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Faculté de médecine de Sousse

Mastère de sexologie clinique


Année universitaire 2017-2018

L’approche psychodynamique dans la


normalité et la pathologie
Séance du 12-01-2018

Salem MLIKA
Service de psychiatrie de Sousse
Introduction: Que veut dire « psychodynamique »?

 Psychodynamique = psychanalytique
 Psychanalyse → étude des motifs qui expliquent la valeur
affective accordée aux objets du monde et à nous-mêmes

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 Une force peut nous porter vers les objets du monde ou vers nous-
mêmes:
C’est l’amour
 Une autre force suscite un rejet envers des objets du monde ou des
composantes de notre propre personnalité:
C’est la haine

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 C’est des forces contradictoires
 Mais elles ne sont pas les seules qui existent !
 D’autres forces psychiques s’opposent à l’amour et à la haine
 Il y a d’une part les forces pulsionnelles ( ex. la sexualité,
l’agressivité)
Mais aussi des forces qui les contrôlent → Faire respecter les règles
sociales

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 Conflit inévitable entre ces forces
 Temporaire (surtout à l’enfance et l’adolescence) ou durable (dans
les cas de pathologie)
 Conception dynamique du psychisme → Prise en considération de
la notion des forces psychiques et de leur conflits

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 Forces contraires → conception du psychisme comme constitué de
plusieurs compartiments, jouant chacun une fonction distincte :
Compartiment où la force pulsionnelle prend origine = le ça
Agent de contrôle = le Moi

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I- Une théorie de la force pulsionnelle: l’excitation et la décharge

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 Freud: Le processus psychique est comparable à l’arc-réflexe, où
des voies conductrices transmettent l’intégralité de l’excitation afin
de la décharger Esquisse d'une psychologie scientifique (1895)

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 Schéma de Freud:
Stimulus capté par le système perception (Pcpt)
→ réactive différentes traces mnésiques (Mnem)
→ Excitation dans l’organisme (semblable au flux nerveux)
→ Passe au psychisme: Inconscient (Ucs), Préconscient (Pcs) puis
Conscience (flèche à droite)

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 Fonction du psychisme: maintenir au niveau le plus bas possible
l’énergie qui y circule
 Pourquoi?
 Une montée de l’excitation psychique entraîne du déplaisir
 Sa décharge est synonyme de plaisir suivi d’un repos

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 Mais qu’est-ce qui se trouve à l’origine de cette somme
d’excitation ?
 Pour répondre à cette question, Freud va élaborer sa théorie de la
libido et des pulsions

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II- La libido et la pulsion

1- Définitions
 La libido « Nous appelons ainsi l’énergie, considérée comme une
grandeur quantitative -quoiqu’elle ne soit pas actuellement
mesurable- de ces pulsions qui ont à faire avec tout ce que l’on peut
comprendre sous le nom d’amour » Psychologie des foules et analyse du Moi,
1921

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 Libido = Energie de la pulsion libidinale
 La pulsion libidinale n’est pas la seule à exister
 Freud et d’autres auteurs ont aussi parlé des pulsions agressives
(ou de mort)

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 La pulsion: processus dynamique (= changeant) consistant en une
poussée (charge énergétique) qui fait tendre l’organisme vers un
but, en créant en lui un état de tension.
Son but est de supprimer l’état de tension grâce à un objet
≠ L’instinct : comportement animal héréditairement fixé et
apparaissant sous une forme presque identique chez tous les
individus d’une même espèce
 La pulsion existe d’abord à l’état « polymorphe »: elle n’a ni objet
fixe, ni but fixe
 Facteur de richesse ou de perturbation?

