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COURS L’AGROFORESTERIE

Sommaire du cours
CHAPITRE I. Généralités
1.1 Définition de l’agroforestérie
1.2 Concepts de base de l’agroforesterie
CHAPITRE II. Caractérisation des systèmes agroforestiers
2.1 les composantes de Agroforesterie
2.2 Analyse fonctionnelle des systèmes agroforestiers
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
CHAPITRE III. Technologies agroforestiers
3.1 Haies vives
3.2 Brise-vent
3.3 Cultures en couloirs
3.4 Système Taungya
3.5 Jachères améliorées
3.6 Autres TAF
CHAPITRE IV. Planification concertée
4.1 La méthode de D§D
4.2 La MARP
Définition
Définition
Définition
Définition
1.1 Définition de l’agroforesterie
Selon le Centre international pour la recherche en
agroforesterie (ICRAF): l'Agroforesterie désigne
des systèmes d'utilisation des terres dans
lesquels des ligneux pérennes (arbres ou
arbustes) sont délibérément introduits ou laissés
en association dans une même unité de
production (même unité d'espace) avec des
cultures et/ou des animaux (ou pâturages) et dans
lesquels il existe des interactions significatives
d'ordre écologique et économique entre la
composante ligneuse et les autres composantes
non ligneuses.
1.2 Concepts de base de l’agroforestérie
1.2.1. Pratiques agroforestières
C’est un ensemble de formes d'utilisation
de terres pratiquées diversement et
presque partout à travers le monde.

La pratique agroforestière fait donc


référence à des formes d'exploitation de
terres, historiquement reconnues,
associant les composantes
agroforestières de manière spécifique et
distincte.
1.2.1. Pratiques agroforestières
La pratique est définie comme une
manière de faire, contingente de
l’opérateur. Elle est le fruit de
l’empirisme et ne peut être analysée
indépendamment des acteurs qui la
mettent en œuvre (Jouve, 1997).
1.2.1. Pratiques agroforestières

Le concept de pratique demeure donc


très général et renferme la notion
d’habitude et de répétition et c'est
pourquoi on lui adjoint, quelque fois,
l'épithète traditionnel.
1.2.1. Pratiques agroforestières

Exemple: le fait de laisser quelques


arbres dispersés dans les champs lors
des défrichements, ou l’agriculture
itinérante, ou Taungya, etc. sont des
pratiques agroforestières.
1.2.2. Technologie agroforestière :
Technologie, référence à la science;

Une technologie agroforestière est une


proposition de gestion de la terre de type
agroforestier ou une expérience
agroforestière en station ou en milieu
paysan.
1.2.2. Technologie agroforestière :

Elle est un ensemble de spécifications


précises concernant les rôles,
l'arrangement et la gestion des
composantes.
1.2.2. Technologie agroforestière :

Retenez

Lorsqu'une technologie agroforestière


existe depuis un certain temps et
qu'elle est régulièrement pratiquée par
des paysans, elle devient une pratique
agroforestière traditionnelle.
1.2.3. Intervention agroforestière 
Une technologie agroforestière proposée
afin de résoudre certaines contraintes
identifiées lors d’une caractérisation ou
diagnostic d’un système d'utilisation des
terres (SUT) est appelée intervention
agroforestière.
1.2.4. Approche systémique

L'approche systémique ou approche


systèmes est un outil de travail
permettant d'aborder la réalité d'une
manière pratique.
1.2.5. Arbres ou arbustes à usages multiples
ou arbres/arbustes agroforestiers 

l'arbre (ou arbuste) est supposé remplir


plusieurs rôles au sein du système auquel il
appartient.

Parmi les rôles que jouent les ligneux dans


les systèmes agroforestiers, on peut citer:
1.2.5. Arbres ou arbustes à usages multiples
ou arbres/arbustes agroforestiers 

 les produits qu’ils offrent (bois, fruits, feuilles,


fourrage, pharmacopée, gomme, tanin, fibre,
etc.) et,

 divers services tels que la conservation des


sols (fertilité, érosion), l'amélioration du
microclimat, la démarcation des espaces.
1.2.5. Arbres ou arbustes à usages multiples
ou arbres/arbustes agroforestiers 
• Mais afin d'éviter toute confusion sur ce
concept une définition proposée par Burley et
von Carlowitz (1984) semble actuellement
faire l'unanimité:

Ainsi, sont considérés comme arbres / arbustes à


usages multiples, ceux ayant été
délibérément plantés ou retenus et gérés
pour la satisfaction de plusieurs objectifs
(production et / ou services).
1.2.5. Arbres ou arbustes à usages multiples
ou arbres/arbustes agroforestiers 

• Cette définition met en avant la notion


d'intention, c'est à dire du pouvoir
décisionnel de l'exploitant à réaliser des
objectifs bien définis avec les ligneux ainsi
introduits ou maintenus dans son champ.
1.2.6. L’idéotype ou arbre idéal pour
une technologie agroforestière
• L’idéotype est un modèle conceptuel du type
d’arbre idéalement adapté à un ensemble
donné de conditions.

