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Filière : S E G

Master : Banque et finance


Matière : Droit des affaires

Professeur : Karima KARROUMY

Année universitaire : 2019 – 2020


La théorie du contrat a été élaborée en France au cours
des XVIIème et XVIIIème siècles pour être consacrée
par le code civil Français qui date du 1804. La théorie du
contrat repose sur le principe de l’autonomie de la
volonté qui signifie que l’homme est libre par essence et
qu’il ne peut s’obliger que par sa propre volonté.
Dès lors l’obligation contractuelle ne peut reposer que sur
la volonté de l’individu qui lui sert de source et de fondement
et les effets du contrat n’existe que parce qu’ils ont été
voulus et dans la mesure où ils ont été voulus.

Le contrat est donc un acte juridique constatant la volonté


concordante de deux ou plusieurs personnes en vue de
produire des effets juridiques.
Il s’agit donc d’un accord de volonté librement consenti, accepté,
volontairement assuré ; il s’agit d’une convention génératrice
d’obligations.
Au Maroc le contrat est réglementé par le DOC (Dahir des obligations
et contrats), texte législatif datant de 1913 et qui a été institué par les
autorités du protectorat français.
La grande diversité des contrats appelle une mise en ordre qui se
réalise au moyen de regroupements dans des ensembles plus ou moins
homogènes :
- Contrat nommé et contrat innommé
- Contrat consensuel et contrat formel
- Contrat à titre gratuit et contrat à titre onéreux
- Contrat de gré à gré et contrat d’adhésion
- Contrat individuel et contrat collectif
- Contrat à exécution successive et contrat à exécution instantanée.
Plan :

I - Condition de formation du contrat


II - La théorie des vices du consentement
I - Condition de formation du contrat :

La validité du contrat est subordonnée aux conditions de forme ( 1


) et aux conditions de fond ( 2 ).
1 - conditions de forme :

Pour que le contrat soit valablement formé, les volontés des


parties doivent se rencontre. Ainsi, à moins qu’une disposition
législative ne l’exige expressément, il est nécessaire que le
consentement soit constaté par écrit. En d’autres termes, le
consensualisme vise la situation où la loi ne prévoit pas la forme
écrite solennelle pour la validité du contrat envisagé, l’échange
d’un consentement libre et éclairé par des parties ayant la capacité
de contracter sera suffisant pour former le contrat.
2 - Conditions de fond :

Quatre conditions essentielles sont nécessaires à la validité du


contrat : le consentement, la capacité, un objet certain et une cause licite.
En effet, l’article 2 du DOC énonce que « les éléments nécessaires
pour la validité des obligations qui dérivent d’une déclaration de volonté
sont :
-1° Une déclaration valable de volonté portant sur les éléments essentiels
de l’obligation « Le consentement »
-2° La capacité de s’obliger,
-3° Un objet certain pouvant former objet d’obligation
–4° Une cause licite de s’obliger.
1° Le consentement :

En principe le contrat se forme par un simple échange des volontés,


c’est la rencontre simultanée d’une offre et d’une acceptation. Ce qui
fait dire que le consensualisme est la règle et le formalisme est
l’exception.
L’offre doit indiquer la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation. Si aucun délai n’a été fixé, elle peut être retirée tant
qu’elle n’a pas été acceptée, sous réserve de respecter un délai
raisonnable dont la durée est souverainement appréciée par les juges du
fonds.
L’acceptation doit être pure et simple. Si tel n’est pas le cas,
elle sera qualifiée de contre-proposition.Toutefois, dérogeant au
principe en vertu duquel le silence ne vaut pas acceptation, la
jurisprudence admet, notamment, que s’il existe des relations
d’affaires suivies entre deux commerçants, le silence peut être
source d’obligations.
2° La capacité :

La capacité est l’aptitude à être titulaire de droits et à les


exercer par soi-même. Elle constitue la deuxième condition de
validité des actes juridiques exigée par l’article 2 du DOC.

La capacité peut revêtir deux formes : la capacité de jouissance


et la capacité d'exercice
La capacité de jouissance est l'aptitude à être titulaire de
droits, Tout individu dispose à sa naissance d’une pleine capacité
de jouissance. Autrement dit, il a droit à une éducation, droit à la
vie...

La capacité d'exercice est la faculté d'exercer, de mettre en


œuvre par soi-même ses droits .La capacité d’exercice s’acquiert
par toute personne ayant atteint l’âge de la majorité légale fixé à
18 années grégoriennes révolues.
3° L’objet :
L’objet peut être défini comme ce à quoi le débiteur est
tenu envers le créancier exemple : transférer la propriété
d’un bien, verser un prix, effectuer un travail, s’abstenir
d’accomplir un acte.

De ce fait, l’objet est l’opération juridique envisagé


par les deux parties lors de la conclusion du contrat.
Pour être valable :

➢ L’objet doit être licite. L’article 57 du DOC énonce que seuls « les
choses, les faits et les droits incorporels qui sont dans le commerce
peuvent...former objet d’obligation..... »

➢ La prestation doit être possible, la chose doit exister au jour de la


conclusion du contrat. Il est possible que l’objet du contrat soit une
chose future, comme par exemple les contrats de vente
d’immeuble à construire.

➢ La chose doit être déterminée ou déterminable.


L’absence ou le caractère illicite de l’objet du contrat
entraine sa nullité.
4° La cause :

Le DOC subordonne la validité du contrat à l’existence


d’une cause licite de l’obligation. Quant à l’existence de la
cause, la notion varie en fonction de la nature de l’acte.
Le DOC subordonne la validité du contrat à l’existence d’une cause licite
de l’obligation. Quant à l’existence de la cause, la notion varie en fonction de
la nature de l’acte.

La cause est la raison qui amène chaque partie à conclure le


contrat. L’article 6 du DOC dispose « que toute obligation est présumée avoir
une cause certaine et licite » et l’article 64 ajoute que » lorsque la cause est
exprimée, elle est présumée vraie jusqu’à preuve du contraire».

Il faut noter que tout contrat sans cause ou fondé sur une
cause illicite est non avenue.
II - La théorie des vices du consentement :

Le consentement doit être libre et non vicier par la contrainte, le dol


ou bien l’erreur.

Ces exigences relatives à la qualité du consentement ont donné lieu à


un dispositif de protection connu sous le nom de la « théorie des vices du
consentement ».

L’article 39 du DOC déclare : « Est annulable le consentement donné


par erreur, surpris par dol ou extorqué par violence ».
L’erreur, le dol, la violence, la maladie et les cas analogues
peuvent quand elles sont constatées provoquer l’annulation du
contrat.

L’erreur : L’erreur consiste en l’appréciation inexacte de la


réalité contractuelle.

Le dol : Le dol désigne la tromperie employée pour induire


une personne en erreur afin de la déterminer à passer un contrat.
La violence : La violence porte atteinte à la liberté du
consentement. La victime de la violence est parfaitement
consciente des inconvénients du contrat qui lui est imposé, mais
elle donne son consentement pour échapper au danger qui la
menace.