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Filière : Droit

Option : Droit privé


Semestre : V

Exposé sur :
Le contrat de mandat

Fait par : Encadré par :


Kaoutar HAMDIS Professeur Karima KARROUMY
Wiçal DAHR
Badr-eddine NHAMI
Yassin AOUBAYD
Anas EL HARRAS

Année universitaire : 2017-2018


PLAN

Introduction

Chapitre premier : La formation du contrat de mandat

• Les parties à l'opé ration


• Le consentement
• L'objet du mandat

Chapitre deuxième : Les effets du contrat de mandat

• Les obligations du mandataire


• Les obligations du mandant

Chapitre troisième : Les effets du mandat à l’égard des tiers

Chapitre quatrième : L’extinction du mandat


Introduction :
Le contrat peut être conclu suite à l’intervention d’un tiers. Ce dernier peut être un
simple intermédiaire dont le rô le se borne à rapprocher les parties à l’exemple du courtier,
comme il peut être aussi un véritable représentant, ayant le pouvoir de conclure un acte
juridique pour le compte d’autrui.
En effet, le recours au service d’une représentation soit légale, judiciaire ou
conventionnelle constitue un instrument universel et constant du commerce juridique. Ainsi
lorsqu’il consiste à accomplir un acte juridique, il se traduit par l’existence du mandat.
Historiquement, le mandat était en droit romain un contrat totalement consensuel,
soumis à aucune formalité, il peut être conclu par correspondance. Le mandat tacite était
connu en droit coutumier à la fin du Moyen â ge.
Le mandat est juridiquement conçu comme un contrat conclu entre un mandant qui
veut faire quelque chose et un mandataire à qui l’on va donner le droit et le pouvoir de faire
ce quelque chose. Le contrat va donc permettre au mandataire d'agir à la place du mandant.
Ainsi le mandat est défini suivant l'article 879 du DOC comme étant " un contrat par
lequel une personne charge une autre d'accomplir un acte licite pour le compte du
commettant. Le mandat peut être donné aussi dans l'intérêt du mandant et du
mandataire, ou dans celui du mandant et d'un tiers, et même exclusivement dans
l'intérêt d'un tiers" En fait, le contrat du mandat est un contrat consensuel, synallagmatique
et intuitu personae, par lequel un mandant confie à un mandataire, qui accepte cette charge,
le pouvoir d'accomplir pour lui et en son nom un acte juridique à titre du représentant.
Le mandat suscite des rapprochements avec le contrat de vente. Mais
l'hésitation est parfois permise et de ce fait ; le mandat joue un rô le de premier
plan dans la commercialisation des biens. Ainsi parallèlement aux formes de
distribution fondées sur la vente, comme la concession ou la franchise, le
mandat demeure un mécanisme juridique fort utilisé, le rô le des agents
commerciaux et des commissionnaires en témoigne. La jurisprudence décide
qu'en principe le concessionnaire est lié à son fournisseur par un contrat de
vente, et qu'il n'est pas un simple représentant puisqu'il conduit le commerce
pour son propre compte et possède sa propre clientèle.

Le présent exposé va traiter donc les problèmes pratiques soulevés par


l’utilisation universelle du mandat notamment sa formation, la capacité du
mandataire, ses obligations et sa responsabilité tant à l’égard du mandat qu’à
des tiers, et par la suite les effets du mandat entre les parties et à l’égard des
tiers, et ses cas d’extinction.

Nous tenterons d’examiner ces problèmes à travers deux parties : la


première sera consacrée à la formation du mandat, la deuxième sera réservée
à ses effets et enfin la dernière partie traitera les cas d’extinction de ce contrat.
Chapitre 1 : La formation du contrat
Les conditions de validité du mandat sont celles de tout autre contrat, mais il existe néanmoins quelques
particularités.

Section 1 : Les parties à l’opération :

Aux questions qui touchent la personne du mandant et du mandataire viennent s’ajouter les questions qui
concernent le tiers cocontractant.

