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Matière : Banques et institutions

financières

Thème de recherche :
Risque du taux d’interet

Réalisé par :
 Kefi Hela
 Dhaoui Mohamed
 Hachi Haithem
 Trabelsi Firas
 Mhamdi Salim
Introduction :

Les institutions financières sont extrêmement sensibles à


toutes les fluctuations des taux d'intérêt et par conséquent
à toute variation du prix des actifs financiers qu'elles ont
pour vocation de négocier. Le risque de taux d'intérêt est
celui d'une dévalorisation du patrimoine ou d'une
diminution des revenus d'un agent économique du fait des
fluctuations non anticipées de taux d'intérêt.
Nécessité de la gestion du risque

Le management ou gestion du risque est


« l'ensemble des outils, des techniques et des
dispositifs organisationnels qui permettent de
mesurer et de contrôler les risques». La
réglementation prudentielle, qu'elle soit nationale ou
internationale, impose aux banques et
établissements financiers une meilleure gestion des
risques afin de préserver la stabilité du système
bancaire et financier. Mais, il importe également pour
ces établissements de consacrer une bonne partie de
leurs tâches à la question de la gestion des risques
encourus.
Les techniques de mesure du risque
de taux d'intérêt
on distingue trois (3) techniques de mesure du risque de taux
d'intérêt : la mesure de volume, la mesure de marge et la mesure
de valeur.

La mesure de volume (gap ou impasse)


L'objet de cette mesure est de déterminer l'assiette du risque de
taux d'intérêt. Pour l'illustrer, nous utiliserons l'exemple ci-dessous
du bilan simplifié d'une banque refinançant ses emplois et
ressources par trimestre.
eriode de 4 : Mesure
Tableau 0 a 3 de3volume :
a 6 6gap
a 9 entre
9 aActif
12 et Passif
12 a 24 24 a 36 Insensibl
financement e au taux
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et 30 30 30 30 140 90
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eriode de 0a3 3a 6 6a9 9 a 12 12 a 24 24 a 36 Insensibl
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epot 100 140


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Periode de 0a3 3a 6 6a9 9 a 12 12 a 24 24 a 36 Insensi
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t taux
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t

Gaps

Gap 1-2 -310 -160 40 90 160 135 35

-310 -460 -420 -330 -170 -35 0


 Dans notre exemple, on constate que des actifs d'un volume
de 290 seront refinancés à 3 mois alors que les passifs à
refinancer sur la même période s'élèvent à 600 ce qui implique
un gap négatif de (290 - 600) = - 310. De même, au second
trimestre par contre, le gap est de (-150) ce qui entraîne un
gap cumulé négatif de (-310) + (-150) = (-460). On remarque
par contre que pour les échéances de 9 à 12 mois, on a un
gap positif de 90, traduisant un excédent des emplois (90) sur
les ressources (0), ce qui établit le gap cumulé à (-330). De
même pour les échéances de 12 à 24 mois, on a un excédent
des emplois (185) sur les ressources (25) ce qui établit le gap
à 160 et le gap cumulé à (-170)
Conclusion
Lorsqu'on a un excédent des ressources sur les emplois, la banque est dite sur-
consolidée ou en position longue en taux et le gap (Emplois - Ressources) est
négatif. Cet excédent de ressources doit être replacé sur le marché à un taux
incertain. Si les taux baissent, c'est la rentabilité de la banque qui diminue car les
ressources sont réinvesties à un taux inférieur à leur coût d'acquisition. C'est
pourquoi un gap négatif est préjudiciable en cas de baisse des taux alors que cela
devient une situation favorable en cas de hausse des taux.
Inversement, quand les emplois excèdent les ressources la banque est dite sous-
consolidée en taux ou en position courte et le gap (Emplois - Ressources) est
positif. La banque est courte en ressources et doit se refinancer à un taux
incertain. Si les taux baissent, elle se refinance à un coût inférieur aux taux client
et sa rentabilité augmente de ce fait. C'est pourquoi un gap positif est favorable en
situation baissière des taux pour la banque. Par contre en situation haussière des
taux, ce gap positif devient défavorable, le refinancement se faisant à un coup
supérieur au taux client.
Si le gap est nul, la banque est dite consolidée en taux car il y a adossement
parfait entre ressources et emplois.
Le risk manager s'attellera donc à réduire autant que possible les gaps
défavorables et surtout les mauvais gaps cumulés dans la mesure où ces derniers
lui permettent de voir comment évoluent son gap et son exposition dans le temps.
La mesure de marge : sensibilité de la marge aux
taux d'intérêt

