraire un état durable que

favorisent certains types de traumatismes ( traumas ouverts, contusions cérébrales


3- L’hématome tardif :

Cette complication doit toujours être suspectée lorsqu’une symptomatologie

neuropsychiatrique quelconque apparait dans les suites lointaines d’un traumatisme

crânien apparemment guéri.

Il se traduit le plus souvent par des symptômes minimes, des céphalées, , qui inquiète

par leur caractère tenace et rebelle aux antalgiques ou des vertiges d’importances et de

fréquences croissantes , ou encore des troubles psychiques isolés à type d’irritabilité ou

sub-confusion avec obnubilation et désorientation.


4 - Le syndrome subjectif post-commotionnel :

Le SSPC, complique 50 à70% des traumatismes du crane. Son tableau clinique est

polymorphe.

Les céphalées, les impressions vertigineuses et des troubles sensoriels auditifs ou

visuels, des troubles du sommeil, une asthénie avec fatigabilité importante, des troubles

de la mémoire, des difficultés d’attention et de concentration ou des modifications

émotionnelles ( instabilité thymique, irritabilité ). Dans la majorité des cas, toutes les

investigations ( EEG, les examens ophtalmologiques, vestibulaire, TDM…) sont

négative et il s’avère impossible de faire la preuve d’une éventuelle atteinte organique.

L’évolution du syndrome subjectif est souvent prolongée , s’aggrave secondairement et

se complique d’un état névrotique,d’une revendication délirante,un syndrome


5- Les états névrotiques post-traumatiques :

Les réactions anxieuses aigues post-commotionnelles : Ces réactions émotionnelles

aigues comprennent typiquement une symptomatologie anxieuse majeure et un état

confuso-onirique transitoire.

6- Les états psychotiques post-traumatiques :

On a décrit des psychose post-traumatiques de type dysthymique ou délirant ( psychose

maniaco-dépressive, schizophrénie, délire chronique).


6- Les états déficitaires post- traumatiques :

Certains syndromes subjectifs prolongés témoignent d’une évolution de type


déficitaire.

Le tableau clinique : Une fatigabilité excessives avec difficultés d’idéation, labilité de


l’attention et instabilité de thymique.

Parfois la détérioration s’avère évolutive et conduit à une démence post – traumatique


de type atrophique.