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Cours de Comptabilité Sectorielle

M2 CCA
Plan Général
1ère Partie: La comptabilité bancaire

2ème partie: La comptabilité des assurances


Comptabilité bancaire
Plan
Section 1: La banque
Section 2: L’enregistrement des opérations
courantes
Section 3: L’escompte commercial
Section 4: les crédits de trésorerie
Section 5: les crédits d’équipement
Section 6: Les créances douteuses
Section 1: La Banque
La banque n’est pas une entreprise comme les autres.
Certes comme toute entreprise, elle a un statut juridique,
une organisation, un système de pilotage, des produits, une
stratégie. Mais elle crée de la monnaie, elle recueille
l’épargne du public, elle gère les moyens de paiement. Une
définition précise de l’entreprise bancaire s’avère donc
nécessaire.

Le secteur bancaire est organisé par les pouvoirs publics


qui ne peuvent tolérer un secteur totalement libre où les
crises bancaires seraient à l’origine de crises économiques.
L’entreprise bancaire
Définition
Le terme « banque », appellation très utilisée, recouvre en fait
un ensemble d’organisations à fonctions, statuts ou activités forts
différents. Les propos de cette section essaieront de cerner les
caractéristiques de ces établissements à travers une approche
tridimensionnelle couvrant les principaux courants de la littérature
financière.

On distinguera à cet effet, une acception purement théorique,


où la banque est considérée comme étant intermédiaire financier,
une autre acception institutionnelle qui classe les établissements
de crédit en plusieurs catégories et une dernière acception,
professionnelle, qui reconnaît la diversité du métier du banquier.
La banque : Intermédiaire financier
La banque : Etablissement de crédit
Les différentes catégories de banque

Mais maintenant on parle de la


banque universelle
Les risques bancaires
On identifie deux grandes catégories de risques
bancaires:
- Les risques opérationnels (dus à un
dysfonctionnement du travail quotidien de la
banque tel que un bug informatique, un hold-
up, une grève des employés…)
- Les risques financiers inhérents à l’activité
bancaire elle-même.
Les risques financiers
Le risque de crédit
Le risque de taux
Le risque de liquidité
Le risque de marché
Le risque de solvabilité
Quelles sont les obligations comptables d’un
établissement bancaire ?
Selon l’article 32 de la loi bancaire N° 2001-65 du 10 juillet 2001 « … les
établissements de crédit constitués conformément au droit tunisien, de même
que les succursales ou agences d’établissements de crédit ayant leur siège social
à l’étranger et autorisés à exercer leur activité en Tunisie, doivent :
• tenir une comptabilité conformément à la législation relative au système
comptable des entreprises (la loi N° 96-112 du 30 décembre 1996, le décret N°
96-2459 du 30 décembre 1996, arrêtés du Ministre des finances du 31
décembre 1996 et du 25 mars 1999)
• se conformer aux normes et règles spécifiques fixées par la Banque Centrale
de Tunisie dans ce cadre à l’effet d’exercer son contrôle sur les établissements
de crédit conformément aux dispositions de la présente loi.
• Clore l’exercice social chaque année le 31 décembre et établir dans les trois
mois qui suivent la clôture de l’exercice écoulé, les états financiers qui doivent
être soumis à l’assemblée générale des actionnaires et publiés au JORT »
Quels sont les organes de contrôle prévus par la loi bancaire et
pourquoi ?

Les organes de contrôle prévus par la loi bancaire sont :


