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REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE

UNION – DISCIPLINE - TRAVAIL

ATELIER DE FORMATION :
ATELIER DE FORMATION :
« L’EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LES BATIMENTS »
« L’EFFICACITE ENERGETIQUE DANS LES BATIMENTS »

Formateur :
DOSSO MOUSSA
INGÉNIEUR ÉNERGÉTICIEN
dossomoussa@yahoo.ca // 07 96 08 95

1
MODULES 2:
LA TRANSITION
ENERGETIQUE
2
SOMMAIRE

I. LA REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE

II. LES ENJEUX ET DEFIS SOCIETAUX

III. L’ECONOMIE DES ENERGIES


RENOUVELABLES

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I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE
Lorsque l’on analyse l’énergie dans les sociétés
humaines, il s’avère que les filières énergétiques sont
un déterminant historique très fort qui a conditionné
l’évolution de ces sociétés.
L’homme a, en effet, toujours recherché de nouvelles
sources d’énergie, tel que le solaire, le bois, le charbon,
le pétrole, pour alimenter des convertisseurs
biologiques ou artificiels, moulins à vent, centrales
thermiques au fioul et pour produire de l’énergie utile
telle que la chaleur pour se chauffer, fondre des métaux
mais aussi de l’électricité pour faire tourner des
moteurs, s’éclairer, etc.
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I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE
Le feu, depuis un peu plus d’un demi-million d’années, a été
maîtrisé pour se chauffer mais aussi s’éclairer, cuire des
aliments et enfin, ce fut un véritable facteur d’hominisation et
de socialisation qui a permis de structurer les sociétés
humaines.
Il s’est agi ensuite de déterminer de nouvelles sources
d’énergies et en particulier, dans les civilisations égyptiennes
et sumériennes, l’esclavagisme a été développé au même
titre que la domestication des bovins et des chevaux,
l’utilisation des énergies éoliennes pour arriver à des niveaux
de puissance relativement importants et en particulier de la
dizaine de kilowatts pour, par exemple, des moulins à vent
très développés au XIIe siècle, en particulier en Europe.
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I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE

Cette consommation accrue d’énergie a constitué une


contrainte très forte sur l’environnement et en particulier
sur le bois d’où la hausse des prix du bois qui a amené
l’homme à rechercher de nouvelles sources d’énergies
alternatives pour arriver à pallier en fait ce déficit.
La Révolution Industrielle fut ainsi, un moment clef dans
l’histoire de l’énergie puisque c’est à ce moment-là qu’on a
commencé à exploiter de façon massive le charbon, une
énergie fossile qui a permis le développement de
nouvelles machines et en particulier les machines à vapeur
qui ont permis d’accéder à des niveaux de puissance plus
importants.
  6
I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE
Cela s’est retrouvé jusque dans les années 60 en particulier
en France où les énergies renouvelables ont dominé
l’histoire de l’énergie. Les centrales hydroélectriques en
France produisaient notamment, plus de la moitié de
l’énergie électrique avant le recours aux centrales nucléaires
en particulier.
L’accès à l’énergie s’est accompagné d’un accès à des
niveaux de puissance de plus en plus élevés et en particulier
avec l’arrivée des moteurs à essence, on a à disposition, une
centaine de kilowatts et puis c’est là qu’on voit apparaître de
façon très importante le transport qui a consommé
énormément de pétrole jusqu’à maintenant et qui va encore
se poursuivre.
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I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE
Cela va induire une contrainte très forte sur la consommation
d’énergie sachant que toutes ces énergies fossiles et fissiles
(charbon, pétrole, gaz, uranium), sont des énergies
économiquement compétitives actuellement.
Cette consommation d’énergie s’est donc accrue avec cet
accès à des puissances de plus en plus élevées pour arriver
à des niveaux de consommation relativement importants où
en particulier le transport a pris une place prépondérante en
consommant donc beaucoup de pétrole,
Or le pétrole a atteint actuellement le pic de production «peak
oil», avant d’entamer la phase de décroissance, la déplétion
qui va engendrer une hausse des prix du pétrole.
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I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE

Actuellement on est en pleine phase d’instabilité de ce


prix qui s’accompagne en plus de la dégradation de
l’environnement liée à la combustion de cette énergie
fossile.
 

