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PSYCHOLOGIE SOCIALE DE

LA FAMILLE ET DE L’ECOLE
• Ce module d’enseignement apporte des
éléments de compréhension d’explication et
d’analyse de la famille et de l’école en tant
qu’organisations dont les caractéristiques et les
événements qui s’y produisent influencent et
régulent le développement psychosocial de
l’enfant.
• Dans ce sens nous apporterons un éclairage profond sur :

• Les différents modes de structuration de l’existence


familiale
• La place et/ou le statut de l’enfant dans la famille.
• Le style éducatif au sein de la famille et à l’école (le(s)
rapport(s) à l’école).
• Activités familiales et parcours scolaires : quels liens?
• Famille/école et intégration sociale.
• Conclusion(s) :

• Comment le(s) rapport(s) famille/école


influence(nt)-il(s) le développement
psychosocial de l’enfant?
• Objectifs du module :

• 1. identifier les différentes expériences qui sont propices au


développement optimal de l’individu et du groupe
(épanouissement et/ou cohésion?)
• 2. être capable d’expliquer les différents modes de vie
familiaux et parcours scolaires qui se situent au centre de
notre analyse.
• 3. repérer les variables et expériences éducatives qui exercent
l’influence la plus déterminante dans la réalisation des
potentialités de l’enfant.
• Références proposées :
• 1. plusieurs ouvrages du professeur M.Haddiya
• 2. Zaouche-Gaudron, C. (2002 ou 2010). Le
développement social de l’enfant, Paris, Dunod.
• 3. Facultatif, du même auteur (2001). La
problématique paternelle, Ramonville Saint-
Agne, Erès
SOCIOLOGIE DE LA
FAMILLE
• En tant qu’instance de socialisation et espace
de transmission (les travaux de B. Lahire et
J.H. Déchaux) qu’est-ce que la famille?
• Questionner les approches fonctionnalistes de
la famille.
• Peut-on parler aujourd’hui de la fin de la
famille traditionnelle et du pluralisme
familial?
• Laissons la socialisation primaire familiale
pour le prochain semestre et continuons sur :
• 1-L’évolution des pratiques éducatives
familiales
• 2- La famille et l’école
• 3- La famille comme transmetteur d’un
héritage culturel
• Exercice difficile pour les sociologues de
définir la famille.
• Première conception : la famille nucléaire (ou
élémentaire) comme groupe résidentiel
composé d’adultes et de leurs enfants : vision
réductrice de la famille.
• Ou la famille n’est pas intangible et s’invente
en permanence.
• Dans ce sens, Bourdieu précise « les nouvelles
formes de liens familiaux qui s’inventent sous
nos yeux rappellent que cette famille que nous
sommes portés à considérer comme naturelle
parce qu’elle se présente avec l’évidence du
toujours ainsi est une invention récente »
(Actes de recherches en sciences sociales
1993/1).
• Il faut alors penser la famille au pluriel : des
structures familiales variées (des visages et des
fonctions influencés par les spécificités de chaque
époque).
• Une autre définition : « l’ensemble des personnes
apparentées par la consanguinité et/ou l’alliance »
(Barry et al, 2000).
• Une volonté de dépasser le modèle de la famille
nucléaire et inclure la parenté (+ la famille conjugale
comme forme parmi d’autres).
• La famille traditionnelle met en avant une
représentation dominante.
• La famille dite « traditionnelle » couple marié
avec enfants élevés par une épouse inactive
(modèle de la famille nucléaire).
• Image de la femme au foyer (un idéal bourgeois
de la famille conjugale avec des rôles très
différenciés entre le mari et la femme).
• Dans cet ordre d’idée De Singly rapportait « pendant
un demi-siècle (1918-1965), le fait que l’homme
travaille à l’extérieur pour gagner l’argent du ménage
et que la femme reste à la maison pour s’occuper le
mieux possible des enfants est une évidence pour
tous les milieux sociaux » (Desingly, Sociologie de
la famille contemporaine, 1993).
• Il s’agit d’un modèle dominant pendant un demi-
siècle mais qui reste très prégnant dans les
représentations et les débats actuels.
Qu’est-ce que la famille ?
 Penser la famille comme une catégorie socialement construite
« […] penser les catégories familiales comme institutions existant et dans
l'objectivité du monde, sous la forme de ces corps sociaux élémentaires
que l'on
dans lesappelle
esprits,familles,
sous la etforme de principes de classement mis en pa
œuvre aussi bien les agents ordinaires que par les opérateurs patentés r
de classifications officielles, comme les statisticiens d'État (INED,
INSEE)» (Bourdieu, A propos de la famille comme
catégorie réalisée, 1993/1, Actes de la recherche en
sciences sociales)]
=> Le rôle de l’Etat dans la définition de la famille (politiques
familiales, droits
f
a
m
«i Les familles dites « nouvelles » — recomposées, monoparentales,
homosexuelles,
l etc.

