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La communication interpersonnelle

 la Communication interpersonnelle est un


échange verbal et / ou non verbal entre deux
personnes dans une situation de communication
précise .

La CIP est un acte complexe impliquant les


composantes sociale, psychologique, culturelle de
l’individu.
Principes, processus, formes de la CIP

I- Les principes de la communication


interpersonnelle :
 a) La CIP est inévitable : « On ne peut pas ne pas
communiquer » . Parler ou se taire, toiser quelqu’un,
attendre le bus, passer dans la rue avec des habits
neufs ou vétustes sont autant de signaux incitant à la
communication. La communication dans ce cas est
dite holistique : elle implique tout de l’Homme.
b) La CIP est intentionnelle : On communique
toujours dans un but précis : informer, convaincre,
créer un sentiment, inciter à agir, etc.
c) La CIP est irréversible : on ne peut retirer ni
effacer ce qu’on dit. Donc il est préférable de
●ne pas dire ce qu’on voudra retirer
●ne pas dire ce qu’on pourra regretter
●faire attention aux promesses.
●surveiller les messages d’engagement.
d) la CIP est un processus transactionnel : Il y a deux
types de transactions :
- symétrique : les deux participants expriment et
reflètent le même comportement
- complémentaire : ils manifestent des comportements
et attitudes différents.
 
 
II- Processus de la Communication interpersonnelle :

Emetteur feed back Récepteur

Décodage et compréhension

Codage réception

Emission transmission
R. Jackobson dégage ainsi six facteurs:

« le destinateur envoie un message au destinataire. Pour etre


opérant, le message requiert d’abord un contexte auquel il renvoie
(…), contexte saisissable par le destinataire, et qui est, soit verbal,
soit susceptible d’être verbalisé; ensuite le message requiert un
code, commun, en tout ou tout au moins en partie, au destinateur
et au destinataire, contact qui leur permet d’établir et de maintenir
la communication. » (1963, p. 213-214)
Le modèle de Jacobson développe essentiellement une réflexion sur le
message dans la communication verbale:
- le message est une séquence de signaux (des sons, des mots, des
phrases …) dont la substance est l’information qu’il transmet et dont
la mise en forme suppose à la fois un codage et un décodage.

D’où l’introduction du facteur code : on ne peut échanger des


messages que si on comprend la langue (qui est un code). Pour qu’il
soit compréhensible il faut ainsi en traduire la substance (le sens qu’il
véhicule) dans un code commun (c’est le travail d’encodage que fait
l’émetteur). A la réception du message, le destinataire devra faire le
travail inverse et retrouver le sens derrière les mots (c’est le «
décodage»).
- Par contact on entend la liaison physique (ils se parlent) et la
liaison psychologique (ils s’écoutent, cherchent à comprendre) qui
existent entre le destinataire et le destinateur. Un message, même
correctement encodé, ne peut parvenir à son destinataire si celui-ci
ne l’entend pas (parce qu’il est préoccupé par une autre question et
que, bien qu’il ait « entendu » les mots prononcés par l’émetteur, il
n’en a pas saisi la signification).
- Quant au contexte, il a un double sens.

