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Comptabilité analytique

M.Ngom
Chargé d’enseignements en techniques
quantitatives de gestion
dans le groupe ISM
Contacts: 77 216 00 97
Email: ngomanager@gmail.com
Généralités sur la CAGE
Pourquoi étudier la comptabilité analytique?
La comptabilité analytique ou comptabilité de
gestion est un ensemble de techniques de
calcul et d’analyse de coûts.
Généralités sur la CAGE
Ces coûts sont étudiés pour:
• Déterminer les composantes du prix de vente
• Calculer le coût des différentes fonctions : approvisionnement,
fabrication, distribution
• Déterminer quels sont les produits, les activités, les secteurs, les
clients les plus rentables, les moins rentables
• Déterminer s’il faut continuer ou abandonner un produit ou une
activité
• Déterminer s’il faut accepter ou refuser une commande , ou
fabriquer soi-même ou sous-traiter
• Etablir le budget d’une division, d’un département de l’entreprise
Généralités sur la CAGE
De manière résumée, la CAGE présente 2
objectifs immédiats:
1. répartir les charges entre les différents coûts
(coût d'achat, coût de production, coût de
distribution, coût hors production, coût de
revient).
2. déterminer, pour chaque produit fabriqué,
son résultat analytique (perte ou bénéfice).
Généralités sur la CAGE
La comptabilité analytique nous apprend ainsi :
• à connaître l'importance des coûts dans le
processus de production (par exemple savoir
que le coût d'achat unitaire sur le produit A
est plus important que celui du produit B),
• à savoir qu'il existe des produits bénéficiaires
et des produits moins rentables ou
déficitaires.
Généralités sur la CAGE
L’objectif de ce module est double:
• D’une part acquérir des compétences
techniques : calculer un coût complet, un coût
variable et un seuil de rentabilité;
• D’autre part être capable d’utiliser ces
compétences techniques à bon escient , en
étant conscient de l’intérêt mais aussi des
limites des méthodes de calcul utilisées.
Plan du cours

Chapitre 1: Principes de base de la CAGE


Chapitre 2: Le calcul des coûts complets
Chapitre 3: Le coût variable et seuil de
rentabilité
Bibliographie
• Pour les bases: ouvrages de BTS Comptabilité
de gestion: exple: « comptabilité analytique
de gestion », L. Dubrule
• Pour mettre les connaissances en
perspectives: « comptabilité de gestion , coût
– contrôle », C. Simon et A. Burlaud
Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

I. Articulation avec la CG
La comptabilité générale et la comptabilité
analytique sont toutes les deux importantes
et constituent des sources d’informations sur
l’entreprise. Pour autant, elles présentent
des différences non moindres.
Tableau de comparaison
Eléments de CG CAGE
comparaison
Point de vue Obligation légale et régie par Aucune obligation mais
juridique des normes et des indispensable
règlements
Destination de Aux partenaires de Aux décideurs de
l’information l’Entreprise (associés, Etats et l’Entreprise ( managers,
CL, partenaires sociaux, responsables de
partenaires financiers….) départements, d’usines…)

Nature des Informations d’ordre général Informations détaillées


informations
Nature des flux Externes internes

Classement des Par nature Par destination


charges
Périodicité Exercice de 12 mois Période beaucoup plus
courte (le mois, le trimestre,
…)
Connotation Juridico-fiscale économique
Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

I. Articulation avec la CG
Malgré ces différences, la CAGE s’appuie
principalement sur la CG mais elle retraite
certaines informations afin d’améliorer la
pertinence des calculs de coûts. De cette façon
certaines charges de la CG ne sont pas reprises
en CAGE: on parle de charges non incorporées
Inversement, certaines charges non enregistrées
en CG peuvent être incluses dans le calcul des
coûts: on parle de charges supplétives.
Chapitre 1: Principes de base de la
CAGE
Charges de la CG Charges de la CAGE

