Vous êtes sur la page 1sur 287

FORMATION

nouveaux programmes de Terminale

Vidauban, 18 novembre 2013

BIENVENUE !
Les Mains Libres (1937)
par Man Ray et Paul Eluard
Couverture de l'édition Jeanne
Bucher, Paris 1937
 idée d’activité :
commenter cette
couverture
 et celle de l’édition
nrf poésie
Gallimard
 Edition Folio Plus
classiques
INTRODUCTION GENERALE

A) Présentation de l'objet d'étude : Littérature et langages


de l'image

1) le B.O.
L'objet d'étude choisi est Littérature et langages de
l'image.

Le BO du 14 mars 2013 précise ainsi l'angle d'attaque :


 «Le programme de l'enseignement de littérature en
classe terminale de la série littéraire (
arrêté du 12 juillet 2011 publié au B.O.EN spécial
n° 8 du 13 octobre 2011) souligne que le travail sur le
domaine « Littérature et langages de l'image » vise à
« conduire les élèves vers l'étude précise des liens et
échanges qu'entretiennent des formes d'expression
artistique différentes ». Il envisage « quelques
grands types de relations » entre l'œuvre
littéraire et l'œuvre visuelle, et propose
notamment « l'imbrication », « l'agrégation » ou
« l'amplification » comme pistes d'études.
 Le recueil Les Mains libres renverse les relations
traditionnelles entre texte et image, en mentionnant
dès la première page de l'œuvre : « dessins de Man
Ray illustrés par les poèmes de Paul Éluard ». Les
deux créateurs ont en effet inventé une collaboration,
dans laquelle les dessins ont précédé l'écriture
poétique. Derrière cette relation d'« illustration »
assumée par le poète, la composition à quatre mains
révèle toutefois un système organique sans doute
plus complexe. Les poèmes d'Éluard relèvent-ils
vraiment et seulement de l'illustration ?
 Engageant deux langages de manière indépendante et
mêlée, Les Mains libres échappent à la volonté
d'emprisonner la réalité entre la représentation
picturale et une quelconque « traduction » poétique.
Le rapport au monde proposé par les deux artistes,
rapport qu'on ne pourra détacher de l'aventure
surréaliste, joint la vision à la vue, l'imagination au
réel, l'aura au détail. Dans cet hymne à la voyance
qu'est le recueil, l'architecture, l'organisation et le
dialogue entre les pages ne sont pas laissés au hasard
: ils orchestrent une véritable partition chargée
d'entraîner le lecteur sur la voie de l'inspiration
poétique.
 L'étude de l'œuvre, éclairée notamment par
cette réflexion sur la contagion créatrice,
devra attirer l'attention des élèves sur le
contexte artistique et théorique des années
d'immédiate avant-guerre. Elle ne
manquera pas de s'ouvrir de manière plus
générale à l'esthétique surréaliste, comme
à son « dialogue des langages artistiques »
au cœur du domaine d'étude.»
Propositions bibliographiques
du B.O.
 • Textes de référence :
 Éluard (Paul), Les Mains libres, dans Œuvres complètes,
Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque de la Pléiade »,
1984, t. I, appareil critique pp. 1503-1513.
 Éluard (Paul), Facile, photographies de Man Ray, Paris,
GLM, 1935 [dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard,
collection « Bibliothèque de la Pléiade », 1984, t. I, pp. 457-
466].
 Éluard (Paul), Donner à voir, Paris, Gallimard, 1939
[collection « Poésie », 1978, recueil où sont rassemblés la
plupart des écrits du poète consacrés à la peinture de 1918
à 1938].
 Gâteau (Jean-Charles), Paul Éluard et la peinture
surréaliste, Genève, Droz, 1982, chap. VIII « Illustrer Man
Ray », pp. 259-302.
Propositions bibliographiques
du B.O.
 • Pour aller plus loin :
 Ray (Man), Autoportrait, traduction
Anne Guérin, Paris, Robert Laffont,
1964 [Arles, Actes sud, collection
« Babel », 1998].
 Breton (André), Le Surréalisme et la
Peinture, Paris, Gallimard, 1928
[collection « Folio Essais », 1965].
 Sur le site de l’Ina http://www.ina.fr/
 : « La bande à Man Ray » (vidéo de
51 min 28 s), « Entretien avec Man
Ray » (vidéo de 17 min 26 s), « Paul
Éluard » (portrait-souvenir, vidéo d’1
h 37 min 13 s).
 Consulter le site « Lettres volées »
-documents pratiques
2) Les difficultés de l’œuvre

 exigeante intellectuellement
 poèmes difficiles
 difficultés de mémorisation pour les élèves:
court, morcelé –insister sur les poèmes qui
semblent les plus importants

 idée d’activité : jeu de devinette finale avec


la table des matières –demander aux
élèves de décrire l’image ou de rappeler le
poème à partir du titre seul ; ou de trouver
le titre à partir du dessin
intérêts
 transversalité et lien avec les arts
plastiques
 renversement de la perspective
traditionnelle
 histoire littéraire : rappel et
approfondissement de l’étude du
surréalisme
3) Brefs rappels terminologiques
 l’ekphrasis : du pictural au verbal,
de l’œuvre plastique (fictive ou non
-cinéma, peinture, sculpture) au texte
littéraire : toutes les fois qu’un
écrivain décrit une œuvre d’art, réelle
ou inventée
 l’hypotypose : « donner à voir »,
« description énergique » d’après les
Anciens, du verbal au pictural,
quand la description/le portrait
suscitent une représentation mentale
chez le lecteur : toutes les fois que la
description littéraire est susceptible
de devenir un tableau
- Rappel : le registre burlesque
C’est le titre d’un poème du recueil
 le burlesque dans la langue
française : sens populaire
 le burlesque en littérature (sujet
« noble », style « bas »), à
différencier de l’héroï-comique (sujet
trivial, style « noble »
 le burlesque au cinéma 

 le burlesque au cabaret
4) Peintres et littérature, écrivains et peinture :
une longue histoire d’amour

 le peintre et la littérature
 les auteurs et la peinture, les
écrivains critiques d’art
 la collaboration entre les écrivains le
cinéma
B) Introduction au surréalisme
5) Les origines et débuts du surréalisme

 le contexte de l’après-Première
Guerre mondiale
 la lecture de Freud
 le dadaïsme
 une aventure pluridisciplinaire
6) Les grands principes surréalistes

 l'influence de la psychanalyse :
importance du rêve, des jeux de
langage
 mise en avant de l’existence de
l’inconscient, et de ses expressions
indirectes : rêve, lapsus, acte
manqué, création artistique
le projet de changer la vie

