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Université Hassan 1er

Ecole Nationale de Commerce et de Gestion


Settat

Module:
Finance Islamique
Animé par: Mme Salma ARABI

2016/2017
Les objectifs du cours
 Connaître les principes de base du droit musulman
gouvernant la finance islamique et se familiariser
avec les contrats et produits financiers islamiques
 Maîtriser le fonctionnement des produits et services
financiers conformes au droit musulman
 Assimiler la structure, le mode de fonctionnement et
la gouvernance des banques islamiques
 Prendre connaissance de la situation des banques
participatives au Maroc et les différents aspects les
concernant à la veille de leur mise en application.
Chapitre 1: Le
cadre
réglementaire de la
Finance
Chapitre 2: Le
Participative au
système financier
Maroc
islamique

Chapitre0: La
Finance Islamique et
le regain d’intérêt Chapitre 3: Les
Finance instruments de la
Finance Islamique
Islamique

Chapitre 4:Les
Chapitre 6: La finance produits des
Islamique Mondiale institutions non
Chapitre 5: La bancaires
promotion de la
Finance Islamique
Chapitre Préliminaire
LA FINANCE ISLAMIQUE ET
LE REGAIN D’INTÉRÊT
INTRODUCTION
Associer finance et Islam, c’est faire le postulat qu’il existe
une relation entre économie et religion.
Pour comprendre la finance islamique, il faut la considérer,
comme un tout, non pas homogène, mais un tout dont les
valeurs forment un système qui se veut intrinsèquement
éthique.
A l’heure ou la finance conventionnelle est en mal de
liquidités, et est remise en cause par les crises successives,
vient l’heure de réfléchir sur les dérives d’un capitalisme
en mal de vivre. L’homme prend enfin conscience de
l’importance de l’éthique et du développement durable.
La crise de 2008, quelles causes derrière ?

 Le manque de discipline du marché;


 Surendettement et les prêts excessifs accordés par les
banques;
 La pratique des taux d’intérêts faibles;
 La banque est devenue une simple entreprise qui cherche
à maximiser son profit en vendant davantage de produits;
 Asymétrie d’information et manque de transparence;
 échec du rôle des agences de notation
 ….etc.
Pour y remédier, il faut:
 Se baser sur des règles de bonne conduite;
 Ancrer les principes d’une concurrence loyale sur le marché
 Etablir un couple rendement-éthique pour assurer la
perpétuité des institutions financières,
 Se fonder sur une intermédiation bancaire qui tire ses
origines de l’économie réelle à travers le partage des profits
et des pertes.

Ces fins constituent les fondements du


financement bancaire islamique.
Question : comment est ce que les banques
islamiques ne se sont pas influencées par la
crise ?

Réponse: le financement islamique est un


financement des biens et services et non pas un
financement de crédits.
Qu’est qu’on entend par Finance
Islamique?

Est désignée comme finance islamique, toutes les activités financières et


commerciales qui respectent les principes du droit et de la jurisprudence
islamiques, communément désignés sous le vocable Chari’a .

L’adjectif « islamique », définit simplement le fait « de puiser ses valeurs dans


la mouvance de la religion islamique, de respecter les principes et les interdits
édictés par la loi religieuse , la Chari’a.

Littéralement le mot arabe « Chari’a », signifie « le chemin ». La Chari’a, à


travers des principes et des recommandations, définit et décrit dans tous les
domaines le comportement du musulman.
Qu’est qu’on entend par Finance
Islamique? (Suite)
La Chari’a gouverne, dès lors, la dimension spirituelle, sociale, morale et
éthique du musulman dans la sphère privée, mais aussi dans la sphère
publique, incluant notamment les activités économiques et commerciales.

La Chari’a comprend à la fois les dogmes religieux, « al’Aquida »


(al’Aquida, en arabe, science des fondamentaux, des dogmes de la foi), et
tout ce qui se rapporte à l’être et ses rapports sociaux, « al-Mu’amalat ».
Ainsi, la finance islamique, n’envisage dans la Chari’a que les règles
relatives aux transactions commerciales, à l’activité économique.

Le système financier islamique est ainsi régit par cette loi, il s’organise
donc autour de mécanismes, d’institutions et de produits qui doivent
respecter l’ensemble des principes philosophiques édictés dans les sources
de droits islamiques.
Importance de la FI sur le marché financier international

L’apport de l’économie islamique d’une façon générale et de la finance


islamique en particulier peut bénéficier à toute la communauté : musulmans ou
autres, pratiquants ou non pratiquants. Il suffit de rappeler qu’en Malaisie, qui
est considérée comme une place développée de la finance islamique, la plupart
des clients faisant appel à ces produits sont des non musulmans, et que
plusieurs pays non musulmans ont mis ou sont en cours de mise en place de
cadres réglementaires régissant l’économie islamique.
Il ne s’agit pas là d’une mode, ou du fruit d’un contexte politique particulier,
mais plutôt d’un système alternatif venant compléter, et non se substituer, au
système conventionnel, offrant des opportunités pour le financement de
l’économie, la relance de l’emploi, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration
des conditions de vie des citoyens, le développement des régions les plus
défavorisées.
Chapitre 1:

