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La monnaie

Offre et demande de monnaie


Financement de l’économie
La monnaie

1. La masse monétaire: mesure


2. La création monétaire
o le multiplicateur monétaire
3. Le rôle de la monnaie sur l’économie
o La théorie quantitative
o La théorie keynésienne
o Neutralité de la monnaie?
4. Le financement de l’économie
o Banque centrale et banques de second rang
o Le marché financier
1. Comment mesurer la masse monétaire?

 Sachant l’importance de la quantité de


monnaie d’une économie sur un grand
nombre de variables économiques, vous êtes
chargé(e) de mesurer cette quantité pour
votre pays. Qu’allez-vous y mettre?

 La distinction entre actifs monétaires et non


monétaires.
Les agrégats monétaires en France

 M1= Billets et pièces en circulation + dépôts


à vue (comptes courants et autres comptes
chèques)
 M2= M1+autres dépôts monétaires (comptes
d’épargne, dépôts à court terme)
 M3=M2+instruments négociables (Bons du
Trésor,Titres Créances Négociables,
placements en devises)
2. Création monétaire et offre de monnaie

 Il existe de nombreux débats sur la mesure la plus


correcte de l’offre de monnaie, c’est-à-dire celle sur
laquelle il faut agir à des fins de politiques
économiques.

 L’offre de monnaie est surtout le résultat de l’activité


bancaire. Afin de réguler l’offre de monnaie, le
gouvernement agira sur l’activité bancaire.

 Les autorités monétaires française et européennes


surveillent la progression de M3.
2.a. Les sources de la création monétaire

 Le financement de l’activité économique des


entreprises et des ménages (près de 80% de la
création en 2007)
 Crédit et multiplicateur monétaire
 Le financement du déficit public (de l’activité
économique de l’Etat)
 Monétisation de la dette publique
 Le financement des opérations avec l’étranger
 Réserve de changes (BC) et prêts à l’étranger
(Banques)
2.b. La création monétaire par le crédit

 Les crédits créent de la monnaie parce qu’ils


augmentent les DAV.
 Il faut tenir compte du coefficient de réserve
obligatoire.
 Il faut tenir compte des fuites de liquidité
(retrait des billets).
 Enfin, la part des crédits financés sur épargne
ne participe pas à la création monétaire.
 Considérons les principales opérations du
système bancaire :
Principales opérations

Banque centrale Banques commerciales

Actif Passif Actif Passif

Refinancem Billets Réserve Dépôt à vue


ent des obligatoire
BCom.
Réserves de RO Crédits Refinancem
change ent
Multiplicateur monétaire

 La consolidation de l’actif et du passif du


système bancaire donne:
Res.chge+crédits=Billets(B)+ DAV=M
 La monnaie BC ou base monétaire= B+RO
 Les billets dépendent du coefficient
d’encaisse= proportion b de la masse
monétaire: B=b.M
 Les RO sont fixés par la BC: RO=r.DAV
 En combinant les relations qui précèdent, on
obtient: M=k.MC
Multiplicateur monétaire

 M=k.MC avec k=1/b+r(1-b)

 Plus une banque accorde du crédit et plus elle


devra « déposer » un montant élevé de RO à
la banque centrale.

 La masse monétaire augmente avec les


crédits accordés.
2.c. La création monétaire: résumé

 La création monétaire résulte donc principalement de


l’activité de crédit des banques.
 Cette activité est encadrée: par le coefficient de
réserve et les taux directeurs.
 Attention, l’accroissement de crédit ne se traduit pas
par un accroissement équivalent de masse monétaire.
 Les entrées de devises augmentent aussi la masse
monétaire.
 Quel est le rôle de cette masse monétaire sur l’activité
économique?
 La théorie quantitative/Le monétarisme de Friedman
 La théorie keynésienne
3. Le rôle de la monnaie sur l’économie

 Deux principaux points de vue s’opposent.


 En simplifiant: il y a ceux qui pensent que la
monnaie est neutre et ceux qui pensent
qu’elle ne l’est pas.
 La pratique de la politique monétaire montre
que ces deux points de vue se confrontent
encore.
 Néanmoins, rares sont ceux qui affirment la
dichotomie classique.
La théorie quantitative

 La théorie quantitative part de l’équation quantitative

M V  P  T
 Au cours d’une année
 60 pains sont vendus au prix unitaire de 0,5 euro
 M est égale à 10 euros
 Calculer V
 PxT= 60 x 0,5=30 euros
 V=PT/M=30/10=3 fois par an

Chaque euro change trois fois de propriétaire chaque


année.
L’équation quantitative

 Imaginez une petite économie qui ne produit que des


téléviseurs. Si 1500 téléviseurs sont produits chaque
année et vendus 300 euros et si la quantité de
monnaie est de 30000 euros, alors la vitesse de la
monnaie est:
 V=(1500x300)/30000=15
 Dans cette économie, les agents ont dépensé 450000
euros en téléviseurs avec 30000 euros de monnaie. Il
a fallu que chaque billet d’un euro change de mains
15 fois.
L’équation quantitative

