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Calcul des ouvrages de

soutènement à l’EC7

NF P 94-282 : Ecrans

Mathilde DUBOST
Chargée de développement industriel
Service Développement et Relations Clients 2021/2022
Mail : mathilde.dubost@haropaport.com
SOMMAIRE

1) Les écrans de soutènement


o Domaine d’application de la norme
o PM
o Palplanche

2) Principe de dimensionnement d’un écran de soutènement


o Objectif
o Valeur limite de pression des terres

3) Les méthodes de calcul


o Méthode MEL
o Méthode MISS (Annexe F)
o Approche de calcul

4) Les actions
o Action d’origine pondérale
o Actions dues aux surcharges localisées transmises par le terrain (Annexe D)

5) Les vérifications
o Défaut de butée
o Résistance de la structure de l’écran
o Stabilité des appuis
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.a Domaine d’application de la NFP 94-282 (§1, page 8)

 Calcul des écrans de soutènement verticaux, continus et plans, qu’ils soient :


 Auto-stables (écrans dits en console)
 Réalisés avec des appuis (tirants d’ancrage, butons …)
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.a Domaine d’application de la NFP 94-282 (§1, page 8)

 Écrans à inertie uniforme (sur le linéaire)

o Parois moulées coulées en place ou parois préfabriquées en béton armé (Fig 1.1 a et b, page 9)
o Rideaux de palplanches métalliques (Fig 1.1 c, page 10)
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.a Domaine d’application de la NFP 94-282 (§1, page 8)

 Écrans à inertie non uniforme

o Rideaux mixtes de palplanches métalliques (Fig 1.2 b, page 11 & Annexe B.2.2 page 98)

On peut assimiler le comportement d’un rideau mixte de palplanche métallique à celui d’un écran continu uniforme, lorsque :
 La distance l2 entre les éléments principaux < 1.8 m si les palplanches intermédiaires sont des profilés U

La distance l2 entre les éléments principaux < 1.5 m si les palplanches intermédiaires sont des profilés Z
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.a Domaine d’application de la NFP 94-282 (§1, page 8)

o Rideaux mixtes de palplanches métalliques (Fig 1.2 b, page 11 & Annexe B.2.2 page 98)

 La résistance structurale du rideau se fera en considérant le moment d’inertie équivalent


• Ie : inertie équivalente par mètre linéaire

• Ip : inertie d’un élément principal

• Is : inertie du panneau de palplanche intercalaires (éléments intermédiaires)

• L1 : largeur d’un élément principal

• L2 : largeur du panneau de palplanches intercalaires


• d = distance d’axe en axe des éléments principaux
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.a Domaine d’application de la NFP 94-282 (§1, page 8)

o Rideaux mixtes de palplanches métalliques


1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.b La paroi moulée (Rappel)

o Paroi moulée : paroi en béton armé, moulée dans une tranche excavée, par parties, dans le terrain

La stabilité de la tranchée pendant les opérations de forage, de ferraillage et de bétonnage est assurée par une boue à base de
bentonite. Elle forme sur les parois de l’excavation un dépôt étanche appelé cake qui lui permet d’assurer la pression hydrostatique qui
s’oppose à l’éboulement des parois.

• soutènement de grandes capacités, permet de construire les plus grands ouvrages

• épaisseurs importantes : jusqu’à 1.50 m

• la construction de ces ouvrages a pu se faire suite au développement de technologies de forage bennes preneuses dans les
sols meubles et hydrofraises pour les autres sols et la mise au point de bentonite

Port 2000– Le Havre


1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.b La paroi moulée (Rappel)

o Paroi moulée : paroi en béton armé, moulée dans une tranche excavée, par parties, dans le terrain

Procédé de réalisation de la paroi moulée (source Soletanche Bachy)


1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

o Rideaux de palplanches métalliques : écran constitué de palplanches métalliques simples, doubles ou multiples,
enclenchées les une dans les autres (serrure), et directement mises en place dans le sol par battage ou vibrage

o Palplanche métallique : profilé en acier de faible épaisseur et de grand élancement pouvant être plat, en forme de Z ou de
U, obtenu par laminage à chaud ou profilage à froid

Palplanche en U Palplanche en Z Serrure


1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

 Dimensions des rideaux de palplanches (cf catalogue Arcelor) :


o 0.40 à 0.60 m pour la largeur
o 0.10 à 0.50 m pour la hauteur
o 5 à 20 mm pour l’épaisseur
o longueur < 24 m (gabarit routier et mise en œuvre)
o limite d’élasticité comprise entre 240 et 500 Mpa

 Comparaison Z/U : la palplanche Z est de plus en plus utilisée


« au détriment » de la palplanche U pour les raisons suivantes :
o rapport module de flexion / poids compétitif
o moment d’inertie élevé, limitant les déformations
o largeur plus grande permettant des cadences de fonçage
remarquables
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

 Fabrication :

o profilage à froid (pour les épaisseurs les plus faibles) : processus de mise en forme en continu qui permet, à partir de tôles
planes en feuilles ou en bobine, d’obtenir des produits de section constante.

Passage de la tôle dans la ligne Pliage de la tôle

o laminage à chaud (les plus couramment utilisées) : après passage dans un four de réchauffage qui porte les brames à plus de
1000 °C, le métal est acheminé sur des rouleaux motorisés. Progressivement, par un passage successif dans différents cages
équipées de cylindres refroidis à l’eau, le métal perd en épaisseur et gagne en longueur.