• Le mandant : le mandant est la personne qui est à l’origine du pouvoir, c’est la personne qui souhaite voir une
opération conclue pour son compte par l’intermédiaire d’autrui. Selon l’article 880 du DOC, le mandant doit
être capable de s’obliger, l’article énonce que « pour donner un mandat, il faut être capable de faire par soi-
même l’acte qui en est l’objet ». le mandant doit donc avoir la capacité non requise chez le mandataire, il suffit
que celui-ci soit doué de discernement de ses facultés mentales, quoi qu’il n’ait pas la faculté d’accomplir
l’acte pour lui-même. Il peut valablement faire au nom d’autrui ce qu’il ne pourrait accomplir en son propre
nom.

• Le mandataire : Un mandataire désigne une personne qui possède un mandat pour pouvoir exercer une
action en lieu et place d'une autre personne. En d'autres termes, un mandataire est une personne mandatée
par un individu pour réaliser un acte, souvent juridique, en son nom. Le terme touche de nombreux domaines
comme celui des entreprises, des automobiles, etc. Appliqué au premier, il définit dans la majeure partie des
cas une personne physique chargée de représenter une personne morale. On parle alors de mandataire social.
A cô té du mandataire lui-même, figure parfois un sous-mandataire, la
substitution est licite et elle produit des effets particuliers. La présence du substitué
est subordonnée dans la plupart des cas à l'état de nécessité dans laquelle se trouve le
mandataire tel le cas d'une maladie grave l'empêchant d'exercer sa mission. -le tiers
cocontractant : Le cocontractant, partie à l'acte envisagé, n'est pas à proprement parlé,
partie au contrat de mandat. Pour autant la considération de sa personne n'est pas
moins d'une certaine importance dans l'esprit du mandant et du mandataire.

• Le tiers cocontractant : le cocontractant, partie à l’acte envisagé, n’est pas à


proprement parlé, partie au contrat de mandat. Pour autant la considération de sa
personne n’est pas moins d’une certaine importance dans l’esprit du mandant et du
mandataire.

Que les tiers soit déterminé ou indéterminé, cela n’entache pas le mandat d’un
vice quelconque : son objet, en pareille hypothèse, est de trouver le contractant
souhaité, en même temps que de conclure l’opération.

En principe, le mandataire choisi ne saurait à l’insu du mandant, cumuler ce rô le


avec celui du tiers cocontractant, en se portant contrepartie : le tiers cocontractant ne
doit pas, en règle générale, être le mandataire.
Section 2 : Le consentement

L’article 883 du DOC pose le principe sans ambiguïté : le mandat est un


contrat consensuel. L’acceptation par le mandataire du pouvoir donné par le
mandant suffit à former le contrat de mandat, que cette acceptation soit
écrite ou verbal.

Cependant, l’article 883 du DOC stipule que : « Le mandat est


parfait par le consentement des parties.

- La commission donnée par le mandant peut être expresse ou tacite,


sauf les cas où la loi prescrit une forme spéciale.

- L'acceptation du mandataire peut être également tacite, et résulter du


fait de l'exécution, sauf les cas où la loi prescrit une acceptation
expresse. »
Section 3 : L’objet du mandat

Le mandat confère un pouvoir au mandataire, et ce pouvoir est un devoir pour lui. Ce pouvoir lui
confère une mission et forme l’objet de ses obligations, cet objet doit être licite et doit être
déterminé, conformément aux dispositions du DOC et notamment les articles 881 et 882 le mandat
est nul s’il a un objet impossible ou trop indéterminé ou s’il a pour objet des actes contraires à
l’ordre public, aux bonnes mœurs, ou aux lois civiles ou religieuses, ainsi le mandat est non avenu,
s’il a pour objet un acte qui nul ne peut accomplir par procureur tel que celui de prêter serment. En
outre ce pouvoir doit répondre aux exigences du droit du mandat, il consiste selon l’article 879 du
DOC à faire quelque chose pour le mandant et en son compte. Pour protéger le mandant, le
législateur a mis en exergue une disposition délimitative et phare, c’est celle contenue dans l’article
895 qui prévoit que le mandataire « ne peut rien faire au-delà ni en dehors de son mandat ».

