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Introduction au droit et à la

fiscalité

2020-2021 Equipe pédagogique :


Olivier BEDDELEEM
Grégory BOURDREZ
Olivier CINDRIC
Emmanuelle DEGLAIRE

Teaching Assistant:
Gaëlle WIDIEZ
gaelle.widiez@edhec.edu
Droit des sociétés
La notion d’entreprise … en droit
 L’entreprise n’est pas un concept juridique
 Le droit aborde l’entreprise à l’aide de deux notions :
les personnes et les biens

 Le droit connaît l’entrepreneur qui peut être :


 Une personne physique
 Une personne morale
L’ENTREPRENEUR
INDIVIDUEL

Définition
 L’entrepreneur individuel exploite une activité :
 En son nom et pour son compte
 A ses risques et périls

 L’entrepreneur individuel peut être :


 Entrepreneur individuel « classique »
 Entrepreneur individuel à responsabilité limitée
 Micro entrepreneur
Avantages Inconvénients

Il est le seul propriétaire des moyens Le développement de l’activité


d’exploitation qui font partie de son repose sur les seuls moyens qu’il
patrimoine (fonds de commerce, peut mobiliser, au regard de son
immeubles …) patrimoine
Il est l’employeur des salariés qu’il Il supporte seul les pertes de
recrute librement l’exploitation : en cas de cessation
des paiements, c’est lui qui sera mis
personnellement en redressement
ou en liquidation judiciaire
Il décide seul de la stratégie de Faute de séparation entre les biens
développement professionnels et personnels, il peut
perdre l’ensemble de ses biens
Les profits tirés de l’activité Chiffre d’affaires plafonné s’il est
enrichissent son patrimoine micro entrepreneur

Obligations fiscales et comptables


allégées
Franchise de TVA
Les mécanismes de limitation des risques
1) Le mécanisme automatique :
Loi Macron du 6 août 2015 
Insaisissabilité par les créanciers professionnels de l’immeuble
abritant la résidence principale
2) Les mécanismes subordonnés à une démarche volontaire de
l’entrepreneur
La déclaration d’insaisissabilité (art L 526-1 et s. C.Com) 
L’entrepreneur peut déclarer insaisissable par les créanciers
professionnels les immeubles non affectés à l’exploitation
Les mécanismes de limitation des risques
3) Le statut d’entrepreneur individuel à responsabilité limitée EIRL
(art L 526-6 et s C.Com)

 Deux patrimoine : patrimoine personnel et patrimoine


d’affection
 Pas de création d’une personne morale
 Intérêt : Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que
les biens figurant dans le patrimoine affecté à l’activité
professionnelle

Biens personnels Créanciers personnels Biens professionnels Créanciers professionnels


L’entrepreneur individuel
à responsabilité limitée
Entrepreneur individuel
ayant effectué une
déclaration d’affectation

Patrimoine
Patrimoine affecté à
personnel l’activité
professionnelle

Peuvent
saisir Peuvent
uniquement saisir
les biens non uniquement
Créanciers Créanciers
affectés à les biens
personnels professionnels
l’activité affectés à
l’activité
LE MICRO-ENTREPRENEUR
 Il s’agit d’un régime fiscal et social simplifié calculé sur le
chiffre d’affaires (et non sur le bénéfice). Sur le plan juridique,
un autoentrepreneur est un entrepreneur individuel.

 Régime applicable depuis le 1er janvier 2009 (issu de la loi du 4


août 2008) et régulièrement adapté ( doublement des plafonds
en 2018)

 Activités concernées :
 Activité commerciale (achat-vente)  Maximum 176.200 €
de chiffre d’affaires
 prestation de services  Maximum 72.500 € de chiffre
d’affaires
 Régime fiscal et social favorable
 Versement unique ou libératoire sur le chiffre d’affaires
 Régime micro-social simplifié
(Exemples : 13,10% pour la vente de marchandises, 22,70% pour les
prestations de service)
 Franchise de TVA

