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Ecole Supérieure d’Agronomie - Mostaganem

Chapitre 7: génétique Mendélienne

2eme année
Classes Préparatoires SNV

Cours de Génétique 2020/ 20201


Terminologie :
• Gène : Unité d'hérédité contrôlant un caractère
particulier. Cet élément génétique correspondant à un
segment d'ADN situé à un endroit bien précis (locus) sur
un chromosome.

• Locus : emplacement d’un gène.

• Caractère : c’est un des aspects anatomique,


physiologique, moléculaire ou comportemental, qui
peut-être observé. C’est l’expression d’un ou de
plusieurs gènes.
• Allèle : versions variables d'un même gène.
Chaque chromosome porte seulement un
allèle en un locus donné.

• Individu Homozygote : possède deux allèles


identiques pour un même gène.

• Individu Hétérozygote : possède deux allèles


différents pour un même gène.
• Génotype : Le génotype d'un individu est la
composition allélique de ses gènes.

• Phénotype : Caractères observables d'un


individu. C’est l’expression du génotype.

• Souche pure : en autofécondation successives


donne toujours les mêmes résultats (c’est des
individus Homozygote). 
1- Monohybridisme :

Ce terme est utilisé pour désigner une


expérience de croisement entre deux
individus qui ne se différent l'un de l'autre que
par un seul caractère codé par un seul gène.
Expérience de Mendel :

• Les travaux de Mendel (1822-1884) et la


publication de ses découvertes (Recherche sur
des hybrides végétaux - 1865) marquent le
début de la génétique.
• Par une démarche scientifique aujourd'hui
célèbre, intégrant l'outil statistique, Mendel
étudie la transmission de caractères chez les
végétaux.
• Il choisit la plante de pois (pisum sativum)
pour ses expériences.
• Pour comprendre la transmission d'un
caractère d'une génération à l'autre, il féconde
artificiellement deux variétés de pois de lignées
pures l'une (parent1 : P1) présentant le
caractère "graines lisses", l'autre (parent2 : P2)
présentant le caractère "graines ridées".
P1 P2

F1
100% Lisse
Résultats du croisement P1 x P2 :

• La descendance obtenue (F1) ne possède que


des graines lisses (100% graines lisses).
• Mendel poursuit l'expérience en réalisant
l'autofécondation de la génération F1 (c'est-à-
dire : F1 x F1).
P1 P2

F1 Autofécondation
100% Lisse

F2

25% Ridés 75% Lisses


Résultats du croisement F1 x F1 :
• La descendance obtenue (F2) est composée
de:
75% de "graines lisses"
25% de "graines ridées"

(réapparition du caractère "graines ridées" dans


la descendance F2).
• Dans la mesure où le caractère varie sous la
forme de deux phénotypes distincts et
opposés (lisse et ridée), il peut paraitre
logique de leur associer deux facteurs
héréditaires spécifiques et distincts (L et l).
• L’un des deux phénotypes disparait en F1, cela
peut être expliqué en observant la F2 si on
considère qu’en réalité le phénotype récessif
et son facteur ne sont que masqués puisqu’ils
réapparaissent dans un quart des descendants
de la génération F2.
• Mendel tire alors son hypothèse de
Dominance-Récessivité sur les facteurs
transmis à la F1 : un allèle lisse et un allèle
ridée ont été transmis à chaque individu de la
génération F1, mais puisque l’allèle L [lisse] est
dominant sur l’allèle l [ridée] tous les individus
de la F1 sont de génotype Ll et donc de
phénotype [lisse].
Tableau de Punnett

