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La incomprensión

(pp. 77-79)
(vv. 581-595)
FEDRA
PHÈDRE, à OEnone, dans le fond du théâtre.
Hacia mi corazón mi sangre se retira.
581. Le voici : vers mon coeur tout mon sang se retire.
Héle aquí. Olvido ya lo que vine a decirle.
J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire.
ENONA
OENONE.
Acordáos de un hijo que solo en vos espera
Souvenez-vous d'un fils qui n'espère qu'en vous.
FEDRA
PHÈDRE Dicen, Señor, que en breve de aquí os alejaréis.
On dit qu'un prompt départ vous éloigne de nous, A vuestras amarguras, vengo a sumar mis lágrimas.
585 Seigneur. A vos douleurs je viens joindre mes larmes;
Vengo, en favor de un hijo, mi inquietud a explicaros.
Je vous viens pour un fils expliquer mes alarmes. Mi hijo perdió a su padre, y el día no está lejos,
Mon fils n'a plus de père; et le jour n'est pas loin Que también de mi muerte deba hacerlo testigo.
Qui de ma mort encor doit le rendre témoin. Ya miles de enemigos atacan a su infancia,
Déjà mille ennemis attaquent son enfance : Tan sólo vos podéis asumir su defensa.
590 Vous seul pouvez contre eux embrasser sa défense.
Pero un remordimiento secreto me perturba.
Mais un secret remords agite mes esprits : Tiemblo de haber cerrado vuestro oído a sus quejas.
Je crains d'avoir fermé votre oreille à ses cris; Tiemblo de que sobre él vuestro justo rencor
Je tremble que sur lui votre juste colère A una madre execrable persiga prestamente.
Ne poursuive bientôt une odieuse mère.
HIPÓLITO
HIPPOLYTE. Señora, yo no tengo tan bajos sentimientos
595Madame, je n'ai point des sentiments si bas.
vv 596-614 pp. 79-81

PHÈDRE. FEDRA
Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas. Seigneur : No me lamentaría, aunque me detestarais,
vous m'avez vue attachée à vous nuire; Señor. Vos me habéis visto consagrada a dañaros,
Dans le fond de mon coeur vous ne pouviez pas lire. Mas en mi corazón no podíais leer.
A votre inimitié j'ai pris soin de m'offrir : A vuestra enemistad me ocupé de ofrecerme.
600 Aux bords que j'habitais je n'ai pu vous souffrir; Allí donde habitaba, soportaros no pude.
En public, en secret, contre vous déclarée, En público, en secreto, contra vos decidida,
J'ai voulu par des mers en être séparée; Quise que a vos y a mí nos separase el mar.
J'ai même défendu, par une expresse loi, Hasta llegué a prohibir, por una ley expresa,
Qu'on osât prononcer votre nom devant moi. Que osaran pronunciar ante mí vuestro nombre.
605 Si pourtant à l'offense on mesure la peine, Empero, si en la ofensa se mide la sanción,
Si la haine peut seule attirer votre haine, Si el odio sólo puede vuestro odio atraer,
Jamais femme ne fut plus digne de pitié, Jamás hubo mujer más digna de piedad
Et moins digne, Seigneur, de votre inimitié. Y también menos digna de que la aborrecierais.

HIPPOLYTE. HIPÓLITO
Des droits de ses enfants une mère jalouse Una madre celosa del bien de sus pequeños,
610 Pardonne rarement au fils d'une autre épouse: Madame, Al hijo de otra esposa perdona raramente.
je le sais : les soupçons importuns Señora, yo lo sé. La importuna sospecha
Sont d'un second hymen les fruits les plus communs. Es el fruto común de un segundo himeneo.
Toute autre aurait pour moi pris les mêmes ombrages Otra cualquiera hubiese sentido igual zozobra
Et j'en aurais peut-être essuyé plus d'outrages. Y yo hubiera sufrido más ultrajes tal vez.
p. 81

vv. 615-622

FEDRA FEDRA
615 Ah, Seigneur! que le ciel, j'ose ici l'attester, ¡Ay, Señor, ante vos me atrevo a atestiguarlo,
De cette loi commune a voulu m'excepter! El Cielo, de esa ley ha querido exceptuarme!
Qu'un soin bien différent me trouble et me dévore! ¡Qué desazón distinta me turba y me devora!