• Il peut être défini, tant en termes de sa


morphologie et de sa physiologie qu’en
terme de sa fonction (productions et
services), mais aussi parfois en termes des
facteurs sociaux.
1.2.6. L’idéotype ou arbre idéal pour
une technologie agroforestière
Trois catégories d’idéotypes ont été définies :
• les idéotypes solitaires : ce sont ceux qui se
développent d’autant mieux qu’ils sont plantés
isolément ;
• les idéotypes compétitifs : sont ceux qui se
développent bien au sein d’un groupe de végétaux de
même type et tendent à dominer les autres végétaux
moins agressifs ;
• les idéotypes de culture : sont capables de partager
les ressources environnementales avec les cultures
associées ;
1.2.6. L’idéotype ou arbre idéal pour
une technologie agroforestière
Pour la composante végétale:

les idéotypes associatifs contribuent à la


satisfaction des objectifs ayant présidé à la
mise en place du système agroforestier. Ce
sont des arbres qui peuvent cohabiter
harmonieusement avec les cultures.
1.2.7. durabilité  

La durabilité d'un système de production


correspond à sa capacité de satisfaire les
besoins de l'exploitant sans porter préjudices
aux ressources sur lesquelles ce système est
basé, et si possible de contribuer à améliorer
celles-ci.
1.2.7. durabilité  
Quelques conditions essentielles pour qu'un
système agroforestier soit durable:
• conservation du sol (contrôle de l'érosion et
maintien de la fertilité) ;
• utilisation efficiente et conservation des
ressources (sol, eau, lumière, énergie,
ressources génétiques,…) ;
• utilisation des intrants disponibles et des
pratiques qui ne dégradent pas la santé et
l'environnement.
1.2.7. durabilité  

• création des interactions biologiques


entre différentes composantes du système
agricole (exemples : mulching (paillage),
association des plantes grimpantes à des
plantes support, fixation symbiotique de
l'azote, contrôle biologique des adventices et
des maladies, …) ;
1.2.8. La multidisciplinarité de l'agroforesterie 

En agroforesterie au moins trois disciplines


de base doivent nécessairement collaborer:
la foresterie, l'agriculture et l'élevage.

But: d'identifier les meilleures


combinaisons possibles des différentes
composantes tout en assurant une
production optimale.
1.2.8. La multidisciplinarité de l'agroforesterie 
des connaissances en écologie, en
pédologie, en horticulture et en biologie afin
d’exploiter, de manière durable, les ressources
existantes.
De la même manière,

la sociologie, l'anthropologie, l'économie et


autres spécialités du développement rural
sont utilisées pour aborder le problème des
ressources humaines et analyser les
contraintes du marché et l'agriculture de
subsistance.
CHAPITRE II. Caractérisation
des systèmes agroforestiers
2.1. Les composantes de l’AF
a. Les arbres ou simplement « ligneux »

 Arbres: plantes unicaules (qui ne


comporte qu’une seule tige) de plus
de 7 m de haut ;
 Arbustes: plantes unicaules de moins
de 7 m de haut;
 Arbrisseaux: plantes multicaules,
généralement de moins de 7 m de
haut ;
2.1. Les composantes de l’AF

Lianes: des plantes rampantes contenant


de la lignine;

Bambous: bien qu'ils ne contiennent pas


de la lignine sont, en agroforesterie,
assimilés à des plantes ligneuses
2.1. Les composantes de l’AF
NB:
Pour qu'un système d'utilisation de terre
soit qualifié d'agroforestier, il doit
nécessairement avoir des ligneux intégrés
à ce système.

Ces ligneux peuvent être plantés ou laissés


et entretenus dans ce système pour les
objectifs variés de production et / ou de
service.
2.1. Les composantes de l’AF
b. Les cultures
Elles regroupent, en grande partie, des cultures
vivrières telles que les céréales (maïs, sorgho,
mil, …), des tubercules (manioc, taro, patate,..),
des légumineuses (niébé) et des cultures de
rente généralement rencontrées dans les
systèmes maraîchers (tomate, piment, laitues).
Certaines cultures horticoles comme les arbres
fruitiers sont classées dans la composante
ligneuse (des systèmes agroforestiers).
2.1. Les composantes de l’AF
c. Les animaux

La composante animale des systèmes


agroforestiers comprend essentiellement
des animaux domestiques (ruminants,
équidés, volaille).
2.1. Les composantes de l’AF
c. Les animaux
Cependant, d'autres animaux non
domestiques tels que :
les animaux aquatiques, et l'on parle
d'aquaforesterie ou de sylvi-pisciculture;

les insectes, et l'on parle


d'entomoforesterie" ; cas de l'apiculture et
de la sériciculture (élevage des vers à
soie).
2.1. Les composantes de l’AF
d. Les interactions entre composantes

Les interactions peuvent se faire au


niveau des composantes écologiques
(lumière, humidité, température, vent,
érosion, matière, nutriments, …) ou
économiques.
2.1. Les composantes de l’AF
d. Les interactions entre composantes