Elle permet d'apprécier l'incidence de l'évolution des taux sur la


marge de transformation et donc sur les résultats d'un
établissement bancaire éclairant ainsi la décision du gestionnaire
de risque, ce que la simple mesure du gap est insuffisante à faire.
Par exemple, « le parfait adossement en taux des emplois et
ressources garantit la stabilité de la marge de transformation
dans le temps au niveau où elle s'est constituée initialement, mais
cette marge peut avoir été figée à un niveau insuffisant, voire
négatif ». La sensibilité de la marge aux fluctuations adverses
des taux d'intérêt apporte donc plus de lumière à l'analyse
du risk manager et l'indicateur de mesure dont il dispose à cet
effet est le Earnings-At-Risk (EAR) encore appeléIncome-At-
Stake (IAS) ou Dollar-At-Risk (DAR). Il mesure la dégradation
en valeur absolue de la marge d'intérêt suite à une fluctuation
Lorsque la variation des taux d'intérêt est connue avec
précision on peut calculer l'EAR en posant : EAR = |gap|.Ä
taux d'intérêt. Lorsque la variation des taux d'intérêt n'est
pas connue avec précision, on peut à partir de données
historiques et pour un seuil de confiance donné, généralement
95%, estimer la volatilité de ces taux en situation normale
c'est-à-dire en dehors des cas pires ou stress scenarios. Dans
ce cas on calcule l'EAR en posant : EAR = |gap|.Ä95% taux
d'intérêt.
Il ressort de cette formule que lorsque le gap est nul, l'EAR
est aussi nul. Il y a alors un adossement parfait en taux et la
marge est immunisée contre les variations de taux. L'EAR
étant mathématiquement calculé en valeur absolue, il ne faut
perdre de vue pour autant qu'un gap (Emplois - Ressources)
positif est défavorable en cas de hausse des taux si bien que la
marge décroît avec la hausse des taux et elle se croît avec leur
baisse. Inversement, un gap négatif représente une situation
Dans notre exemple, une hausse des taux d'intérêt de 1%
dégradera la marge de transformation de 0.775 au
premier trimestre. En effet, on a : EAR = |gap|.Ätaux
d'intérêt = |-310|.1%/4 = 0.775
Si l'on prévoit qu'au second semestre la variation des
taux sera de (+2%) au seuil de confiance de 95%, alors la
marge sera dégradée de : EAR = |gap|.Ä95% taux d'intérêt
= |-460|.2%/4 = 2.3. On obtient le même résultat en
faisant la somme des gaps périodiques pondérés par leurs
durées résiduelles qu'en utilisant le gap cumulé sur la
période.
L'incidence de la variation des taux d'intérêt, mesurée
par l'EAR, reste possible dans les cas de stress
scenarios par la formule précédente pourvu que l'on
puisse estimer, pour un seuil de confiance donné, ce que
sera la volatilité des taux
La sensibilité de la VAN et la duration
La VAN a pour objet de mesurer l'impact défavorable de la
fluctuation des taux d'intérêt sur la valeur patrimoniale de la
banque dans le cas d'une activité à taux fixe. Certains
établissements comme la BOAD disposent d'un important
portefeuille obligataire ou de titres de créances négociables. Si la
valeur de ces actifs est liée au taux du marché, l'établissement est
exposé au risque de perte sur leur valeur de revente
consécutivement à une hausse des taux d'intérêt. C'est donc une
perte en capital et non une détérioration étalée dans le temps de la
marge. Cette détérioration de la valeur patrimoniale est nulle à
taux variables car dans un tel cas, la valeur des actifs est très
voisine du pair malgré les variations de l'index de taux variable.
En effet la fluctuation des taux variables se reporte directement
sur la charge d'intérêt sans impacter véritablement sur le prix et
Le risk manager, soucieux de la liquidité de ses actifs
et de la rentabilité de son activité devra, en
appliquant la mesure de valeur, calculer puis
comparer la VAN de l'actif et du passif de son bilan.
Il tirera les conclusions suivantes :
- si VAN de l'actif < VAN du passif, alors il réalise
une perte financière
-si VAN de l'actif > VAN du passif, alors il réalise une
marge financière. 