Le cadre réglementaire de la finance


participative au Maroc
Depuis le 5 mars 2015, le Maroc s’est doté d’une
nouvelle catégorie d’établissements bancaires
dont les produits et les services doivent être
conformes aux règles de la Chariaâ (« les
banques participatives »). Attendu par les acteurs
du secteur bancaire nationaux et internationaux et
par une grande partie de la population marocaine,
ce texte est le fruit d’une réflexion bien murie au
sein de Bank Al-Maghrib et affinée par le retour
d’expérience des pays pionniers dans la finance
islamique.
La loi 103.12 régissant les banques
participatives au Maroc
 La loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes
assimilés introduit les banques participatives dans le code bancaire à travers
la mise en place de nouveaux fondements reposant sur les principes de
partage des gains et des pertes, en faisant appel exclusivement au Conseil
Supérieur des Oulémas pour donner ses avis de conformité.
 Le texte pose le cadre réglementaire pour la création, le fonctionnement et
les activités de banques participatives et définit les points concernant le
domaine d’application, les dépôts et les produits commercialisés par les
banques participatives. Il prévoit par ailleurs la mise en place d’un comité
d’audit chargé, entre autres, d’identifier et de prévenir les risques de non-
conformité de leurs opérations aux avis du Conseil Supérieur des Oulémas.
 La loi n° 103.12 s’applique aux établissements de crédit et organismes
assimilés : banques, sociétés de financement, établissements de paiement,
associations de microcrédit, banques offshore, compagnies financières, la
CDG – Caisse de dépôt et de gestion et la Caisse centrale de garantie.
Circulaires 12,13 et 14/w/16
 Depuis la conférence de presse de Bank Al-Maghrib de juin dernier,
nous avons eu droit à trois circulaires d’application, qui sont:
 la 12/w/16, portant sur les caractéristiques techniques des cinq produits
de banque participative (Mourabaha, Ijara, Moucharaka, Moudaraba et
Salam) en attente de l’Istisnaa, sixième produit prévu par la loi bancaire,
une forme de BOT qui présente encore des frottements juridiques à
résoudre avec le code de commerce.
 la 13/w/16 portant sur les conditions et modalités de réception et emploi
des dépôts d’investissement participatifs,
 la 14/w/16, portant sur les conditions d’exercice des activités et
opérations participatives par les banques conventionnelles.
Les circulaires sont en instance de publication au BO, et il restera à
publier celle relative à l’exercice de la fonction d’audit interne
chariatique, prévue par l’article 64 de la loi 103-12, et qui a été déjà
produite.
UN CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL BIEN
INTÉGRÉ AU SEIN DE LA LOI BANCAIRE

Dans un souci de cohérence, le législateur a fait le choix


judicieux d’intégrer le cadre juridique de la banque
participative au sein de la nouvelle loi bancaire. En effet,
le titre III de celle-ci est entièrement consacré aux banques
participatives. Selon la nouvelle loi, les banques participatives
sont agréées selon les mêmes conditions et exigences
réglementaires applicables aux banques conventionnelles et
sont tenues en outre d’adhérer à une association
professionnelle. Cette nouvelle catégorie d’établissements
bancaires peut aussi bien proposer les services bancaires
classiques que les opérations commerciales, financières et
d’investissement participatifs à condition que celles-ci ne
donnent en aucun cas lieu à la perception et/ou au versement
d’intérêt.
UN CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL BIEN
INTÉGRÉ AU SEIN DE LA LOI BANCAIRE

Quant à la structure juridique choisie par les opérateurs


économiques pour l’exercice de cette nouvelle activité,
diverses options s’offrent à eux. Pour les banques
marocaines filiales de groupe bancaire étranger, le choix est
de proposer les produits participatifs via un guichet affecté:
le Guichet islamique, « the Islamic Window ». En revanche,
pour les nouveaux entrants sur le marché bancaire
marocain, notamment les banques des pays du Golfe
spécialisées en finance islamique, la création d’une filiale
dédiée a été retenue ; c’est également la création de filiale
commune dédiée à la banque participative qui a été choisie
comme structure de partenariat entre les banques locales et
les nouveaux entrants spécialisés en finance islamique.
LES INSTANCES DE CONFORMITÉ

Pour encadrer l’offre de produits participatifs, la nouvelle loi bancaire a instauré


deux instances de conformité :
LE CONSEIL SUPÉRIEUR DES OULÉMA (CSO)

Cette instance a pour rôle d’analyser la conformité des produits et services


participatifs proposés par les banques, assureurs et les sociétés de titrisation. A ce
titre, ces institutions doivent le consulter avant la commercialisation de leurs
produits et services participatifs sur le marché. En outre, les banques participatives
doivent lui adresser annuellement un rapport d’évaluation sur la conformité de
leurs opérations et activités aux avis conformes émis par cette instance.
LA FONCTION CHARIIÂ COMPLIANCE