Laminoir
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

 Mise en place
o Battage (mouton diesel, marteau hydraulique, ...)
o Vibrage

vibreur marteau de battage guide de battage


1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT
1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

o Fiche : partie totalement enterrée d’un écran dont la longueur est le plus souvent déterminante dans l’équilibre de l’écran

 mobilisation d’une butée  translation


 mobilisation butée + contrebutée  rotation

Valeur fonction
 Résistance au cisaillement du sol
 Hauteur de la fiche

Représentation de la fiche
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

o Tirant d’ancrage : dispositif de retenue d’un écran constitué par une tête d’ancrage, un tirant et un ancrage

 Passif : tirant d’ancrage sollicité en traction que sous l’effet d’un


déplacement de l’écran de soutènement

 Actif : tirant mis en charge préalablement à l’application des actions


afin de limiter les déformations

Déformation liée à la rupture d’un tirant


Coupe d’un ouvrage tiranté
1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

o Lierne : élément métallique permettant d’assurer


 la continuité longitudinale du soutènement
 une répartition des efforts d’ancrage appliqués au soutènement

• Les liernes sont disposées au droit des ancrages


• Elles servent d’appui à la tête d’ancrage
• Les liernes sont constituées par des profilés en I ou U

Ancrage des palplanches U

Ancrage des palplanches Z de part et d’autre de la serrure

Ancrage des palplanches Z au droit d’une serrure avec une plaque


1. LES ECRANS DE SOUTENEMENT

1.c Le rideau de palplanches métalliques (Rappel)

o Poutre de couronnement : élément en béton armé permettant d’assurer


 la continuité longitudinale du soutènement
 une protection de la tête des palplanches contre la corrosion
 une transmission des efforts au rideau (amarrage des navires, charge de portique, fixation des défenses…)

Poutre de couronnement en béton armé


SOMMAIRE

1) Les écrans de soutènement


o Domaine d’application de la norme
o PM
o Palplanche

2) Principe de dimensionnement d’un écran de soutènement


o Objectif
o Valeur limite de pression des terres

3) Les méthodes de calcul


o Méthode MEL
o Méthode MISS (Annexe F)
o Approche de calcul

4) Les actions
o Action d’origine pondérale
o Actions dues aux surcharges localisées transmises par le terrain (Annexe D)

5) Les vérifications
o Défaut de butée
o Résistance de la structure de l’écran
o Stabilité des appuis
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.a Objectif du dimensionnement

 Le principe de fonctionnement d’un écran de soutènement est d’utiliser le sol en fiche comme un niveau
d’appui. Lorsque la hauteur libre d’un écran devient importante ou que les efforts à reprendre par l’écran sont
importants ou que l’on cherche à limiter les déplacements, on peut ajouter des appuis supplémentaires se
présentant sous la forme de butons ou de tirants.

L’objectif du dimensionnement d’un rideau de soutènement est donc de déterminer :

1) la fiche nécessaire à l’écran : l’appui en fiche provient de la capacité du sol à s’opposer aux
déplacements de l’écran par la mobilisation :
 D’une butée dans le cas d’un mouvement de translation de l’écran
 D’une butée et d’une contre-butée dans le cas d’une rotation en fiche de l’écran –cas d’un
écran autostable)

2) Le module d’inertie 

Pour ce faire, il est nécessaire de déterminer le moment dans l’écran de soutènement


2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

 Dans un premier temps, pour déterminer la fiche, il convient de calculer les efforts de poussée et de butée
sur l’écran. Il existe plusieurs méthodes de calcul permettant de calculer la poussée et la butée des terres.

1) Théorie de Rankine SCHEMA

Détermination des coefficients :


• Poussée
• Butée
• Surcharge

• Ce principe est insuffisant car il ne prend pas en compte notamment le frottement mur-sol (rugosité du
mur), d’où les théories plus générales de Boussinesq et caquot-Kérisel
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

 2) Théorie de Boussinesq

 L’interaction entre le sol et le mur est pris en compte par l’obliquité (§ 5.1.3.2)
 Les coefficients de poussée (Ka) et de butée (Kp) limites varient en fonction de cette obliquité qui est
généralement déterminée par le projeteur.
 L’obliquité est caractérisée par l’angle que fait la résultante de la poussée avec la normale à l’écran
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

 (influence de l’obliquité)

Quel que soit le type d’ouvrage, l’obliquité des pressions du sol sur un écran est à considérer différemment
selon les propriétés du sol.

o Dans un premier temps, l’obliquité augmente avec la rugosité de l’écran :


- Pour un rideau de palplanche, c’est le frottement entre le sol « libre » et le sol « maintenu »
entre les ondulations qui détermine la rugosité
- Pour une paroi moulée, ce sont les creux et les bosses de la paroi.

o Dans un second temps, l’obliquité dépend de l’ampleur du mouvement relatif entre le sol et l’écran :
elle augmente (en valeur absolue) lorsque la déformation du soutènement augmente.

o L’obliquité augmente également avec l’inclinaison  éventuelle sur l’horizontal du massif de sol
soutenu.

 Il n’existe pas de règle pratique bien définie pour le choix de la valeur de l’angle
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

(influence de l’obliquité)

Poussée
 = 30° sans frottement ( = 0) ka ( = 0) = 0.33
avec frottement ( = 2/3 ) ka ( = 2/3 ) = 0.282

Butée
 = 30° sans frottement ( = 0) kp ( = 0) = 3.00
avec frottement ( = -1/2 ) kp ( = -1/2 ) = 4.65

 Le calcul sans frottement permet de se placer en sécurité.