La mission du mandataire, pour lui être valablement confiée, doit consister en une « affaire à faire »,
c’est-à -dire qu’elle doit exister. En particulier, il convient que la tache n’ait pas été déjà exécutée,
même en ce cas, si le mandataire, dans l’ignorance de ce fait, a engagé des dépenses, il peut
prétendre à remboursement. Par ailleurs, le mandat peut voir sa licéité mise en cause du fait que
certains actes projetés ne peuvent pas en faire l’objet, il s’agit en premier lieu des actes réservés à la
personne en raison de leur nature très personnelle, d’après l’article 894 du DOC : « Quelle que
soit l'étendue de ses pouvoirs, le mandataire ne peut, sans l'autorisation expresse du
mandant, déférer serment décisoire, faire un aveu judiciaire, défendre au fond en justice,
acquiescer à un jugement ou s'en désister, compromettre ou transiger, faire une remise de
dette, aliéner un immeuble ou un droit immobilier, constituer une hypothèque ou un gage,
radier une hypothèque ou renoncer à une garantie, si ce n'est contre payement, faire une
libéralité, acquérir ou aliéner un fonds de commerce ou le mettre en liquidation, contracter
société ou communauté, le tout, sauf les cas expressément exceptés par la loi. »
Chapitre deuxième : Les effets du mandat entre les parties

Cet engagement contractuel crée des obligations réciproques :

Section 1 : Les obligations du mandataire

Selon l’article 895 du DOC : « Le mandataire est tenu d'exécuter exactement la commission qui lui a
été donnée ; il ne peut rien faire au-delà, ni en dehors de son mandat ».

Néanmoins, les obligations du mandataire se sont aggravé es à mesure que le mandat s’est professionnalisé .

Est ainsi née une obligation de conseil incombant au mandataire professionnel : il doit ainsi conseiller le
mandant sur l’utilité de l’acte envisagé, sur les conséquences et les risques de cet acte (ex : un agent
immobilier doit avertir son mandant que le prix de vente projeté est trop faible).

Le mandataire doit donc respecter la mission qui lui a été confiée : recouvrement des impayés, contracter
des contrats, dresser des actes conservatoires etc… Il doit rendre des comptes au mandant et répondre des
dommages causés au mandant suite à une négligence ou une inexécution volontaire de son mandat. La
responsabilité du mandataire peut être engagée en raison de ses fautes mais il faut distinguer selon que sa
mission est constitutive d’une obligation de moyens ou d’une obligation de résultat.

Toutes les obligations du mandataire sont développées par les articles 895 à 912
Section 2 : Les obligations du mandant

Selon l’article 913 du DOC : « Le mandant est tenu de fournir au mandataire les fonds et autres moyens nécessaires pour
l'exécution du mandat, s'il n'y a usage ou convention contraire ».

Le mandant doit :

1° Rembourser au mandataire les avances et frais qu'il a dû faire pour l'exécution du mandat dans la mesure de ce qui était
nécessaire à cet effet, lui payer sa rétribution au cas où elle serait due, quel que soit le résultat de l'affaire, s'il n'y a fait ou
faute imputable au mandataire ;

2° Exonérer le mandataire des obligations qu'il a dû contracter par suite ou à l'occasion de sa gestion ; il n'est pas tenu des
obligations que le mandataire aurait assumées, ou des pertes qu'il aurait essuyées, par son fait ou par sa faute, ou pour
d'autres causes étrangères au mandat.

Le mandataire n'a pas droit à la rétribution convenue :

1° S'il a été empêché, par un cas de force majeure, d'entreprendre l'exécution de son mandat ;

2° Si l'affaire ou l'opération dont il a été chargé a pris fin avant qu'il ait pu l'entreprendre ;

3° Si l'affaire ou opération en vue de laquelle le mandat avait été donné n'a pas été réalisée, sauf, dans ce dernier cas, l'usage
commercial ou celui du lieu.

Il appartient cependant au juge d'apprécier si une indemnité ne serait pas due au mandataire, d'après les circonstances,
surtout lorsque l'affaire n'a pas été conclue pour un motif personnel au mandant ou pour cause de force majeure.
Si le mandat a été donné par plusieurs personnes, pour une affaire commune, chacune d'elles est tenue envers le
mandataire en proportion de son intérêt dans l'affaire, s'il n'en a été autrement convenu.