La nouvelle loi bancaire a instauré aussi au sein des banques participatives et des
banques conventionnelles, proposant les produits et services participatifs, une
fonction conformité Chariaâ « Chariaâ compliance » dont les modalités de
fonctionnement seront fixées par une circulaire de Bank Al-Maghrib dont la
parution devrait intervenir cette année.
C’est officiel, les banques participatives
marocaines seront:
 Assafaa Bank : Attijariwafa bank a annoncé son intention de transformer sa filiale Dar
Assafaa en une banque islamique à part entière, avec son identité indépendante. Attijariwafa
bank développera sa banque participative sans associé étranger.
 La Banque Participative du Maroc : la Banque Centrale Populaire – BCP a signé un
partenariat stratégique avec Guidance Financial Group. Basé aux Etats-Unis et filiale du fonds
souverain qatari Barwa, Guidance Financial Group est un opérateur global de finance
islamique actif dans plusieurs régions du monde.
 Al Baraka Bank : le conseil d’administration de BMCE Bank présidé par Othman Benjelloun
a approuvé un projet d’association avec Al Baraka Banking Group (ABG), l’un des leaders
mondiaux de la finance islamique. Al Baraka Banking Group, dont le siège est situé à Bahrain,
possède le plus large réseau mondial de banque islamique, avec un réseau de 500 agences et
des filiales dans de nombreux pays musulmans.
 QMB Company : CIH Bank, qui a déposé une demande d’agrément pour lancer une filiale
dédiée à la banque islamique au Maroc, vient d’annoncer qu’en cas d’accord de Bank Al-
Maghrib, ce projet serait mené en joint venture avec Qatar International Islamic Bank (QIIB),
et en partenariat avec la CDG (maison mère du CIH).
 Al Akhdar Participative Bank : le Crédit Agricole du Maroc, dont le capital est détenu à
75% par l’Etat marocain, a été autorisé à créer une banque participative dont il détiendra 51%
du capital, en s’associant avec la Banque Islamique de Développement (BID), institution
internationale dont le siège est à Djeddah qui détiendra 49% du capital.
Apports Economiques de la Finance
Islamique pour le Maroc

Diversification des sources de financement

Développement de l’économie réelle

Rentabilité et résistance aux crises


Apports Economiques de la Finance
Islamique pour le Maroc

Diversification des sources de financement

 Attraction des capitaux arabes (Sukuks et les


indices boursiers islamiques)

 Mobilisation Interne d’une épargne échappant


à la banque conventionnelle
Apports Economiques de la Finance
Islamique pour le Maroc

Développement de l’économie réelle

 Relance de l’investissement: Absence de placement à intérêt


 Financement non inflationniste: Aucun recours aux taux
d’intérêt
 Meilleure répartition de richesse: Approche participative
(Profits)
 Meilleure gestion de risques: (mutualisation des pertes)
 Roulement économique: Relance pouvoir d’achat, classe
moyenne …
Apports sociaux de la Finance Islamique
pour le Maroc
Protection du niveau de vie des consommateurs: Financement
non inflationniste

Limitation de la thésaurisation et les placements rentiers à


l’intérêt:

 Création d’emploi: Incitation à l’investissement et au


roulement des flux.
 Simulation de la demande par l’augmentation du niveau de
vie.
 Croissance durable

Micro finance islamique: Up grade de la pauvreté vers une


classe moyenne
Apports sociaux de la Finance
Islamique pour le Maroc
Activation des rôles économiques et sociaux de la ZAKAT et du WAQF

 Redistribution richesses: Dynamiser circuit économique et


baisse pauvreté
 Réduction de la charge de l’Etat (Santé, enseignement,
Social…)

Emploi: Institutions financières islamiques (Formation, conseil,


évènementiel)

Protection des droits de consommateurs: Niveaux élevés de transparence


Défis à relever pour réussir l’expérience
marocaine

 Longueur d’avance des autres places financières


 Passage maitrisé des produits alternatifs aux banques participatives:
 Création d’institutions financières à capital marocain
 Implantation des banques islamiques étrangères expérimentées
 Partenariat des banques du golf avec des fenêtres islamiques
locales.
 Harmonisation fiscale: Réduction du coût administratif des
produits islamiques
 Cadre réglementaire exhaustif et supervision adaptée (Comité
Sharia Central)
 Formation des ressources qualifiées: Masters et certification en
finance islamique
Synthèse des causes et Dynamique
Managériale vis-à-vis de la situation des
banques participatives au Maroc
L’Arbre des Causes
 Le diagramme d’Ishikawa
 La boucle de la performance
 L’approche SWOT
L’arbre de causes
Le Diagramme d’Ishikawa
La Boucle de Performance

Réponse des autorités peu


Attente des clients: cohérente avec la demande Objectif des autorités:
Banques et produits de la population Réussite des produits
Islamiques alternatifs

Peu de contrôle
Peu de satisfaction, d’efficacité de la BAM, Moyens peu adéquats
mauvaise qualité peu de mesures avec l’objectif fixé
d’ajustement