2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

 
(influence de l’obliquité)

Les coefficients de poussée (Ka) varient assez peu avec l’obliquité.


Par contre, pour déterminer les coefficients de butée (Kp) il est courant d’admettre que = -1/2  ou -2/3 ,
ce qui correspond à une mobilisation partielle du frottement massif-paroi
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

(influence de l’obliquité)

En conclusion, les valeurs habituellement considérées sont les suivantes :

Dans une couche de terrain, il convient d’adopter le même angle d’inclinaison :


a poussée d’origine pondérale = a poussée surcharge = a poussée due à la cohésion
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

Détermination des coefficients de poussée et de butée

La poussée et la butée sont deux états du sol proche de la rupture.


Elles ne peuvent être mobilisées que lorsque les déplacements ont atteint une valeur suffisante de l’ordre de :

H/1000 pour la poussée


H/100 pour la butée
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

Les valeurs de la poussée et de la butée des terres sont déterminées sous l’effet :
- Du poids volumique (poids propre des terres) : Ka et Kp
- D’une surcharge uniforme q : Kaq et Kpq
- De la cohésion : Kac et Kpc

Détermination de Ka, Kp, Kaq et Kpq


Les valeurs de Ka, Kp, Kaq et Kpq sont données dans les tables de Caquot et Kérisel en fonction de
l’angle de frottement pour différentes valeurs de , / et /
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

NB :
• Lorsque la pression est d’origine pondérale : coefficients relatifs aux milieux pesants
• Lorsque la pression est due à une charge uniforme ou à la cohésion : coefficients relatifs aux milieux non
pesants
• Les tables donnent les valeurs des composantes inclinées (Cos (2/3 )) * Ka
• Dans le cas d’un écran retenant un matériau de remblai, il peut être admis de retenir K a = K0
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

 Les coefficients proposés par Kérisel et Absi ont été établis à partir de la théorie de Boussinesq.
On peut utiliser Ka et Kp en lieu et place de Kaq et Kpq sauf pour le calcul de Kac et Kpc qui dépendent

analytiquement de Kaq et Kpq et non de Ka et Kp

NB : il n’est pas admis de considérer l’effet d’un talus comme équivalent à l’effet d’une charge verticale
(conduit à des résultats optimistes)

Détermination de Kac et Kpc

Dans le cas d’un sol frottant et doué de cohésion, la prise en compte de la cohésion résulte de l’application du
théorème des états correspondants..
La réduction de la poussée ou l’augmentation de la butée liée à la cohésion ont pour formule (hypothèse d’un
écran vertical soutenant un terre-plein horizontal) :

xcx
ou :
•  est un nombre variant entre 2 et (+2) / 2 = 2,57 selon l’état de rugosité du contact sol-écran
• K est le coefficient de poussée ou de butée pour un milieu non pesant du sol chargé (Kaq et Kpq).
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

 On considère :
•  = 2 pour un contact lisse
•  = 2,57 pour un contact rugueux

Dans le cas d’un sol cohésif (C 0 – comportement court terme) : Ka = Kp = 1. La réduction de la poussée ou
l’augmentation de la butée liée à la cohésion
• -2 C pour un contact lisse
• -2,57 C pour un contact rugueux
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

Application

N° sol  Ka Kac  C

Sol 1 17 kN/m3 0.282 30 ° 0 kN/m²

Sol 2 20 kN/m3 1 2,47 0° 30 kN/m²

Sol 3 11 kN/m3 0.18 40 ° 0 kN/m²

Calcul de la poussée d’un terrain multicouche (frottant et cohésif)

Sol 1 Z = (-2.50) P = Ka h – 2.47 C = P = 0.282 * 17 * 2.50 = 11.98 kN/m²

Sol 2 Z = (-2.50) P = Ka h – 2.47 C = P = 1 * 17 * 2.50 – (2.47 * 30) = -31.6 kN/m²

Z = (-4.50) P = Ka h – 2.47 C = P = (1 * 17 * 2.50) + (1 * 20 * 2.00) – (2.47 * 30) = 8.40 kN/m²

Sol 3 Z = (-4.50) P = Ka h – 2.47 C = P = 0.18 * [ (17 * 2.50) + (20 * 2.00)] = 14.85 kN/m²
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

Application

Ka remblai = 0,249
Ka sable naturel = 0,283
Ka argile = 0,361 / Kp argile = 2,77
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)

319
200
2. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UN ECRAN DE SOUTENEMENT

2.b valeurs limites de la pression des terres (poussée/butée)


SOMMAIRE

1) Les écrans de soutènement


o Domaine d’application de la norme
o PM
o Palplanche

2) Principe de dimensionnement d’un écran de soutènement


o Objectif
o Valeur limite de pression des terres

3) Les méthodes de calcul


o Méthode MEL
o Méthode MISS (Annexe F)
o Approche de calcul

4) Les actions
o Action d’origine pondérale
o Actions dues aux surcharges localisées transmises par le terrain (Annexe D)

5) Les vérifications
o Défaut de butée
o Résistance de la structure de l’écran
o Stabilité des appuis
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

 Ce paragraphe introduit les deux grandes méthodes de calcul des écrans :


o Le modèle d’équilibre limite (à la rupture) : MEL
o Le modèle de calcul type interaction sol-structure : MISS
• Modèles au coefficient de réaction (annexe F)
• Modèles numériques aux éléments finis ou différences finis (annexe M)

 Vise à étudier notamment


o La stabilité d’un écran (défaut de butée)
o La résistance de la structure d’un écran vis-à-vis des effets des actions (N,V,M)
o Le déplacement de l’écran

 Le choix des modèles de calcul doit être adapté :


o À la complexité des problèmes posés (soutènement de berge ou nouveau quai ?)
o Au mode de rupture (défaut de butée ? Défaut de structure de l’écran)
o A l’état limite visé (ELS, ELU ?)
o Type d’écran étudié (autostable, tiranté avec 1 ou plusieurs lits de tirant ?)
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL) : couvre l’ensemble des modèles de calcul plastique.

