Vous êtes sur la page 1sur 32

EXPOSÉ DE FRANÇAIS

PHÈDRE DE JEAN RACINE : STRUCTURE ET PERSONNAGES

Exposants :
Pape Baba Diallo
Oumou Kalsoum Diop
Mouhamadoul Habib Ndiaye
Aicha Timera
Leity Ndiaye
Adama Ndao
Alioune Badara Traore
Cheikh Tidiane Sow
PLAN

1- Introduction
II - Structure
III - Personnages
I – INTRODUCTION(1/3)

Cree le 1er Janvier 1677, Phedre represente l’apogee de l’œuvre tragique de


Racine. ll a trente-sept ans et, depuis son premier chef-d’œuvre, Andromaque,
joué dix ans plus tôt, il a écrit à peu près une pièce par an. Protégé et admiré
par le roi, élu à ’Académie française en 1672, il atteint le sommet de sa
carrière. C’est en cette même année 1677 qu’il va se marier avec une riche
bourgeoise parisienne et qu’il sera nommé, avec Boileau « hiistoriographe du
roi ». Desormais, Racine n’écrira plus de tragédie. Il partagera sa vie entre sa
charge officielle à la Cour et sa famille. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que, à
la demande de Mme de Maintenon, il acceptera d’écrire deux pièces chrétiennes
Esther (1689) et Athalie (1691) à des fins pédagogiques, pour les jeunes filles
pensionnaires de Saint-Cyr. Pour bien reuussir , Racine a su rompre des
alliances et intriguer. Il s’est vivement opposé à son vieux rival Corneille
I - INTRODUCTION (2/3)

 Le destin s’acharne contre les


 Phedre est l’occasion, pour les ennemis
créatures, aveugles, égarées dans le
et rivaux de Racine , d’organiser
labyrinthe, obsédées par une fuite
contre lui une « cabale ». Bref, à tous
impossible. Le pessimisme est extrême
égards, Phedre est l’œuvre clef de
et chacun n’attend que la mort ou le
Racine et lui-même y vit son chef
sacrifice, tout en restant lucide sur
d’œuvre, un aboutissement et reflète en
la folie où il est plongé. Racine ,
tout cas les spécificités du tragique
formé à l’école du jansénisme, puis
racinien, toutes poussées au paroxysme.
obligé de se frayer un chemin dans une
La passion y est féroce et inadmissible
société sans pitié, convaincu que
(l’inceste). Les conflits y opposent
l’homme est le jeu des passions et de
des êtres que tout devrait unir. Le mal
la volonté de puissance, a concentré
s’y donne libre cours.
dans Phedre
I - INTRODUCTION (3/3)

 une dernière fois avant de se


taire, sa sombre vision de la  optimisme accomodant, Racine veut
condition humaine. Racine a vouliu renouer avec un lieu theatral
revenir aux sources de la tragedie sobre, denude, ou la creature
antique. Ses premieres pieces ont humaine est livree d’un Combat inegal
defie le gout de son siecle, avec la fatalite . Cette visionist sans doute
habitue aux beaux sentiments des influence par la faormation jansenite de Racine
heros corneliens. Refusant tout
II- STRUCTURE

L’oeuvre de Jean Racine est structure en 5 actes.


Chaque acte contenant entre 5 et 7 scenes. Le
decoupage se fait comme suit:
- Acte 1 : 5 scenes.
 Acte II : 6 scenes.
 Acte III : 6 scenes.
 Acte IV : 6 scenes .
 Acte V : 7 scenes
ACTE 1

 L’acte 1 commence par la première où une discussion entre Phèdre et Oenone va avoir lieu,
Phèdre lui demande son avis sur la situation en lui demandant conseil. Déprimé, dans la
scène 2, le monologue de Phèdre évoque Vénus en racontant sa honte et son humiliation. Elle
s’entraine dans sa propre perte en lui disant de se venger d’Hyppolyte. La scène 3 nous
apprend par Oenone discutant avec Phèdre que Thésée n’est pas mort. Phèdre l’apprend
dépitée, elle se fait des remords et son envie d’abandonner la vie se fait ressentir. Oenone
conseille à Phèdre d’accuser le fils de Thésée mais Phèdre refuse de le faire. Oenone
insistante ne comprend pas le refus de dénoncer Hippolyte. Phèdre lui répond qu’elle voit
déjà sa fin écrite et qu’il est inutile d’y changer quelque chose. Elle s’en remet à Oenone.
Dans la 4ème scène qui est très court, on peut voir un dialogue entre Thésée qui fait son
retour et Phèdre. Cette dernière la rejette dès le départ alors qu’il n’a même pas fini sa
phrase. Elle part après cette discussion. La 5ème scène montre une discussion entre Thèse et
Hippolyte. Thésée est surpris du rejet de sa femme et demande à son fils de lui expliquer la
situation, mais Hippolyte cherche à fuir l’explication. Hippolyte annonce son départ. La
sixième et dernière scène nous montre un monologue d’Hippolyte qui est désemparé.
ACTE 2