 Avantages
 Absence de CA  pas de règlement
 Obligations comptables allégées
 Il bénéficie de l’insaisissabilité de la résidence principale
 Il peut faire une déclaration d’insaisissabilité
 Il peut cumuler ce statut avec celui d’EIRL
 Inconvénient :
 Responsabilité illimitée
 Chiffre d’affaires limité
Entrepreneur individuel / salarié
Quelles différences?
CONTRAT DE TRAVAIL

 Réalisation d’un travail


 Contre une rémunération
 Avec lien de subordination
L’ENTREPRENEUR
PERSONNE MORALE
L’entrepreneur personne morale

Les raisons du recours à une structure sociétaire


 Une technique d’organisation du patrimoine

 Une technique d’organisation du partenariat

 Une technique d’organisation de l’entreprise


Droit des
sociétés

LA SOCIÉTÉ
Définition de la société
Article 1832 du Code civil :

« La société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui


conviennent par un contrat d'affecter à une entreprise commune
des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de
profiter de l'économie qui pourra en résulter.
Elle peut être instituée, dans les cas prévus par la loi, par l'acte de
volonté d'une seule personne.
Les associés s'engagent à contribuer aux pertes»
Conditions de formation de la société
Sociétés constituées à partir 1er octobre 2016

Consentement
Conditions générales Capacité
de tout contrat
art. 1128 nouveau C. civ.
Contenu licite
Contrat et certain

de société
Associés
Conditions spécifiques Apports
du contrat de société
Participation
art. 1832 C. civ. aux résultats
Affectio societatis
Conditions de formation spécifiques de la société

1. Les associés
 Personnes physiques ou morales
 Principe : une pluralité d’associés
 2 associés minimum
 7 dans la société anonyme (S.A.) cotée

 Exceptions : un associé unique


 SARL unipersonnelle
 SAS unipersonnelle
Conditions de formation spécifiques de la société
2. Les apports : trois catégories d’apports
 Apport en numéraire : apport d’une somme d’argent
 Apport en nature : apport d’un bien autre que de l’argent
 Apport en industrie : apport de travail, de connaissances, de
services …

Capital
social
Apport en industrie Apport en numéraire Apport en nature
Sweat equity Cash contribution In Kind contribution

- Ne fait partie du
capital social
- Interdit dans la
SA et la SCA
Conditions de formation spécifiques de la société

 Les apports  titres sociaux remis aux associés (parts sociales


ou actions)
 Les apports composent le montant du capital social (hormis
les apports en industrie)
 Les exigences relatives au capital social dépendent du type de
société :
 Dans les SA et les SCA  37 000 €
 Dans les sociétés « à risque illimité » et dans la SARL et la
SAS  le montant est choisi par les associés

Actionou
Action
Action oupart
ou partsociale
part sociale
sociale
Conditions de formation spécifiques de la société
3. La vocation de chaque associé à participer aux
résultats de l’exploitation

La notion de résultats Bénéfices / Economies / Pertes

 Le partage des résultats


 Principe : la répartition est proportionnelle aux apports
 Exception : les statuts peuvent prévoir une répartition
non proportionnelle aux apports
 Interdiction de la clause léonine
Exemple:

Pauline et Clément souhaitent créer une entreprise mais ils ont un problème de

financement. Ils ont alors demander à Philippe de participer avec eux. Ce

dernier accepte de participer avec 10,000 euros, le montant nécessaire pour

démarrer l’entreprise. Cependant, il a exigé dans le contrat de société que les

dividendes ne soient pas distribués avant qu’il récupère le montant total de sa

contribution. Or, à la clôture du premier exercice comptable, Pauline et Clément

ont procédé à la distributions des profits réalisés. N’étant pas content du

montant de ses dividendes, 500 euros seulement, Philippe souhaite mettre en

cause l’acte de ses associés. Un conseil ?


Conditions de formation spécifiques de la société
4. L’affectio societatis « c’est le coude

 Élément intentionnel : état d’esprit qui à coude, sinon le


doit animer les associés corps à corps

 Sociétés pluripersonnelles : entre associés ».