½L ½ l
½L ¼ LL ¼ Ll
[lisse] [lisse]
½ l ¼ Ll ¼ ll
[lisse] [ridée]
• A partir de là on peut se demander comment
Mendel explique les rapports phénotypiques
3 : 1 (ou 3/4 : 1/4 ou 75%, 25%)
• Mendel émit l’hypothèse que les allèles L
[lisse] et l [ridée] des hétérozygotes F1 Ll
[lisse] ségrégent (se séparent) au hasard dans
les gamètes. Si la fécondation associe
aléatoirement les gamètes de la F1, alors le
rapport 3 : 1 (ou 3/4 : 1/4) doit être obtenu.
½L ½ l
½L ¼ LL ¼ Ll
[lisse] [lisse]
½ l ¼ Ll ¼ ll
[lisse] [ridée]
Les principes de Mendel :
• Les facteurs héréditaires sont organisés par
paires : les caractères génétiques dépendent
de facteurs génétiques présents par paires
(deux allèles) au sein des organismes
diploïdes.
• Principe de dominance : lorsque, pour un
caractère, les deux facteurs (les deux allèles)
présents chez un individu sont différents, l’un
est dominant vis-à-vis de l’autre qui est dit
récessif, de sorte que le phénotype résultant
ne dépond que de la présence du facteur
dominant.
• Ségrégation égale : durant la gamétogenèse,
les deux exemplaires du facteur génétique (les
deux allèles) impliqué dans le caractère sont
séparés, ou ségrégés, au hasard, de telle sorte
que chaque gamète a une chance égale (soit
de ½) de recevoir l’un ou l’autre facteur.
Le test-cross dans l’analyse d’un
caractère :

• Les plants F2 de phénotype dominant [lisse]


peuvent avoir le génotype LL ou Ll, existe-t-il un
moyen de les distinguer puisqu’ils partagent un
phénotype identique ?

• Mendel trouva un moyen simple : le test-cross


(test de croisement). L’individu de phénotype
dominant mais de génotype inconnu est croisé avec
un individu homozygote de phénotype récessif.
Deux résultats possibles :
• 1er cas : si le résultat du croisement entre
l’organisme de phénotype dominant avec
l’organisme de phénotype récessif donne une
descendance homogène de phénotype
dominant, alors on conclu que le génotype
utilisé est homozygote (LL dans notre
exemple).
• 2eme cas : si le résultat du croisement entre
l’individu de phénotype dominant et l’individu
de phénotype récessif donne une
descendance hétérogène composée de 50%
phénotype dominant et 50% phénotype
récessif, alors on conclu que le génotype
utilisé est hétérozygote (Ll dans notre
exemple).
2-Dihybridisme et assortiment
indépendant
• Mendel entreprit, comme une extension
naturelle des croisements concernant un seul
caractère (monohybridisme), des croisements
désignés sous le terme de Dihybridisme car
impliquant simultanément deux caractères,
donc deux paires de facteurs alléliques.
• Exemple : si une variété pure de pois qui porte
des graines jaunes et lisses est croisée avec
une variété pure qui porte des graines vertes
et ridées, alors on observe les résultats
suivants :
¼ JL ¼ Jl ¼ jL ¼ jl

¼ JL 1/16 1/16 1/16 1/16


JJLL JJLl JjLL JjLl
[Jaune, Lisse] [Jaune, Lisse] [Jaune, Lisse]
[Jaune, Lisse]

¼ Jl 1/16 1/16 1/16 1/16


JJLl JJll JjLl Jjll
[Jaune, Lisse] [Jaune, Ridée] [Jaune, Lisse] [Jaune, Ridée]

¼ jL 1/16 1/16 1/16 1/16


JjLL JjLl jjLL jjLl
[Jaune, Lisse] [Jaune, Lisse] [Verte, Lisse] [Verte, Lisse]

¼ jl 1/16 1/16 1/16 1/16


JjLl Jjll jjLl jjll
[Jaune, Lisse] [Jaune, Ridée] [Verte, Lisse] [Verte, Ridée]
• Les individus de la génération F1 sont tous des
plants dont les graines sont jaunes et lisses, ce
qui permet de conclure que les allèles vert et
ridé sont récessifs (car ils sont masqués), et
que les allèles jaune et lisse sont dominants.
L'autofécondation des plants F1 issus de ces
graines donne la génération F2 dans laquelle
on observe approximativement les
proportions phénotypiques suivantes :

• 9/16 de [jaune, lisse] [dominant1, dominant2]


• 3/16 de [jaune, ridé] [dominant1, récessif2]
• 3/J6 [vert, lisse] [récessif1, dominant2]
• 1/16 de [vert, ridé] [récessif1, récessif2]
Une variante de ce croisement où l'un des parents a
des graines jaunes mais ridées alors que l'autre a des
graines vertes mais lisses.