 Aricie avoue à sa confidente son amour pour Hippolyte,


qui fait irruption pour lui déclarer ses propres
sentiments et lui proposer le trône d’Athènes. Phèdre
survient qui commence par recommander son fils à
Hippolyte et finit par lui déclarer avec une extrême
violence son amour. Honteuse et désespérée, Phèdre
essaie de se tuer avec l’épée d’Hippolyte, ce qu’Oenone
empêche. Entre-temps, Athènes a choisi le fils de
Phèdre pour roi. Mais soudain, le bruit court que
Thésée serait vivant.
ACTE 3

 L’acte 3 est rythmé par l’envie de mourir de Phèdre et le


retour de Thésée, dans cette acte Phèdre se confie à Oenone
sur sa tristesse vis-à-vis à son amour pour Hippolyte qui est
son beau-fils. Sa passion pour lui fait qu’elle ne peut pas
l’oublier et ne penses plus qu’à un seul chemin à prendre, se
laisser mourir pour aussi ne pas commettre l’inceste. Pour ça
elle va refuser de se nourrir.
ACTE 4

 Oenone calomnie Hippolyte auprès de Thésée, qui la


croit. Comme preuve de son innocence, Hippolyte
invoque son amour pour Aricie, mais Thésée n’y voit
qu’une feinte et voue son fils à la malédiction de
Neptune. Agitée par les remords, Phèdre se
précipite pour dire la vérité ; Thésée fait alors
allusion à l’amour qu’Hippolyte dit éprouver pour
Aricie. Folle de rage et de jalousie, Phèdre
renonce à parler et s’en prend finalement à Oenone
qu’elle chasse en la maudissant.
ACTE 5

 Le cinquième acte est divisé en deux ensembles de


scènes: le premier ( scène 1 à 3) montre les dernières
tentatives d'Hippolyte et d'Aricie pour sauver leur
amour et leur propre personne ; la scène 4, avec le
monologue de Thèsee, fait figure de scène de
transition, avant que l'acte ne bouscule dans une suite
de mort( scène 5 à 7), qui intervienne selon une ordre
hiérarchique et selon l'importance des personnages dans
la pièce: d'abord la mort dramatique d'Oenone ( scène
5) puis la mort héroïque d'Hippolyte (scène 6), enfin
la mort tragique , la seule représentée sur scène, de
Phèdre ( scène 7)
II- PERSONNAGES

Phedre de Jean-Racine contient beaucoup de


personnages clef qui ont une importance dans
l’histoire. Parmi eux on peut citer Phedre,
Thésée, Aricie, Hippolyte, Oeunone etc. Chacun
de ces personnages ont une importance
significative et ont un sens dans l’oeuvre.
Certains d’entre eux ne sont pas mentionnes mais
jouent quand meme un grand role comme le
taureau, qui a donne naissance au minautor avec
phasiphae ou encore Helios, le “Dieu” du soleil.
II- PERSONNAGES
 Arbre genealogique des personnages de l’histoire.
THESEE (1/3)

 Thésée est fils d’Egée, roi d’Athènes, et


Æthra, princesse de Trézène. Elevé dans
cette cité par sa mère et son grand-père,
il n’apprend qu’à l’adolescence qui est
son père. Il part alors combattre les
Paillantines, les frères d’Aricie, qui
prétendaient succéder à Egée, et devient
l’héritier du trône d’Athènes.
THESEE (2/3)