 La vitesse de circulation de la monnaie est relativement


stable.
 Certes, une innovation des moyens de paiement (comme
l’utilisation de plus en plus fréquente de la carte bancaire)
entraîne une modification de la vitesse.
 Mais comparée à l’évolution du revenu national et de la
masse monétaire, la vitesse est considérée comme stable.
 Donc, les modifications de M se traduisent par une
modification de PY (donc du revenu national nominal).
 Si Y est déterminé par les conditions productives (fonction
de production, facteurs de production..); alors toute
modification de la masse monétaire aura un écho dans
l’évolution de P
La théorie quantitative

 Toute variation de la quantité de monnaie M provoque


nécessairement une variation proportionnelle du PIB
nominal, PY.
 Une accélération de la croissance de la masse
monétaire se traduit par une hausse de l’inflation mais
n’affecte pas les variables réelles.
 La théorie quantitative permet d’expliquer donc le
niveau général des prix, c’est-à-dire l’inflation.
L’inflation

 Définition:
L’inflation est la variation en pourcentage de l’indice
des prix à la consommation ou du déflateur du PIB ou
de tout autre indice général des prix.

 Signification d’un taux d’inflation


 Que veut dire une inflation de 5% par an?
 Qu’est-ce que cela signifie pour le prix du chariot de
courses hebdomadaire d’une famille de 4 personnes qui
était de 120 euros en 2002?
L’inflation, concrètement…

 Une inflation de 5% par an signifie que le prix du


panier de B&S de l’indice des prix a augmenté de 5%
par rapport à l’année précédente.

 Si ce panier de B&S valait 3000 euros en 1980, il valait


3150 en 1981. Si le taux est maintenu constant
jusqu’en 1990, le panier de B&S vaudra alors:
3000(1+0,05)10=5131 euros en 1990.
Prix à la consommation
dans une perspective historique

Sources: BRI 75th annual report (2005)


La théorie keynésienne

 L’offre de monnaie résulte de la demande de


monnaie

 La préférence pour la liquidité

 Le motif de spéculation

 Le rôle du taux d’intérêt


La demande de Monnaie chez Keynes

 La monnaie est l’actif le moins risqué et est


donc un moyen de s’assurer contre
l’incertitude. Elle sera demandée pour elle-
même.

 Trois motifs conduisent à demander de la


monnaie: la transaction, la spéculation et la
précaution.
La demande de Monnaie chez Keynes

 Encaisse de transaction: elle répond au besoin de


réaliser des dépenses courantes; elle dépend du revenu

 Encaisse de précaution: elle répond au désir de


constituer une réserve de pouvoir d’achat d’une valeur
immuable (dépend de la dépense donc du revenu)

 Encaisse de spéculation ou thésaurisation : elle traduit


la préférence des agents pour la liquidité au détriment
d’actif financier. Cette encaisse décroît avec une hausse
du taux d’intérêt.

Remarque: au-dessous d’un certain seuil du taux


d’intérêt, tous les agents anticipent une hausse et la
demande de monnaie absorbe toute l’épargne
disponible
Demande de Monnaie

 La demande de monnaie dépend aussi du coût de détention


de la monnaie donc dépendra du taux d’intérêt nominal.
 La fonction générale de la demande d’encaisses monétaires
réelles s’écrira :
M
Md   L(Y , i )
P
 Où L (pour liquidité) est une fonction de Y et de i.
Autrement dit, la demande d’encaisses monétaires réelles
dépend positivement du revenu national (plus Y est élevé et
plus la demande le sera) et négativement du taux d’intérêt
nominal (plus i est élevé et plus la demande sera faible).
Dichotomie classique

 Il s’agit de la distinction théorique entre les variables


réelles et les variables nominales.
 La théorie classique suppose que les variations de
l’offre de monnaie n’ont pas d’incidence réelle sur
l’économie.
 Il y a neutralité monétaire.
 L’équilibre de l’offre et de la demande de monnaie
déterminera le niveau des variables nominales ; les
variables réelles ayant été fixées par l’économie réelle.
Y-a-il neutralité monétaire?

 OUI pour les classiques et les néo-classiques,


la monnaie est un voile
 OUI, à moyen long terme pour les
monétaristes
 NON pour les Keynésiens, la monnaie est
active parce que les individus sont victimes
d’illusion monétaire.
Le financement de l’économie

 Les acteurs du financement de l’économie


sont:
 La Banque centrale
 Les banques de second rang
 Les institutions financières non bancaires
 Le marché financier
Le financement de l’économie

 L'approche « traditionnelle » du financement:


 Les banques de second rang: selection des
projets d'investissement et financement par la
création monétaire adossée aux dépots.
 La Banque centrale: joue le rôle de préteur en
dernier ressort sur le marché interbancaire.
 Ceci permet de concilier les positions à long
terme des banques sur leur actif (crédits/prêts
sur plusieurs années) et à court terme sur leur
passif (dépots à vue des clients).
Le financement de l’économie

