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LES PRINCIPAUX

FINANCEMENTS ET LA
GESTION DES RISQUES DE
LA PME
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

Permettre aux participants de:

-mieux appréhender les principaux aspects des différentes


formes de crédits bancaires
- proposer des crédits en adéquation avec les besoins réels
des entreprises
- réaliser l’adéquation Besoin/Type de financement
- anticiper les risques dans les prises de décisions quoti-
diennes
- assimiler la nécessité d’une gestion pragmatique et
rigoureuse des risques
- admettre et faire admettre la nécessité « d’un non » face
à certaines situations.
PLAN DE L’EXPOSE

Généralités

- Caractéristiques de la PME
- Financement de la PME et risque bancaire
- Nécessité d’adapter le financement aux besoins de
l’entreprise

Partie 1: Techniques sur les


financements haut et bas de bilan

1.1 Les financements de court terme: bas de bilan


1.2 Les engagements par signature
1.3 Les financements bancaires à moyen et long terme:
haut du bilan
1.4 La détermination des besoins et l’adéquation
besoins/financement
1.5 La constitution d’un dossier de demande de crédit
Partie 2: Le risque bancaire et sa gestion

2.1 L’activité d’intermédiation financière de la Banque


2.2 La notion de risque dans la distribution de crédit
2.3 Autres types de risque pour la Banque
2.4 Origines du risque
2.5 Analyse et prévention du risque de crédit
2.6 Synthèse globale et Prise de position

Partie 3: Les garanties dans l’espace OHADA

3.1 Les différentes formes de garanties suivant l’OHADA


- les sûretés personnelles
- les sûretés mobilières
- les hypothèques
3.2 L’adéquation des garanties à la nature du crédit .
Partie 4: La surveillance du crédit bancaire:
les clignotants d’alerte

4.1 Objectif qualité du portefeuille


4.2 Prévention des difficultés de l’entreprise durant la vie
du crédit
4.3 Réactivité
Généralités

Caractéristiques de la PME

● D’un pays à un autre, il a été toujours difficile de donner


une définition uniforme de la PME

● Nous nous contenterons d’en énumérer quelques


caractéristiques suivant différents critères
● Critères de taille

Eléments Nature

● Chiffre d’affaires Faible: Dans l’espace UEMOA, le


CA d’une PME < 100 millions

● Effectif Réduit et compatible au niveau


d’activité. Pas de norme fixe.

● Total bilan Généralement moins élevé mais


variable suivant la nature de
l’activité. Pas de norme fixe.
● Autres critères

Eléments Nature

● Le capital social Niveau faible dans l’espace


UEMOA

● Les fonds propres Généralement faibles par rapport


au niveau d’activité

● La forme juridique - Affaire personnelle


- SARL
- SARLU
- SAU
Risque bancaire dans le
financement de la PME

Au regard des caractéristiques de la PME, le finan-


cement bancaire est généralement plus risqué qu’au

niveau de la grande entreprise


● fragilité des moyens (financiers et humains)
● difficulté à faire face à la concurrence
● faiblesse dans la gestion

Nécessité pour la Banque de bien apprécier le risque


et de pouvoir dire "oui" ou "non" au chef d’entreprise

dans toute décision de crédit


● les PME recèlent toutefois d’énormes possibilités
● elles constituent dans leur masse un pôle
important de développement
● la Banque doit être imaginative et s’adapter tout
Adéquation Besoins/Financements

Nécessité pour la Banque de réaliser une adéquation

entre les besoins de la PME et les financements


accordés
● besoins au niveau du cycle d’exploitation pour
les crédits de court terme
● besoins d’investissement pour les crédits à
moyen et long terme
● besoins en engagements par signature

Financement à accorder en adéquation avec le


dispositif prudentiel en matière de crédit bancaire
Partie 1: Techniques sur le
financement haut et bas de bilan

1.1. Les financements de court


terme: bas de bilan

1.1.1 Nature et justification

Les concours de court terme doivent répondre à des


besoins de bas de bilan non couverts par le fonds de
roulement (FDR):
- les stocks
- et les créances

Ces besoins sont donc issus de la structure financière

et leur importance dépend du niveau du FDR et du


1.1.2 Rappels des notions de FDR et de BFR et de
Trésorerie

Le FDR=excédent des capitaux permanents (capitaux


propres+dettes financières) après finance-
ment de l’Actif immobilisé et permettant de
financer partiellement l’Actif circulant

Le FDR peut être positif (meilleure situation d’équi-


libre) ou négatif (déséquilibre de financement du
haut du bilan)
Illustration: 3 cas de figure

ACTIF PASSIF 1 Les Capitaux permanents


Actif Capitaux couvrent entièrement l’Actif
immobilisé permanents
immobilisé et dégage un
FDR excédent
  FDR > 0
Actif
Passif
circulant
circulant

Les Capitaux permanents


2 ACTIF PASSIF
sont insuffisants pour
Actif Capitaux
immobilisé permanents financer l’Actif immobilisé
une partie des immobi-
FDR lisations est financée par
Actif Passif des dettes à CT
circulant circulant FDR < 0
3

ACTIF PASSIF

Les Capitaux permanents


Actif Capitaux
immobilisé permanents
financent juste l’Actif
immobilisé sans dégager
d’excédent (cas d’école)
FDR = 0
Actif circulant Passif circulant
Le Besoin en fonds de roulement (BFR) est déterminé
par la différence entre les emplois de l’Actif circulant
(hors trésorerie) et les ressources du Passif circulant
(hors trésorerie)

Les postes clé sont les suivants:


Emplois: + Stocks
+ Créances
Ressources: - Fournisseurs

BFR

C’est le BFR qui doit être financé par le FDR


La trésorerie nette (Tn) est déterminée par l’excé-
dent du financement du BFR par le FDR

soit l’équation: FDR – BFR =Tn

Ainsi le financement bancaire vient en complément


pour accompagner l’entreprise lorsque l’équilibre de
financement indiqué ci-dessus n’est pas réalisé

Les financements de court terme par la Banque visent


essentiellement les besoins du cycle d’exploitation
notamment les stocks et les créances. Ces financements
peuvent prendre diverses formes.
1.1.3 Les besoins de financement à court terme

1.1.3.1 Le financement des stocks

● Toute entreprise industrielle ou commerciale a


nécessairement besoin de stock en:
- matières premières
- produits semi-finis ou finis
- marchandises
pour son activité.

● La première source de financement des stocks= crédit


fournisseur

● Si cette source est insuffisante ou inexistante, le crédit


bancaire peut suppléer la trésorerie de l’entreprise sous
les formes suivantes:
- avance sur marchandises
- crédit de campagne
- warrantage
* L’avance sur marchandises

● Certaines commandes de matières premières ou de


marchandises à travers la banque (sous forme de crédit
documentaire ou remise documentaire) peuvent se traduire
par un décalage entre le règlement de la Banque au
fournisseur et le remboursement du client pour des raisons
de défaut de trésorerie

● La Banque peut dans ce cas isoler ce concours sous forme


d’avance sur marchandises pour un meilleur suivi

● Cette avance sera assujettie à une tierce détention pour


garantir la bonne fin de l’opération

● La Banque reste propriétaire des stocks confiés à un tiers


(spécialisé) et au fur et à mesure des ventes, l’entreprise
reprend les marchandises contre paiement au comptant

● L’avance sur marchandises avec tierce détention est


souvent utilisée par les entreprises de négoce
* Le crédit de campagne

● Il est destiné aux entreprises ayant une activité


saisonnière

● Ce crédit finance des produits en stock dont l’impor-


tance suivant la saison ne permet pas à l’entreprise d’y
faire face par sa trésorerie, dans l’attente des ventes

● C’est le cas des entreprises de production de sucre et


de production de jouets

Schéma d’un crédit de campagne d’une entreprise


de production de jouets

J J A S O N

M A M D J F M
● Le crédit de campagne peut prendre la forme d’un
crédit par caisse ou d’un crédit par billet
- par caisse débit en compte courant
- par billet escompte de billet financiers dans
la limite de l’autorisation

● Le crédit de campagne peut être accordé par une seule


ou plusieurs banques en pool pour le partage du risque
* Le warrantage

● Le warrantage ou escompte de warrants (titres de


marchandises en gage) est une forme de crédit de
campagne qui permet d’affecter des marchandises en
garanties des avances accordées par la Banque

● Nécessite le dépôt des marchandises dans des


magasins généraux appropriés avec des dispositions
légales strictes

● C’est la forme la mieux organisée de l’avance sur


marchandise

● La Banque bénéficie, à titre de garantie, d’une sûreté


réelle (gage sur la marchandise) et des dispositions du
droit cambiaire
1.1.3.2 La mobilisation des créances commerciales

* L’escompte commercial

● Définition: Opération de crédit par laquelle la Banque


met à la disposition d’un client (entreprise) le montant
d’une remise d’effets sans attendre leur échéance

● La Banque procède par la suite au recouvrement de la


créance de son client (entreprise) à travers les effets
escomptés et se fait ainsi rembourser son avance

● Avantages pour la Banque:


- financement adéquat adossé aux créances
- moins risqué que le crédit en blanc
- offre un recours cambiaire pour la Banque
- générateur de dépôts en compte
- se dénoue dans un délai court: maximum 90 jours
● Avantages pour l’entreprise:
- permet de recouvrer aisément les créances
- de mieux gérer sa trésorerie
- accès plus facile au concours lorsque le titre est de
bonne signature
- moins coûteux que le découvert ou la facilité

● Dans la pratique pour la Banque, accorder une ligne


d’escompte à une entreprise, revient à étudier une
demande de crédit et s’assurer à l’avance que l’entreprise
est éligible au crédit bancaire

● L’accord d’une ligne d’escompte n’oblige pas la Banque à


escompter tous les effets qui lui seront présentés. Celle-ci
a la possibilité de trier le papier à escompter pour réduire
son risque
● La Banque à travers le chargé de compte doit exercer une
surveillance permanente de l’utilisation de la ligne
d’escompte et avoir son jugement sur les cas d’irrégularité
ou les incidents:

- papier « creux » sur un débiteur imaginaire


- papier de complaisance issu d’une collusion entre
tireur et tiré sans une base commerciale
- opération de cavalerie
- les réclamations du cédant avant échéance
(erreur,litige,règlement anticipé par chèque, etc)
- les prorogations marquant une difficulté de
trésorerie du tiré
- les renouvellements de traite à l’échéance par
d’autres (cas de tireur peu scrupuleux)
* Les autres formes de mobilisation de créances

■ Le crédit de mobilisation de créances commerciales


(CMCC)
● Il a été institué en France en 1967 pour réduire
le coût de l’intermédiation bancaire et s’appuie
plus globalement sur le tireur (entreprise béné-
ficiaire du crédit) que sur une appréciation de la
valeur de chaque effet en considération des tirés

● Pour bénéficier du CMCC, l’entreprise doit faire


une déclaration d’option pour renoncer à la
pratique de l’escompte classique. Il s’agit d’éviter
un double financement pour les mêmes effets
● Le CMCC s’apparente à un découvert mobilisé
causé par des créances commerciales

● Il n’a pas eu de succès au regard des inconvé-


nients liés à la technique de remboursement

● Le CMCC a été remplacé en 1973 par la LCR


(lettre de change-relevé) sur support papier ou
magnétique, qui ne circule pas matériellement
entre banques

● La LCR est traitée par procédé informatique et


échangée au niveau de l’ordinateur de compen-
sation
■ La cession de créances professionnelles (dite cession
DAILLY)

● La loi Dailly de 1981 modifiée par la loi bancaire de


1984 (en France) renove le cadre de la mobilisation
des créances
● Elle vise à corriger:
- la lourdeur de l’escompte commercial
- l’échec du CMCC
et à s’adapter à la généralisation de la LCR

● Elle simplifie les modes de cession des créances


professionnelles des entreprises aux banques

● La cession des créances peut se faire:


- à titre d’escompte: avec les mêmes
prérogatives de l’escompte classique
- ou à titre de garantie: dans ce cas la cession a
pour seule fonction de réaliser l’affectation des
créances cédées à la garantie d’engagements
préexistants ou non et dont le remboursement
est assuré au moyen du règlement des créances
cédées en garantie
■ L’affacturage ou factoring

● L’affacturage consiste en un transfert de créances


commerciales de leur titulaire (entreprise) à un
factor (établissement de crédit) qui se charge
d’en opérer le recouvrement et en garantit la
bonne fin, même en cas de défaillance momen-
tanée ou permanente du débiteur

● Le factor peut régler tout ou partie du montant


des créances transférées

● L’affacturage est donc à la fois:


- un procédé de recouvrement
- une technique de garantie des risques
- un moyen de financement des créances
■ Les avances sur marché

● Les avances sur marché sont adossés à des créances


de l’entreprise sur l’Etat nées de l’exécution par
celle-ci de marché public

● dans l’attente du règlement par l’Etat, la Banque


accorde l’avance à l’entreprise cliente tout en
s’assurant que la créance sur l’Etat est certaine et
exigible dans les prochains jours ou semaines

● Les précautions de la Banque peuvent conduire à


nantir la créance sur l’Etat pour réduire son risque

NB: ● D’une manière générale, le risque de la Banque est


relativement faible aussi bien en matière de mobili-
sation des créances car il s’agit de concours bien
causés et bien cernés

● En revanche, le risque est plus important au niveau des


crédits par caisse
1.1.3.3 Les concours par caisse

■ La facilité de caisse

● Elle est accordée par la Banque:


- pour une courte durée (quelques jours)
- pour donner à la trésorerie de l’entreprise
une élasticité de fonctionnement
- et pour combler des gap de trésorerie lors
de paiements importants

● Elle ne doit pas être installée de façon perma-


nente car elle peut masquer un problème plus
profond de trésorerie avec un risque conséquent
■ Le découvert

● La ligne de découvert est accordée par la Banque:


- pour une durée plus longue que celle de la
facilité de caisse (12 mois en général)
- pour compléter le FDR dans le financement
du BFR
- pour permettre à l’entreprise de saisir des
opportunités dans son exploitation à travers
un soutient à la trésorerie

● Dans la pratique, la ligne de découvert


- est souvent renouvelée chaque année
- présente ainsi un caractère de permanence
- est donc très risqué car n’est adossé à rien
- d’où des garanties plus importantes
demandées par la Banque
■ Le crédit-relais

● Il est destiné à permettre à l’entreprise d’anticiper


une rentrée de fonds sur une opération ponctuelle
hors exploitation
- cession d’un bien
- augmentation de capital à libérer
- déblocage d’un emprunt obligataire

● De part sa nature, le crédit-relais:


- est rare
- est toujours ponctuel
- est causé
- et est donc moins risqué
1.2 Les engagements par signature

1.2.1 Les engagements liés au


commerce international

1.2.1.1 Le crédit documentaire

● Définition: Le Crédoc ou lettre de crédit est un


engagement donné par une banque (dite banque
émettrice) pour le compte de l’acheteur (donneur
d’ordre) ou pour son propre compte de payer au
bénéficiaire (exportateur) la valeur de l’effet de
commerce et/ou de documents sous réserve que les
termes et conditions du crédit soient respectés
Schéma général
ACHETEUR Montage du crédit
(donneur d’ordre) (1,2,3)

7 1 8

Le banquier émetteur L’acheteur demande à L’acheteur remet les


remet à l’acheteur qui son banquier d’ouvrir un connaissements au
le rembourse crédit documentaire en transporteur qui lui
faveur de son vendeur délivre la marchandise
Circuit des
6 BANQUIER EMETTEUR 2 marchandises
(4,8)
Le correspondant Le banquier émetteur Transport des
envoie les documents ouvre le crédit marchandises
au banquier émetteur documentaire chez son
qui le crédite en correspondant étranger
retour

CORRESPONDANT ETRANGER Circuit des


(Banquier notificateur) 3 paiements (5,6,7)

Le vendeur remet les Le correspondant Le vendeur remet les


documents au étranger notifie le crédit marchandises au
correspondant qui les au vendeur en y ajoutant transporteur qui lui
vérifie et le règle éventuellement sa délivre les
confirmation connaissements

4 Circuit des
5 documents
(4,5,6,7,8)
VENDEUR
(bénéficiaire)
● Le Crédoc est un instrument très utilisé dans le commerce
international et vise à repondre à deux types de risques
- risque commercial entre acheteur et vendeur
- risque politique lié à la réglementation de change
dans le pays de l’acheteur

● Au regard de son importance dans les échanges entre


pays, le Credoc est régi par des « Règles et Usances
Uniformes relatives aux Crédits documentaires » publiés
depuis 1933 sous l’égide de la Chambre de Commerce
Internationale

● Comme engagement par signature pris par la Banque de


l’importateur, le risque pour celle-ci se situe à un double
niveau à terme:
- risque financier: lié à la situation du client
importateur (étude de la demande de crédit)
- risque opérationnel lié à la vérification stricte de la
conformité des documents exigés avant tout
paiement
1.2.1.2 Le crédit par acceptation

● Il repose sur le principe suivant:


Le Banquier accepte un effet de commerce tiré sur son
client et s’engage ainsi à payer à l’échéance sans avoir en
principe à opérer de décaissement, car la couverture doit
lui être faite par son client à la même date

● Il répond également à un besoin du commerce


international où il s’agit de substituer à la signature
(difficile à apprécier) de l’importateur étranger, la
solvabilité plus notoire de son banquier

● En acceptant le tirage de l’exportateur pour le compte de


son client importateur, le banquier donne à l’exportateur
tout apaisement et rend possible l’opération

● Le risque pour le banquier est essentiellement lié à la


capacité pour son client importateur d’honorer l’effet à
l’échéance. Ceci suppose une étude préalable de la banque
avant ce crédit
1.2.2 Les cautions

1.2.2.1 Définitions et règles

■ La caution bancaire est un prêt de signature de la part de


la Banque qui équivaut à une promesse de payer à la place
de son client soit à une certaine échéance, soit dans
certaines circonstances bien précises dans le contrat

■ La caution bancaire s’analyse donc comme:


- l’engagement pris par la Banque
- d’exécuter une obligation
- en cas de défaillance du débiteur principal
■ Dans les règles:
- le cautionnement résulte dans tous les cas d’un
écrit signé par les deux parties (Banque et client)
- la Banque ne peut pas dénoncer son engagement
avant terme après s’être engagée
- la Banque doit plutôt veiller à limiter son engage-
ment dans le temps
- elle doit bien préciser les contours de son engage-
ment (montant, durée, conditions de paiement, etc)

■ En terme de risque:
- la caution n’entraîne pas un décaissement immédiat
pour la Banque; mais un risque latent
- ce risque latent peut se traduire par un
décaissement à terme

Ainsi avant de donner sa caution à un client, la


Banque doit au préalable procéder comme tout crédit
à une étude du dossier de concours

■ Il existe diverses formes de cautionnement bancaire


1.2.2.2 Cautions en vue de différer des paiements

■ L’aval des traites-fournisseurs


- par l’aval, la Banque garantit le paiement d’un effet de
commerce pour le compte de son client en faveur du
fournisseur de celui-ci
- permet à l’entreprise cliente un allongement des délais
fournisseurs
- le risque pour la Banque est lié à la situation de son
client

■ Les obligations cautionnées (Douanes et Impôts-TVA)


- se traduisent par l’aval par la Banque de billet à ordre
souscrit par son client en faveur de l’Administration
fiscale pour différer le règlement des droits de
douanes ou taxes (TVA)
- durée maximum des effets: 4mois
- risque lié à la défaillance du client à l’échéance du
billet à ordre
- en garantie, la Banque est subrogée dans les
privilèges du Trésor
■ Caution auprès des Douanes
● Crédit d’enlèvement:
- permet au client de la Banque d’enlever les
marchandises importées avant le calcul des
droits exigibles
- l’importateur doit fournir une soumission
cautionnée (de sa banque) s’engageant au
paiement des droits dans un délai de 30 jours
après la liquidation (calcul) des droits
- le risque de la Banque réside dans la capacité
du client à honorer l’engagement dans le délai

● Crédit à l’entrepôt fictif


- c’est l’engagement cautionné par une Banque
pour son client en faveur des Douanes, d’as-
surer la conservation en l’état de marchandise
emmagasinée en entrepôt fictif (privé) en
franchise des droits de douanes
- Nécessité d’une surveillance pour éviter un
risque à la Banque
1.2.2.3 Cautions en vue d’éviter des décaissements

■ Caution à l’admission temporaire auprès des Douanes

- cette caution de la Banque donne la possibilité à


son client importateur de faire circuler à l’intérieur
du territoire douanier en suspension de droits, des
marchandises importées en vue d’une réexportation
après transformation

- le risque de la Banque, au cas où son client livrerait


finalement les marchandises sur le marché national
sans payer les droits, est égal au paiement desdits
droits majorés d’une amende
■ Caution pour achats en exonération de TVA

- par cette caution la Banque offre la possibilité à son


client exportateur dont les ventes sont exonérées
de la TVA, d’acheter des marchandises et matières
premières en franchise de taxe et ainsi évite de se
trouver créancier de l’Administration
- le risque de la Banque est réel en cas d’usage
frauduleux ou non conforme de cette disposition
par l’exportateur
1.2.2.4 Cautions sur marchés

C’est sans doute les cautions les plus demandées par les
entreprises, en particulier celles qui évoluent dans le
secteur des B.T.P. (Bâtiments et Travaux Publics)

■ Caution de soumission

- elle est délivrée par la Banque à son client pour


permettre à celui-ci de participer à un appel d’offre
et donc de soumissionner à un marché suivant des
clauses précises indiquées par le maître d’ouvrage

- en donnant cette caution, la Banque doit envisager


au même moment les autre cautions qui seront
exigées dans le cadre de l’exécution du marché

- c’est au regard de l’appréciation du risque global,


que la banque doit se prononcer
■ Caution de restitution d’acompte ou de remboursement
d’avance de démarrage

- cette caution de la Banque en faveur du maître


d’ouvrage pour le compte de l’entreprise cliente
permet de garantir le remboursement des acomptes
ou avances versés par le maître d’ouvrage au cas
où l’entreprise n’exécute pas les travaux

- ce concours est assez risqué lorsque l’entreprise


n’est pas crédible et ne dispose pas de références
techniques solides
■ Caution de retenue de garantie

- cette caution en faveur du maître d’ouvrage permet


de régler à l’entreprise le montant total des travaux
dès leur réception; la retenue de garantie limitée à
5% par la loi est couverte par la caution au cas où
des malfaçons se révèlent plus tard

- le risque pour la Banque ici est faible car:


● il est limité au maximum à 5% du montant
des travaux
● il ne doit porter que sur les malfaçons
constatées
● la Banque n’intervient qu’en cas de défail-
lance de l’entreprise dans la réparation des
malfaçons
■ Caution de bonne fin ou de bonne exécution

- elle permet au maître d’ouvrage, en cas de


défaillance de l’entreprise, d’obtenir de la Banque
les fonds nécessaires à l’achèvement du marché
- cette caution présente pour la Banque un risque
important qui repose sur la capacité ou non de
l’entreprise à conduire techniquement les travaux à
la bonne fin
- pour limiter ce risque la Banque doit:
● plafonner le montant des pénalités de toutes
sortes à 5 ou 10% du marché dans les
clauses
● prévoir l’engagement de la caution aux
surcoûts éventuels par rapport au devis
initial
● fixer une date butoir de validité
1.3 Les financements bancaires à moyen
et long termes: Haut du bilan

1.3.1 Justification

Structure du haut du bilan


ACTIF Montant PASSIF Montant

Immobilisations incorporelles Capital

Primes et réserves

Résultat net de l’exercice

Immobilisations corporelles Subventions d’investissement

Provisions réglementées

TOTAL CAPITAUX PROPRES (I)

Immobilisations financières
Emprunts et dettes financières
Dettes financières diverses

TOTAL DETTES FINANCIERES(II)

TOTAL ACTIF IMMOBILISE TOTAL RESSOURCES


STABLES (I) + (II)
■ Les crédits à moyen et long termes apparaissent dans les
dettes et sont destinés à:

- financer des investissements précis

- conforter les ressources stables dans la structure


du haut du bilan

- aider à l’équilibre de la structure financière de


l’entreprise
1.3.2 Caractéristiques et risque

■ La durée:

- le moyen terme est généralement compris entre 3


et 5ans
- le long terme pour les banque commerciales est
situé entre 5, 7ans et plus

■ Le montant

- étant donné qu’il s’agit d’un concours pour financer


des investissements, le montant est généralement
plus élevé que celui des concours de court terme
- dans le bouclage, la Banque doit exiger un apport
personnel (part d’autofinancement de l’entreprise)
autour de 20% si possible (minimum 10%)
- dans la structure globale des ressources stables au
bilan, il est indiqué que l’ensemble des dettes
financières se situent à 50% soit autant que les
capitaux propres
■ Au plan risque

- la Banque se trouve exposée aux aléas du délai


relativement long de ce type de concours avec des fonds
engagés plus importants
- C’est donc en connaissance de cause qu’elle devra
apprécier ce risque à travers:
● une étude approfondie du dossier de
concours
● une appréciation de la rentabilité de l’inves-
tissement
● la prise de garanties appropriées
1.4 La détermination des besoins et
l’adéquation besoins/financement

1.4.1 Les besoins de court


terme

La détermination des besoins de court terme est basé sur :

- l’analyse du cycle d’exploitation


- l’analyse des flux de trésorerie à partir du Plan de
trésorerie

1.4.1.1 L’analyse du cycle d’exploitation

Elle est fonction de la nature de l’activité:

- activité industrielle
- activité commerciale
■ Cas d’une activité industrielle

- le cycle d’exploitation d’une entreprise industrielle


est caractérisée par les phases suivantes:

● achat de matières premières auprès des


fournisseurs
● réception et enlèvement des matières
premières
● stockage en magasin
● transformation des matières premières en
produits semi-finis et produits finis
● vente aux clients
● encaissement en trésorerie
● règlement des fournisseurs
- Représentation du cycle

Actif Circulant Passif Circulant

Stocks mat. 1ères ●


Port Enlèvement


Stocks produits finis ●

● Fournisseurs
● Etat
Clients (créances) ● ● Personnel

Trésorerie Actif ■ Trésorerie Passif


- A certaines phases du cycle, le banquier peut détecter
un ou des besoins de financement correspondants

● au niveau des achats de matières premières

Comment sont passées les commandes?


- par crédit documentaire?
- par remise documentaire?
- par accord direct entre partenaires?
Quelles sont les exigences des fournisseurs?
- en matière de délai de livraison?
- en matière de crédit fournisseur?
- dans les conditions de règlement?
Quelles sont les conditions d’enlèvement et de
stockage des marchandises?
● au niveau de la transformation de matières
premières

S’agit-il d’une période longue de production dans


l’attente de ventes futures (produits saisonniers)?
Les conditions de production sont-elles réunies?
L’outil de production est-il au point? Volet
crédit à M.L.T.

● au niveau des ventes aux clients

Quels sont les délais accordés aux clients?


La part des ventes au comptant?
Les règlements par lettre de change?

● au niveau global du cycle d’exploitation

L’activité est-elle en développement?


Quelle est l’évolution du FDR?
Quelle est l’évolution du BFR?
Y a-t-il un gap de trésorerie?
■ Cas d’une activité commerciale

- la démarche est la même que celle qui précède avec un


cycle d’exploitation plus réduit:
- le cycle

Actif Circulant Passif Circulant

Stocks marchandises ●
Port Enlèvement

● Fournisseurs
Clients (créances) ●

Trésorerie Actif ■ Trésorerie Passif


1.4.1.2 Le Plan de trésorerie

■ Caractéristiques du plan de trésorerie

- tableau de prévision des encaissements et des


décaissements sur 12 mois

-permet de déterminer les soldes de trésorerie


(positifs ou négatifs) au mois le mois

- outil de détermination des besoins de financement

à court terme

■ Structure et cas concret

Exemple de l’entreprise “La Société Industrielle du


MALI”
PLAN DE TRESORERIE DE L'ENTREPRISE '' LA SOCIETE INDUSTRIELLE DU MALI '' ( en millions de F CFA )
  J F M A M J J A S O N D
Solde en début de mois   -190 300 227 170 108 5 175 145 -100 -140 -40
Encaissements réalisés (TTC):                        
- ventes au comptant 200 300 350 380 300 200 300 300 200 250 250 400
- A 30 jours   200 220 250 200 200 250 280 150 170 190 300
- A 45 jours   150 80 70 50 80 100 120 100 80 60 50
- Apport en capital 500                      
- Comptes courants Associés 400                      
- Emprunts 900                      
TOTAL ENCAISSEMENTS (E) 2000 650 650 700 550 480 650 700 450 500 500 750
Décaissement (TTC):                        
- Achat effectués 100 60 80 200 100 80 100 150 90 200 65 100
- Impôts et taxes 50 50 75 75 72 70 75 75 80 90 80 100
- Salaires + charges sociales 90 90 90 125 125 125 125 150 150 150 150 150

- Investissements 1800                      
- Remboursement d'emprunt + charges
    50     50     50     50
financières

- Autres frais généraux 150 150 128 130 145 150 175 180 180 200 245 250

TOTAL DECAISSEMENTS (D) 2190 350 423 530 442 475 475 555 550 640 540 650
Solde fin de mois = E - D -190 300 227 170 108 5 175 145 -100 -140 -40 100
Soldes cumulés   110 527 397 278 113 180 320 45 -240 -180 60
■ Commentaires:
● On note des soldes négatifs de trésorerie au mois
d’Octobre et de Novembre (-240M et -180M)
● Ce gap qui traduit le besoin de financement peut
être couvert par des concours de court terme
(escompte commercial, découvert, facilité de
caisse)

■ Règle:
● La détermination des besoins de court terme résulte
en définitive d’une analyse des flux de trésorerie
- à l’entrée (encaissement aux dates précises)
- à la sortie (décaissements aux dates précises)
● Ces flux d’encaissements et de décaissements modi-
fient dans le temps le niveau du BFR, le FDR étant
plus stable
● La détection des financements de court terme
revient à une analyse dynamique du FDR et BFR

■ Représentation graphique de l’analyse dynamique du FDR


et du BFR (voir en annexe)
1.4.2 Les besoins d’investissement

■ Ces besoins de part leur nature, s’expriment dans une


fréquence plus faible

■ Ils correspondent au bilan à la partie de l’Actif immo-


bilisé emplois durables

■ Ils sont exigés


- au démarrage de l’activité de l’entreprise équi-
pement de base
- durant la vie de l’entreprise renouvellement
équipement de
développement

■ L’importance et la pertinence des besoins


d’investissement dépendent de la nature de l’activité
(industrielle ou commerciale)
■ Pour le banquier, ces besoins s’apprécient:

- en fonction de leur utilité dans le cycle de fabrication

outil de production
-en fonction de leur importance dans la vie de
l’entreprise autres immobilisations
- à travers un plan de financement cohérence entre

les besoins et les ressources

■ Le Plan de financement

● Le Plan de financement est un document prévision-


nel, pluriannuel, établi pour une durée de 3 à
5ans et regroupant:
- les ressources durables dont disposera
l’entreprise pour chacune des années considé-
rées
- les emplois durables auxquels elle devra faire
face pendant ces années
Années 1 2 3 4
Emplois
● Acquisition d’immobilisations:
- incorporelles
- corporelles
- financières
● Augmentation du BFR
● Charges à répartir
● Remboursements des dettes financières
● Distribution de dividendes

Total des emplois


Ressources
● Capacité d’autofinancement
● Cessions ou réductions d’actifs immobilisés
● Augmentation de capital et subventions
● Nouvelles dettes financières

Total des ressources


Ecart annuel
Trésorerie initiale
Trésorerie finale
● Utilité du Plan de financement pour le banquier:

- déterminer le niveau du besoin de financement


durable
- justifier le recours de l’entreprise au crédit
bancaire M.L.T.
- justifier en terme de prévisions l’équilibre global
entre emplois durables et ressources durables

● Exemple pratique d’application

(Voir Cas pratiques)


1.4.3 Adéquation besoins/financement

Besoins de l'entreprise Financements bancaires

Cycle d'exploitation Financements de court terme

● Achats de marchandises ● Crédit documentaire


● Aval des traites aux fournisseurs
● Enlèvement des marchandises ● Cautions en Douanes et Port
● Stocks ● Crédit de campagne
● Facilité de caisse
● Découvert
● Clients(créances) ● Escompte commercial
● Autres formes de mobilisation de
créances
● Autres besoins du court terme ● Facilité de caisse
- charges de personnel, autres charges ● Découvert
● Autres financements C.T.
de gestion
- appui global au FDR

Cycle d’investissement Crédits à M.L.T.


● Crédit bancaire à M.L.T.
Immobilisations ● Caution en faveur d’un fournisseur
d’investissement
● Crédit-bail
1.5 La constitution d’un dossier de
demande de crédit

■ Le dossier de demande de crédit fourni par l’entreprise à


sa banque:
● doit être le plus complet possible
● et permettre à la Banque de porter son jugement sur
des bases fiables
■ Documentation exigée (SYSCOHADA)

● Pour les crédits de court terme

-États financiers des trois derniers exercices


certifiés par un Commissaire aux Comptes ou à
défaut établis ou audités par un Expert Compta-
ble pour les entreprises qui ne sont pas assujet-
ties au commissariat aux comptes (bilan, compte
de résultat, tableau financier des ressources et
des emplois (TAFIRE), état annexé), lorsqu’il
s’agit de la première demande et états financiers
du dernier exercice en cas de renouvellement ;

-Résolutions de l’Assemblée Générale ayant


approuvé les comptes, rapports du Commissaire
aux comptes et rapport d’activité du Conseil
d’Administration afférents au dernier exercice
- Plan de trésorerie sur les douze prochains mois

-Fiche de présentation des dirigeants.


● Pour les crédits à moyen et long terme

-États financiers des trois derniers exercices


certifiés par un Commissaire aux Comptes ou à
défaut établis ou audités par un Expert Compta-
ble pour les entreprises qui ne sont pas assujet-
ties au commissariat aux comptes (bilan, compte
de résultat, tableau financier des ressources et
des emplois (TAFIRE), état annexé), lorsqu’il
s’agit de la première demande et états financiers
du dernier exercice en cas de renouvellement ;

-Résolutions de l’Assemblée Générale ayant


approuvé les comptes, rapports du Commissaire
aux comptes et rapport d’activité du Conseil
d’Administration afférents au dernier exercice
- États financiers prévisionnels sur trois années
(bilan, compte de résultat, tableau financier des
ressources et des emplois « TAFIRE » lorsque
l’Accord de Classement sollicité couvre une partie
ou la totalité des crédits à moyen et long termes ;

- Plan de trésorerie sur les douze prochains mois

- Fiche de présentation des dirigeants


● Cas des entreprises nouvellement créées

- bilan d'ouverture;

- états financiers prévisionnels sur trois ans;

- étude de faisabilité (étude de marché, environ-


nement…).
■ Autres renseignements exigés

● Situation juridique de l’entreprise

- Situation juridique actuelle (statuts)


nature juridique
capital social
administration-succession

- Perspectives
changement de nature juridique
augmentation de capital social
changement de l’administration

- Incidences sur la vie de l’entreprise


● Détails sur le cycle d’investissement

- Niveau actuel
- Niveau des amortissements
- Prévisions d’investissement
- Incidence sur la rentabilité

● Activités et perspectives commerciales

- Niveau d’activité et prévisions


- Facteurs favorables ou défavorables
- Données de l’environnement
- Incidence sur l’activité de l’entreprise
- Positionnement dans le secteur
- etc

● Les besoins exprimés par l’entreprise


■ Les sources de renseignements à la disposition du banquier

● Les outils internes


les états de suivi des engagements

● Les outils externes


- les organismes officiels
- la Banque Centrale
- les études sectorielles
- les renseignements bancaires

● La visite dans l’entreprise


Partie 2: Le risque bancaire et sa
gestion

2.1 L’activité d’intermédiation


financière de la Banque
2.1.1 Point clé de la
mission d’une Banque

■ Financement adéquat de l’économie à travers les


agents économiques (Personnes physiques et
Personnes morales)
● rôle de distribution de crédit dévolu à la
banque par les autorités monétaires
● c’est aussi une activité commerciale pour
dégager des résultats financiers à travers la
rémunération du service (intérêts,
commissions)
● la banque a besoin d’assurer sa viabilité pour
poursuivre sa mission
■ Collecte de l’épargne en assurant aux
déposants:

● la sécurité

● la liquidité

● la rentabilité
2.1.2 Composantes et limites de
l’intermédiation bancaire

■ L’activité d’intermédiation bancaire repose en terme de


gestion sur deux volets:
● les Emplois (Actif du bilan)
● les Ressources (Passif du bilan)
le développement de ces deux composantes

augmente l’activité de la banque et donc sa


part de marché

■ Limites liées à l’évolution des produits du marché des


capitaux (marché monétaire et marché financier)
c’est la désintermédiation

adaptation nécessaire des banques à travers


un accroissement de la gamme des services
BANQUE
Emplois Ressources

Prêts Dépôts
Epargnes

DEMANDEURS OFFREURS
DE CAPITAUX DE CAPITAUX

MARCHES
Monétaire
Financier

Dérivés
2.2 La notion de risque dans la
distribution de crédit

2.2.1 Risque pour la Banque

■ Le risque de contrepartie
● non remboursement du crédit
● remboursement partiel
causes internes (insolvabilité du débiteur)
causes externes (problèmes liés à l’environ-
nement)

■ L’impact de ces risques sur l’activité

● provisions à constituer
● pertes conséquentes
● réduction de la capacité d’intermédiation
● risque de banqueroute
2.2.2 Risque pour le système
économique

■ Risque systémique

● impact des difficultés de la banque sur l’activité


économique nationale
● effet sur les autres acteurs économiques
● effet sur les déposants et investisseurs

■ Risque au plan monétaire

● perte de la valeur de la monnaie


● inflation
● perte de confiance des investisseurs étrangers
● incidences macro-économiques
2.3 Autres types de risque pour la
Banque
2.3.1 Les risques de marché

Incertitude liée à une variation de prix de tout instrument côté


sur un marché

■ Le risque de taux: risque encouru en cas de variation des taux


d’intérêt sur l’ensemble des opérations de bilan et de hors bilan

■ Le risque de change: risque encouru du fait de l’évolution


du cours des devises sur les opérations de bilan et de hors
bilan (une des conséquences de l’EURO est la réduction voire la
suppression du risque de change)

■ Le risque d’illiquidité: risque pour l’établissement de ne pas


pouvoir faire face à ses engagements ou de ne pas pouvoir
dénouer ou compenser une position
2.3.2 Les risques de réglementation

■ Changement de réglementation: Il s’agit de toutes les modi-


fications qui interviennent aussi bien dans le droit commun
que dans le régime particulier, et qui appellent par consé-
quent de la part de l’établissement une actualisation des
procédures et donc une modification dans les pratiques et
dans les comportement (cela requiert une capacité d’adap-
tation permanente à la croyance du moment)

■ Le risque opérationnel: risque résultant d’insuffisances de


conception, d’organisation et de mise en œuvre des procé-
dures d’enregistrement dans le système comptable, plus
généralement dans les systèmes d’informations de l’ensemble

des évènements relatifs aux opérations de l’établissement


2.3.3 Autres risques

■ Risque de dilapidation: risque que fait subir un débiteur à son

créancier en cédant tout ou partie de son patrimoine, la dila-


pidation pouvant être le fait d’un débiteur qui gère mal son
affaire, ou le fait d’un débiteur qui sciemment, organise son
insolvabilité

■ Risque de concours: risque que fait subir un débiteur à son ou


ses créanciers par un endettement excessif, qui met ses
créanciers en concours sur les mêmes actifs patrimoniaux

■ Risque informatique: risque lié à l’automatisation du système


d’information et des opérations (problèmes de fiabilité, de
sécurité informatique)
2.3.3 Autres risques (suite)

■ Risque juridique: sinistre potentiel né de l’absence de prise


en compte de la dimension juridique dans la réalisation des
opérations de l’établissement et peut concerner

● l’ouverture du compte (formalités d’usage, lettre


d’accueil, exhaustivité des informations, obligation
d’information due au client, risques encourus)
● le fonctionnement du compte (typologie des comptes
bancaires mode de fonctionnement propre à chaque
type de compte bancaire)
● la clôture des comptes (clôture juridique du compte,
clôture comptable du compte, conséquences de la
clôture ?)
● les incidents de compte imputables à des faits ou à
des actes juridiques avec un impact sur l’exploitation
(leur gestion est une source de responsabilité du
banquier)
2.4 Origines du risque

Risque lié à Risque lié au client Risque lié à la


l’environnement spécificité du
• sa stratégie
externe de financement:
l’entreprise, à • son activité
Adéquation entre
son secteur
• son personnel besoins exprimés
d’activité et à
et modes de
son marché • sa gestion
financement choisis
• son marché
• sa rentabilité
• sa situation financière
2.5 Analyse et prévention du
risque de crédit

2.5.1 Diagnostic stratégique

2.5.1.1 L’analyse sectorielle

■ Environnement de l’entreprise (secteur d’activité)

■ Caractéristiques du secteur d’activité

■ Positionnement de l’entreprise sur son marché

■ Tendance d’évolution du marché

■ Délimitation géographique du marché

■ Évolution des produits et des technologies de production

■ Intensité concurrentielle
2.5.1.2 Méthode de PORTER sur l’analyse des forces
concurrentielles du secteur

Menace de nouveaux
entrants

Pouvoir de Pouvoirs de
négociation Rivalité
négociation
des fournisseurs concurrentielle
Des clients

Produits de
substitution
2.5.1.3 Environnement interne de l’entreprise

■ Sa forme juridique

■ Son historique

■ Son activité

■ Ses Hommes

■ Ses Outils de production

■ Son organisation

■ Sa tendance à l’innovation
2.5.1.4 Synthèse du diagnostic stratégique

■ Forces et Faiblesses

■ Opportunités et Menaces
2.5.2 Diagnostic opérationnel /
économique

2.5.2.1. Les facteurs du risque économique et commercial

■ les fluctuations de la conjoncture


■ le caractère cyclique de la demande
■ les aléas (climatiques ou autres)
■ la dépendance à l’égard du secteur
■ La dépendance à l’égard d’une matière première ou d’un
composant
■ La dépendance à l’égard d’un fournisseur ou d’un client
■ La décroissance des débouchés suite à l’émergence de
nouveaux entrants
2.5.4.2 Analyse de la vulnérabilité du niveau d’activité
Test de sensibilité
■ Homogénéité de la composition du Chiffre d’Affaire (C.A)
dans le temps
■ Élasticité du volume de C.A par rapport aux facteurs de
risque économique et commercial .
■ Trois variables à observer dans le secteur
● la turbulence (changement liés à la demande, à la
technologie ou à la concurrence)
● L’accessibilité (importance des barrières à l’entrée
dans le secteur)
● la Complexité (nombre et interrelations entre les
acteurs:fournisseurs, clients, entrants potentiels)
2.5.4.3 Activité et performance économique

■ Le C.A.

■ La marge brute (sur marchandises et sur matières)

■ La Valeur Ajoutée

■ L’Excédent brut d’exploitation


2.5.3 Diagnostic financier

2.5.3.1. Analyse de l’activité et des résultats

■ Basée sur les éléments du compte de résultat

■ Appréciation des soldes de gestion

■ Conclusion sur la rentabilité


2.5.3.2. Analyse de la Structure financière

■ L’Analyse fonctionnelle du bilan


Les postes du bilan comptable doivent être retraités
suivant les fonctions:
- investissement
- exploitation
- financement

Ressources stables

Passif

Bilan Passif circulant


fonctionnel
Emplois stables

Actif

Actif circulant
■ Le potentiel productif

■ Le besoin de financement global

■ L’équilibre financier

■ L’indépendance financière (solvabilité)


2.5.4 Analyse prospective

2.5.4.1. Analyse des états prévisionnels

■ Le Plan de financement (sur 3 ans au moins)

■ Le fonds de roulement prévisionnel

■ La structure financière prévisionnelle


● Capacité d’endettement
● Capacité de remboursement

■ Les comptes de résultat prévisionnels pour apprécier la


rentabilité de l’entreprise

■ Le niveau de la trésorerie prévisionnelle à travers le Plan


de trésorerie
2.5.4.2. Cas des crédits d’investissement - Analyse critique

■ Analyser avec précision:


● la liaison investissement / activité/ rentabilité
à travers les comptes de résultat
prévisionnels
● la liaison investissement / situation financière
à travers le plan de financement
à travers le bilan prévisionnel

■ Donner une opinion sur l’opportunité de l’investissement


et sur le mode de financement
2.6 Synthèse globale et Prise de
position

2.6.1 Synthèse globale


Conclusion

■ Prise en compte de tous les éléments d’analyse


● Diagnostic stratégique
● Diagnostic opérationnel / économique
● Diagnostic financier
● Analyse prospective (éventuellement)

■ Dosage des critères en fonction de la nature du crédit


(court, moyen et long terme)
■ Position favorable si les critères d’analyse sont largement

positifs
● prise en compte des normes
● Pertinence des critères positifs
● Test de sensibilité positif sur l’ensemble des hypo-
thèses

■ Position défavorable dans le cas contraire


● critères négatifs pertinents
● doute sur le remboursement du crédit

NB: Ne jamais s’appuyer sur les garanties pour prendre la


décision favorable
Partie 3: Les garanties dans
l’espace OHADA

3.1 Les différentes formes de


garanties suivant l’OHADA
3.1.1 Les sûretés personnelles

3.1.1.1 Le cautionnement

■ Contrat par lequel la caution s’engage, envers le


créancier qui accepte, à exécuter l’obligation du débiteur si
celui-ci n’y satisfait pas lui-même

■ Signature expresse des 2 parties (la caution et le


créancier)
Montant maximum à préciser
● montant global du concours ou des concours

● montant par type de concours pour le même débiteur


3.1.1.2 La lettre de garantie

■ Convention par laquelle, à la requête ou sur instructions


du donneur d’ordre, le garant s’engage à payer une somme
déterminée au bénéficiaire, sur première demande de la
part de ce dernier

■ Lettre de garantie et lettre de contre garantie présentent


les mêmes dispositions

■ Les deux sont assimilables à une caution à 1ère demande

■ Elles ne peuvent être souscrites par des personnes


physiques sous peine de nullité

■ Elles présentent des clauses irrévocables à la différence


du cautionnement
3.1.2 Les sûretés mobilières

3.1.2.1 Le droit de rétention

■ C’est la possibilité juridique offerte à tout créancier qui dé-


tient légitimement un bien du débiteur, de le retenir jusqu’à
complet paiement de ce qui lui est dû, indépendamment de
toute autre sûreté
● exemple du garagiste qui retient une voiture réparée par
lui pour non règlement de la facture par le propriétaire
● exemple de la banque qui rembourse son
avance sur le dépôt à terme constitué par
un client

■ Trois (3) conditions pour le droit de rétention


● avant toute saisie
● créance certaine, liquide et exigible
● lien de connexité entre la naissance de la créance et la
chose retenue
3.1.2.2 Le gage

■ Contrat par lequel un bien meuble est remis au créancier


ou à un tiers convenu entre les parties pour garantir le
paiement d’une dette

Se rapporte à tout bien meuble (corporel ou incorporel), à


des sommes ou valeurs

■ Peut s’étendre à toute autre dette postérieure du même


débiteur envers le même créancier

■ Le gage prend fin lorsque l’obligation qu’il garantit est


entièrement éteinte
3.1.2.3 Les nantissements sans dépossession

■ Mêmes dispositions que le gage à la différence de la non


dépossession du débiteur

■ Peuvent être nantis sans dépossession du débiteur:


● les droits d’associés et valeurs mobilières
● le fonds de commerce
● le matériel professionnel
● les véhicules automobiles
● les stocks de matières premières et marchandises
3.1.2.4 Les privilèges

■ Il existe des privilèges généraux et des privilèges


spéciaux

■ Tous ces privilèges confèrent un droit de préférence


exercé par leur titulaire suivant des dispositions précises

■ Les privilèges faisant l’objet de publicité sont affectées


d’un droit de préférence plus élevé
3.1.3 Les hypothèques

3.1.3.1 Dispositions générales

■ L’hypothèque est une sûreté réelle immobilière en faveur


d’un créancier

■ Elle peut être conventionnelle ou forcée

■ L’hypothèque conventionnelle résulte d’un contrat

■ L’hypothèque forcée est celle conférée, sans le consente-


ment du débiteur, soit par la loi, soit par une décision de
justice (hypothèque légale ou judiciaire)

■ L’hypothèque confère à son titulaire (créancier) un droit


de suite et un droit de préférence
3.1.3.1 Effets des hypothèques

■ Il est préférable pour la banque d’inscrire une hypothèque


de 1er rang

■ Le droit de suite du créancier s’exerce contre le débiteur


et tout tiers détenteur de l’immeuble dont le titre est publié
postérieurement à l’hypothèque

■ Le tiers détenteur peut désintéresser le créancier


poursuivant du montant intégral de sa créance

■ Dans le classement des sûretés en préférence, l’hypo-


thèque se place en 3e position après paiement des frais de
justice liés à l’opération et les salaires super-privilégiés
3.2 Adéquation des garanties à la
nature des crédits

Crédits Garanties possibles


Crédits court terme

● Facilité de caisse ● Sûretés personnelles


● Découvert - Cautionnement
- Nantissement
● Hypothèques (éventuellement)
● Crédit de campagne ● Tierce détention
● Nantissement

● Escompte commercial ● Aval de traites


● Droit cambiaire

Engagement par signature (Variables)

● Sûretés mobilières
Crédits M.L.T. ● Hypothèques
NB:
■ La réalisation d’une garantie résulte d’un échec du
dénouement du crédit

■ La garantie ne doit donc pas déterminer la décision de


crédit du banquier

■ La meilleure garantie réside dans la rentabilité du projet


et de la solvabilité de l’entreprise

■ En général, les garanties sont fragiles et leur réalisation


souvent difficile
Partie 4: La surveillance du crédit
bancaire: les clignotants d’alerte

4.1 Objectif qualité du portefeuille


4.1.1 Nécessité d’un suivi
rigoureux

■ Un crédit a une durée de vie. Cette période est celle de la


vérité du risque

■ Le suivi dans cette phase vise:


● à garantir le renouvellement normal
de crédit performant
● à détecter des signes de difficultés éventuelles
● à réagir à bonne date
● à se prononcer à la fin sur le
renouvellement ou non du crédit

■ Il s’agit au total de garantir à tout moment la qualité du


portefeuille
4.1.2 Organisation du suivi

■ Au niveau de la Direction Commerciale:


● les Commerciaux, gestionnaires de compte du réseau
● leur hiérarchie

■ Au niveau de la fonction “Surveillance du risque et du


Contrôle interne”

■ Au niveau de la Direction Générale

implication utile à tous les niveaux


4.2 Prévention des difficultés de
l’entreprise durant la vie du crédit

4.2.1 Information à bonne date

■ Les performances analysées avant la mise en place du


crédit sont-elles préservées?

■ Y a-t-il des écarts de réalisation?


● favorables
● défavorables

■ Impacts de ces écarts sur le crédit?


4.2.2 Exemples de sources de
défaillance

■ Direction, effectifs, moyens


● dissensions graves entre associés, bloquant toute
décision
● décès du dirigeant (cas PME)
● grève importante
● sinistre sur le matériel

■ Produit et marché
● obsolescence du produit
● brusque modification du marché
● perte de franchise ou de licence

■ Activité
● défaillance ou perte d’un client ou d’un fournisseur
important
● chute prononcée du chiffre d’affaires
■ Résultat
● pertes d’exploitation répétées
● capacité d’autofinancement faible par
rapport aux besoins

■ Structure et trésorerie
● capitaux propres négatifs
● incidents de trésorerie
● suppression des crédits fournisseurs

■ Procédure judiciaire susceptible de conduire à des


charges auxquelles l’entreprise ne pourra faire face
4.3 Réactivité

4.3.1 Recouvrement amiable

■ S’entretenir avec le client sur les difficultés survenues:


● origine
● impact sur le remboursement du crédit
● solution

■ Mettre en place en accord avec le client, un plan


d’apurement:
● report d’échéance
● moratoire
● rééchelonnement
● cession d’un bien par le client pour
honorer son engagement

■ Constitution d’une provision par la banque suivant le cas


4.3.2 Les réflexes du banquier face
aux difficultés de l’entreprise

● Ce qu’il ne faut pas faire


-Ne pas alerter l’environnement (fournisseurs, autres
banquiers, acheteurs)
-Ne pas compter sur l’action des tiers
-Ne pas rompre brutalement les crédits
-Ne pas accroître ses engagements (le banquier n’est
pas un joueur, il ne double pas la mise pour tenter
de se refaire)
-Ne pas se contenter des «consolidations» improvisées
-Ne pas oublier que le banquier peut se trouver en
période suspecte
-Ne pas céder à la facilité d’un oui pour de fausses
raisons commerciales
● Ce qu’il faut faire
- Se rapprocher du client pour obtenir le maximum
d’informations
- « Cacher son jeu »
- Se méfier de toutes les manœuvres dilatoires qu’il
essaiera d’utiliser
4.3.3 Recouvrement
contentieux

■ S’impose en cas d’échec du recouvrement amiable

■ Implication du service juridique en rapport avec les


intermédiaires de justice (avocats, huissiers, etc)

■ Actions judiciaires de recouvrement forcé et de


réalisation de la garantie

■ Dans cette phase, le recouvrement des créances prime


sur la relation commerciale

■ Provision à constituer par la banque

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