 « Ce qui est vrai de la publication


d'un livre le deviendra de mille autres
actes le jour où les méthodes
surréalistes commenceront à jouir de
quelque faveur. Il faudra bien alors
qu'une morale nouvelle se substitue à
la morale en cours, cause de tous nos
maux. » (André Breton, Manifeste du
surréalisme)
 « Le surréalisme est le « rayon invisible »
qui nous permettra un jour de l'emporter
sur nos adversaires. « Tu ne trembles plus,
carcasse. » Cet été les roses sont bleues ;
le bois c'est du verre. La terre drapée dans
sa verdure me fait aussi peu d'effet qu'un
revenant. C'est vivre et cesser de vivre qui
sont des solutions imaginaires. L'existence
est ailleurs. » (André Breton, Manifeste du
surréalisme)
explorer l’inconscient
 faire émerger toute la créativité
poétique de l'inconscient
 Desnos entre autres défend l'écriture
automatique et aussi l'hypnose
 « SURREALISME, n. m. Automatisme
psychique pur par lequel on se propose
d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit,
soit de toute autre manière, le
fonctionnement réel de la pensée. Dictée de
la pensée, en l'absence de tout contrôle
exercé par la raison, en dehors de toute
préoccupation esthétique ou morale. »
(André Breton, Manifeste du surréalisme)
 « Le surréalisme repose sur la croyance à
la réalité supérieure de certaines formes
d'associations négligées jusqu'à lui, à la
toute-puissance du rêve, au jeu
désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner
définitivement tous les autres mécanismes
psychiques et à se substituer à eux dans la
résolution des principaux problèmes de la
vie. » (André Breton, Manifeste du
surréalisme)
Critiques adressées au surréalisme
« Le surréalisme y fleurissait avec sa
volontaire incohérence, ses chapitres
habilement décousus, cet art délicat
qui consiste à se payer la tête du
lecteur. »
(Paul Abély, à propos du roman Nadja
d'André Breton, cité par André
Breton, Second manifeste du
surréalisme, 1930)
« Le manifeste des surréalistes comprend une
introduction philosophique intéressante. Les
surréalistes soutiennent que la réalité est
laide par définition ; la beauté n'existe que
dans ce qui n'est pas réel. C'est l'homme
qui a introduit la beauté dans le monde.
Pour produire du beau, il faut s'écarter le
plus possible de la réalité.
Les ouvrages de surréalistes sont surtout des
confessions d'obsédés et de douteurs. »
(M.P. Janet, cité par André Breton, Second
manifeste du surréalisme, 1930)
des jeux littéraires :
 le cadavre exquis
 l’écriture automatique
 les récits de rêve
« Secrets de l'art magique surréaliste
Composition surréaliste écrite, ou premier et dernier jet.
Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être
établi en un lieu aussi favorable que possible à la
concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-
vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous
pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos
talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien
que la littérature est un des plus tristes chemins qui
mènent à tout. Écrivez vite sans sujet préconçu, assez
vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous
relire.
 La première phrase viendra toute seule, tant il est
vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère
à notre pensée consciente qui ne demande qu'à
s'extérioriser. Il est assez difficile de se prononcer sur
le cas de la phrase suivante ; elle participe sans doute
à la fois de notre activité consciente et de l'autre, si
l'on admet que le fait d'avoir écrit la première
entraîne un minimum de perception. Peu doit vous
importer, d'ailleurs ; c'est en cela que réside, pour la
plus grande part, l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours
est-il que la ponctuation s'oppose sans doute à la
continuité absolue de la coulée qui nous occupe, bien
qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution
des nœuds sur une corde vibrante. Continuez autant
qu'il vous plaira.
 Fiez-vous au caractère inépuisable du
murmure. Si le silence menace de s'établir
pour peu que vous ayez commis une faute :
une faute, peut-on dire, d'inattention,
rompez sans hésiter avec une ligne trop
claire. À la suite du mot dont l'origine
vous semble suspecte, posez une lettre
quelconque, la lettre l par exemple,
toujours la lettre l, et ramenez
l'arbitraire en imposant cette lettre
pour initiale au mot qui suivra. » (André
Breton, Manifeste du surréalisme –c’est
nous qui soulignons)
7) Les « précurseurs »

- reconnus par Breton et mentionnés


dans les Manifestes : Hugo, Nerval,
Poe, Baudelaire, Rimbaud,
Lautréamont…
+ Apollinaire : les Mamelles de Tirésias,
le Roi-Lune…
"Il était beau comme la rencontre
fortuite d'un parapluie et d'une
machine à écrire sur une table de
dissection" (Lautréamont)
8) La postérité des surréalistes

- l'importance du surréalisme sur la


création artistique ultérieure :
peinture, cinéma…
C) Quelques rappels sur les arts
plastiques
9) La femme en peinture

Objectifs : montrer que le nu est une


tradition picturale, et que chaque
artiste, selon son esthétique et sa
sensibilité, peut, à toutes les
époques, s’approprier et se
réapproprier ce thème
- la tradition picturale du nu : la
femme - égérie
 Rubens, Suzanne
et les vieillards
Vénus au miroir de Vélasquez
Goya : La maja vestida, La maja
desnuda
David, Phryné devant l'Aréopage
Dante Gabriel Rossetti, Venus
verticordia
Klimt, Judith
Klimt, Danaé
 penser à faire la lien avec les belles
dormeuses et autres sirènes du
recueil (page 6, entre autres)
Dali, La femme aux tiroirs
10) Bref rappel sur les techniques
picturales
 distinguer : dessins/esquisses, ébauches,
peintures, aquarelle, gravure…

 matière : gouache, huile, fusain, crayon…

-dans le recueil, choix du dessin généralement


au crayon, en noir et blanc
 rappeler les types de dessins :
paysages, objet, nature morte,
marine, portraits…
 travailler la méthode d’analyse
d’image : dénotation (ce que je vois)
et connotation (ce que je comprends)
– faire saisir aux élèves l’idée que la
peinture aussi est un langage codé
11) La peinture surréaliste : la part
du rêve
 le rêve et le fantastique (terme large,
à définir et préciser selon les
catégories, par exemple, définies par
Todorov) en peinture : quelques
« précurseurs » du surréalisme
Le cauchemar de Füssli
le Cri de Munch
Picasso, la Femme qui pleure, 1937
-période cubiste
Dali, la métamorphose de Narcisse
faire le lien avec le poème « Narcisse »
dans le recueil, pages 36-37, et
évaluer les différences
Dali, la métamorphose des cygnes
 faire le lien par exemple avec les
« Lettres du Voyant » du Rimbaud
 l’artiste, notamment l’artiste
surréaliste, est celui qui poétise le
vivant et voit ce que le commun des
mortels ne perçoit pas
- quelques procédés picturaux
particuliers : l'anamorphose
le double dessin, le trompe-l'œil
Julian Beever, artiste de rue
La célèbre illustration de Magritte
(Le viol)
deux sites internet utiles
http://www.spectacles-
selection.com/archives/expositions/fic
he_expo_U/une_image/une_image_p
eut.htm
http://www.dokamo.nc/les-mains-
libres-de-paul-eluard-et-man-ray/
quelques films d’inspiration
surréaliste
 Luis Buñuel : Un chien andalou
(1929)
 David Lynch : Lost highway (1997)
Mulholland drive (2001)
 Michel Gondry : Eternal sunshine of
the spotless mind (2004)
- rappel : les oeuvres de Man Ray,
dont les photos
 en 1921, Man Ray, photographe
américain pionnier de l'Art moderne,
rencontre Kiki de Montparnasse,
artiste de cabaret. Elle pose nue,
assise, de dos, coiffée d'un turban.
Cette photographie surréaliste
rappelle l’Odalisque d'Ingres, et le
Bain turc
L’odalisque, d’Ingres
Le bain turc, d’Ingres
Le violon d'Ingres
de Man Ray
Kiki
Le baiser
L’Observatoire des amoureux, de
Man Ray
D) Au bord de l’œuvre : plan –
possible- d’un cours
Thèmes de l'oeuvre :
 un livre d'art collaboratif (un

manifeste poétique),
 l'entrée dans l'onirisme (une nouvelle

vision, des vers obscurs)


 l'expression du désir (images de la

femme, érotisme, thèmes obsédants)


I Une collaboration à une
œuvre d'art totale
 un recueil d'images illustrés de
poèmes, un livre d'art
 un dialogue d’artistes
 la construction du recueil
II Un univers onirique
 un cadre spatio-temporel éclaté
 l'importance de l'inconscient
 le jeu des synesthésies
III L'obsession d'un désir brutal pour
une figure féminine éthérée

 la femme univers
 la référence sadienne et la femme
objet
 la nostalgie et la douleur
Édition suivie :
 nrf Poésie
Gallimard
I Entre ekphrasis et inspiration : le
projet surprenant d'illustrer
verbalement des images
1) La genèse du recueil 
a) Rappel : vie d’Eluard, vie de Man Ray
Paul Eluard
On distingue trois périodes dans sa
production, au gré des femmes et
Muses qui l’ont inspiré.
 Gala et la naissance du surréalisme
(1917-1930)
 Nusch et le combat pour la liberté
(1931-1947)
 Dominique et l'engagement pour la
paix (1947-1952)
Paul Éluard dit à Gala :
 « Ta chevelure glisse dans l'abîme qui
justifie notre éloignement. »
Paul Éluard écrit à propos de la
mort de Nusch :
« Vingt huit novembre mil neuf cent quarante-
six
Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d'un
supplice.

Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé


Tu chantais en rêvant le bonheur sur la
terre
Tu rêvais d'être libre et je te continue. »
Une réflexion sur le langage,
écrire pour libérer la vie
 le langage peut être un « but », une
lumière contre la souffrance
 « J'ai la beauté facile et c'est
heureux » (Capitale de la douleur).
 La poésie devient donc « un art de
langage, un art de vie, un instrument
moral ». C’est une exaltation lucide
du désir
Un écrivain engagé
 en janvier 1927, il adhère au parti communiste
français
 exclu du parti communiste en 1933, pour divergences
idéologiques
 pendant la Seconde guerre Mondiale, Éluard demande
sa réinscription, clandestine, au parti communiste. Les
vingt et une strophes de Liberté, publiés dans le
premier numéro de la revue Choix, sont parachutées
par les avions anglais à des milliers d'exemplaires au-
dessus de la France
 En 1943, il rassemble les textes de nombreux poètes
résistants et publie L'Honneur des poètes.
 À la Libération, il est fêté avec Louis
Aragon comme le grand poète de la
Résistance.
 En avril 1948, Paul Éluard et Picasso
sont invités à participer au Congrès
pour la paix à Wrocław (Pologne). En
juin, Éluard publie des Poèmes
politiques préfacés par Louis Aragon,
dont l’Ode à Staline en 1950
Un grand intérêt pour les arts
plastiques
 il fait l’éloge du peintre Pablo Picasso
dont il compare la quête artistique à
la sienne : « Il est devant un poème
comme le poète devant un tableau. Il
rêve, il imagine, il crée. Et soudain,
voici que l’objet virtuel naît de l’objet
réel, qu’il devient réel à son tour,
voici qu’ils font image, du réel au
réel, comme un mot avec tous les
autres. »
D’autres recueils collaboratifs
Rappel de la phrase de Lautréamont : « La
poésie doit être faite par tous, non par un »

 1917 : Le Devoir et l'Inquiétude , avec une


gravure sur bois par André Deslignères
 Avec Benjamin Péret, il écrit 152 proverbes
mis au goût du jour
 il écrit l'Immaculée Conception en 1930
avec André Breton
 1930 : Ralentir travaux, en collaboration
avec André Breton et René Char
 Consulter la liste exhaustive des
recueils d’Eluard en collaboration sur
le site « Lettres volées »
Picasso, dessins, 1952, de Paul
Eluard
Pendant la guerre d'Espagne, Éluard et
Picasso ne se quittent guère. Le poète
dit au peintre : « Tu tiens la flamme
entre tes doigts et tu peins comme un
incendie ».
Elle se fit élever un palais,
1947, avec Serge Rezvani
 Livre tiré à 16 exemplaires en avril
1947, pour le compte de Maeght.
 Le texte de Paul Éluard est constitué
du poème Elle se fit élever un palais
(extrait de la Rose publique), et
Serge Rezvani l'a orné de gravures,
et a agrémenté chaque exemplaire de
vignettes originales
 Rezvani avait alors 28 ans, et n'avait pas le
sou. Il raconte : « Ne pouvant plus peindre
faute de toiles et de couleurs, la nuit j'allais
voler des poubelles, à l'époque de simples
caisses de bois. Me servant des planches
brutes, je gravais des profils de femme.
Ensuite, en les encrant, je tirais sur une
feuille de papier ces silhouettes de chair en
réserve, dont la blancheur nue naissait des
nœuds, veines, striures du bois vivant par
le tremblé d'une richesse de dentelle de
Chine.
 Paul Éluard vit par hasard les premiers
tirages de ces gravures chez Monny de
Boully. Il voulut me rencontrer. Ces profils
de femmes verticales coïncidaient avec
un rêve qu'il avait célébré par un
poème. Pendant six mois je tirai chez
Mourlot les planches de ce livre (...) j'allais
souvent chez Éluard pour lui montrer les
planches au fur et à mesure que je les
tirais. Avant même que je ne sorte les
gravures, il me faisait asseoir à table et
m'apportait du pain et du fromage. Je
mourais de faim, il le savait. »
Perspectives (1948)
Poèmes sur des
gravures d’Albert
Flocon
Une 1ère collaboration avec Man Ray
Facile with Paul Éluard, Éd. GLM, Paris,
1935 
où des photos érotiques prises par Man
Ray sont éditées avec des poèmes
d’Eluard
1929
D’Aragon et Benjamin Peret
poèmes pornographiques
sur des photographies de Man Ray
Man Ray
 peintre, dessinateur, photographe et
réalisateur de films, animateur du
dadaïsme à New York, puis du
surréalisme à Paris
 Il réalise de nombreuses photos de
mode qui sont publiées dans les
magazines et contribuent à le faire
connaître
 Il réalise nombre de portraits
photographiques d’artistes et
personnalités internationales (voir
infra)
 C’est également un sculpteur
Le procédé de la solarisation
 cette nouvelle
technique
photographique
doit selon l’artiste
permettre de
« photographier les
rêves ».
Autoportrait, assemblage, 1916
Cadeau, fer à repasser garni de
clous sur la semelle, 1921
Remarques
 On pourrait voir dans ce montage une
influence du ready-made (cf la
« Fontaine » de Duchamp, plus tard
les boites de Brillo ou de « Canned
soup » de Wahrol)
 Cf le poème-dessin « Le sablier
compte-fils »
Noire et Blanche, 1926
 On peut faire un rapprochement entre
cette photo et le jeu dans le recueil
entre l’intérieur et l’extérieur (cf
couverture), le plein et le vide, le
choix du noir et blanc pour le dessin –
noir et blanc qui est également celui
de l’encre noir sur la page blanche
1938 : Le Rébus, huile sur toile
Musée national d'art moderne, Centre Pompidou,
Paris
Man Ray, Autoportrait 
 publié un an après sa parution en
anglais (Self Portrait, 1963) chez
Robert Laffont
 évoque l’ébullition artistique de
l’entre-deux guerres de manière à la
fois chronologique et thématique
 le recueil Les Mains libres est publié
dans sa période surréaliste, en 1937
une réflexion sur son art
 « J’abandonnai les principes de composition
qui, jusqu’à présent, avaient été miens et
que m’avaient inculqués mes premiers
maîtres, mes premières études, et les
remplaçai par un principe de cohésion et
d’unité, accompagné d’un dynamisme
semblable à celui d’une plante qui
pousse. Ce principe, je le sentais plus que
je ne l’analysais, et ce sentiment suffisait à
justifier ma nouvelle tendance.
L’impulsion affective était plus forte
que jamais. »
  « J’essaie tout simplement d’être le
plus libre possible. Dans ma façon de
travailler ; dans le choix de mon
sujet. Personne ne peut me dicter ses
ordres ou me servir de guide. On
peut me critiquer par la suite, mais
c’est trop tard. L’œuvre est
accomplie. J’ai goûté à la liberté. La
tâche a certes été rude, mais cela
valait bien la peine…» -Man Ray
 Au vieil adage chinois « Une image
vaut mille mots », Man Ray répond
lors d’une conférence « Une image
peut produire mille mots. »
 « s’asseoir en face de son sujet »
conduit à « s’empêcher de faire une
œuvre vraiment créatrice »
Peu de confidences sur la genèse
du recueil
 Man Ray se contente de rapporter
qu’il avait pris l’habitude d’aller en
vacances avec certains membres du
groupe surréaliste (Éluard, Nusch,
Picasso, entre autres) près d’Antibes 
 « Je m’étais engagé dans une série
de dessins extravagants mais
réalistes, qui parurent plus tard dans
un livre intitulé Les Mains libres,
illustré par les poèmes d’Éluard. »
Remarques
 Ces dessins sont à la fois « réalistes »
car ils renvoient à la figuration, ils
sont courants et identifiables
 Ils sont aussi « extravagants » par
leur assemblage souvent incohérent,
obscur ou gratuit –mais pas toujours
b) Une réflexion de type
métatextuel
Page 9
 "Man Ray dessine pour être aimé"

 "Il y a autant de merveilles dans un

verre de vin que dans le fond de la


mer"
pages 42-43 : « Les mains libres »
 « Cette averse est un feu de paille
La chaleur va l’étouffer. » 

 Le poème-dessin qui donne son titre


au recueil : dessin qui tend vers l’art
abstrait, entrelacs de fils
 Écho au premier poème-dessin « Fil
et aiguille » qui suggère la
représentation figurative
Pages 14-15
« La toile blanche »
 « La faim le froid la solitude
Qui se méfient des asiles »

Trois objets qui renvoient à l’absence :


la toile blanche, le gant, l’entonnoir
renversé
Pages 114-115 « La femme
portative »

« Je n'aime pas mes rêves mais je les


raconte
Et j'aime ceux des autres quand on me
les montre. »
2. Un ouvrage collaboratif : un
projet nouveau
a) Rappels : l’ekphrasis et la tradition
de l’illustration
La tradition de l’illustration : exemple
avec les fables de la Fontaine

Idée d’activité : faire deviner le titre des


fables aux élèves
Autre exemple possible :
dessins de Hugo pour les Contemplations
Attention : ce recueil collaboratif ne signifie pas
une dépendance d’un artiste envers l’autre

« Pour collaborer, peintres et poètes se


veulent libres. La dépendance abaisse,
empêche de comprendre, d’aimer. Il n’y a
pas de modèle pour qui cherche ce qu’il n’a
jamais vu. A la fin, rien n’est aussi beau
qu’une ressemblance involontaire »
Paul Eluard, Donner à voir, extrait de
« Physique de la poésie », 1939
c) Rappel : les recueils collectifs
- Album zutique
 Verlaine et Rimbaud, "Conneries et autres
joyeusetés"
 sonnet de "l'Idole", "Pierrot sous la lune"