i aspirent à être des familles comme les autres, ce que beaucoup
contestent
a au nom
de
u leur propre conception de ce qu’est et doit être une famille »
(Déchaux,
x Sociologie
de la famille, 2009)
« Si la famille n’est qu’un mot » (Bourdieu), c’est un mot d’ordre
 Existence de plusieurs légitimités familiales / Luttes pour la
Les approches fonctionnalistes

 Le modèle structuro-fonctionnaliste de Talcott Parsons (Années 50)


• L’évolution de la famille en référence au changement de la société
industrielle
• La division du travail entre le mari et la femme
• Les fonctions éducatives déléguées à l’Etat
« La famille n’a plus à être productive, elle doit, selon T. Parsons assurer
la socialisation de l’enfant et la stabilisation de la personnalité de l’adulte
». (De Singly « Qu’est-ce que la famille ? » In Familles, Permanence et
métamorphoses)
- La famille n’est plus l’unité qui permettait d’assurer l’essentiel des
activités de production => réduction de la taille de la famille (famille
nucléaire) due à l’industrialisation de la société et repli sur la sphère
domestique
Femme, du côté de la sphère privée : assurer le bien-être des enfants, soins…
Homme, du côté de la sphère publique (assurer les revenus du ménage)
Les approches fonctionnalistes
 Critiques du modèle structuro-fonctionnaliste
• Critique des historiens
- La famille nucléaire existe dans les sociétés qui ne sont ni industrialisés, ni
urbanisés
- La socialisation ne peut se réduire aux fonctions d’affection et d’autorité : l’enfant
ne doit pas être seulement objet d’affection mais d’ambition – ne pas minimiser
les fonctions éducatives de la famille
• Critique des féministes

Remise en cause de la thèse parsonienne par le mouvement féministe


Les travaux d’A.Michel (Sociologue féministe française) : stricte répartition desrôles
et bon fonctionnement familial ne coïncident pas

Modèle de la famille traditionnelle ébranlé


 Mise en cause des normes de référence (le mariage, la division sexuelle du travail)
qui aboutit à une mise en question de la hiérarchie des formes familiales
 Revendications : demande de reconnaissance des familles avec un seul parent
Les approches fonctionnalistes
 Le modèle de la reproduction sociale (Bourdieu)
• La famille contribue à produire et reproduire les inégalités sociales
Travaux de Bourdieu sur le monde domestique en Algérie et au Béarn : Le choix d’un
conjoint, l’achat d’une maison familiale, le transmission du capital économique, le
nombre d’enfant… sont autant d’éléments que de stratégies qui visent à maintenir ou à
augmenter la position sociale et le patrimoine.
« Une des propriétés des dominants, c'est d'avoir des familles particulièrement étendues
(les grands ont de grandes familles) et fortement intégrées, parce que unies non
seulement par l'affinité des habitus, mais aussi par la solidarité des intérêts. […] Par
exemple, dans le patronat, la famille joue un rôle considérable, non seulement dans la
transmission, mais aussi dans la gestion du patrimoine économique, notamment à travers
les liaisons d'affaires qui sont souvent des liaisons familiales » (Bourdieu, A propos de
la famille comme catégorie réalisée,
1993/1, Actes de la recherche en sciences sociales)
 => Effet conjugué de la transmission et de l’habitus
Les approches fonctionnalistes
 Le modèle de reproduction sociale (Bourdieu)