Les interactions (surtout écologiques)


constituent le trait caractéristique qui
différencie l'agroforesterie des autres
disciplines apparentées prises
isolement.
2.1. Les composantes de l’AF
d. Les interactions entre composantes

(cf. définition): l'association des


différentes composantes doit avoir un
effet positif sur l'ensemble du système,
ceci résultant des interactions
écologiques et économiques entre les
composantes en présence.
2.1. Les composantes de l’AF
d. Les interactions entre composantes

• significatives, complémentaires ou
compétitives;
 complémentaires lorsque la présence
d'une composante (généralement les
ligneux) augmente la production ou le
développement de l'autre
2.1. Les composantes de l’AF
d. Les interactions entre composantes

compétitives si la présence d'une


composante entraîne la réduction de la
production ou le développement de
l'autre
2.1. Les composantes de l’AF
d. Les interactions entre composantes

Non significatives (neutres).

lorsque les composantes n'ont pas


d'effets significatifs perceptibles les
unes sur les autres, ou lorsque ceux-ci
ne sont pas perceptibles.
2.2 Analyse fonctionnelle de
systèmes agroforestiers
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF
La description d’un système ne se limite pas à:
• la présence et la disposition des
composantes;

Mais à
• analyser ces composantes selon les relations
qui se créent entre les intrants et les extrants
du système, c'est à dire selon sa fonction.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF

Notez bien : le terme fonction a parfois un


autre sens dans la littérature agroforestière,
synonyme avec "rôle" ; par exemple le fait qu'un
arbre protège le sol de l'érosion est, dans le
présent contexte, un rôle, ou encore un service,
mais pas une fonction au sens de l'analyse des
systèmes.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF

Ainsi,
• Pour analyser un système du point de vue
fonctionnel, il est nécessaire d'identifier les
intrants et les extrants de ce système.

• On distingue généralement les catégories


des intrants et extrants bio-physiques et
des intrants et extrants économiques.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF

• Les intrants et extrants bio-physiques sont


des biens "gratuits" du point de vue du
paysan, par exemples : la pluie, l'énergie
solaire, l'azote fixée dans les nodules
racinaires, l'ombre, le contrôle de l'érosion
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF

• Les intrants et extrants économiques sont


ceux qui peuvent être achetés ou vendus
ou qui peuvent être quantifiés en termes de
valeur monétaire.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF

Exemple:
La terre, l'équipement en matériel, les
semences, la main d'œuvre, les
subventions et toutes les productions,
même celles qui sont réinvesties dans
le système (ex : le fumier, la paille …).
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
a. Fonction d’un SAF

• C'est donc, quand les intrants et les


extrants du système sont connus que l'on
peut analyser sa fonction en termes de
gestion et de productivité (performance).
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
b. Gestion d’un système
• On appelle, gestion les méthodes utilisées pour
transformer les intrants en extrants.

• En termes plus simples, que doit faire le paysan


pour que ses plants deviennent des arbres
donnant un bon bois de feu et fixant bien l'azote
et pour que ses graines se transforment en
quelque chose de comestible ou vendable.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
b. Gestion d’un système

Ainsi,
• Pour gérer sa terre, le paysan a besoin des ressources à sa
disposition : ce sont les intrants du système.

• Aussi,
Les décisions du paysan peuvent avoir une influence sur
certaines ressources mais pas sur d'autres (ex : il ne
contrôle pas la quantité de pluie ou d'énergie solaire, mais
peut arranger ses plantes de manière à ce qu'elles profitent
plus ou moins de l'effet de ces ressources).
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
b. Gestion d’un système
Donc,
• Gérer le système consiste à décider où,
quand et comment utiliser les ressources
qui sont disponibles.

• On quantifie la gestion d'un système en


termes d'unités d'intrants (ex : main
d'œuvre, engrais) par unité de temps ou
d'espace (ex : mois, hectare).
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
b. Gestion d’un système

Il est distingué généralement, les


opérations de gestion de types
technique et socio-économique.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
b. Gestion d’un système
Exemple
• l'utilisation de tel ou tel outil agricole ou
l'épandage d'engrais sont des décisions de
gestion de type technique;

• alors que l'allocation (affectation) de main


d'œuvre ou d'argent frais sont des
décisions de gestion de type socio-
économique.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
c. Productivité (ou performance)
• C'est la relation quantifiée entre les intrants
et les extrants ou, en d'autres termes, le
rapport extrants / intrants. C'est une mesure
d'efficacité.

• Comme pour la gestion, on distingue


généralement la productivité technique et la
productivité socio-écomique.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
c. Productivité (ou performance)

Ainsi,
• L'efficacité biologique ou écologique d'un
système appartient à la productivité
technique. ex :. production totale de
biomasse par hectare ; rapport des
extrants aux intrants d'énergie.
2.2 Analyse fonctionnelle de systèmes
agroforestiers
c. Productivité (ou performance)
Et,
• Pour la productivité économique, on doit
prendre en compte la valeur marchande des
intrants et extrants, y compris celle des biens
de subsistance ou de biens qui sont réinvestis
dans le système et qui doivent être quantifiés
en termes de valeur monétaire.