Volonté de collaborer ensemble et sur un
pied d’égalité à la réalisation d’une œuvre
commune
 Pas de lien de subordination entre Alain Viandier

associés

 Sociétés unipersonnelles : Obligation de respecter les


intérêts de la personne morale
Conditions de forme de la société

 Statuts écrits avec des mentions obligatoires


 Forme de la société
 Durée (maximum 99 ans)
 Dénomination sociale
 Siège social
 Objet social
 Montant du capital social
 Apports
 Modalités de fonctionnement de la société
Conditions de forme de la société

Formalités de publicité légale


 Insertion d’un avis de constitution dans un journal
d’annonces légales

 Immatriculation au RCS

 Publication d’un avis au BODACC (Bulletin officiel des


annonces civiles et commerciales)
Exemple : Avis de constitution publié dans un JAL
La société personne morale

 Les sociétés jouissent de la personnalité morale à dater de leur

immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS)


 Il existe des sociétés sans personnalité morale = contrat de
société uniquement
 La société en participation
 La société créée de fait
Les conséquences de l’attribution de la personnalité morale
 Les attributs extrapatrimoniaux
 Le siège social  La nationalité
 La dénomination sociale

 Les attributs patrimoniaux permettent de distinguer le


patrimoine de la société de celui des associés
 La société est titulaire de son patrimoine
 Les associés n’ont aucun droit sur les biens de la société
 Le patrimoine de la société est le gage exclusif des créanciers
sociaux
Exemple:

Pierre et Jean ont constitué ensemble une société en 2017. Ils ont effectué chacun

un apport en numéraire : Pierre a apporté 2000 €,

Jean a apporté 1000 €.

Ils ne s’entendent plus, et Pierre veut aujourd’hui quitter la société. Jean veut quant

à lui continuer l’activité. La société possède essentiellement du matériel

informatique estimé autour de 15 000€.

Pierre soutient qu’il peut en prendre les deux-tiers lors de son départ. Jean soutient

à l’inverse qu’il ne lui doit que 2 000 €.

Qui a raison ? Pourquoi ? Quelle issue pouvez-vous leur proposer ?


Exemple:

Paul a une entreprise individuelle. Pour exercer ses activités, il a acheté un local et

une voiture de fonction, tout en gardant sa voiture personnelle. Afin de financer son

entreprise, il a emprunté 10,000 euros d’Alexis.

Charlotte a crée une SARL avec Justine. Pour les besoins de leur business, elles

ont acheté des machines, des tables mais aussi des ordinateurs, sans utiliser leurs

propres ordinateurs. Elles ont également emprunté 15,000 euros d’Alexis.

Aujourd’hui, Alexis réclame le paiement à tous les trois, mais aucun d’entre eux ne

veut payer.

Quels sont les biens qui peuvent être saisis pour rembourser les dettes?
L’organisation des pouvoirs au sein de la société

 Deux catégories d’acteurs interviennent principalement dans les


sociétés :

 Les associés ou actionnaires qui détiennent les titres


représentant le capital et nomment les dirigeants

 Les dirigeants sociaux qui sont chargés de représenter la


société, de l’administrer ou de la contrôler
Les associés ou actionnaires

 Personnes qui ont effectué des apports et reçu des titres en


contrepartie de leurs apports
 Personnes physiques ou morales
 Les titres (ou droits sociaux) peuvent être :
 Des parts sociales  société de personnes  Agrément
nécessaire pour la cession
 Des actions  sociétés de capitaux  librement cessibles et
négociables
Les attributs essentiels des associés ou actionnaires

 Les droits politiques : Droit à l’information, droit de voter en AG

 Le droit à l’intangibilité des engagements: Une augmentation des


engagements personnels des associés est impossible sans leur consentement

 Les droits patrimoniaux: les parts sociales ou les actions peuvent être
cédées ou nanties

 Les droits financiers : Dividendes

 Le droit de rester associé: L’exclusion d’un associé est interdite sauf


clause d’exclusion dans les statuts
Les décisions sociales

 Les décisions sont prises en assemblée générale


 Unanimité dans certaines sociétés (ex. SNC)
 Décision ordinaire  décision qui ne modifie pas les statuts 
majorité simple (Ex. approbation des comptes)
 Décision extraordinaire  décision qui modifie les statuts 
majorité plus élevées (Ex. modification de l’objet social,
augmentation de capital…)
Exemple:

La Société Raptor est une SARL spécialisée, depuis 2010, dans l'organisation de

spectacles pour enfants mettant en scène de (faux !) dinosaures.

