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Assen SLIM

assen.slim@inalco.fr

2009-2010 1
Économie

« Oikos »
« maison, milieu, environnement »

« nomos »
« loi, ordre, organisation »
2
Économie
premières définitions

L’économie « ne s’occupe que de la subsistance »


(Aristote, La Politique, IVe s. av. J.-C.)

Les Grecs distinguent :

Epistémè (savoir)
Techné (art ou technique)

3
http://www.portalplanetasedna.com.ar/aristote.jpg (01/10/2008)
Économie
premières définitions

L’économie politique « se propose d’enrichir à la fois le


peuple et le souverain »
Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des 
nations, 1776)

4
http://www.biografiasyvidas.com/biografia/s/fotos/smith_adam.jpg (29/09/2006)
Économie
premières définitions

L’économie est la science des choix « qui étudie le


comportement humain en tant que relations entre des fins
et des moyens rares à usages alternatifs »
(Lionel Robbins, Essai sur la nature et la signification de la science 
économique, 1932)

5
http://www.mises.org/images4/Hayek6.jpg (29/09/2006)
Économie
Définition contemporaine

L’économie est la science « qui étudie les moyens


d’acquérir les richesses nécessaires à la satisfaction des
besoins humains, en situation de rareté des ressources
disponibles »
(Assen SLIM, L’économie, 2006)

6
Économie
Définition contemporaine

« L’économie est une discipline. Mais c’est surtout une


façon de penser. L’économie consiste à distinguer entre
la corrélation et la causalité »

(Steven LEVITT, Freakonomics -l’économie saugrenue-, 2005)

7
Science économique

Que produire ?

Comment produire ?

Pour qui produire ?


Activité économique 8
Activité économique

Organisation des ressources matérielles,
financières, techniques et humaines
d’un pays afin de produire et de répartir
des biens et des services destinés à
satisfaire les besoins des individus
qui le composent.

9
Les deux manières de faire de l’économie

La microéconomie
Permet d’observer les phénomènes au niveau des unités
élémentaires de production ou de consommation. Elle porte sur
l’analyse des quantités individuelles

La macroéconomie
Permet d’observer les phénomènes au niveau des groupes de
sujets économiques (individus ou firmes réunis en catégories
homogènes). Elle porte sur les quantités globales appelées aussi
agrégats.

Les deux méthodes sont complémentaires


10
La macroéconomie

Origine et objets d’étude


Physiocrates et mercantilistes sont les premiers à raisonner sur des
relations macroéconomiques

Terme introduit par l’économiste norvégien Ragnar Frisch en 1933

Objets d’étude :

- expliquer les relations entre les agents économiques


- Prédire l’évolution des grands agrégats
- Orienter la politique économique des Etats.

11
La macroéconomie

Ecoles et courants de pensée


Plusieurs écoles utilisent la macroéconomie, mais avec des
recommandations très différentes de politique économique

- Le courant keynésien : intervention de l’Etat sur le niveau de la


Demande effective.
* Les post-keynésiens : approfondissement de la pensée keynésienne
* Les nouveaux keynésiens : recherche des fondements microéconomiques aux
relations macroéconomiques keynésiennes
* Les néo keynésiens : réintroduction de l’incertitude dans la macroéconomie

- Le courant monétariste : La monnaie est déconnectée de


l’économie réelle. La politique monétaire n’agit que sur les
phénomènes monétaires. Contre la relance de la Demande 
effective. 12
La macroéconomie

Ecoles et courants de pensée


- Le courant néoclassique : recherche des fondements
microéconomiques des relations macroéconomiques. Contre les
politiques monétaires et budgétaires expansionnistes.
- Le courant du déséquilibre : tente une synthèse entre le courant
keynésien et courant néoclassique
- Le courant marxiste : analyse les contradictions d’un système
économique
- Le courant régulationniste : introduction de l’histoire et analyse
les crises de régimes de croissance

13
MERCANTILISTES PHYSIOCRATES
= Rupture théorique
Filiation directe =
F.Quesnay
Marquis de Mirabeau
F. List
Filiation indirecte Saint Simon Sismondi
A. Wagner
CLASSIQUES

=
MARXISTES A. Smith
Th. Veblen
K. Marx D. Ricardo
J. K. Galbraith J. S. Mill J.B. Say
F. Engels

V. I. Lenine L. Trotsky
NEOCLASSIQUES
R. Luxembourg
P. Baran
E. Mandel L. Walras K. Menger
S. Bowles S. Jevons
S. Marglin
P. Boccara C. Bettelheim
P. Sweezy
Ph. Herzog A. Emmanuel V. Pareto E. Böhm-Bawerk
S. Amin A. Marshall

=
C. Palloix
I. Fischer A. C. Pigou
A. G. Franck L. Von Mises
J. Schumpeter KEYNESIENS F. Hayek

J. M. Keynes RENOUVEAU
F. Perroux NEOCLASSIQUE

J. Robinson G. Becker
J. R. Hicks
P.Sraffa
A. Hansen C. Buchanan
N. Kaldor G. Tullock
M. Friedman
REGULATIONNISTES
A. Parguez A. Berrère
B. Schmitt
M. Aglietta A. Orléan H. Lepage
R. Boyer F. Modigliani
E. Malinvaud R. Lucas G. Gilder R. Brumberg
J. Mistral
J.-P. Benassy Th. Sargent A. Laffer A. Ando
B. Coriat 14
R. Clower N. Wallace J.J. Rosa
A. Lipietz
F. Aftalion
Plan général (1)

Les agents économiques


Identifiez les acteurs de la vie économique

La comptabilité nationale
Voir les objets d’étude
Identifier les grands équilibres macroéconomiques
La production
La fonction et les facteurs de production

Le système productif
Définition et classification des activités économiques
15
Plan général (2)

La répartition et la redistribution
Analyse des revenus et identification des inégalités
La redistribution est-elle nécessaire ?

La consommation et l’épargne
La fonction de consommation
« Le consommateur est-il le roi du marché ? »
L’épargne

La politique macroéconomique
Rôle de l’Etat et du marché
Les politiques budgétaires et monétaires
Multiplicateur et stabilisateurs keynésiens
16
Modèle IS/LM
Plan général (3)

L’inflation
Causes et conséquences de l’inflation
Les théories de l’inflation
Le chômage
Définition
Constat dans les pays de l’OCDE
Théories du chômage
La courbe de Phillips
Politiques de lutte contre le chômage

Conclusion
Questions diverses
17
Examen et lectures conseillées

L’examen Lectures
Durée
50 minutes
conseillées
Contenu Libération, Le Monde, (Le Figaro)
QCM sur le cours Tout ouvrage récent
d’économie ou de macroéconomie

18
Les quatre piliers de la science économique

Les besoins Les biens


Individuels ou collectifs matériels
Primaires ou « de civilisation » immatériels

La valeur L’utilité
Caractère mesurable satisfaction
comparabilité Notion subjective

19
Quelle science est donc l’économie ?

Une science sociale particulière

Extraire le fait économique du fait social

« Observation » plutôt qu’« expérience »

Objectivité : mission impossible !

20
Quelle science est donc l’économie ?

Deux méthodes complémentaires


Méthode hypothético-déductive Méthode inductive

Hypothèses Phénomènes naturels


Déduction Induction
Théories, Lois Principes généraux
Vérification Vérification

Phénomènes naturels Phénomènes naturels

21
Quelle science est donc l’économie ?

Un langage particulier
« Un économiste est quelqu’un qui expose « Abscons comme un
l’évidence en termes incompréhensifs » discours d’économiste »
Alfred KNOPF, 1892-1924, Editeur Américain LOUIS XV (1710-1774)

Rôles des statistiques et des mathématiques


« Notre analyse est la suivante : considérons que X ≡ {Xt : Ω  ∈ ¨ Rm+1 , m ∈ N, t = 1,
…, n + 1} est un processus stochastique défini dans un espace complet de
probabilité (Ω , F, P), où F = {Ft, t = 1,…,n+1} et Ft est le σ -champs Ft ≡  σ {Xs, s ≤  t}.
(…) »

Extrait de la Review of Economic Studies, n°72, 2005

- Quantifier les phénomènes et les présenter clairement ;


- Etablir des comparaisons dans le temps et dans l’espace ;
- Tester des théories déjà élaborées et en suggérer de nouvelles ;
- Préparer le travail de prévision nécessaire pour toute politique. 22
Les pièges à éviter

Moyenne = 19 Moyenne = 19

23
Les pièges à éviter

Les démonstrations absurdes…

2=1?
a=b=1
a² = ab
a² – b² = ab – b²
(a + b) (a – b) = b (a – b) Identités remarquables
(1 + 1) = 1

2=1

Trouvez l’erreur ?
24
Où trouve-t-on les économistes ?

Dans l’éducation
Dans le supérieur : professeurs, maîtres de conférences,
chargé de cours vacataires ou contractuels, enseignants-
chercheurs dans les écoles de commerce et de management.

Dans le secondaire : professeurs agrégés


du secondaire, professeurs.
Bac B créé en 1968, devenu ES en 1993

25
Où trouve-t-on les économistes ?

Dans les entreprises


Conseillers, experts

Dans les cabinets ministériels


Chargés de mission

Dans les revues et journaux


Journalistes
« L’économiste sert à traduire et faire comprendre par le plus grand
nombre les travaux les plus pointus »
Eric Izraelewicz, Comment je suis devenu économiste, A. Slim (dir.), 2007.
26
Initiation à quelques concepts clés

Les classiques

Trois familles Les marxistes


théoriques

Les keynésiens
27
Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent
d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il
avait réellement pour but d'y travailler

L’approche classique
“Laissez faire, laissez passer”

“Les lois naturelles”

“La main invisible”


“La loi des débouchés”
“La monnaie voile”

“L’Etat-gendarme”

“La loi des rendements décroissants”

“Les avantages absolus et comparatifs” 28


http://plus.maths.org/issue14/features/smith/smith2.gi (consultation du 24/10/2006)f
La valeur chez les classiques
“L’utilité subjective” (de Condillac, Say)
“La valeur d’usage”
“L’utilité objective” (Smith, Ricardo)

La « valeur marchande »
“valeur rareté”

“travail non homogène” (Mill)


La « valeur travail »
“Capital : travail indirect” (Smith, Ricardo)

Rejet de la « valeur travail » par les classiques

29
L’approche néo-classique
“Utilité marginale décroissante”
Utilité totale élevée, utilité marginale faible

Utilité totale faible, utilité marginale élevée

“Equilibre général”
“Optimum”
“Concurrence pure et parfaite”
“Ceteris paribus”
“Homo-oeconomicus”
“Rationalité parfaite”

“Chômage volontaire”
30
L’approche marxiste

“L’exploitation de l’homme par l’homme”

“La lutte des classes”

“L’armée de réserve industrielle”

“Les contradictions du capitalisme”


« L’accumulation primitive du capital »
“Le socialisme”

“La valeur-travail”
31
http://www.rug.nl/bibliotheek/_shared/image/karlMarx.jpg (24.10.06)
L’approche néo-marxiste

“La dictature du prolétariat”


“La planification centralisée et
impérative”
“A chacun son travail”
“L’industrialisation forcée de
l’économie”
Preobrajeknski
Boukharine “La propriété collective des
moyens de production”
“L’autarcie et la stratégie d’ISI”

32
L’approche keynésienne

“L’Etat-providence”

“Le chômage involontaire”

“La relance budgétaire”

“multiplicateur et stabilisateur”