• La famille contribue à produire et reproduire les inégalités sociales


« Elle [La famille] sauvegarde son unité pour la transmission et par la transmission, afin
de pouvoir transmettre et parce qu’elle est en mesure de transmettre » (Bourdieu, A propos
de la famille comme catégorie réalisée, 1993/1, Actes de la recherche en sciences sociales)
 La transmission d’un patrimoine : une des fonctions essentielles de la
famille
Pour assurer sa fonction de transmission, la famille met en œuvre des stratégies qui
diffèrent selon le contexte historique et social : si les stratégies matrimoniales étaient
prépondérantes dans les sociétés précapitalistes pour transmission d’un patrimoine et le
maintien d’une position sociale, elles ont progressivement été supplantées par les
stratégies scolaires.
La famille contemporaine et le concept
d’individualisme
 La famille doit contribuer à la construction d’une identité personnelle
- =>Création d’un climat pour que l’individu se sente reconnu comme personne
singulière et originale
- Après 70 : déclin de la « famille traditionnelle » (la règle instituée, les
idéologies morales, la conscience de classe), taille des familles plus réduite,
diminution du rôle des grandes institutions (religieuses) dans la famille
=> divergences entre les membres d’une famille s’expriment davantage,
valorisation des relations entre les individus

Mise en valeur des valeurs d’autonomie, de liberté, d’épanouissement,


d’ouverture vers l’extérieur
apparaît comme une famille individualiste et une famille
« La famille

