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Université de Saint Etienne : licence ACOFI

programme pour les universités de Rabat, Casablanca et Settat

Dominique MAVRIDORAKIS

Expert-comptable
Commissaire aux comptes honoraire

05/26/2021 Dominique MAVRIDORAKIS, licence ACOFI Franco-Marocaine 1


Du résultat comptable au résultat fiscal

INTRODUCTION
Quoi ? Qui ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Quelles différences entre résultat comptable et résultat fiscal ?


Qui les décide ?
Où matérialiser ces écarts ?
Quand faut-il les exprimer ?
Pourquoi des différences entre résultat comptable et résultat fiscal ?
NB : les taux et limites indiqués pour l’IS sont valables jusqu’au exercices clos le 31/12/2020 inclus

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Du résultat comptable au résultat fiscal

Quelles différences entre résultat comptable et résultat fiscal ?


• Des réintégrations (ajouter au résultat comptable
• Des déductions ( diminuer du résultat comptable
Qui les décide ?
Le droit fiscal, qui se démarque du droit commercial et du droit comptable : autonomie des législations
Où matérialiser ces écarts?
• Sur la déclaration 2058
Quand faut-il les exprimer ?
• À la clôture de l’exercice, dans des délais impératifs
Pourquoi des différences entre résultat comptable et résultat fiscal ?
• Pour orienter la politique économique
• Pour « limiter les abus »
• Pour éviter les doubles taxations
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Du résultat comptable au résultat fiscal

PLAN DE LA SEANCE 2

• 1 – LES REINTEGRATIONS

Charges non admises en déduction du résultat fiscal


Quote part de résultats réalisés dans certaines entreprises
Régimes d’impositions différées
Ecarts de valeurs
Réintégrations diverses
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Du résultat comptable au résultat fiscal

• 2- LES DEDUCTIONS

Quote part de résultats réalisés dans certaines entreprises


Provisions et charges à payer antérieurement taxées
Régimes d’impositions différées
Mesures d’incitation
Ecarts de valeurs
Déductions diverses
Calcul du résultat fiscal et gestion des reports déficitaires

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Du résultat comptable au résultat fiscal
• Le passage du résultat comptable au résultat fiscal se fait, matériellement,
à l’aide des tableaux 2058 A, et B de la liasse fiscale de déclaration des
résultats annuels, tant pour le régime BIC que pour le régime IS.
• Les règles sont en grande majorité les mêmes pour les deux types
d’imposition
• Mais attention, il y a quelques divergences qui constituent des pièges à
éviter
• En partant de la case WA qui reprend le résultat comptable, il faut
cheminer entre les diverses réintégrations puis déductions…nous allons
découvrir comment. Bonne route !

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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
• Charges non admises en déduction du résultat
• Spécifiques aux entreprises soumises à l’impôt sur le revenu : la rémunération
du travail de l’exploitant. CASE WB Pourquoi ?

• Parce que dans ce régime, le bénéfice taxable à l’impôt sur le revenu au titre des BIC
(bénéfices industriels et commerciaux) est conditionné par la nature juridique de ce mode de
fonctionnement : la base imposable est la différence entre les produits et les charges, hors
rémunération puisque le chef d’entreprise n’est ni salarié, ni mandataire social. Le bénéfice
est par définition la rémunération cumulée du capital et du travail. En l’absence de bénéfice
(perte) il n’y a rémunération ni de l’un ni de l’autre, alors que dans une société, il y a
dissociation entre le patrimoine de l’entreprise et le patrimoine des associés.

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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Charges non admises en déduction du résultat (1/2)

• La chasse aux frais généraux excessif : la France Fiscale fait la chasse aux exagérations !
ART 39-4 du CGI CASE XE
• Les avantages personnels : le chef d’entreprise est supposé « tenté d’exagérer »
• Les amortissements « excédentaires » : ou pourquoi la France est incapable de produire une voiture de luxe…
• Les charges et dépenses somptuaires
• La TVS

• Provisions et charges à payer non déductibles CASE XW : deux cas de figures


• Ou la charge n’est pas déductible, sa provision (ou charge à payer) ne l’est pas non plus
• Ou l’anticipation de la charge n’est pas déductible (provision ou charge à payer) et il faut attendre la charge
définitive, pour déduire du résultat…il s’agit d’un décalage dans le temps, à gérer avec soin

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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Charges non admises en déduction du résultat (2/2)

• Charges financières (excessives) : même motivation ART 223 B CASE XZ

• Amendes et pénalités : politique de répression de la fraude. Il s’agit donc de punir les


déviances en taxant leurs pénalisation

• Réintégrations prévues à l’article 155 du CGI CASE XY il s’agit d’exceptions que je laisse
volontairement de côté pour ne pas compliquer.