On se retrouve ainsi dans une situation un peu similaire


à ce qu’on a vu sur le système énergétique médiéval
avec maintenant, en face de nous, les limites de ce
système énergétique essentiellement basé sur les
énergies fossiles qui non seulement sont d’une
disponibilité finie du fait des réserves finies mais aussi
avec des impacts environnementaux relativement
importants.
 
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I. LES ENERGIES RENOUVELABLES : LA
REMISE EN CONTEXTE HISTORIQUE

Il s’agit d’ores et déjà de développer de nouvelles sources


d’énergies, voire aussi plutôt même une efficacité
énergétique et de la sobriété dans nos consommations
actuelles. On est rentrés dans la phase que l’on appelle
maintenant LA TRANSITION ENERGETIQUE.
 
 

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II. LES ENERGIES RENOUVELABLES :
ENJEUX ET DEFIS SOCIETAUX
Les énergies naturelles renouvelables se situent désormais au
cœur des enjeux et des défis sociétaux. En effet, nous sommes
passés ces dernières années du statut d’énergie palliative voire
expérimentale à un nouveau statut qui résulte d’une double
injonction.
 L’injonction est d’abord environnementale

Depuis le protocole de Kyoto, les ENR se situent au cœur


de la lutte contre le réchauffement climatique à l’échelle
planétaire ;
 Et ensuite, il s’agit d’une injonction à agir
Notamment à l’échelle européenne ou à l’échelle nationale
puisque ces deux entités ont fixé des seuils (20% pour l’Union
Européenne à atteindre en matière de production pour 2020 et
les 3*20% pour l’Etat français depuis le Grenelle de
l’environnement). 11
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

Il faut dire que les ENR ont connu une forte croissance qui
implique de nombreux changements :
 Premier changement, l’énergie est modifiée. On passe du statut

d’une énergie qui voyage comme le pétrole ou le gaz à une


énergie de plus en plus sédentaire, ce qui induit tout un tas de
changements d’ordre géopolitiques ou économiques.
 D’ordre géopolitique, cela pose évidemment la question de la
maîtrise des ressources naturelles, de la maîtrise des circuits de
distribution de l’énergie.
 D’un point de vue économique, se pose évidemment la maîtrise
et le contrôle des marchés énergétiques émergents.
 Ces changements sont également des changements d’ordre
organisationnels : on passe d’une énergie de type centralisée à
une énergie de type décentralisée. 12
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

 Centralisée, l’énergie est pour l’instant au coeur et en tout cas


maîtrisée par des acteurs publics et privés d’un petit nombre qui
s’organise selon des modalités techniques très centralisées à
partir, par exemple, d’une centrale électrique autour duquel sont
organisés des réseaux de distribution sur un territoire.
 On passe de plus en plus à une énergie décentralisée, c'est-à-
dire qui n’est plus aux mains d’un petit nombre d’acteurs mais
qui fait intervenir une myriade d’acteurs publics, privés,
associatifs, voire individuels pour une mise en place de
politiques publiques beaucoup plus complexes.

Enfin, les changements sont d'ordre technique


 Les enjeux posés par les ENR modifient nos façons d'habiter et
modifient la façon de construire les bâtiments, les villes ou les
agglomérations. 13
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

 On pense évidemment à la mise en place des bâtiments à


énergie positive et dès aujourd'hui d'ailleurs à la mise en place
d'agglomérations voire de métropoles à énergie positive.
 

Lorsque l'on regarde la production des ENR à l'échelle mondiale,


celle-ci a fortement progressé.
Le seuil des 20 % a été dépassé en 2012 et elles connaissent un
rythme de production qui est de l'ordre de 4,7 % par an.
L'essentiel est tiré aujourd'hui par l'hydroélectricité, par contre les
marchés de l'énergie renouvelable sont le fait de deux énergies :
l'énergie éolienne et l'énergie solaire qui connaissent un rythme de
croissance extrêmement fort puisqu'il est de l'ordre de 30 % par
an. À l'inverse, certaines ENR connaissent une croissance plus
modeste comme les biofuels ou biocarburants.

