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LE DIABETE SUCRE

Dr .Y Klouche
2020
GLUCOSE
Le glucose provient:
- de l’alimentation ( glucose ou autres sucres métabolisés en glucose)
- de l’organisme: néoglucogenèse et glycogènolyse

Le foie: stocke le glucose en période « d’abondance » et le libère dans le sang pour


maintenir la glycémie
- synthétise du glycogène pour stocker le glucose (plus faible pouvoir osmotique
que le glucose).
- synthétise du glucose (néoglucogénèse: à partir du lactate, glycérol,
ac.aminés, mais pas des ac.gras) —> passage dans la circulation
- libère du glucose dans la circulation à partir du glycogène (glycogénolyse) ou
directement par néoglucogenèse

Le rein fabrique du glucose (néoglucogénèse) mais en stocke très peu (peu de


glycogène)
Le foie : un organe de libération de glucose

FOIE

2- Glycogénolyse

+
Glycogène

Glucagon La glycémie
redevient Le foie est le seul organe
normale c’est capable de libérer du glucose
à dire autour lors d’une hypoglycémie
Glucose
de 5 mmol/L
La libération du glucose
Glycémie =
< 5 mmol/L Le glucagon est une hormone hépatique permet de
hyperglycémiante stimulant la
maintenir stable la
glycogénolyse hépatique
glycémie entre les repas
Si hypoglycémie
Les muscles et la régulation de la glycémie
Insuline
MUSCLE
Transporteur
GluT-4 +
Glycogénogenèse
+
Glycolyse

ATP Glycogène

+
La glycémie La capacité de stockage
Insuline
redevient en glycogène des
normale c’est muscles est limitée à
à dire autour 400g
Glucose de 5 mmol/L
Après un repas,
Glycémie =
> 5 mmol/L l’excédent de glucose est
2-1-L’insuline
L’insulinestimule
stimulela mis en réserve dans les
l’entrée
glycogénogenèse
du glucose dans cellules hépatiques et
Si hyperglycémie les myocytes
musculaire
via GluT-4 musculaires
Vue d’ensemble de la régulation de la glycémie

Prise d’un repas Jeûne, état


riche en glucides postprandial

Hyperglycémie Hypoglycémie

Stimulation des Stimulation des


cellules β cellules α

Libération d’insuline Action sur des Libération de glucagon


dans le sang organes cibles dans le sang

Foie Muscles Tissu adipeux

Retour vers une


normoglycémie
RÉGULATION HORMONALE DE LA GLYCÉMIE
3 hormones principales:
1- Insuline: hormone hypoglycémiante
Foie: inhibe la néoglucogenèse et la glycogénolyse
Muscle: permet l’entrée de glucose

2- Glucagon: hormone hyperglycémiante


Foie: augmente la glycogénolyse diminue la glycogénogenèse, inhibe
la synthèse d’ac.gras

3- Catécholamines: hormone hyperglycémiante


norépinéphrine (innervation hépatique et rénale), épinéphrine
(médullaire de la surrénale)

Autres hormones:
SYNTHÈSE DE L’INSULINE
Synthèse dans les cellules beta du pancréas endocrine

s s Pre-pro-insuline

Chaine A
Peptide signal s s C-peptide
25 ac.am. s Chaine B s

s s

Chaine A
s s
insuli s
21 ac.am.
s
ne
Chaine B
30 ac.am.

Secrétion d’insuline et de
Sécrétion d’insuline
au cours de la journée

Watkins et al. Diabetes and its Management, Ed. 6. Blackwell Publishing, 2003; Pickup & Williams. Slide Atlas of Diabetes.
Blackwell Publishing, 2004
Stimulation par le glucose de la sécrétion d’insuline
GLUT
GLUCOSE 2

GLUCOSE
Cellule β-
pancréatique ATP/ADP augm.
G6P

glycolyse
inhibition
CANAL K+
ATP-dépendant
Ca+
Foie
+

Veine
porte INSULIN Ouverture du Dépolarisation
E CANAL Ca++ de la cellule
voltage-
dépendant
LES TRANSPORTEURS CELLULAIRES DE GLUCOSE

2 Types:
1- SGLT = transporteurs dépendant du sodium (2airement actif)
pôle apical des cellules intestinales et rénales (tubule proximal)
• SGLT1: haute affinité, entérocyte et TP droit rénal. 2Na/glucose
• SGLT2: basse affinité TCP 1Na/glucose
Permettent l’entrée active de Na: réabsorption

2- GLUT .
Transport de glucose facilité: indépendant du Na, le glucose suit le gradient de
concentration
• GLUT1/GLUT3: SNC. Forte affinité pour le glucose (Km << glycémie)
• GLUT2: pancréas, pôle basolatéral des cellules du TP rénal et des cellules
intestinales
GLUCAGON
• Peptide 29 ac.am. Secrété par les cellules α du pancréas (20-30% des cellules des
ilots pancréatiques)
• organe cible foie
•Hormone qui prévient l’hypoglycémie: stimule la sortie de glucose hépatique,
stimule la glycogénolyse et la néoglucogenèse hépatique.
• Secrété quand la glycémie baisse (effet direct et indirect)
• Sa production est inhibée par l’insuline
•Produit lors de l’effort, stress
• Active voie AMPc et Ca
Le diabète sucré

• Définition

– "une affection métabolique d'étiologie multiple,


caractérisée par une hyperglycémie chronique avec
perturbation du métabolisme des hydrates de carbone,
des lipides et des protéines, et résultant des défauts de
la sécrétion d'insuline, de l'action de l'insuline, ou de
leur association.." (OMS.1998)
Critères diagnostiques
• Symptômes de diabète, polyurie, polydipsie,
amaigrissement inexpliqué, somnolence voire
coma .