relationnel » (De Singly, La sociologie des familles


contemporaines, 1993)
La famille contemporaine et
le concept
d’individualisme
 Le concept
d’individualisme familial :
« Le concept d’individualisme familial a été utilisé par des
analystes pour
caractériser les lignes de force qui marquent les
transformations du lien familial au cours des 30 dernières
années ». (Déchaux, Sociologie de la famille, 2009)
-Centration
Affirmation des droits: de l’individu au
sur l’individu
détriment de l’institution
- Mouvement de « privation familiale » (expérience dan
familiale se retranche s
la sphère privée)
- L’individualisme comme
« Une autre manière de se représenter et de
(Déchaux, vivre le de la
Sociologie
lien à l’autre». famille, 2009)
La famille contemporaine et
le concept
d’individualisme
 Le concept d’individualisme familial : un produit
social
d
- Lien entre individualisme et revendications d’égalité e
(division du travail),
recomposées, monoparentales, diversité des formes
tolérance (reconnaissance
conjugales (pacs)…) de la de nouvelles formes de vie
familiales,
sphère familles
publique
-lien entre individualisme et les valeurs de contrat déjà
implantées dans le
monde
=> du travail (Déchaux,
L’individualisme La famille
s’accompagne de ànormes
l’heure :dePas une
l’individualisme,
disparition des 2010)
codes
normatifs mais une pluralité normative
La famille contemporaine et
le concept
d’individualisme
 L’individualisme
familial et les
normes
« L’individualisme
s’accompagne de
normes, pas
nécessairement
nouvelles dans leur
contenu mais qui,
loin d’être toutes
codifiées sous la
Recomposition
forme
 d’une règledes normes qui sont plus invisibles
(contrainte
instituée, sedouce)
diffusent
par Des
 des nouveaux circuits de diffusion (médias (Internet),
voies inédites
presse
jusqu’àspécialisée,
atteindre le
cœurmarketing industrielle)
de l’intimité
familiale. Elles
indiquent aux
La famille contemporaine et
le concept
d’individualisme
 L’individualisme familial et les normes
« La « marchandisation de l’intimité » est un autre canal
par lequel se répand une vision de l’épanouissement
individuel débouchant sur une normalisation de la vie
familiale. L’industrie culturelle a conçu tout un marketing
destiné aux enfants. Il joue à la fois sur le grégarisme («
être comme les copains
entière ») et La
(Déchaux, l’aspiration à devenir
famille à l’heure de
autonome
») ». au plus vite (« je suis une2010)
l’individualisme, personne à part
 Le pouvoir de l’industrie culturelle
 Dans les relations parents /enfants : affrontement des
normes issues de la
sociabilité juvénile (copains, Internet) avec les normes
parentales ou scolaires
 Rend le travail pédagogiques des parents
plus compliqué (e.p pour les familles les
plus défavorisées)
La fin de la famille «
traditionnelle » et le
pluralisme familial
 Le modèle de la famille « traditionnelle » laisse place au
pluralisme familiale
- Un modèle dominant jusqu’au année 1970 (modèle de
la famille nucléaire)
- Une diversité familial qui renoue avec le passé (les
familles
monoparentales, le travail des femmes…)
« Auparavant, qu’il s’agisse de la société d’Ancien Régime
ou de la société
industrielle naissante, la diversité familiale était la norme.
Elle découlait des
traditions et des coutumes successorales , des clivages
régionaux ou de classe »
(Déchaux, Sociologie de la famille, 2010)
 La proximité au niveau de la morphologie des familles
(Dans le passé, les familles étendues (plusieurs générations
La fin de la famille « »e l
traditionnelle t e
pluralisme familial
 Une diversité portée par l’individualisme
familial
- Les raisons liées à :
- l’affirmation des droits de
des
l’individu dans la famille
domestiques, la perception moins négative des tâches
familles
- transformation
monoparentales, la du lien familial
reconnaissance de l’importance de la bonne entente
« L’exigence d’égalité entre homme et femme
sexuelle entre les conjoints, l’acceptation de la
dans le partage
contraception et de l’avortement, etc. expriment une
conception plus souple et plus ouverte des mœurs »
(Déchaux, Sociologie de la famille, 2009)
 Evolution des comportements vers une plus grande
tolérance liés à un rejet
de l’intrusion moralisatrice des institutions
religieuses et politiques
La fin de la famille « l
traditionnelle » et e
pluralisme familial
 De nouvelles formes de vie familiale
- Principaux changements qui caractérisent la
famille contemporaine :

60% -sont
Le déclin du en
au foyer modèle
1968, de
25%laen
mère
2003auetfoyer
14 % en 2015
(Données
Parmi de l’INSEE)
les femmes de 15 à 59 ans vivant en couple :
Aujourd’hui, le modèle le
activité professionnelle et plus répandu estfamiliales
responsabilités celui de laconstat
femme
et on nequi concilie
peut que er
une véritable rupture avec le modèle de la famille
traditionnelle.
- Le recul du mariage et la banalisation du
41 00divorce
e 1972 (un
6 0 n record)
Le mariage, institution centrale de la famille, n’a
26 00 de
cessé e 2008
baisser :
7 0
n 2015
23 00
e
La fin de la famille « l
traditionnelle » et e
pluralisme familial
 De nouvelles formes de vie familiale
- Principaux changements qui caractérisent la
famille contemporaine :
Le pacs est une forme d’union choisie en priorité par les
couples
 hétérosexuels.progressif du pacte civil de
L’accroissement
solidarité (PACS)
 Une voie médiane entre le mariage et la
cohabitation hors mariage : une expression de la
diversité des formes conjugales
« le « je » l’emporte sur le « nous », mais, le premier ne
demande pas, bien au contraire, la disparition du groupe
conjugal ni du groupe familial » (De Singly, La sociologie des
familles contemporaines, 1993)
 Pas une rupture avec les normes
précédentes (pacs reconnu
institutionnellement) mais une
recomposition de ces normes
L’évolution des pratiques
éducatives familiales
 L’influence de l’individualisme moral sur
l’éducation
Evolution des enfants
des pratiques éducatives des familles :
- Recul de l’inculcation de la règle au profit d’une
pédagogie plus attentive à l’épanouissement de
l’enfant :
« Les notions d’obéissances, de foi religieuse, de
persévérance, caractéristiques d’une
éducation statuaire fondé sur la règle et sur l’asymétrie
parents/enfants, stagnent ou
régressent. Les qualités que les parents encouragent chez leur
enfant concernent de
plus en plus les « compétences relationnelles » : tolérance et
respect des autres, sens
des responsabilités, application au travail ». (Déchaux,
Sociologie de la famille, 2009).
=> Le principe du « ni, ni » (De Singly) : entre protection et
émancipation :
 « Dès les premières heures de l’adolescence, vers l’âge
L’évolution des pratiques
éducatives familiales
 L’influence de l’individualisme moral sur
l’éducation des enfants