Ce modèle de calcul consiste à appliquer de part et d’autre de l’écran la pression limite des terres, c’est-à-
dire l’état limite de poussée à l’amont et l’état limite de butée à l’aval.

Une fois déterminée, la distribution des contraintes, il existe deux familles de méthodes de calcul classiques
suivant qu’un effort de contre-butée peut ou ne peut pas être mobilisé à la base de l’écran.
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL)

i) Méthode de la butée simple (pas de mobilisation de la contre-butée)

Cette méthode ne s’applique pas aux écrans autostables. Elle consiste à considérer un schéma simplifié
dans lequel seule la poussée à l’amont et la butée à l’aval sont mobilisées sans qu’aucune contre-butée ne
se développe. Cette méthode consiste à vérifier l’équilibre des forces et l’équilibre des moments.
Il s’agit du modèle à l’équilibre limite proposé pour justifier la fiche des écrans avec un niveau d’appui à
l’article 9.3.2 de la norme.

Contre-butée : effort de réaction lié à la mise en butée des sols du côté des terrains soutenus, induit par la
rotation de l’écran sous le point d’équilibre
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL) .

i) Méthode de la butée simple

Le point A correspond au niveau de l’ancrage


3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL)

ii) Méthode du rideau encastré


Cette méthode considère un schéma de rupture dans lequel une rotation autour du point de pression nulle
est appliquée à l’écran, mobilisant ainsi une zone de contre-butée
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL)

ii) Méthode du rideau encastré


La résolution du système d’équation (l’écriture de l’équilibre des moments et des efforts horizontaux mène à
deux équations pour trois inconnues recherchées : la hauteur d’encastrement, l’effort au niveau de l’appui
simple et la profondeur du point de moment nul) considère la contre-butée comme une force concentrée en
un point et oblige d’imposer une hypothèse supplémentaire qui peut être :

• Une hauteur supplémentaire d’encastrement (20 % dans la méthode de Blum)


• Une rotation nulle au point d’application de la contre-butée (ligne élastique)
• Une identification du point de pression nulle avec le point de moment fléchissant nul et d’assimiler le
calcul de l’écran à celui de deux poutres isostatiques sur appui simple (poutres équivalentes).
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL)

ii) Méthode du rideau encastré


La méthode qui est proposée dans la norme pour les
écrans non ancrés (rideaux encastré) consiste à :
• Déterminer la profondeur du point d’application de la
contre-butée par la résolution de l’équation d’équilbire
des moments en ce point (pied de l’écran)
• Majorer la hauteur d’encastrement de 20 % pour
l’application de la contre-butée (hauteur forfaitaire).

Cette méthode imposée dans la norme pour les écrans non


ancrés est très adaptées au formalisme des coefficients
partiels.
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL)

ii) Méthode du rideau encastré


La méthode qui est proposée dans la norme pour les
écrans non ancrés (rideaux encastré) consiste à :
• Déterminer la profondeur du point d’application de la
contre-butée par la résolution de l’équation d’équilibre
des moments en ce point (pied de l’écran)
• Majorer la hauteur d’encastrement de 20 % pour
l’application de la contre-butée (hauteur forfaitaire).

Cette méthode imposée dans la norme pour les écrans non


ancrés est très adaptées au formalisme des coefficients
partiels.
3. LES METHODES DE CALCUL (§8, page 50)

3.a Méthode MEL

 Le modèle équilibre limite (MEL)

iii) Limite des modèles MEL

Les principales limites de ces modèles sont les suivantes :


• Ces modèles ne sont pas adaptés à des écrans hyperstatiques (associés à plusieurs niveaux d’appuis)
• La rigidité des sols et des structures ne sont pas prise en compte
• La mobilisation de la pression limite des terres nécessite un déplacement minimal que certains écrans très
rigides n’atteignent pas
3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

• Logiciel qui permet le dimensionnement d’écrans de soutènement en console ou avec un appui


(ancrage ou buton)  fiche et diagramme d’effort N,V et M

• Basé sur la méthode aux équilibres limites (MEL), en utilisant la théorie de Blum.

• Permet de dimensionner un écran suivant l’ancienne méthode avec des facteurs de sécurité
globaux.