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2- Composantes d’une pulsion 
o Les sources somatiques internes apportent d’une façon constante
un afflux d’excitation auquel le psychisme ne peut échapper
C’est la poussée de la pulsion
 On ne peut pas vivre sans répondre d’une certaine manière à la
question de la sexualité ou l’agressivité

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o Les pulsions sexuelles (les plus étudiées par Freud) ont chacune sa
source pulsionnelle (ou zone érogène)
Où se produit une tension qui pousse à sa décharge
 Pulsions sexuelles génitales (→ excitation de la zone génitale) et
prégénitales (orale, anale, urétrale, scopique…)
 Les sources des autres pulsions ne sont pas aussi claires et
délimitées dans le corps

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o But pulsionnel = Activité à laquelle pousse la pulsion, et qui est
orientée par les fantasmes
 But final de la pulsion: résolution de la tension
 Dans les pulsions sexuelles, l’activité pulsionnelle varie selon la
zone érogène

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 Acte sexuel adulte considéré comme normal : limité à une seule
source (appareil génital) et à un seul but (coït avec un partenaire
de sexe opposé)
 Sexualité humaine → domaine beaucoup plus vaste
 Maturation sexuelle → les pulsions prégénitales se subordonnent
en partie à la pulsion génitale et s’intègrent à l’accomplissement du
coït

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Stades du développement libidinal (selon prédominance d’une zone
érogène et d’une activité correspondante)
 Les stades préœdipiens (plaisirs d’organe)
 stade oral (0-1 an) Incorporation: mordre, dévorer
 Stade anal (2ème et 3ème année) 2 phases:
Phase de réjection: expulser ce qui a été incorporé
Phase de rétention: garder ce qui a été incorporé
 Stade phallique (autour de 3-4 ans): plaisir urétral, masturbation
 Le stade œdipien (vers 4-5 ans) : amour d’un objet total sexué
(englobant l’amour tendre et le désir sexuel)

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Le stade œdipien → Complexe d’Œdipe
 Ensemble organisé de désirs amoureux et hostiles que l’enfant
éprouve à l’égard de ses parents
 Forme positive: amour pour le personnage du sexe opposé, haine
pour le personnage du même sexe
 Forme négative, qui se présente à l’inverse : amour pour le parent
du même sexe (ex. attitude féminine tendre du garçon envers le
père), haine jalouse pour le parent du sexe opposé

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o Objet de la pulsion variable, contingent et dépendant de l’histoire
personnelle du sujet
 Fixation= liaison privilégiée de la pulsion à un objet en particulier

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3- Destins multiples des pulsions
 « Déviations de but sexuel» = différentes variétés possibles de buts
sexuels autres que le coït ou n’y conduisant pas
 Sado-masochisme: une déviation de but (infliger de la douleur à
autrui ou se faire torturer par quelqu’un d’autre, qui n’est pas le
but visé originairement par la pulsion sexuelle)
 Homosexualité: une déviation quant à l’objet
 Autoérotisme: la source et l’objet sont confondus

 Destins de la pulsion multiples du fait de la possibilité de


combinaisons multiples d’objets et de buts

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III- La défense comme destin général de la pulsion

 Le destin de la pulsion est toujours, d’une manière ou d’une autre,


la défense
 Car la pulsion, différente de l’instinct, doit passer par le crible du
Moi et quitter son état primitif
 Sinon le risque est la désorganisation psychique!

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 Etat non vivable sur le plan individuel (l’individu a d’autres intérêts
que la pulsion)
 Et sur le plan social (il faut respecter les règles de l’existence en
groupe)
 Le ça : pôle pulsionnel de la personnalité
≠ Le Moi qui représente les intérêts de la totalité de la personne, va
normalement chercher à apprivoiser la pulsion

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 Les défenses psychiques (ou les mécanismes de défense) :
Ensemble des opérations dont le Moi est capable pour se
protéger de l’augmentation de l’excitation pulsionnelle qui
provoque du déplaisir

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 Le Moi se défend contre l’excitation en canalisant son énergie

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1- Comment le Moi se défend-t-il dans la normalité ?