4 associés se partagent le capital social: Fernand, 25% des parts, Simon 30%,

Franck : 30% et Fanny,15%.

En Juin 2019, Fanny, très enthousiaste, a été nommée  gérante de la société.

Néanmoins,  ses 8 premiers mois de gérance ne sont pas concluants, même si elle

refuse de voir les choses en face....Elle ne veut pas démissionner.

1° Ses associés vous consultent : doivent-ils attendre juin prochain pour agir ?

Comment agir, justement ? Simon est prêt à prendre la relève....


Exemple:

2° Par ailleurs, les 3 associés vous indiquent qu'ils aimeraient en profiter pour

changer le nom de la société...En T-REX SARL... ils aimeraient connaitre les

modalités requises pour une telle prise de décision.


Les décisions sociales

 L’abus de majorité consiste pour les associés majoritaires à


prendre une décision favorisant leurs propres intérêts au
détriment de l’intérêt de l’entreprise
 L’abus de minorité consiste, pour les associés minoritaires à
refuser de prendre une décision conforme à l’intérêt de
l’entreprise
 Le juge pourra prononcer la nullité de la décision sur le
fondement de
l’abus de droit
Exemple:

Mathilde et Sophie se sont rencontrées en 2015 en faculté de médecine.

Disposant de quelques économies, et boostées par leurs amis de l’EDHEC, elles

ont souhaité investir ensemble dans une entreprise mais n’avaient absolument pas

le temps (elles étaient en deuxième année) d’en créer une.

La voie d’une entrée au capital leur semblait donc intéressante.

Elles ont appris à l’époque que les époux LAMBERT, tous deux fondateurs, entre

autres, de la SARL ORANGE BLEUE, spécialisée dans les fruits et légumes du

futur, souhaitaient ouvrir leur capital à de nouveaux associés.

Monsieur Jean Lambert a réalisé à l’origine, en 2012, un apport en numéraire de

10.000 euros et a été nommé au poste de gérant.


Exemple:

Son épouse, Anne, y a également investi, à l’époque, 10.000 euros.

Mathilde y a investi 5.000 euros et Sophie, quant à elle, passionnée de biologie

végétale, a mis à la disposition de la société ses connaissances scientifiques.

Néanmoins, connaissant votre expertise en droit, les deux camarades vous

consultent et vous font part de leur agacement.

En effet, en dépit du développement rapide et florissant de l’activité, les relations

entre le couple et Sophie et Mathilde se sont fortement dégradées.

L’assemblée annuelle, sous l’impulsion du couple LAMBERT, qui dispose de plus de

la moitié des parts sociales, décide d’année en année la mise en réserve des

bénéfices, privant nos deux jeunes associées de tout dividende…


Exemple:

Cette situation exaspère d’autant plus les deux amies qu’en dépit de leur opposition,

l’assemblée décide chaque année au profit du gérant de substantielles

rémunérations absorbant une partie non négligeable des bénéfices. 

La prochaine assemblée doit avoir lieu dans un mois et les deux camarades vous

questionnent sur l’attitude à adopter en cas de nouvelle mise en réserve des

bénéfices par l’assemblée. 

Avant de vous quitter, Mathilde vous pose une ultime question : Sa mère, Chantal,

dispose de 60% des parts sociales dans une SARL héritée de son grand père et

dont elle est gérante. Les 40% restant sont détenus par Jean , cousin de Chantal. 

La société aura 99 ans en 2020.


Exemple:

Mais Jean a déclaré, lors du dernier réveillon de nouvelle année qu'il ne votera pas

en AG sa prorogation pour 99 nouvelles années....

Chantal, choquée, aimerait connaître l'attitude à adopter si par malheur ce propos

n'était pas lié à trop de champagne !!!