Résultats: Faible Manque d’efficience: les Moyens: Déficience des


demande des produits résultats ne sont pas à la
moyens
alternatifs hauteur du peu de moyens
disponibles
L’Approche SWOT
Forces Faiblesses
 Initiative louable par l'adoption de la
 Absence de concurrence parfaite
recommandation de Bank Al Maghrib
 Chiffre d'affaires de 800 millions dirhams  Cherté des produits participatifs

 Réduction de la TVA de 20% à 10% sur  Fiscalité inadéquate par rapport aux produits
Mourabaha calculable seulement sur le profit classiques
 Elimination de la double imposition en
 Défaillance de la politique de communication
matière de droits d'enregistrement
 Exclusion du monde rural et Stand-by de la
clientèle
Opportunités Menaces
 Exploration de la voie de la banque
 Déstabilisation et avortement de l'expérience
islamique
 Compétitivité pour drainage des
 Risque de discrimination entre les citoyens
financements des pays du golf
 Bénéfice de l'expertise et du savoir-faire des
 Non accroissement du taux de la bancarisation
banques participatives
 Harmonisation avec les pays européens  Une concurrence agressive due aux lobbies
engagés dans la finance participative bancaires
Chapitre 2:

le Système Financier
Islamique
Sources du système financier islamique

 Le Coran
Le texte sacré de l’Islam est la première source du droit
musulman. Il rend compte du message de Dieu, tel que relevé au
prophète Muhammad.
D’après Youssef Seddik (Seddik, 2004), le Coran récapitule
l’héritage biblique « du récit adamique jusqu’à l’ascension de
Jésus et la prédication de Jean Baptiste, en passant par le Déluge,
l’Exode, le règne de David et de Solomon, […]»
Notons que, le Coran comprend trois grands ensembles: des
textes de pure spiritualité (louanges de Dieu, évocation de la fin
du monde); des textes narratifs souvent d’inspiration biblique et
ayant un rôle d’édification; et des textes normatifs, qui énoncent
des obligations d’ordre éthico-juridique .
Sources du système financier islamique
La Sunna
La Sunna constitue l’ensemble de recueils retraçant la vie
du prophète, ses paroles ainsi que ses accords et désaccords
sur les principes de la vie quotidienne. Les paroles du
prophète, aussi appelé « sunna qawliya »(La Sunna
qawliya, se distingue de la sunna fi’liya, qui se rapporte à
la manière dont se comportait le prophète), sont rapportés
dans ce qu’on appelle les hadiths.
La Sunna constitue la seconde source législative de l’Islam.
Sources du système financier islamique
Al-Ijma
Pour les sunnites, le consensus général, en arabe « Al-Ijma
», est considéré comme la troisième source du droit
musulman. Lorsqu'un cas juridique se présente à une
époque donnée, et que tous les Moujtahid -Savants
musulmans- s'accordent pour
prononcer un même avis le concernant, leur accord est
appelé Ijma. Le jugement résultant ainsi de ce consensus
acquiert le statut de loi religieuse .
Sources du système financier islamique
Al Qiyas
D’après les spécialistes des fondements du droit musulman,
« al-Qiyas », ou le raisonnement par analogie, constitue la
quatrième source du droit musulman. Ce raisonnement est
utilisé, lorsqu’il est question d’un cas juridique non
mentionné dans les textes religieux. Le cas juridique est
alors comparé à un cas semblable, pour lequel une
prescription est donnée dans les textes. L’analogie est
fondée sur une commune raison d’être du jugement.
Axiomes de la Finance Islamique

 La monnaie est une mesure, un étalon de la valeur, elle


ne constitue ni une matière première ni une valeur en soi.
 Toute dette constitue une responsabilité et ne peut donc
faire l’objet d’un échange ou d’une transaction
 la finance est au service de l’économie réelle, de la
création de richesse et pas une fin en soi, capable de
générer une inflation
 L’Islam encourage la finance participative, mais elle ne
repose pas sur une relation créancier-débiteur.
 l’Islam encourage la partage des risques et des
rendements, Toutefois, toutes les formes de partenariats
sont valorisés.
Piliers de l’Islam ‘Financier’

 Pas de Riba ‘Usure’


Pas de Gharar ni de Maysir
Pas de Haram (Secteurs illicites)
 Obligation de partage des profits et des
pertes
 Principe d’adossement à un actif tangible
L’interdiction de la Riba:
Tout avantage ou surplus perçu par l’un des contractants sans aucune
contrepartie acceptable ou légitime du point de vue de la charia.
L’interdiction du Gharar:
le Gharar peut être défini comme étant tout flou non négligeable au niveau d’un
des biens échangés et/ou qui présente en soi un caractère hasardeux et incertain.
L’interdiction du Maysir:
Il désigne toute forme de contrat dans lequel le droit des parties contractantes
dépend d’un évènement aléatoire.
L’interdiction des Investissements illicites :
La charia exige également que tout musulman ne peut traiter des biens jugés
illicites ou Haram. Du point de vue financier, les sous-jacents de tout type de
contrat doit également être conformes à la charia.
o Principes de partage de profits et de pertes:
La finance islamique est souvent qualifiée de participative
à partir du fonctionnement des contrats de participation.
Elle a mis en place un système basé sur le partage des
pertes et des profits. Ce système permet d’associer le
capital financier au capital humain, et exige que la
participation doit être fixée dans une proportion et non par
un bénéfice à la signature du contrat.
l’asset backing;