• La productivité économique s'exprime en


unités d'extrants par unité de temps et / ou
d'espace ou d'autres intrants.
Déséquilibre climatique

=> Déséquilibre écologique

Déséquilibre production fourragère


Ou des céréales
=> Déséquilibre production animale
A

Où doit – on placer
l’avenir des SAF B
sahéliens?
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
Objectifs
Réduire la compétition
qui se produit au
niveau du sol en
choisissant des
arbres/arbustes à
systèmes racinaires
profonds, les cultures
herbacées ayant des
racines dans les 45
cm de profondeur.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
Objectifs
Réduire la compétition
qui se produit au niveau
aérien, en utilisant des
arbres / arbustes à
houppier réduit et peu
dense ou en adoptant un
espacement ou une
gestion appropriés.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.1. Agrisylviculture
regroupe tous les
systèmes d'utilisation
de terres dans
lesquels des ligneux
pérennes sont
associés aux cultures
que ce soit de manière
concomitante ou
séquentielle.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.1. Agrisylviculture
Exemples : agriculture itinérante, arbres
dispersés dans les champs, Taungya,
cultures de case, cultures en couloir ou
intercalaires, etc. …
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.2. Sylvopastoralisme
Il regroupe les systèmes
d'utilisation de terres qui
associent délibérément les
ligneux aux animaux ou les
ligneux dans les espaces
pastoraux afin d'améliorer
les fourrages et de
produire de bois d'œuvre
ou de service.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.2. Sylvopastoralisme

Exemples : banques
fourragères, arbres
dans les prairies, etc
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.3. Agro-sylvopastoralisme
Ensemble des systèmes d'utilisation de terre types où les
trois principales composantes de l'agroforesterie sont
associées.

Ce système est d'une grande importance dans les régions


où l'agriculture et l'élevage constituent les actions
économiques majeures des communautés rurales.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.3. Agro-sylvopastoralisme
Remarque
Il existe, par ailleurs, d'autres systèmes
particuliers d'agroforesterie que l'on classe
séparément bien qu'il s'agisse au sens strict
des systèmes sylvo-pastoraux (association
pisciculture / arbres) et de l'entomoforesterie
(association arbres et élevage des insectes)
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.4 Systèmes à arrangements séquentiels

Exemple 1. jachères améliorées :

les cultures sont présentes les premières. Avec la


baisse de fertilité du sol, on laisse le champ au
repos. Mais pour réduire le temps de jachère,
on y plante des ligneux à croissance rapide et
en général des légumineuses.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.4 Systèmes à arrangements séquentiels
Exemple: 2.
jachère améliorée avec plantation d'arbres avant la fin
du cycle des plantes saisonnières,

Exemple 3.
Banques fourragères ;

Exemple 4.
Parcelles boisées à usages multiples dans lesquelles on
introduit des plantes saisonnières tolérantes à l'ombre.
2.3 Typologie des systèmes agroforestiers
2.3.4 Systèmes à arrangements séquentiels

Exemple 5. Taungya :
Association des plantes saisonnières et d'arbres
jusqu'à ce que ceux-ci ferment leur canopée
(houppier) ;

Exemple 6.
Installation des ruches dans un vergers déjà en
production.
CHAPITRE III. Technologies agroforestières
Introduction
Les critères de structure permettent de faire une classification
des technologies;

Les critères de disposition des composantes;

Chaque catégorie présente un type général d’organisation des


composantes;

Dans chaque type, la présence et la disposition des


composantes sont variables;

Sur la base de ces considérations, six grandes classes des


technologies sont identifiées.
3.1 Haies vives

La haie vive est une formation dense alignée


et continue de ligneux bas (arbustes ou
arbrisseaux) plantés très rapprochés les uns
des autres pour constituer un obstacle à la
divagation des animaux.

Leur hauteur dépasse rarement 2 m.


3.1 Haies vives
La haie vive peut être monospécifique ou
plurispécifique.

L’efficacité de la haie tient surtout à son


impénétrabilité, paramètre qui est en rapport
avec le taux de survie des espèces, leur
croissance, leur recouvrement et leurs
ramifications.
3.1 Haies vives
Quelques critères pour le choix des espèces de
haies vives de protection :

• facile à installer ;
• croissance initiale rapide ;
• ramifications latérales denses ;
• présence d’épines, (haies vives défensives) ;
• n’interférant pas trop avec les cultures ;
• pas ou peu appétée par les animaux ;
• capacité à rejeter après les coupes ou les coups de
dents des animaux.
3.2 brise vent
Un brise-vent désigne
tout obstacle matériel
disposé à la surface du
sol et destiné à réduire la
vitesse du vent au
voisinage de celle-ci. Il
peut être constitué de
matériaux inertes (haies
mortes) ou vivants (haies
vives).
3.2 brise vent

Les haies vives brise-vent


sont des bandes végétales
d’arbres et/ou arbustes
destinées à protéger les
cultures ou les animaux
des excès de vent.
3.2 brise vent
Outre leur rôle de protection, les brise-vents contribuent:
 à créer un microclimat favorable au développement des
cultures;
générer divers produits (bois, fruits, fourrages).