• la BCT
• le comité permanent d’audit interne
• le commissaire aux comptes
La nouvelle loi bancaire a voulu renforcer les institutions de contrôle
pour accorder un rôle plus déterminant à la BCT, pour
responsabiliser davantage l’organe d’audit interne en l’imposant aux
banques et en lui demandant par une loi certaines diligences
obligatoires et enfin pour demander aux commissaires aux comptes
des banques d’être plus vigilants vis-à-vis des risques et d’informer la
BCT de tout fait de nature à mettre en péril les intérêts de
l’établissements bancaire ou des déposants.
Quelles sont les spécificités de la
comptabilité bancaire ?
La comptabilité des établissements de crédit présente des spécificités qui tiennent
d’abord aux contraintes de l’environnement, mais aussi de la nature des opérations
et à la finalité des informations produites
• contraintes de l’environnement : La concrétisation pour un établissement
bancaire d’un ou plusieurs risques spécifiques avec une ampleur inattendue
pourrait être non seulement à l’origine de sa faillite mais aussi au déséquilibre de
tout le système bancaire, on parle alors de la notion de risque systématique.
Pour cette raison, les établissements de crédit sont tenus sous « haute
surveillance ». Le dispositif prudentiel issu de la législation bancaire est
extrêmement contraignant. Les banques constituent par ailleurs une source
d’information irremplaçable : collecte des dépôts, distribution de crédits,
relations financières avec l’étranger. Aussi elles sont fortement sollicités par les
autorités désireuses d’établir des statistiques (masse monétaire, balance des
paiements, concours à l’économie, crédits et dépôts…) qui serviront de base à la
définition de la politique monétaire.
• nature des opérations : Dans un établissement de crédit, toute opération
se traduit par un engagement ou un flux financier qu’il s’agit de
comptabiliser, tout acte de banque est donc un acte comptable. La masse
des opérations traitées quotidiennement étant considérable, le nombre
d’enregistrements comptables l’est tout autant. Trois conséquences vont
en découler :
– une décentralisation de la fonction comptable où l’acte comptable sera réalisé sur
le lieu même du traitement de l’opération et non dans un service spécialisé comme
dans les autres entreprises
– un recours massif à l’informatique pour permettre le traitement de cette masse
d’opérations dont l’enregistrement comptable à partir de schémas préétablis fait
partie intégrante de la chaîne de traitement de l’opération.
– D’où une centralisation du traitement comptable au sein du système informatique
• finalité des informations produites : la comptabilité d’un établissement de
crédit n’est pas seulement destinée aux usagers traditionnels de toute
comptabilité : investisseurs, administration fiscale, usagers internes. Elle
est également la base permettant aux autorités monétaires de tutelle
d’exercer leur contrôle et de produire les statistiques sus- évoquées.
Section 2: L’enregistrement des opérations
courantes
Règle 1: Ne jamais oublier que vous êtes la
banque.
Règle 2: Tout flux monétaire avec le client doit
passer par son compte
Règle 3: Tout versement ou assimilé doit être
porté au crédit du compte du client et tout retrait
et assimilé doit être porté au débit du compte du
client. Le compte du client est un compte de dette
pour la banque
Les différents comptes
• Compte ordinaire client : Pour les comptes
courants
• Compte d’épargne : Pour les comptes
d’épargne
• Compte à échéance: Pour les dépôts à terme
que les mouvements ne commencent qu’après
une certaine période.
Versement liquide
Aspect comptable
Compte à débiter: Caisse

Compte à créditer: Compte ordinaire client (ou


compte d’épargne ou comptes à échéance)

Libellé : Versement en espèces sur le compte


N°…, ordre de versement en espèces N°…
Exemple
• Le 20/10/2016, Mr X a versé en espèces la
somme de 5000D sur son compte courant N°
56789
Ecriture comptable
Retrait d’espèces
Pièces utilisables
• Chèque volant (au guichet de l’agence
hébergeant le compte)
• Chèque à moi-même (au guichet d’une autre
agence)
• Carte bancaire (DAB ou GAB)
Aspect comptable
Compte à débiter: Compte ordinaire client (ou
compte d’épargne ou comptes à échéance)

Compte à créditer: Caisse

Libellé : Retrait en espèces sur le compte N°…,


Chèque Volant N°… (ou chèque N°, ou carte N°)
Exemple
• Le 20/10/2016, Mr X a retiré la somme de
1000D sur son compte courant au guichet de
sa propre agence
Ecriture comptable
Remise d’un chèque
Aspect technique
Il existe deux phases:
- Présentation du chèque
- Paiement du chèque
Cette distinction entre les deux phases est due
au fait que la banque doit vérifier que le compte
du tireur du chèque permet le paiement de ce
dernier.
Aspect comptable
Trois cas se présentent:
- Le détenteur du chèque se présente
directement à l’agence du tireur du chèque
pour être payé en espèces
- Le détenteur du chèque se présente à son
agence qui est aussi celle du tireur du chèque
- Le détenteur du chèque se présente à son
agence qui n’est pas celle du tireur du chèque
Exemple

Mr X détient un chèque de 4000D tiré par Mr Y


qu’il présente le 20/10/2016.
1er cas: Mr X présente le chèque à l’agence de
Mr Y pour être payé en espèces
L’agence va vérifier immédiatement si le compte
de Mr Y permet le paiement. S’il le permet:
2ème cas : Mr X se présente à son agence qui est
aussi celle de MR Y