Toute transaction financière doit être sous-entendue par un


actif pour être valide selon la charia,. La tangibilité de
l’actif signifie que toute opération doit être obligatoirement
adossée à un actif tangible, réel, matériel et surtout détenu.
Chapitre 3 

Les instruments de la
Finance Islamique
Les instruments de la Finance Islamique

Qui dit finance islamique, dit instruments financiers,


compatibles avec la Chari’a.
Au cours de ces trente dernières années, le nombre de
produits financiers islamiques a augmenté de façon
significative.
Notons, dès à présent de la plupart des produits financiers
islamiques répondent aux mêmes besoins que les
instruments de financiers traditionnels.
Néanmoins, ils s’appuient sur des mécanismes financiers
élémentaires propres à la finance islamique. C’est en
combinant ces mécanismes, que les instruments financiers
islamiques voient le jour.
Instruments participatifs

En matière de répartition des risques et des


rendements, se sont indéniablement les
instruments participatifs qui sont le plus en
adéquation avec les préceptes de la finance
islamique.
Au sein des instruments participatifs, il
existe deux mécanismes utilisés, à savoir les
opérations de « Moudharabah » et «
Moucharakah ».
La Moudharabah
En arabe, Moudharabah, signifie littéralement prise de risque. C’est un contrat,
d’association dit de fiducie, entre un investisseur, qu’on appelle Rab el Mal,
qui fournit le capital (financier ou autre) ; et
un entrepreneur, qu’on appelle le Moudarib, qui lui fournit son expertise.
Cette structure financière, similaire à celle de la société en commandite en
France, implique, que la responsabilité de la gestion de l’activité, repose
entièrement dans les mains de l’entrepreneur. Selon une répartition connue à
l’avance, entre les deux parties prenantes, les bénéfices dégagés sont donc
partagés ; après que l’investisseur ait recouvré son capital, et que l’entrepreneur
ait acquitté la totalité de ses frais de gestion. (Jouini et Pastré, 2009)
Quant aux pertes, c’est l’investisseur qui en assume l’intégralité, l’entrepreneur
ne perdant que sa rémunération.
L’objectif de ce type de contrat est clair : partager le capital de l’investisseur et
l’expertise de l’entrepreneur.
La Moudharabah en BREF…
Un investisseur apporte des capitaux à un
entrepreneur, les gains étant partagés
selon une répartition connue à l’avance.
Les pertes sont assumées par
l’investisseur, l’entrepreneur ne perdant
que la valeur de son travail
La Moucharakah
En arabe, Moucharakah, signifie littéralement association. C’est une
opération, dans laquelle deux ou plusieurs partenaires investissent
ensemble, dans un même projet, et se partagent les bénéfices selon des
proportions définies à la signature du contrat.
Quant aux pertes, elles sont supportées en fonction du capital investi.
(Jouini et Pastré, 2009) On assimile souvent la Moucharakah à la Joint-
Venture.
Contrairement à la Moudharabah, la gestion est confiée à l’ensemble
des associés. Néanmoins, la loi islamique précisant uniquement les
grands principes de ce contrat, toutes les modalités ne sont pas
explicitées. Dès lors, il n’y a pas une forme unique de Moucharakah.
Ainsi, pour de nombreux spécialistes, la Moucharakah, constitue
l’instrument financier le plus fidèle aux préceptes de la finance
islamique, pour autant il n’en est pas moins le plus utilisé. Pourtant, il
est un outil très attrayant pour les PME.
La Moucharakah en Bref
Produit qui fonctionne comme une joint-
venture recevant un financement de la part de
la banque et des actifs de la part d’un
entrepreneur. Les bénéfices sont partagés selon
un accord convenu et les deux acteurs sont
solidaires en cas de pertes. Au fur et à mesure
que l’actif génère un profit, l’entrepreneur
rachète les droits de la banque dans la JV, ce
qui revient à payer le principal et « l’intérêt »
du financement consenti par la banque.
Instruments de financement
En Islam, comme cité précédemment, les contrats de
dettes classiques, ne sont pas autorisés, car font appel à
l’intérêt. Néanmoins, des instruments de financement
islamiques, s’apparentant à de la dette, sont fortement
utilisées en finance islamique.
Pourtant, clairement contrairement à la finance
conventionnelle, les instruments de financement
islamiques, excluent radicalement le taux d’intérêt.
Ces instruments permettent dès lors de financer des
opérations commerciales (Mourabaha), des biens
(Salam), des opérations industrielles (Istina’a), ou même
de gérer des locations (Ijara).
La Mourabaha
La Mourabaha est « une technique de
financement aux termes de laquelle un
financier acquiert un actif et le revend ensuite
à tempérament à son client à un prix majoré.
»(Smith, 2009). Le prix, et le mode de
paiement (échelonnement ou non sur une
période donnée) sont prédéterminés à l’avance
lors de la conclusion du contrat. On assimile
donc le contrat Mourabaha à un contrat de
vente.
La Mourabaha en bref …
est un contrat d’achat et de revente dans
lequel la banque achète à un fournisseur
un bien corporel à la demande de son
client, le prix de revente étant fondé sur
un coût plus une marge bénéficiaire
(calculée selon les mêmes modalités
qu’un taux d’intérêt)
Le SALAM
Le « Salam » est une technique qui consiste à payer des biens
prédéterminés à l’avance. C’est donc une vente à terme : la livraison se
fait dans le futur, et le paiement lui se fait au comptant. En théorie, en
Islam, la vente d’un bien non existant est illicite, car elle implique du
Gharar, de l’incertitude.
Pourtant pour faciliter certaines transactions à la lumière de certains
hadiths tels que: « Quiconque pratique une vente par salam, qu’il
spécifie la marchandise par son poids ou son volume et un terme
prédéterminé » Hadith rapporté par Ruimy (2008: 112-113), des
exceptions ont été accordées.
Des règles légales sont de mises : le bien doit être détaillé le plus
précisément possible (nature, prix, date et lieu de livraison…).
Actuellement, la finance islamique, utilise le contrat Salam comme
produits dérivés, tels que les contrats à terme ou les options de la
finance conventionnelle.
Le SALAM EN BREF…
Est un contrat d’achat comportant la
livraison différée des marchandises
(contrairement à la Mourabahah), utilisé
surtout pour le financement de
l’agriculture)
L’ISTISNA’
Le contrat Istisna’a, est un contrat financier permettant à un
acheteur de devenir propriétaire d’un bien, qu’il se fera livrer
à terme. Autrement dit, l’Istina’a est un dérivé du contrat
Salam.
Pourtant à la différence du contrat Salam, c’est tout au long de
la fabrication du bien, que celui-ci est payé, et le prix est
d’ailleurs convenu à l’avance.
Certaines règles légales sont de rigueur : les biens financés
par ce contrat doivent être manufacturables, les
caractéristiques du bien, tels que sa taille, les matériaux
nécessaires à sa construction, la date et le lieu de livraison,
doivent être connus à l’avance. Ce type de financement est
essentiellement utilisé dans le secteur immobilier.
L’ISTISNA’ en bref…