 Il a un fils, Hippolyte, puis, après la


disparition d’Antiope, il épouse  aux vers 85-89, et son voyage en Epire,
Phèdre, dont il a eu deux fils, Acamas dont les dangers ont alimenté le bruit
et Démophon (jamais mentionné par dans de la mort du roi, avait un motif de la
la pièce). Thésée a donc un passé même trempe, puisqu’il s’agissait
glorieux. La pièce retentit, par d’aider son ami Pirithoüs à enlever la
allusion ou récits épiques, de ses femme du tyran de cette contrée. Thésée
exploits. Thésée, comme Hippolyte, a sa apparaît plutôt comme un séducteur
« faiblesse », et ce point faible, ce fatigué, prompt à se jeter dans les
sont les femmes. Ses aventures galantes bras de son épouse au retour de son
sont évoquées à plusieurs reprises dans expédition (scène 4, acte III). En
la pièce, comme un thème récurrent, au outre, jamais
vers 23 (« jeunes erreurs »),
THESEE (3/3)

  n’en fait un personnage ridicule: il  à ce fils, qui ne peut aimer Aricie,


conserve toujours sa qualité de héros, frappée par l’interdit royal d’épouser
envers qui les dieux eux-mêmes, comme quiconque ; à Aricie, qui ne peut aimer
Neptune, ont des dettes. Cette image Hippolyte pour la même raison. Thésée
négative du héros est enfin renforcée incarne l’obstacle par excellence, ce
par le rôle qu’il joue dans la pièce. qui montre parfaitement la parenthèse
Son existence s’oppose à presque tous de l’acte II (l’acte des déclarations),
les personnages de la tragédie : à sa c’est-à-dire où, Thésée passant pour
femme qui ne peut aimer Hippolyte, son mort, les passions se libèrent et
fils d’un premier lit ; s’expriment.
PHEDRE (1/4)

 Fille de Phasiphaé et de Minos et femme


de Thésée, Phèdre est le personnage
principal de l’œuvre. La formule est
célèbre : « Phèdre n’est ni tout à fait
coupable, ni tout à fait innocente ».
Cette ambiguïté fondamentale du
personnage fait tout son intérêt
dramatique: elle passe du registre de
la noirceur à celui du remords, de la
violence la plus obscure à de grands
moments de lucidité, ce qui suscite
chez le spectateur la pitié. Phèdre est
une figure tragiquement écartelée
PHEDRE(2/4)

 La culpabilité de Phèdre est d’abord  Mais cette culpabilité n’est pas, au


une culpabilité sociale et familiale : premier abord, de la responsabilité de
elle aime son beau-fils, Hippolyte, Phèdre. Sa passion est vécue comme
fils de Thésée et d’Antiope. Elle ne l’effet d’une machination divine, dont
respecte non plus son devoir d’épouse « la fille de Minos et de Pasiphaé »
puisqu’elle est reine: mariée du roi n’est que l’instrument, l’ultime
Thésée, elle déchoit de son rang et manifestation. Son ascendance en effet
trahit sa fonction. Enfin, elle est explique quelques-uns des nombreux
indigne du titre de mère: bien qu’ayant visages de Phèdre dans la pièce. Il est
un fils de Thésée, Acamas, elle détruit impossible néanmoins d’innocenter
sa famille légitime par son amour pour complètement Phèdre à la lumière de
Hippolyte. cette lourde hérédité. Sa
PHEDRE (3/4)

 la dévore, mais il faut remarquer combien


sa volonté se garde d’aller dans un sens
 Phèdre, proche du suicide, répond aux
opposé au flux qui l’entraîne. Phèdre
change ainsi, de manière très rapide, de exhortations d’Œnone en rejetant la
registre passionnel : amoureuse (scène 3, responsabilité de ses acteurs sur sa
acte I), apeurée (scène 5, acte II), servante, et, pour camoufler son amour
jalouse (scène 5, acte IV), repentante pour son beau-fils Hippolyte, elle le
(scène 7, acte V), elle passe pas divers cache sous les apparences d’une
états qui la ravagent au point qu’elle préoccupation maternelle pour son fils
abdique tout pouvoir sur elle-même. Sa Acamas, dont elle prétend assurer
raison sait être de mauvaise foi lorsque l’avenir politique
son amour pour Hippolyte est en jeu. La
dernière scène de l’acte I le montre bien.
PHEDRE (4/4)

Racine a
donc bien pris soin de présenter
son personnage dans les affres d’un amour
dévastateur, mais aussi de mettre en scène
tous les méandres empruntés par le désir,
toutes les ruses de ce désir pour arriver à
ses fins et se jouer d’autrui comme de soi-
même, jusqu’à la mort. On notera que la
principale figure de style qui caractérise
les propos de Phèdre dans la pièce est
l’oxymore. L’âme de Phèdre est « une obscure
clarté », une « sombre lumière  »
HYPPOLYTE (1/5)