-La détermination des VAN peut être couplée à celle de


la sensibilité de la différence des VAN de l'actif et du
passif à la variation des taux. La différence (VAN Actif
- VAN Passif) est appelée VAN du bilan ou Situation
Nette Actualisée (SNA) du bilan
La norme est que cette différence soit proche de zéro à tout
instant. En partant du principe que l'immunisation d'un bilan
est obtenue lorsque les valeurs présentes de l'actif et du passif
sont égales et lorsque la variation de l'actif est égale à celle du
passif, la méthode de la VAN revient à calculer la duration de
l'actif et celle du passif et espérer que ces deux durations
soient égales. Sinon, on conclura que :
- si duration de l'actif > duration du passif : l'actif se déprécie
plus vite que le passif en cas de hausse des taux d'intérêt. La
VAN du bilan se dégradera donc avec cette hausse et
s'améliorera en cas de baisse des taux d'intérêt.
- si duration de l'actif < duration du passif : l'actif se déprécie
moins vite que le passif en cas d'augmentation des taux, donc
la VAN du bilan s'améliorera avec la hausse des taux mais elle
chutera avec une baisse des taux d'intérêt.
 La sensibilité des fonds propres aux taux d'intérêt
Pour mesurer la sensibilité des fonds propres aux changements de taux
d'intérêt, le gestionnaire de risque utilise comme instrument la duration. La
duration d'un actif permet de calculer l'exposition au risque de la valeur de cet
actif (Value-at-Risk ou VAR), c'est-à-dire la perte maximale attendue sur cet
actif pour un seuil de confiance donné . On démontre que cette sensibilité à la
variation des taux d'intérêt, toutes choses égales par ailleurs, est donnée par la
formule :
Sensibilité des Fonds Propres = -(A/FP).[(DuA - DuD.D/A)/(1 + t)].Ät
Où FP = Fonds Propres, A = actifs, D = dépôts ou dette, DuA = duration des
actifs et DuB=duration des dettes et t = taux d'intérêt. Il ressort de cette
formule, après quelques manipulations algébriques, que :
Sensibilité des Fonds Propres = -Levier.Gap de duration.Ät
La sensibilité des fonds propres aux taux d'intérêt est alors le produit de trois
termes : le levier, le gap de duration entre les actifs et les dettes et enfin la
variation des taux d'intérêt. Si la sensibilité est négative, alors les fonds propres
se détérioreront avec une hausse des taux d'intérêt. Ils s'amélioreront avec une
baisse des taux car la sensibilité devient positive dans ce cas.
Tableau comparatif des mesures du risque de taux d'intérêt
Le tableau ci-dessous présente de façon synthétique les avantages, inconvénients et
l'objet des trois (3) techniques de mesures précédemment décrites.
Tableau 5 : Tableau comparatif des techniques de mesure des risques
financiers
Principes du gestion du risque de taux
d’interet
Rôle du conseil d'administration et de la direction générale

• Principe 1: Dans l'exercice de ses responsabilités, le


conseil d'administration devrait approuver les
stratégies et politiques en matière de gestion du
risque de taux d'intérêt et s'assurer que la direction
générale prend les mesures nécessaires à la
surveillance et au contrôle de ce risque. Il devrait
être tenu régulièrement informé du risque encouru
dans ce domaine par la banque afin d'évaluer la
surveillance et le contrôle d'un tel risque.
• Principe 2: La direction générale doit
s'assurer que la structure des activités et
le niveau du risque de taux d'intérêt
assumé sont gérés de manière efficace,
que des politiques et procédures
appropriées existent pour contrôler et
limiter ce risque et que des ressources
sont disponibles pour l'évaluer et le
contrôler.
• Principe 3: Les entreprises devraient désigner clairement les
personnes et/ou comités responsables de la gestion du risque
de taux d'intérêt et s'assurer que les principaux éléments du
processus de gestion sont dûment dissociés pour éviter
d'éventuels conflits d'intérêts. Elles devraient être dotées de
fonctions de mesure, de surveillance et de contrôle du risque
chargées de tâches bien précises, qui soient suffisamment
indépendantes des fonctions de prise de positions et rendent
compte des risques directement à la direction générale et au
conseil d'administration. Les entreprises devraient disposer
d'une unité autonome expressément responsable de la
conception et de la gestion des fonctions de mesure, de
surveillance et de contrôle du risque de taux d'intérêt.
Politiques et procédures