“La monnaie demandée pour elle-


même”
“La trappe à monnaie”
33
http://www.cooperativeindividualism.org/keynes-john-maynard.jpg (consultation du 24.10.06)
L’approche néo-keynésienne

“Les déséquilibres permanents”

“Les modèles de croissance endogène”

“La définition fonctionnelle de la monnaie”

34
Deux systèmes économiques
S ystèm es E n t h é o r ie E n p r a t iq u e
C a r a c t é r is t iq u e s C a p it a lis m e S o c ia lis m e C a p it a lis m e S o c ia lis m e

P r o p r ié t é d e s m o y e n s d e p r iv é e c o lle c t iv e m ix t e é t a t iq u e
p r o d u c t io n

M o n o p o le s , C oenst rdôel le m a r c h é n ’a j a m a is
M arch é lib r e , d é t e r m in e le sp plarnix, p r ix f ix é s p a r lel’Ep la t ant , p r o t e c t io n n is m e d is p a r u ,
p la n s in d ic a t if s a id e le p la n .
R ô le im p o r t a n t d e l’E Pt ar ot p r ié t a ir e d e t o u t e
E tat f o n c t io n s r é g a lie n n eL s’E t a t d o it d is p a r a ît r( de é p e n s e s b u d g / P Il’éB )c o n o m ie . S e u l d é c id e u

P r ic e-ms a k e r s , m a r c h é ps r iv a t is a t io n d a n s le s
E n t r e p r is e s u n it é s é c o n o m iq u e s ulib
n itr eé s , é t a t iq u e s o b é isn osna ncto n t e s t a b le s , r è ag nlensé e s 8 0 ( m ê m e 1 9 2 0
p r ic-t
e akers a u p la n c e n t r a l c o n t r a ig n a n t e s s o u s la N E P )
C h in e ( 9 0 ’)
D é m o c r a t ie , D é m o c r a t ie p o «p u la ir» e D é m o c r a t ie , P a r t i u n iq u e ,
O r g a n is a t io n p o lit iq u e C on f lit s d e c la s s e sS u p p r e s s io n d e s c la s sf er os ,n t iè r e s p e u n e t tDeic s t a t u r e d u p r o lé t a r ia t
d o n c d e s c o n f lit s e n t r e le s c la s s e s .
35
Bibliographie indicative

36
Qui sont les acteurs de la vie économique ?

37
L’économie est composée d’une série d’acteurs
qui jouent chacun un rôle spécifique

Les ménages Les banques

Les entreprises Les assurances

Les administrations privées

Les administrations publiques

Les acteurs extérieurs 38
Le bo m des échanges mondiaux

2000

1500

1000
%
500

0
0

0
5

0
6

0
19

0
19

8
19

9
19

19

Production mondiale Exportations mondiales

39
Les deux grands types de relations d ’interdépendance

Les relations monétaires Les relations matérielles

40
ns
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41
Définition :

« La CN est une représentation globale,


Détaillée et chiffrée de l’économie nationale
dans un cadre comptable. (…).
La CN n’est qu’une représentation chiffrée de l’économie.»
Source : Jean-Paul PIRIOU, 1997, La comptabilité nationale, La Découverte, p. 4.

Nouveau système de comptabilité nationale français (1976) :


- Résoudre des difficultés d’estimation des grandeurs mesurées
- Harmoniser les définitions avec les autres pays européens
(Systèmes européens des comptes intégrés : SEC 79 puis SEC 95) 42
La CN, à quoi ça sert ?

►mesurer les flux qui circulent dans l’économie réelle


(ex. salaires, épargne, investissements, impôts…).

►mettre en lumière des liens existants entre ces flux


(ex. hausse des salaires implique hausse des prix).

►Repérer les grands équilibres comptables.

►Servir de base pour la politique économique de l’Etat.

43
Les unités et secteurs institutionnels
Le SEC 95 regroupe et classe les différents centres élémentaires de
décision en unités élémentaires appelées unités institutionnelles

Les unités institutionnelles sont classés en six groupes appelés


secteurs institutionnels. Chacun regroupe des unités
institutionnelles ayant un comportement analogue

Secteur 1. Les sociétés non financières (SNF)

Les SNF produisent des B&S marchands (hors services financiers).

Les SNF doivent retirer au moins la moitié de leur ressources de la vente de ces B&S.

Entrent dans les SNF toutes les entreprises quelle que soit leur forme juridique
(entreprises privée sociétaires, sociétés coopératives, sociétés d’économie mixte,
entreprises nationalisées…) 44
Secteur 2. Les sociétés financières (SF)

Les SF assurent le financement des autres secteurs institutionnels.


Les SF centralisent les capitaux disponibles et les redistribuent.
Entrent dans les SF toutes les institutions financières
(Banque de France, intermédiaires financiers, entreprises d’assurance…)

Secteur 3. Les administrations publiques (APU)

Les APU fournissent des services non marchands gratuits ou quasi-gratuits.

Les APU tirent au moins la moitié de leurs ressources des prélèvements obligatoires.

Entrent dans les APU l’Etat, les collectivités locales et les organismes de sécurité
sociale.
(ANPE, universités et lycées, organismes publics de recherche…)

Remarque utile pour la suite :
La production des agents est mesurée par leur rémunération

45
Secteur 4. Les institutions sans but lucratif (ISBL)

Les ISBL fournissent des services non marchands aux autres SI


Les ISBL sont financées par des contributions volontaires des SI ou des subventions
des APU.
Les ISBL regroupent tous les organismes privés sans but lucratifs
(partis politiques, syndicats, associations culturelles, associations de la loi 1901…)

Secteur 5. Les ménages (Mén)


Les Mén consomment et produisent
Les Mén sont financés par leurs revenus.
Les Mén regroupent l’ensemble des personnes physiques :
- une ou plusieurs personnes « généralement liées par le sang ou le mariage »
- un groupe de personnes vivant en communauté (hospices, prisons, etc.)
- Les entrepreneurs individuels (artisans par exemple)
Secteur 6. Le reste du monde (RDM)
Le compte RDM retrace les opérations entre unités résidentes et unités non
résidentes.
Les unités résidentes ont leur centre principal d’activités en France (quelle que soit
leur nationalité juridique)
- Les DOM sont en France, Monaco, les TOM et les enclaves étrangères en France  46
(ambassades, consulats) en sont exclus
Les grands agrégats de la CN
La production nationale (définition)

« l’activité économique socialement organisée


consistant à créer des biens et services
s’échangeant habituellement sur un marché
et/ou obtenus à partir de facteurs de production
s’échangeant sur le marché ».

Production marchande Production « non-marchande »

Biens et services échangés sur le production de services fournis


marché à un prix couvrant leur coût de gratuitement ou quasi gratuitement par
production. les administrations publiques, les
On distingue administrations privées ou les
➲ la production du secteur privé ménages (à titre d’employeurs de
marchand. personnel domestique).
➲ la production du secteur public
marchand. 47
La production nationale (mesure)

La Valeur ajouté (VA) est la différence entre la production


d’une entreprise et les consommations intermédiaires (CI)
pour une année comptable.

Les CI sont les biens et services utilisés


dans le processus de production

Soit pour un bien i donné : VAi (brute) = Pi – CIi

Au niveau national (bien i à n) on obtient :

n
PIB = Σ VA i (brutes) = VA 1 + VA 2 + … + VA n
i=1 48
Les trois manières de calculer la production nationale

Côté produits Côté revenus Côté dépenses

PIB = PIB = PIB =

somme des VA (brutes) rémunérations des salariés Consommation (CF + CI)


+ FBCF
+ TVA
+ excédents bruts + variation de stocks (d S)
d’exploitation
+ droits de douanes + dépenses publiques
+ exportations
- subventions à + impôts liés à la
l’importation production et à l’importation - importations
49
La consommation

Étymologiquement, consommation signifie « destruction ».

Biens

Semi-durables
(habits, chaussures)

Non durables Durables


(alimentation) (automobiles, TV, frigo)

La consommation est une destruction par l’usage


qui peut avoir différents buts. 50
La CN distingue différentes formes de consommation

La consommation finale (Mén, APU, ISBL)

« somme de la consommation finale (nationale) des ménages et


de la consommation finale des administrations publiques et privées ».

La consommation intermédiaire (SNF et SF)

« valeur des biens et services utilisés dans le processus de production ».

51
Remarque sur la CF des APU

Elle représente la valeur des services non marchands produits,


déduction faites des paiements partiels effectués par les ménages
pour la fourniture de ces services.

Il existe deux formes de consommation des administrations publiques :


- - services qui profitent à tous les agents économiques
- services individualisés destinés directement aux ménages

Les économistes appellent la CF des APU :


« dépenses publiques » (G)

52
ZOOM sur la consommation finale des Ménage (Mén)

« La consommation finale des ménages représente


la valeur des biens et services, marchands et non marchands,
utilisés pour la satisfaction directe des besoins individuels » (Insee)

La consommation La consommation
marchande Non marchande
Elle comprend l’ensemble
Elle représente la consommation
des achats de biens et services
en services non marchands
effectués par les ménages
(dont l’autoconsommation)
sur le marché. 53
Consommation non marchande

Personnel employé
Paiements partiels des ménages par les ménages :
aux administrations : - nourrice
- droits de scolarité - concierge
- frais de crèche - femme
de ménage
54
Autoconsommation

- produits des jardins


- élevages familiaux Logements occupés par
leurs propriétaires

55
Les autres agrégats de la CN

La formation brute de capital fixe (FBCF)


valeur des biens durables acquis par les unités de production pour être
Utilisés pendant au moins un an dans leur processus de production.

La variation de stock (dS)


Variation de stocks (dS) = Stock final – stock initial

Les exportations (X)


valeur des biens et services fournis par des unités résidentes
à des unités non-résidentes.

Les importations (M)


valeur des biens et services fournis par des unités non-résidentes
56
à des unités résidentes.
Quelques grandes « identités comptables »

L’équilibre « ressources/emplois »

Ressources Emplois

PIB + M = CF + CI + FBCF + dS +G +X

57
Quelques grandes « identités comptables »

Y=C+S
Identité comptable précisant que ce qui n’est pas consommé est épargné

P=C+I
Le produit national P est égal à la somme de la consommation
et de l’investissement

Y = VA = P
Le produit national P correspond au revenu national Y distribué

Donc C+S=C+I

D’où
S=I
58
Quelques ratios de comportement
Ces ratios assurent une présentation synthétique des principaux résultats de l’activité

Les ratios des SNF et des SF

Taux de marge =  EBE / VA
Mesure la part revenant à l’ensemble des sociétés dans la valeur ajoutée

Taux d’investissement =  FBCF / VAB


Mesure l’effort d’investissement

Taux d’autofinancement = (S + transferts nets) / (FBCF + Stock)


Mesure la part des ressources des entreprises dans
le financement de l’investissement 59
Quelques ratios de comportement

Les ratios des Ménages

Taux de consommation
(ou propension moyenne à consommer – PMC – ) =  CF / RD
Mesure la part de la consommation finale dans le revenu disponible

Taux d’épargne
(ou propension moyenne à épargner – PME – ) =  S / RD
Mesure la part de l’épargne dans le revenu disponible

Taux d’épargne financière =  Capacité de financement / RD

Ce taux permet d’étudier l’importance relative des placements


monétaires et financiers 60
Quelques ratios de comportement

Les ratios des APU

Solde budgétaire (SB) =  Recettes - Dépenses

Taux des prélèvements obligatoires =  

Cotisations sociales + recettes fiscales / PIB

Taux de couverture =  X/M

Taux d’ouverture export =  X / PIB
Taux d’ouverture import =  M / PIB

Taux d’ouverture moyen (X + M) / (2 . PIB)
(taux d’interdépendance) = 
61
Quelques précautions méthodologiques
L’inflation
➲ les indices en volume (à prix constants)