Charges communes

Charges non incorporées Charges supplétives


Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

II. Nature des charges


Afin de pouvoir calculer des coûts, il faut
d’abord analyser les charges. On distingue:
• les charges directes des charges indirectes
• et les charges fixes des charges variables.
Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

a. Les charges directes et charges indirectes


Une charge directe est une charge qui peut être
affectée sans ambiguïté au coût d’un produit.
Une charge indirecte nécessite un calcul préalable
pour être répartie entre plusieurs produits.
NB: les charges ne sont pas directes ou indirectes
dans l’absolu mais par rapport à un produit.
Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

b. Les charges fixes et charges variables


Les charges fixes restent constantes quelque soit le volume
d’activité de l’entreprise.
Les charges variables sont fonction de l’activité de l’entreprise
NB: la distinction entre charges fixes et variables n’est pas
toujours aisée: certaines charges comprennent une
partie fixe et une autre variable. De plus les charges
variables ne sont pas exactement proportionnelles au
volume d’activité et les charges fixes ne sont fixes que
pour une variation limitée du volume d’activité.
Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

III. Typologie des coûts


Le calcul des coûts n’est pas simple car il existe une
multitude de coûts classés suivant trois paramètres:
• L’objet:
– coût par fonction économique: coût approvisionnement ,
coût de production,…
– Coût par moyen d’exploitation: coût de l’usine, d’un magasin,

– Coût par responsabilité: direction générale, direction
commerciale,…
– Coût par marché, par zone géographique
Chapitre 1: Principes de base de la CAGE

III. Typologie des coûts


• Le moment :
– coûts constatés ou coûts réels
– Coûts prévisionnels ou coûts préétablis
• Le contenu:
– Coûts complets: incorporant toutes les charges de la
comptabilité
– Coûts partiels: qui ne prennent en compte que
certaines charges (coûts variables ou coûts
spécifiques).
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

I. Présentation de la méthode
La méthode des coûts complets consiste à
intégrer l'ensemble des charges déclarées
incorporées dans des coûts calculés en
fonction de l'organisation interne de
l'entreprise, selon un schéma technique
spécifique. Un coût complet intègre des
charges directes et des charges indirectes.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

I. Présentation de la méthode
La méthode des coûts complets repose ainsi sur
la distinction entre charges directes et
charges indirectes.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

I. Présentation de la méthode
le schéma d’incorporation suivant s’impose:
Affectation
CHARGES
DIRECTES
CHARGES
INCORPORAB
COUTS
LES AUX
COUTS
CHARGES
INDIRECTES Imputation
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges directes et


indirectes
Les charges directes sont automatiquement
incorporées au coût en question alors que celles qui
sont indirectes, sont retraitées avant d’être
incorporées au dit coût.
Si cette tâche de calcul de coût est apparemment si on
est en présence de charges directes uniquement,
elle devient plus compliquée si coût comporte des
charges indirectes.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges directes


et indirectes
Il faut les distinguer, reconnaitre leur participation
aux coûts avant de procéder à leur répartition
suivant des clefs précisées.
En calcul de coûts complets, la méthode des
centres d’analyses (ou sections homogènes)
est utilisée pour l’imputation des charges
indirectes.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges


directes et indirectes
Un centre d’analyse ou section homogène est
une subdivision réelle ou fictive de
l’entreprise; il peut être un département, un
service, un atelier ou une fonction.
L’essentiel est qu’il soit un objet de calcul de
coût.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges directes et indirectes