est un instrument de financement utilisé


pour les investisseurs à long terme, ou
pour la vente de biens à construire ou à
fabriquer.
L’IJARA

Le contrat Ijara, est assimilé au contrat de


crédit bail, ou au contrat de location vente
en finance conventionnelle. Le créancier
achète des biens, qu’il va ensuite louer à un
client. Ce dernier aura la possibilité, s’il le
souhaite de racheter le bien, quand le contrat
arrivera à son terme.
Même si le contrat Ijara ressemble
étrangement au contrat crédit bail classique,
des différences fondamentales sont notables
(Jouini et Pastré, 2009)
L’IJARA (Suite)
En cas de retards de paiement, le contrat Ijara, n’appliquera pas
de pénalités ;
- Tout changement du caractère du contrat, doit se faire par
l’intermédiaire d’un nouveau contrat ;
- L’acheteur débutera ses paiements, uniquement à la date de
possession du bien ;
- Le bailleur a la responsabilité du bien (sous réserve de bon
usage par l’acheteur) ;
- Si l’actif sous-jacent est amené à disparaitre, les paiements
disparaissent également ;
- Le contrat Ijara est flexible, car il est possible de déterminer
le montant de chaque paiement à la date de livraison prévue de
l’actif ;
L’IJARA EN BREF…
est un mécanisme relativement proche du
crédit-bail. La banque acquiert un bien
auprès d’un tiers qu’elle loue et met à la
disposition de l’emprunteur.
Chapitre 4 :
Les produits des institutions
non bancaires
Les sukuks
Parler des instruments financiers islamiques, sans mentionner les Sukuks, serait
oublier pourquoi la finance islamique a autant fait parler d’elle.
En effet, si au tournant du millénaire le marché des sukuks était quasi
inexistant, il atteint fin 2007, les 100 milliards de dollars, dépassant ainsi le
PNB d’un pays comme le Maroc. (Hassoune, 2008) Le marché des sukuks est
devenu ainsi le marché le plus attractif de la finance islamique.
Selon l’agence de notation Moody’s, le taux de croissance annuel des sukuks
sera de l’ordre de 35% ces prochaines années, et portera même en 2010,
l’encours des sukuks à plus de 200 milliards de dollars.
Mais qu’est-ce qu’un sukuk au juste ?
« Le sukuk est un produit obligataire islamique qui a une échéance fixée et est
adossée à un actif permettant de rémunérer le placement […] Les sukuks sont
structurés de telle sorte que leurs détenteurs courent un risque de crédit et
reçoivent une part de profit et non un intérêt fixe et commun à l’avance
comme dans un Asset Back Securities (obligations traditionnelles) »
(www.vernimmen.net).
Le sukuk, est donc assimilable à une obligation classique de la finance
conventionnelle, auquel les prinicpes de la Chari’a sont appliqués. Parmi, ces
principes, le sukuk doit obligatoirement être adossé, soit à un actif tangible,
soit à son usufruit.
Il convient alors de distinguer deux catégories de sukuks:
 Sukuk al Ijara, ou asset-backed: absence de garantie de remboursement;

- Sukuk al Moucharakah, ou asset-based : avec garantie de remboursement.