Les comparaisons internationales


➲ le sens des agrégats est différent dans chaque pays.
➲ l’unité monétaire n’a pas le même pouvoir d’achat dans chaque
pays :
- la technique des PPA

Les imperfections du PIB


➲ des activités licites non déclarées
(travail clandestin, activité dissimulée)
➲ des activités illicites (stupéfiants, proxénétisme, prostitution)
➲ des activités nouvelles (NTIC et données en « volume ») 62
Quelques précautions méthodologiques
Le PIB n’est pas un indicateur de « bonheur »
➲ Toutes les VA marchandes sont bonnes à prendre
(accidents, marées noires, guerres)
➲ Les VA non marchandes ne sont pas enregistrées
(sous-évaluation PIB des PED)

Indicateurs composites et PIB « corrigés »


➲ Indicateurs composites : IDH, ISDH, IPH…

➲ PIB « corrigés » : IBEED, IPR, Indice de « bonheur »,


Indice de « bien-être »…
63
Exemple : l’indice de « bien-être »
1,50

Indice de PIB/habitant
1,40
Indice de bien-être (pondération égale)
FRANCE
1,30

1,20

1,10

1,00

0,90

0,80

0,70
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
1…
64
Exemple : l’indice de « bien-être »
1,60
Indice de PIB/habitant
1,50

1,40
Indice de bien-être (pondération égale) Etats-Unis
1,30

1,20

1,10

1,00

Royaume-Uni 0,90

0,80
1,50

83

86

91

94

99
80
81

82

84
85

87
88

89

90

92
93

95
96

97
98
19
19

19

19

19
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19
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19
19
19

19
19

19
19
19
Indice de PIB/habitant
1,40
Indice de bien-être (pondération égale)
1,30

1,20

1,10

1,00

0,90

0,80

0,70
65
80

82

85
86

88

94
81

83
84

87

89
90
91
92
93

95
96
97
98
99
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19
19
19
19
Référence bibliographique

Jean Gadrey & Florence Jany-Catrice,


Les nouveaux indicateurs de richesse,
La Découverte, « Repères », 2005, 128 p.

66
La fonction de production Soins
médicaux

Produits
alimentaires

Services

Voitures

etc. 67
Les facteurs de production

Le capital

Le travail
Les ressources
naturelles

68
Les propriétés des facteurs dans l’entreprise
La divisibilité
Possibilité de diviser chaque facteur de production à volonté

La substituabilité
Deux facteurs sont dits substituables lorsqu’ils peuvent être
combinés dans des proportions différentes pour obtenir
le même résultat
La complémentarité
Des facteurs qui ne peuvent être séparés dans leur utilisation
sont dits « complémentaires ».

L’indépendance
Les facteurs non complémentaires sont indépendants
69
Le facteur « travail »

Introduction

Le travail est à la base de la production et de la répartition.

L’importance du facteur travail dépend :


- La population totale ;
- La population active totale ;
- La population active effectivement employée
(non traitée dans ce chapitre) ;

L’emploi du facteur travail suscite chez les économistes


de vives controverses
70
La population totale

Définition

La population totale comprend toutes les personnes présentes


habituellement sur le territoire métropolitain ainsi que les militaires
métropolitains stationnés hors métropole.

La population totale d’un pays est le résultat de :


- mouvements naturels ;
- mouvements migratoires ;

Ces deux mouvements sont abordés ci-après dans le cas de la France 71
La population totale (en France)

Bilan démographique global de la France


http://www.insee.fr/fr/home/home_page.asp

64 120 200 habitants en 2008.


+ 23 millions de personnes depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale

Les deux origines de ce gain humain exceptionnel :


- Excédent cumulé des naissances (baby boom et baisse de la
mortalité) ;
- Nombreuses vagues de migrations (rapatriement de 1,5
millions de personnes d’Afrique et d’Indochine, travailleurs
immigrés)

72
La population totale (en France)

Le mouvement naturel
Taux de natalité et taux de mortalité en France au XXe s.

73

Insee
La population totale (en France)

Commentaires sur le taux de natalité


Anne Geddes,
« Dans les pelotes de laine »

- élevé jusqu’en 1789 (autour de 35‰)


- Baisse à partir de 1880 (25‰ contre 34‰ dans le reste de l’Europe)
- Creux en 1935 (15‰)
- Redressement de 1945 à 1964 (22‰ en 1947)
- Baisse régulière de 1965 à 2000 (12,3‰ en 1994)
- Redressement léger depuis 2000.

La baisse de la natalité s’explique par la hausse du niveau de vie
(constat de Malthus)

74
La population totale (en France)

Commentaires sur le taux de mortalité


Giovanni Grevenbroch,
« Croque-mort »

- élevé jusqu’en 1789 (autour de 30‰)


- Baisse au XIXe siècle (21‰ en 1900)
- Choc des deux guerres mondiales (23‰ en 1917 et 18‰ en 1940)
- Baisse régulière jusqu’en 1990 (10‰ en 1980)
- Stabilisation depuis 1990 (autour de 9‰)

La baisse de la mortalité s’explique par :
Les progrès dans les conditions sanitaires générales
Les progrès de la médecine
L’élévation du revenu
La stabilité depuis 1990 s’explique par :
Le vieillissement de la population
(entre 1946 et 2001, l’espérance de vie moyenne en France est passée 75
de 59,9 à 75,5 ans pour les hommes et de 65,2 à 82,9 ans pour les femmes)
La population totale (en France)

Le mouvement naturel

La pyramide des âges en France en 2006

76

Pour une animation de 1900 à 2006 se connecter au site de l’INSEE


La population totale (en France)

Le mouvement migratoire

Trois vagues migratoires depuis la révolution industrielle

1. Du Second Empire jusqu’à la fin du XIXe siècle :


De 100 000 (en 1800) à 1,1 millions d’immigrés (1900)
Naturalisations liées à la loi du 26 juin 1889
2. La première guerre mondiale (1914-1918) :
1,3 millions de morts et 800 000 invalides en France
Malgré les naturalisations liées à la loi de 1927, on comptait 2,7 millions
d’étrangers en 1931 (6,6% de la population française)

3. Les « trente glorieuses » (1956-1974) :


Troisième vague d’immigration

77
La population totale (en France)

L’origine des immigrés en France


1962 1968 1975 1982 1990 1999
en % en % en % en % en % en % effectifs
Europe 78,7 76,4 67,2 57,3 50,4 44,9 1 934 144
Espagne 18,0 21,0 15,2 11,7 9,5 7,3 316 232
Italie 31,8 23,9 17,2 14,1 11,6 8,8 378 649
Portugal 2,0 8,8 16,9 15,8 14,4 13,3 571 874
Pologne 9,5 6,7 4,8 3,9 3,4 2,3 98 571
Autres pays d'Europe 17,5 16,1 13,1 11,7 11,4 13,2 568 818
Afrique 14,9 19,9 28,0 33,2 35,9 39,3 1 691 562
Algérie 11,6 11,7 14,3 14,8 13,3 13,3 574 208
Maroc 1,1 3,3 6,6 9,1 11,0 12,1 522 504
Tunisie 1,5 3,5 4,7 5,0 5,0 4,7 201 561
Autres pays d' Afrique 0,7 1,4 2,4 4,3 6,6 9,1 393 289
Asie 2,4 2,5 3,6 8,0 11,4 12,8 549 994
Turquie 1,4 1,3 1,9 3,0 4,0 4,0 174 160
Cambodge, Laos, Vietnam 0,4 0,6 0,7 3,0 3,7 3,7 159 750
Autres pays d'Asie 0,6 0,6 1,0 1,9 3,6 5,0 216 084
Amérique, Océanie 3,2 1,1 1,3 1,6 2,3 3,0 130 394
Non déclaré 0,8 0,1 /// /// /// /// ///
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 78
Effectif 2 861 280 3 281 060 3 887 460 4 037 036 4 165 952 4 306 094 4 306 094
La population active totale

Définition

Elle se compose de personnes qui déclarent au recensement


exercer une activité professionnelle ou qui, sans emploi, déclarent
en rechercher (chômage)

Remarque : L’activité professionnelle doit être rémunérée


ce qui exclut de la population active totale :

- les femmes travaillant à leurs foyers ;


- les étudiants ;

79
La population active totale (en France)

Évolution de la population active totale

Environ 30 millions de personnes en France.

La pop. active française est en hausse depuis les années 60.

Les causes sont :


✓croissance de la population totale
(de 40 millions à 60 millions depuis 1945)
✓augmentation du travail des femmes
(elles sont environ 11,5 millions au sein de la population active)
✓l’immigration
(apport d’environ 3 millions depuis 1945)
✓recul de l’âge de la retraite.

80
La population active totale (en France)

La législation du travail

Comme tous les autres facteurs, le travail obéit à des règles


et lois nationales spécifiques. Ces lois sont basées sur :
✓des critères éthiques ;
✓des critères sociaux.
La durée légale du travail en France depuis le XIXe siècle
1848 1919 1936 1971 1983 2000

Heures de travail par semaine 72 48 46 44 39 35

Nombre d’années de travail dans 58 55 50 42 38 37


une vie-70 ans- (en moyenne)
Source : BIT 81
La population active totale (en France)

La théorie du capital humain

L’inné co
L’intérêt de cette théorie est double :
➲ L’individu doit investir en lui-même à chaque étape de sa vie
sous peine de voir son capital perdre de sa valeur
➲ Le facteur travail est « adaptatif » 82
La population active totale (en France)

La productivité du travail

La productivité du travail (PL) permet d’évaluer le coût


du facteur travail et de calculer sa rentabilité.

Quantité de produits obtenus


PL =
Quantité de travail utilisé

L’Insee utilise la notion de productivité apparente du travail (PAL)

Valeur ajoutée
PA L =
Effectifs employés
83
Le capital
Définition
Tous les biens ou services immobilisés qui rapportent un revenu
(biens immobiliers, placements financiers, etc.).

Du capital à l’investissement
On distingue traditionnellement :
- les investissements matériels qui permettent
la constitution pratique du capital technique (camions, machines)
- les investissements immatériels qui permettent
l’acquisition de produits non matériels (formation, R&D, etc.)
La productivité du capital

Quantité de produits obtenus


Pk =
Quantité de facteur capital utilisé 84
Le capital
Le progrès technique
Le progrès technique est un mouvement général d’amélioration
des conditions de la production des biens et services
et donc de la satisfaction des besoins.

Le PT provient principalement de la « recherche ».

On peut distinguer trois formes de recherche :


- la recherche fondamentale.
- la recherche appliquée.
- la recherche et développement (R&D) :
innovations de procédés et/ou innovations de produits
85
Le capital

Les trois grandes révolutions industrielles

Années Nouvelles Energie Nouveaux


machines transports
1ère 1830-1860 Machines à Charbon Chemin de
révolution vapeur Bois fer
2ème 1900-1920 Moteur à Pétrole Automobile
révolution essence Electricité
3ème 1970-1990 Ordinateurs Energie Avion
révolution atomique

86
Le capital

Evolution de la combinaison des facteurs


de production dans les pays de l’OCDE (en %)

1900 1950 2000


Travail 70 42 39
Capital 15 48 52
Ressources naturelles 15 10 9

Source : OCDE

87
Les ressources naturelles
Définition
Les ressources naturelles correspondent à l’ensemble
des facteurs de production autres que le travail et le capital
et fournis directement par la nature.