Parmi les centres qui seront considérés, on peut en identifier 2
types:
• Les centres principaux;
• Et les centres auxiliaires.
Les 1ier correspondent aux différentes phases de l’ activité de
l’entreprise: approvisionnement, production et
distribution.
Les 2nd sont des centres qui travaillent pour la bonne marche
de ces phases.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges


directes et indirectes
La méthode des centres d’analyse implique
d’abord une première répartition des charges
indirectes au niveau de tous les centres
identifiés et par la suite une seconde
répartition s’impose avec la réallocation des
montants de charges indirectes des centres
auxiliaires aux centres principaux.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges


directes et indirectes
Une fois cette 2nd répartition terminée, on calcul
les coûts des différentes Unités d’Œuvre
(UO) qui permettront l’imputation des
charges indirectes d’approvisionnement, de
production et de commercialisation.
Chapitre 2: Le calcul des coûts complets

II- Affectation et Imputation des charges


directes et indirectes
Ces UO seront choisies de sorte qu’elles
reflètent mieux la mesure du centre; on
prend souvent des mesures réelles comme:
kg de MP achetées, Kg de MP consommées,
HMW, HMOD, F de CA,...
III- Illustration de la méthode pour une entreprise industrielle

LE COUT D'ACHAT des matières premières : prix d'achat des matières


+ charges directes d'achat
+ charges indirectes d'achat
 

STOCKAGE des matières premières


 
 
LE COUT DE PRODUCTION des produits finis : consommation de matières premières
(sortie de stock des matières)
+ charges directes de production
+ charges indirectes de production
 
 
STOCKAGE des produits finis

LE COUT DE DISTRIBUTION des produits finis vendus : charges directes de distribution


+ charges indirectes de distribution
+ charges indirectes d'administration
 
LE COUT DE REVIENT des produits finis vendus :
coût de production des produits finis vendus
(sortie de stock de produits finis)
+ coût de distribution
 
LE RESULTAT ANALYTIQUE (bénéfice ou perte) : prix de vente des produits finis
sur les produits finis vendus - coût de revient des produits finis vendus
IV- Illustration de la méthode pour une entreprise commerciale

LE COUT D'ACHAT des marchandises : prix d'achat des marchandises


+ charges directes d'achat
+ charges indirectes d'achat
 

STOCKAGE des marchandises


 
 

LE COUT DE DISTRIBUTION des marchandises vendues : charges directes de distribution


+ charges indirectes de distribution
+ charges indirectes d'administration
 
LE COUT DE REVIENT des marchandises vendues :
coût d’achat des marchandises vendus
(sortie de stock de marchandises)
+ coût de distribution
 