• Les diagrammes de poussée et de butée sont déterminés à l’aide des coefficients de Caquot et
Kérisel.
3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

La méthode de Blum

Le développement de soutènements souples met en défaut les approches de la butée simple car ils ne
permettent pas d’établir de correspondance entre le chargement exercé par le sol et la déformation de
l’écran (l’approche de la butée simple concernaient historiquement des ouvrages rigides comme les murs
poids en maçonnerie).
C’est pour prendre en compte ces observations que Blum (1931) a développé une méthode qui porte son
nom.
 Les ouvrages qui présentent une fiche courte seront simplement butés par le sol et l’augmentation de la
fiche conduit à la mobilisation d’un encastrement dans le sol.
 Pour les écrans encastrés, le point de moment fléchissant nul est relativement proche du point de
pression résultante nulle.
3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

La méthode de Blum

Blum a analysé pour différentes longueurs de fiche, les distributions des pressions sur l’ouvrage, des moments
fléchissant et des déplacements de l’ouvrage.
 Les ouvrages qui présentent une fiche courte seront simplement butés par le sol et l’augmentation de la
fiche conduit à la mobilisation d’un encastrement dans le sol.
3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

La méthode de Blum

Blum propose ensuite afin de simplifier le calcul, de représenter les efforts de contre-butée par une force
localisée passant par le centre de rotation.
Cette approximation est compensée par une majoration de la fiche f 0 qu’il fixe à 20 %.
La condition supplémentaire est obtenue en assimilant le point de moment fléchissant nul en fiche avec le point
de pression résultante nulle du sol de l’écran. Les éléments de l’écran de part et d’autre de ce point peuvent
alors être calculés comme deux poutres isostatiques sur appuis simples.
3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

La méthode de Blum

L’effort d’ancrage T et la réaction d’appui R sont obtenus en résolvant les deux équations d’équilibre statique
de la poutre supérieure du point de moment fléchissant nul.
Les équations d’équilibre de la poutre inférieure du point de moment fléchissant nul conduisent aux valeurs
correspondantes à la fiche f0 de l’écran
3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

Permet de déterminer la fiche et les efforts dans la paroi


3. LES METHODES DE CALCUL

3.a Méthode MEL

 Calcul à la rupture (MEL) – Le logiciel PROSHEET

Permet de déterminer la fiche et les efforts dans la paroi


3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS

 Le modèle d’interaction sol-structure (MISS) : permet de dépasser les limites liées aux modèles MEL
puisqu’il met en œuvre des lois qui relient la pression des terres au déplacement horizontal des différentes
sections de l’écran en considérant la rigidité du sol ainsi que celle des éléments constitutifs de l’écran (paroi,
ancrage, butons …).

L’approche communément pratiquée est la méthode aux coefficients de réaction qui propose des lois de réaction
simplifiées à une pente bornée par un palier plastique (= pression limite de poussée ou de butée)
3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS

• L’écran est considéré comme une poutre déformable sur appuis élasto-plastique.
• Les couches de sol sont considérées comme des ressorts qui réagissent linéairement jusqu’à atteindre
des paliers plastiques
• Les actions sont décomposées en efforts agissants sur la poutre.
• La méthode de calcul consiste à trouver un équilibre entre les déformations de la poutre et l’état des
couches de sol.
3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS


3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS

Ces modèles MISS sont incontournables pour le dimensionnement de la fiche des écrans hyperstatiques, ainsi
que pour la détermination des déplacements et des efforts pour tous les types d’écrans (autostables ou
appuyés).

En revanche le recours au modèle MEL est indispensable pour la détermination de la fiche des écrans
autostables.

Limites
3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS

 Calcul au module de réaction (MISS) – RIDO et KREA

Rajouter
extrait KREA
3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS

 Calcul au module de réaction (MISS) – PLAXIS


3. LES METHODES DE CALCUL

3.b Méthode MISS

A la rupture (MEL) Module de réaction (MISS) Eléments finis (MISS)

γ ; C’ ; φ’ ; δ/φ’ ; Em* ; I/v ; ko kh


γ ; C’ ; φ’ ; δ/φ’ ; I/v γ ; C’ ; φ’ ; δ/φ’ ; Em ; Eoed I/v

- Utilisées avant l’apparition des - Rarement utilisée, justifiée dans le cas de


micro-ordinateurs - Couramment utilisées problèmes complexes
- Ne fait intervenir que les - Fait intervenir des lois déformations - Analyser le comportement de l’ensemble du
caractéristiques de résistance au contraintes plus complexes
cisaillement du sol massif de sol

Em* = module pressiométrique


3. LES METHODES DE CALCUL

3.c Approche de calcul (§ 8.2)

  (3) Pour vérifier les états-limites ultimes STR et GEO on doit adopter l’approche de calcul 2

A1 M1 R2 (Annexe A)

Consiste à conduire le calcul avec une majoration des actions et une minoration des résistances. La valeur
de l’action (poussée) est multipliée par un facteur partiel et la résistance (butée) est divisée par un
coefficient partiel
Les efforts obtenus à l’issue de ce calcul sont directement les efforts de calcul.
Les valeurs des coefficients partiels sont fixées dans les tableaux ci-dessous.

- facteur partiel pour les actions ou les effets des actions


3. LES METHODES DE CALCUL

3.c Approche de calcul (§ 8.2)

- Facteur partiel pour les paramètres de sol

- Facteur partiel pour la butée limite


3. LES METHODES DE CALCUL

3.c Approche de calcul (§ 8.2)

  La norme propose également le choix de n’utiliser qu’une pondération unique sur la résistance. Dans ce
cas, en phase définitive, le facteur partiel unique, appliquée à la résistance est de x = 1,35 x 1,4 = 1,89.
 Cette approche est conforme aux méthodes de calcul traditionnellement employées avant la publication
de la norme qui consistaient à diviser l’effort de butée par 2 (à comparer à 1,89).