Il Peut signifier l’environnement d’une unité déterminée: ainsi,


l’expression « C’est un original », par exemple, n’a pas le même sens si
la phrase qui suit est « Ne le perdez pas » ou « Il faut s’attendre à tout
de sa part ».
Mais il signifie aussi l’ensemble des conditions sociales: on est dans un
lieu privé ou public /en situation officielle ou en situation intime / les
partenaires se découvrent, appartiennent au même groupe culturel ou
à des groupes différents / ont un rapport de dépendance ou non, etc.
La principale originalité du modèle de Jackobson et l’un de ses intérêts
essentiels est qu’à ces six facteurs il fait correspondre six fonctions.
Ainsi n’est-il plus seulement un modèle descriptif et statique, mais aussi
un modèle « fonctionnel » (c’est-à-dire analysant les fonctions
spécifiques associées à chaque élément):
- Au destinateur est référée une fonction émotive (ou expressive): il est
en effet engagé affectivement dans ce qu’il dit (il veut convaincre,
ridiculiser, démontrer, instruire …). Par elle, le destinateur s’exprime
personnellement. On peut dire que la fonction émotive précise les
relations entre le message et celui qui l’envoie.
- Une fonction conative (ou d’injonction) est orientée vers le
destinataire chez lequel le destinateur veut provoquer des effets
(l’émouvoir, l’enflammer, l’iinciter à agir ou à écouter …). Par elle, le
destinateur s’efforce à agir sur le destinataire.
Pour R. Jackobson, les modes impératif (l’injonction : « Tu dois, il
faut… » et vocatif (l’interpellation : Hep là-bas, oh, dis-moi … »
marquent particulièrement la fonction conative. Cette fonction apparaît
d’une façon nette dans les situations où la finalité de la communication
est ouvertement de faire agir le destinataire dans le sens souhaité par le
destinateur: le tract syndical qui se termine par l’injonction « Venez tous
manifester dimanche »; ou bien le message publicitaire qui énonce
clairement : « Alors, chez votre détaillant, demander X ».
La fonction phatique est relative au contact. Par elle, le destinateur établit et
maintient une liaison avec le destinataire : c’est le sens des «Allô », «Tu
m’entends? » au téléphone. Dans la communication directe, les interlocuteurs
se regardent, hochent la tête, font « Oui, oui … » En agissant ainsi, ils
s’assurent de l’attention de leur partenaire.

La fonction métalinguistique s’exerce lorsque l’échange porte sur le code


lui-même et que les partenaires vérifient qu’ils utilisent bien le même code («
qu’est-ce que tu veux dire par …? »). Dans un récit un peu compliqué, le
narrateur peut demander : « Tu me suis? Tu me comprends? » pour vérifier
que son message parvient bien comme il le désire jusqu’à son interlocuteur.
De son côté, le destinataire peut effectuer de son propre chef quelques
reformulations (« Si je t’ai bien compris, tu veux dire que … ») pour s’assurer
qu’il décode bien le message qu’il reçoit.
La fonction référentielle est orientée vers le contexte dans la mesure où c’est de lui
que va dépendre la signification du message. Le message « J’aimerais que cette affaire
soit réglée aujourd’hui » suppose que les interlocuteurs sachent sans ambiguité de
quelle affaire il s’agit et que celui qui énonce cette phrase (le responsable du service »
ait le statut requis pour présenter cette requête à son interlocuteur (sa secrétaire). Tout
discours comporte une part importante d’implicite, intelligible pour les interlocuteurs
du fait qu’ils partagent le même contexte, et donc les mêmes références (quant aux
lieux, aux temps, aux personnages, aux informations, etc.)

La fonction poétique ne se limite pas à la seule poésie, car tout message est expressif.
Elle se rapporte à la forme même du message dans la mesure où elle a une valeur
expressive propre: « Puis-je me permettre de vous emprunter votre stylo? », « Tu peux
me passer ton stylo, s’il te plaît? »; « Hé, file-moi ton stylo! » visent, par exemple, le
même but mais n’ont pas la même forme et donc la même signification.
R. Jackobson a réellement tenté de se dégager d’une certaine vision abstraite et mécaniste
de la communication. Dans une réflexion postérieure de son modèle, il évoque même la
question du feed-back et de l’attitude active du destinataire dans la communication,
laissant penser que l’on pourrait en faire un septième élément : « Il y a sans doute feed-
back entre la parole et l’écoute, mais la hiérarchie des deux processus s’inverse quand
passe de l’encodeur au décodeur. Ces deux aspects distincts du langage sont irréductibles
l’un à l’autre; tous deux sont également essentiels et doivent être regardés comme
complémentaires » (1963, p. 94).
On distingue deux sortes de rétroaction : positive
qui accélère le processus de communication et
négative qui bloque le processus.
Le feed-back
1-Le feed back : le mot feed back vient des mots anglais
“to feed ( nourrir) et “back” ( retour). Dans le même sens , on
emploi le terme « rétroaction » pour signifier toute réaction
des participants dans une situation de communication.
La notion de feed-back a été affinée par l’ « école de Palo
Alto » (du nom d’une ville de Californie où une équipe
de chercheurs s’inspirant des recherches de G. Bateson
s’efforce, dans les années cinquante, d’élaborer une
approche systémique de la communication). On y
distingue deux formes de feed-back: le feed-back positif
et le feed-back négatif.
Le feed-back positif
Le feed-back positif est celui qui conduit à accentuer
un phénomène avec un effet que l’on pourrait qualifier
de boule de neige. La scène de ménage en est un des
exemples les plus typiques : l’un parle de manière
agacée, l’autre réplique agressivement, le premier
s’énerve, le deuxième hausse le ton, le premier se met à
hurler … et la vaisselle s’envole.
Le feed-back négatif
Le feed-back négatif tend au contraire à amortir un
phénomène. Si devant une attitude agressive de son
partenaire, on répond par un ton posé, plutôt soumis,
sans arrogance et sans avoir l’air de donner une leçon,
la scène de ménage prévisible au départ peut être
désamorcée. Le feed-back négatif peut donc être
considéré comme un mécanisme de régulation qui
tend à maintenir une relation dans un certain état de
stabilité et d’équilibre en dépit des facteurs externes ou
internes qui seraient susceptibles de la perturber.
1-1-Situations où le feed back est immédiat :
 