Des coûts d ’exploitation importants


D’autres facteurs sont souvent nécessaires pour son exploitation :
- le travail
- le capital

Des caractéristiques spécifiques


- L’écologie.
- La répartition 88
La notion de système productif

Définition
Le système productif est l’ensemble des agents économiques
qui ont une activité de production
(i.e. qui créent des biens et/ou services destinés à satisfaire
des consommations individuelles ou collectives).

Il existe deux agents productifs principaux :

- Les entreprises privées.


- L’Etat.
89
Les classifications
En fonction de la nature des activités
Les secteurs : tiennent compte de l’activité des entreprises
Le PIB de la France en % de la population active (1949-1998)

Années Secteur primaire Secteur secondaire Secteur tertiaire


1949 29,1 35,0 35,9
1982 8,2 34,2 57,6
1992 6,1 29,9 64,0
1994 5,9 29,0 65,1
1998 5,7 28,8 65,5
Le PIB de la France en % de la VA (2006)

90
http://www.tecnofrancia2006.com/_repository/images/id_32_1141410574519600.GIF (03.12.06)
Les classifications
En fonction de la nature des activités
Les branches : tient compte de la nature du produit final
U03 Production et distribution d’énergie 430,0 U05A Industries des biens d’équipement  605,8
professionnel
T04 Combustibles minéraux solides et cokéfaction 10,1 T14 Construction mécanique 222,2

T05 Pétrole et gaz naturel 199,5 T15A Construction de matériels électriques et  300,0


électroniques professionnels
T06 Production et distribution d’électricité,  218,5 T17 Construction navale et aéronautique (sauf  85,4
distribution de gaz et d’eau armement)
U04 Industries des biens intermédiaires 780,1 U05B Industries des biens d’équipement ménager 40,7

T07 Minerais et métaux ferreux 85,1 U05C Construction de véhicules automobiles et  356,7


d’autres matériels de transport terrestre
T08 Minerais, métaux et demi-produits non ferreux 75,9 U06 Industries des biens de consommation  587,0
courante
T09 Production de matériaux de construction et  84,7 T12 Parachimie et industrie pharmaceutique 190,5
minéraux divers
T10 Industrie du verre 35,4 T18 Industries textiles et de l’habillement 160,5

T11 Chimie de base, fibres synthétiques 168,2 T19 Industries du cuir et de la chaussure 30,4

T13 Fonderie et travail des métaux 143,5 T20 Bois, ameublement, industries diverses 85,2

T21 Industries du papier et du carton 85,5 T22 Imprimerie, presse, édition 118,0

T23 Caoutchouc et matières plastiques 108,9   ENSEMBLE 5180,8


91
Les classifications

En fonction de la relation client/fournisseur

Les filières : tient compte du lien « fournisseur/client »

L’exemple de la filière papier :

* Gestion et entretien du parc forestier ;


* Extraction de la matière première (abattage, scierie) ;
* Fabrication du papier (traitement du bois, création de la
pâte à papier, fabrication du papier et conditionnement)
* Distribution (stockage, transport, commercialisation)
* service après-vente…

92
http://www.papiermuseum.ch/images/papier.JPG (03.12.06)
Les composantes du système productif
L’activité productive privée
L’activité productive privée est réalisée par des entreprises privées.
(personnes morales privées permettant de produire des biens ou des services marchands
qui seront vendus sur des marchés)

Les marchés possèdent une « structure » qui est propre à chacun d’entre eux :

Offre Une seule Quelques Un grand nombre


Demande entreprise entreprises d’entreprises

Un seul acheteur Monopole Monopsone Monopsone


bilatéral contrarié

Quelques acheteurs Monopole Oligopole Oligopsone


contrarié bilatéral
Un grand nombre
d’acheteurs Monopole Oligopole Concurrence
parfaite 93
Les composantes du système productif
L’activité productive privée (suite)
La CONCENTRATION est à l’origine de cette typologie

Processus par lequel la production est réalisée par un nombre de moins en moins
important d’entreprises dont la taille s’accroît.

Il existe plusieurs modalités de concentration :

Accroissement interne des capacités de production
Absorption
Prises de contrôle progressives
OPA
OPE
Accord de regroupement (niveau local, régional, national, mondial)
Stratégies d’alliance 94
http://www.auracan.com/albums/2004/07/LargoWinch13.jpg (03.12.06)
Les composantes du système productif
L’activité productive privée (suite)
Les modalités de la concentration peuvent prendre différents aspects :
filière papier :

abattage, scierie
Concentration horizontale
Fabrication du papier
Concentration verticale
Concentration conglomérale Distribution

Banques

Facteurs explicatifs Objectifs

Financiers : Augmenter les capacités internes de financement

Techniques : Faciliter l’accès au progrès technique par la mise en commun des moyens de recherche

Economiques : Réaliser des économies d’échelle en élargissant la taille de la part de marché et en 
rationalisant la production
Autres : Augmenter le pouvoir de négociation (domination sur concurrents, fournisseurs, clients) 95
  facteurs psychologiques (goût pour le pouvoir)
Entreprises selon le nombre de salariés et l’activité
au 31 décembre 2005

0 salarié 1à9 10 à 49 50 à 99 100 à 249 250 TOTAL


salariés salariés salariés salariés salariés et
plus

IAA 22,2 36,4 5,7 0,6 0,5 0,3 65,7


Industries hors IAA 81,3 65,3 26,7 3,9 2,7 1,7 181,6

Construction 170,9 161,0 24,8 1,4 0,6 0,3 359,0

Commerce 339,4 249,0 37,0 3,6 1,9 0,9 631,8

Transports 47,1 26,7 9,4 1,2 0,8 0,4 85,7


Activités immobilières 116,6 106,9 3,4 0,3 0,3 0,1 227,5

Services aux entreprises 307,2 147,7 26,4 2,8 1,6 1,1 486,8

Services aux particuliers 257,7 195,9 18,8 1,2 0,4 0,3 474,2

Education, santé, action sociale 274,8 78,6 22,2 8,8 4,2 2,0 390,8

TOTAL 1 617,2 1 067,6 174,5 23,9 13,0 7,0 2 903,2

96
Les composantes du système productif
L’activité productive privée (suite)
La concentration dépasse les frontières nationales : l’INTERNATIONALISATION
Création de filiales ou de succursales à l’étranger.
Apparition XIXs ; expansion 1875-1895 ; environ 69727 SM et 690391 filiales/succursales en 2006.

Il existe plusieurs stratégies d’internationalisation (Vernon, Dunning, Andreff) :


Les anciennes stratégies :

La stratégie primaire (resource seeking)

La stratégie de proximité du marché (market seeking)

La stratégie de rationalisation de la production (efficiency seeking)

La stratégie d’acquisition d’actifs (asset seeking)

97
Les composantes du système productif
L’activité productive privée (suite)
La nouvelle stratégie (10% des FMN) : La stratégie globale

Cumul et articulation des anciennes stratégies
Commerce FMN / filiales
Vision mondiale des marchés classique (1/3)
Interdépendance oligopolistique (1/3)

Production postfordiste
Haute technologie, NTIC
Concentrée sur la Triade et les pays émergents
Internationalisation de l’actionnariat FMN / FMN
(1/3)
Alliances stratégiques entre FMN : éthique de la concurrence
CNUCED, 2006
Les produits systèmes et les Hollow Corporations

Quel impact macroéconomique de la stratégie globale ?

Hausse de la rentabilité exigée
Intégration mondiale de la production : plus de patriotisme économique possible
Transformation du commerce international
Mondialisation de l’internationalisation (FMN tiers-monde ; pays en transition)
98
http://www.gillesparis.com/ (03.12.06)
Les composantes du système productif
L’activité productive publique
Les raisons qui justifient l’intervention de l’ETAT dans la sphère productive :

Les raisons économiques

Pallier les insuffisances du secteur privé

Assurer l’indépendance nationale

Assurer la sécurité nationale

Permettre la croissance

Réglementer la concentration (lois anti-trust, lois contre les ententes oligopolistiques)

Les raisons sociales

Assurer un service public
Assurer un niveau de vie stable pour les salariés

Préserver l’emploi
Œuvrer pour l’intérêt général

99
Les composantes du système productif
L’activité productive publique
L’internationalisation n’est pas sans impacts sur l’activité des Etats :

L’impact de la stratégie globale sur les ETATS :

les politiques libérales d’attractivité…


d’attractivité

Le dispositif recommandé par FIAS (Foreign Investment Advisory Service)
Convergence libérale et surenchère
Etats mondialisateurs
Traités bilatéraux sur l’investissement, de non double-imposition, codes de conduite

100
Les revenus des facteurs
Salaires
Directe
Revenus non
salariaux
Participation
à la production Revenus d’activité
Loyers
Indirecte Dividendes
Intérêts

101
Les revenus directs

Le salaire

Le salaire est la rémunération du travail salarié


La formation du salaire se fait par la confrontation
sur le marché du travail des offres et demandes de travail

Conflit d’intérêt :
la recherche d’un salaire satisfaisant et d’un optimum de profit
détermine donc la fixation du niveau des salaires

102
Les revenus directs

La notion de « salaire minimum »


Le salaire minimum est la rémunération en dessous de laquelle un
salarié ne peut être légalement employé
En France : création du SMIG par la loi du 11 février 1950
(Salaire minimum interprofessionnel garanti)
Remplacement par le SMIC en 1970 (idem… de croissance) :

Le SMIC peut varier en trois circonstances :

Au 1er janvier (depuis 2010) : indexation automatique sur l’évolution des prix (seuil de
déclenchement : 2 %)

Au 1er janvier (depuis 2010) : indexation automatique sur la hausse du taux de salaire horaire
moyen ouvrier
Certains 1er janvier (depuis 2010) : « coups de pouce » accordés par le gouvernement 103
Evolution du montant du SMIC (2001-2010)
+0,5 % par rapport à 2009
Année Smic horaire brut Smic mensuel brut en Smic mensuel brut en Date de parution
en euros euros euros au JO
pour 151,67h de pour 169h de travail
travail

2010 8,86 1343,77 02/01/2010


2007 8,44 1 280,07 // 29/06/2007

2006 8,27 1 254,28 // 30/06/2006

2005 8,03 1 217,88 1 357,07 30/06/2005

2004 7,61 // 1 286,09 02/07/2004

2003 7,19 // 1 215,11 28/06/2003

2002 6,83 // 1 154,27 28/06/2002

2001 6,67 // 1 127,23 29/06/2001

104
Source : INSEE
Caractéristiques des salaires en France

Extrême diversité des rémunérations

Rétrécissement progressif de l’éventail des salaires

Ralentissement de la hausse moyenne des salaires depuis 2000

Augmentation importante de la part des bas salaires

Modification des structures socioprofessionnelles par emploi (90’)

Augmentation de la part des cadres et assimilés

Diminution de la part des ouvriers peu qualifiés


105
Revenu salarial moyen et décomposition sur l’ensemble du champ salarié
Revenu salarial Salaire journalier Jours rémunérés
2005, euros courants
Ensemble 16792 56,5 297,1

Hommes 19 142 63,7 300,3


Femmes 14 184 48,3 293,6

Moins de 30 ans 9 479 39,5 239,9


De 30 à 45 ans 18 172 57,3 317,3
Plus de 45 ans 21 653 66,6 325,3

Cadres 34 503 104,8 329,1


Professions intermédiaires 18 950 59,8 316,9
Employés 11 099 39,5 280,9
Ouvriers 11 814 41,7 283,2