Rapport éducatif centré sur l’enfant :


 Influence des sciences psychologiques depuis plus de 30
ans et en particulier avec celui de la psychanalyste
Françoise Dolto qui défend l’idée que « le bébé est une
personne ».
 Les nouvelles normes éducatives codifiées par le droit
Ainsi, la convention des Nations unies sur les droits de
l’enfant de 1989 :
« Tout être humain, adulte ou enfant, peut se prévaloir de
tous les droits inscrits
dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de
1948 »
Ou encore la loi du 4 mars 2002 sur l’autorité parentale :
« les parents doivent permettre le développement de
l’enfant dans le respect dû à sa personne et l’associer aux
décisions qui le concernent ». (lecture obligatoire de lors
L’évolution des pratiques
éducatives familiales
 L’influence de l’individualisme moral sur
l’éducation des enfants

Variation des pratiques éducatives en fonction des


milieux sociaux
Diversité des styles et méthodes pédagogiques : Une
enquête Suisse (1991 et
 une typologie qui distingue 3 modèles éducatifs :
2004) Kellerhals et Montandon
• Un style autoritaire, style qui privilégie l’obéissance et la
discipline (l’enfant est
perçu comme un être immature)

Un style négociateur, style qui est proche des nouvelles
normes éducatives où l’on valorise l’autonomie, la

créativité, l’imagination
Un style maternant (un mélange : contrôle et discipline //
=
forte communication parents-enfants, activités communes)
f>amill
es Les nouvelles normes éducatives ne font pas disparaître les
différences entres les
L’évolution des pratiques
éducatives familiales
 L’influence de l’individualisme moral sur
l’éducation des enfants

Variation des pratiques éducatives en fonction des


milieux sociaux
(1991
Diversité des styles et méthodes pédagogiques : et
Une enquête Suisse
2004) Kellerhals et Montandon
• Des stylstyles
autoritaire => familles
éducatifs populaires
socialement déterminés :
Un e
négociateur => familles des classes
• styl supérieures
Un e
maternant moins marqué
•=> Confirmation des résultats classiques de la sociologie
styl socialement
Un e
américaine (cf., années
50, clivage fort entre les milieux bourgeois (éducation
libérale : dialogue, persuasion) et ouvriers ( éducation
rigoriste populaire : obéissance et discipline)
L famille et
a l’école
 L’école au centre des
préoccupations familiales
- Crise économique (chômage de masse des années 70
et 80, restructuration industrielle) => diplôme
indispensable
- Condition ouvrière moins attractive (cf. // avec les « trente
glorieuses ») =>
progression des aspirations ouvrières :
« 78 % des enfants d’ouvriers nés entre 1970-84 déclarent que
leurs parents les ont
poussés à continuer les études contre 56 % pour ceux nés entre
1955-69 e 36 % pour
ceux nés entre 1910-24 » (Poullaouec, Les familles ouvrières face au
devenir de leurs enfants,
Economie et statistique, 2004)
« Impératif de réussite scolaire » (accès à l’emploi
/concurrence) : l’école
devient un enjeu crucial et un objectif prioritaire
L famille et l’école
a L’école au centre des préoccupations familiales
Rapport étroit entre famille et école