14
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

15
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

A l'échelle planétaire, on distingue deux types de cas de figure :


 D'une part dans les pays en développement ou les pays
développés connaissent déjà un niveau de production très
satisfaisant en ENR. L'essentiel est tiré par l'hydroélectricité.
 On pense par exemple à des pays comme le Canada, l’Autriche
ou le Brésil.
 Cela peut résulter aussi de choix politiques visant à mettre en
place de façon précoce un mix énergétique comme ce fut le
cas, par exemple, en Europe pour l'Islande ou pour la Norvège.
 Deuxième cas de figure, les pays en voie de développement qui
connaissent un niveau de production beaucoup plus faible mais
qui disposent de ressources assez importantes et de marges de
manœuvre très importantes.
 On pense aux pays d'Afrique subsaharienne mais aussi aux
pays d'Amérique latine ou de l'Asie qui n'appartiennent pas à
l'OCDE.
16
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX
 Enfin, un dernier cas, celui de la Chine, qui est à la fois le
premier producteur et le premier consommateur mondial
d'énergie renouvelable.
o Ceci est lié à une politique volontariste de développement de
l'hydroélectricité via la construction de barrages mais c'est
aussi le fait plus récent d'une politique volontariste liée au
développement de l'éolien terrestre.

Lorsque l'on analyse - toujours à l'échelle mondiale -, la production


mais cette fois-ci par filière, on constate à nouveau cette
dichotomie Nord/Sud :

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II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

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II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

 Dans les pays du Nord, la production des ENR repose


essentiellement sur des énergies à haute technologie. On pense
à l'éolien et ensuite au solaire.
 Dans les pays du Sud, la production des ENR repose
essentiellement sur des ENR à moyenne ou basse technologie,
par exemple le bois ou les déchets.

Ces enjeux se complexifient bien entendu, mais il s'agit à la fois


d'enjeux techniques et d'enjeux sociaux.
 Dans les pays du Nord, les enjeux sont à la fois techniques et
sociaux. On pense par exemple à la difficile acceptation de
l'énergie éolienne à l'échelle locale mais on pense aussi aux
coûts encore élevés d'acquisition de matériels de production
d’énergie solaire qui se surimposent parfois dans les pays du
Nord à d'autres problèmes.
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II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

 Dans les Etats du Sud, les attentes concernent d'autres


types de technologies. On pense essentiellement à la
biomasse ou aux agro-combustibles qui pourraient
remplacer efficacement les énergies fossiles mais qui
posent d'autres problèmes.

En effet cette énergie est une énergie à basse densité et


pose des problèmes d'ordre environnemental puisqu'il
s'agit d'un mode d'énergie qui consomme énormément
d'espace et énormément d'eau, d’où une durabilité
beaucoup plus faible.
 Enfin, qu'il s'agisse du Nord ou du Sud, des marges de
manœuvre existent aujourd'hui notamment dans le
photovoltaïque qui n'a pas encore exploré toutes les voies
technologiques. 20
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

Les enjeux économiques sont évidemment très importants.


Ces 10 dernières années en moyenne chaque année, 150
milliards de dollars sont investis à la fois dans l'équipement
des énergies naturelles renouvelables mais aussi dans la
recherche.

Les enjeux concernent à ce sujet essentiellement le stockage


de l'énergie et la distribution sur des circuits courts entre les
lieux de production et les lieux de consommation.
 En termes d'emplois, les gisements d'emplois ne sont pas
des gisements directs mais des gisements plutôt indirects
qui vont se développer très certainement dans le domaine
du bâtiment ou dans le domaine des « smart technologies
» qui accompagnent le développement des ENR.
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II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

Enfin, notons que dans certains pays, notamment les pays


du Sud, les enjeux économiques posent problème
notamment dans le développement de la biomasse où se
posent des conflits d'usage avec le foncier agricole par
exemple.
Enfin, loin de l'image d'Épinal que l’on a souvent ou que l'on
associe souvent aux ENR, se posent de véritables enjeux
sociaux qui résonnent ici en termes d'inégalités.
 Inégalité Nord/Sud.