Temps complet 20 006 64,0 312,4


Temps non complet 9 735 36,9 263,5

Secteur privé uniquement 16 127 55,4 291,0


Agents de l'Etat uniquement 22 608 68,1 331,8
Collectivités Territoriales uniquement 15 037 47,8 314,6
106
Fonction publique hospitalière uniquement 20 278 63,2 320,8
Source : INSEE
Les revenus indirects
Le patrimoine
Les revenus indirects sont liés à la possession d’actifs (patrimoine)

Actifs réels Actifs monétaires Actifs incorporels


Logement & financiers non financiers
Terrain Épargne liquide Brevet,
Actions, Obligations, droit d’auteur
Produits dérivés

INTERET
LOYER ROYALTIES 107
DIVIDENDE
Divers…
Pourquoi les ménages constituent-ils un patrimoine ?
Composition du revenu annuel moyen selon 2005
l’âge (en % du revenu avant impôt)

Age de la revenu pensions revenu du prestations minima revenu


personne de d'activité patrimoine familiales et sociaux avant impôt
référence logement (en euros)

18 à 24 ans 86,8 2,7 0,3 7,1 2,1 18 446

25 à 34 ans 91,1 0,6 0,7 6,1 0,9 29 807

35 à 44 ans 88,2 1,1 2,1 7,2 1,0 36 853

45 à 54 ans 90,5 2,2 2,7 3,0 1,1 41 127

55 à 64 ans 66,0 26,0 5,1 1,0 1,3 37 297

65 à 74 ans 10,7 80,5 6,0 0,8 1,1 26 979

75 ans et plus 4,7 83,9 7,7 1,0 1,4 23 014

ensemble 68,8 22,3 3,5 3,6 1,1 32 935

Source : Insee-DGI, Enquête revenus fiscaux 2005


La théorie du cycle de vie (Ando, Modigliani)
Départ à
la retraite
Entrée
R, C dans la vie R
professionnelle

0
temps
109

Source : Ando, Modigliani, « The life cycle hypothesis of saving », American Economic Review, 1963.
La théorie du cycle de vie (Ando, Modigliani)
Départ à
la retraite
Entrée
E dans la vie Maturité
professionnelle

0
temps
110

Source : Ando, Modigliani, « The life cycle hypothesis of saving », American Economic Review, 1963.
Les hypothèses de la théorie du cycle de vie :

Préparer la période de retraite

Volonté de transmettre un héritage

Constituer une épargne de précaution


(incertitude sur les revenus futurs)

L’emprunt est plus facile durant la période de jeunesse


Les inégalités de revenus

La répartition des revenus est inégalitaire


L’inégalité se mesure de différentes manières…

Inégalité selon la profession exercée


Net mensuel
≥ 2000 Médecins, Cadres, Ingénieurs, enseignants…

Techniciens, ouvriers, secrétaires, militaires,


[2000-1000] Policiers, conducteurs, bouchers, boulanger,
Vendeurs, coiffeurs.

≤ 1000 Caissiers, aides à domiciles, employés de maison,


employés et AM de l’hôtellerie
Assistantes maternelles (900 euros)…
mensuel mensuel
Salaire médian par profession 2005, euros courants
V20 Médecins salariés et assimilés 3 000G00 OQ maintenance 1 440
N00 Personnels d’études et de recherche 2 850B50 Conducteurs d'engins du BTP 1 430
R40 Cadres commerciaux et technico-commerciaux 2 800J30 Conducteurs de véhicules 1 430
L50 Cadres administratifs, comptables et financiers 2 730E10 OQ Industries de process 1 420
H00 Ingénieurs et cadres techniques de l’industrie 2 700C10 OQ Electricité électronique 1 400
J60 Cadres des transports, logistique et navigants de l’aviation 2 670D40 OQ mécanique 1 400
M09 Ingénieurs de l’informatique 2 640V00 Aides-soignants 1 380
B70 Cadres du BTP 2 600D20 OQ Travaillant par formage de métal 1 370
P20 Cadres de la fonction publique 2 600P00 Employés administratifs de la Fonction publique (catégorie C) 1 360

Q20 Cadres de la banque et des assurances 2 600B40 OQ Bâtiment, second œuvre 1 350
U00 Professionnels de la communication et de l’information 2 290L10 Employés de la comptabilité 1 350
W00 Enseignants 1 980B20 OQ Gros œuvre 1 340
V10 Infirmiers, Sages-femmes 1 900L20 Employés administratifs d'entreprise 1 340
D60 Techniciens et AM industries mécaniques 1 880J10 OQ manutention 1 300
P40 Armée, police, pompiers 1 800L00 Secrétaires 1 300
B60 Techniciens et AM du BTP 1 790S00 Bouchers, charcutiers, boulangers 1 300
J90 Agents d’exploitation des transports 1 780G01 Ouvriers de la réparation automobile 1 280
E20 Techniciens et AM industries de process 1 770C00 Ouvriers non qualifiés(ONQ) électricité électronique 1 240
P10 Techniciens administratifs de la fonction publique (catégorie B) 1 760D00, D30 ONQ mécanique, enlèvement ou formage de métal 1 230

A20 Techniciens et cadres de l’agriculture 1 750B00 ONQ gros œuvre, travaux publics et extraction 1 220
L40 Techniciens des services administratifs, comptables et financiers 1 750F10, F30 OQ textile et cuir, bois ameublement 1 220

G10 Techniciens et AM maintenance et organisation 1 730B30 ONQ bâtiment, second œuvre 1 200
M07 Techniciens de l’informatique 1 700S10 Cuisiniers 1 200
Q00 Employés et techniciens de la banque 1 680T30 Agents de gardiennage et de sécurité 1 200
R20 Attachés commerciaux et représentants 1 670T40 Agents d'entretien 1 200
W10 Formateurs 1 620S20 Employés et AM de l'hôtellerie et de la restauration 1 190
C20 Techniciens et AM électricité électronique 1 600E00 ONQ industries de process 1 190
U10 Professionnels des arts et des spectacles 1 600R10 Vendeurs 1 180
F50 Techniciens et AM matériaux souples bois industries graphiques 1 590J00 ONQ manutention 1 120

V30 Professions paramédicales 1 580A00 Ouvriers de l'agriculture, élevage et sylviculture 1 110


Q10 Employés et techniciens des assurances 1 580A10 Jardiniers, ouvriers du maraîchinage et de la viticulture 1 110
J50 Agents administratifs et commerciaux transport et tourisme 1 560T00 Coiffeurs, esthéticiens 1 100
R30 Maîtrise des magasins et intermédiaires du commerce 1 500R00 Caissiers, employés de libre service 1 080
F40 Ouvriers des industries graphiques 1 490F00, F20 ONQ textile et cuir, bois ameublement 1 080
D10 OQ travaillant par enlèvement de métal 1 480K00 Ouvriers artisanaux 1 070
L30 Secrétaires de direction 1 470T21 Aides à domicile et aides ménagères 1131 020
V40 Professionnels de l'action sociale, culturelle et sportive 1 470T10 Employés de maison 1 020
B10 Ouvriers qualifiés (OQ) travaux publics béton extraction 1 460T22 Assistantes maternelles 900
Inégalité selon l’âge

Les jeunes gagnent moins que les


plus âgés

Notion de « cycle de vie » + « Capital humain »

Les inégalités entre jeunes et âgés s’accroissent


Des conditions de salaires moins bonnes qu’auparavant
(notamment pour les diplômés)

Recul de l’âge du premier emploi (et donc de l’obtention d’un


revenu)
Inégalité selon l’âge
De 15 à 29 ans De 30 à 49 ans 50 ans et plus Total
2005
Non salariés 3,1 10,6 17,8 10,9
Salariés 96,9 89,4 82,1 89,1
    Intérimaires 5,5 1,7 0,7 2,2
    Apprentis 6,9 0,0 0,0 1,3
    Contrats à durée déterminée 16,1 5,4 3,0 6,9

       Secteur public 4,7 1,7 1,0 2,1


       Secteur privé 11,4 3,7 2,0 4,8
    Stagiaires et contrats aidés 4,8 1,0 0,8 1,8
       Secteur public 1,2 0,4 0,4 0,6
       Secteur privé 3,6 0,6 0,4 1,2
    Contrats à durée indéterminée 63,6 81,3 77,6 76,9
et autres
Total 100,0 100,0 100,0 100,0
Emploi :total
Source INSEE(en milliers) 4 854 13 887 6 180 24 921
Inégalité selon l’âge
Revenu disponible par ménage selon l'âge de la personne de
référence (euros/an)
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
18 à 24 ans 15599 15577 15751 15620 16139 16947 17113

55 à 64 ans 26725 27131 28366 29132 29652 30458 30693

ensemble des 26685 26598 27150 27679 28134 28728 29008


ménages

55 à 64 ans / 18 à 24 ans ensemble / 18 à 24 ans


1,90 Linéaire (55 à 64 ans / 18 à 24 ans) Linéaire (ensemble / 18 à 24 ans)
1,87
1,85

1,80 1,77 1,79

1,75
1,71
1,70 1,70
1,71

1,65

1,60
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002

Source :Assen SLIM d’après les données de l’INSEE


Inégalité selon le sexe

L’écart est très important

Problème de société et de mentalité

L’écart tend à diminuer depuis 1968 en France


Mais progression hiérarchique freinée
Revenu salarial moyen et décomposition sur l’ensemble du champ salarié

2005, euros courants

Un « décile » correspond à la frontière entre deux dixième de la distribution.


Décile Hommes Femmes
1ème décile (D1) 2 094 1 320
2ème décile (D2) 6 277 3 885
3ème décile (D3) 11 491 7 415
4ème décile (D4) 14 314 10 885
Médiane (D5) 16 430 13 382
6ème décile (D6) 18 725 15 526
7ème décile (D7) 21 686 18 039
8ème décile (D8) 26 252 21 356
9ème décile (D9) 35 230 26 785
D9/D1 16,8 20,3
D9/D5 2,1 2,0
D5/D1 7,8 10,1
Source : INSEE – lire les commentaires sur http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp? 118
ref_id=NATSEF04142&tab_id=619
Inégalité selon le sexe
Salaire net annuel moyen selon le sexe et la catégorie
socioprofessionnelle dans le secteur privé et semi-public

Femmes Hommes Rapport des salaires


femmes/hommes
2005 (en euros)

Cadres 37 253 48 241 77 %


Professions intermédiaires 21 380 24 320 88 %
Employés 15 755 16 772 94 %
Ouvriers 14 537 17 290 84 %
Ensemble 19 818 24 446 81 %

Source : INSEE
En euros constants

120

Source : INSEE
Inégalité selon le patrimoine

De plus en plus de ménages possèdent un


patrimoine (financier ou immobilier)
1976 : 40% ont un actif immobilier
2004 : 60,5% ont un actif immobilier

Des situations d’une extrême diversité


5 % des ménages (« les plus riches ») ont 1/3 du patrimoine
total
5 % des ménages (« riches ») ont 50% du patrimoine total
50 % des ménages (« les plus pauvres ») ont 1/3 du patrimoine
total
Inégalité selon le patrimoine
Taux de détention des différents actifs de patrimoine par les
ménages selon le montant du patrimoine
  Livrets Epargne- Valeurs Ass-vie, PEP, Epargne Patrimoine
d'épargne logement mobilières ép. Retraite salariale Immobilier