• L’impôt sur les sociétés lui-même CASE I7

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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Quote part de résultats réalisés dans certaines entreprises
CASE K7
• Il s’agit de corriger la date de prise en compte du résultat réalisé par une
société « transparente » dans laquelle vous êtes associé
• Exemple : la société S soumise à l’IS détient 25 % du capital d’une SCI F non
soumise à l’IS; nous sommes au 31/12/N. F a réalisé un bénéfice de 10 000 €.
La fraction revenant à S est de 2 500 €. Comptablement, il faut attendre la
décision d’affectation du bénéfice par l’assemblée qui statuera en N+1, car
juridiquement ce profit n’est acquis qu’à cette date. Fiscalement il faut
l’anticiper au 31/12/N chez S.
• Cela se fait sur la déclaration 2058 A case WL
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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Régimes d’impositions différées

• Moins values nettes à long terme : elles diminuent le résultat comptable.


On les rajoute fiscalement pour rétablir la base taxable au taux normal,
puisque de leur côté elles ont un régime dérogatoire. On le verra dans la
séance 3. CASE I8 ou ZN
• Fraction imposable des plus-values réalisées au cours d'exercices antérieurs :
ces plus values n’ont pas été totalement taxée lors de l’exercice de
réalisation. En N+… on en rajoute la fraction prévue par les texte au résultat
de l’exercice, et ce jusqu’à la fin de la période visée par le texte concerné.
WN ou WO
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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Ecarts sur valeurs liquidatives d’OPCVM
CASE XR

• Le principe de prudence interdit d’intégrer dans le résultat comptable des profits


latents, donc des plus values non encore réalisée sur des instruments financiers
(valeurs mobilières de placement)

• Le droit fiscal se moque de la prudence, et appréhende les plus values latentes


sur ces valeurs mobilières. Il faut, case XR de la 2058 A indiquer la différence de
valeur entre pris d’acquisition de ces titres et leur valeur sur le marché au
31/12/N
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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Réintégrations diverses
CASE WQ

• Intérêts excédentaires CASE SU: Pour éviter une rémunération excessive des comptes courants
de sociétés liées dans un groupe, le législateur n'admet leur déductibilité, quelle que soit la forme de la
société, que dans une certaine
limite pour la détermination du résultat fiscal (article 39 1-3° du Code général des impôts).

• Déficits étrangers antérieurement déduit par les PME CASE SX(art.209 C)


Il s’agit d’un dispositif d’encouragement à l’implantation à l’étranger. Un déficit lors d’une implantation à
l’étranger peut être déduit par une PME, mais si ultérieurement des bénéfices sont réalisés, alors le déficit
initialement déduit doit être progressivement compensé par les bénéfices ultérieurs

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SEANCE 2 : LES REINTEGRATIONS
Réintégrations diverses

• Zones d'entreprises (activité exonérée) CASE SW : il existe des dispositifs destinés


à redynamiser des secteurs géographiques en difficultés économiques.
Ces dispositifs permettent l’exonération totale des bénéfices tirés de l’activité dans ces zones. Puis une
exonération partielle pendant d’autres exercices. Il faut alors réintégrer la part non exonérée dans le
résultat fiscal des exercices concernés.

• Quote-part de 12 % des plus-values à taux zéro CASE M8: comme nous le


verrons en séance 3, les plus values sur titres de participation détenus depuis au moins 2 ans sont
exonérées, sauf pour une fraction de 12 % desdites plus values. Cette fraction est réintégrée case M
8

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SEANCE 2 : LES DEDUCTIONS
Pour beaucoup d’entre elles, les déductions sont la réciproque, décalée
dans le temps, ou décalée dans le principe, par rapport aux
réintégrations

Case WT : Quote-part dans les pertes subies par une société de


personnes ou un G.I.E. c’est la réciproque de la réintégration opérée dans la case WL
Case WU : Provisions et charges à payer non déductibles,
antérieurement taxées, et réintégrées dans les résultats comptables de
l'exercice (cf. tableau 2058-B, cadre III) c’est la réciproque de certaines réintégration
figurant à la case WI

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SEANCE 2 : LES DEDUCTIONS
Régimes d'imposition particuliers et impositions différées

• Plus-values nettes à long terme : puisqu’elles ne sont pas taxée au taux normal, il
faut les éliminer du résultat normal. Pour cela on utilise les cases WU, WV, WH, WP, WW, XB, I6

