Vous êtes sur la page 1sur 45

INFECTIONS OSTEO

ARTICULAIRES DE
L’ENFANT
COURS M1
Dr EPOSSE/Pr KEDY/Pr PENDA
OBJECTIFS
OBJECTIF GENERAL:
• Diagnostiquer une infection ostéoarticulaire chez l’enfant
OBJECTIFS SPECIFIQUES:
• Enumérez les principales infections ostéoarticulaire (IOA)
• citez les signes cliniques évocateurs d’une IOA
• Confirmer le diagnostic des IOA par les examens complémentaires
• Enumérer les principaux germes en cause
• Enoncer les principes de la prise en charge des IOA
SOURCES DOCUMENTAIRES
• Sheldon L. osteomyelitis in Nelson textbook of pediatrics, 20th edition, chapters 684 and 685
• N. Wagner, D. Ceroni, A. Niederer, N. Ritz, C. RellyPrise en charge des infections ostéo- articulaires aigües de l’enfant,
Recommandations des groupes suisses d’infectiologie pédiatrique (PIGS), d’orthopédie pédiatrique et de chirurgie pédiatrique,
PEDIATRICA 2017, Vol. 28 Nr. 1
• Mitha A, Boutry N, Nectoux E et al. ; Hospital Network for Evaluating the Management of Infectious Diseases in Children.
Community-acquired bone and joint infections in children: A 1-year prospective epidemiological study. Arch Dis Child
2015;100(2):126–9
• Brischetto A, Leung G, Marshall CS, Bowen AC. A retrospective case-series of children with bone and joint infection from
northern Australia. Medicine (Baltimore) 2016;95(8):e2885.
• C. B. D. Lavy . A. C. Peek . G. Manjolo The incidence of septic arthritis in Malawian children. Int Orthop. 2005 Jun;29(3):195-6.
Epub 2005 Apr 2.
• Grimprel E, M Lorrot, H Haas, D Pinquier, N Parez, A Ferroni, R Cohen. Infections ostéo-articulaires : propositions thérapeutiques
du Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique (GPIP) de la Société Française de Pédiatrie. Arch Pediatr 2008 ; 15 ; Suppl.2..
• Donald E. Meier Bankole S. Rouma, Haematogenous Osteomyelitis and Septic Arthritis in Paediatric Surgery: A Comprehensive
Text for Africa; volume1, 2011.
• Steven Schmitt , Arthrite septique aiguë. Manuel MSD pour les professionnels. 2019. www.msdmanuals.com/fr/professional
/troubles-musculosquelettiques-et-du-tissu-conjonctif/infections-des-articulations-et-des-os/arthrite-septique-aiguë.
• Steven Schmitt. Ostéomyélite. . Manuel MSD pour les professionnels. 2019. www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-
musculosquelettiques-et-du-tissu-conjonctif/infections-des-articulations-et-des-os/ostéomyélite?query=OSTEOMYELITE.
• Mouafo T, Ngowe Ngowe M, Andze G., Sosso M. Particularités épidémiologiques, diagnostiques et thérapeutiques de
l'ostéomyélite drépanocytaire de l'enfant en milieu africain. Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé, Volume
20, numéro 4, octobre-novembre-décembre 2010
SOMMAIRE

• INTRODUCTION
• GENERALITES 
• L’OSTEOMYELITE
• L’ARTHRITE SEPTIQUE
• CONCLUSION
INTRODUCTION
• Les infections ostéo-articulaires regroupent deux grands types de
pathologies différentes:
• Les arthrites qui sont des infections de l’articulation
• les ostéomyélites qui sont des infections des métaphyses ou des épiphyses au
contact des cartilages de croissance.
• Ces deux pathologies infectieuses sont des atteintes de la chondro-
épiphyse par une bactérie, elle-même inoculée par une porte d’entrée
GENERALITES
Définitions
Intérêt
Epidémiologie
Physiopathologie
DEFINITIONS
• Ostéomyélite: inflammation de la moelle osseuse et du tissu osseux
adjacent, généralement causée par une bactérie (Fémur, Tibia, Fibula,
Humérus).
• aiguë: la symptomatologie date de moins de deux semaines au moment du
diagnostic.
• Subaiguë: les symptômes ont duré entre 2 semaines et 1 mois
• Chronique: s’ils persistent depuis plus d’un mois.