• Principe 4: Il est essentiel que les politiques et


procédures de l’entreprise à l'égard du risque de
taux d'intérêt soient clairement définies et
compatibles avec la nature et la complexité de
leurs activités. Ces politiques devraient être
mises en œuvre sur une base consolidée et, le
cas échéant, au niveau de chaque établissement
affilié, surtout en cas de différences juridiques et
d'obstacles éventuels à la circulation des
capitaux entre ces établissements.
• Principe 5: Il importe que les entreprises
déterminent les risques inhérents aux
nouveaux produits et activités et
s'assurent par avance qu'ils sont soumis à
des procédures et contrôles adéquats. Les
initiatives majeures en matière de
couverture ou de gestion des risques
devraient être préalablement approuvées
par le conseil ou son émanation
compétente.
Système de mesure et de surveillance

• Principe 6: Il est essentiel que les entreprises


soient dotées d'un système de mesure du
risque de taux d'intérêt qui couvre les
principales sources de ce risque et évalue les
effets des modifications de taux d'intérêt selon
des formes compatibles avec l'importance de
leurs activités. Les hypothèses de base du
système devraient être parfaitement comprises
par les gestionnaires du risque et la direction
de l’entreprise .
• Principe 7: Les entreprises doivent établir
et imposer des limites opérationnelles et
d'autres pratiques permettant de contenir
les risques à des niveaux compatibles
avec leurs politiques internes.
• Principe 8: Les entreprises devraient
mesurer leur vulnérabilité en termes de
pertes dans des conditions de marché
critiques – incluant la remise en cause de
leurs hypothèses de base – et prendre en
compte ces résultats lors de l'élaboration
et du réexamen de leurs politiques et
limites à l'égard du risque de taux d'intérêt.
• Principe 9: Les entreprises doivent
disposer de systèmes d'information
adéquats pour la mesure, la surveillance,
le contrôle et la notification des risques
encourus. Des rapports doivent être
transmis dans les meilleurs délais au
conseil d'administration, à la direction
générale et, le cas échéant, aux
responsables des différents départements
opérationnels.
Contrôles internes

• Principe 10: Les entreprises doivent disposer d'un


système adéquat de contrôles internes de leur
processus de gestion du risque de taux d'intérêt.
L'une de ses composantes fondamentales doit être
de procéder régulièrement et de manière
indépendante à l'examen et à l'évaluation de
l'efficacité de ce système et d'effectuer les
modifications et améliorations qui s'imposent. Les
résultats de ces examens devraient être tenus à la
disposition des autorités de contrôle concernées.
Informations destinées aux autorités
prudentielles

• Principe 11: Les autorités de contrôle devraient


obtenir des banques des informations suffisantes
et à jour leur permettant d'évaluer le niveau de
risque de taux d'intérêt qu'elles encourent. Ces
informations devraient tenir compte de manière
appropriée de la répartition de chaque portefeuille
par échéance et par devise, positions de hors-bilan
comprises, ainsi que d'autres facteurs importants,
tels que la distinction entre les activités de négoce
et les autres opérations bancaires.
Les méthodes de gestion des risques de
taux d'intérêt