• Fraction des plus-values nettes à court terme de l'exercice dont


l'imposition est différée WZ : il est possible, chez les BIC de ne pas supporter le poids
d’une plus value à court terme sur seulement son exercice de constatation. Cette case est donc la
réciproque ultérieure de la case WN

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SEANCE 2 : LES DEDUCTIONS
• Régime des sociétés mères et des filiales : Produit net des actions et parts
d'intérêts case XA. C’est la réciproque de la case 2A. Il s’agit de traiter dans ces deux cases le régime
dit « des sociétés mères et filiales » destiné à éviter de taxer deux fois, le bénéfice réalisé dans une filiale et
dans sa mère, pour cette dernière, du fait du dividende que sa fille lui distribue. En effet ce dividende est la
fraction de bénéfice réalisé que la fille lui reverse.

• quote-part des frais et charges restant imposable, à déduire des produits nets
de participation. C’est donc la suite du traitement du dispositif décrit ci-dessus : tout le dividende n’est
pas exonéré…l’Etat a besoin d’argent, et impose donc, au taux normal, une fraction de 5% du dividende
distribué.

• La déduction NETTE pratiquée case XA n’est donc que de 95% du dividende


reçu par la mère
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SEANCE 2 : LES DEDUCTIONS
Mesures d'incitation
Cette partie du 2058 A est destinée à traiter l’ensemble des dispositifs particuliers visant à réguler
l’économie. Pour l’essentiel il s’agit

De conférer un allègement temporaire : CASE XD majoration d’amortissement

De « booster » l’économie d’un territoire qui en a besoin,


soit en incitant à y faire des investissements : CASE ZY investissements outre-mer
soit en y incitant à s’y implanter pour développer une activité économique CASES K9 à PC
Par le biais d’exonération ou d’abattement sur les bénéfices

Ces dispositifs sont trop complexes pour être étudiés en détails dans le temps imparti.
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SEANCE 2 : LES DEDUCTIONS
• Ecarts de valeurs liquidatives sur OPCVM (entreprises à l'IS) : CASE XS
c’est la réciproque de la case XR mais en déduction l’année suivante (on déduit en N+ la somme
que l’on a réintégré en N) Il est donc nécessaire d’assurer un suivi rigoureux au fil du temps.

• Déductions diverses à détailler sur feuillet séparé : comme toujours il faut


laisser de la place à ce que l’on n’a pas prévu de mettre ailleurs. C’est l’objet de la case XG.
• De ce fait, il faut préciser dans une annexe le détail de ce que l’on enlève au bénéfice
comptable de l’exercice.
• Deux cases sont consacrées à des dispositifs spéciaux :
• Déduction exceptionnelle pour investissement case X9
• Créance dégagée par le report en arrière de déficit : dispositif aujourd’hui limité CASE ZI

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SEANCE 2 : LES DEDUCTIONS
Cas des crédits d’impôts :

• Certains d’entre eux constituent des produits NON taxables ET des


crédits d’impôt : c’est le cas du CREDIT IMPOT FORMATION DU
DIRIGEANT. On diminue donc le résultat imposable, CASE XG, et on
utilise le crédit pour payer son impôt

• D’autres (mécénat) sont imposables : il faut donc réintégrer la charge


déduite. En revanche de crédit d’impôt permet de payer une fraction
de l’impôt dû (comme un acompte) CASE WQ
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SEANCE 2 : LE CALCUL DU RESULTAT
FISCAL ET SES CORRECTIONS
• CASE XI : BENEFICE FISCAL = WR – XH si WR > XH
• CASE XJ : PERTE FISCALE = WR – XH si XH < WR

• Ensuite le résultat de l’exercice peut être corrigé


• S’il est bénéficiaire, par l’imputation des déficits antérieurs, sauf pour les ENTREPRISES
INDIVIDUELLES BIC puisque ce déficit c’est déjà déduit des revenus du chef d’entreprise et a donc
été transféré dans son enveloppe PRIVEE d’IRPP.
• S’il est déficitaire, par le report en arrière de ce déficit (dans les conditions indiquées en annexe)

• On obtient ainsi case XN le bénéfice fiscal définitif de l’exercice


• Ou case XO la perte fiscale définitive, qu’il faudra suivre dans le temps pour l’imputer sur
les bénéfices futurs

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SEANCE 2 : LE CALCUL DU RESULTAT
FISCAL ET SES CORRECTIONS

EXEMPLES CONCRETS :
CAS DE LA SOCIETE AE
CAS DE LA SOCIETE AR

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Université de Saint Etienne : licence ACOFI
programme pour les universités de Rabat, Casablanca et Settat

MERCI DE VOTRE ATTENTION !

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