• Arthrite septique: infection articulaire causée par une bactérie.


• Elle touche principalement les grosses articulations (genou, hanche, cheville,
épaule)
Intérêt

• Epidémiologique : infection fréquente de l’enfant en croissance


• Thérapeutique : la prise en charge est pluridisciplinaire
• Pronostique : Les infections osseuses représentent une urgence
diagnostique et thérapeutique car le délai de prise en charge
influence le risque de survenue de séquelles
Epidémiologie : incidence
• Les IOA restent des affections fréquentes dont l’incidence a nettement
moins diminué que celle des staphylococcies pleuro pulmonaires
• Ostéomyélites: 1 enfant /5000 < 13 ans (USA). 50% dans les 4 premières
années
• Arthrites: 6,5 / 100 000 (Finlande). Age moyen 3 ans
• Incidence en France : 7.1/100 000 (Mitha, A, Arch Dis Child 2015)
22/100 000 (Grammatico-Guillon Acta Paedia 2013). 65 % des arthrites
septiques surviennent avant l’âge de 2 ans
Epidémiologie: incidence
• Incidence en Afrique mal connue :
• Représente 7 à 20% des hospitalisations pédiatriques 56% entre 8 et 11ans,
Sex ratio 1,7, Moyenne d’âge en Côte d’Ivoire de 7,6 ans (Paediatric Surgery:
A Comprehensive Text for Africa; volume1)
• Au Cameroun, âge médian 7,24 ans, 36% des ostéomyélites chez les
drépanocytaires ( Mouafo et al 2009)
• Plus fréquentes chez le garçon
• Facteurs de risque: traumatisme, drépanocytose, terrain débilité,
leucémie, T3 immunosuppresseur, déficit immunitaire, hospitalistion
en soins intensifs
Epidémiologie: localisation
• Ostéomyélites: métaphyse des os longs, « près du genou, loin du
coude ». Localisations particulières bassin, vertèbres: pièges
diagnostiques
• Arthrites: Surtout les grosses articulations: hanche + genou+ coude >
80%, les membres inférieurs sont atteints dans 75% des cas. La
hanche représente la localisation la plus fréquemment atteinte chez le
nouveau-né (2/3 des arthrites du nouveau-né).
Epidémiologie: germes en cause
• Germe varie en fonction de l’âge.
• 0-3 mois : Streptocoque de groupe B Escherichia coli, Staphylococcus aureus
• 6 mois – 5 ans : Kingella kingae, Staphylococcus aureus, Streptocoque de
groupe A, Pneumocoque, Haemophilus influenzae capsulé b (quasiment
disparu)
• > 5 ans : Staphylococcus aureus, Streptocoque de groupe A, Méningocoque
(rarement)
• Avec les techniques classiques de culture microbiologique le diagnostic
étiologique manque dans 50 à 80 % des cas.
• NB : Chez le drépanocytaire, on retrouve également les infections à
salmonelles.
Physiopathologie

• Dans la très grande majorité des arthrites septiques et des ostéomyélites aiguës, la
dissémination est hématogène après une bactériémie. Plus rarement, on trouve une
inoculation directe dans le contexte d’un traumatisme, d’une chirurgie ou d’une extension
depuis les tissus mous.
• On assiste donc ensuite à une Fixation de la bactérie sur la métaphyse hyper-vascularisée au
contact du cartilage de conjugaison avec une évolution en plusieurs stades.
• Stade 1: œdème intra-osseux du tissu spongieux Diffusion de l’infection à travers les canaux
de Havers et Volkmann vers la partie distale de la diaphyse, la corticale externe et le
périoste.
• Stade 2: décollement sous périosté Le périoste réagit en s’épaississant et on note la
constitution d’un abcès sous périosté.
• Stade 3 : Suppression de la vascularisation périostée de la corticale d’où la nécrose osseuse
et la formation de séquestres.
OSTEOMYELITE AIGUE
SIGNES TDD: OMA de l’extrémité distale du fémur chez le grand enfant
FORMES CLINIQUES
DIAGNOSTIC POSITIF
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
TRAITEMENT
EVOLUTION
TDD: OMA de l’extrémité distale du fémur chez le grand enfant

• L’interrogatoire retrouve souvent:


• un épisode inflammatoire habituellement rhinopharyngé, non spécifique.
• La notion d’un traumatisme bénin, fréquent chez l’enfant, est souvent
incriminée à tort et retarde parfois la première consultation.
• Toujours rechercher un terrain de prédilection (drépanocytose,
immunodépression…)
• Signes fonctionnels :
• Douleur: Sus articulaire: près du genou, localisée, vive, brutale et
pulsatile, mimant une fracture et entrainant une impotence fonctionnelle
du membre atteint ou une boiterie motivant en général la consultation
• Signes généraux :
• On note une altération importante et rapide de l’état général associée
à un syndrome infectieux lié à la bactériémie avec fièvre 39° - 40,
frissons, tachycardie et tachypnée.
• L’examen clinique
douleur qui est située au niveau d’un cartilage de croissance
inférieur du fémur, douleur qui est vive, circulaire, tout à fait
caractéristique, sans douleur à la mobilisation de l’articulation du
genou.
L’examen doit toujours commencer par le côté non atteint.
• Toujours rechercher une porte d’entrée surtout cutanée (ongle
incarné, plaie souillée meme minime, lésions de grattage, etc…
• Toujours palper les aires ganglionnaires et l’abdomen
• Paraclinique
• Biologie
• NFS: hyperleucocytose à prédominance neutrophile Elle peut néanmoins être normale la première
semaine.
• La vitesse de sédimentation n’a pas de valeur spécifique mais sera une notion de départ dont on
pourra suivre attentivement l’évolution surtout si l’évolution clinique n’est pas simple.
• La C.réactive protéine (CRP) est certainement actuellement le meilleur marqueur du syndrome
inflammatoire et le meilleur outil de surveillance de l’efficacité du traitement. La CRP sera élevée.
• La procalcitonine (PCT) : serait plus prédictive de l’infection que la CRP si elle est positive.
Inconvénient, elle est plus couteuse.
• La bandelette urinaire : On recommande de ne pas l’oublier car même si elle n’a pas
particulièrement de spécificité, elle peut détecter une leucocyturie ou une glycosurie.
• l’hémoculture : c’est le maitre examen. Il faut faire le plus d’hémocultures
possible (2 au moins) si l’on veut avoir le plus de chance possible de mettre un
nom sur le germe en cause, de préférence au moment de l’acmé fébrile.
Il faut savoir que de nos jours on ne retrouvera qu’une fois sur deux, voire une
fois sur trois le germe en cause. La multiplication des prélèvements est donc
fondamentale.
Analyse cytobactériologique du pus :obtenus après ponction échoguidée des
abcès sous périostés. Il constitue, avec les hémocultures, l’examen à visée
étiologique. 
• PCR Spécifiques : Amplification par PCR d’un gène spécifique à une espèce
bactérienne (Streptococoque du groupe A, pneumocoque, staphylococcus
aureus, Kingella kingae)
• Autres prélèvements à visée étiologique :
• Sérologies (ASLO, ASD pour le streptocoque A.
• Antigènes solubles dans le sang, les urines ou le liquide de ponction articulaire
pour les germes tels que Strepto B, E. coli K1, N. meningitidis, S. pneumoniae,
H. influenzae,
• Prélèvements des portes d’entrée telles que : urine, selles, peau (plaies,
panaris, impétigo…) ORL, catheter.

• Idéalement les prélèvements bactériologiques devraient précéder


l’antibiothérapie, sans la retarder car ils constituent un élément
précieux dans l’adaptation du traitement étiologique.
Imagerie
• La radiographie standard
en retard de 10 jours à 3 semaines, peut même rester rigoureusement
normale si le traitement est efficace en urgence, et l’évolution favorable.
les signes radiologiques sont : épaississement de la graisse sous cutanée, la
déminéralisation osseuse, la résorption sous périostée, la réaction
périostée uni puis pluri-lamellaire, la lacune osseuse témoignant d’une
ostéolyse
ou l’aspect en sucre mouillé
Imagerie
• Echographie: permet de visualiser les abcès sous périostés et
l’articulation sous jascente
• La scintigraphie : découverte de localisations, quelquefois multiples,
• L’Imagerie par Résonance Magnétique: certainement l’examen le
plus illustrant, mais difficile à obtenir en urgence et nécessitant des
conditions de sédation particulière chez le tout petit enfant.
L’IRM sera très utile pour suivre l’évolution de l’ostéomyélite surtout si
celle-ci évolue vers la chronicité ou la constitution d’abcès intra-
osseux.
FORMES CLINIQUES