Conversation bilatérale :
 Mari femme
 Commerçant client
 Professeur étudiant(s)
●Sondages/ questionnaires
Enquêteurs personnes visées
 ●Interrogatoires :
Juge accusé
Médecin patient
 
2-Situations où le feed back est différé :
 Enregistrements sonores
3-Situations sans feed back
Emetteur récepteur
(télévision) / (spectateur)
Les types de bruits
- le bruit technique
- le bruit sémantique
- le bruit organisationnel
- le bruit sémiologique
II- les formes de la communication interpersonnelle :
1) le non verbal : «  le non verbal est tout ce qui n’est
pas verbal dans la communication » : la gestuelle, les
accessoires, le parfum, les vêtements, la distance, les
territoires, la posture, etc.
1-1- les gestes :
 Un geste est l’animation imagée de la pensée. Souvent
un geste reflète notre personnalité, notre culture,
notre fonction, notre ressenti.
Typologie des gestes
●les gestes pictographes : dessiner un objet dans le
vide pour le concrétiser
●les gestes idéographes : ces sont des gestes exprimant
une idée : violence, douceur, ou des idées vagues.
●les gestes quantitatifs : les deux mains délimitent
l’espace, elles canalisent la pensée
Typologie des gestes (suite)
●les gestes kinétographes : ces gestes illustrent la
parole : jeter objet, se lever,
1-2 les territoires :
Nous communiquons aussi par l’organisation que
nous faisons de l’espace. Depuis l’aube de l’humanité,
l’Homme cherche à définir son territoire qui constitue
son cadre de vie inviolable. Cette conception de
l’espace engendre bien naturellement un
comportement défensif qui se manifeste au niveau
verbal et non verbal. Nous pourrons ainsi définir trois
types de territoires : le territoire tribal, familial et
personnel.
Les territoires
le territoire tribal : l’appartenance à la tribu est
reconnue à travers des signes spécifiques : langue,
drapeau, hymne, coutumes, etc. A un autre niveau, les
associations, les clubs, à titre d’exemple, ont leur loi,
leur règlement intérieur et leur rituel qui les
définissent par rapport aux autres.
Exemples: les départements dans une faculté/ les
clubs sportifs, etc.
NB :le territoire tribal ponctuel : le train, le tramway,
le bus
● le territoire familial : la maison est le territoire
naturel de la famille. Chacun marque son territoire
familial par des signes pour marquer sa présence et en
même temps se distinguer des autres : boîte aux
lettres, peinture de la façade… A l’intérieur du
territoire familial, chacun aménage espace pour lui
seul, c’’est le territoire personnel.
●le territoire personnel : A l’intérieur du territoire
familial, chacun se forge une place reconnue et
acceptée par les autres : chambre, placard, bureau…
généralement, cet espace personnel attire notre
attention lorsque son « propriétaire » est absent.
Nb : la bataille du coude à coude.
Le modèle de Dell Hymes
(l’ethnographie de la communication)
Dell Hymes, linguiste et anthropologue américain, a été l’un des premiers
a considerer la parole comme un phénomène socio-culturel. Son modèle «
S.P.E.A.K.I.N.G » propose une approche pragmatique des interactions
langagières replacées dans leur contexte social.
Ce modèle doit son nom au fait qu’il se compose de huit éléments dont les
initiales (en langue anglaise) forment le mot S.P.E.A.K.I.N.G
Comme R. Jackobson D. Hymes estime que les
fonctions du langage doivent figurer dans un modèle
au même titre que les éléments qui le composent.
Seulement, pour lui, ces fonctions ne peuvent être
simplement mises en parallèle avec ces éléments. Les
situations de communication sont trop variées, le jeu
des fonctions qu’elles assurent trop complexe; et
seule une étude détaillée et fine de la structure d’un
phénomène de communication permet de dégager