[Jaune, Ridée] [Verte, Lisse]


X jj LL
JJ ll

Malgré le changement des phénotypes des parents les résultats sont


identiques.
Loi de l'assortiment indépendant
• Lors de la gamétogenèse, les deux allèles de chaque
gène indépendant (gènes non liés) se répartissent
au hasard et indépendamment dans les gamètes.

• Cela signifie que quel que soit l’exemplaire allélique


reçu pour un gène, cela n’a aucune influence sur
l’exemplaire allélique reçu pour un autre gène.

• Aussi, l’assortiment indépendant conduit à la


conclusion que toutes les combinaisons d’allèle sont
possibles avec une égale probabilité ou fréquence.
Lois de probabilité et événements
génétiques 
Une probabilité peut prendre une valeur entre
deux extrêmes :

-La valeur zéro (0), quand il s’agit d’un


événement dont on est certain qu’il n’arrivera
pas,
-La valeur un (1), quand il s’agit d’un événement
dont on est certain qu’il va survenir.
Loi du produit des probabilités :
• Cette loi stipule que la probabilité de
l'occurrence simultanée de deux, ou plus de
deux, événements indépendants est égale au
produit des probabilités de l'occurrence de
chacun d'entre eux.
• Deux événements ou plus, sont indépendants
entre eux si l'occurrence de l’un n'affecte en
aucune manière l'occurrence de l'autre.
• Exemple : pour calculer la probabilité en jetant
deux fois un Dé d’obtenir deux fois de suite un
(4) nous appliquons la règle du produit : la
probabilité d’obtenir un (4) au premier coup est
1/6 et celle d’obtenir un (4) au second coup est
aussi 1/6 ; donc la probabilité d’obtenir un (4)
deux fois de suite (obtenir 4 au premier coup et
obtenir 4 au second coup) est : 1/6 X 1/6 = 1/36.

• Le mot clé qui indique qu’il convient d’appliquer


la règle du produit est « et ».
Loi de la somme des probabilités :
• La loi de la somme des probabilités stipule que
la probabilité d'un événement singulier qui
peut être obtenu de plusieurs façons
différentes et mutuellement exclusives est
égale à la somme des probabilités avec
laquelle cet événement est réalisé selon
chacune de ces façons.
• Exemple : pour calculer la probabilité en
jetant une seule fois un Dé d’obtenir soit un
(2) soit un (5), nous appliquons la règle de la
somme : la probabilité d’obtenir un (2) est 1/6,
la probabilité d’obtenir un (5) est 1/6 ; la
probabilité d’obtenir un (2) ou d’obtenir un (5)
est : 1/6 + 1/6 = 2/6 = 1/3.

• Le mot clé qui indique qu’il convient


d’appliquer la règle de la somme est « ou ».
Les probabilités conditionnelles 
II arrive que l'on soit amené à calculer la
probabilité d'un événement dont l'occurrence
est conditionnée par celle d'un autre
événement, de sorte que les deux
événements sont dépendants l'un de l'autre.
Dans sa formulation simple, on souhaite
calculer la probabilité qu'on désignera par pc
d'un événement E1 sachant qu'une condition
particulière dont dépend cet événement et
qu'on désignera par E2 a été réalisée.
Pour calculer pc il faut :

• d'une part, considérer la probabilité de


l'événement E1 indépendamment de E2,

• d'autre part, considérer la probabilité de


l'événement de la condition particulière, soit E2,
qui inclut E1 mais indépendamment de E1.
pc = P(E1) / P(E2)

Pour pouvoir appliquer cette loi, l’événement E1 doit


appartenir à l’ensemble E2 
E1⊂ E2
Exemple 1 monohybridisme:
• calculer la probabilité en F2 d’obtenir un plant
de génotype hétérozygote à condition d’être
de phénotype [Lisse].
Exemple 2 Dihybridisme:
• a-Calculer la probabilité en F2 d’obtenir un
plant de génotype double hétérozygote à
condition d’être de phénotype [jaune].

• b-Calculer la probabilité en F2 d’obtenir un


plant de génotype double hétérozygote à
condition d’être de phénotype [jaune, lisse].