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Méthodologie de

l’oral-mémoire

MASTER 2 OPTION LITTÉRATURE

DÉPARTEMENT DE FRANÇAIS

UNIVERSITÉ DE BATNA 2

ANNÉE 2020/2021
C’est quoi une présentation
orale
 La présentation orale, pour l’étudiant, sert à présenter les
conclusions d’un travail de recherche préalablement évalué (avant
projet, compte rendu, mémoire, thèse…), qui s’effectue pendant
ou à la fin du cursus universitaire devant un auditoire averti.
 L’objectif de cette présentation est de donner une idée claire et
synthétique de son travail de recherche et de le défendre afin de
convaincre les membres du jury.
 Il se peut que les membres du jury émettent des critiques ou des
réticences face à votre travail, il faut s’y préparer et les accepter
puisqu’elles permettent de fructifier le débat. Il ne faut jamais les
prendre comme une attaque mais comme un ajout. Par ces
critiques le jury teste votre capacité à défendre vos recherches et
à attester vos convictions.
la maîtrise du corps est essentielle, dans
une présentation orale, puisque on est
mué par des réflexes qui peuvent
exprimer le contraire de ce que nous
pensons ou perturbent, voire, empêchent
notre prise de parole. La communication
non-verbale qui en est une partie
intégrante doit être régulée en fonction
de la situation dans laquelle nous nous
exprimons.
La communication non verbale
 Elle traduit la maîtrise de celui qui parle et tout échec de
l’un de ses domaines est ressenti comme une faiblesse de
la part de l’auditoire et comme un signe de manque de
confiance en soi.
I- Ses composantes:
1. Les gestes:
a) Les gestes symboliques: peu utilisés en situation d’exposé.
Il peuvent à eux seuls transmettre un message. Exemple:
le geste de la main pour dire au revoir ou le hochement de
la tête pour dire non, la haussement des épaules pour dire
je ne sais pas…
b) Les gestes descriptifs: comme leur nom l’indique, ils
décrivent un objet ou une dimension comme le geste de la
main exprimant la quantité, ou le geste qu’on fait avec les
bras pour décrire un oiseau…
c) Les gestes émotifs: c’est des gestes qui traduisent les sentiments que l’on ressent
comme par exemple la haine ou la détermination exprimées pas le point fermé, ou le
stress qui est trahi par le tremblement des mains.
d) Les gestes régulateurs: c’est des gestes qui interpellent l’interlocuteur, attirent son
attention et maintiennent le contact avec lui. C’est des mouvements de la tête qui
expriment généralement l’acquiescement, des mains ouvertes tendues vers le public.
Ces gestes qui se font généralement inconsciemment et spontanément assurent la
continuité de la communication.
e) Les gestes égocentriques: c’est des gestes qui sont dirigés vers soi-même et non vers
son interlocuteur. Par exemple, une mains qui accroche une autre, les doigts qui se
croisent, se gratter à chaque fois une partie du visage. Ces gestes traduisent le malaise
de l’orateur qui, ayant une peur de ceux qui lui font face, tend à se replier sur lui-même.
f) Les gestes manipulatoires: c’est lorsque l’orateur manipule les objets qu’il trouve à
portée de sa main (stylo, bagues, bracelet, montre, la feuille ne note. C’est des gestes
qui trahissent aussi le stress, l’angoisse ou l’ennui.
Pour que ces gestes soient efficaces il faut qu’ils tendent vers trois caractéristiques:
a. L’harmonie et l’équilibre (main qui montre un objet est toujours associée au bras qui se
décolle du corps et non qui reste immobile collé au corps)
b. La lenteur et le pondération puisque toute précipitation est synonyme de nervosité, de
gêne et de panique.
c. l’horizontalité plus que la verticalité puisque les gestes effectués sur un plan
horizontal expriment l’accueil, l’ouverture et la bonne volonté contrairement
aux autres (verticaux) qui expriment l’autorité et l’agressivité.
d. La sincérité pour montrer qu’on est en phase avec notre pensée profonde. Il
faut éviter tout maniérisme et toute affectation.
2. Le regard: il faut qu’il balaye l’assistance et qu’il ne soit pas figé sur une seule
personne.
3. La voix: elle a des caractéristiques physiques qui doivent être maitrisées lors
d’une prise de parole:
a. Le volume: il doit être adapté en fonction du lieu dans lequel se trouve
l’orateur. Il faut qu’il soit moyen pour que l’orateur puisse le moduler en
fonction de la situation de communication et pour qu’il ne se fatigue pas,
surtout quand la présentation est assez longue.
b. Le débit: il ne faut pas qu’il soit trop rapide pour permettre aux autres de suivre
et de comprendre, ni trop lent, non plus, pour ne pas lasser l’auditoire.
c. l’articulation: doit être nette avec une mélodie vivante et variée.
4. La proxémique: c’est la distance qui sépare le locuteur et l’interlocuteur dans une
interaction verbale.
a. La distance intime: c’est quand on est tellement proche de son interlocuteur que
l’on peut lui chuchoter à l’oreille.
b. La distance personnelle: elle s’étend jusqu’à un mètre environ. C’est celle que l’on
utilise lors de nos conversations courantes.
c. La distance sociale: elle s’étend entre un mètre et deux mètres cinquante. Elle est
utilisée lors de nos rapports sociaux (à la poste face au guichetier)
d. La distance publique rapprochée: Elle s’étend jusqu’à huit mètre. C’est cette
distance qui intéresse l’orateur dans le milieu universitaire. L’orateur est dans
l’obligation, dans ce cas, d’ajuster d’une part le volume de sa voix et d’autre part
l’ampleur de ces gestes au volume disponible. Dans cette situation le seul Feed-
Back dont disposera l’émetteur est l’attitude des membres du jury et le public en
face.
e. La distance publique éloignée: elle s’étend à plus de huit mètres. Dans cette
situation une estrade et un grand espace séparent l’orateur de son public et un
procédé de sonorisation est de mise pour que l’on puisse écouter le discours de
l’émetteur. (cas de l’enseignant ou du conférencier dans un amphi ou un
auditorium).
II- Ses fonctions :
 Réguler les relations humaines entre émetteur et récepteur : mains
(ouvertes dirigées vers l’auditoire), regard (mobile et franc), hochement
de la tête (acquiescement), sourire. Tout cela permet d’établir un bon
contact avec son public.
 Renforcer le sens des paroles par l’effet d’accentuation et de
redondance.