Les sukuks sont par ailleurs des instruments financiers structurés de telle sorte
à pouvoir être cotés sur les marchés financiers.
Les sukuks en bref…
Il s’agit d’un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui
confère un droit de créance à son propriétaire. Le sukuk est ainsi un produit
financier qui s’apparente aux obligations,
ayant une échéance fixée d’avance et étant adossé à un actif permettant de
rémunérer le placement.
Ils sont structurés de telle sorte que leurs détenteurs courent un risque « de
crédit » et reçoivent une part de profit de l’actif sous-jacent (qui doit être
obligatoirement licite) et non un intérêt fixe. On distingue deux types
d’émissions de sukuks : les souverains (émis par un État) et les corporatifs
(émis par une société ou banque).
Les produits sous-jacents des sukuks peuvent être représentés par des contrats
tels l’Ijara, la Moucharakah ou la Moudharaba.
Les sukuks étant par nature adossés à des actifs, ils sont en mesure de financer
le développement des infrastructures, et de nombreux pays émergents
envisagent de financer leurs projets par l’émission
des sukuks.
Le takaful
La Takaful, désigne l’assurance islamique. L’assurance dite
conventionnelle n’est pas licite en Islam, car son application fait appel
à la fois au Gharar, au Maysir (Littéralement spéculation. Le maisir est
illicite en Islam), et au Riba. Etymologiquement, Takaful, vient de
l’arabe kafl, qui signifie « responsabilité ou garantie »
« L’assurance telle qu’elle est appliquée en Islam repose sur l’idée
que ce qui est incertain et risqué pour un individu peut cesser d’être
incertain pour un nombre assez large de personnes. Les économistes
musulmans définissent l’assurance Takaful comme une transaction
financière symbolisée par une coopération mutuelle entre deux parties
pour protéger l’une d’elle contre des risques probables matériels
futurs. »( Karich, 2007)
Le takaful (suite)

L’assurance islamique repose sur des principes clairs :


- d’assistance mutuelle volontaire, appelé Ta-Awun.
-de coopération
- de responsabilité
L’assurance islamique, se différencie pourtant de l’assurance classique, sur
quatres points essentiels, comme le soulignent Elyès Jouini, et Olivier
Pastré :
- L’assistance mutuelle : tout contractant est à la fois assureur et assuré ;
- Propriété des fonds gérés : les assurés, en apportant « les fonds
nécessaires à la couverture des risques futurs », participent aussi bien aux
bénéfices, qu’à la recapitalisation si des pertes voient le jour ;
- Absence d’incertitude ;
- Gestion des fonds : les préceptes de la Chari’a doivent être respectés, le
portefeuille d’investissement est donc composé de produits financiers
islamiques hallal.
Le takaful (suite)

 Notons enfin, qu’il n’existe pas de modèle


prédéterminé pour gérer les produits d’assurance
islamique. Néanmoins, la majorité des compagnies
d’assurance islamiques, utilisent deux modèles
d’assurance, à savoir le modèle Wakala Takaful
(basé sur un système de cotisations), ou le modèle
Moudarabah Takaful (basé sur un système de
participation aux bénéfices).
Le Takaful en bref…
Takaful dérive du verbe arabe kafalah
(garantir). C’est un concept d’assurance
basé sur la coopération et la protection et sur
l’aide réciproque entre les participants. Il est
fondé également sur la mutualisation des
risques, l’absence d’intérêt (interdiction du
riba), le partage des profits et des pertes
(Moudharaba), la délégation de gestion par
contrat d’agence (Wakala) et l’interdiction
des investissements illicites (Haram).
Chapitre 5 :
La promotion de la
Finance Islamique
Les objectifs de l’économie islamique