• Selon l’âge 
• La forme du nouveau-né et du nourrisson: particulière car très grave, avec un
pronostic redoutable pour l’épiphyse incriminée. 50% sont localisées au niveau de la
hanche, dans
• Selon le terrain
• Ostéomyélite du sujet drépanocytaire : Les germes en cause : salmonelles+++ >
staph. doré > haemophilus
• Selon l’évolution
• L’ostéomyélite sub-aiguë : Son tableau qui est moins parlant et moins évident que
celui de l’ostéomyélite aiguë.
• L’ostéomyélite chronique : Situation fréquente chez les enfants qui vivent entre les
deux tropiques, c’est une osteite qui dure depuis plus d’un mois.
• Selon la topographie 
• Atteinte des os longs : (en croissance, cheville, genou, épaule…) Lieu de
prédilection : les métaphyses de l’extrémité supérieure du fémur et du tibia et
l ’humérus
• Atteinte des os plats : Omoplate ou l’aile iliaque. Problème de diagnostic
différentiel avec une arthrite, une appendicite.La scintigraphie est ici d'une
grande utilité
• La spondylodiscite (ou disco-spondylite) : est une ostéomyélite vertébrale qui
peut être trompeuse.
Diagnostic positif

• Anamnèse: contage infectieux; infection récente drépanocytose;


immunodépression; trauma
• Symptômes: douleur; impotence membre; boiterie
• Signes physiques: signes inflammatoires; sensibilité sus-articulaire,
localisée et circonférentielle; recherche d’une porte d’entrée
• Paraclinique: - Images radiographiques (IRM précoces, Rx standard
tardives mais typiques)
- PCR et cultures positives
DIAGNOCTIC DIFFERENTIEL

Devant une tuméfaction douloureuse • Fracture de fatigue: jeune et siège dans la zone
osseuse on peut discuter les diagnostics métaphysaire des os longs des membres
suivants : inférieurs.
• Infections parties molles: myosite, cellulite • Le Rhumatisme articulaire aigu: notion
d'infection streptococcique récente et les
• Sarcome d'Ewing: tumeur maligne osseuse examens biologiques NFS, VS, ASLO,
primitive la plus fréquente chez l'enfant • L’ostéome ostéoïde : tumeur bénigne, douleurs
(10 à 15 ans) nocturnes. VS élevé, pas d’hyperleucocytose
• La tuberculose osseuse: • Tumeur osseuse secondaire: tumeur
• Granulome éosinophile: mime une OMA; abdominale++; NFS, myélogramme;
autres sites (crâne, rachis); biopsie++ scintigraphie (atteinte multifocale)
• Leucémies: Douleurs osseuses des régions
• Crises vaso-occlusives chez le métaphysaires souvent tuméfactions pseudo-
drépanocytaire inflammatoires.
TRAITEMENT

• Le traitement de l’ostéomyélite est une urgence. L’adage qui disait : « les


antibiotiques dans le ¼ d’heure et le plâtre dans la ½ heure » doit être conservé
en mémoire. Il est toutefois nécessaire de faire idéalement tous les
prélèvements bactériologiques (ponction métaphysaire et prélèvements
périphériques) rapidement avant de mettre en route le traitement antibiotique.

• Buts du traitement
• Soulager le malade
• Stériliser le foyer infectieux
• Éviter le passage à la chronicité
• Rétablir la fonctionnalité du membre
TRAITEMENT
• Moyens
• Médicaux : Antibiothérapie, antalgiques/antipyrétiques, hydratation
Le choix de l’antibiothérapie doit tenir compte de : l’épidémiologie bactérienne
et le profil habituel de sensibilité aux antibiotiques (ATB), des critères prédictifs
d’efficacité des ATB, de la biodisponibilité des ATB parentéraux et oraux , des
formes galéniques pédiatriques disponibles pour le relais oral
TRAITEMENT
TRAITEMENT
TRAITEMENT
TRAITEMENT
• Durée du traitement : 5-6 jours IV et si évolution favorable relai per os
pour une durée totale de 3-6 semaines