- 1929 (titre anglais : Mad balls)


 Aragon, Benjamin Peret, Yves Tanguy, Man
Ray)
- Perspectives, poèmes sur des gravures de
Albert Flocon (1948)
avec des haïkus d'Eluard
Remarques
 autre exemple de collaboration artistique : René Char,
Lettera amorosa, illustrations de Georges Braque et
de Jean Arp, Gallimard, 1953, coll. Poésie Gallimard,
2007

 A la fin de sa vie, évoquant ce dialogue fructueux


avec ses amis peintres, René Char reconnaîtra qu’il
fut pour lui « l’exemple généreux d’un juste accord
avec le poème-écriture et le poème-illustration ».

 voir le site http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-


sel/2013/04/peinture-et-po%C3%A9sie-des-alli
%C3%A9s-substantiels-.html
d) Deux noms d’artistes
sens du titre ?
 « avoir les mains libres » : jeu sur
l’expression courante
 référence au travail de l'artiste, au
peintre ou poète : création en liberté
 idée d’une collaboration : une
« partition » à « quatre mains »
d’après le B.O.
 une possible connotation gaillarde
e) Un projet paradoxal
 des poèmes qui illustrent des dessins

 un livre d'art, fruit de la collaboration


entre un peintre photographe et un
poète

 notion d'émulation artistique


Remarques
 Parfois Eluard fait l’exégèse des
dessins de Man Ray, en leur donnant
notamment un titre quand ils n’en ont
pas
 Exemples : La toile blanche, Des
nuages dans les mains
f) Les doubles titres
 Pages 58 59 : « Les yeux stériles »
signature de Man Ray avec le titre en
anglais (« sterile eyes »)

 Pages 16-17 : « L’évidence »


Remarques
 Man Ray se plaît à cacher sa
signature, à faire apparaître des titres
parfois difficilement lisibles
 Exemples : « J. », « L’angoisse et
l’inquiétude »
Un jeu de pistes
11112 = 111  12 = Man Ray
Les 111 représentent le m en quelque
sorte calligraphié
Le 1 avec le 2 forment la lettre R
111 12 = M R
 Pages 50-51 « Burlesque »
le titre est donné par Man Ray

 Pages 104-105 « La Peur »


titre de Man Ray
 Pages 85-86 « Avignon »
deux titres dans la page, du côté poème
Le visage de femme qui dort semble
apparaître au-dessus des remparts
 C’est normalement le pont d’Avignon

qui apparaît dans le tout premier


dessin page 6
3. La primauté donnée au dessin : l’organisation
du recueil et sa structure

 pages 118-119 : « Où se fabriquent


les crayons »
 Où le crayon apparaît au centre du
dessin et a remplacé le clocher
Remarques
 Le crayon a une double utilisation :
par le dessinateur, par l’écrivain
 On peut nuancer l’idée que le dessin
domine dans le recueil
 Cependant, les poèmes d’Eluard
n’apparaissent plus à la fin, à partir
des portraits –et si les artistes
incitaient le lecteur à poursuivre
l’œuvre de l’écrivain ?
a) Une stricte alternance
 L'organisation de la pagination
s'effectue en quelque sorte en
chiasme : un dessin et un poème,
puis un poème et un dessin
 Ce qui signifie que le dessin n’est pas
nécessairement premier (à gauche)
avec son interprétation (à droite)
b) La structure du recueil gravite
autour des illustrations
 première partie de la page 13 à la page 71
 deuxième partie de la page 73 à la page
120
 deux portraits présumés de Sade page 123 
 des portraits d’artistes et amis surréalistes
à partir de la page 129 : le livre comme
cadeau
 des détails à partir de la page 137 : le livre
d’art
Remarques
Y a-t-il une différence entre le I et le
II ?
 Eluard a souhaité une alternance de

poèmes et de dessins
 Il est difficile de voir une nette

progression entre I et II
 Pour J.-C. Gateau, le II contiendrait

des poèmes un peu plus longs


Remarques
Il est possible de percevoir des échos :
 Entre « Fil et aiguille » et « Les Mains

libres »
 Le I lancerait le thème de la création

artistique, bouclé avec « Où se


fabriquent les crayons » à la fin du II
 Des fils directeurs peuvent être tirés :

le rêve, la création, entre autres


Remarques
 On pourrait voir entre I et II un
rapport de gémellité et
complémentarité
 Ce que rejoindrait le thème du double
et de l’androgynie dans le recueil, ou
de la fusion homme-femme : cf
« Nu » ou « L’arbre-rose »
c) rappel : Man Ray et le portrait
d’artistes

Idée d’activité : faire deviner les


personnalités représentées sur les
photos
En 1935
Autoportrait
On peut rapprocher ces photos des
« Portraits » en fin de recueil
Consulter le site « Lettres volées » pour
voir les originaux vraisemblables des
portraits dessinés par Man Ray dans
Les Mains libres
Les hommages entre artistes sont
courants
Cadeau de Dali à
Eluard
d) Un livre cadeau
 Les portraits : il s'agit d'une série
d'hommages que le dessinateur Man
Ray offre à un certain nombre de ses
amis
 Le recueil devient ainsi également un
livre cadeau, avec un langage codé,
des provocations, des anecdotes, des
plaisanteries à l'usage des amis
 Le premier portrait représente
Adrienne Fidelin dit « Ady », la
« femme au bras cassé », petite amie
(?) de Man Ray
 la deuxième image représente deux
femmes : l'une a le visage aux yeux
fermés posé sur le front de l'autre,
qui la regarde
 Man Ray l'a peint en 1937 : il s'agit
d'un hommage à Nusch
 L’autre femme est Sonia Mossé
Hommage à Nusch
un clin d’œil de Man Ray à lui-même
Man Ray déclarait pourtant :

"Je photographie ce que je ne peux


pas peindre et je peins ce que je
ne veux pas photographier"
 le regard malin de Picasso avec sa
coiffure et sa mèche semble
également se moquer du spectateur.
Il s'agit sans doute d'une blague
destinée à Picasso
La femme nue du portrait est peut-être un clin
d’œil aux Demoiselles d’Avignon (1907)
 on a également un portrait d'André Breton
accompagné d'une légende : « La misère
rend les faibles infâmes - les forts sublimes
» -Man Ray à André Breton, à Paris le 21
février 1936
 Voir le portrait d’André Breton solarisé (site
« Lettres volées »)
 suit un portrait de Paul Éluard datant de
1936
 on a enfin un autoportrait de Man Ray
e) Les détails finals : un condensé
de l’oeuvre
quatre détails rappellent les premiers
dessins

 le détail d'un oeil de Sade


 Le détail du nez d'André Breton
 le buste de la femme du poème
« Burlesque »
 et le détail du crayon sur le clocher
dans « Où se fabriquent les crayons »
le recueil est aussi un livre d'art qui rend
hommage au talent du dessinateur
le choix de ces détails n'est pas anodin :
l'oeil et le nez renvoient au plaisir
physique et aux sensations
 l'oeil est celui de Sade, un oeil voyeur

 le nez en psychanalyse est lié au


phallus (voir la nouvelle « le Nez » de
Gogol)
 le détail du gros crayon dressé sur le
clocher avec le serpent en toile de fond
renvoie au désir, à la transgression, à
la création

ces détails résument les thèmes de


l'œuvre : désir, sexualité, importance
de la femme, rêve…
f) La table des matières
 les titres sont communs aux dessins
et poèmes
 il y a également la bibliographie du
même auteur : Éluard
 la collection « NRF poésie Gallimard »
semble indiquer qu’il s'agit a priori
d'un recueil de poèmes même s'ils
illustrent des dessins
4. la création en liberté
a) l’émulation artistique, le mélange des
champs disciplinaires
 page 9
série de phrases nominales comparables
à des touches de peinture = suscitent
une image mentale
"mais des ailes, des dents, des griffes"
 pages 12 13

le nom de Man Ray s'inscrit dans le


paysage sur les champs, à gauche en
arrière-plan
b) un jeu avec les formes poétiques
 page 16 17 « l’Evidence »
vers isolé : « ils sont debout », entre les
deux quatrains -sorte de
spatialisation du poème

 pages 18 19 château abandonné


4 vers disposés en deux distiques
entrecoupés d'un blanc typographique
qui donne à entendre le silence
Remarques
 Il y a semblable jeu sur la
spatialisation du poème et la
typographie avec « L’aventure »
pages 32-33, qui ressemble à un
calligramme : le tercet initial semble
par exemple rappeler le fronton qui
flotte dans le dessin de Man Ray
 De la même manière, pages 34-35
pour « L’Angoisse et l’Inquiétude », il
y a deux vers dans le poème d’Eluard
comme il y a deux mains dans le
dessin de Man Ray
c) le fantasme de l’œuvre d’art
totale
 Vient de l’allemand « das
Gesamtkuntswerk », concept développé par
Wagner dans ses écrits et expérimenté
dans ses opéras
 Rejoint l’ambition de la littérature de
rivaliser avec la musique ou les arts
plastiques
 On peut naturellement faire le lien entre ce
concept et la collaboration féconde entre
plusieurs champs disciplinaires
Il s’agit ainsi dans le recueil de jouer sur différents sens :
vue et ouïe, poésie, musique et dessin