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 Objet réel angoissant → montée de l’excitation (= déplaisir)
 Moi conscient arrive à canaliser l’excitation dans une activité
réalisable, en utilisant une action réelle approprié → décharge de
l’excitation et maîtrise du déplaisir

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 Ultérieurement, dès l’augmentation de la charge pulsionnelle, le
Moi conscient peut reprendre l’action qui lui a permis une
décharge
 Il a déjà lié l’excitation à une idée ou image (= des mots) qui le
guide dans la décharge
= Processus de liaison ou d’élaboration psychique
 Pulsion liée de manière stable à son objet→ fixation

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 Objet qui peut réactiver l’image mnésique de l’expérience du plaisir
→ Etat de tension qui pousse à la décharge
 Mais le Moi conscient maîtrise la situation, et ne va pas toujours
chercher à satisfaire la pulsion de manière immédiate

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 Il connaît quel est l’objet qui va lui permettre une satisfaction sans
plus d’augmentation de déplaisir
 Il arrive à temporiser la satisfaction jusqu’au moment où il retrouve
cet objet

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2- Comment le Moi se défend-t-il dans la pathologie?
 Augmentation trop intense de la charge d’excitation → Moi
conscient dépassé, passif → La décharge de l’excitation va s’opérer
d’une autre manière
 Angoisse = signal de danger ressenti par le Moi
→ Faut faire quelque chose!

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→ Défenses inconscientes et compulsives intervenant pour
modifier, dans l’urgence, le cours de l’excitation
 Ces défenses cherchent des voies de décharge, par des actions
différentes des actions réelles appropriées à la pulsion
→ Activités de substitution

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 Comment la pulsion trouvera-t-elle cette activité ?
 Chemin le plus court qui y mène
 Souvent, activité liée à objet antérieur de satisfaction
 Fixation à cet objet → Régresser pour le réutiliser de manière
répétitive

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Pour résumer

Mise en mots → Action volontaire → Décharge


Excitation

Angoisse qui dure → Symptôme → Décharge +


Souffrance

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 Une défense pathologique efficace s’installe chez un individu
= fait partie du mode de fonctionnement habituel d’un patient, qui
est sa structure de personnalité
 Nécessité de plusieurs défenses à la fois = organisation défensive
 On peut les détecter dans le discours et les comportements du
patient
 Défenses → type de structure qui sous-tend ses problèmes

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 Il existe trois manières pathologiques principales de se défendre
contre la pulsion, selon le registre de la pathologie
 Ces registres sont:
 La névrose
 Le narcissisme pathologique
 La psychose

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Les trois registres de défenses
pathologiques
Séance du 12-02-2016

Salem MLIKA
Service de psychiatrie de Sousse
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I- Le registre de la névrose
 Le Moi arrive à écarter la pulsion tout en lui permettant des
satisfactions masquées, substitutives, → registre de névrose 
 A travers des symptômes ou des traits de personnalité
 Défenses névrotiques : empêchent la pulsion de devenir consciente
et/ou de se transformer en acte
 Prédominance d’un mécanisme d’évitement pulsionnel
= Refoulement

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1- Défense dans l’hystérie: le refoulement
 Le Moi cherche à repousser et à maintenir dans l’inconscient des
représentations (pensées, images, souvenirs) liées à une pulsion
libidinale ou agressive
 Quand ? Si la satisfaction d’une pulsion – qui procure par elle-
même du plaisir- risque de provoquer du déplaisir à l’égard d’autres
exigences
 Ce qui angoisse le Moi : une punition qui peut résulter d’une
éventuelle satisfaction des pulsions
 Satisfaction possible, à condition que le Moi n’en prenne pas
conscience

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2- Défenses obsessionnelles:

 Sont plus radicales dans le maniement de la sexualité et de


l’agressivité
 Cherchent à diminuer le plus l’expression des affects

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L’intellectualisation
 Donner une formulation intellectuelle à ses conflits et à ses
émotions, pour les maîtriser
→ prépondérance de la pensée logique abstraite, aux dépends de
l’expression des affects
 Ex. « Les auteurs ont parlé de mon problème comme quelque
chose qui prend origine dans un mauvais fonctionnement du
triangle parental… » « Ou bien selon d’autres auteurs il serait un
trouble touchant le cortex. Moi je trouve que c’est la deuxième
explication qui s’applique à mon cas, car j’ai eu un oncle qui avait le
même problème que moi. Ça doit avoir une base génétique »