Dans les pays du Sud, la part des ENR est relativement faible
et se posent des problèmes d'investissement, notamment en
recherche et développement et les enjeux sont
particulièrement forts, pour les pays africains, notamment les
pays d'Afrique subsaharienne dans lesquels le problème est22
II. LES ENERGIES RENOUVELABLES : ENJEUX ET
DEFIS SOCIETAUX

A l'inverse, dans les pays du Nord, les enjeux sont relativement


différents. Ils s'expriment d'abord en termes d'inégalités sociales
en matière d'équipement en dispositif d’ENR, qui exclut une partie
de la population, notamment les populations issues des classes
populaires et une partie des classes moyennes et très souvent ils
se surajoutent à d'autres problèmes que la précarité énergétique.

À l'évidence, tous ces enjeux posent la nécessité de développer de


véritables politiques socio-environnementales d'accompagnement
des ENR dans l'avenir.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Aujourd'hui, nous allons traiter ensemble de certains aspects
de l'analyse économique du rôle des énergies renouvelables
dans les politiques d'atténuation du changement climatique.
Les systèmes énergétiques aujourd'hui se basent
essentiellement sur l'utilisation des énergies fossiles, ce qui
génère quelques inquiétudes du fait de leur rareté physique
mais aussi du fait que leur usage génère des pollutions
notamment une pollution globale liée aux émissions de gaz à
effet de serre.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
En effet, si l'on souhaite limiter le réchauffement probable de la
température moyenne à la surface à 2°C, il faudrait suivre une
trajectoire d'émission dans les prochaines dizaines d’années qui
sera sensiblement inférieure à celle qu’elle va probablement être,
liée aux politiques actuellement en place.

Comment peut-on obtenir une telle réduction des émissions de gaz


à effet de serre ?
 D'une part et pour la moitié probablement par un effort

d'amélioration de l'efficacité énergétique ;


 Et puis, pour un quart, en développant les énergies

renouvelables
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Maintenant, comment peut-on prévoir le développement des énergies
renouvelables, étant donné qu'en l'absence de toute intervention de la
part des autorités publiques, le coût de production de ces énergies est
sensiblement supérieur à celui des sources d'énergie fossile ?  
L’intervention publique agit de deux côtés :
 D'une part elle tend à renchérir le coût d'usage des énergies fossiles,

par exemple par l'imposition d'une taxe carbone ;

 Et d’autre part à rendre moins cher l'usage des énergies renouvelables


et cela en agissant du côté de l'offre de ces énergies, en
subventionnant la production directement pour les investissements
dans ce secteur ou alors indirectement en rendant très favorables les
prix pour le vendeur des énergies produites à partir de sources
renouvelables, et puis aussi en stimulant la demande pour les énergies
renouvelables. 27
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Un but secondaire de cette politique est celui de réduire avec le
temps le coût de production de ces énergies renouvelables grâce
aux économies d'échelle et à l'amélioration des technologies de
leur production.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Par exemple, si aujourd'hui les subventions représentées dans ce
graphique par l’aire hachurée, comblent le différentiel de coût de
production de l’énergie renouvelable par rapport à celles, fossiles,
conventionnelles, comment va-t-on voir évaluer ces subventions dans le
temps.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique

 D'une part, elles tendront à augmenter à cause du fait qu'on aura


recours à des sites qui sont relativement moins productifs ;

 D'autre part, on espère que ce coût de production baisse pour


les raisons qu'on vient d'illustrer et simultanément, on s'attend à
ce que le prix des énergies d'origine fossile augmente du fait de
la raréfaction du combustible et aussi de la mise en place de
politiques rendant plus cher les émissions de gaz à effet de
serre, ce qui à terme devrait conduire, on espère, à une réduction
du montant de subventions nécessaires pour développer les
énergies renouvelables.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
J'aimerais partager avec vous des considérations d'ordre général.
Deux considérations d'ordre général :
 La première, il faudrait utiliser avec une certaine précaution le
terme qui est tellement en vogue de nos jours, celui de «
croissance verte ».

En effet, nous avons vu que la mise en place d'une politique


d'atténuation du réchauffement climatique tend à renchérir le
coût de l'énergie à court et à moyen terme, ce qui devrait
résulter en un ralentissement du taux de croissance du PIB par
tête. Mais cela ne pose pas de problème, n'enlève pas du tout la
légitimité et l'opportunité d'une telle politique.
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Par ailleurs, il faut être conscient que cette politique peut
conduire à des conflits d'intérêts puisqu'il y aura des gagnants et
des perdants. Et le fait qu'il ne s'agisse pas d'une politique de
gagnants – gagnants, nous amène à ma deuxième considération.