Ensemble 1997-1998 83,5 40,9 21,9 45,5 12,7 58,5


Ensemble 2000 84,5 39,7 25,1 46,6 15,2 60
Ensemble 2003-2004 83,2 41,3 24,2 43,7 16,7 60,5
Montant de patrimoine            
global
2005
Moins de 3 000 euros 54 5,8 1,7 9,8 3,8 0,7

De 3 000 à 7 500 73,1 15,2 5 19,6 5,1 0,9

De 7 500 à 15 000 79,9 24,5 7,5 28,5 13,2 3

De 15 000 à 30 000 86,5 42,2 12,5 40,3 16,8 6

De 30 000 à 45 000 84,3 45,1 18,1 43,3 18,1 24,6

De 45 000 à 75 000 84,2 43,2 17,8 39,6 12,3 55,3

De 75 000 à 105 000 84,7 38 17,1 39,4 14,8 82,8

De 105 000 à 150 000 85,7 45,3 20,1 45,2 20 90,7

De 150 000 à 225 000 89,6 47,3 27 51,4 22,2 95,5

De 225 000 à 300 000 90,6 58,1 37,6 57,9 23,4 95,4

De 300 000 à 450 000 91,9 60,1 47 62,7 24,6 98,4


Plus de 450000 88,2 64,4 69,8 74,7 24,4 96,2
Source : INSEE
Inégalité selon la région

Opposition entre les villes et les zones rurales


Bas revenus : Corse, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Franche-Comté
Hauts revenus : Ile-de-France, Rhône-Alpes (Haute Savoie)

Aggravation des écarts entre régions


Exode rural
Fonds structurels européens (cofinancement)
(le « zonage » envisagé comme une solution)
Al

0
5000
10000
15000
20000
25000
30000
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Source : Assen SLIM, d’après les données de l’INSEE


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En euros courants

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Salaires nets moyens dans les régions française (2000-2005)
Inégalité selon la région

2005

Source : INSEE
La pauvreté et l’exclusion

Travailler ne protège plus contre la pauvreté


2 millions de travailleurs pauvres en France (sur 4 millions de pauvres)
(faibles revenus, travail précaire, temps partiels subis)
Le seuil de pauvreté est fixé à 50 % du revenu médian
(milieu de l’ensemble des revenus d’une catégorie concernée)

La pauvreté peut entraîner des situations


d’exclusion sociale
Populations touchées fréquemment :
Familles monoparentales
Familles nombreuses
Chômeurs
Ménage dont l’un des conjoints est inactif
Pauvreté en France
Nombre et taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté
selon leur âge
  Femmes Hommes
2005
  nombre de taux (en %) nombre de taux (en %)
pauvres (milliers) pauvres (milliers)

  seuil seuil seuil seuil seuil seuil seuil seuil


60% 50% 60% 50% 60% 50% 60% 50%
moins de 18 ans 1 022 540 15,8 8,3 1 043 531 15,2 7,7

18 à 24 ans 449 239 18,6 9,9 392 230 16,4 9,6

25 à 34 ans 411 220 10,4 5,6 351 207 9 5,3

35 à 44 ans 560 311 12,9 7,1 468 268 11 6,3

45 à 54 ans 476 291 11,2 6,9 438 259 10,9 6,4

55 à 64 ans 341 170 9,9 4,9 315 178 9,6 5,4

65 à 74 ans 205 74 7,6 2,8 138 28 6,1 1,2

75 ans et plus 365 154 12,8 5,4 161 34 9,2 1,9

ensemble 3 829 1 998 12,6 6,6 3 307 1 735 11,5 6

Source : INSEE
Rapprocher les revenus moyens
des différentes catégories sociales
Les objectifs de la redistribution

Corriger les écarts de revenus


(grâce à la pression fiscale)

Reporter certaines ressources dans le temps (cotisations


préalables avant le versement de la pension de retraite)

Prendre en charge les risques


(prestations de chômage, de maladie)

Mettre à la disposition de tous des biens et services publics


(financés par la collectivité)

La protection sociale 131


UNEDIC : Union Nationale interprofessionnelle pour l'Emploi Dans l'Industrie et le Commerce
URSSAF : Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales

La protection sociale en France

La protection sociale est assurée par la sécurité sociale et le


budget de l’Etat

La sécurité sociale
Travailleur
Employeur Salarié indépendant

URSSAF Cotisations UNEDIC

Régime Régimes Régimes Régimes


Chômage
général spéciaux agricoles non salariés

3 caisses

Caisse Caisse Caisse


d’assurances d’allocations d’assurances 132
maladie familiales vieillesse
Le budget de l’Etat
Discrimination
Progressivité Impôts Taux d’imposition différents
Taux d’imposition d’autant plus
fort que les revenus sont élevés selon l’origine des revenus

Budget
de l’Etat

Subventions

Caisse Caisses
d’assurances des régimes de
chômage la Sécurité sociale
Minima
sociaux
Les ressources de la protection sociale
La protection sociale reçoit quatre grands types de
financement Les cotisation (patronales, salariales)
En 2008 : 58 % des recettes
10% En 1997 : 63,7 % des recettes
10% Les impôts et taxes
En 2008: 22 % des recettes
En 1997 : 8,5 % des recettes
58% Les Contributions publiques
22% (CSG, CRDS)

En 2008 :10 % des recettes


En 1997 :10,3 % des recettes
Les autres recettes (subventions de
l’Etat, recours contre tiers, produits financiers )
En 2008 : 10 % des recettes
En 1997 : 17,5 % des recettes
Les dépenses de la protection sociale

2005

http://www.la-france-de-demain.fr/images/Billets/Securite%20Sociale/AFP-deficit-secu.jpg
Le déficit de la protection sociale ?

Le « trou » de la sécu…
C’est en réalité le besoin de financement du régime général

Problème lié
aux Problème lié aux
dépenses recettes

http://www.tpe-pme.com/uploads/tx_sqlitpepmeevenement/secu.jpg
Les branches déficitaires
Evolution du Solde de la branche Maladie (CNAM)
Les branches déficitaires
Evolution du Solde de la branche Vieillesse (CNAV)
Les branches déficitaires
Evolution du Solde de la branche Famille (CNAF)
Les branches déficitaires
Evolution du Solde de la branche Accidents du travail-Maladies
professionnelles (CNAM-AT-MP)
Les formes de la redistribution en France

L’indemnisation chômage

Les dépenses de santé

Les pensions de retraites

Les allocations familiales

Les minima sociaux


142
L’indemnisation chômage (1)

L’Aide au Retour à l’Emploi (ARE)


Conditions pour en bénéficier
1. Avoir travaillé 4 mois 2. Ne pas avoir quitté volontairement son emploi
3. Etre physiquement apte à l’exercice d’un emploi
4. Ne pas avoir été indemnisé plus de 3 fois au titre du chômage saisonnier
5. Etre à la recherche effective et permanente d’un emploi

Montant
Calculée sur la base des 12 derniers mois de salaires (+ primes)
SALAIRE MENSUEL BRUT ARE (journalière) Retenues sociales
< 1040,40 € 75 % du salaire brut -

[1040,41 ; 1139,85 €] 26,01 € par jour -


40,4 % du salaire journalier brut 3 % de l’ancien salaire
[1139,86 ; 1881,18 €]
+ 10,66 € par jour (retraite complémentaire

[1881,19 ; 11092 €] 57,4 % du salaire journalier brut 11,37 % de l’allocation


(CSG/RDS/retraite compl.)
L’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) - Suite

Durée de l’indemnisation
La durée d’indemnisation ne peut jamais dépasser 7, 12 ou 23 mois
Durée d’activité salarié Limite d’indemnisation
6 mois d’activité au cours des 22 derniers mois 7 mois

12 mois d’activité au cours des 20 dernier mois 12 mois

16 mois d’activité au cours des 26 derniers mois 23 mois

Conditions de maintien du versement

Actualisation chaque mois de la situation (téléphone, internet, par écrit)

Recherche active d’un emploi

Respect des obligations qui figurent dans le projet personnalisé d’accès à


l’emploi (PPAE)
L’indemnisation chômage (2)

L’allocation de solidarité spécifique (ASS)


L’ASS s’adresse aux demandeurs d’emploi qui arrivent au terme de leurs
droits à l’ARE
Conditions :
plafond de ressources
Être à la recherche active d’un emploi
Avoir travailler 5 ans dans les 10 ans qui précédent la fin du contrat du
travail

ASS au 01/01/2008 Plafond de ressource au 01/01/2008


Taux simple : 14,74 €/jour

Majoration : 6,42€/jour Personne seule : 1031,20 €


55 ans et 20 ans d’activité
ou 57,5 ans et 10 ans d’activité Couple : 1621,40 €
L’indemnisation chômage (3)

La prime de retour à l’emploi (PRE)


Existe Depuis le 01/10/2006 et versée en cas de reprise d’un emploi salarié

Conditions :

Travailler au moins 78 heures/mois, pendant 4 mois consécutifs

Aides de retour à l’emploi


Prime PRE de 1000 €

Complément de revenu pendant 12 mois :


3 mois de cumul de l’ASS et du salaire
+ 150 € pendant les 9 mois suivants
Les dépenses de santé

Quelle est la règle ?


Consultation médicale = remise d’une « attestation de soins »
Nom du patient, date de la consultation, codes correspondants aux prestations effectués et honoraires réclamés.

Les attestations de soins ne sont remboursables que pendant 2 ans


La formule de base :
Honoraires = tarif de remboursement (Séc. Soc)
+ tickets modérateur (mutuelle)
+ supplément éventuel

Partie des frais que le


patient paie de sa poche
Extra facturé par un
prestataire en plus du
tarif de base d’une
prestation
Evolution des dépenses de santé en France
(base 100 en 1990)
Les dépenses de santé dans le monde (1)

http://www.irdes.fr (07/03/2008)
Les dépenses de santé dans le monde (2)

http://www.irdes.fr (07/03/2008)
Les pensions de retraites

L’allocation équivalent retraite (AER)


L’AER assure jusqu’à 60 ans, un minimum de ressources aux personnes
ayant déjà 160 trimestres d’assurance vieillesse
- AER « de remplacement » : elle remplace certaines allocations
- AER « de complément » : elle complète l’ARE

La pension de retraite (PR)


« Droit » ouvert à partir de 60 ans (160 trimestres)
Pays bismarckiens : principe d’assurance sociale (cotisations) – FR, ALL, PB
Pays beveridgiens : principe d’universalité (impôts) – RU, DK, NOR, SUE 

Deux droits :
- Droit direct : acquis par un individu en contrepartie des cotisations versées
- Droit indirect : pension de réversion revenant au conjoint lors du décès de l’assuré
Un plafond de cotisation (2008) : 2773 €
Les pensions de retraites

La formule de base de la PR
PR = SM . T . (D / 160) Soit 40 ans de cotisations
Avec : 
SM : salaire moyen sur les 25 dernières années
41 ans prévus pour 2012
T : taux de liquidation (de 25 à 50 %, dépend de D)
D : durée de cotisation au régime de base

Les trois fragilités des PR


1. Le ralentissement de la croissance
- Faible progression des salaires
- Précarité accrue sur le marché du travail
- Exclusion précoce des travailleurs vieillissants
- Augmentation du nombre de chômeurs
Les trois fragilités des PR (suite)