 Cependant, la sphère financière a évolué,


avec un accroissement de la place du marché
financier:
 Avantage : Acces direct des entreprises en
besoin de financement à une offre d'épargne.
 Apparition d'institutions financières non
bancaires: Compagnies d'assurance,
Investisseurs institutionels (Trust funds,
Mutual funds), qui gèrent l'épargne de leur
clients sur les marchés financiers sans passer
par une banque.
Le financement de l’économie: banque contre
marché financier

 Ces deux modes de financement sont plus


complémentaires que concurrents:
 Peu d'entreprises ont un accès direct au
marchés financiers.
 Donc, pour les PME, le financement bancaire
est encore la règle.
 Suite à l'évolution récente, les Banques ont
diversifié leurs activités: rôle de courtier
 Elles sont devenues des intermédiaires
importants entre agents individuels (ménages,
entreprises) et le marché financier, en jouant sur
un meilleur accès à l'information.
SUPPLEMENTS

 Le multiplicateur monétaire
 Taux d’intérêt et valeur de la monnaie
 Effet Fisher
 Taux d’intérêt et valeur d’une obligation
Le multiplicateur de crédit

Supposons un coefficient de réserve de 20% :

dépot initial=1000 euros


pret banque 1=(1-20%) 1000=800 €
pret banque 2=(1-20%)  800=(1-20%) 2 1000=640€
pret banque 3=(1-20%)  640=(1-20%) 3 1000=512€
..................................................
Le multiplicateur de crédit

Un dépôt initial de 1000 euros dans une banque peut


permettre de créer, en supposant un coefficient de
réserve r, jusqu’à (1/r)x1000.

Selon notre précédent exemple:

L’offre totale de monnaie sera=

1
1  (1  20%)  (1  20%)  (1  20%)  ... 1000 
2 3
1000
0.2
 5000€
Le multiplicateur monétaire

Supposons les trois variables exogènes suivantes:


 la base monétaire, MC, qui est la somme des pièces et
billets en circulation, B, et des réserves bancaires RO.
MC=B+RO
 le coefficient de réserve, r, fraction des dépôts que les
banques conservent sous forme de réserves
 le coefficient d’encaisses, b, qui est la part de leur revenu
(ou dépôt à vue) que les agents souhaitent détenir en
espèces.

L’offre de monnaie est alors : M=B+DAV


La base monétaire : MC=B+RO
Le multiplicateur monétaire

On divise la première équation par la seconde :

M B  DAV

MC B  RO
M B DAV  1

MC B DAV  RO DAV

b 1
M B
br
M  kB
Le multiplicateur monétaire

 Le multiplicateur de monétaire est k.


 L’offre de monnaie est proportionnelle à la base
monétaire. Toute hausse de cette dernière accroît la
masse monétaire.
 Plus le r est faible et plus k sera élevé.
 Plus b est faible et plus k sera élevé. En effet, plus b
est faible et plus sera élevée la part de la base
monétaire détenue en réserves par les banques et
donc plus elles pourront octroyer des prêts.
Monnaie et taux d’intérêt

 Le taux d’intérêt est un prix.


 Il indique la valeur temporelle de la monnaie.
 Il relie la valeur présente et la valeur future de la
monnaie.
 Dès lors que l’épargne (non dépense) génère une
rémunération, le coût d’une unité monétaire (1€) de
consommation courante est supérieure à 1€ de
consommation future.
 Le taux d’intérêt indique le montant de consommation
future qu’induit le renoncement à la consommation
présente aujourd’hui.
Monnaie et Actualisation

 La valeur actualisée d’une somme de monnaie future


(qui sera perçue demain) est sa valeur présente.
 Valeur présente= valeur future/(1+r) si la valeur
future est celle perçue dans un an.
 Pour n années:

Vn
V0 
(1  r ) n
Monnaie, taux d’intérêt réel et nominal

 Les valeurs actualisées dépendent du taux


d’intérêt : réel ou nominal?
 Dès lors que la monnaie n’a d’autre valeur
que celle des biens qu’elle permet d’acheter,
il faut tenir compte de l’inflation.
 Le taux d’intérêt réel est égal au taux
d’intérêt nominal – le taux d’inflation.
Effet Fisher

 Selon Fisher, à long terme, du fait de la neutralité


de la monnaie, une variation de la masse
monétaire devrait être sans effet sur le taux
d’intérêt réel.
 Toute variation du taux d’inflation se reflète dans
la variation du taux d’intérêt nominal.
 L’effet Fisher désigne la conséquence d’une
augmentation du taux d’inflation sur le taux
nominal.
 Si le taux d’inflation augmente de 1%, alors le
taux d’intérêt nominal augmentera de 1%.
Taux d’intérêt et valeur des obligations

 Le cours des obligations à intérêt fixe varie à


l’inverse de la variation des taux d’intérêt.
 En effet, si les taux d’intérêt augmentent, la
demande de titres va se porter sur de
nouvelles émissions plutôt que sur des titres
existants.
 Les cours des obligations vont donc baisser
avec l’augmentation des taux d’intérêt pour
compenser la différence de rémunération.
 Il faut en effet que les rendements ( c’est-à-
dire les intérêt/prix de l’obligation)
s’égalisent.