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Béton Précontraint à l’Eurocode

Titre II : Analyse Structurale ( Effort de précontraint –


éléments et structures de précontraint)

Fait par Adepo Philippe Richmond M’BESSO


04/11/2021
Pertes de précontrainte
 
 Introduction :
La tension en un point du câble dans la structure diffère de la force du vérin
avec lequel le câble a été tendu, du fait d’un certain nombre de pertes qui font
baisser significativement la tension du câble. On regroupe habituellement les
pertes en deux familles :
 Pertes instantanées ;
 Pertes différées.
La force de précontrainte P(x,t) et la tension dans l’armature varient à la fois :
 Dans l’espace, avec l’abscisse x le long du câble, du fait notamment des
frottements ;
 Dans le temps t, à cause du retrait et fluage du béton et de la relaxation des
aciers.
Pertes de précontrainte
 Pertes instantanées : il s’agit des pertes qui se produisent à la mise en
tension du câble :
 Pertes dues au frottement ;
 Pertes aux ancrages ;
Par abus de langage, on classe également dans les pertes instantanées, l’ensemble
des pertes qui se produisent, à court, durant le processus de construction de
l’ouvrage, à savoir :
 Pertes de déformations instantanées du béton : pertes par non
simultanéité des mises en tension et des pertes par application de charges
permanentes postérieurement à la tension.
 Pertes différées : on appelle pertes différées les pertes qui se développent
dans le temps :
 Pertes dues au retrait du béton ;
 Pertes dues au fluage du béton ;
 Pertes dues à la relaxation des câbles.
Tension à l’origine
 C’est la tension qu’on impose aux armatures devant la tête d’ancrage et la
tromplaque (appelée aussi trompette), côté béton au moment de la mise en
tension, avant le transfert de l’effort à l’ancrage (voir figure ci-dessous). IL s’agit
donc de la tension en O, inférieure à la tension en A, du fait des frottements
entre les armatures et la tête d’ancrage, de A à B d’une part, et des frottements
entre les armatures et la trompette, de B à O, d’autre part.

Figure 1 - Définition de l’origine des tensions


Tension à l’origine
  La perte de tension entre A et O, définie dans la notice technique du procédé
considéré, est de l’ordre de 2% , de sorte que : = 0,98
ou, si l’on raisonne en forces (), représentant la section nominale du câble) : =
0,98 .
 Remarque : Signalons que la force exercée par le vérin est légèrement
supérieure à , pour tenir compte des pertes dues au frottement à l’intérieur du
vérin. Les procédures de mise en tension des câbles permettent généralement
de corréler directement la pression dans le vérin et la tension souhaitée dans le
câble en sortie du vérin.

 Les forces de mise en tension sont généralement données à titre indicatif ou de


recommandation dans l'ATE (sauf prescription contraire) car les systèmes de
précontrainte sont testés pour résister en statique, en fatigue et en transfert de
charge sur la base des forces caractéristiques des câbles et non des forces
indiquées dans l'ATE.
Tension à l’origine
  Les forces de mise en tension des câbles sont déduites de la norme
européenne des armatures de précontrainte (EN10138) donc et et de l’annexe
nationale de l’Eurocode 2 donnant les coefficients multiplicatifs et affectés à
et .

 Les forces de mises en tension à l’origine sont alors limitées pour les fils et
torons à :
avec
Les valeurs recommandées sont k1 = 0,8 et k2 = 0,9. est l’aire de sa section du
câble. Avec possibilité de prendre si la mesure est précise.
L'application d'une force de précontrainte supérieure est admise à condition que
la force au vérin puisse être mesurée avec une précision de de la valeur finale de
la force de précontrainte. Dans ce cas, la force de précontrainte maximale peut
être augmentée pour atteindre (lorsqu'un frottement élevé inattendu se produit,
dans le cas de la précontrainte par pré-tension sur banc de grande longueur, par
exemple).
La valeur recommandée est = 0,95.
Perte instantanée : Perte par frottement
 Le tronçon de câble MN est en équilibre sous l’effet :
 De la force de tension P(s) en M, tangente en M au tracé ;
 De la force de tension P(s)+dP en N, tangente en N au tracé
;
 Des efforts de contact que le béton exerce sur le câble
entre M et N (par l’intermédiaire du conduit). Ces efforts
répartis ont une composante normale pds et une
composante tangente qds et une composante tangente Figure 2 - Équilibre d'un
pds (comptées algébriquement dans les sens indiqués tronçon de câble
dans la figure ci-contre).

