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Mécanismes d’action des toxiques

Cours de toxicologie: 5 éme de pharmacie

Présenté par Dr A. Zouani Le 05/01/2021

Faculté de médecine Saad Dahleb(Blida). Département de pharmacie

Laboratoire de Toxicologie
Introduction:

Les effets toxiques, très divers par leur nature,


l’organe cible et le mécanisme d’action, résultent
d’interactions biochimiques entre le composé toxique
(et/ou ses métabolites) et des structures de
l’organisme. Cette structure peut être quelconque:
c’est le cas des produits corrosifs qui agissent sur
n’importe quel tissu. Les effets spécifiques en
revanche affectent une fraction subcellulaire précise.
I- Toxiques fonctionnels et lésionnels
TOXIQUES

INORGANIQUES:
Métaux lourds et métalloïdes.
Amiante.
Silicates…..etc.

CHIMIQ PHYSIQU
UES ES
I- Toxiques fonctionnels et lésionnels
Il n’existe pas de classification universelle des
toxiques, on peut proposer une classification basée sur
:
leur point d’impact (néphrotoxicité, hépatotoxicité,
immunotoxicité, génotoxicité……),

leurs modalités d’utilisation (médicaments, toxiques


professionnelles, toxiques environnementaux…),

leur mécanisme biochimique (poisons


méthémoglobinaisants, agents alkylants,....).
I- Toxiques fonctionnels et lésionnels

Du point de vue de la toxicologie


humaine, il est intéressant de distinguer
les toxiques fonctionnels des toxiques
lésionnels.
I- Toxiques fonctionnels et lésionnels
1- Toxiques fonctionnels:

Ils induisent une atteinte purement suspensive d’une


fonction vitale (vigilance, respiration, hémodynamique..),
liée à leur présence à concentration suffisante au niveau
des organes-cibles.

Ces perturbations sont longtemps réversibles et un


traitement correctement conduit, permet, s’il n’est pas
trop tardif, une bonne restitution.
I- Toxiques fonctionnels et lésionnels
2- Toxiques lésionnels:

 Ils provoquent des lésions irréversibles à l’échelon


tissulaire, cellulaire, moléculaire…

 Ils sont à l’origine d’intoxications plus sévères, aigues


aussi bien que chroniques.

 Le traitement doit être aussi précoce et énergique que


possible pour limiter ces lésions.
II- CIBLES BIOLOGIQUES DES TOXIQUES
Cibles cellulaires des toxiques:
Partie cellulaire Principales atteintes
Membrane cellulaire 1.Peroxydation lipidique
2. Perte de contrôle des flux ioniques
3.Perte de perméabilité sélective
4.Action sur les récepteurs membranaires
5.Réactions auto-immunes
mitochondrie 1.Phosphorylation oxydative-respiration
cellulaire
2.B oxydation des acides gras
lysosomes Inhibition des capacités de dégradation
cellulaire
Noyau Génotoxicité, alkylation de l’ADN,
réplication
Protéines cellulaires 1.Inhibition de l’activité enzymatique
2.Formation d’haptènes
Pigments cellulaires (hémoglobine, Atteinte du transport d’O2 au niveau sanguin
myoglobine) et tissulaire
Coenzymes Complexassions des coenzymes=> inhibition
enzymatique
III- Mécanismes d’action des toxiques

A- lésions au niveau de la membrane cellulaire:


1.Peroxydation lipidique:

Peroxydation des lipides de la bicouche phospholipidique


membranaire=> altération de la membrane=> destruction de
la cellule.
La peroxydation lipidique résulte souvent d’un stress oxydant
au niveau de la cellule.
1-a- définition du stress oxydant:
Stress oxydant : agression subie / oxydants
Paradoxe Paradoxe

O2
(organismes aérobies)

Élément vital
Élément toxique
génération

Espèces Réactives d’oxygène (ERO)

Stress cellulaire !!

Antioxydants
1.b- Définition d’ERO:

C’est un atome ou une molécule dont la structure


chimique est caractérisée par la présence d'un électron
libre rendant cette espèce chimique beaucoup plus
réactive.
-Origine des ERO:
La chaîne respiratoire mitochondriale joue un rôle capital dans
la cellule en étant responsable de la transformation de
l'oxygène en 2 molécules d‘H2O, cette réaction de réduction
directe impliquant la présence de 4 électrons.
Conséquences :

Formation de 36 ATP
Environ 0,4 à 4% de l‘O2 ne seront pas correctement
convertis en H2O suite à des fuites électroniques Par
réduction monoélectronique, l‘O2 donnera naissance à des ERO.
1.c. Les défenses antioxydantes :

- d’enzymes (superoxydes dismutases Cu-Zn et Mn, catalase,


glutathion peroxydases, …),

- de protéines transporteuses du fer et du cuivre (transferrine,


ferritine, céruléoplasmine),

- de molécules antioxydantes de petite taille (glutathion,


vitamines A, C, E, …),

- d'oligo-éléments (cuivre, zinc, sélénium) indispensables pour


l'activité des enzymes antioxydantes.
1-d- conséquences du stress oxydant:
L’agression de la cellule par des agents oxydant => ERO=>
stress oxydant.
les ERO sont instables et particulièrement réactionnelles 
provoquent des dégâts cellulaires importants :
cassures et mutations d’ADN,
 inactivation des protéines et d’enzymes,
oxydation de sucres (glucose),
peroxydation lipidique au sein des acides gras polyinsaturés des
lipoprotéines ou de la membrane cellulaire.
1-e: exemple de peroxydation lipidique: