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CHAP II: RECONNAISSANCE DU SITE

II,1 INTRODUCTION
Pendant le creusement mécanique les conditions géologiques et hydrogéologiques sont , plus que tout
autre, des facteurs déterminants du degré de difficulté et du coût de réalisation d’un ouvrage souterrain.
Ces conditions non seulement ont une grande influence sur :
le choix des méthodes d’excavation, de soutènement et revêtement mais souvent se trouver en face d’un
accident géologique ou d’une venue d’eau importante à forte pression est ce qui est de pire rencontrer
pendant l’exécution d’un ouvrage souterrain.
Cet imprévu peut dans la majorité de cas bloquer l’exécution normal des travaux pendant plusieurs jours
ou plusieurs mois et au pire de cas mettre en cause les conditions de sécurité du chantier.
II,2 Quelles sont les conditions du terrain

Image 2,1: La frontière Franco-Suisse Fig 2,1: La frontière Franco-Suisse


II,2, 1 Identification et propriétés des sols
• Le sol est un milieu tri-phasique composé de solide, liquide et de gaz
dont les propriétés physiques et mécaniques dépendent étroitement
du pourcentage de chaque phase en présence
• Milieux bi-phasiques:
Solide (grains) + liquide (eau) = sol saturé
Solide (grains) + gaz (air) = sol sec
Liquide + gaz = eau gazeuse
II,2,1, 2 Les grandeurs caractéristiques des sols
• Porosité:
n = V(air + eau) / V total = V vides / V total
n < 1 (ou 100%) (n~40%)
• Indice des vides:
e = V(air + eau) / V grains = n / (1-n)
e > 1 (ou 100%) (e~67%)
• Teneur en eau (pondérale):
w = Poids eau / poids sol sec
w > 1 (ou 100%)
•  Teneur en eau (volumique):
θ= V(eau) / V total
θ > 1 (ou 100%)
• Degré de saturation:
Sr = V(eau) / V vides
Sr < 1 (ou 100%)
• Indice de densité relative:
ID = ( – e) / ( – )
0 < ID < 1 (ou 100%)
ID Densité relative
   
0-15 Très lâche

15 -35 Lâche
35 - 65 Moyenne
65 - 85 Dense
85 – 100 Très dense
Tab 2,1 DEBSITE RELATIVE ID
• Poids volumique des particules solide: gs
• Poids volumique apparent du sol: poids d’un volume
unitaire de sol: g
• Poids volumique apparent sec: poids d’un volume
unitaire de sol sec: gd
• Poids volumique saturé: poids d’un volume unitaire de
sol saturé: gsat
• Poids volumique déjaugé: poids volumique saturé
moins la poussée d’Archimède: g’
• gs (26,5 à 27 kN/m³)
• gd = (1 – n) gs (16 kN/m³)

• g = (1 + w) gd (16 à 19
kN/m³)

• gsat = gd + n gw (20 kN/m³)

• g’ = gsat - gw = (1 – n) (gs– gw)


• (10 kN/m³)
• e = n / (1-n)

• w = q . g w / gd

• Sr = w / wsat = q / qsat = q / n

• wsat = n. gw / gs

• Compacité = 1 - n
Teneurs en eau fixant conventionnellement les limites
entre les états liquide (wL), plastique (wP), solide avec
retrait (wR) et solide sans retrait
Indice de plasticité IP = wL – wP

Indice de plasticité Plasticité


IP< 5 Faible
5<IP<20 Moyenne
20<IP Elevée
40<IP Très élevée
Indice de consistance IC = (wL – w) / IP

• Indice de consistance Consistance


• IC<0.25 Très
molle
• 0.25<IC<0.50 Molle
• 0.50<IC<0.75
Consistante
• 0.75<IC<1.00 Raide
• 1.00<IC Très raide

IC < ~0,7: Problèmes de traficabilité


IC > ~1,3: Problèmes d’extraction et de compactage
• La classification des sols
Classification = nom ou carte identité du sol
 
- ABEM: RW99, STBK250 (LIN)
- Pédologiques
- Unifiée US
- GTR
- ,,,,,
•  Les classifications font généralement intervenir les limites de
consistance et la granulométrie 
• ! Il y des différences entre les classifications -> le nom donné à un sol
n’a de sens que par rapport à la classification utilisée
Classification ABEM
• ABEM > ~RW99, STBK250 (LIN)
• RW99:
Limite Fraction II : 63mm
Dénomination des sols = ABEM adaptée
Classification RW99
II,2,2 Identification et propriétés des roches
• On peut dire pour les roches à peu près la même chose que pour les sols
quant à la diversité des espèces (roches éruptives, métamorphiques ou
sédimentaires), de leur dénomination et des compositions chimiques
(calcaire, grès, marbre, schiste, granite, micaschiste, etc.) et, pour un même
matériau, des diverses résistances en fonction de son degré de fissuration.
Les fissures sont la clef du comportement des roches et des massifs rocheux.
On peut les définir comme des vides plats dont le rapport de l'épaisseur à la
longueur est de l'ordre de 10-3. Sous l'effet des charges, ces fissures se
referment progressivement, donc avec un changement de géométrie et,
comme pour les sols, avec une non-linéarité entre efforts et déformations,
du moins tant que les fissures ne sont pas complètement fermées, ce qui se
produit à des pressions variables selon les roches et leur état de fissuration,
mais qui peut être de l'ordre de 25 à 50 méga pascals pour un calcaire (soit la
pression géostatique correspondant à une profondeur de 1 000 à 2 000 m).
La présence des fissures a une importance considérable (à l'échelle du
joint de grains entre les minéraux, à l'échelle décimétrique ou métrique
pour les cassures des massifs rocheux, à l'échelle kilométrique pour les
grandes discontinuités géologiques, comme les failles) sur toutes les
propriétés physiques ou mécaniques des roches ou des massifs
rocheux : l‘élasticité et la compressibilité non linéaires, la perméabilité,
la conduction de la chaleur, la vitesse de propagation des ondes
sonores, leur anisotropie et leurs variations en fonction des contraintes
(qui écrasent les vides des fissures et rétablissent la continuité de la
matière) sont essentiellement liées à la présence des fissures et à leur
orientation. Le rôle de la fissuration est essentiel dans la rupture des
roches et des massifs rocheux. La rupture d'une roche se produit après
l'allongement des fissures sous charge par leur coalescence.
II,2,3 Effet des sollicitations cycliques
• La connaissance des effets nocifs des sollicitations répétées est importante
dans la mesure où le critère de rupture, pour les sols comme pour les roches,
ne se déduit pas d'une façon simple de celui du chargement monotone. Les
sollicitations cycliques, classées par ordre de périodes décroissantes,
peuvent provenir du rythme saisonnier (remplissage annuel d'un barrage ou
d'un silo), du rythme de la marée ou de celui des vagues, ou encore des
séismes.
• Pour un sable sec, ou pour un sable saturé d'eau mais sollicité suffisamment
lentement pour que la pression interstitielle se dissipe, le critère de rupture
statique le plus général peut se représenter dans l'espace des contraintes
(O, σ1, σ2, σ3) par un cône a symétrie ternaire de sommet O à l'intérieur
duquel est emboîté un autre cône qui définit l'état caractéristique, c'est-à-
dire l'état de contrainte dans un trajet de chargement monotone partant
de σ1 = σ2 = σ3, où la variation de volume s'inverse ;
après qu'il se soit produit une contraction, il se produit un
foisonnement lorsqu'on approche de la surface représentant le critère
de rupture. En première approximation, un chargement cyclique
passant du point A au point B engendre une augmentation cyclique
asymptotique de la densité, et cette augmentation est d'autant plus
grande que le point de départ A' est loin du point B. Pour un trajet tel
que AC, qui franchit la surface caractéristique, la densité croît puis
décroît et, au bout d'un certain nombre de chargements, un cycle
stable s'établit pour la variation de volume. Enfin, si le point C
s'approche très près de la surface de rupture, le sol subit de grandes
déformations, et la densité tend vers la densité critique.
II,2,4 Les ouvrages géotechnique
• Pour construire avec le sol, ou sur ou dans les sols et les roches, il faut pouvoir
comparer en tout point les résistances et les contraintes, celles-ci étant la
somme des contraintes initiales et des contraintes engendrées par la
construction.
• On a vu précédemment les difficultés qui sont liées à la géologie et au
comportement des sols (reconnaissance par principe imparfaite, critère de
rupture qui est fonction de l'histoire du chargement, conditions aux limites
incertaines, contraintes initiales souvent mal connues). En revanche, et
heureusement, les types d'ouvrages géotechniques sont relativement peu
nombreux, de sorte qu'à côté des études de mécanique et des calculs
numériques longs et difficiles qui peuvent être faits on dispose de l'expérience
de nombreuses constructions analogues sur des sols plus ou moins
comparables. Cette double approche, rationnelle et empirique, permet ainsi
d'accorder une grande confiance aux projets que l'on fait actuellement en
géotechnique.
• On peut classer les principaux ouvrages en un certain nombre de familles :
fondations superficielles (fondations sur longrines ou sur appuis isolés),
fondations profondes (pieux, puits, ancrages), tassement des fondations et
déplacements sous charges, murs de soutènement, équilibre des talus
naturels et des barrages en terre, travaux souterrains, construction des
routes et des chaussées routières, silos (où les grains sont souvent
déformables) et, enfin, problèmes de dynamique liés aux séismes. Chacune
de ces familles de problèmes utilise des théories et des approches
différentes, et on possède dans chaque cas de nombreux abaques qui
permettent même d'éviter l'emploi de formules explicites ou empiriques
pour résoudre les cas les plus variés.
• Mais il existe des cas où l'expérience antérieure n'est pas suffisante pour
éclairer les choix, par exemple parce qu'on atteint des records en dépassant
tout ce qui s'est fait jusque-là ou même parce que la structure envisagée est
tout à fait originale (par exemple, les premières plates-formes,
II,2,5 Le renforcement des sols et des roches
• Dans la construction, on peut choisir ses matériaux mais, pour ce qui est du
sol et de la roche, on est bien obligé de faire avec ce que la nature nous
offre. Cependant, depuis le début des années quatre-vingt, les technologies
de renforcement des sols et des roches utilisant des inclusions diverses ont
fait des progrès considérables. Si les mélanges de plusieurs sols
(stabilisation dite mécanique) ou l'addition de faibles quantités de ciment,
de chaux ou de bitume (stabilisation chimique), le préchargement allié au
drainage, ou les injections sont des méthodes employées depuis longtemps
pour améliorer les terrains défectueux, les renforcements par inclusions ont
permis d'obtenir des résultats spectaculaires. La terre armée, c'est-à-dire la
mise en place, dans un remblai en construction par couches, d'armatures
plates en acier galvanisé liées à une peau formée d'écailles en béton armé,
fut, dans les années soixante, le précurseur des renforcements par
inclusions. Le renforcement par géogrilles, par géotextiles perméables,
par géo membranes étanches, éventuellement par des systèmes mixtes
calandrés drainant d'un seul côté, par la création de massifs par
projection de fils et de sable (Texsol), par clouage, par ancrages battus
ou forés scellés, précontraints ou non, ont modernisé et étendu la
gamme des procédés, cependant que des injections d'étanchéité ou de
consolidation avec des coulis plus pénétrants ou au contraire plus épais
pour serrer le sol par des « injections solides », l'obtention de colonnes
in situ par malaxage à haute pression avec les coulis de ciment (jet
grouting), par malaxage à la chaux du sol en place (col mix), les pieux
en sable, les colonnes ballastées, la vibroflottation et le compactage par
mouton très lourd, appelé compactage dynamique, permettent
d'améliorer suffisamment les mauvais sols ou de renforcer les massifs
rocheux de façon à les rendre aptes à supporter les efforts des
structures qu'on doit y construire.

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