Les brise-vents sont généralement faits d’arbres et d’arbustes


plantés en une ou plusieurs rangées. Le développement de la
végétation herbacée est favorisé à la base des plantes ligneuses
pour assurer une bonne protection du sol.
3.2 brise vent
Pour être efficace, les brise-vents doivent répondre à
certaines normes techniques :

• ils doivent être perpendiculaires à la direction du vent


dangereux et dominant ;

• ils doivent être continus pour éviter l’effet venturi (c’est


à dire l’augmentation de la vitesse du vent provoquée
par les brèches);
3.2 brise vent
• ils doivent avoir une hauteur suffisante car,
c’est celle-ci qui influence l’étendue de la zone
à protéger;

• ils doivent être perméables au vent à un taux


de 40 à 50 % pour ne pas nuire aux cultures
que l’on prétend protéger.
3.2 brise vent
Quelques caractéristiques d’idéotype pour les brise-vents.

• facilité d’établissement ;
• croissance rapide ;
• hauteur suffisante ;
• non caducifolié (feuillage permanent) ;
• encombrement réduit ;
• système racinaire pivotant ;
• produits secondaires utiles ;
• résistance aux vents et aux maladies ;
• régénération rapide après la taille.
3.3 Cultures en couloirs

• La culture en couloirs ou culture en allées ou


encore culture intercalaire consiste à cultiver
des plantes vivrières dans des couloirs formés
par des haies d’arbres et arbustes.
3.3 Cultures en couloirs

La technologie de culture en couloirs a été


élaborée pour résoudre dans l’espace,
simultanément à la présence des cultures, le
problème de baisse de fertilité du sol observé en
agriculture itinérante et qui était originellement
résolu par une période de jachère.
3.3 Cultures en couloirs
la culture en couloirs ne se définit pas
uniquement sur des critères structuraux, mais
aussi sur des critères fonctionnels.

La biomasse récoltée sur les haies doit être


destinée prioritairement à la fertilisation du sol
dans les allées.
3.3 Cultures en couloirs

la culture en couloirs peut être en rotation. C’est


un cas particulier dans lequel, après quelques
saisons de culture normale en haies intercalées,
on laisse la canopée des arbres recouvrir
complètement la parcelle, faisant ainsi une sorte
de jachère améliorée.

Après un certain temps, les arbres sont taillés


pour faire place à nouveau à une culture normale
en haies intercalées.
3.3 Cultures en couloirs
Caractéristiques d’idéotype pour la culture en couloirs :

• être adapté aux conditions du milieu ;


• fixe l’azote atmosphérique; 
• houppier petit et lâche pour permettre aux rayons d’y
pénétrer ;
• aptitude à rejeter rapidement après la taille, le
recépage ou l’émondage ;
• produit une biomasse en quantité et de bonne qualité
pouvant se décomposer à une vitesse telle que le flux
des éléments nutritifs libérés coïncide avec le besoin
des cultures ;
3.3 Cultures en couloirs
Caractéristiques d’idéotype pour la culture en couloirs :

• système racinaire profond avec peu de racines


traçantes et élagables ;
• génère divers produits utilisés par la
communauté locale ;
• n’attire pas trop les animaux domestiques et
sauvages ;
• résiste aux termites ;
3.4 Système Taungya
Le taungya est une méthode d'agroforesterie développé
par les Britanniques au Myanmar pour la mise en culture
du teck (arbre tropical de la famille des Verbenaceae).

Des parcelles de réserves forestières dégradées sont


attribuées aux agriculteurs pour y produire des cultures
vivrières, combinées à des essences forestières.

Le but est d’obtenir un peuplement adulte d’essences


commerciales en un temps relativement bref.

Le système Taungya sous les tropiques est, comme l'


agriculture itinérante, un précurseur de l'agroforesterie
3.5 Jachère améliorée

La jachère améliorée est un système d’utilisation


des terres qui consiste à introduire dans les
champs, des arbres pendant la période dite de
repos afin d’atteindre (ou de simuler) les effets
de la culture itinérante dans un délai
relativement court.
3.5 Jachère améliorée

On y plante souvent dans ces jachères des arbres


fixateurs d’N2 et à forte croissance qui peuvent
restaurer la fertilité du sol plus vite que les espèces
spontanées.

Dans certains cas, on peut y introduire des herbacées


pouvant contribuer à accélérer le rétablissement de la
fertilité du sol.
3.6 Autres TAF
Cultures sous couvert arboré 
Toutes les combinaisons d'arbres
et de cultures dans lesquelles la
composante ligneuse arborescente
constitue un étage supérieur
recouvrant les cultures.