HIPPOLYTE. HIPÓLITO
Madame, il n'est pas temps de vous troubler encore: Señora, no es aún la ocasión de turbaros.
Peut-être votre époux voit encore le jour; Vuestro esposo quizás ve aún la luz del día;
620 Le ciel peut à nos pleurs accorder son retour.
El Cielo a nuestras lágrimas puede otorgar su vuelta.
Neptune le protège; et ce dieu tutélaire
Ne sera pas en vain imploré par mon père.
Lo protege Neptuno, y ese dios tutelar
No será estérilmente por mi padre implorado.
La sustitución
Vv623 -633 p. 81

PHÈDRE. FEDRA
On ne voit point deux fois le rivage des morts, No se ve la ribera de los muertos dos veces,
Seigneur : puisque Thésée a vu les sombres bords, Señor. Y si Teseo vio las sombrías márgenes,
625 En vain vous espérez qu'un dieu vous le renvoie; Vanamente esperáis que un dios os lo devuelva.
Et l'avare Achéron ne lâche point sa proie. No se arranca la presa del avaro Aqueronte.
Que dis-je?il n'est point mort, puisqu'il respire en vous ¿Qué digo? No murió, puesto que en vos respira.
Toujours devant mes yeux je crois voir mon époux: Ante mis ojos, siempre creo ver a mi esposo.
Je le vois, je lui parle; et mon coeur... Je m'égare, Yo lo veo… le hablo… mi corazón… me pierdo,
630 Seigneur; ma folle ardeur malgré moi se déclare. Señor; mi pasión loca pese a mí se declara.

HIPPOLYTE. HIPÓLITO
Je vois de votre amour l'effet prodigieux : Veo de vuestro amor el prodigioso efecto.
Tout mort qu'il est, Thésée est présent à vos yeux; Aunque muerto, Teseo se presenta ante vos;
Toujours de son amour votre âme est embrasée. Vuestra alma por su amor sigue siempre encendida
pp. 81-83
Vv 634-663

FEDRA
PHÈDRE
Sí, languidezco y ardo, Príncipe, por Teseo.
Oui, Prince, je languis, je brûle pour Thésée :
Lo amo, mas no tal cual los infiernos lo han visto, 635
635 Je l’aime, non point tel que l’ont vu les enfers,
Adorador versátil de mil enamoradas,
Volage adorateur de mille objets divers,
Que del Dios de los muertos va a deshonrar el tálamo,
Qui va du dieu des morts déshonorer la couche ;
Sino fiel, orgulloso, y hasta un poco bravío,
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Joven, encantador, dueño de corazones,
Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi,
Como a los Dioses pintan, o como os veo a vos. 640
640 Tel qu’on dépeint nos dieux, ou tel que je vous voi.
Tenía vuestro porte, vuestro hablar, vuestros ojos,
Il avait votre port, vos yeux, votre langage ;
Vuestro noble pudor coloreaba sus rasgos,
Cette noble pudeur colorait son visage,
Cuando de nuestra Creta cruzó los oleajes,
Lorsque de notre Crète il traversa les flots,
Digno de ser amado por las hijas de Minos.
Digne sujet des vœux des filles de Minos.
¿Qué hacíais vos entonces? ¿Y por qué, sin Hipólito, 645
645 Que faisiez-vous alors ? Pourquoi, sans Hippolyte,
A la flor convocó de los héroes de Grecia?
Des héros de la Grèce assembla-t-il l’élite ?
¿Por qué, en exceso joven, entonces no pudisteis
Pourquoi, trop jeune encor, ne pûtes-vous alors
Entrar en el navío que lo dejó en mis playas?
Entrer dans le vaisseau qui le mit sur nos bords ?
Hubierais dado muerte vos al monstruo de Creta,
Par vous aurait péri le monstre de la Crète,
Pese a los escondrijos de su vasto refugio. 650
650 Malgré tous les détours de sa vaste retraite :
Para desenredar su camino complejo,
Pour en développer l’embarras incertain,
Mi hermana os armaría con el hilo fatal.
Ma sœur du fil fatal eût armé votre main.
Mas no, pues yo la hubiera con tal fin precedido;
Mais non : dans ce dessein je l’aurais devancée ;
El amor me lo hubiera sugerido en seguida.
L’amour m’en eût d’abord inspiré la pensée.
Soy yo, Príncipe, yo, la que debió ayudaros, 655
655 C’est moi, Prince, c’est moi, dont l’utile secours
A aprender los recodos dentro del Laberinto.
Vous eût du Labyrinthe enseigné les détours.
¡Cómo hubiera cuidado vuestra dulce cabeza!
Que de soins m’eût coûtés cette tête charmante !
Poco sería un hilo, para quien os amaba.
Un fil n’eût point assez rassuré votre amante :
Compañera del riesgo que debíais buscar,
Compagne du péril qu’il vous fallait chercher,
Yo, delante de vos, hubiera caminado, 660
660 Moi-même devant vous j’aurais voulu marcher ;
Y Fedra, al Laberinto descendida con vos,
Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue
Habríase con vos encontrado o perdido.
Se serait avec vous retrouvée, ou perdue.
HIPPOLYTE HIPÓLITO
Dieux ! Qu’est-ce que j’entends ? Madame, oubliez-vous ¡Oh, Dioses! Pero ¿qué oigo? ¡Qué, Señora! ¿Olvidáis
Que Thésée est mon père, et qu’il est votre époux ? Que Teseo es mi padre, y además vuestro esposo?
   