 Pages 76-77 « Le sablier compte-fils »


« L’autre jour celui-ci
Le fond d'un verre

De belles variétés de jour


cultivent ce monde durable »

Au dessin-assemblage de Man Ray répond les images


surréalistes d’Eluard : « La lampe qui boit la
lumière », « La rose le cœur dans un champ »
d) pousser le lecteur vers
l’inspiration
 pages 108-109 « Brosse à cheveux »
« L’affiche disait méfiez-vous
des teintures idéales

Et l’on allait répétant


Prenez exemple sur moi

Avec des rires entre les dents »

 pages 78-79 « Plante-aux-oiseaux »


« Le vent ne te fait pas peur
Garde le mouvement secret
De la chute impérieuse au moment du déclin
Et ta première plume au premier jour clair »

sorte de conseils à un jeune poète


II Une écriture et une peinture
surréalistes
1. Un univers onirique

a) Les récits de rêve


 pages 80 81 : Rêve
Dessin de Man Ray : dans un décor
moitié urbain, moitié rural, une
locomotive déraille du ciel
titre du dessinateur : « rêve du 25
novembre 1936 »
Poème d’Eluard : « La tour Eiffel est
penchée/ Les ponts tordus/ Tous les
signaux crevés »
 pages 76-77 : importance de la
courbe, jeu sur les diagonales
 Le corps féminin est en outre rarement
entier, la ligne est coupée, et se
prolonge dans un espace imaginaire :
« Pouvoir », « Narcisse »
b) un jeu sur les échelles
 Pages 12-13 « Fil et aiguille »
 pages 44-45 : « L’arbre-rose »

« Le ciel déborde dans les champs »


 pages 52-53 « La femme et son

poisson »
 pages 68-69 : « Belle main »
c) des éléments insolites et incongrus : un
capharnaüm d’objets

 pages 28-29 « Objets »


« J'entre au bois diamant
Le ciel est un aveu »

 pages 120-121 : « Les amis »


Au bric-à-brac de Man Ray répond celui,
tout à fait différent, d’Eluard
 pages 114-115 : « La femme
portative »

Les deux artistes jouent de l’association


libre
d) Le thème de l’eau
 page 6
 pages 32 33 : « L'aventure »
« Doute de toi
Connais la terre de ton cœur

Que fleurisse ton œil


Lumière »

Jeu avec les éléments

 pages 84-85 : « La plage »


e) Le thème du double,
l’androgynie
 pages 58-59 : « Les yeux stériles »
 pages 62-63 : « Nu »

 pages 34-35 : « L'angoisse et

l'inquiétude »
 pages 102-103 « L’apparition »

« Femme habillée et mâle dépouillé


Que je ne sais si j'aime ou si je suis
aimé »
f) Le ballet des allégories
 pages 20-21 : « Le Désir »
 pages 92-93 : « L'attente »
 pages 64-65 : « La mort inutile »
 pages 70-71 : « La liberté »
 pages 82-83 : « Histoire de la
science » -où la présence de la roue
fait songer à la Fortune
2. Des poèmes abscons
 pages 30-31 « La lecture »
« La pudeur rêvassait »

 pages 88-89 « Paranoïa »


« Le fleuve descend comme un oeuf
Et nous sommes les oiseaux »
Remarques
 Peut-être faut-il voir dans « Paranoïa » une
référence au mythe de la sirène –femme-
oiseau chez Homère -Odyssée, XII (v.29-58
et 142-200)
 Il y a des références à divers mythes dans
le recueil : Narcisse (fil de l’eau et du
miroir), Prométhée (métaphores du feu),
Pygmalion (la main de l’artiste qui façonne
la femme), Tantale (« Main et fruits »),
entre autres…
 La relative absence, ou discrétion, de
la ponctuation, renforce l’ambiguïté
de ces vers difficiles parfois à
déchiffrer
 pages 94-95 « Des nuages dans les
mains »
« Loin des larmes salubres
Ce dédain de l’orient
Ce paradis livide
Cette marche en arrière
Incrédule exténuée
Vers quelques souvenirs »
 pages 98 99 « Oui ou non »
« Les bijoux tournoyants de la rébellion
De tes refus
De ta force future

Elles écoutent quand tu te tais


Les grandes orgues de la raison »
 pages 102-103 « L'apparition »
« Pyramide d'un cri
L'écho détruit

Pour se bâtir un soleil


Un corps des flammes persistantes
Il n’a pas tout son coeur »
3. la primauté du son
a) Des poèmes courts
 pages 60 61 : « Le tournant »

 Pages 12 13 : « Fil et aiguille »


Un quatrain d'hexasyllabes

 Pages 16 17 : « L’évidence »
deux quatrains d'octosyllabes en vers blancs
le vers central « Ils sont debout » est un
tétrasyllabe
Des haïkus
 pages 20-21 : « Le désir »

 pages 24-25 : « La glace cassée »

 pages 36-37 : « Narcisse »

 pages 90-91 : « L’espion »

 Pages 96-97 : « Le château d’If »


 Pages 40-41 : « J. » (= une certaine
Jacqueline, femme connue d’Eluard)
deux vers de huit syllabes
 pages 120-121 « Les amis » -poème

en prose
b) Quelques alexandrins, ou
presque
 pages 114-115 « Femme portative »
« D'un essai solennel dans la solitude »
 pages 70-71 « La Liberté »

« Que le printemps sublime aux limpides


pudeurs. »
 pages 92-93 « L’attente »

« Je n'ai jamais tenu sa tête dans mes


mains » -le poème est d’ailleurs un
monostiche
c) Les jeux de mots, la fantaisie
verbale
 page 9
Anaphore de « Il y a »

 pages 12 13 : « Fil et aiguille »

 pages 22-23 : « C’est elle »


Anaphore de « c’est elle »

 pages 116-117 : « La couture »


« Collection des bonheurs des goûts et des couleurs »
III Des thèmes obsédants :
féminité, séduction, sexualité…
 La double couverture joue sur les notions d'intérieur
d'extérieur, avec ses couleurs orange et bleue (on songe
au célèbre vers d’Eluard : « La terre est bleue comme
une orange »)

 Le dessin choisi représente un corps de femme et la


main du peintre qui pose son grand pinceau à la place
du visage de la femme

 on a ainsi un condensé de l'inspiration surréaliste de ce


recueil : l'art, le rêve, la sexualité, l'obsession pour une
femme omniprésente
1. L’omniprésence de la figure
féminine
a) Une présence affirmée
 page 112-113 « Au bal Tabarin »

« Vêtue de pluie,
Chaussée de terre,
Coiffée de nuit
Garderais-tu cet éclat
Qui te bâillonne. »
(le dessin est le collage de trois photographies
prises par Man Ray dans ce cabaret)
 pages 84-85 « La plage »

 pages 100-101 « La Marseillaise »


« Pendant qu’elle ouvre son corsage

Pendant qu’elle passe à travers


Les roseaux de ses bras

Païenne éperdue de tendresse »


b) La belle endormie 

 pages 18-19 « Château abandonné »

 page 6
c) La femme objet de désir
 pages 20-21 « Le Désir »

 pages 26-27 : « Le don »


« Elle est la fille noire et son sang fait la roue
Dans la nuit d'un feu mûr »

 pages 46-47 : « Les sens »

 pages 50-51 : « Burlesque »


d) La figure maternelle
 pages 56-57 « Le Mannequin »
« Premier amour de l’écolier
Suppression des distances »

 Pages 16-17 « L’évidence »


« Toi tu gardes ton équilibre »
 pages 22-23 « C'est elle »
« Sur cette étoile de gazon c’est elle »
« C’est elle sur ce sein mendiant »

 pages 50-51 : « burlesque »


« Fille de glace, donne-moi
Confiance en moi »
2. la brutalité du désir
 a) L’obsession sexuelle

Cf le dessin « Belle Main »


dans Les Mains libres

(couverture d’un recueil


collaboratif paru en
1954, dessin de Man
Ray)
 page 9 préface/avant-propos d’Eluard
« Le dessin de Man Ray : toujours le désir, non le besoin. »
« Une bouche autour de laquelle la terre tourne. »

 pages 54 55 : « Main et fruits »