ses fonctions. C’est pourquoi les huit éléments du
modèle évoquent tantôt une composante
structurelle, tantôt une fonction de la
communication :
-La Situation (setting) englobe à la fois le « cadre » et la
«scène »
Par cadre, on entend plus précisément le cadre « physique ».
C’est une façon d’insister sur l’influence que peuvent avoir le
moment et le lieu d’un échange sur la communication tout
entière. Donner une lettre à taper à une secrétaire en milieu
de matinée ou cinq minutes avant la fin de sa journée revêt
une signification différente et influe sur la façon dont cet
ordre (même formulé poliment) sera reçu et exécuté, et sur
la relation patron-employé à cet instant.
Le terme scène, lui, est à prendre dans son sens le plus
littéraire ou théâtral ( au sens où l’on parle d’une « scène
d’exposition » ou d’une « scène de fête champêtre »),
comme une sorte de définition culturelle ou «
psychologique ».
Les Participants (participants). En nommant ainsi ceux qui
participent à un processus de communication, le modèle
n’oppose plus le destinataire au destinateur. Au contraire , il
insiste sur ce qui les rapproche : ils sont tous deux pris dans
une même situation, même s’ils sont dans des places
différentes. Dans notre exemple précédent, si l’ordre tardif
pose problème, patron et secrétaire auront à gérer ensemble
cette situation.
En outre, cette catégorie inclut, en plus du destinataire et du
destinateur, tous ceux qui assistent à la rencontre. Par leur
présence (active ou passive, qu’ils prennent la parole ou
restent silencieux, qu’ils interviennent dans le processus ou
en soient seulement les spectateurs), ils influencent sur son
déroulement. Ainsi, un couple en crise peut hésiter à se
quereller devant des visiteurs et leur arrivée inopinée
étouffera dans l’œuf une dispute qui commence.
-Les Finalités (ends). Ce terme désigne deux phénomènes : les «
intentions » et les « résultats ».
Les intentions du destinateur, c’est l’effet qu’il vise en entrant
en communication avec le destinataire (pour notre exemple,
faire taper une lettre urgente à la secrétaire, lui montrer qu’il
est le chef …).
Les résultats, c’est ce qui a effectivement lieu, ce qu’il obtient
réellement (elle reste ou elle passe outre, elle tape ou non la
lettre, proteste ou elle sourit …)
Les Actes (acts sequences). Ce terme, lui encore
polysémique, exprime à la fois le « contenu » du message
(l’information qu’il véhicule, les thèmes qu’il aborde) et
la « forme » qu’il revêt (son style, s’ils s’agit d’un discours,
d’un poème, d’une note de service …)
- Le Ton (keys). Il rend compte, selon D. Hymes, de « l’accent,
de la manière ou de l’esprit dans lequel un acte est commis ».
Il complète les « actes » dans la mesure où des actes
identiques, dans un même cadre, peuvent différer par le ton
et, donc, avoir des effets divergents. C’est la cas du ton
méprisant qui transforme un ordre banal en humiliation ou
du ton ironique qui transforme un compliment en attaque.
-Les Instruments (instrumentalities). Cette catégorie
regroupe à la fois les « canaux » et les « formes » de la
parole.
Le canal, c’est la façon dont se transmet la parole, mais il
peut revêtir différents aspects et être utilisé pour parler,
chanter, psalmodier, etc.
Les formes correspondent assez à ce qu’on appelle « code
», c’est-à-dire un ensemble de signaux dont le sens est
partagé par une communauté. Ce code peut d'ailleurs être
compris par tous les participants ou bien par les seuls
destinataire et destinateur (s’ils emploient un dialecte
d’une autre région, par exemple; ou bien des expressions
qui n’ont de sens que pour eux s’ils sont très intimes).
-Les Normes (norms). Elles interviennent à plusieurs niveaux