Selon le critère de présence des


composantes (arbres et cultures),
cette catégorie appartient au
groupe des technologies
agrosylviculturales.
3.6 Autres TAF
Cultures sous couvert arboré 
La disposition spatiale des ligneux
peut être aléatoire (en irrégulière)
ou zonale (plantation selon un
arrangement géométrique régulier).

Cette catégorie peut être subdivisée


en deux sous catégories en fonction
de la nature, de l'arrangement et du
rôle (fonction) des composantes.
3.6 Autres TAF
Arbres dispersés dans les champs de cultures 
Appartiennent à des systèmes
d'utilisation des terres dans lesquels
les arbres / arbustes sont plantés ou
maintenus délibérément avec les
cultures.

Disposition irrégulière : cas des


systèmes parcs rencontrés le plus
souvent dans les régions semi-arides.
3.6 Autres TAF
Caractéristiques d'idéotype pour les systèmes de
cultures sous ligneux dispersés.

Le choix de l'idéotype pour une exploitation


agroforestière en zones semi-arides où les
ligneux sont dispersés dans les champs, les
critères d'appréciation suivants peuvent être
retenus :
3.6 Autres TAF
Caractéristiques d'idéotype pour les systèmes de
cultures sous ligneux dispersés.
1. le tronc doit être plus ou moins rectiligne les
phénotypes à plusieurs tiges sont acceptables
à condition que les fûts soient longs;

2. la cime doit être relativement arrondie;

3. feuillage moins dense pour permettre


l'ensoleillement des cultures sous-jacentes;
3.6 Autres TAF
Caractéristiques d'idéotype pour les systèmes de
cultures sous ligneux dispersés.

4. un système racinaire profond pour qu'il ait un minimum


d'influence entre racines de l'arbre et de cultures;

5. capacité de générer au système des éléments


fertilisants, en particulier si l'arbre fixe l'azote
atmosphérique;

6. qu'il n'y ait pas d'effets allélopatiques avec les


cultures,
3.6 Autres TAF
Caractéristiques d'idéotype pour les systèmes de
cultures sous ligneux dispersés.
7. produisant une litière facilement décomposable;

8. supportant les tailles répétées;

9. générant des produits appréciables (fruits, bois,


fourrage…);

10. forte reprise de croissance après émondage, taille et


bonne réponse au recepage.
3.6 Autres TAF
L’agriculture itinérante

L’agriculture itinérante (ou agriculture sur brûlis)


est la plus ancienne forme d’utilisation des terres
pratiquées dans de nombreux pays tropicaux.

Elle consiste à défricher et à brûler des parcelles


de forêt naturelle pour y pratiquer des cultures
saisonnières.
3.6 Autres TAF
L’agriculture itinérante
Les premières saisons de culture sont
généralement très bonnes parce que
les plantes profitent du sol forestier
résiduel, riche en nutriments. Ce sol est
cependant violemment soumis à
l’érosion dès qu’il est à nu et sa fertilité
décline par ailleurs très vite.
5.3. Régénération naturelle assistée

La régénération naturelle assistée est une


pratique qui permet d’enrichir les parcs
agroforestiers en terme de diversité mais
aussi du nombre de pieds d’espèces
ligneuses.

Elle s’effectue par entretien rejets naturels.


5.3. Régénération naturelle assistée

C’est une technologie qui prend de l’intérêt


dans les pays sahéliens;

Elle reprend progressivement la place des


plantations classiques de reboisement car
facile à appliquer et moins coûteuse;

C’est l’option pour le reverdissement du Sahel.


5.3. Régénération naturelle assistée
Quelques opérations de conduite de
Régénération naturelle :
 Faire les éclaircies sélectives ;
 Sélectionner le meilleur brin par souche ;
 Confectionner les cuvettes autour des
plants ;
 Faire la taille de forme ;
 Poser les tuteurs au besoin ;
5.3. Régénération naturelle assistée
 Faire un suivi sanitaire;
 Nettoyer autour des plants sur 1 m de
diamètre;
 Protéger les rejets contre les prédateurs;
 Protéger individuellement les jeunes plants
(clôtures, pose de branches épineuses).
6. Autres technologies Agroforestières

Cette catégorie comprend des


technologies à structures différentes
mais qui sont regroupées ici en raison
de leur importance moindre dans le
domaine de l’agroforesterie ou en
raison de leurs caractéristiques très
spécifiques.
6.1. L’Aquaforesterie

L’aquaforesterie est l’élevage d’animaux


aquatiques en association avec des
arbres.
On la désigne aussi sous les termes de
sylvipisciculture ou aquasylviculture.