« Où sont la mûre et la prunelle
Lime varech âpres délices »
« Où sont les noix
Dont on ne casse pas la coque »
« La lie de la mort des fruits
Qui fertilisera les nèfles »
 pages 58 59 : « Les yeux stériles »
« Candide elle a l'arôme
D'amoureux enlacés »
« Elle est comme un bourgeon »
 pages 20-21 « Le Désir »
« Jeunesse du fauve
Bonheur en sang
Dans un bassin de lait. »
 pages 38-39 : « Les tours du
silence »
« Encore une chute de clarté
Et les pierres seront soleil. »
 pages 44-45 : « L'arbre-rose » 
« Sur l'herbe courbe comme un ventre
La rosée brûle de fleurir. »
variation sur la pluie d’or de Danaé
-photographie de Man Ray
 pages 46 47 : « Les sens »
« Dévêtue et le front pur
Tu t'abats comme une hache
Etincelante et d'un poids
A faire se lever le plomb »

 pages 106-107 « Feu d'artifice »


 pages 110-111 « Les tours d'Éliane »
« Un espoir insensé
Fenêtre au fond d'une mine »

 page 112-113 « Au bal Tabarin »


«  As-tu fleurs et fruits en tête 
Ou n’es-tu que leur reflet
Anémones mandarines
Lys pêches boutons d'or »
 pages 116-117 : La couture
« Pour une exposition de chiens
Domestiqués couchants ergotés
enragés. »
 pages 118-119 « Où se fabriquent les

crayons » -le serpent


« Bonne nuit à la pensée »
b) La tentation de la phallocratie
 pages 40-41 : « J. »
« Elle se forge son travail
Avec des métaux indolents. »

 pages 66-67 : « Le pouvoir »

 pages 104-105 : « La peur »


« Fourrure rouge
Au seuil friand de l’animal
La proie s’affole »
 pages 108-109: « Brosse à cheveux »

 pages 112-113 : « Au bal Tabarin »


-le manège aux corps de femmes

 pages 116-117 : « La couture »


c) La référence sadienne
pages 123 à 127 -deux portraits de Sade
 un buste de Sade en pierre, sur le socle on

peut lire les lettres S A, D et E


 sur la page de gauche on distingue en

arrière-plan ce qui est peut-être la Bastille


en 1789, sur la page de droite on voit la
même Bastille en arrière-plan, enflammée,
avec des cadavres à terre, et les Parisiens
qui prennent les armes
Il y a deux légendes :
 « On ne connaît aucun portrait du Marquis

de Sade, écrivain fantastique et


révolutionnaire. »
 « Presque entièrement écrite en prison,

l'oeuvre de Sade semble à jamais honnie et


interdite. Son apparition au grand jour est
au prix de la disparition d'un monde où la
bêtise et la lâcheté entraînent toutes les
misères. »
 Il y a cette idée que l'oeuvre de Sade a
provoqué la Révolution française, par
l'explosion des désirs, le buste demeure car
Sade est un écrivain révolutionnaire

 Le buste est imaginaire, en quelque sorte


apocryphe, car on n’a que des dessins
présumés du visage du « divin marquis »
 une tradition alternative de la littérature lui
rend hommage en tant que précurseur du
surréalisme et libérateur des instincts

 nous avons donc une sorte d’éloge de Sade


comme maître à penser

 Sade serait un homme fort, la publication


de son œuvre ferait que le monde serait
moins « bête » et moins « lâche »
Remarques
 Sade a souvent été considéré -à tort-
comme un auteur féministe
 Qu’ont retenu Eluard et Man Ray de
Sade ? Réponse : l’explosion des
désirs, la réputation sulfureuse,
l’importance du sexe, le plaisir de la
transgression…
Remarques
 On peut faire remarquer que les vies de ces
artistes n’ont pas grand-chose en commun
avec celle du marquis : Eluard n’était pas
connu pour être un homme violent ou
phallocrate…
 Cependant, on ne peut oublier que deux
sensibilités très différentes s’affrontent
dans le recueil : Man Ray offre une vision
de la femme beaucoup plus soumise
qu’Eluard, par exemple
3. La litanie de la douleur
a) La déception amoureuse

 pages 12-13 « Fil et aiguille »


« Sans fin donner naissance
A des passions sans corps »

 pages 60-61 : « Le tournant »


« J'espère
Ce qui m'est interdit »
 pages 38-39 : « Les tours du
silence »
« Ils voudraient avoir un corps
Ils ne sont ni jour ni nuit
Ils sont aux mains de l’espace »
 pages 48 49 : « Solitaire »

« J'aurais pu vivre sans toi


Vivre seul »

« Comme un bloc de cristal


 Je me mêle à la nuit »
 pages 114-115 « Femme portative »
« Terrestre dérision la femme
Quand son cœur est ailleurs 
Si ce que j'aime m’est accordé
Je suis sauvé
Si ce que j'aime se retranche
S'anéantit
Je suis perdu »
b) Au bord de l'abîme et de la folie

 pages 36-37 : « Narcisse »


« Masque de poix
N'être que soi
Guide égaré. »

 pages 62-63 : « Nu »


« Au pays des figures humaines
On s'apprête à briser ta statue ridicule. »
 pages 68-69 : « Belle main »
« On s'est promis des paradis et des tempêtes
Notre image a gardé nos songes »

 Pages 12-13 « Fil et aiguille »


« A des étoiles mortes
Qui endeuillent la vue »

 Pages 14-15 : « La Toile blanche »


« Du blé fiévreux des morts. »
c) La rédemption par la poésie ?

 pages 18-19 « Château abandonné »


« La langue partit la première
Puis ce fut au tour des fenêtres »

 pages 62-63 : « Nu »


« On va t’enlever ces assurances ces ressources
Qui te donnent des ailes
Immobiles

Même tes belles larmes »


 pages 120-121 : « Les amis »
« Ceux qui dorment, chacun de leur côté,
sont séparés par des murs immondes,
verrouillés, intouchables, sont réunis
par les images commodes que le
monde extérieur leur a données d’eux-
mêmes »
 pages 68-69 : « Belle main »
« Ce soleil qui supporte la jeunesse ancienne
Ne vieillit pas il est intolérable
Il me masque l'azur profond comme un
tombeau
Qu'il me faut inventer
Passionnément
Avec des mots »
Remarques
 pages 54-55 « Main et fruits »
L’un des poèmes peut-être à peu près
clairs du recueil, évoque le tendre
souvenir de l’enfance (jeux d’écoliers)
« Est-ce la transparence mue
Qui déçoit les voleurs dans l'arbre 
Va-t-on donner son sang pour rire»
Pistes pour l’exploitation en classe : idée de
séquence de cours

 introduction générale
 « séance apéritive » : comparer des
couvertures
 « séance apéritive » : le nu féminin en art
 cours avec le plan
 idée d'activité : essayer de faire deviner le
plan à partir des dessins de la fin, à partir
des thèmes de l'œuvre, à partir de ce que
les élèves ont pensé de leur lecture
 « séance apéritive » : étude des portraits
d'artistes par Man Ray, deviner qui est
photographié
 traiter ensemble un sujet en cours,
entraînement à la rédaction -possibilité de
donner un "exemple" avec un texte à trous
 textes complémentaires –cf liste infra
 exposés : sur des sujets type bac, ou des
poèmes du recueil avec les dessins, sur des
textes complémentaires
 plutôt en AP: réviser la versification,
étudier et composer des haïkus/haïkaï,
analyser des dessins et tableaux, écrire des
cadavres exquis…
 DSTs, DMs : cf sujets traités et plans
proposés
 facultatif : faire le lien avec Musset – sur
les thèmes du rêve, les métaphores du
désir, la phallocratie, le pessimisme…
Eluard - Man Ray, Les Mains libres
Textes complémentaires -liste indicative

I Autour du surréalisme

 Manifestes du surréalisme de Breton

- quelques poèmes surréalistes :


 "J'ai tant rêvé de toi" de Desnos
 "la Courbe de tes yeux" d'Eluard
 "Lanterne de Picasso" de Prévert
 « Le Pèse-nerfs » d'Artaud
 "Le rendez-vous perpétuel" d'Aragon
 "Psaume 151" de Ferré
- à propos de la création littéraire :
 Freud, Le rêve et son interprétation -sur l'existence de
l'inconscient et ses manifestations
 Freud, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci -sur la
théorie de la sublimation en art
 Gainsbourg, chanson « le Cadavre exquis » 