Les dirigeants sociaux

 Représentants légaux de la société et les autres mandataires


sociaux qui exercent des fonctions d’administration ou de
surveillance

 Nommés par l’AG

 Il subsiste des espaces de liberté dans les sociétés de personnes


et dans la société par actions simplifiée
Révocation des dirigeants
Il existe 3 régimes de révocation distincts :
1. La révocation pour justes motifs
 L’absence de justes motifs de révocation entraîne la responsabilité de la
société (dommages-intérêts) mais la révocation demeure valable

2. La révocation ad nutum
 Révocation sans motif, sans préavis, sans indemnité

3. La révocation selon les modalités prévues par les statuts

Quel que soit le régime :


 Les circonstances de la révocation ne doivent pas porter atteinte
à l’honneur du dirigeant
 Le principe du contradictoire doit être respecté
 Sanction : responsabilité délictuelle de la société qui devra verser
des dommages-intérêts au dirigeant (art 1240 nouveau C.Civ)
Cessation de fonctions des dirigeants et indemnisation conventionnelle

 Les clauses de parachute doré


 Le départ du dirigeant peut être accompagné d’une indemnité  Parachute
doré
 Des indemnités discutées car elles pourraient dissuader la société de
révoquer le dirigeant
 Plusieurs réglementations pour encadrer le versement de ces indemnités
 La loi Sapin II (2017) a finalement introduit le Say on Pay en droit français 
les avantages de toute nature accordés aux dirigeants doivent faire l’objet
d’un vote par les actionnaires des sociétés anonymes
Les pouvoirs des dirigeants

Dans les rapports entre associés :
 Les dirigeants ont tout pouvoir pour diriger la société :
 Dans l’intérêt de celle-ci et dans les limites de l’objet social


Dans les rapports avec les tiers :
 Le principe : plénitude de pouvoir du dirigeant social
 Les sociétés par actions et les SARL : ces sociétés sont engagées par tous les
actes passés par les dirigeants, même s’ils ne relèvent pas de leur objet
social, sauf si la société prouve que le tiers connaissait le dépassement
d’objet social ou ne pouvait l’ignorer, compte tenu des circonstances
 Inopposabilité aux tiers des clauses limitatives de pouvoir

 Les sociétés de personnes : les dirigeants n’engagent la société que pour


les actes entrant dans l’objet social
 Inopposabilité aux tiers des clauses limitatives de pouvoir
La responsabilité des dirigeants
 La responsabilité civile des dirigeants
Chaque dirigeant est responsable individuellement :
 Des infractions aux dispositions légales et réglementaires
applicables à la société
 Des violations des statuts
 Des fautes commises dans sa gestion
 Prescription: 3 ans à compter du fait dommageable
 La responsabilité envers la société
 L’action sociale en responsabilité peut être exercée par tout
associé individuellement : action ut singuli
 Les dommages-intérêts seront alloués à la société
 La responsabilité à l’égard des associés
 Tout associé peut agir en réparation contre un dirigeant s’il a
subi un préjudice individuel distinct du préjudice social
La responsabilité des dirigeants
 La responsabilité à l’égard des tiers

 Principe : le tiers qui subit un préjudice du fait d’une faute


commise par un dirigeant dans l’exercice de ses fonctions doit
agir contre la société
 Si l’action est impossible ou inefficace, le tiers a intérêt à
mettre en jeu la responsabilité personnelle du dirigeant
(action en responsabilité délictuelle : art 1240 nouveau C.Civ)
 La jurisprudence exige la preuve d’une faute séparable des
fonctions  Il y a faute séparable « lorsque le dirigeant commet
intentionnellement une faute d’une gravité particulière
incompatible avec l’exercice normal des fonctions sociales »
 La responsabilité pénale des dirigeants
 Les dirigeants peuvent engager leur responsabilité pénale :

 Sur le fondement de textes spécifiques dans les SARL et


les sociétés par actions
 Surévaluation d’un apport en nature Emprisonnement
 Répartition de dividendes fictifs de 5 ans
 Présentation de comptes inexacts et
Amende de 375 000 €
 Abus des biens ou du crédit de la société
 Abus des pouvoirs ou des voix dont ils disposent