L’orateur doit donc adapter ses gestes, la mobilité de son regard, sa voix à
la taille de la salle dans laquelle il se trouve. L’immobilité de ses traits, la
fixité de son regard et l’absence de gestes ou de déplacement pourront
être interprétés par l’auditoire comme un repli sur soi-même, une peur voire
même un manque de confiance en soi.

Voici une grille d’appréciation pour évaluer sa communication non verbale


lors d’une prise de parole*
Evaluation -- - -/+ + ++
1. Attitude générale
• Rigidité, tonicité, ouverture
• Aisance des déplacement
• Au total : implication
2. Gestuelle
• Harmonie, ouverture, souplesse
• Netteté, sobriété, sincérité, cohérence
• Maîtrise: absence de geste égocentrique
3. Visage
• Ouverture et sourire
• Mobilité des traits et de la tête
• Franchise et mobilité du regard
4. Voix
• Puissance, débit, articulation
• Intonation, vivacité du ton
5. Impression générale
• Amicale et rassurante/hostile et inquiétante
• Agréable/désagréable
• Sincère/affectée
• Dominatrice/soumise
*Bernard, Meyer, les pratiques de communication, Paris, Armand Colin,
2007
Les étapes de la présentation
orale
Pour réussir sa présentation
orale, il faut se préparer
minutieusement à travers une
réflexion axée sur le sujet, le
public et la mise en place des
idées.
Réflexion sur le sujet

 Faire
le point sur toutes les connaissances
que nous avons sur notre sujet et collecter
toutes les informations qui permettent une
crédibilité face au jury
 Comment nous souhaitons aborder notre
sujet.
 L’intérêt
que nous portons pour notre sujet
qui peut être déterminant quant à la réussite
ou à l’échec de la présentation orale
Réflexion sur l’objectif
Avant de présenter son projet de recherche, il faut connaitre le but
de son intervention.
 Pour informer, il faut être objectif et relativement complet.
 Pour sensibiliser, il faut faire appel aux émotions en
sélectionnant des idées pertinentes.
 Pour convaincre, l’intervention devra être subjective en passant
par un raisonnement rigoureux, justifié et soutenu.
 Pour rassurer, il faudra penser à des arguments tangibles et
facilement acceptables
 Pour se justifier, il faut bien comprendre et accepter les
remarques faites par les membres du jury (la thèse adverse)
Réflexion sur le public
Le public est le destinataire final de notre présentation orale et toute
communication doit être au service du récepteur quel qu’il soit. Donc l’orateur doit
tenir compte du public auquel sa présentation est destinée.
Il faut tenir compte de:
 Sa composition:
L’âge, plus ou moins jeune ou âgé, plus ou moins homogène ou non, le sexe,
majoritairement féminin ou masculin, ou équilibré. Le niveau socioculturel, la
situation hiérarchique des membres qui le composent.
 Son référent:
La culture générale, la culture technique, les présupposés, les valeurs profondes
caractérisant le public.
N’oublions pas que c’est la satisfaction du public qui va marquer la réussite de la
présentation, c’est donc le récepteur qui doit constituer le point de départ de la
réflexion préparatoire à l’exposé. Ceci permettra une adéquation entre les attentes
et les connaissances des uns et la bonne volonté de l’autre.
Réflexion sur le temps imparti

Le temps qui nous est imparti lors de notre


présentation détermine la quantité
d’informations qu’on devra dispenser. Il faut
adapter notre présentation au temps octroyé
par les membres du jury qui est en général de
20 minutes
Réflexion sur le lieu de la
présentation
Il faut visiter le lieu dans lequel nous
présenterons notre travail pour se
familiariser avec l’endroit et surtout pour
vérifier le matériel qu’on va utiliser à cet
effet. En fonction du matériel dont on
dispose, on prépare le support informatique
qui va nous accompagner lors de notre
présentation.
La soutenance
Le jury a évalué préalablement votre travail écrit. Par la soutenance
il cherche à voir s’il y a une cohérence entre votre support écrit et
votre argumentation orale. Il cherche à travers cette présentation ce
que le texte ne dit pas donc n’allez pas répéter toutes les
informations que le jury a déjà lues.