Cet élevage se déroule en eau saumâtre


ou en eau douce. L’eau peut être
stagnante ou renouvelable
périodiquement.
6.1. L’Aquaforesterie

La composante animale est constituée


de poissons, de crustacés (crevettes,
crabes) et des mollusques (huîtres);

Les étangs de pisciculture ou bassins à


poissons constituent aussi un autre
exemple d’aquaforesterie
6.1. L’Aquaforesterie

Les ligneux jouent plusieurs rôles dans ce


système:
 servent de lieu de refuge et de gîte pour les
organismes marins ;
 produisent une litière abondante pour
l’alimentation des poissons et servant de
matériau de construction des nids de
poissons et de fertilisation du fond marin ;
 réduisent par leur ombrage les écarts de
température ;
6.1. L’Aquaforesterie

 servent à casser les ondes (vagues) d’eau


venant des hautes mers ;
 fournissent du bois de fumage de poisson et
aussi du bois de service ;
 génèrent des produits (feuilles, fruits)
consommables par l’homme ;
 génèrent des sous produits utilisés dans
l’industrie (bois de papier, tanin..).
6.2. L’Entomoforesterie 

L’entomoforesterie est l’élevage


d’insectes en association avec des
arbres.

Les deux cas les plus connus sont


l’apiculture (élevage des abeilles) et la
sériciculture (élevage des vers à soies).
6.3. L’Apiculture

La cueillette du miel, pratique apicole,


qui consistait à repérer les colonies
d’abeilles installées dans des cavités
naturelles, fait place à une activité de
plus en plus maîtrisée par l’homme.
6.3. L’Apiculture
Par le fait d’installer des ruches dans des
arbres ou parce que les abeilles
butinent souvent les fleurs des arbres
et du moment où l’apiculteur prend soin
à la fois des arbres et des abeilles,
l’apiculture peut être considérée
comme une technologie agroforestière.
CHAPITRE IV. Planification concertée
4.1 La méthode de D§D

Diagnostic et conception des


technologies agroforestières :
D & D (Diagnostic and Design)
Introduction

Diagnostic et conception des technologies


agroforestières (D&D : Diagnosis and
Design) est une méthodologie systémique
et objective utilisée pour initier, gérer et
évaluer les programmes agroforestiers.

Il s’agit, en fait d’une démarche mise au


point par l’ICRAF et qui vise à appliquer un
principe du monde médical selon lequel
« le diagnostic précède le traitement ».
Quel que soit le domaine considéré, l’identification
d’un problème suffit souvent à suggérer la nature
de sa solution possible.

D & D se base sur la philosophie selon laquelle la


connaissance d’une situation existante
(diagnostic) est essentielle pour planifier et
évaluer (conception : Design) de manière effective
des programmes de recherche – développement
en agroforesterie.
C’est un outil de travail conçu pour décrire et
analyser des systèmes existants d’utilisation des
terres, identifier leurs contraintes et les facteurs
causaux et conséquemment concevoir des
technologies agroforestières (interventions)
appropriées afin d’atténuer ces contraintes et
donc améliorer la performance des systèmes
d’utilisation des terres au bénéfice des petits
exploitants ruraux.
L’unité de base d’application de la méthode
« Diagnostic et Conception » est le système
d’utilisation de terre.

Ce dernier peut être défini et analysé à des échelles


variées (pays, zone / région, système
d’exploitation, système de cultures, etc.).

La structure et le fonctionnement de tout système


d’utilisation de terres sont déterminés par les
facteurs climatiques, physiques, biologiques,
technologiques, économiques, sociaux et
politiques.
Les effets interactifs de ces facteurs sur le
système d’utilisation de terres et leurs
opportunités pour le développement du
système constituent les éléments qui sont
pris en compte lors de l’analyse de D & D
tout au long des phases du processus de
développement d’une technologie
agroforestière.