Toutes les obligations du mandant sont développées par les articles 913 à 919
Chapitre troisième : Les effets du mandat à l’égard des tiers

Le mandat a des effets vis-à -vis des tiers. Toute personne amenée à traiter
avec un mandataire a agi conformément aux pouvoirs qui lui ont été
donnés. Le mandant n’est pas en principe tenu des actes qui ne rentrent pas
dans la mission qu’il a confié e sauf, selon l’article 927 du DOC, dans les cas
suivants :

 Lorsqu’il l’a ratifié, même tacitement


 Lorsqu’il en a profité
 Lorsque le mandataire a contracté dans des conditions plus favorables
que celles portées dans ses instructions
 Même lorsque le mandataire a contracté dans des conditions plus
onéreuses, si la différence est de peu d’importance ou si elle est conforme
à la tolérance usitée dans le commerce ou dans le lieu du contrat.
Chapitre quatrième : L’extinction du mandat

Régit par l’article 929 du DOC, le contrat de mandat peut prendre fin de différentes façons :

1) Par l’accomplissement de l’affaire pour laquelle le mandat a été contracté. Le mandat, notamment
lorsqu’il est spé cial, prend fin lorsque l’objet pour lequel il avait é té confié a été réalisé.
2) Par l’événement de la condition ré solutoire, ou l’expiration du terme qui y été ajouté
3) Par la révocation expresse ou tacite du mandataire : le mandant peut révoquer sa procuration quand bon
lui semble et contraindre, s’il y a lieu, le mandataire à lui remettre soit l’écrit sous seing privé qui la
contient, soit l’original de la procuration.
4) Par la renonciation de celui-ci au mandat : Le contrat de mandat peut prendre fin selon la volonté du
mandataire de renoncer à ce mandat. Le mandataire peut renoncer au mandat, en notifiant au mandant
sa renonciation. Néanmoins, si cette renonciation préjudice au mandant il devra en être indemnisé par le
mandataire, à moins que celui-ci ne se trouve dans l’impossibilité de continuer le mandat sans en
éprouver lui-même un préjudice considérable. En effet, si le mandataire n’a plus la possibilité, ou la
volonté de continuer le contrat, il doit en informer le mandant, et la résiliation du contrat prend fin.
5) Par le décès du mandant ou du mandataire
6) Par le changement d’état par lequel le mandant ou le mandataire perd l'exercice de ses droits, tel que
l'interdiction, la mise en faillite, à moins que le mandat n'ait pour objet des actes qu'il peut accomplir
malgré ce changement d'état ;
7) Par l'impossibilité d'exécution pour une cause indépendante de la volonté des contractants.

Le mandataire ayant contracté ou s’est engagé sans mandat ou au-delà de son mandat est tenu des
dommages envers les tiers avec lesquels il a contracté.
CONCLUSION :

Le contrat de mandat est un contrat classique, synallagmatique, en principe


consensuel, la spécialité provient du fait qu’elle fait intervenir une troisième
personne : le tiers concluant le contrat avec le mandataire. Il conclut avec le
mandataire mais est lié au mandant. Il permet de réaliser un dédoublement de la
personnalité juridique et permet au mandant d’avoir un certain pouvoir d’ubiquité .
Il est trè s utile, ne serait-ce qu’en matière de mandataires-sociaux, repré sentation
de la personne morale, fondant ainsi la quasi-totalité du droit des socié tés.

Ce contrat est dangereux car une personne peut exprimer la volonté juridique
d’une autre à sa place, avec les engagements que cela implique.
Notons que certains contrats ne peuvent pas faire l’objet
d’une procuration, exemple : le mariage.

Le mandat doit donc ê tre marqué du signe de la confiance.


BIBLIOGRAPHIE :

Tous les sites internet sont mis à jour depuis le 26 octobre 2017
Nous tenons à remercier Madame le Professeur Karima KARROUMY pour ses
précieux conseils et pour avoir dirigé ce travail de recherche avec attention
et bienveillance.
Qu’elle veuille bien trouver ici l’expression de notre profonde
reconnaissance.