- sur le relatif arbitraire de la comparaison surréaliste :


 "Zone" d'Apollinaire
 "Union libre" de Breton
 Les armes miraculeuses de Césaire
« Précurseurs » reconnus du surréalisme

 Nerval, "El Desdichado"


 Poe, "la Chute de la Maison Usher"
 Baudelaire, "Le Voyage", "La vie antérieure"
 Verlaine, "Mon rêve familier"
 Rimbaud : Lettres dites du Voyant, "Villes", "Fleurs",
"Aube«  dans les Illuminations
 Lautréamont, autoportrait de Maldoror (chant IV)
 Apollinaire, "Nuit rhénane" et « La Lorelei »
- sur Sade :
 Dialogue entre un prêtre et un

moribond de Sade
 Contre-histoire de la philosophie - les

ultras des Lumières de M.Onfray : sur


le marquis de Sade présenté comme
un "délinquant relationnel"
II Les rapports entre les arts et les
conceptions de la poésie

- sur le mélange des arts et la rivalité entre les


arts
 "Ode à une urne grecque" de John Keats,

 "Un peintre" de J.-M. de Hérédia

 "Le rêve du jaguar" de Leconte de Lisle

 "L'art" de Théophile Gautier

 "Une charogne", "les Phares", "La Musique"


de Baudelaire
 "Voyelles" de Rimbaud
- les auteurs et la peinture
 Salons de peinture de Diderot

 L'Art romantique, Le Peintre de la vie

moderne de Baudelaire

- le thème du double, les androgynes


 Platon, le Banquet -mythe des androgynes

raconté par Aristophane


 Baudelaire, « La mort des amants »
- Ekphrasis et hypotypose

 Homère, Iliade, chant XIX, le bouclier d'Achille


 Virgile, Enéide, chant VI - description des Enfers
 fin de W de Perec

 description du forgeron dans l'Assommoir de Zola


 "Le forgeron et l'écrivain" dans Nouveaux contes à
Ninon de Zola
 « Ode à une urne grecque » de John Keats
 "Musée des Beaux-Arts" de W.-H. Auden
Objets littéraires et parodies
 description de la casquette de Charles
Bovary chez Flaubert
 description de la casquette du patron
du Bar biture dans les Fleurs bleues
de Queneau
 le « quartier de tomates
véritablement sans défaut » dans la
Jalousie de Robbe-Grillet
Poétique de l’objet
 Ponge, Le Parti pris des choses :
« L’huître », « Le pain », « Le
cageot  »…
 J.Réda, « Le Pèse-Lettre » dans
Incorrigible
- l'allégorie de la mort
 Shakespeare, sonnets 12 et 16

 « La Mort et le bûcheron » de La


Fontaine

- sur les pouvoirs du poète


 "Le bestiaire ou cortège d'Orphée"
d'Apollinaire (édité avec Alcools dans
l’édition Poésie nrf Gallimard)
- poèmes courts
 haïkus : quelques poèmes de Bashô, Buson

et Issa, les trois plus grands écrivains


traditionnels de haïkus nippons
 Cent phrases pour éventail de Paul Claudel

 Le monostiche d’Apollinaire dans Alcools,

« Chantre » : « Et l’unique cordeau des


trompettes marines »
- sur la notion de synesthésie
 Nerval, "Vers dorés"

 Baudelaire, "Correspondances"
- à propos de « La Couture » et la syllepse
 Apollinaire, Alcools, "Nuit rhénane »: " Mon verre s'est
brisé en un éclat de rire » 
 Ponge, « le Pain » : « Mais brisons-la »

- à propos de « Où se fabriquent les crayons"


 le texte de la « Genèse » : Adam et Eve dans le jardin
d'Éden, Eve séduite par le serpent
- le poème-dessin
 Apollinaire, Calligrammes, "La colombe

poignardée", "Le miroir", « La pluie » 

- la spatialisation du poème
 Mallarmé, "Un coup de dés jamais n'abolira

le hasard"
 Cendrars, "Académie Medrano", dans

Sonnets dénaturés
- sur la métatextualité
 Lorca, "la Religieuse gitane"
 Saint-John Perse, Amers, VI : « Or il y avait
un si long temps que j'avais goût de ce
poème » 

- sur la poésie éternelle


 Horace, Odes, III, 30, Exegi monumentum
aere perennius : “J’ai élevé un monument
plus durable que l’airain”
 Ronsard, "Quand vous serez bien vieille"
- sur l'artiste en vagabond
 Rimbaud, "Ma bohème"

 Aznavour, "Je me voyais déjà", "la

Bohème", "Emmenez-moi"
III Les images de la femme
- quelques portraits poétiques de
femme
 Properce, Elégies I, 1

 Ronsard, "Ode à Cassandre"

 Maurice Scève, le blason du sourcil

 "Femme noire" de Senghor

 "le Rendez-vous perpétuel" d'Aragon


Sur les chimères

 Homère, Odyssée, chant XII (cf


supra)
 Nerval, « Myrtho », « El Desdichado »
 Autoportrait de Maldoror chez
Lautréamont, chant IV des Chants de
Maldoror
 « La Lorelei » dans Alcools
d’Apollinaire
- Sur la femme endormie
 « la Dormeuse » de Paul Valéry

- la femme muse
 Hésiode et les muses, prélude de la

Théogonie (v.1-42)
 sonnet VI des Regrets du Bellay

 « Ce que dit Elsa » et « Le rendez-vous

perpétuel » d'Aragon
- la femme de l'eau
 « La Jeune Tarentine » de Chénier

 "Ophélie" de Rimbaud

 "la Lorelei" d'Apollinaire

- le sexe en poésie
 Baudelaire, sous-entendus de « La

Chevelure »
 Rimbaud, sonnet de "l'Idole"
DST sur la VERSIFICATION (durée : 1 heure
environ, noté sur 20 points)

I (2 points)
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Boileau)
1) Proposez un découpage syllabique (avec des barres
obliques = des /) de ces deux vers.
2) Dans les mêmes vers, faites un découpage rythmique
en indiquant (avec des /) les césures et les coupes.

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement


Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Boileau)
II Délimitez les deux hémistiches, placez la césure
et les coupes dans le vers suivant : (1 point)
Et les fruits passeront la promesse des fleurs. (Malherbe)

III Comment appelle-t-on un VERS de : (4 points)


- 5 syllabes = - 6 syllabes =
- 7 syllabes = - 8 syllabes =
- 9 syllabes = - 10 syllabes =
- 11 syllabes = - 12 syllabes =
IV Indiquer le mètre des vers suivants (marquer le
nom du mètre à la fin du vers concerné) (1
point)
Depuis six mille ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs. (Hugo)

V Même exercice : (3 points)


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine (Apollinaire)
VI Comment appelle-t-on une STROPHE
de : (6 points)
- 2 vers - 3 vers
- 4 vers - 5 vers
- 6 vers - 10 vers

VII Donnez le nom des schémas de rimes


suivants : (3 points)
- aabb =
- abab =
- abba =
quelques haïkus japonais
extraits de Haïkus -anthologie (collection Points
Poésie aux Éditions Fayard)
HAÏKUS D'AUTOMNE

Buson Yosa (1716-1783)

 Claire lune automnale


Les lapins traversent
Le lac Suwa

 On voit dans ses yeux


Une apparence d'automne
Vêtements de chanvre

 Il est transi
de pauvreté
ce matin d'automne

 Foulant les feuilles dorées du ginkgo


Le gamin tranquillement
Descend la montagne
Matsuo Bashô (1644-1694)

 Les herbes se couvrent


d'automne
Je m'assieds

 Sur une branche morte


Repose un corbeau :
Soir d'automne !