 On peut s'interroger sur la durabilité et sur la crédibilité de


l'engagement que les autorités publiques ont vis-à-vis de
certains des secteurs des énergies renouvelables.

En effet, dans le secteur des énergies, les investissements sont


plutôt du long terme, du coup les décisions sont prises en
anticipant l'évolution future des politiques de soutien à ce
secteur.
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Dans le graphique précédent, l’aire bleue représente des
estimations formulées par l'Agence Internationale de
l'Energie, sur le montant des subventions déjà engagées en
2015 et sur les 20 prochaines années de soutien aux énergies
renouvelables.
Face à l'importance du coût de ces politiques de soutien, il y
a un risque de retournement de ces politiques.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Alors, il devient crucial d'utiliser des instruments de soutien
qui soient suffisamment flexibles pour pouvoir les adapter
aux évolutions qui ne sont pas anticipées du côté de la
technologie et de la demande et cela dans un but de limiter le
coût global de politique de soutien aux énergies
renouvelables et les rendre donc plus crédibles et éviter les
effets néfastes sur ces crédibilités d'un renchérissement
soudain et non souhaité tel que nous l'avons connu en
Europe en ce qui concerne le soutien à la production
d'électricité à partir du photovoltaïque et dans le domaine du
soutien aux biocarburants.
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
Nous l'aurons compris, pour rendre crédible dans la durée
les politiques publiques de soutien aux énergies
renouvelables, il convient de promouvoir un consensus qui
doit être issu d'un débat au niveau national et possiblement
encadré par un accord international.
Je conclus en soulignant le rôle que jouent les études de
prospectives économiques effectuées par des économistes
dans les débats politiques qui s'effectuent au niveau des
institutions et de la société civile.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

1. L’économie des sources renouvelables d’énergies dans les


stratégies d’atténuation du changement climatique
o Ces études de prospectives ne constituent pas du tout des
prévisions, il s'agit plutôt d'outils, de simulation en fait qui
permettent de comparer d'un point de vue quantitatif les
effets de différentes options de politique d'atténuation du
changement climatique.
o De ce fait, ces études peuvent éclairer les débats
politiques et citoyens mais d'autre part, leur complexité
rend les acteurs qui participent à ces débats assez
hétérogènes dans leur capacité de maîtriser ces études
pendant le débat.

36
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Le sujet que je vais aborder porte sur les mécanismes de soutien
aux énergies renouvelables, intermittentes, l’éolien, et le solaire
photovoltaïque.
Tous les pays européens et notamment la France s'efforcent de
développer ces énergies renouvelables essentiellement parce
qu'elles sont décarbonées et qu'elles permettent de lutter contre
l'effet de serre.
Alors, si vous regardez, par exemple, les objectifs de la Loi de
transition énergétique - qui a été adoptée en première lecture à
l'Assemblée Nationale en 2014 -, on constate que le gouvernement
souhaite qu'en 2030, les énergies renouvelables - essentiellement
d'ailleurs l'éolien et le photovoltaïque -, représentent à peu près 40
% de la production d'électricité. 37
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire

o Cela contribuera à réduire la consommation d'énergie


primaire à l’horizon 2050. On veut la réduire fortement.
o Cela permettra aussi de réduire les émissions de gaz à
effet de serre.
Le problème des énergies renouvelables intermittentes
comme l'éolien et le solaire, c’est qu'elles ne sont pas à priori
compétitives par rapport à leurs concurrentes. Il faut donc
les aider. Il existe plusieurs mécanismes de soutien pour ces
énergies renouvelables.