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L’annulation rétroactive
 Faire en sorte que des pensées, des paroles, des gestes, des actes
désagréables passés ne soient pas advenus → recours à une
pensée ou un comportement ayant une signification opposée
 Ex. «Mon chef étant en retard, j’ai eu du nouveau l’idée qu’il a
trouvé la mort sur la route du travail, mais cette idée me terrifie,
j’essaie de la chasser » (aller-retour entre l’expression pulsionnelle
et la défense)
« Toutes les fois où je serre la main, je parts aussitôt chercher un
point d’eau pour me laver »

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La formation réactionnelle
 Attitude qui va au sens opposé à un désir refoulé
→ Une valeur sociale prend trop d’importance : propreté, gentillesse
(obséquiosité), ordre, devoir, pudeur, etc.
 Ex. « Je ne rate aucune occasion de montrer à mon chef mes
respects et ma gratitude »
«Je tiens à ce que ma réputation soit sans la moindre tache »
« C’est bien que tout le monde s’entraident, ou c’est même un
devoir»

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La rationalisation
 Donner une explication cohérente du point de vue logique, ou
acceptable du point de vue moral, à une attitude, une idée, un
sentiment dont les vrais motifs ne sont pas aperçus

 Ex. « Mais docteur, c’est toujours mieux d’être sûr d’avoir tout
fermé avant de s’endormir !»
« Mais les microbes sont même capables d’entraîner la peste !
Est-ce une mauvaise chose de se laver les mains? Je cherche à
être pur dans mon esprit et dans mon corps»

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II- Le registre du narcissisme pathologique

 Le Moi, pour pouvoir se protéger contre la pulsion, doit être


assez fort et énergique
 Il tire vers lui une partie de l’énergie pulsionnelle libidinale
pour s’aimer soi-même
 Cette libido est appelée « libido narcissique »
 Le narcissisme: c’est l’amour que le moi porte à soi-même
 Amour nécessaire pour que le Moi assure bien sa fonction
d’arbitrage entre les diverses forces

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 La pulsion libidinale entraîne toujours un affaiblissement du Moi
 Elle l’oblige à sortir de sa quiétude pour aller chercher l’objet de la
pulsion dans le monde extérieur
 Le Moi est à la merci de l’objet tant que la frustration de la libido
dure

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 Narcissisme normal: balance préservée entre la libido narcissique
ou du Moi et la libido dont est investi l’objet (libido objectale)
 Plus le Moi se sent faible devant les pulsions, plus il essaie de tirer
vers lui de l’énergie et de se défendre en s’aimant soi-même

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 Qu’arrive-t-il si le Moi est trop affaibli ou durablement traumatisé
de ses relations d’objet?

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 Il cherche à combler sa faiblesse par un narcissisme excessif,
pathologique
 Il se dit: je peux me suffire à moi-même, je n’ai pas besoin de
l’objet
= Défense du Moi contre l’objet
 La séparation d’avec l’objet permet au Moi de « souffler »
 Mais si cette séparation dure, la frustration des pulsions va faire
sentir de plus en plus du déplaisir : la balance est de nouveau
rompue!

Page  57
‫أنت قلبي فال تخف وأجب هل تحبها ؟‬
‫وإلى اآلن لم يزل نابضا فيك حبها ؟‬
‫لست قلبي أنا إذا إنما أنت قلبها‬
‫كيف يا قلب ترتضي‬
‫طعنة الغدر في خشوع‬
‫وتداري جحودها في رداء من الدموع‬
‫لست قلبي وإنما خنجر أنت في الضلوع‬

‫‪Page  58‬‬
 Une voie de compromis: Le Moi cherche des objets qui lui
ressemblent tel qu’il est ou tel qu’il désire être, et/ou qu’il domine
 Ils lui reflètent une image dont il a besoin pour être rassuré et
conforté dans sa relation d’objet
 Ce choix d’objet est dit narcissique (un objet à bon prix!)
 Finalement: Le Moi à la merci de cet objet : le seul qui lui permet
une satisfaction, et qu’il a trouvé après une longue frustration