 La profondeur de la fiche obtenue à partir de ces deux options est identique mais elle ne sont cependant
pas rigoureusement équivalentes sur d’autres points.
 La pondération différenciée des actions et des résistances n’est possible que si le calcul permet de
séparer aisément les effort moteurs des efforts résistants. Si cela est souvent possible sans les logiciels
courants de calcul à l’équilibre limite (MEL), cela est plus difficile à mettre en œuvre dans les logiciels
courants de calcul aux coefficients de réaction.
 Les deux méthodes conduisent à une fiche identique mais aussi à une différence très sensible sur l’effet
des actions calculé dans la structure.
3. LES METHODES DE CALCUL

3.c Approche de calcul (§ 8.2)

 Une autre approche consiste


3. LES METHODES DE CALCUL

3.c Approche de calcul (§ 8.2)

 Une autre approche consiste


3. LES METHODES DE CALCUL

3.c Approche de calcul (§ 8.2)

 Modèle MEL

 Modèle MISS
- pas de pondération des caractéristiques de sol
- pondération sur les valeurs caractéristiques des surcharges appliquées sur le terrain

Le coefficient 1.11 correspond au ration 1.50/1.35


SOMMAIRE

1) Les écrans de soutènement


o Domaine d’application de la norme
o PM
o Palplanche

2) Principe de dimensionnement d’un écran de soutènement


o Objectif
o Valeur limite de pression des terres

3) Les méthodes de calcul


o Méthode MEL
o Méthode MISS (Annexe F)
o Approche de calcul

4) Les actions
o Action d’origine pondérale
o Actions dues aux surcharges localisées transmises par le terrain (Annexe D)

5) Les vérifications
o Défaut de butée
o Résistance de la structure de l’écran
o Stabilité des appuis
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.a Principe générale (§ 5.1.2 et 5.1.3)

• Les poussées et butées du sol

• Les poussées d’eau

• Les surcharges sur le terre-plein


o stockage uniforme
o charges roulantes (camions, cavaliers)
o charges verticales et horizontales de
portiques ou de grue)

• Les surcharges maritimes


o effort d’accostage
o amarrage
o effort de houle ou de courant
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.a Principe générale (§ 5.1.2 et 5.1.3)

 Actions permanentes d’origine pondérale (§5.1.2)

Au repos : Ko ;
Poids
Poussée limite : Ka
Poussée Actions permanentes
Butée Butée limite : Kp ;
Module de réaction : Kh

 Actions variables de poussée et de butée (§5.1.3)

- Charge sur la surface du terrain et pente du terrain


- Nappes d’eau et forces d’écoulement dans le terrain
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.a Principe générale (§ 5.1.2 et 5.1.3)

• Les valeurs de pression des terres doivent être déterminées en tenant compte de l’enchaînement
des phases de construction et de l’effet des phases antérieures  MISS

• Les valeurs des pressions des terres en conditions drainées sont déterminées à partir des
propriétés c’ et ’

• Les valeurs des pressions des terres en conditions non drainées sont déterminées à partir des
propriétés cu (u = 0), la variation de la cohésion avec la profondeur est à prendre en compte.

• La prise en compte de l’effet de la cohésion ne doit en aucun cas donner lieu à l’application d’une
« poussée négative » sur l’écran
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.b Actions permanentes d’origine pondérale

1) Pression des terres au repos

La connaissance de la valeur de la pression des terres au repos est nécessaire pour définir l’état initial de
contrainte lors d’un calcul MISS (1) Note 3

 Dans le cas d’un terrain à surface horizontale :


Avec ROC le rapport de sur-consolidation (ROC = 1 pour un terrain normalement consolidé)

Il n’est pas conseillé d’utiliser cette formule pour des valeurs élevées de ROC

 Dans le cas d’un talus incliné avec un angle  (0 <  < ) :


4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.b Actions permanentes d’origine pondérale

2) Pression de poussée et de butée

cf chapitre 2
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.b Actions permanentes d’origine pondérale

3) Valeurs intermédiaires de la pression des terres (§ 5.1.3.5)

Des valeurs intermédiaires de la pression existent lorsque les mouvements de l’écran ne sont pas suffisants
pour mobiliser les valeurs limites (Ka et Kp).
La détermination des valeurs intermédiaires de la pression des terres doit tenir compte de l’importance du
mouvement de l’écran et de sa direction par rapport au terrain : Kh = module de raideur du sol

Les valeurs intermédiaires sont fonction de la loi de comportement du sol.


- Un faible déplacement (0.1% de la hauteur de l’écran) suffit pour obtenir la poussée limite
- Un déplacement important (qq % de la hauteur de l’écran) est nécessaire pour mobiliser la butée limite
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.b Actions permanentes d’origine pondérale

Abaque de Chadeisson
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.b Actions permanentes d’origine pondérale

Formule de Schmitt (NFP)


4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Les poussées transmises par le sol chargé ne peuvent être calculées par des méthodes simples qu’en
supposant être dans des conditions drainées.

Les méthode de calcul habituellement utilisées pour les charges localisées conduisent à des résultats qui
intègrent une diffusion sur les écrans. Parmi ces méthodes on distingue :
• Les méthodes globales qui calculent directement les poussées provenant du massif de sol mais
aussi des surcharges (méthode de Culmann).
• Les méthodes spécifiques qui calculent la poussée due aux surcharges seules. On distingue :
o D’une part les formulations issues de la théorie de l’élasticité (Boussinesq)
o D’autre part les méthodes qui résultent de la théorie de la plasticité (Krey et Caquot)
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Théorie de l’élasticité

La résolution de Boussinesq s’applique à un milieu supposé élastique, homogène et isotrope.