 Partenariat Ecole /famille => le rôle éducatif des
parents pas disqualifié mais augmenté
 Implication plus forte des familles dans le suivi et le soutien
scolaire
Nouveau rapport à l’école pour les familles populaire (Ecole
auparavant ségrégative)
=> mise à l’épreuve des rapports parents-enfants
- Conflits parents-enfants autour des notes (cf.
familles en situation de vulnérabilité)
- Des familles éloignées du système scolaire : des
principes de socialisation
différents peu compatibles avec ceux de l’école
(rapport au temps, à l’espace, à
l’alimentation) /=/ enfants déjà porteur de
compétences scolaires et d’habiletés
langagières
 Des situations très inconfortables pour les enfants, les
familles mais aussi les professionnels de l’éducation
L famille et
a l’école
 L’éducation familiale sous pression
 La fonction éducative de la famille s’est complexifiée :
 « L’objectif d’épanouissement de l’enfant doit composer
avec une autre exigence, celle de la reproduction de
l’ascension sociale, conditionnées par la réussite scolaire »
(Déchaux, Sociologie de la famille, 2009)
Mobilisation des familles par un fort investissement dans le
suivi du travail scolaire
- Implication de toute la famille (enfant, fratrie, parents,
grands-parents…)
- Investissement temporel élevé : en moyenne 15 H/mois
pour aider l’enfant
(écolier, collégien, lycéen) à faire ses devoirs [Gouyon, 2004]
=> part grandissante
de l’école dans la famille
- Implication tant dans les familles très diplômées [Ferrand,
Imbert et Marry, 1999]
que dans les familles populaires [Lahire, 1995]
- Tensions vives chez les familles de classes supérieures
La famille et
l’école
 Variations sociales des implications des familles dans le
suivi scolaire
- Les ressources familiales : temps, compétences, relations
sociales,
ressources financières, connaissance du système scolaire
- Le niveau d’études : plus le niveau augmente, plus
les écarts entre familles diplômées et familles peu ou
non diplômées augmentent
Au niveau du collège : « 92 % des mères bachelières participent encore
aux
devoirs contre 64 % des mères non diplômées » [Gouyon et Guérin,
2006]
=> Devant l’impératif de réussite scolaire, les milieux populaires sont
inéluctablement défavorisés -/- aux milieux des classes supérieures
 Stratégies scolaires des familles
- Choix des établissements (scolaires et supérieurs)
/Ecoles privées et choix des options (familles des classes
supérieures et surtout moyennes)
- Contournement de la carte scolaire (demande de dérogation, fausse
adresse…)
La famille et
l’école
 Modalités de transmission de la culture
écrite
La place des pratiques d’écriture et de lecture parentales
(ou leur absence) dans les processus de réussite scolaire
(recherche B. Lahire /enfants scolarisés en CE2 – milieux
populaires)
• Effet conjugué de plusieurs facteurs (capitaux scolaires
des parents,
ascétisme scolaire, incitations aux pratiques de lecture)
« il est frappant de constater combien la transmission de ce
capital obéit à un travail incessant, quotidien, de longue
haleine et parfois douloureux autant pour les enfants que
pour les parents » (Lahire, La raison scolaire, 2008)
 Héritage d’un capital culturel n’est pas automatique
• Les conditions de la transmission : « Les porteurs de
capitaux »
La famille et l’école
 Effet du divorce sur la réussite scolaire des enfants
- L’enjeu social du divorce n’a pas permis pendant longtemps de
répondre à cette
question
- Aujourd’hui, banalisation des divorces => Etudes sur cet
impact (Archambault,
2007) :
 Corrélation entre la moindre réussite des enfants et la rupture du
couple parental
(divorce ou séparation) – tous milieux sociaux confondus