 L’équilibre de MN s’évrit (les termes du second ordre sont


négligés) :  

 représente la force tangente de frottement que le conduit exerce sur le câble au moment de la
mise en tension. Si l’on admet qu’entre q et p existe la relation fondamentale du frottement :
avec le coefficient de frottement du câble sur son conduit. On en déduit des équations de
l’équilibre que :
 
Perte instantanée : Perte par frottement
 Convenons ici que dα représente la déviation angulaire arithmétique (essentiellement
positive) entre les deux extrémités du tronçon MN et supposons que le câble complet,
orienté de la gauche vers la droite, soit mis en tension par son extrémité gauche O (que l’on
confond géométriquement, dans la pratique, avec le point A, Figure 3).

Figure 3 - Frottements le long du


câble lors de la mise en tension

  Lors de la mise en tension, le déplacement du câble par rapport au béton s’effectue de la


droite vers la gauche et l’action tangentielle de contact du conduit sur les armatures,
s’opposant à ce mouvement, s’exerce de la gauche vers la droite. La tension diminue donc
entre le point O et le point courant C d’abscisse x du tracé et le signe à retenir dans l’équation
est donc le signe moins.
Par intégration de cette dernière, on trouve :

𝛼 fonction de x désigne la somme des déviations angulaires absolues entre le point O et le point
C d’abscisse x. Dans la figure ci-dessus ci-dessous :
Perte instantanée : Perte par frottement

  Déviations parasites :
 Un conduit ne suit jamais parfaitement son tracé théorique, on dit qu’il festonne entre ses
points de fixation sous l’effet de son poids, de la poussée du béton, des incertitudes de
positionnement des attaches. A la déviation angulaire théorique α entre O et C vient donc
de la forme : . est le coefficient de perte en ligne.
 Compte tenu de ce phénomène, l’expression de perte par frottement se généralise comme
suit : .
En terme de contraintes, on a :
Dans la section d’abscisse x, la perte de tension par frottement vaut donc :
Perte instantanée : Perte par frottement
  A défaut de données fournies par un Agrément Technique Européen, on peut pour les
câbles de précontrainte constitués de fils ou de torons, lorsque les armatures sont huilées
et que les conduits sont en bon état, utiliser les valeurs moyennes du coefficient de
frottement du tableau fourni par l’Eurocode 2 :

Tableau 1 : coefficients de frottement pour les armatures de précontrainte par posttension – armatures intérieures et extérieures non –
 adhérentes.

 A défaut de données fournies par un Agrément Technique Européen pour k des valeurs
comprises entre 0,005 et 0,01. Pour les tracés de câbles complexes, il conviendra de
retenir la valeur haute de la fourchette.
 Pour les câbles traversant de nombreux joints de béton (comme par exemple les câbles
intérieurs des ponts construits par encorbellements successifs), il y a lieu de majorer
encore les valeurs de k pour tenir compte des variations angulaires parasites concentrées
à chaque surface de reprise.
Perte instantanée : Perte par frottement
 Pour les câbles de précontrainte extérieure au béton, il n’y a pas de déviations angulaires
parasites et l’on admet k = 0. Les valeurs du coefficient de frottement sont fonction du type
de gaine et données dans le tableau précédent.
 Coefficients de frottement données
de l’Agrément Technique Européen
(ATE) :
Pertes à la mise en charge de l’ancrage (rentrée d’ancrage)
 Lors du report de l’effort du vérin à l’ancrage, le câble subiet toujours un léger
raccourcissement g :
 Il est faible dans le cas des ancrages par calage ou vissage, de l’ordre de 2 mm. Il est alors la
conséquence de la déformation du corps d’ancrage et du tassement des cales ou des filets.
 Il est plus important dans le cas des ancrages par coincement : les torons et les clavettes
subissent un déplacement vers l’intérieur de la pièce qui peut atteindre 6 mm et même
davantage lorsque le vérin n’est pas muni d’un système de clavetage hydraulique
(permettant d’enfoncer de force les mors dans leur logement conique avant relâchement
de la pression dans la chambre du vérin).
 Les notices techniques des procédés de précontrainte définissent, pour chaque d’ancrage,
la valeur probable de g.
 Le mouvement de rentrée vers l’intérieur du béton est contrarié par le frottement du câble
sur gaine, comme à la mise en tension, mais en sens inverse. Son influence diminue donc à
partir de l’ancrage jusqu’à s’annuler à une distance d de celui-ci (voir figure ci – dessous) à
partir duquel la tension demeure inchangée.
Pertes à la mise en charge de l’ancrage (rentrée d’ancrage)
  Avant rentrée d’ancrage (recul d’ancrage), la tension à l’abscisse x était donnée par :
, soit encore : avec k(x) fonction croissante de x.

  L’allongement relatif de l’armature, à l’abscisse x, est égal :


 Après

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