La validité de cette méthode est limitée aux terrains de compacité bonne à moyenne dont le comportement
peut être assimilé à celui d’un milieu élastique (indice de densité D compris entre 0,4 et 0,8), ce qui exclut
en particulier les remblais. Elle présente également l’inconvénient de ne pas tenir compte de la déformabilité
des structures.
En toute rigueur, les formules de Boussinesq sont réservées aux charges localisées, linéiques.
Ce modèle est particulièrement adapté pour les justifications ELS.
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Théorie de la plasticité

 Surcharge uniforme de largeur B contiguë à l’écran

La contrainte de la charge aux poussées du sol est une contrainte


uniforme qui sollicite l’écran dès le niveau zéro de l’écran. La
contrainte appliquée vaut :

Dans un calcul faisant intervenir à la fois un sol pesant et des surcharges,


il est fréquent de considérer pour l’ensemble des actions : .
Cette approximation est sans conséquence sur la validité des résultats
particulièrement dans le cas d’un écran vertical et d’un talus
horizontal (raisonnement non valable pour la butée).
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Théorie de la plasticité

 Surcharge uniforme appliquée à une distance « d » de l’écran

La contrainte de la charge aux poussées du sol est une contrainte


𝑑 
uniforme qui sollicite l’écran à partir d’une profondeur égale à , d étant
la distance entre l’écran et le bord de la surcharge.
La contrainte appliquée vaut :

Avec .
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Théorie de la plasticité

Surcharge uniforme appliquée sur une bande de terrain de largeur limitée à une distance «  d » de
l’écran

La distribution des contraintes horizontales est soit trapézoïdale soit triangulaire sur une tranche d’écran
comprise entre le pied du prisme d’éboulement (Z 1) et le pied du prisme de rupture (Z2 ).

 la distribution est trapézoïdale lorsque Z 2 < Z3, triangulaire dans le cas contraire
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Les niveaux Z1, Z2, Z3 et Z4 sont déterminés à partir des formules suivantes :
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

 valeur maximale de la contrainte :

- distribution trapézoïdale (Z 2 < Z3) X Kq

- distribution triangulaire X Kq

 valeur de la résultante P vaut


4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Lorsque la valeur de la contrainte maximale est supérieure à il faut écrêter la contrainte à Ka x q


et agrandir la plage où la contrainte est constante depuis Z3 jusqu’à Z’3 de manière à conserver la valeur de P.

Z’3 vaut :

X Kq
- distribution trapézoïdale (Z 2 < Z3)

- distribution triangulaire X Kq
4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)


4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Coefficient de forme Kq :

La contrainte vaut Kq Kaq q avec


4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.c Actions dues aux charges localisées sur le terrain (§ 5.1.5)

Charge linéique verticale sur un terrain horizontal

La distribution de la contrainte est triangulaire entre les niveaux Z 1 et Z2


4. LES ACTIONS (§5, page 30)

4.d Actions dues à la poussée de l’eau

Le poids volumique de l’eau est pris égale à 10 kN/m3


SOMMAIRE

1) Les écrans de soutènement


o Domaine d’application de la norme
o PM
o Palplanche

2) Principe de dimensionnement d’un écran de soutènement


o Objectif
o Valeur limite de pression des terres

3) Les méthodes de calcul


o Méthode MEL
o Méthode MISS (Annexe F)
o Approche de calcul

4) Les actions
o Action d’origine pondérale
o Actions dues aux surcharges localisées transmises par le terrain (Annexe D)

5) Les vérifications
o Défaut de butée
o Résistance de la structure de l’écran
o Stabilité des appuis
5. LES VERIFICATIONS

5.a Les mécanismes de ruine des écrans

La ruine des écrans de soutènement peut se produire :


 Par insuffisance de résistance du terrain au contact de l’écran (défaut de butée en pied)
 Par rupture des terrains autour des appuis (butée insuffisante d’un contre-rideau)
 Par insuffisance de résistance (structure de l’écran, tirant, contre-rideau)
 Par instabilité du fond de l’excavation (rupture d’origine hydraulique)
 Par instabilité générale
5. LES VERIFICATIONS

5.b ELS

Les vérifications des états limites de service (ELS) sont essentiellement associés :
 aux déplacements (horizontal en tête d’écran) et aux déformations de l’écran
 La limitation de l’effort de service dans les tirants ancrés

Les valeurs limites de déplacement doivent être établies avant le début de projet

Les déplacements doivent être déterminés à partir d’un modèle de calcul MISS en tenant compte des
raideurs de sol, de l’écran et des appuis, du phasage des travaux et des actions variables
5. LES VERIFICATIONS

5.c Défaut de butée

 Insuffisance de résistance du terrain : défaut de butée

La ruine d’un écran par défaut de butée se produit lorsque la butée mobilisée en pied d’écran dépasse la butée
mobilisable. Les mécanismes de rupture dépendent de la typologie de l’écran (autostable ou avec appuis)

Pour les écrans autostables, le défaut de butée se traduit par un basculement autour d’u centre de rotation situé
sous le fond de fouille
5. LES VERIFICATIONS

5.c Défaut de butée

Pour les écrans présentant un ou plusieurs niveaux d’appuis, le défaut de butée se traduit par une rotation
autour d’un appui (en tête ou en pied de l’écran)

On doit vérifier la fiche minimale des écrans en console vis-à-vis de l’ELU de défaut de butée à partir du modèle
de calcul MEL. Le modèle « MEL » ne s’applique en toute rigueur qu’aux écrans non ancrés (écrans en console)
ou aux écrans avec un seul niveau d’appui. Par corollaire le modèle « MISS » est à utiliser pour tous les autres
types d’écran
5. LES VERIFICATIONS

5.c Défaut de butée (§ 9)

Valeur de calcul de la butée mobilisée Valeur de calcul de la butée mobilisable

Cas général

Transitoire

On vérifie que le rapport entre la butée mobilisée et la butée mobilisable est inférieur à 1.9 (1.4*1.35)
5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

 Résistance de la structure d’un écran vis-à-vis des effets des actions

La ruine d’un écran se produit lorsque la résistance structurelle de l’écran, des appuis éventuels et des
éléments d’ouvrage associés (lierne, contre-rideau) devient insuffisante vis-à-vis de l’effet des actions le
plus défavorable (moment fléchissant, effort tranchant notamment).