2. L’évolution démographique
- Ralentissement général de l’accroissement naturel
(faible natalité, faible mortalité)
- Vieillissement progressif de la population mondiale
(hausse du taux de dépendance vieillesse)
Ratio de dépendance vieillesse (DV)
(DV = Population de plus de 60 ans / population de 20 à 59 ans)
En % 1995 2000 2005 2010 2020 2030 2040 2050
Italie 39,7 42,9 45,6 50,0 59,8 80,9 98,1 97,2
Espagne 38,1 37,9 39,2 42,0 51,3 70,2 97,7 106,1
Japon 36,2 41,1 54,5 57,2 65,8 72,0 85,2 86,2
Allemagne 36,3 41,7 44,4 45,2 54,1 72,6 73,9 75,9
France 37,2 37,8 38,2 42,8 52,7 61,1 66,6 68,0
Royaume-Uni 38,4 38,9 44,9 52,1 57,1 62,9 64,5 66,2
Etats-Unis 30,0 29,8 30,8 33,9 45,0 53,0 53,9 56,4
Source : ONU
La population française de 1950 à 2050

41647 62302 62984 67204 69019 69961

11,4%
65 ans ou + 26,2%
4,8%

60-64 ans
5,7%

53,7% 20-59 ans


43,2%

30,1%

0-19 ans 21,9%

154

1950http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1089
1990 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 20
Les trois fragilités des PR (suite)

3. La capitalisation
- Chaque actif finance individuellement sa retraite

MAIS :
- La rentabilité ne peut être durablement supérieure à la croissance
(instabilité inhérente aux marchés financiers)
- Le problème démographique n’est pas résolu
(liquidation des titres par la génération du baby boom)
- L’équité n’est pas au rendez-vous
(« à chacun selon sa capacité d’épargne »)
- La solidarité intergénérationnelle disparaît
(ce ne sont plus les actifs d’aujourd’hui qui financent les retraites d’aujourd'hui)
- Une rupture implicite du pacte social
(opposition nouvelle entre les retraités qui désirent des taux de profit et d’intérêt
élevés et les actifs qui désirent des taux d’intérêt faibles et des salaires élevés)
Les allocations familiales

Le quotient familial (QF) Avec : 


R: revenu net fiscal
QF = R / N N : nombre de parts 
Célibataire-divorcé-veuf (seul) : N=1
Exemple fictif : Couple marié : N=2
ménage avec 2 enfants de – de 18 ans Célibataire-divorcé seul (1 enfant) N=2
Traitements, salaires, prime pour l’emploi du Père : 34266 € Marié-veuf seul  (1 enfant) : N=2,5
Traitements, salaires, prime pour l’emploi de la Mère : 69252 € Célibataire-divorcé seul (2 enfants) N=2,5
Marié-veuf seul  (2 enfants) : N=3
A partir du 3ème  enfant = + 1 part par enfant
Salaires du ménage : 34266 + 69252 = 103518 €
Déduction 10 % (ou frais réels) : 103518 . 10% = 10352 €
Revenu net fiscal du ménage : 103518 – 10352 = 93166 €
QF = 93 166 / 3 = 31 055 € Impôts du ménage avec enfants :
Pour info (93166 . 0,30) – (5240,12 . 3) = 12 229 €
Impôts du ménage sans enfants :
Si QF… (93166 . 0,40) – (5240,12 . 2) = 26 786 €
N’excède pas 5614 € impôt = 0
[5614-11198€] impôt = (R x 0,055) – (308,77 € x N) QF = 93 166 / 2 = 46 583 €
[11199- 24872€] impôt = (R x 0,14) – (1260,60 € x N)
[24873-66679€] impôt = (R x 0,30) – (5240,12 € x N)
Est supérieur à 66679 € impôt = (R x 0,40) – (11908,02 € x N)
Les allocations familiales (2)

Les prestations sociales versées par les CAF


Versées mensuellement, à partir du 2ème enfant (résidant en France),
à toute personne résidant en France.
Rq. Les personnes SDF peuvent bénéficier des allocations familiales à conditions d’être domiciliées dans un
organisme agréé d’action sociale (association humanitaire, centre d’accueil ou d’hébergement, etc.)

Un enfant cesse d’être à charge


- s’il bénéficie d’un revenu professionnel supérieur à 55% du SMIC
mensuel (base 169h), soit 784,7 EUR (en 2008)
- s’il a au-delà de 20 ans

Les allocations familiales

Montants nets en 2008 : 120,32 EUR (2 enfants) ; 274,47 EUR (3 enfants) ; 428,61
EUR (4 enfants) ; + 154,15 EUR (par enfant supplémentaire)
Les majorations

Montants nets en 2008 : +33,84 EUR (par enfant âgé de 11 à 16 ans)


+ 60,16 EUR (par enfant de plus de 16 ans)
Les allocations familiales (3)

Les prestations accueil jeune enfant (PAJE) – enfant moins de 3 ans

Montants nets en 2008 : 536,03 EUR (personne sans emploi) ; 407,60 EUR (temps
partiel) ; 308,23 EUR (temps de travail de 50% à 80%) ; 0,00 EUR (temps complet)
Les allocations de rentrée scolaire – enfant scolarisé de 6 à 18 ans

Plafond de ressources (2008) : 21 991 EUR (pour un enfant)


27 066 EUR (pour deux enfants)
32 141 EUR (pour trois enfants)
Montant net en 2008 : 272,57 EUR (par enfant âgé de 11 à 16 ans)
Les allocations de parent isolé (API)
conditions (2008) : - avoir au moins un enfant et être célibataire, veuf(ve),
divorcé(e), séparé(e), abandonné(e).
- être seule et enceinte (examen médical obligatoire)
- même plafond de ressource que ci-dessus
Montant net en 2008 : 566,79 EUR (pour une femme enceinte)
755,72 EUR (1 enfant à charge)
+ 188,93 EUR par enfant supplémentaire)
Les minima sociaux

Le revenu minimum d’insertion (RMI)


Créé par la loi du 1er décembre 1988 – 1 229 754 bénéficiaires en 2007
Géré par les conseils généraux et versé par les CAF ou la MSA
(mutualité sociale agricole)
Objectif : lutter contre la pauvreté et l’exclusion
Droits : à la protection sociale, au cumul pendant 3 mois en cas de
reprise d’emploi (RSA-revenu de solidarité active depuis 2007)
Montants (2008) :
Nombre d'enfant(s) personne seule couple
0 447,91 € 671,87 €
1 671,87 € 806,24 €
2 806,24 € 940,61 €
par enfant en plus 179,16 € 179,16 €

http : www.caf.fr (07/03/2008)


Les minima sociaux

Le revenu de solidarité active (RSA)


Loi n°2008-1249 du 1er décembre 2008, entrée en vigueur le 1er juin 2009
Vise à remplacer le RMI et l’API et se substitue à certains dispositifs
d’aide de retour à l’emploi (Prime de retour à l’emploi – PRE et Prime
pour l’emploi – PPE)
Objectifs : - Inciter au travail par une aide accordée aux travailleurs pauvres
- Eviter que la reprise de l’activité se traduise par une perte de
revenu pour les bénéficiaires des minimas sociaux

Fonctionnement : toutes les personnes touchants des faibles revenus


bénéficient du RSA comme complément de revenu, dégressif au fur et à
mesure que ses revenus du travail augmentent. Les actifs sans emplois,
touchent 100% du RSA.

RSA = RMI + cumul sans limite de temps d’une partie des aides
Quelques exemples de RSA pour 2009 :

Source : http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/solidarite_911/un_engagement_national_pauvrete_1175/revenu_
solidarite_active_1173/un_livre_vert_pour_59418.html (consultation du 25/02/2009)
Le revenu de solidarité active (RSA)
Limites :
- Batailles des chiffres :
T. Piketty : RSA > RMI ; gain évalué à +50€/mois
P. Concialdi : RSA < RMI ; perte variable selon la situation
Denis & L’Horty ; RSA > RMI ; retour à l’emploi facilité
J. Gadrey ; RSA < RMI
- montants insuffisants pour endiguer le phénomène des « travailleurs pauvres »
- Pas d’accompagnement social comme dans le cas du RMI qui avait une
conception multidimensionnelle de l’insertion sociale en offrant des droits
supplémentaires aux bénéficiaires (emploi, santé, logement, transport)
- Effet désincitatif déplacé au passage à mi-temps (RSA « fort ») à un temps
plein (RSA faible)
- Effet d’aubaine pour les employeurs car le RSA encourage à multiplier les
emplois précaires sans augmenter les salaires (Jacky Fayolle)
- Le « travailleur pauvre assisté » : brouille les statuts entre emploi et assistance :
on va pouvoir être à la fois un peu travailleur et un peu assisté. Durée indéterminée
du cumul.
- Durée indéterminée du cumul : quels droits pour la retraite ?
Montants du Smic, des minima sociaux et du seuil de pauvreté (au 1er janvier 2006)
1217,88 € Smic à temps plein (35 heures hebdomadaires)
1 084,5 € Seuil de pauvreté mensuel (couple avec 1 enfant)
1084,13 € Allocation de parent isolé (3 enfants)
1063,5 € RMI (couple avec 3 enfants)
963 € Seuil de pauvreté mensuel (famille monoparentale avec 2 enfants)
935,88 € RMI (famille monoparentale avec 3 enfants)
919 € Allocation équivalent retraite (AER)
903,44 € Allocation de parent isolé (2 enfants)
893,34 € RMI (couple avec 2 enfants)
765,72 € RMI (couple avec 1 enfant ou famille monoparentale avec 2 enfants)
722,75 € Allocation de parent isolé (1 enfant)
638,1 € RMI (couple sans enfant ou famille monoparentale avec 1 enfant)
608,94 € Smic à mi-temps
602 € Seuil de pauvreté mensuel (personne seule)
599,5 € Allocation aux adultes handicapés (AAH)
599,5 € Allocation supplémentaire d’invalidité
599,5 € Allocation supplémentaire vieillesse (personne seule)
542,06 € Allocation de parent isolé (femme enceinte)
529,84 € Allocation veuvage
425,83 € Allocation spécifique de solidarité (ASS)
425,4 € RMI (personne seule)
299,9 € Allocation d’insertion (AI)
Assen SLIM, L’économie, 2006
CONCLUSION

Un système de redistribution trop couteux ?


