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Les enjeux sociaux liés à

l’avortement
 
PLAN

 
• I Autour de l’avortement clandestin : 3 récits de
vie
• II Le Concept avortement
• III Avortement médicalisé et contexte
socioculturel
• IV Impact de l’interdiction de l’accès à
l’avortement médicalisé sur les inégalités sociales
• V Les défis
I Autour de l’avortement clandestin : Récits de vie

• 1° Une jeune fille âgée de 20 ans et habitant dans une région est décédée dans
des circonstances atroces suite à un avortement clandestin sur une grossesse de 6
mois.
• 2° Une étudiante de 18 ans a contacté un  ( agent de santé ) à son domicile pour
un avortement clandestin. Elle a fini aux urgences, en état de choc, avec des
douleurs abdominales et une forte fièvre. Elle est restée plus de 8j en réanimation
et hospitalisée pendant 1 mois. Elle a été sauvée d’une mort certaine mais a
perdu tout espoir d’enfanter un jour.

• 3° Une jeune fille qui a été violée par l’époux de sa mère, une autorité reconnue.
S’en est suivie une grossesse et l’homme lui a imposé un avortement clandestin.
La fille a failli mourir et elle garde des séquelles physiques et morales à vie. Cette
fille est triplement éprouvée: victime de viol, d’inceste et d’avortement
clandestin.
  
II Le concept avortement

• Le mot avortement signifie une interruption naturelle ou


volontaire de la grossesse.

• Au plan historique les femmes ont de tout temps pratiqué


l’avortement et continuent à le faire pour une bonne partie en
usant de moyens empiriques constitués de plantes abortives,
de produits détournés de leur usage initial et le plus souvent
toxiques. La pratique se passe dans la clandestinité, seule ou
avec l’appui de personnes non spécialisées, qui utilisent des
méthodes dangereuses et dans des conditions déplorables
exemptes de mesures sanitaires minimales.
Le concept avortement

• La fille mère ou la femme non mariée et qui a attrapé une


grossesse était considérée jusqu’à une époque récente comme
un paria dans la société traditionnelle et la famille en toute
complicité devait faire face pour effacer l’affront dès que la
grossesse était avérée et quelles que soient les conséquences
sur la mère. La raison avancée est qu’il faut laver l’honneur de
la famille, éviter la souillure occasionnée par une grossesse non
désirée. L’important est que cet enfant ne naisse jamais.

• Il s’y ajoute la peur de la sanction sociale, l’humiliation, la


stigmatisation, la culpabilisation.
III Avortement médicalisé et contexte
socioculturel 
• Le contexte socioculturel fait référence aux structures sociales et à la
culture qui contribue à caractériser une société donnée.

• Le contexte socioculturel contient la religion, l’éthique morale, les


valeurs et idéologies véhiculées, le référentiel d’une société, les
croyances.

• Le contexte socioculturel sénégalais est très marqué par la prévalence


du patriarcat, les stéréotypes de genre, les croyances sexistes qui
influencent fortement le statut de la femme particulièrement dans ce
domaine spécifique où une restriction implicite ou explicite entrave la
liberté de la femme à disposer de son corps.
Avortement médicalisé et contexte
socioculturel
• Dès lors se pose la dualité entre toute
législation relative à l’avortement médicalisé
et la société dans sa dimension socioculturelle
et religieuse.

• La problématique du droit à l’avortement


médicalisé est qu’il n’est pas un droit comme
les autres.
Avortement médicalisé et contexte
socioculturel
• L’article 14 du Protocole de Maputo ratifié sans réserve par notre
pays « autorise l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle,
de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé
morale et physique de la mère, ou la vie de la mère ou du fœtus ».
• Il est important de s’interroger au plan social sur le contenu que la
société comprend par « met en danger ». A quel moment et envers
qui la société donne un sens à « met en danger ». Quelle catégorie
sociale juge le péril?
• Toucher aux enjeux sociaux de l’avortement clandestin revient à
considérer le champ global de la société avec sa religion, sa culture,
ses croyances, ses valeurs, ses interprétations, ses constructions
sociales, ses pratiques et qui en constituent les fondements.
Avortement médicalisé et contexte
socioculturel

• La perception de la société à l’endroit de l’avortement


pousse l’opinion à se prononcer sur le droit à l’avortement
médicalisé, à le considérer comme un sujet sensible ou à
garder un silence lourd dont le principal objectif est
d’éviter la stigmatisation et la culpabilisation.
• Sont évoqués et argumentées les questions liées à la
religion, l’éthique morale face au droit à la vie, les
multiples interrogations sur le moment de l’insufflation de
la vie, les risques de dérapage sexuel même si la loi est
encadrée.
Avortement médicalisé et contexte
socioculturel
• Généralement ces questions qui sont posées ne
prennent pas en compte celles portant sur les
conséquences de l’interdiction de l’avortement
médicalisé : les conséquences médicales, sociales
avec la naissance d’un enfant non désiré, la possibilité
d’abandonner l’enfant ou de commettre l’infanticide,
la détresse morale, le risque de recourir à un
avortement clandestin et de tomber dans l’illégalité,
les coûts d’opportunité suite à des séquelles à vie.
 