Dans le cas d’une rupture : « si la mère est diplômée du


supérieur, la part des enfants
n’ayant pas obtenu le bac double, passant de 7 % à 15 % ; si
elle est peu diplômée le
taux d’échec atteint 48 % au lieu de 37 % » (Archambault, Les
enfants des familles désunies
en France, leur trajectoire, leur devenir)
- Corrélation statistiquement fiable mais interprétations
difficiles :
Facteurs de la moindre réussite sont-ils liés à la rupture familiale ou à la
situation qui
La transmission familiale d’un
héritage
culturel
 La force de la transmission familiale
« Selon que l’accès à l’enseignement supérieur est
collectivement ressenti, même de manière diffuse, comme un
avenir impossible, possible, probable, normal ou banal, c’est
toute la conduite des familles et des enfants (et en particulier
leur conduite et
leur réussite à l’école) qui varie parce qu’elle tend à se régler sur ce
qu’il est ≪
raisonnablement permis d’espérer ». (Bourdieu et Passeron, Les héritiers, 1970)

 La perception du diplôme/le rapport à l’école de l’enfant varie en
fonction des
caractéristiques familiales objectives (ex. avoir un frère
dans l’ES) mais aussi en fonction du rapport des parents à
l’école (ressenti, expérience heureuse ou malheureuse,
climat familial)
« ils se raisonnent plus qu’ils ne raisonnent : « ce n’est pas
pour nous », « ils vont se
demander pour qui je me prends » (Lahire, La transmission
La transmission familiale
d’un héritage
culturel
 Transmission d’un héritage culturel
- Un univers familial incitateur : transmission par
imitation, imprégnation :
« donner l’envie d’imiter, de faire comme » [Lahire,
-
2010]
La transmission se réalise dans la durée : « Familles
dont le degré d’ancienneté de l’accès à l’école et à
-
l’écrit est particulièrement élevé» [Lahire, 2010]
La dimension immatérielle de tout héritage : «
L’héritage s’accompagne toujours de la «
= transmission » […] goûts, compétences et dispositions
>
bourgeoises : apprendre à se connaître,
à agir, à percevoir, à juger » [Lahire, se
2010]
reconnaître…)
L’importance du travail de socialisation (ex. des rallyes
dans les familles
La transmission familiale d’un
héritage
culturel
 L’imprégnation, facteur majeur de transmission culturel
- l’exemple parental intervient plus « négativement » que «
positivement »
« Le fait que les parents regardent la télévision faiblement multiplie
par trois la probabilité que l’enfant la regarde faiblement par
Des différences
-rapport selon qui
à des parents les pratiques : nécessité
la regardent de prendre
de façon modéréeen compte
» (S, la
spécificité
Octobre, de la
« Tels parents, tels enfants ? », RFS, 2008)
pratique transmise :
«
- Ainsi, les pratiques
=> c’est artistiques
la posture amateurs
de retrait ne transmet
qui se sont pas support de sociabilité
le mieux
juvénile forte,
ne s’inscrivent pas dans la culture jeune, ne relèvent pas d’un
entre-soi juvénile, mais
plutôt d’un pour-soi familial, notamment parce que le lieu
d’exercice de bon nombre de ces
pratiques est le domicile, et le public sollicité, quand il y en a un,
celui de la famille » (S,
Octobre, « Tels parents, tels enfants ? », RFS, 2008)

=> Imprégnation et origine sociale


- Les cultures juvéniles atténuent les disparités sociales au niveau
La transmission familiale
d’un héritage
culturel
- Etudier la question de la transmission à la lumière de

celle du genre
les jouets perçus comme masculins « favorisent la
mobilité, la manipulation,
l'invention et le goût de l'aventure, ceux des filles [...]
développent l'intérêt
porté à soi et aux autres, dans la mise en avant de la
séduction et de la
maternité. » (Sylvie Cromer dans "Vie privée des filles et garçons :
des socialisations toujours
différentielles ?" (in M.Maruani (dir.), Femmes, genre et sociétés, La
= Découverte, 2005),
féminines du « dedans » et masculine du « dehors ».
>
(M. Plus tard, Féminin
Ferrand, dans l'adolescence, l'usage du temps libre
(c'est-à-dire
Masculin, Paris, non scolaire) reflète aussi les effets de la
2004).
différenciation des sexes. Les filles privilégieront par
exemple la garde d'enfants tandis que les garçons
feront des travaux rémunérés.

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