Cette même agence peut vérifier


immédiatement si le compte de Mr Y permet le
paiement. S’il le permet:
3ème cas: Mr X se présente à son agence qui
n’est pas celle de Mr Y
La banque ne peut pas vérifier immédiatement
que le compte de Mr Y permet le paiement.
Donc, en premier lieu, elle va enregistrer la
remise du chèque et contacter l’extérieur
(l’autre agence) en invoquant son siège. Puis, si
l’agence de Mr Y affirme le paiement,
généralement après 48h, elle va procéder au
paiement du chèque.
Dans l’agence de Mr Y
Remarque
En comptabilité bancaire, en vertu de la loi
bancaire concernant l’autonomie des agence,
nous procédons à la comptabilité de l’agence et
non du siège. D’où le recours au compte « Inter
Siège » dès qu’il s’agit d’une transaction avec
l’extérieur de l’agence (Siège, autre agence de la
même banque ou autre banque)
La comptabilité du siège n’est autre que la
consolidation des comptabilités de ses agences.
Section 3: L’escompte commercial
Aspect technique :
L’escompte est une opération par laquelle une
banque, en échange d’un effet endossé, remet en
contrepartie au détenteur de l’effet une somme égale
au montant de l’effet (Valeur nominale) diminuée des
agios. Ces derniers comprennent les intérêts (calculés
sur la valeur nominale de l’effet pour la période
s’étalant de la date d’escompte jusqu’à l’échéance) et
des commissions (frais de recouvrement de l’effet,
risque du non recouvrement de l’effet…)
Les supports de l’opération d’escompte
• Un effet de commerce ou traite: détenu par le
bénéficiaire et tiré par le tireur qui devra payer la
valeur nominale de l’effet à l’échéance
• Un billet de mobilisation : dit aussi secondaire
libellé en monnaie nationale par représentation
d’un effet primaire libellé en devises. Les banques
tunisiennes n’ont pas le droit d’escompter un effet
libellé en devises. La date de création du billet de
mobilisation est celle de l’opération d’escompte.
L’aspect comptable
Opération 1: Décision de financement
Compte à débiter : Engagements financiers en
faveur de la clientèle
Compte à créditer : Contrepartie d’engagement
de financement
Date: le jour de l’escompte de l’effet
Le montant : La valeur nominale de l’effet
Opération 2: Octroi du crédit
Compte à débiter : Crédits commerciaux et
industriels
Compte à créditer : Inter Siège
Date: le jour de l’acceptation de l’escompte de
l’effet (généralement le jour même)
Le montant : La valeur nominale de l’effet
Opération 3: Contrepassation de l’écriture
d’engagement
Compte à débiter : Contrepartie d’engagement de
financement
Compte à créditer : Engagements financiers en
faveur de la clientèle
Date: le jour de l’acceptation de l’escompte de
l’effet
Le montant : La valeur nominale de l’effet
Opération 4: Versement de la VN de l’effet
Compte à débiter : Inter siège
Compte à créditer : Compte ordinaire client
Date: le jour de l’acceptation de l’escompte de
l’effet
Le montant : La valeur nominale de l’effet
Opération 5: Constatation des agios
Compte à débiter : Compte ordinaire client (I+1,18C)
Comptes à créditer :
- Produits perçus d’avance (I)
- Commission (C)
- TVA/Commission (0,18 C)
Date: le jour de l’acceptation de l’escompte de l’effet
Opération 6: Comptabilisation mensuelle des
intérêts courus
Compte à débiter : Produits perçus d’avance (Ii)
Compte à créditer : Intérêts / crédits
commerciaux et industriels (Ii)
Date: La fin de chaque mois
Opération 7: Traitement de l’effet à l’échéance
- La veille de l’échéance, envoi de l’effet pour
recouvrement
Compte à débiter : Inter siège
Compte à créditer : Crédits commerciaux et
industriels envoyés en recouvrement
Le montant : La valeur nominale de l’effet
- A la date de l’échéance: annulation du crédit
Compte à débiter : Crédits commerciaux et
industriels envoyés en recouvrement
Compte à créditer : Crédits commerciaux et
industriels
Le montant : La valeur nominale de l’effet
- A la date de paiement, le paiement de l’effet
Compte à débiter : Caisse ou banque
Compte à créditer : Inter Siège
Le montant : La valeur nominale de l’effet
Remarques
- Si l’effet n’est pas payé, il y a déclenchement des
procédures de recouvrement à l’amiable. Si elles
demeurent sans succès, des procédures judiciaires se
déclenchent.
- Pour le calcul des intérêts, il faut tenir compte du 1 er jour
et d’appliquer les formules d’intérêt simple en fonction
du nombre de jours exactes pour une année de 360jours.
- Généralement, les banques imposent des jours de
valeurs (des jours supplémentaires) qui sont supportées
par le premier intérêt.

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