• Orthopédiques : Immobilisation par atèle

• Chirurgicaux : trépanation et drainage d’abcès, curetage,


séquestrectomie, mise à plat des fistules…
EVOLUTION
•  Vue au début et traitée en urgence, une ostéomyélite aiguë a généralement
une évolution favorable.
• En l’absence de traitement: évolution vers les complications et passage à la
chronicité
• Décès rare taux de 1,6% à Dakar en 2012
• Complications :
• A court terme:
• Complications locorégionales : Pandiaphysite, ostéoarthrite, fractures pathologiques
• Complications générales : sepsis sévère, choc septique, décès si négligence
(traitement indigène+++)
• A long terme: Ostéite chronique, fistules interminables, atteinte du cartilage de
croissance, atteinte étendue (inégalité de longueur) ou déséquilibrée (varus ou
valgus ), raccourcissement de membre, atteinte du cartilage articulaire, ankylose,
conséquences fonctionnelles et anatomiques irréversibles : handicap à l’âge adulte
(arthroplastie; arthrodèse; ostéotomies)
L’ARTHRITE SEPTIQUE
SIGNES
TDD
PARACLINIQUE

FORMES CLINIQUES

DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC POSITIF

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
TRAITEMENT

EVOLUTION
SIGNES
• TDD : arthrite septique du genou chez le grand enfant
• Signes fonctionnels : essentiellement à la douleur du genou,
d’apparition brutale, entrainant une impotence fonctionnelle totale
du membre inférieur pouvant même faire penser à une paralysie.
• Signes généraux : associent
• altération de l’état général d’installation rapide,
• fièvre élevée accompagnée de frissons
• tachycardie
• Examen physique :
• le maître signe est l’impotence fonctionnelle de l’articulation du genou pour laquelle tous les
essais de mobilisation même très douce, sont vains et surtout très douloureux pour l’enfant.
• On retrouve également des signes inflammatoires (tuméfaction, rougeur, chaleur)
• La palpation de l’interligne articulaire extrêmement douloureuse,
• la palpation métaphysaire est indolore, et la palpation douce de l’articulation immobile
permet de retrouver l’épanchement intra-articulaire.
• L’examen doit être complet, en particulier les aires ganglionnaires et l’abdomen. On
palpera toutes les épiphyses fertiles et toutes les articulations accessibles.
• Il faut chercher une porte d’entrée, penser à examiner les tympans à la recherche
d’une otite.
Paraclinique
• Biologie
• Cf biologie ostéomyélite
• Ponction du liquide articulaire toute antibiothérapie et le liquide envoyé au laboratoire pour
analyse cytobactériologique et biochimique. Ce geste est à visée diagnostic et thérapeutique
car permet de réduire la tension dans l’articulation donc de soulager la douleur.
• Imagerie
• La radiographie standard : est assez décevante car les pièces osseuses sont normales au début
et c’est l’interprétation du bombement des parties molles et de l’augmentation de l’interligne
articulaire qui traduira l’existence d’un épanchement intra articulaire.
• L’échographie articulaire : est l’examen roi dans le bilan de l’arthrite, puisque cet examen
permet d’authentifier l’existence de l’épanchement même pour les articulations profondes
comme la hanche.
• 
FORMES CLINIQUES