IV Impact de l’interdiction de l’accès à l’avortement médicalisé sur
les inégalités sociales

• ODD 5
• Il concerne l’égalité entre les sexes et vise à mettre fin à toutes les formes de discriminations et de
violences contre les femmes et les filles dans le monde entier. Les cibles définies concernent : la
lutte contre les discriminations et contre les violences faites aux femmes, l’accès des femmes à des
fonctions de direction et de décision et l’accès universel aux droits sexuels et reproductifs. Il agit en
interrelation avec les 16 autres ODD : il permet la conception et la mise en œuvre de toutes les
politiques publiques au prisme du genre et encourage la mise en place de politiques dédiées à la
lutte contre les inégalités qui subsistent et nécessitent des mesures positives en faveur des femmes.

• A cet effet,une grande discrimination est générée par l’interdiction de l’accès à l’avortement
médicalisé dans la mesure où les inégalités sociales sont accentuées entre couches favorisées et
couches défavorisées.

• En effet si une catégorie de femmes disposant de moyens peuvent y avoir recours en s’entourant de
toutes les garanties, d’autres courent un grand risque en pratiquant l’avortement dans des conditions
non sécurisées
LES CONSEQUENCES SOCIALES
• Au vu des conditions dans lesquelles il se passe et des conséquences qui
en découlent, l’avortement clandestin est un danger réel pour la vie de
la femme et de la fille et est un véritable problème de santé publique.

• Au plan social, des drames familiaux continuent à avoir comme toile de


fond l’avortement clandestin.
• Au plan pénal, l’emprisonnement suite à un avortement clandestin qui a
mal tourné ou à l’infanticide parce qu’on n’a pas voulu garder un enfant
condamné par avance par la société, parce qu’on refuse de porter le lourd
fardeau à vie de cet enfant qualifié de « haraam ». De cet enfant que le
subconscient même refuse parce que issu des œuvres de relations
incestueuses ou d’un viol particulièrement pénible quand cela s’exerce
sur des mineures, des filles à peine nubiles…
V Les défis

• La redéfinition du concept avortement médicalisé en langue nationale et les implications du non accès au droit à
un avortement médicalisé.

• L’information et la sensibilisation large des populations, de la famille

• L’encadrement du droit à l’avortement médicalisé en dressant des barrières pour éliminer tout risque de
dérapage.
• Comment susciter l’adhésion

• L’implication de toutes les catégories sociales notamment les autorités religieuses et traditionnelles, les leaders
d’opinion, les leaders communautaires, les jeunes .

• La communication avec les parlementaires.

• La traduction et la publication de l’article 14 du protocole de Maputo en langues nationales.


• L ’ appropriation des objectifs de la TF par les communautés et les décideurs

• Mise en place de système de communication adaptés aux cibles


 
conclusion
• L’avortement clandestin est un réel problème de santé publique. Il
coûte cher à l’individu, à la société et au pays en termes de
dépenses sanitaires qui auraient pu être réinvesties ailleurs.
• Elles sont combien de femmes et de jeunes filles qui continuent à
payer des soins et traitements coûteux, à faire face à la prise en
charge de séquelles à vie, de traumatismes moraux et
psychologiques, parce qu’elles se sont un jour confrontées à
l’avortement clandestin ?
• Combien de drames familiaux continuent à avoir comme toile de
fond l’avortement clandestin ?
• Quelle est la part de l’avortement clandestin dans la difficulté à
atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes?
Conclusion(suite)
• Enfin pour terminer juste une question : celui
ou celle dont la fillette ou la sœur est victime
d’un viol, d’un inceste suivi d’une grossesse
avec toute la détresse que cela englobe
mettant en péril sa vie et hypothéquant
l’avenir et l’espoir, va-t-il jeter la pierre à
l’accès à l’avortement médicalisé ?
Conclusion(fin)
• La réponse à cette question pourrait reposer
les enjeux liés à l’avortement clandestin et
pourrait ramener la question fondamentale de
la légalisation de l’avortement médicalisé en
cas de viol, d’inceste et lorsque la grossesse
met en danger la santé morale et physique de
la mère, ou la vie de la mère ou du fœtus.
MERCI POUR VOTRE AIMABLE ATTENTION

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