. La mise en place d'une gestion actif-passif


Définition :
• La Gestion Actif-Passif (Asset and Liability
Management ou ALM) vise à maîtriser, dans les
meilleures conditions de rentabilité des fonds propres,
les conséquences négatives potentielles des risques
financiers. Elle s'intéresse particulièrement au risque de
taux, au risque de liquidité et au risque de change
•  La Gestion Actif-Passif passe par la
mesure et l'analyse des risques financiers.
Pour ce faire, elle recourt à de puissants
systèmes d'information et à des méthodes
complexes d'analyse financière .
Objectif de la gestion actif-passif :
•  Maximiser la richesse de l’actionnaire à moyen et long
terme
Ceci se traduit par :
•  Maximisation du résultat comptable annuel (court terme)
•  Préservation du patrimoine : constitution de réserves de
valeur (moyen et long terme).
•  Accroissement de la valeur des fonds propres
économiques et de la valeur boursière (moyen et long
terme).
Rôle du gestionnaire actif-passif
•  La Gestion Actif-Passif veille à l'équilibre et à la
cohérence du développement du bilan de
l'établissement . Celle-ci passe par la gestion des
différents risques notamment le risque de taux d’interet .
• Risque du taux d’interet : Risque de voir la rentabilité de
l'établissement se dégrader par une évolution
défavorable des taux d'intérêt.
Exemple :
- Crédit in fine à 2 ans taux fixe refinancé par un emprunt à
1 an taux fixe. Si taux à terme monte de 1%, la perte est
de 1% sur une année.
Gestion hors-bilan :
• Les banques sont engagées dans des formes très diverses
d’activités hors bilan qui ont une incidence sur le risque qu’elles
encourent en matière de taux d’intérêt. Nombre de ces activités,
par exemple les swaps, les options et les contrats à terme de taux
d’intérêt, peuvent servir à couvrir les risques de taux d’intérêt
auxquels les banques sont exposées pour des opérations figurant
au bilan, ou à exploiter les possibilités d’arbitrage entre marchés
au comptant et marchés financiers à terme ou entre marchés
financiers à terme. Les swaps, en particulier, seront souvent
utilisés à des fins propres. Certaines transactions peuvent être
entreprises dans le but délibéré d’accroître les risques nets de taux
d’intérêt. Si une banque est un protagoniste du marché dans ces
instruments, il peut en résulter une augmentation du risque de taux
d’intérêt ainsi que du risque de crédit.
• En principe, les banques devraient pouvoir prendre en compte les
risques de position liés de manière spécifique aux activités hors
bilan dans le cadre d’un système de mesure du risque global de
taux d’intérêt. Elles recourent à diverses techniques allant des
simples limites d’écarts d’échéances jusqu’aux systèmes
«millimois» et «point à risque» d’une complexité plus ou moins
grande1 . Toutes ces approches se fondent sur des hypothèses
implicites et explicites qui doivent être constamment révisées et
testées. Le degré de complexité et de sophistication nécessaire ou
approprié pour un système de mesure et de contrôle du risque du
taux d’intérêt sera différent selon les banques. Ces systèmes
doivent toutefois permettre de recenser tous les risques de taux
d’intérêt d’une banque (qu’ils résultent d’activités au bilan ou hors
bilan).
• Les banques doivent également être capables d’effectuer
des analyses pour évaluer la capacité de réaction, afin
que les responsables des établissements puissent
estimer l’incidence d’une variation donnée des taux
d’intérêt. Les banques effectuant de très importantes
transactions de swap de taux d’intérêt et autres grosses
opérations d’arbitrage d’intérêts hors bilan devront
également voir comment mesurer et contrôler le risque
de base (lorsque, par exemple, les obligations sous-
jacentes ont la même échéance ou des périodes
identiques de renouvellement des taux d’intérêt, mais des
taux de référence différents).
Méthodes de couverture du risque du taux
d’interet

Méthodes traditionnelles

Contrats à terme ferme


• Le principe de couverture du risque de taux par l'usage des
contrats à terme ferme consiste à compenser les variations de
valeurs subies sur une position au comptant, par les variations de
valeur d'une position de sens contraire, constituée de contrats à
terme. Ainsi, l'endettement représentant une position comptant au
passif, une diminution des taux engendre une perte pour
l'entreprise qui se traduit par une augmentation de la valeur
actualisée de la dette. Cette perte peut être éliminée par la
constitution d'une position à terme symétrique à l'actif, et ce, par
l'acquisition de contrats à terme qui s'apprécient lorsque les taux
évoluent à la baisse. De la sorte, l'accroissement du coût de la
dette est compensé par la plus-value réalisée sur le contrat à
terme.
Terme à terme
• Le terme à terme ou forward-forward résulte d'un
accord entre une banque et une entreprise ayant
pour objectif de fixer par avance le taux d'intérêt
d'un placement ou d'un emprunt. C'est une
technique qui permet au trésorier de fixer à l'avance
le taux d'intérêt qui sera appliqué à une opération
future de placement ou d'emprunt. Il implique un
mouvement de fonds, c'est-à-dire un placement ou
un emprunt réel auprès d'une banque.
Le forward rate agreement
• Le contrat de FRA permet de garantir un taux d'intérêt en dissociant
l'opération de couverture du risque, de l'opération de prêt ou
d'emprunt. L'acheteur du contrat est supposé être emprunteur au taux
du contrat et le vendeur prêteur.
• Le FRA est un contrat qui permet de fixer le taux d'intérêt appliqué à
une opération future de prêt ou d'emprunt. Le taux fixé est un taux de
n'importe quelle maturité jusqu'à un an. C'est un instrument de hors
bilan qui n'engendre pas de mouvements de fonds en dehors du
versement du différentiel de taux. En effet, le contrat porte uniquement
sur les taux d'intérêt, en aucun cas il n'y a prêt ou emprunt effectif à
l'échéance du contrat. Par convention, un trésorier qui anticipe et craint
une hausse des taux (cas d'un emprunteur) achète un FRA, celui qui
anticipe et craint une baisse des taux vend un FRA.
Les nouvelles méthodes :