1. Se présenter
2. Annoncer son thème
3. Annoncer sa problématique
4. Organiser ses idées de manière à ne pas faire preuve
d’exhaustivité. c’est-à-dire ne pas tout énoncer et garder un peu
d’informations pour le débat. Ainsi, l’auditoire arrive à retenir les
idées essentielles et ne sombre pas dans un flux d’informations
qui risquent de noyer les points les plus importants.
vous allez expliquer dans votre présentation:
 comment l’idée du sujet vous est-elle venue,
 Comment se présentent les points importants de votre
recherche
 quelles
sont les difficultés que vous avez rencontrées et
comment vous avez fait pour les surmonter.
 Votresatisfaction quant aux conclusions de votre travail
de recherche.
 Enquoi votre recherche rejoint-elle ou complète-t-elle
d’autres recherches
 Quels sont les éléments nouveaux qu’elle met à jour
Les entraves d’une bonne présentation

il existe des facteurs qui entravent le bon déroulement de la présentation orale.


Ces derniers bloquent l’orateur:
L’improvisation: c’est le fait de ne pas préparer son discours et d’essayer
d’improviser en tentant de compter seulement sur la diapositive qu’on a préparée.
les difficultés auxquelles se heurte celui qui improvise son discours est la
surcharge cognitive : assurer plusieurs tâches en même temps comme:
 Chercher ses idées
 Structurer son raisonnement pour le rendre cohérent
 Trouver les mots et construire ses phrases pour essayer tant bien que mal
d’exprimer ce que l’on pense.
Toutes ces tâches doivent être traitées simultanément, ce qui peux être source de
confusion, de blocage total voire même d’agressivité.
2. Le trac: il est tout à fait normal de ressentir du trac face
à une situation d’évaluation. quand on éprouve du trac
on ressent comme une poussée d’adrénaline qui fait
augmenter les battements de cœur et on ressent :
 Une boule dans l’estomac
 La gorge sèche
 Une voix tremblante
 Tremblement des membres surtout au niveau des mains
 Une chaleur et une rougeur au visage
Selon des études psychologiques récentes: « lorsque nous
avons répété une action au point de l’accomplir sans avoir
à y réfléchir, des systèmes inconscients sont à l’œuvre,
gérant automatiquement les processus nécessaires »
3. Lanon maîtrise de la communication non-
verbale : il se peut, comme nous l’avons dit
plus haut, que notre prise de parole échoue
à cause de la non maîtrise du non-verbal
Le regard figé
Les gestes verticaux
La voix basse qu’on entend à peine
Le débit lent ou rapide
Une mauvaise articulation
conclusion
L’orateur est dans l’obligation de renforcer la qualité de son intervention en
montrant qu’il maîtrise son sujet et certaines techniques en situation.
Le candidat ne doit pas oublier qu’une soutenance est toujours suivie d’une séance
de questions de la part du jury. Ces questions porteront ou bien sur ce qui a été
jugé flou, erroné ou oublié et lui donnent ainsi l’occasion de pouvoir se rattraper en
s’expliquant, ou bien elles témoignent de l’intérêt que portent les membres du jury
au travail et qu’ils voudront ainsi le développer un peu plus et l’approfondir. Dans
les deux situations, c’est une occasion pour le candidat de pouvoir se racheter et
se valoriser.
Le candidat doit savoir aussi que ses connaissances sur son sujet doivent excéder
largement le contenu de l’exposé lui-même pour pouvoir défendre au mieux son
travail, et d’avoir conscience que ses paroles et sa maîtrise de lui-même sont la clé
de la réussite de toute intervention orale.
N’oublions pas aussi que La préparation et l’entrainement sont de mise dans ce
genre de situation. Ce sont, avec la maîtrise du non-verbal, la clé de la réussite de
toute intervention orale.
Bibliographie:

 MAYER B, les pratiques de communication, de l’enseignement supérieur à la vie


professionnelle, Paris, Armand Colin, 2007
 BELLENGER L, Réussir vos prise de parole, Paris, ESF, 2005
 CAMUS B, Réussir la soutenance de rapport, mémoires et travaux, Paris, Les éditions
d’Organisation, 1995
 LICETTE C, Savoir parler en public, Paris, Studyrama, 2005
 LYR G, oser s’exprimer, Paris, Eyrolles, 2003
 GRANGE B, Réussir une présentation, préparer des slides percutants et bien
communiquer en public, Paris, Eyrolles, 2009
 HAUMONT P, prendre la parole en public, les outils pour convaincre, Paris, Gereso,
2013