38
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
En fait, il existe trois mécanismes de soutien :
 Le premier c'est ce qu'on appelle le système des prix d'achat

garantis, les « feed-in-tariffs ».  


o Le principe est très simple, le gouvernement oblige un opérateur -
en l'occurrence en France, c’est EDF -, le gouvernement oblige EDF
à acheter les énergies renouvelables qui sont injectées sur le
réseau à un prix qui est fixé par les pouvoirs publics et qui est
relativement rémunérateur, ça veut dire beaucoup plus élevé que le
prix du marché.
o Il faut savoir qu'il existe un prix du marché de l'électricité, tous les
jours il y a un prix heure par heure qui se négocie sur un marché.
Et donc le coût de production de ces énergies renouvelables est
très supérieur à ce prix de marché. 39
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Donc le principe c'est que EDF a l'obligation d'acheter pendant une
quinzaine d'années (c'est sur un contrat de longue période) cette
électricité renouvelable à un prix relativement rémunérateur.
Comme évidemment le prix est très supérieur au prix du marché, le
surcoût est mutualisé sur l'ensemble des consommateurs
d'électricité à travers une sorte de taxe qu'on appelle la
Contribution au Service Public de l'Electricité.

Le problème c'est que cette contribution n'a pas cessé


d'augmenter depuis quelques années dans tous les pays
européens.

40
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
 Le deuxième mécanisme, c'est le système qu'on appelle le système
des « feed-in-premium ».
Cette fois, le mécanisme est différent : les producteurs d'électricité
renouvelable ont l'obligation de vendre leur électricité sur le marché donc
à un prix qui est relativement bas mais en contrepartie, ils obtiennent un
complément sous forme d'une prime qui est soit une prime par
mégawattheure - donc en fonction de la quantité d'électricité injectée sur
le réseau -, soit une prime qui est par mégawatt c'est-à-dire en fonction
de la puissance installée.
Cette prime peut être fixée, ex-ante ou ex-post, c'est-à-dire qu'elle est
connue avant ou elle est fixée après par le gouvernement.
C'est un système évidemment beaucoup plus souple et qui est moins
coûteux.
41
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
 Le troisième mécanisme, c’est le système des enchères, le
système des appels d'offres.

Le gouvernement cette fois, fixe une quantité d'électricité


renouvelable qu’il souhaite voir installée et il procède par appels
d'offres en demandant qui est prêt à produire cette électricité et
quel est le prix demandé. Bien évidemment, il choisit ceux qui
demandent le prix le plus bas et au fur et à mesure, et bien, ils
acceptent d'augmenter le prix.

Donc une fois qu'on a obtenu la quantité qu’on souhaite, la


question qui se pose c’est comment rémunérer ceux qui ont injecté
?
42
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Il y a deux solutions :
 Il y a ce qu'on appelle les enchères à la française, c'est-à-dire
des enchères à prix limite. Tout le monde reçoit le prix de la
dernière offre retenue ou de la dernière offre rejetée donc tout le
monde est payé au même niveau.
 Et puis il y a ce qu'on appelle les enchères discriminantes, les
enchères à la hollandaise, c'est-à-dire des enchères qui
aboutissent à ce que chacun reçoive le prix qu'il a demandé.
Alors ce mécanisme-là est un peu différent dans la mesure où il
peut engendrer un certain nombre d'effets pervers parce que
certains peuvent par exemple regretter d'avoir demandé un prix
trop bas par rapport à leurs concurrents. 43
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
C'est ce qu'on appelle la malédiction du vainqueur. Vous avez
gagné parce que vous avez demandé le prix le plus bas mais en
même temps vous vous apercevez que d'autres ont été retenus
aussi en demandant un prix plus élevé.

Donc il faut savoir qu'en Europe c'est le premier mécanisme, le


système des « feed-in-tariffs » qui a été retenu et ce système a
engendré un certain nombre d'effets pervers.
C'est la raison pour laquelle aujourd'hui dans tous les pays
européens, à commencer par l'Allemagne mais aussi la France,
l'Espagne, la plupart des pays, on s'aperçoit qu'on va aboutir à une
réforme parce qu'il y a eu trop d'effets pervers avec ce mécanisme.

44
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Le schéma suivant permet de bien comprendre la situation :

o Si vous partez du haut à gauche, vous voyez qu'il y a


injection d'électricité renouvelable par exemple éolien ou
photovoltaïque.
o Cette injection d'électricité payée hors marché va, si on va
vers la droite faire baisser le prix sur le marché SPOT
pourquoi ?

45
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Parce que cette électricité étant payée hors marché, elle est
rémunérée en dehors du marché, elle contribue à faire baisser le
prix du marché SPOT puisque l'offre est plus importante que la
demande.