 Une rafale de vent


puis les feuilles
se reposent

 Ce chemin
personne ne le prend
que le couchant d'automne
Kobayashi Issa (1763-1827)
 Feuille morte au vent
de temps en temps
le chat la retient de sa patte

 Sur la feuille de lotus


la rosée de ce monde
se distord
Analyse d’image

Cf fiches d’analyse d’image dans les


textes officiels de l’Histoire des Arts
en 3ème
Essais de cadavres exquis avec des élèves de 3ème
(exemples rigoureusement authentiques…) :

 Le bâtard mangea nos débroussailleuses


sublimes.
 Le Jean du moulin dansera des patates
méchantes.
 L'ornithorynque a mordu tes pissaladières
puantes.
 Le carton a étincelé tes chaussettes
dégueulasses.
 Le Claude mangera tes beautés laides.
Avec un « hasard objectif »…

Mon pot de cornichons fait ton cahier


joli.
Sujets possibles et non
exhaustifs
I
 Les poèmes d'Éluard relèvent-ils vraiment
et seulement de l'illustration ? (question
posée par le B.O.)
 Etudiez la composition du recueil.
 Quel est le projet commun d’Eluard et de
Man Ray dans ce livre ?
 Les Mains libres n’est-il qu’un livre de
poèmes ?
 Etudiez l’importance du dessin.
 Quelles images l’artiste donne-t-il de lui-
même dans le recueil ?
 Quelle forme poétique privilégie Eluard
dans le recueil ?
 Quel sens assignez-vous à la présence du
diptyque sur Sade à la fin du recueil ?
 Quels sens donnez-vous à la publication
des « Détails » à la fin du recueil ?
 « Une image peut produire mille
mots » a déclaré Man Ray lors d’une
conférence. Que pensez-vous de cette
affirmation à la lecture du recueil les
Mains libres ?
 En quoi la phrase de Lautréamont :
« La poésie doit être faite par tous,
non par un », peut-elle s’appliquer au
recueil ?
 Dans Donner à voir, extrait de « Physique de la
poésie », paru en 1939, Paul Eluard écrit : « Pour
collaborer, peintres et poètes se veulent libres. La
dépendance abaisse, empêche de comprendre,
d’aimer. Il n’y a pas de modèle pour qui cherche ce
qu’il n’a jamais vu. A la fin, rien n’est aussi beau
qu’une ressemblance involontaire ». Cette déclaration
peut-elle s'appliquer au recueil Les Mains libres,
d'après vous ?
 Le Bulletin Officiel mettant le recueil Les Mains libres
au programme de Littérature en Terminale définit
cette œuvre comme une « partition » à « quatre
mains » : qu'en pensez-vous ?
II
 En quoi ce recueil est-il surréaliste ?
 Etudiez le thème du rêve dans le
recueil.
 Quelle importance accordent ces deux
artistes aux objets dans le recueil ?
 Etudiez les images employées.
 Dans la préface du recueil, Eluard écrit ces
mots : "il y a plus de merveilles dans un
verre de vin que dans le fond de la mer".
En quoi cette affirmation peut-elle
s’appliquer à l’œuvre, d’après vous ?
 Man Ray qualifie lui-même les productions
du recueil de « dessins extravagants mais
réalistes » : êtes-vous d’accord avec cette
affirmation ?
 "Dans ces dessins mes mains rêvent",
déclare Man Ray à propos du recueil Les
Mains libres : que pensez-vous de cette
déclaration, à la lecture du recueil ?
 Dans « La femme portative », Eluard écrit :
« Je n'aime pas mes rêves mais je les
raconte/Et j'aime ceux des autres quand on
me les montre. » Dans quelle mesure cette
déclaration peut-elle s’appliquer à l’œuvre,
d’après vous ?
III
 Etudiez le thème de la Muse.

 Etudiez l’importance des images de la

femme dans le recueil.


 Etudiez le thème du désir dans le

recueil.
 La main dans le recueil. (sujet pris

sur internet)
Quels critères de correction ?
-proposition
 Un devoir logiquement structuré
 Une réponse progressive, fournie et
nuancée
 Une bonne connaissance de l’œuvre
 La prise en compte de plusieurs aspects du
sujet
 Le respect du barème : questions sur 12 ou
8 points (répartition possible 10/10, d’après
le B.O.) –modulable selon la copie…
 Le tout dans une langue correcte et précise
Plans détaillés -proposition
sujet traité en classe
 Les poèmes d'Éluard relèvent-ils vraiment
et seulement de l'illustration ?

I A priori OUI
- l'organisation du recueil en I et II fait la part
égale aux dessins et aux poèmes, le dessin
excédant même le poème par la suite
- le projet est novateur : illustrer les dessins
de Man Ray par la poésie
II Mais ce projet dépasse celui de la pure
illustration
- il y a une émulation entre les deux artistes :
tantôt l'un donne le titre, tantôt l'autre
- Eluard interprète le dessin de Man Ray, voire
l'explique
- Man Ray inspire Eluard, le dessin trouve une
résonance dans les thèmes obsédants du
poème, le dessinateur pousse le poète à la
création, tout comme le poète veut pousser
le lecteur vers la création
La main dans le recueil.

I Une présence très affirmée


- les mains donnent leur titre au recueil
- les mains constituent la couverture actuelle de l'édition
nrf Poésie Gallimard et celle de la première édition
- on trouve ce motif dans nombre de poèmes
II Un motif éminemment symbolique
- la main de l'auteur : une dimension
métatextuelle
- le symbole du désir : la main de l'homme qui
domine la femme
- un motif polysémique, comme le titre est
polysémique : appel à la liberté, connotation
grivoise, mystère de la création - cf "le
Secret", sculpture de Rodin
Etudiez la composition et la
structure générale du recueil.
I Un projet novateur
- un travail collaboratif : deux noms, titres en commun,
préface d'Eluard
- illustrer des dessins par des poèmes
- une inspiration surréaliste

II La primauté donnée au dessin


- I et II : l'alternance de dessins et poèmes
- les portraits de Sade
- les portraits d'amis
- les détails
Etudiez le thème du désir dans le
recueil.
I Un désir omniprésent
- l'invasion de la figure féminine : la
Muse, la femme-univers, la Dormeuse
- un recueil érotique
- des sous-entendus scabreux
II Un désir brutal
- des métaphores obsédantes : éclosion,
explosion…
- les figures de la femme soumise
- la tentation de la phallocratie et la référence
à Sade
III Un désir insatisfait
- le mystère du monde
- la litanie de la douleur
Etudiez l’importance des images de la femme dans
le recueil.

I Une figure omniprésente


- le sujet de nombreux poèmes
- l'invasion du corps féminin
- la femme-univers
II L'objet d'un désir obsédant
- des images érotiques
- des sous-entendus scabreux
- la tentation de la phallocratie
III La femme-muse
- la présence de nombreuses allégories
- la femme est liée au mystère du
monde
Etudiez le thème du rêve dans le
recueil.
I Une présence affirmée
- rêveries et cauchemars
- de nombreuses allégories

II Un thème poétique
- l'incohérence des objets
- l'alliance des contraires
- la domination de l'irrationnel et le mystère
du monde
Les Mains libres n’est-il qu’un livre
de poèmes ?
I A priori, OUI
- le recueil d'un poète surréaliste
- la forte présence du texte : préface, table
des matières
- des thèmes lyriques
II Mais la primauté est donnée au dessin
- des poèmes plutôt courts
- un projet nouveau et paradoxal : illustrer
verbalement des dessins
- l'organisation du recueil
En quoi ce recueil est-il
surréaliste ?

I Deux artistes surréalistes


- rappels sur les vies et œuvres d'Eluard
et de Man Ray
- un projet novateur et paradoxal
- l'obscurité cultivée des poèmes
II Un univers onirique
- le jeu sur les échelles
- l'alliance des contraires
- un bric-à-brac poétique
- une série d'allégories
Sujets supplémentaires
Quel sens assignez-vous à la présence
du diptyque sur Sade à la fin du
recueil ?
I Un exercice de style plastique
- donner un visage à un auteur maudit
- montrer son talent de dessinateur
- dessiner une statue
II Faire œuvre révolutionnaire
- faire l'éloge d'un auteur maudit
- se reconnaître des précurseurs
- appeler à la création et à la libération
des instincts
Quels sens donnez-vous à la publication des
« Détails » à la fin du recueil ?

I L'œuvre en écho
- la primauté est donnée au dessin
- faire un rappel des dessins précédents
- stimuler l'imagination du lecteur
II Un condensé des thèmes de l'œuvre
- le rêve
- la femme-muse
- le désir
Quel type de poésie privilégie
Eluard dans le recueil ?
I Des poèmes brefs
- des poèmes d'une page
- des vers très courts
- quelques poèmes en prose
II Un univers onirique
- l'alliance des contraires
- des poèmes très obscurs
Etudiez l’importance du dessin.
I Un projet novateur
- un ouvrage collaboratif
- illustrer des dessins par des poèmes
- une émulation artistique
II Un livre d'art plus qu'un recueil
- la composition générale
- les détails et le talent du dessinateur
- un livre-cadeau offert aux grands artistes
surréalistes
Quelle importance accordent ces deux artistes aux
objets dans le recueil ?

I Une pluralité d'objets


- une présence affirmée
- un jeu sur les échelles
- la réification du corps féminin

II Un bric à brac poétique


- des objets liés au rêve
- l'esthétique du rébus
- l’idée que tout est potentiellement poésie
Des questions ?
MERCI POUR VOTRE ATTENTION ET
VOTRE PARTICIPATION !

Vous aimerez peut-être aussi