 Les contrats swaps


• Un swap est un contrat conclu entre deux parties qui s'engagent à
changer une certaine somme d'argent suivant un échéancier
précis. Ces sommes sont calculées de manière à représenter la
différence entre les cash-flows résultant de deux opérations
financières distinctes. Le swap revient donc à changer les cash-
flows résultant d'une première opération financière. Les swaps de
taux d'intérêt peuvent servir à spéculer, se protéger contre les
variations défavorables du taux d'intérêt, ou effectuer de l'arbitrage,
et notamment l'arbitrage financier , qui permet aux entreprises de
se financer à un coût net inférieur à ce qu'elles pourraient obtenir
sur le marché financier. Il est basé sur l'utilisation des forces
inhérentes à chaque firme qui échange, via le swap de taux
d'intérêt, son avantage comparatif.
Les options
• Les options sont de tels instruments. Il s'agit de contrats qui permettent à
l'acheteur, moyennant le versement d'une prime (premium) au vendeur,
d'acheter (ou de vendre) à (ou avant) une date déterminée (dite date d'échéance
de l'option) des actifs financiers (option sur cash) ou des futures sur de tels actifs
(option sur futures) à un prix fixé à l'avance, dit prix d'exercice. Si, à la date
d'échéance, l'acquéreur de l'option n'a pas effectué l'opération à laquelle le
contrat passé avec le vendeur lui donne droit, il abandonne l'option. L'avantage
des contrats optionnels par rapport aux contrats ferme est qu'ils permettent de
se protéger contre le risque tout en ayant la possibilité de profité d'une évolution
favorable des taux. Dans le cas des options sur taux d'intérêt, l'actif sous-jacent
est constitué par un titre d'emprunt. L'acheteur d'une option d'achat (d'une option
de vente), en cas d'exercice acheté (vend) un emprunt au cours fixé que le
vendeur s'engage à livrer (à recevoir). Ce type d'option permet ainsi de fixer un
taux maximum pour un emprunt ou un taux minimum pour un placement.
Le cap
• C'est un contrat établi entre deux parties pour une durée
déterminée. Il mentionne un taux fixe et un montant qui
servent de référence pour évaluer la somme à verser. A la
fin de chaque mois, si le taux du marché, par exemple, le
TMM est supérieur au taux fixe de référence, l'acheteur
du cap reçoit une somme en fonction du différentiel de
taux. A l'inverse, si le TMM est en dessous du taux fixe, il
n'y a aucun versement. L'acquisition d'un cap permet ainsi
de garantir un taux maximum d'emprunt. Le vendeur reçoit
en contre partie une somme fixe au début de chaque
année, pendant la durée du contrat.
Les floors
• Un floor est une série d'options de prêt qui sert à se
couvrir contre la baisse des taux. Ses principes sont
symétriques à ceux du cap, puisqu'il permet à un
prêteur de se protéger contre une baisse des taux sur
une longue période, tout en ayant l'opportunité de
bénéficier d'une hausse éventuelle. Cet instrument
garantit un plancher de placement. Quand le niveau
du taux de placement est supérieur au taux garanti,
l'acheteur d'un floor exerce son option afin de
recevoir le différentiel de taux du vendeur.
Les collars
• Le collar (ou tunnel) complète efficacement la gamme des instruments
des marchés de gré à gré en apportant à la fois le caractère d'assurance
du cap et du floor et une réduction du coût de la prime. Il permet de
garantir une fourchette de taux. C'est un contrat qui permet à son
acheteur de se garantir une zone de taux d'intérêt, encadrée par un taux
minimum et un taux maximum. L'achat de ce produit correspond à
l'achat d'un cap et à la vente simultanée d'un floor, ce qui permet de
réduire la prime versée. Sa vente correspond à l'achat d'un floor et la
vente d'un cap. Les deux stratégies permettent d'assurer un taux
d'intérêt compris entre un taux plancher et un taux plafond. Si le taux
s'élève au dessus du taux plancher. C'est pour cette raison que le prix
d'un collar est inférieur à celui d'un floor. Il varie entre 0,1% et 1% par an
selon la maturité et la largeur du tunnel.

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