Et donc, si ensuite, à partir de la droite on descend, on s'aperçoit


que cette baisse des prix sur le marché SPOT fait que le surcoût
entre le prix garanti et le prix du marché a tendance à augmenter et
ce surcoût va être pris en compte à travers la fameuse
Contribution au Service Public de l'Electricité.

Donc si à partir du bas vous allez vers la gauche, vous vous


apercevez que le prix payé par le consommateur final, lui, il va
augmenter parce que ce prix comprend la fameuse CSPE. 47
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Par exemple c'est le cas de l'Allemagne qui a du mal à faire
passer l’électricité de la Baltique vers la Bavière et par
conséquent ils passent par la Pologne ou la République
Tchèque ce qui pose des problèmes aux Tchèques et aux
Polonais.
o Un autre effet, c'est le fait que cette électricité éolienne ou
solaire, est une électricité intermittente. Il faut donc prévoir
des centrales pour les heures où il n'y a pas de vent ou il
n'y a pas de soleil et donc c'est le problème du back-up, il
faut donc prévoir des centrales thermiques en appoint
pour le cas où il n’y a pas de vent ou il n’y a pas de soleil.
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Donc on a une situation paradoxale, on s'aperçoit que l'injection
d’électricité renouvelable fait baisser le prix du marché SPOT mais
fait monter le prix TTC, c'est-à-dire le prix toutes taxes comprises
payé par le consommateur final.
Aujourd'hui il faut savoir que la Contribution au Service Public
d'Electricité représente à peu près 15 % du prix payé par le
consommateur final.
A cela s'ajoutent deux autres effets pervers dont il ne faut pas
sous-estimer l'impact
C'est d'une part les externalités de réseau, le fait qu'on a parfois du
mal à évacuer cette électricité intermittente et par conséquent, et
bien ça peut engendrer des inconvénients sur le réseau limitrophe.
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Alors, ce schéma montre que la fameuse Contribution au
Service Public de l'Electricité n'a cessé d'augmenter,
aujourd'hui elle dépasse les 6,5 milliards d'euros. Alors il faut
bien reconnaître que dans la CSPE, tout ne concerne pas
l'éolien et le photovoltaïque, une partie de la CSPE est
destinée également à couvrir le surcoût dans les régions qui
ne sont pas interconnectées, par exemple les régions isolées
comme la Corse, comme les DOM-TOM mais 60 % de la
CSPE, aujourd'hui, sert à financer le surcoût des
renouvelables.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Donc tous les pays européens qui ont été confrontés à ce
problème se disent : c’est très bien de développer, d'aider les
renouvelables mais il faut modifier le mécanisme qui a été
mis en place.
Alors, l’autre l’effet pervers de ces renouvelables, c'est ce
qu'on appelle l'effet de switching. L'effet de switching, c’est
un problème de translation.
Dans l'électricité, il y a un grand principe sur le marché, on
appelle les centrales par ordre de coût croissant. On
commence par les centrales les moins coûteuses.
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


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d’électricité d’origine éolienne et solaire
Donc le schéma du haut montre que c'est d'abord, par exemple,
l'électricité hydraulique au fil de l'eau qui est appelée en premier, puis
le nucléaire, puis les centrales à charbon, puis les centrales à gaz,
puis les turbines à gaz que l'on garde pour la l’appoint éventuellement
et les importations.
Cette électricité éolienne et photovoltaïque est injectée sur le marché,
en fait elle est injectée à coût nul, à coût zéro et par conséquent cela
fait se déplacer la courbe vers la droite. C'est un phénomène de
translation.

Si bien que le prix d'équilibre qui était relativement élevé, aux


alentours mettons de 60-70 € le mégawattheure dans le schéma du
haut, tend à baisser fortement dans le schéma du bas à cause de cette
électricité excédentaire. 54
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Et on a même eu des situations paradoxales : on a vu parfois en
Europe des prix négatifs, c'est-à-dire qu'il y a tellement d'électricité
qu'on ne sait pas quoi en faire.

Le gros problème de l'électricité, ne l'oublions pas, c’est qu'on ne


sait pas la stocker.