 Hippolyte a beau commencer la pièce,


son rôle est secondaire par rapport à
celui de sa belle mère ; le titre en
définitive retenu le montre bien.
Néanmoins, le personnage d’Hippolyte
n’est sans complexité ni intérêt. Dans
HIPPOLYTE(2/5)

 Racine veut respecter à la lettre la


 souligne dans quelle mesure il s’est prescription aristotélicienne : la
écarté de la légende antique, et s’en tragédie doit engendre la pitié, et
excuse : s’il n’a pas epris l’extrême pour qu’il y ait pitié, il faut que le
perfection morale et physique qui personnage ait une « faiblesse »,
caractérise Hippolyte dans la tradition c’est-à-dire qu’il soit humain, proche
mythologique, c’est pour que la mort du du spectateur, qui doit pouvoir
personnage ne suscite pas un sentiment s’identifier. En faisant d’Hippolyte
de révolte et d’injustice chez le l’amant d’Aricie, il rend accessible
spectateur. son personnage. Le tragique, c’est
humain.
HIPPOLYTE(3/5)

 Racine présente l’amour d’Hippolyte


pour Aricie comme antithétique au reste
de sa personnalité. Amateur de chasse  Il fait preuve de fidélité, envers
et autres sports (vers 130-132), il
Aricie, à qui vont ses dernières
semble voué à la prouesse solitaire de
paroles (vers 1561-1566), et même
ceux de son père. Fils de Thésée et
envers Phèdre, qu’il refuse de dénoncer
d’Antope, reine des Amazones, il
ou de couvrir d’opprobre : jamais il
présente une parfaite « grandeur
n’oublie qu’elle est reine, épouse de
d’âme ». Il sait garder le contrôle de
son père (scène 5, acte II).
lui-même, lorsque Phèdre lui avoue sa
passion: il refuse de la frapper de son
glaive (scène 5, acte II).
HYPPOLYTE(4/5)

 Par toutes ces qualités, il se croit au-


Précisément, c’est Thésée, plus Aricie,
dessus des autres hommes, avant de
qui est la vraie « faiblesse »
prendre conscience de son amour pour
d’Hippolyte. Ce dernier n’est pas un
Aricie : le voilà devenu simplement un
héros, car il ne s’est pas encore
homme parmi les autres hommes, sujet aux
émancipé du modèle paternel. Il périt
lois de l’amour (vers 531-536). Il juge
finalement en raison de sa trop grande
sa passion, comme un obstacle sur la
timidité devant l’autorité de Thésée:
route de l’héroïsme. Elle le conduit
lorsque celui-ci l’accuse injustement
inévitablement à s’opposer à son père,
d’avoir tenté d’abuser de Phèdre, il se
puisque cet amour s’adresse précisément à
refuse à dénoncer la machination de la
celle que son père lui refuse pour des
reine, qu’il respecte malgré tout comme
raisons politiques : Aricie, descendante
la femme de son père (scène 2, acte
d’une famille qui a jadis régné sur
IV).
Athènes et que Thésée à décimée, ne doit
pas avoir d’enfant qui puisse un jour
réclamer le trône par leur ancêtres.
HIPPOLYTE(5/5)

 Le comportement qui caractérise le mieux


Hippolyte, finalement, c’est la fuite (vers 1717
ou encore 925-926). C’est là que réside toute
l’ambiguité de ce personnage : plein de vertu,
aspirant à un héroïsme digne de celui de son
père, Hippolyte a peur, aussi bien devant les
sentiments de l’amour que devant le monde trouble
du palais de Trézène. Il rêve d’affrontements au
grand jour, avec un ennemi clairement désigné :
il ne rencontre que des passions, celle de
Phèdre, mais aussi la sienne. Ironie du sort :
lorsqu’il quitte enfin Trézène et affronte un
monstre, il en meurt.
ARICIE(1/2)

 Elle incarne en effet un maillon dans la


chaîne infernale de l’amour et de la haine
qui lie les protagonistes de la tragédie :
Phèdre aime Hippolyte qui aime Aricie qui
aime Hippolyte, Thésée ayant tout pouvoir
sur chacun de ces personnages. Aricie
apparaît donc comme la jeune fille
amoureuse par excellence. Ainsi est-elle
présentée comme « jeune » (vers 50),
« aimable » (vers 53), rebelle à l’amour
comme Hippolyte (vers 433) avant d’y
succomber comme Hippolyte. A cela
s’ajoutent un sens de la justice (vers
1584) qui se révèle lorsqu’elle voit
Thésée écouter les calomnies d’Œnone
contre Hippolyte.
ARICIE(2/2)