Selon l’échelle d’analyse ou d’application du


D & D, on distingue le macro D & D et le
micro D & D.
1. Le macro Diagnosis 
Le macro D & D est une technique de
diagnostic rapide des systèmes d’utilisation
des terres d’une zone donnée (ex vallée du
fleuve Niger, Ader-Doutchi Maggia, Bassin
arachidier du Sénégal, …) qui se base en
grande partie sur des données recueillies
sur la documentation existante. Ces
données doivent cependant être vérifiées et
complétées par des enquêtes rapides sur le
terrain.
Le D & D a pour objectif d’identifier au niveau
d’une zone donnée tous les problèmes
généraux des systèmes d’utilisation des
terres et les contraintes affectant ces
derniers.
Ensuite il procède à l’identification et la
priorisation des aires (sous-zones) à des
fins d’interventions agroforestières; il
détermine ainsi les axes de conception des
technologies agroforestières prometteuses
pour cette zone. Le macro D & D explore
aussi les opportunités et les mécanismes de
collaboration entre institutions pour la
conception et la vulgarisation des
technologies. Le macro D & D procède
généralement en 6 étapes.
1.1. Identification ou choix de la
zone d’étude
C’est une zone vaste (généralement une
écozone) ayant des caractéristiques
paysagiques variées, résultant de
l’utilisation actuelle des terres, et ayant
aussi des contraintes et de potentialités
diverses. Le choix de cette zone d’étude
doit refléter l’importance socio-économique
qu’elle joue au niveau national ou régional,
en particulier on relèvera :
• contribution à la production alimentaire
ou à la génération de revenus ;
• la population qu’elle supporte et sa
densité  ;
• l’urgence à résoudre certaines
contraintes ou à mettre en valeur
certaines potentialités ;
• le niveau de développement de cette
zone par rapport aux autres zones.
1.2. Typologie des systèmes d’utilisation
de terres existants dans cette zone :
Cette étape consiste à la classification et à la
délimitation des systèmes d’utilisations de
terre selon, généralement, des facteurs
influençant la gestion et la performance de
ces systèmes.
Ainsi on regroupera au sein d’un même
ensemble ayant à la fois des caractéristiques
structurales et fonctionnelles et des
contraintes d’exploitation suffisamment
homogène de telle sorte qu’une technologie
agroforestière peut être une intervention
appropriée et produire des résultats
similaires si elle est introduite dans ces
systèmes. Un facteur saillant peut constituer
à lui seul un critère de classification des
systèmes.
1.3. Description des SUT 
Au cours de cette phase tous les types
de SUT sont décrits en utilisant des
caractéristiques pouvant affecter leur
gestion ou leur performance et en
faisant référence à l’introduction des
technologies agroforestières
potentielles.
Les caractéristiques généralement prises en
compte sont :
 le nom du système
 localisation (avec carte si possible)
 caractéristiques écologiques
 caractéristiques socio-économiques
 utilisation de la terre
 ressources et services d’appui
 activités de développement et politique
nationale ou régionale.
1.4. Analyse des contraintes et
potentialités des SUT 
Au niveau de cette étape, on procède à l’analyse
des besoins et priorités du paysan afin de voir
comment ceux-ci sont atteints (réalisés) dans
son système d’exploitation actuelle.

La performance du système est ainsi évaluée en


comparant les niveaux actuels d’outputs aux
potentiels bio-physique et socio-économique des
ressources existantes. L’analyse des contraintes
est basée sur l’identification des problèmes
présents ou futurs que fait face ou ferait face un
chef d’exploitation.
L’analyse des contraintes permet aussi de
discriminer celles-ci en contraintes pouvant
faire l’objet d’interventions et en contraintes
dites fixes pour lesquelles il n’y a pas
d’interventions appropriées.
Ces dernières seront considérées
comme des paramètres au sein
desquels les interventions s’opéreront.
Pour les contraintes pouvant faire
l’objet d’intervention, l’accent sera mis
en particulier sur celles pour lesquelles
les interventions / technologies
agroforestières constituent une
alternative.
1.5. Identification des technologies
agroforestières prometteuses
Des interventions sont identifiées et évaluées
en termes de leur pertinence à pallier ou
solutionner les contraintes identifiées et
d’avoir un impact positif durable sur les SUT.

Dans un premier temps toutes les


interventions possibles sont répertoriées,
qu’elles soient d’ordre agronomique,
forestier, agroforestier, etc.
• Chaque alternative est ensuite évaluée en
fonction de son potentiel technique, les
ressources des paysans, de leur capacité à
adopter cette technologie, des
infrastructures et services d’appui existants.
• Enfin un choix est fait sur les technologies
qui semblent potentiellement avantageuses.
Les interventions agroforestières ne sont
proposées que si elles ont un avantage
comparatif évident.
1.6. Définition des besoins de recherches
agroforestières 

Ces spécifications ne seront complètes


que si elles découlent des activités de
recherche en station ou au champ.
2. Le micro D & D 
• Pour chaque SUT identifié lors du
micro D & D, l’équipe d’étude détermine
les contraintes et les interventions
correspondantes. Chaque intervention
doit être accompagnée de
spécifications détaillées.
Les principaux objectifs du micro D & D sont :
• décrire et analyser un SUT en vue
d’identifier sa performance de production et
ses contraintes ;
• concevoir et évaluer des technologies à
l’adresse de ces contraintes ;
• concevoir et évaluer des programmes de
recherche pour la production et le
développement de ces technologies.
Les objectifs du micro D & D sont similaires à
ceux du macro D & D. cependant la
différence essentielle réside au niveau de
l’échelle d’étude : le macro D & D à 1 champ
d’activité large (exemple une éco-zone)
alors que le micro D & D met l’accent sur un
SUT parmi ceux identifiés lors du macro D &
D.
Les étapes suivies lors du macro D & D sont
généralement abordées au cours du micro D
& D : Ce sont le choix du SUT, la typologie
des exploitations agricoles, les
caractéristiques de ce SUT, l’analyse des
contraintes et potentialités du SUT,
conception et évaluation des technologies
agroforestières, et définition des axes de
recherche.
Une autre particularité du micro D & D est que
l’unité de base de son analyse est
l’exploitation agricole à travers des
entretiens avec le chef d’exploitation. c’est
en effet à l’issue de ces entretiens
(enquêtes) que les besoins des exploitants
sont connus et priorisés, que les
contraintes à la production sont identifiées
et les alternatives au développement du
SUT font l’objet d’une pré-évaluation.

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