 Sur le fondement du droit commun dans les sociétés de


personnes
La disparition de la société
 Les causes de dissolution (article 1844-7 C.Civ)
 L’arrivée du terme
 La réalisation ou l’extinction de l’objet social
 L’annulation du contrat de société
 La dissolution anticipée décidée par les associés
 La dissolution judiciaire anticipée pour justes motifs,
notamment en cas d'inexécution de ses obligations par un
associé ou de mésentente entre associés paralysant le
fonctionnement de la société (ex : blocage du processus
décisionnel)
 La dissolution judiciaire anticipée pour réunion de tous les
titres en une seule main (sauf dans les SARL et les SAS qui peuvent
être unipersonnelles)
 Le jugement ordonnant la clôture de la liquidation judiciaire
pour insuffisance d’actif
 Les causes statutaires
 Les effets de la dissolution
LIQUIDATION AMIABLE
= Survie de la personnalité morale
PARTAGE
pour les besoins de la liquidation

Indication de la mention « société en


liquidation » + nom des liquidateurs sur les
documents de la société

Dissolution - Clôture de la
liquidation
= fin de la
personnalité morale
- Publication de
l’avis de clôture
(JAL)
- Radiation du RCS
Les difficultés de la société
❑ L’état de cessation des paiements (L631-1 du Code
de Commerce)
• Si la société est dans l’incapacité de payer ses dettes
courantes (actif disponible inférieur aux dettes
exigibles), son dirigeant a l’obligation de « déposer le
bilan ». Le Tribunal va alors ouvrir une procédure
collective. La société est « sous protection de justice »
• Les effets :
Un gel des dettes (antérieures à la date du
jugement d’ouverture)
Interdiction ou interruption des poursuites à
l’encontre de la société.
Les difficultés de la société
3 types de procédures collectives :
• La liquidation judiciaire : il n’y a plus d’espoir de
redressement. L’activité est arrêtée. Le liquidateur
judiciaire prend la main en vendant les actifs de la
société et payant les dettes qui peuvent l’être.
• Le redressement judiciaire : La société va tenter de
retrouver de la rentabilité et de payer ses dettes
• La sauvegarde : un « super redressement » où le
dirigeant bénéficie de bonus procéduraux. Condition :
ne pas être en état de cessation des paiements. La
société a donc anticipé ses difficultés.
Les difficultés de la société
Schéma général du redressement judiciaire :

Période suspecte Période d’observation


(en principe max 45 jours)

o is
ois

ois
6m

6m

6m
Etat de cessation Jugement
des paiements d’ouverture
A pour effet de geler les
créances antérieures et
d’interrompre les poursuites
Au cours de la période d’observation, la
société doit prouver sa rentabilité et sa
capacité à rembourser le passif gelé
Les difficultés de la société
L’issue du redressement judiciaire :
• La société est rentable :
- si cette rentabilité est suffisante, la société
peut présenter un plan de continuation pour
apurer le passif gelé sur une durée maximale de
10 ans ;
- si la rentabilité est insuffisante, le fonds de
commerce sera cédé et le prix servira à payer
(très partiellement…) les créanciers. C’est un
plan de cession. Une fois le fonds vendu, la
société passe en liquidation.
• La société n’est pas rentable :
La société passe en liquidation judiciaire.
Ses actifs sont vendus par le liquidateur,
pour payer ses dettes.
Exemple:

Yves est dirigeant d’une société qui installe des monte-personnes chez des

personnes âgées. Sa société a contracté un emprunt dont il s’est personnellement

porté caution.

Les finances de sa société sont au plus bas, et il va devoir déposer le bilan.

 Pour ne pas être poursuivi personnellement par sa banque en tant que caution, il

décide d’encaisser des acomptes de clients, sans commander les produits

correspondants. Et il utilise cette trésorerie pour solder la dette bancaire.

Puis il dépose le bilan, en prévenant ses clients mécontents qu’ils seront

remboursés par l’état, dans le cadre de la liquidation judiciaire.

Malin, non ?

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