du processus: à celui de l’ « interaction » et à celui de l’ «
interprétation ».
Les normes d’interaction sont celles qui permettent à une
conversation de se dérouler de façon satisfaisante: chacun doit
parler à son tour, manifester son intérêt à l’interlocuteur,
répondre aux questions, etc.
Les normes d’interprétation font référence aux habitudes
culturelles des participants. Par exemple, dans notre culture,
l’expression « Comment allez-vous? » n’est pas une incitation à
parler de sa santé, mais une phrase rituelle d’ouverture de la
communication qui ne requiert que la réponse rituelle
complémentaire « Très bien merci ». L’analyse de ce type de
normes suppose une bonne connaissance de la culture des
participants observés.
Selon que les « normes » seront respectées ou non,
comprises ou non (par les interlocuteurs ou par ceux qui les
regardent), la communication pourra se développer de
façon « normale » ou pas. Il est difficile de converser avec
quelqu’un qui superpose constamment son discours au
vôtre. Il est parfois gênant que la personne qu’on salue d’un
rapide « Bonjour, comment ça va? » s’engage dans un
descriptif détaillé de ses malheurs récents.
- Le Genre (gender). Il s’agit du registre auquel obéit une
communication, de la catégorie formelle dans laquelle
s’inscrit : ce peut être une conférence, une conversation, un
sermon, un badinage, un échange professionnel) …
.Pour compléter son modèle, D. Hymes précise qu’une fois
ces éléments identifiés, la situation de communication
n’est pas pour autant comprise dans sa globalité. En effet,
les fonctions du langage ne peuvent être correctement
saisies que dans la mesure où l’on a procédé à une étude
ethnographique de la population observée afin de
comprendre le rôle qu’y joue le langage par rapport à
d’autres types de comportements ( comme la gestuelle,
par exemple).
Quoi qu’il en soit, on peut, à partir d’un exemple de situation
de communication, illustrer les huit éléments du modèle
Speaking. Soit une situation : une tentative pour engager la
conversation (scène), un soir sur un quai de gare bondé
(cadre). Un homme éméché aborde une jeune femme sous les
yeux indifférents de la foule (participants). L’homme veut la
convaincre d’aller prendre un verre dans un café proche
(finalité: intention). Il lui explique dans un long monologue
qu’il a soif, qu’il s’ennuie, qu’elle a l’air très gentille et débite
des phrases a double sens (actes) qu’il prononce en ricanant
sur un mode égrillard (ton). Pour lui faire malgré tout bonne
impression (finalités), il s’applique à parler dans une langue
qui se veut châtiée, ponctuée d’expressions rituelles de
politesses (instruments). Sans tenir compte de sa réserve et ses
protestations, il poursuit inlassablement son discours
(normes). Elle finit par tourner le dos et s’applique à se fondre
dans la foule qui se referme sur elle (finalités : résultats). Nous
venons d’assister à une tentative de drague (genre).
Le modèle de Hymes enrichit celui de Jackobson en
introduisant des notions nouvelles comme celle de « finalités
» (plus étendu que la fonction conative) et de « normes »
( faisant référence) à l’aspect conventionnel et ritualisé de la
communication) et en précisant d’autres ( comme celle de
forme du message).

Mais ses notions (souvent bipolaires) sont quelquefois un


peu floues. Elles associent des éléments qui mériteraient
d’être séparés, comme les normes d’intention et les normes
d’interprétation qui ne mettent pas en jeu les mêmes
mécanismes cognitifs et sociaux.

Denis Benoit, Bernard Darras et autres. Introduction aux sciences


de l’information et de la communication, les Editions
d’Organisation, p. 35-38.

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