Page  59
 Ce qui angoisse le Moi: toute séparation avec ses objets
narcissiques
 Leur perte signifie pour le Moi une perte de sa valeur comme
capable d’aimer et/ou d’être aimé. Il va repartir à zéro
 Durant toutes ces étapes, le Moi va utiliser des défenses
caractéristiques du narcissisme pathologique

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L’idéalisation
 La qualité et la valeur de l’objet sont portées à la perfection,
positivement ou négativement
→ Idéalisation positive et négative
→ d’objets extérieurs ou de soi-même
 Corrélative d’une séparation entre des objets absolument bon et
d’autres absolument mauvais
 Ex. « C’est lui ma raison de vivre » « Ne serait-ce qu’en pensant à
lui, je me sens par-delà les nuages »
« Je le traite comme un insecte qu’on se contente d’écraser sous les
pieds » « Ma vie est un gâchis absolu »
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Le dédoublement de l’objet

 Corollaire de l’idéalisation
 Une partie de la réalité et du Moi abordés comme idéalement
bons, d’autres comme idéalement mauvais
 Ex. Dans un service de psychiatrie, les patients borderline
idéalisent positivement certains infirmiers et négativement certains
autres

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L’identification projective
 se traduit par l’intention de posséder l’objet de la pulsion ou de le
contrôler
→ Pouvoir acquis sur celui-ci
 Objet extérieur ou le propre Moi
 Ex. « Je lui ai changé tout son garde-robe » « J’en ai fais un homme
par mon argent»
Une femme qui a un trouble du désir et qui a eu des relations
extraconjugales :« Si j’apprends que mon mari fréquente une autre
femme, il verra ce dont je suis capable de faire »
 Mécanisme utilisé dans les addictions, les perversions, l’anorexie
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III- Le registre de la psychose

 Le Moi assure la médiation entre le ça et la réalité


 Moi envahi par les pulsions
→ désorganisation psychique et/ou une incapacité à distinguer
entre soi-même et l’autre
 Ce qui angoisse le Moi : perte de son intégrité corporelle (=
être réellement détruit, s’éclater en morceaux)

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Le déni
 Déni de la réalité : un refus par le sujet de reconnaître la réalité
d’une perception désagréable
 Ex. Déni de sa maladie, de ses propres désirs libidinaux ou
agressifs, etc.
« Ce n’est pas moi qui est malade »
« Ce n’est pas moi qui lui veux du mal »
« Ce n’est pas moi qui l’aime »

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La projection
 Le sujet expulse de soi et localise dans l’autre, une personne ou
une chose, des qualités, des sentiments, des désirs qu’il méconnaît
ou refuse en lui
 Défense à l’œuvre dans les délires (persécution, jalousie,
érotomanie)
 Ex. « Ce sont les autres qui sont malades et cherchent à me
détruire»
« C’est lui qui m’aime »

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Le clivage du Moi
 Coexistence dans le Moi de deux ou de plusieurs compartiments
indépendants, ce qui indique une perte de son intégrité
 Deux attitudes à la fois : « l’une, qui tient compte de la réalité,
l’attitude normale, l’autre qui, sous l’influence des pulsions,
détache le Moi de la réalité » (S. Freud. Abrégé de psychanalyse, 1938)
 Ex. Un patient vient à son rendez-vous en psychiatrie mais persiste
à dénier sa maladie / Un patient qui a des hallucinations auditives
qu’il attribue à une autre personne que lui

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Conclusion
 Les mécanismes de défenses psychiques, utilisés de manière
durable et excessive, déterminent des traits de personnalité et/ou
des symptômes
 Les connaître et les explorer chez nos patients aide à mieux
repérer le type de leur structure de personnalité
 A côté des défenses, nous avons pu voir deux autres dimensions
de la structure qu’il faudrait aussi explorer :
 Ce qui angoisse le Moi (type d’angoisse)
La façon dont le Moi utilise l’objet de la pulsion (type de relation
d’objet)

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