PHÈDRE FEDRA
665 Et sur quoi jugez-vous que j’en perds la mémoire,
¿Y sobre qué juzgáis que yo no lo recuerdo,
Prince ? Aurais-je perdu tout le soin de ma gloire ? Príncipe? ¿Ya mi honor dejó de preocuparme?
   
HIPPOLYTE HIPÓLITO
Madame, pardonnez : j’avoue, en rougissant, Señora, perdonad. Confieso, confundido,
Que j’accusais à tort un discours innocent. Que acusé por error a un discurso inocente.
Ma honte ne peut plus soutenir votre vue ; Mi vergüenza no puede prolongar el miraros
670 Et je vais…
Y voy…
La declaración

p. 84
vv. 670-682

PHÈDRE. FEDRA
670 Ah, cruel! tu m'as trop entendue!
¡Ah no, cruel, demasiado entendiste!
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur. Demasiado te dije, para que te equivoques.
Eh bien! connais donc Phèdre et toute sa fureur : Conoce, pues, a Fedra y a su amor delirante.
J'aime! Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, Amo, pero no piensas que mientras que te amo,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même; Sin culpa ante mis ojos, me apruebo yo a mí misma.
675 Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ni que del amor loco que turba mi razón,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison; Mi complacencia vil alimentó el veneno.
Objet infortuné des vengeances célestes, Objeto infortunado de celestes venganzas,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes. Me aborrezco yo más de lo que me detestas.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon Los Dioses lo atestiguan, los Dioses que en mi entraña,
flanc
Encendieron el fuego fatal para mi estirpe;
680 Ont allumé le feu fatal à tout mon sang;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle Los Dioses engreídos por el triunfo cruel
De haber desorientado a una pobre mortal.
De séduire le coeur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé : Evoca tú al pasado y llámalo a tu espíritu.
C'est peu de l'avoir fui, cruel, je t'ai chassé; Fue poco huir de tí, cruel, yo te expulsé.
685 J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine; Odiosa, quise yo parecerte, inhumana,
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine. Y para resistirste, solicité tu odio.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins? ¿Y de qué me sirvieron mis esfuerzos inútiles?
Tu me haïssais plus,je ne t'aimais pas moins; Por más que tú me odiases, yo no te amaba menos.
Tes malheurs le prêtaient encor de nouveaux charmes. Te daba tu desdicha renovados encantos.
690 J'ai langui, j 'ai séché, dans les feux, dans les larmes : Me extenué, me agosté, en el fuego, en las lágrimas.
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader, Persuadido estarías, tan sólo con mirarme,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.. Si tus ojos pudieran mirarme fugazmente.
vv. 693-711

Que dis-je? cet aveu que je te viens de faire, ¿Qué hablo? ¿A la confesión que te acabo de hacer
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire? Y que tanto me humilla, voluntaria la crees?
695 Tremblante pour un fils que je n'osais trahir. Temblando por un hijo que traicionar no pude,
Je te venais prier de ne le point haïr : Venía a suplicarte que no lo detestaras.
Faibles projets d'un cœur trop plein de ce qu'il aime! Débil plan de una mente de lo que quiere llena,
Hélas! je ne l'ai pu parler que de toi-même! ¡ay! No conseguí hablarte de más que de ti mismo.
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour : Véngate, pues, de mí, castiga un amor que odias.
700 Digne fils du héros qui t'a donné le jour, Hijo digno del héroe que la vida te dio,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite. Libera al universo de un monstruo que te irrita.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte!; ¡La viuda de Teseo se atreve a amar a Hipólito!
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper Sí, ese monstruo terrible no te debe escapar.
Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper. He aquí mi corazón, debes herir aquí.
705 Impatient déjà d'expier son offense, Desesperado ya por expiar su ofensa,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance. Siento que se adelanta para enfrentar tu brazo.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups, Hiere. O, si lo juzgaras indigno de tus golpes,
Si ta haine m'envie un supplice si doux. Si tu odio me rehúsa tan deseable suplicio,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée, O si con él tu mano sangre vil rezumase,
710 Au défaut de ton bras prête-moi ton épée;
A falta de tu brazo concédeme tu espada.
Donne. Dame.