Quand il y a beaucoup trop d'électricité par rapport à la demande


et bien parfois, il faut payer quelqu'un pour qu’il vous en
débarrasse et donc sur le marché SPOT souvent ce sont les
compagnies suisses qui sont payées pour acheter une électricité
excédentaire dont on ne sait pas quoi faire.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Alors il ne faut pas dire que les renouvelables sont les seules
responsables de cette baisse des prix sur le marché SPOT, il y a
une autre raison fondamentale aujourd'hui, c'est la baisse de la
demande d’électricité.
- La crise économique a fait qu'on a trop investi dans l'électricité

par rapport à la réalité, on s'attendait à une augmentation de la


demande et l’augmentation de la demande ne s'est pas produite,
par conséquent la demande d’électricité est relativement stable,
et parfois même elle a eu tendance à baisser.
Le graphique suivant montre que dans tous les pays européens les
prix SPOT de l’électricité ont chuté.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


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En bas, en rouge, le prix SPOT sur le marché allemand et juste au-dessus,


en bleu, le prix en France.

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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
On constate d'ailleurs que le prix allemand est plus bas que le prix
français, ce qui peut paraître étonnant. La raison en est qu'en
Allemagne, il y a beaucoup trop d'électricité par rapport aux besoins
aujourd'hui, ils sont en surcapacité électrique.

Alors ensuite vous avez le cas de l'Angleterre et le cas de l'Italie, les


prix sont plus élevés mais partout les prix ont tendance à baisser.

Et on voit d'ailleurs que cette baisse des prix sur le marché SPOT a
des inconvénients parce que, lorsque la baisse des prix atteint 70 € le
mégawattheure, et bien les centrales à gaz ne sont plus compétitives,
il faut les fermer.

Lorsque ça descend à 50 € le mégawattheure, 60 € le mégawattheure,


il faut fermer les centrales au charbon. 58
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


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Quand ça descend à 45 €, il faut fermer les centrales
oléiques.

Et le prix du marché aujourd'hui est aux alentours de 40 € le


mégawattheure et 40 € le mégawattheure, c'est le prix de
revient du mégawattheure nucléaire français pour des
centrales qui sont amorties.

Par conséquent on a des prix aujourd'hui qui sont au niveau,


je dirais, du prix de revient des centrales nucléaires et qui
font que les centrales à gaz, les centrales à charbon, souvent
ne sont plus compétitives c'est-à-dire qu'on a trop investi et
on a un problème avec cette surcapacité. 59
III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Quelles sont les réformes possibles ?
o Le premier évidemment, c’est de réduire le niveau des «

feed-in-tariffs », les prix d'achat garantis ;


o La deuxième c’est de passer aux « feed-in-premium »,
donc c’est le système qui, d'ailleurs, devrait être privilégié
dans la loi française ;
o La troisième solution c'est de procéder par enchères ;
o La quatrième c'est d'inciter ceux qui produisent de
l’électricité renouvelable à en consommer une partie ;
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III. L’ECONOMIE DES ENERGIES RENOUVELABLES 

2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Quelles sont les réformes possibles ?
o Et la dernière, c’est d’opter pour ce qu'on appelle le «

power to gas », c'est-à-dire transformer l'électricité


excédentaire en hydrogène, éventuellement en y associant
du CO2, obtenir du méthane.
o Mais cette solution pour l'instant n'est pas techniquement
et surtout économiquement très intéressante parce qu'elle
n'est pas très compétitive.
Alors, ce qu'on observe à l'échelle internationale c’est que
tous les pays aujourd'hui développent les énergies
renouvelables, que ce soit le solaire, l'éolien ou la biomasse.
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2. Les problèmes économiques posés par l’intermittence


d’électricité d’origine éolienne et solaire
Alors bien sûr le pays qui fait les plus gros efforts parce qu'il
a des besoins énormes, c'est la Chine mais on voit que
l’Union Européenne est bien placée notamment dans les
énergies intermittentes mais aussi les États-Unis, l'Inde ou le
Brésil et ce qui est vrai pour ces pays l'est également pour
d'autres pays à l'échelle internationale.
Ce qu'on observe à l'échelle internationale c’est que tous les
pays aujourd'hui développent les énergies renouvelables,
que ce soit le solaire, l'éolien ou la biomasse.

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