 Personnage un peu terne dans sa candeur  Cette épaisseur s’affirme à mesure que
morale et naïve, elle est victorieuse se déroule la pièce. Aricie aime sa
de sa rivale dans le cœur d’Hippolyte, « gloire » : ainsi conçoit-elle cet
mais cette victoire, fort relative (son amour dont elle tire orgueil (vers 449-
amant périt), souligne la situation 453). Jamais, cependant, cet orgueil
pathétique de Phèdre plus qu’elle ne quelque peu vindicatif ne va jusqu’à la
met en valeur Aricie. Elle ne doute conscience du personnage : la sincérité
jamais, ni de son bon droit, ni de son d’Aricie est entière dans ses
amour, qu’elle s’est partagé. a su sentiments pour Hippolyte, sa réaction
donner toutefois à Aricie une épaisseur à la mort de son amant le prouve. La
humaine, en la dotant elle aussi d’une pièce s’achève sur l’image d’une jeune
« faiblesse » qui n’est suggérée. fille brisée
OEUNONE(1/3)

 Elle est un personage secondaire qui joue un role


fondamental dans la piece. Elle est la face d’ombre
de Phedre. Les liens qui unissent Œnone
et sa maîtresse sont très forts :
nourrice aimée, Œnone est la confidente
par excellence. Elle incarne la voix de
la raison quand Phèdre s’abandonne à sa
folie, et de la vie quand Phèdre parle
de se donner la mort
OEUNONE (2/3)

 n’enferme pas son personnage dans une


codification figée. Car Œnone la
raisonnable en vient à jouer  qu’elle justifie cependant pas sa
l’entremetteuse (scène 1, acte III),
volonté de sauver Phèdre à tout prix du
puis à calomnier Hippolyte. Les
déshonneur. Son principal rôle est
conseils qu’Œnone prodigue à Phèdre
d’engager Phèdre à agir, à ne pas
n’ont rien d’objectif ni même de
s’abandonner à elle-même: elle est
raisonnable, mais sont motivés par un
ainsi un moteur fondamental de la
dévouement sans bornes qui ressemble
tension tragique, jusqu’à la mort, la
fort à une passion sans limite. À la
sienne et celle de sa maîtresse.
fin de la pièce, les accusations
qu’elle porte contre Hippolyte lui
apparaissent comme une faute morale
OEUNONE (3/3)

 Elle ne comprend pas qu’Hippolyte se refuse à Phèdre et


seules une haine farouche, une jalousie latente, peuvent
la conduire à calomnier le fils de Thésée devant son père,
pour l’honneur et pour l’amour de Phèdre. Œnone incarne un
amour rentré, une passion noire d’autant plus violente
qu’elle n’a pas le droit de s’exprimer, ne serait-ce qu’en
raison de son infériorité sociale. Sa mort est
l’aboutissement inéluctable de cet amour impossible.
ISMENE ET THERAMENE

Ismene Theramene
 Dans la mythologie  Il est le tuteur d'Hippolyte.
grecque, Ismène (en grec Homme sage, loyal et bon, il est
ancien Ἰσμήνη / Ismếnê) est l'un témoin de la bataille héroïque
des enfants nés de l'inceste d'Hippolyte contre un monstre
involontaire d'Œdipe et de sa marin (qui conduit à la mort
mère Jocaste. Dans le livre Phèdre d'Hippolyte) et est capable de
elle est la confidente d'aricie. transmettre avec éloquence ce qui
s'est passé à Thésée.
CONCLUSION

 Cette tirade de Phèdre appartient bien au registre tragique : Racine y


exprime, avec tous les procédés classiques liés à ce registre (champs lexicaux
de la souffrance, des passions destructrices : amour, haine…), le pessimisme,
la fatalité de son destin qui voue Phèdre à la mort alors que Phèdre lutte en
vain contre des forces qui la dominent et l’accablent (la force de la passion
dévorante et celle des dieux).
Le ton « tragique » est souvent révélateur d’une certaine conception de
l’homme et du monde. L’homme apparait comme un être faible, impuissant,
prisonnier, dominé par des forces qui le dépassent et qui gouvernent le
monde : le destin, les dieux. Les personnages comme Phedre et Hippolyte qui
ont succomber d’une mort tragique confirment egalement ces faits. Cette Œuvre
du mouvement classique aura marque sa generation et bien d’autres a travers
cette histoire bouleversante.