• Et glycémie ≥ 2g/l (quelque soit l heure) .

• Glycémie à jeun (8 heures ou + de jeûne) ≥ 1.26g/l à


recontrôler x 2 fois .

• HGPO 75g glycémie à 2 heures ≥ 2 g/ .


On distingue donc désormais, dans un «dégradé»
métabolique :
4 les sujets normaux 0.65 g/l -1.10 g/l

4 les sujets hyperglycémiques non diabétiques (glycémie entre 1,10 et


1,25 g/l à jeun)

4 les diabétiques (glycémie supérieure ou égale à 1,26 g/l à jeun, ou


glycémie supérieure à 2 g/l à la 2ème heure de l’HGPO)

4 les intolérants au glucose (glycémie comprise entre 1,40 et 2 g/l à la


2ème heure de l’HGPO)
HGPO: hyperglycémie provoquée par voie orale
conditions:
-Charge =75g (100g chez la femme enceinte )glucose dissous dans
100ml d’eau
-prélèvement effectue en 2 temps :
.A jeun (= T 0)
.2 H après la charge (=T2)
valeurs Normales Intolérance au Diabète sucre
glucose

≤1.10g/L 1.10 - 1,26 g/L ≥1.26g/L

T0 ≤6.10 mmol/L 6.1 - 7 mmol/L ≥7 mmol/L

≤1,40g/L 1.40 - 2,00g/L ≥2g/l


T1
≤7.80mmol/L 7.8 - 11.1mmol/L ≥11.1mmol/L
Classification des diabètes sucrés - OMS 1998
• Diabète de type 1 : 2 à 5% des diabètes
• Diabète de type 2 : 85 à 95% des diabètes
– Absence processus auto-immun
– Début tardif (> 40 ans)
– Souvent associé à une obésité

• Autres types spécifiques de diabète : 1 à 5% des


diabètes
– Anomalies génétiques impliquant l'insulinosécrétion
• Mody (maturity onset diabetes of the young)
• Diabète néonatal
• Diabète d'origine mitochondriale
– Endocrinopathies, infections, autres syndromes génétiques ...

• Diabète gestationnel : chez 2 à 5 % des femmes enceintes


Deux principaux types de diabètes:
Mécanismes
Diabète de type 1
maladie autoimmune spécifique des cellules b
carence absolue de l’insulinosécrétion
sensibilité à l’insuline normale

Diabète de type 2
physiopathologie complexe
anomalies de l’insulinosécrétion
insulinorésistance
intégré dans une constellation de f. de risque vasculaire
Diabète de type 1
• AUTOIMMUNITÉ
– Destruction par un processus auto immun des cellules β de Langherans
conduisant à une carence complète en insuline.

• FACTEURS DECLENCHANTS ENVIRONNEMETAUX


- Ac anti-cellules d’îlots (ICA)

- Ac anti-protéine tyrosine phosphatase

- Ac anti-glutamate décarboxylase ( GAD)


Physiopathologie de l’hyperglycémie
défaut d’insulinosécrétion ± insulinorésistance

défaut de captage et d’utilisation du glucose


augmentation de la production hépatique de glucose
levée de l’inhibition de la lipolyse

hyperglycémie
afflux d’AGL
Diabète de type 2
• Facteurs métaboliques :
• Insulinodéficience :
– Réduction de la masse des cellules β
– Disparition du pic précoce d’insulinosécrétion
– Diminution de l’insulinémie à jeûn lorsqu’elle est
rapportée à la glycémie

• Insulinorésistance :
– Baisse d’efficacité de l’insuline comme facteur
d’utilisation du glucose avec hyperinsulinisme
compensatoire
Causes de l'insulinorésistance :
4 Non modifiable : Génétique
4 Modifiables :
∙ Sédentarité —>— >activité physique
∙ Excès pondéral —,— ,alimentation équilibrée et adaptée au poids

•Conséquences de l'insulinorésistance:

4 Risque vasculaire accru du fait du diabète et des


autres anomalies souvent associées : HTA,
Dyslipidémie, etc..
diabète Type 1 Type 2

Frequence relative 10% 85%


Sex ratio 1 1

Mecanisme essentiel insulinopénie insulinoresistance

âge < 35 ans > 40 ans


poids N ou < obésité
début rapide insidieux

Au diagnostic circonstance Signes cardin. Découv.fortuite,


dépistage

glycémie 15 à 20 mmol/l 7-15 mmol/l


glycosurie +++ 0 à+++
cétonurie habituelle Très rare
Complications retardées Fréquentes d’emblée
chroniques

Composante héréditaire + +++


Contexte auto immun ++ 0

Syndrome hyperosmolaire 0 ++
Complications chroniques Micro > macro Macro > micro
Autres types de diabètes spécifiques
• A . Défauts génétiques de la fonction des cellules β
• B . Défauts génétiques de l’action de l’insuline
• C. Diabètes pancréatiques
• D. Endocrinopathies
• E. Infections
• F. Formes rares de diabètes liées à une pathologie du
système immunitaire
• G. Autres sd génétiques s’accompagnant parfois d’un
diabète
CRITERES DE DIAGNOSTIC DU DIABETE
GESTATIONNEL

• Glycémie à jeun >1g/l


• O’Sullivan : Glycémie > 2g /l 60mn après absorption de 50g
de glucose
• HGPO (100g de glucose):
Test diagnostic: HGPO à 100g
T0 : 0.95 g/l
T60: 1.80 g/l
T120 : 1.55 g/l
T180 : 1.40 g/l
2 valeurs > aux normes donc DG