 Garantir la croissance économique


 Assurer le bien-être humain
 Garantir la distribution équitable des
richesses
 Assurer les besoins fondamentaux de la société
Comment réussir la promotion de la
finance islamique?
Beaucoup d’acteurs (gouvernements,
investisseurs, chercheurs, épargnants)
s’intéressent aujourd’hui à la finance
islamique et ont de grandes attentes.
Toutefois, des conditions doivent être
réunies pour garantir à cette finance les
chances de réussir. Nous pouvons en citer
essentiellement :
Comment réussir la promotion de la
finance islamique?
 La définition d’une stratégie globale pour la promotion de l’industrie financière
islamique à travers les différentes composantes du système : banques, compagnie
Takaful, fonds d’investissement… avec une implication des pouvoirs publics dans
cette stratégie, notamment les banques centrales.
 La nécessité de mettre en place, dans les meilleurs délais, un cadre réglementaire
complet et approprié régissant toute l’activité financière islamique, y compris les
mécanismes d’accompagnement, de contrôle et d’organisation.
 La nécessité d’éviter de transposer des expériences toutes prêtes d’autres pays
sans tenir compte des spécificités et du contexte local.
 La préparation des différents acteurs par une formation adéquate dans les divers
domaines de la finance islamique, tant sur le plan technique que chariatique.
 La nécessité de créer un Comité chariatique à l’échelle nationale aux côtés des
autres comités siégeant dans chaque banque, pour s’y référer, notamment en cas
de litige.
Comment réussir la promotion de la
finance islamique?
 L’intégration du contrôle chariatique au sein des autres mécanismes de contrôle
de
 conformité et d’audit tout en veillant à l’émission d’un manuel ou guide sur la
gouvernance dans les institutions financières islamiques.
 La prise en considération de la structure et des spécificités du mode de
fonctionnement spécifique des banques islamiques dans la définition de certains
aspects réglementaires :
 les limites quant aux prises de participations et acquisitions de valeurs
mobilières et immobilières par les banques ou les taux de réserve obligatoire.
 La définition des mécanismes de fonctionnement et d’instruments du marché
monétaire et de la gestion de la trésorerie qui sont conformes aux principes de la
finance islamique.
 La nécessité de se conformer aux règles, normes et standards définis par les
organes de contrôle et de régulation tels que l’AAOIFI (The Accounting and
Auditing Organization for Islamic Financial Institutions), le
CIBAFI(General Council for Islamic Banks and Financial Institutions) et
l’IICRA(International Islamic Center for Reconciliation and Arbitration)
Chapitre 6 :
La finance islamique mondiale en
chiffres
La finance islamique mondiale
 L'encours de la finance islamique dans le monde est estimé aujourd'hui à 2000 milliards de
dollars à travers le Monde. Alors qu'en 2006 ce chiffre était estimé entre 600 et 800
milliards de dollars. En 2020 se chiffre pourrait de nouveau doublé eet être porté à 4000
milliards de dollars selon les experts.

 Le taux de croissance d'environ 15% par an, a été fortement soutenu par les revenus des
pays du golfe Persique et d' Asie du Sud-Est , en fort développement économique sur la
période 2003-2007.
 Les rapatriements de fonds moyen-orientaux après les attentats du 11 septembre 2001 et la
montée de la conscience religieuse islamique dans le monde ont contribués au
devéloppement de la finance islamique dans le monde entier.

 Car même si la finance islamique est fortement développé dans certains pays musulmans :
Iran, malaysie, Golf Persique, Indonésie... Des pays non musulmans tels que le Royaume
Uni, les Etats Unis, le Japon s'y mettent... En effet de par les valeurs qu'elle porte la finance
islamique est de plus en plus considéré comme étant un rempart à la crise financière. Les
banques islamiques ont d'ailleurs étaient totalement épargnées par la crise des subprimes en
2008. Ces opérations de spéculations abusives et de titrisation de dettes étant proscrits en
Islam.
La finance islamique mondiale
En 2016, le secteur de la finance
islamique fait face à trois défis majeurs :
la baisse des prix du pétrole, les
changements rapides de la régulation
financière mondiale et la fragmentation du
marché. Malgré des chiffres quelque peu
en berne pour l’année 2016, les analystes
tablent toujours sur une croissance à
l’horizon 2020.
Rapport annuel EY 2014/2015
 Ernst & Young a analysé les appréciations sur les médias sociaux de plus de 2,2 millions
de clients concernant leurs expériences avec les banques islamiques en Arabie Saoudite,
Bahrain, Koweit, Emirats Arabes Unis, Malaisie, Indonésie, Turquie, Qatar et Oman. Les
résultats ont démontré une satisfaction médiocre des clients pour de nombreuses banques
islamiques.
• Les actifs de la finance islamique détenus par les banques commerciales dépasseront US$
778 milliards en 2014.
• Le profit global consolidé des banques islamiques devrait tripler d’ici 2019.
• Les actifs bancaires islamiques sur les six principaux marchés Qatar, Indonésie, Arabie
Saoudite, Malaisie, Emirats Arabes Unis, Turquie en voie d’atteindre US$ 1.800 milliards
d’ici 2019.
• Globalement, les actifs bancaires islamiques ont enregistré un taux annuel de croissance
composé de l’ordre de 17% de 2009 à 2013.
• Les banques islamiques en Arabie Saoudite, Koweit et Bahrain représentent
respectivement plus de 48.9%, 44.6% et 27.7% de part de marché.
• En Indonésie, Turquie et Pakistan, le marché des banques islamiques s’est développé à un
taux annuel de croissance composé de 43.5%, 18.7% et 22.0% respectivement entre 2009 et
2013.
Le modèle anglais en FI
 La City de Londres conforte sa position de
première place occidentale pour la finance
islamique,  un marché qui pèse pas moins de 2000
milliards de dollars dans le monde. Selon un
rapport publié par le lobby de l'industrie financière
britannique TheCityUK, plus de vingt banques au
Royaume-Uni offrent des services en finance
islamique évalués à 4,5 milliards de dollars fin
2014. C'est deux fois plus qu'aux États-Unis qui
comptent dix banques islamiques et bien plus qu'en
Suisse (4), en Australie (4) et en France (3).

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