Ecran non ancré Ecran avec un appui


5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

 Résistance de la structure d’un écran vis-à-vis des effets des actions

Les éléments de structure d’un écran de soutènement doivent être vérifiés par le calcul. Selon le matériaux
constitutif de l’écran (béton, acier), les normes EC2, EC3 s‘appliquent.

Les effets des actions sont déduits d’un modèle de calcul MISS principalement ou du modèle de calcul MEL
pour les ouvrages particulièrement simples

Lorsque l’effet des actions est déduit d’un modèle de calcul MISS, on vérifie :

Ed valeur de calcul de l’effet des actions

Ek valeur caractéristiques de l’effet des actions


(Rappel : on applique un facteur de pondération « intermédiaire » de 1.11 sur les surcharges variables)
5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

TIRANTS D’ANCRAGE

 On doit vérifier
- la résistance de sa structure
- la résistance à l’arrachement de l’ancrage
5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

Résistance de la structure (en acier)

 (1) On doit vérifier à l’ELU : Pd ≤ Rt,d / γRd avec Pd = 1,35 Pk

Pd valeur de calcul de la charge (traction) appliquée au tirant


Rt,d valeur de calcul de la résistance à la traction du tirant (NF EN 1993-5)
γRd facteur partiel de modèle (γ Rd = 1,0 pour les aciers de construction)

 (2) Rt,d est la plus petite des valeurs acceptables dans la partie filetée et dans la partie courante

- Dans la partie filetée : Rt,d = kt fuk As / γM2

fuk valeur caractéristique de la résistance à la rupture de l’acier


As section résistante de la partie filetée
γM2 facteur partiel pour la résistance à la rupture de l’acier
kt coefficient dont la valeur recommandée dans la norme NF EN 1993-5 est 0,9

- Dans la section courante : R t,d = fyk Ag / γM0

fyk valeur caractéristique de la limite élastique de l’acier


Ag section brute de la partie résistante de la partie non filetée
γM0 facteur partiel pour la résistance limite élastique de l’acier
5. LES VERIFICATIONS

5.c Stabilité des appuis (§ 12)

Résistance de la structure (en acier)

 On doit vérifier à l’ELS : Ft,ser ≤ fy As / γMt,ser

Ft,ser effort normal dans l’ancrage sous chargement caractéristique

fy valeur caractéristique de la limite élastique de l’acier

As section résistante en traction de la partie filetée ou de la section courante, en prenant la plus petite
des deux valeurs

γMt,ser facteur partiel de modèle = 1,10


5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

La corrosion

Lorsqu’il y a lieu, une perte d’acier uniforme due à la corrosion est à prendre en compte conformément à l’EC3
5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle


5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

CONTRE-RIDEAU

On doit vérifier que le contre-rideau supporte la charge de calcul P d

Btd valeur de calcul de la butée mobilisée sur la face aval du contre-rideau


Bmd valeur de calcul de la butée mobilisable par le contre-rideau sur sa face aval
5. LES VERIFICATIONS

5.d Résistance structurelle

Raideur d’un système d’ancrage (Annexe F)

 KMA raideur du tirant d’ancrage


 Kt raideur du tirant (partie « libre » du tirant d’ancrage)
 Ka raideur de l’ancrage (partie « fixe » du tirant d’ancrage)

 Et module de déformation du matériau du  P force appliquée à l’ancrage


tirant  s déplacement du point de fixation du
 A aire de la section utile du tirant tirant de l’ancrage (contre-rideau) issu
(corrosion déduite) d’un calcul MISS
 L longueur libre du tirant
5. LES VERIFICATIONS

5.e Stabilité de Kranz

 Un écran de soutènement peut périr ou se déplacer de manière inacceptable lorsque le dispositif


d’ancrage de l’écran est situé trop près de celui-ci.

 On vérifie que le massif de terrain compris entre l’écran et l’ancrage est stable  stabilité de Kranz

 Approche de calcul 2 (A1 M1 R2)


 Annexe G de la NF P 94-282
5. LES VERIFICATIONS

5.d Stabilité du massif d’ancrage (§ 14)

 Pour un contre-rideau, la position du point d’effort


tranchant nul dépend du mode d’encastrement :

- si le rideau est simplement buté (tirant centré sur le


rideau = mouvement de translation uniquement =
pas de développement de la contre-butée), le point
d’effort tranchant nul est alors confondu avec le pied
du rideau arrière)

- si le rideau est encastré (tirant excentré sur le


rideau = mouvement de translation + rotation donc
développement de la contre-butée), le point d’effort
tranchant nul doit être déterminé par les calculs.
5. LES VERIFICATIONS

5.f Stabilité du massif d’ancrage

On peut également utiliser l’épure de Rankine pour vérifier que le dispositif d’ancrage de l’écran ne soit pas
situé trop près de celui-ci.

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