• Selon l’âge :
• L’arthrite du nouveau-né et du nourrisson: survient surtout aux
alentours du 30ème jour et va toucher les grosses articulations que
sont la hanche, le genou et l’épaule.
• Chez ces enfants les portes d’entrée sont multiples en particulier les
ponctions ombilicales ou calcanéennes. Le tableau est souvent
frustre.
• 
• Selon la localisation
Ce sont surtout les grosses articulations plutôt que les petites qui sont touchées. Le membre
inférieur fournit 75% des localisations, le genou 33%, la hanche 24%, la cheville 16% et le pied
3%. Le coude fournit 9% et l’épaule 3% des arthrites septiques.
• C’est l’atteinte de la hanche qui sera la plus grave à cause des séquelles importantes.
• L’arthrite de l’articulation sterno-claviculaire est peu fréquente, survient chez l’enfant et
l’adolescent et est souvent spectaculaire.
• L’arthrite de la sacro-iliaque est souvent trompeuse. Le tableau clinique est celui de troubles
digestifs, de sciatalgies, voire de diminution de mobilité du membre inférieur. C’est la douleur à
la pression et à la mobilisation des sacro-iliaques qui peut attirer l’attention. Il faut savoir y
penser et c’est la tomodensitométrie qui sera l’examen roi pour le diagnostic.
• Les localisations au niveau du rachis sont également trompeuses. Il faut systématiquement les
évoquer devant un rachis douloureux et raide (il ne faut pas seulement penser à la méningite !).
• Diagnostic positif
• Douleur articulaire entrainant une impotence fonctionnelle associée à
une altération de l’état général plus fièvre
• Echographie articulaire montrant un épanchement intra articulaire
• Analyse du liquide de ponction articulaire et/ou hémoculture isolant
un germe +/- PCR positives
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
• L’arthrite rhumatismale : c’est le grand diagnostic différentiel. Elle survient chez l’enfant plus
grand, il s’agit souvent d’un garçon et d’une mono-arthrite atteignant le genou. On peut être
troublé par l’aspect puriforme indiscutable du liquide articulaire mais celui-ci va se révéler être
stérile de même que les hémocultures. On ne retrouve pas de porte d’entrée.
• Les arthrites virales : Elles sont souvent mono-articulaires et le liquide articulaire ponctionné
présente très peu d’éléments figurés et a une formule lymphocytaire.
• Les arthrites réactionnelles : Les arthrites à corps étrangers, à piquants (épine de prunus ou
d’acacia), il existe des arthrites réactionnelles dans le cadre de la maladie de Lyme et des
atteintes dues au méningocoque et au gonocoque.
• Traumatismes articulaires : notion de traumatisme à rechercher.
• On peut également discuter : une crise vaso-occlusive chez drépanocytaire, une cellulite, une
hémarthrose chez l’hémophile, …
TRAITEMENT

• La mise en route du traitement est une urgence, surtout chez le


nouveau-né. Le traitement est pluridisciplinaire (pédiatres,
orthopédistes, chirurgiens, kinésithérapeute…)
• Buts du traitement
• Les buts du traitement seront de soulager le patient, stériliser le foyer
infectieux et préserver le pronostic fonctionnel de l’articulation
• 
• Moyens
• Médicaux : antibiothérapie, antalgiques/antipyrétiques, (idem que dans
l’ostéomyélite).
• Orthopédiques : immobilisation par atèle de l’articulation, dans un but
antalgique, après ponction ou drainage de l’articulation. Il est impératif de
laisser l’articulation en décharge vraie pendant un minimum de 6 semaines
si l’on veut préserver la qualité du cartilage articulaire qui va être
fondamentale pour l’avenir ultérieur de l’articulation.
• Chirurgicaux : Arthrotomie chirurgicale qui permettra de laver
abondamment l’articulation de façon à évacuer toutes les fausses
membranes et à retirer le maximum de liquide septique.
EVOLUTION

• Diagnostiquée et traitée en urgence, une arthrite septique chez l’enfant a


souvent une évolution favorable. En quelques jours, la fièvre et la douleur vont
disparaître, l’articulation va redevenir sèche et le jeune enfant va pouvoir
amorcer quelques mouvements spontanés, volontaires, indolores de
mobilisation de l’articulation.
• Toutefois, on peut avoir une évolution défavorable avec complications.
• A court terme : sepsis, décès
• A long terme : déformation, raideur, douleur chronique, inégalité des membres
• 
CONCLUSION
• Les infections ostéo-articulaires de l’enfant sont le plus souvent hématogènes.
• L’arthrite et l’ostéomyélite sont fréquentes chez l’enfant car les zones de croissance (qui sont
juxta -articulaires) sont richement vascularisées.
• Les principaux germes en cause sont le staphylocoque aureus, kingella kingae, pneumocoque et
streptocoque pyogènes.
• Toute douleur osseuse ou articulaire fébrile chez l’enfant est une infection ostéo-articulaires
jusqu’à preuve du contraire.
• Les infections ostéo-articulaires de l’enfant en croissance sont des urgences médicochirurgicales.
• Les prélèvements bactériologiques sont d’autant plus urgents à réaliser qu’ils doivent précéder
l’antibiothérapie.
• Une double antibiothérapie parentérale est nécessaire au début du traitement.
• Le pronostic fonctionnel est constamment mis en jeu. Le pronostic vital rarement.

Vous aimerez peut-être aussi