LE RESULTAT ANALYTIQUE (bénéfice ou perte) : prix de vente des marchandises
sur les marchandises vendues - coût de revient des marchandises
vendues
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
Contrairement à la méthode du coût complet, les coûts
partiels ne prennent pas en compte la totalité des charges.
Ils ne prennent en considération qu’une partie des charges.
Deux méthodes y sont associées :
- le coût variable
- et le coût spécifique
Le coût variable et le coût spécifique sont mobilisés en
fonction du problème de gestion à résoudre : poursuite ou
abandon d’une activité, appel ou non à la sous-traitance,
etc.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
I- La méthode du coût variable
Objectif : On mesure la contribution de chaque
objet de coûts à la couverture des charges
fixes en calculant une marge sur coût
variable.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
I- La méthode du coût variable
Seules les charges variables (qu’elles soient
directes ou indirectes) sont prises en compte
pour le calcul des coûts. La marge sur coût
variable est la différence entre le chiffre
d’affaires et le coût variable. Elle doit être
suffisante pour couvrir les charges fixes et
dégager un bénéfice.
MCV = CA – CV
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
I- La méthode du coût variable
La marge sur cout variable peut s’exprimer en %
du chiffre d’affaires, cette valeur s’appelle taux
de marge sur coût variable ou coeffient de
marge sur coût variable.
Taux MCV = MCV/CA
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
II- utilisation de la méthode du coût variable: le
tableau d’exploitation différentiel
Le résultat différentiel, présenté par variabilité,
fait ressortir:
- les marges sur coût variable
- les coefficients de marge sur coût variable
- les charges fixes
- les résultats analytiques
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable: le
seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité est une notion
relativement aisée à comprendre. Il peut
cependant être calculé de différentes
manières. C’est pourquoi, il est nécessaire de
bien préciser quelques définitions au
préalable, avant d’envisager ses extensions
sous la forme d’indicateurs de risque.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable: le seuil
de rentabilité
Définitions
Schématiquement, le chiffre d’affaires recouvre des
coûts variables, des coûts fixes et le résultat. La
différence entre le chiffre d’affaires et les seuls coûts
variables donne la « marge » (c’est-à-dire la
différence) sur coûts variables. Si cette dernière est
supérieure aux coûts fixes, elle laisse un bénéfice,
comme on peut le constater sur le schéma suivant :
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Dans le modèle du seuil de rentabilité, on
cherche à déterminer le point à partir duquel
les charges fixes sont couvertes, ce qui
correspond au moment où l’on va commencer
à dégager du profit.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable: le seuil de
rentabilité
Si nous notons par:
• p = prix unitaire
• c = coût variable unitaire
• M = marge sur coûts variables totale
• m = marge sur coût variable unitaire ; m est égal à : p – c
• CA = chiffre d’affaires
• Q = quantités produites et vendues
• CF = coûts fixes
• R = résultat
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Alors, au seuil de rentabilité on a:
MCV=CF
Et à partir de l’équation de résultat (différence
entre produits et charges variables et fixes), le
SR sera atteint lorsque ce résultat sera nul.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Autrement:
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Dans cette dernière expression, les quantités au
seuil de rentabilité (on parle aussi de « point
mort ») sont mesurées par le rapport entre les
coûts fixes et la marge sur coût variable
unitaire.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
A ces quantités au seuil de rentabilité, on peut
déterminer un chiffre d’affaires correspondant
appelé chiffre d’affaires critique. Il est donné
par:
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
III- utilisation de la méthode du coût variable:
le seuil de rentabilité
Avec t le taux de marge sur coût variable
exprimant ainsi, le pourcentage du prix de
vente qui reste à l’entreprise après avoir tenu
compte des coûts variables. Dès lors, la marge
sur coûts variables totale est égale à :
M = t × CA
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
a) La marge de sécurité
☞ La marge de sécurité (notée MS) se définit
étant comme la différence entre le chiffre
d’affaires annuel et le seuil de rentabilité (noté
SR) exprimé en chiffre d’affaires (noté CA), soit
: MS = CA - SR
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
b) L’indice de sécurité
Si l’on rapporte la marge de sécurité au chiffre
d’affaires global, on obtient un « indice de
sécurité » (noté IS), soit :
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
b) L’indice de sécurité
Une autre formulation est également
envisageable :
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
b) L’indice de sécurité
En simplifiant par P, le prix unitaire, on obtient :

L’une ou l’autre expression sera employée


suivant le contexte du problème.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
c) L’indice de prélèvement
☞ L’indice de prélèvement (noté IP) représente
le pourcentage de chiffre d’affaires permettant
de couvrir les charges fixes, soit :
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
d) Le coefficient de volatilité, ou levier
opérationnel (LO)
☞ Le levier opérationnel exprime le pourcentage
de variation du résultat obtenu, pour une
variation en pourcentage du chiffre d’affaires.
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
IV- Le seuil de rentabilité et indicateurs de
gestion
d) Le coefficient de volatilité, ou levier
opérationnel (LO)
Il est donné par:
Chapitre 3: Les coûts partiels et seuil de
rentabilité
V- La méthode du coût spécifique
Cette méthode se situe à mi-chemin entre la méthode du
coût complet et de la méthode du coût variable.
Le coût spécifique est constitué :
- du coût variable (charges directes et indirectes)
- et des charges fixes directes (ou charges fixes
spécifiques).
La marge sur coût spécifique (MCS) est la différence entre la
MCV et les charges fixes spécifiques :
MCS = MCV – Charges fixes spécifiques