Coût de la sécurité sociale sur les salaires

Coût total mensuel pour l'employeur

Salaire net mensuel touché par le salarié (après CSG et 12155


CRDS)
Cotisations Sécurité sociale (sans assurance santé
complémentaire)
Remboursement annuel moyen
8427

6245

4183
3728
3267

2039 2500
1662 2062
1053
1228
609

Salarié au SMIC Salarié payé 2 fois le Salarié payé 4 fois le Salarié payé 8 fois le Salarié moyen
SMIC SMIC SMIC

Source : Valeurs actuelles, 14 décembre 2007


Structure des prélèvements obligatoires (PO) en 2002
Pays Total en % du PIB Dont prélèvements Dont impôts sur revenus
sociaux et bénéfices
Suède 50,2 15,1 17,7
Danemark 48,9 1,7 28,9
Belgique 46,4 14,7 18,3
France 44,0 16,3 10,5
Italie 42,6 12,5 13,8
Luxembourg 41,8 11,2 15,3
Pays-Bas 39,2 13,9 10,6
Allemagne 36,0 14,5 10,1
Espagne 35,6 12,6 10,4
Grèce 35,9 11,8 8,9
Royaume-Uni 35,8 6,1 13,5
Portugal 33,9 9,2 9,4
Irlande 28,4 4,3 11,1
Etats-Unis
48 % 26,4 6,9 11,18
Japon 25,8 9,9 7,9
Moyenne UE 15 40,6 11,4 14,0
Moyenne OCDE 36,3 9,3 12,9
Source : OCDE, Statistiques des recettes publiques, 2002
CONCLUSION

Un système contre-productif ?
La courbe de Arthur Laffer
Recettes fiscales

Optimum fiscal
Moins de 30 % (libéraux)
45 % (A. Fourçans)
R2 75 % (M. Fleurbaey)
80 à 90 % (T. Piketty)

R1 et R3

Taux
d’imposition
0 T1 T2 T3 100 %
Source : Assen SLIM, L’économie, 2006.
CONCLUSION

Un monopole illégal ?
Une volonté de sortir du système plus le salaire est élevé…

Claude Reichman Cédric Chevalier

Laure Allibert

http://www.claudereichman.com/

Edouard Fillias
Acte unique européen (1992)

Le marché commun est basé sur « la libre circulation des biens et des personnes »

Deux directives européennes (n°92/49/CEE et n°92/96 CEE)

L’abolition des frontières extérieures « implique l’accès à l’ensemble des activités


d’assurance […] dans toute la Communauté » et qu’ « à cet effet, il est nécessaire
de supprimer tout monopole » afin «de permettre à tous les preneurs d’assurance
[…] de faire appel à tout annonceur ayant son siège social dans la Communauté »

Trois lois (n°94-5, n°94-678 et n°2001-624)

Ouverture de l’activité d’assurance à la concurrence européenne

Source : OCDE, Statistiques des recettes publiques, 2002


« La fin matérielle de toute activité
humaine est la consommation »
William Beveridge, Full Employment in a free society, 1944.
Introduction :
la consommation selon les sociologues…

La culture

La culture, au sens sociologique du terme, est l’ensemble


des valeurs, des normes et comportements qui sont partagés
par une société et transmis à ses membres par la socialisation.

« Ensemble des formes acquises de comportement,
dans les sociétés humaines » 
(Le Robert, 1994)

173
La consommation en sociologie

La classe sociale ???


* Pour Karl Marx (1818-1883),
- la bourgeoisie (propriétaire des moyens de production)
- la classe ouvrière (prolétariat qui loue sa force de travail)

* Pour Max Weber (1864-1920)


« des chances égales d’accès aux biens et
à certaines conditions de vie matérielles »

* Pour Lloyd Warner :


- upper-upper class, lower-upper class, upper-middle class,
- lower-middle class, upper-lower class

* Enfin, en France, l’INSEE utilise la nomenclature des CSP. 174


La consommation en sociologie

L’appartenance à un groupe
☞ Un groupe peut être constitué par des individus appartenant
à différentes classes sociales.

☞ l’individu a une attitude de consommation qui peut être


plus ou moins influencée par son groupe de référence.

☞ Par ailleurs, des groupes à niveaux de vie similaires


peuvent se distinguer radicalement dans leurs modes de vie.

. Enquête de la Revue « entreprise », n° 149, février 1998


 
Qu’est-ce qui pousse les jeunes (15-25 ans) à l’achat ?
 
1.  Le prix (85 %), les garanties écologiques (60 %),  Made in France (58 %),175
cause humanitaire (56 %), innovation ( 44 %), design attirant (33 %)
Le comportement du consommateur

Le principe de la rationalité pure et parfaite

Chaque individu est capable, de manière innée, de classer


ses besoins en un ensemble de préférences hiérarchisées.

> > > >


176
Le comportement du consommateur

Le principe de l’homo œconomicus


✦ Ce principe est basé sur le précédent et consiste à dire que
chaque individu rationnel cherche la plus grande satisfaction
individuelle (utilité maximale) compte tenu du revenu limité dont
il dispose et du prix des biens.

✦ L’optimum de l’individu est atteint


lorsque le revenu est utilisé pour
acquérir un panier de biens et services
procurant le niveau de satisfaction
le plus élevé. Le revenu non consommé
est épargné.

177
La courbe de demande du consommateur

Pour les néoclassiques,


seuls les prix agissent sur la demande

.
courbe de demande

178
L’élasticité prix de la demande

Ep/d = Variation de la demande/Variation du prix


= [ (Dt+1 – Dt) /Dt ] / [ (Pt+1 – Pt) /Pt ]
avec dD = (Dt+1 -Dt) = (dD/Dt)/ (dP/Pt) = (dD/Dt) . (Pt/dP)
dP = (Pt+1 -Pt)
= (dD/dP) . (Pt/Dt)
Ep/d varie normalement de ]- ∞ ; 0]
Exemple : si Ep/d  = - 3 alors une hausse de 1 % des prix entraine une baisse de 3 % de la consommation

courbe de demande
Ep/d = 0

179
Les exceptions ( Ep/d > 0 )

Toutefois, une variation du prix n’aura pas le même impact


sur la demande pour tous les biens…

Le cas des biens de luxe : l’effet Veblen

Le cas des biens de première nécessité : l’effet Giffen

180
L’élasticité prix croisée de la demande

Epi/dk = Variation de la demande du bien i     /


Variation du prix du bien k
Epi/dk varie normalement de ]- ∞ ; + ∞[

Le cas des biens substituables Epi/dk varie entre ]0; + ∞[


L’augmentation du prix des places de cinéma entraine une hausse de la
demande de lecteurs DVD

Le cas des biens indépendants Epi/dk = 0


La variation du prix d’un bien est sans conséquence sur la variation de
la demande de l’autre
Le cas des biens complémentaires Epi/dk varie entre ]- ∞ ; 0[
La baisse du prix des lecteurs DVD entraîne une hausse de la demande
de DVD
181
L’élasticité revenu de la demande

Ey/d = Variation de la demande/Variation du revenu


= [ (Dt+1 – Dt) /Dt ] / [ (Yt+1 – Yt) /Yt ]
= (dD/Dt)/ (dY/Yt)
avec dD = (Dt+1 -Dt)
= (dD/dY) . (Yt/Dt) dY = (Yt+1 -Yt)
Ey/d varie normalement de ]- ∞ ; + ∞[

Le cas des biens inférieurs Ey/d varie entre ]- ∞ ; 0[


Faible qualité

Le cas des biens normaux Ey/d varie entre [0 ; 1]


Biens nécessaires : nourriture dans son ensemble

Le cas des biens supérieurs Ey/d varie entre ]1; + ∞[


182
Biens culturels par exemple
Le consommateur « roi » du marché ?

Oui, en théorie…
Le consommateur a des BESOINS

Le consommateur est PARFAITEMENT INFORME

Le consommateur est PARFAITEMENT RATIONNEL

« Chaque consommateur est un électeur qui


décide par son vote que telle chose sera
faite parce qu’il veut qu’elle soit faite »
(P. A. Samuelson, Economics, 1957)

183
Non dans la pratique…
Côté CONSOMMATEUR :
Pas d’information parfaite
Pas de rationalité parfaite
Côté ENTREPRISE :
Pas de concurrence pure et parfaite (monopole, oligopole)
La « filière inversée »
« Loin de se soumettre docilement et placidement
aux lois du marché, comme le veut la thèse
néoclassique, ces entreprises fixent les prix et
font tout ce qu’elles peuvent pour assujettir le
consommateur à leurs besoins »
(J. K. Galbraith, Le nouvel Etat industriel, 1967)

184
STANDARDISATIO MARKETING
N
Non dans la pratique (suite)…
STANDARDISATION :
Mise en place de normes et standards permettant de produire à grande échelle

Recherche d’ECONOMIES D’ECHELLE (fordisme)


DIFFERIENCIATION ILLUSOIRE des produits (post-fordisme)

« Si j’avais écouté mes consommateurs, je


leur aurais donné un cheval plus rapide ! »
(Henry Ford, cité par Les Echos du
20/11/2003)

185
Non dans la pratique (suite)…

MARKETING :
Outil d’observation des comportements des consommateurs afin de mieux
répondre à leurs attentes
- Le CRM (Customer Relationship Management) :
« Tracking »
Méga bases de données
- Le SCP (Segmentation, Ciblage, Positionnement) :
« Customization » dans des « trappes à séduction »
« Marketing de masse individualisé »
- Internet « Suivi par mots clés », « publicité personnalisée »

- La publicité :

Créer le désir, la frustration, le manque
« Merchandising » (relances téléphoniques, promo flash, ventes forcées)
186
CONCLUSION
L’Offre, une notion trop englobante :
La montée en puissance des distributeurs, fournisseurs d’accès et autres
intermédiaires
La Demande, une notion en mutation :
L’émergence des pratiques d’achats collectifs
Les associations de défense des consommateurs
Le Marketing n’est pas coupable :
Le marketing ne « fabrique » pas le besoin
Le marketing « marchandise » les besoins

« Le client est peut-être roi, mai il est nu »


(R. Auckenthaler, Le Marketing, 2004)

187
L’importance du revenu dans
la consommation

« La loi psychologique fondamentale sur


laquelle nous pouvons nous appuyer en toute
sécurité, à la fois a priori en raison de notre
connaissance de la nature humaine et a posteriori 
en raison des renseignements détaillés de
l’expérience, c’est qu’en moyenne et la plupart du
temps, les hommes tendent à accroître leur
consommation à mesure que le revenu croît,
mais non d’une quantité aussi grande que
l’accroissement du revenu »

John Maynard KEYNES, La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et 


de la monnaie, chap. VIII. 1936.
188
Macroéconomie de la consommation

On s’intéresse ici à la consommation agrégée des ménages
Les variables sont reliées entre elles par des fonctions

A quoi ça sert ?

Mesurer l’influence du revenu national sur


la consommation nationale

Montrer que le revenu se partage en consommation


et épargne

Expliquer comment les ménages dépensent leur revenu

189
La propension à consommer

La propension moyenne à consommer (PMC)


Part du revenu qui sera affecté à la dépense de consommation.
Le reste correspond à l’épargne, partie non consommée du
revenu
Avec C : consommation globale
PMC = C / Y Y : revenu global

Exemple :
Si PMC = 0,80 80 % du revenu est consommé
Sachant que Y = C + S 20 % du revenu est épargné
D’où PME = S/Y = 0,20
190
La propension à consommer

La propension marginale à consommer (pmc)


Part de l’accroissement du revenu (d Y) consacré à l’augmentation 
de la consommation (d C)

pmc = dC / dY Avec dC : Ct+1 -Ct


1400
dY : Yt+1 -Yt PMCt+1 =
Exemple : 1700
Si C passe de 1300 à 1400 Alors dC = 100
= 0,82
Si Y passe de 1500 à 1700 Alors dY = 200 1300
PMCt =
D’où
1500
1400 – 1300 100
pmc = = = 0,5 = 0,86
1700 – 1500 200
(1700 – 1500) – (1400 – 1300) 100
pme = = = 0,5 191
1700 – 1500 200
Exercice
Calculer les PMC, pmc, PME, pme pour la France de 2000 à 2006
Milliards d’euros 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
PIB (approche revenus) 1441 1497 1549 1595 1660 1718 1792

Dépenses de consommation finale 1133 1179 1228 1278 1334 1386 1440

Source : INSEE
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Propension moyenne à … … … … … … …
consommer
Propension marginale à consommer - … … … … … …

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006


Propension moyenne à épargner … … … … … … …

Propension marginale à épargner - … … … … … …

192
La fonction de consommation en macroéconomie

L’approche keynésienne
La fonction de consommation exprime la relation entre la
consommation (C) et le revenu (Y)

PROBLEMATIQUE DE KEYNES :
Lorsque Y augmente, la PMC reste-t-elle constante ? 

« les hommes tendent à accroître leur consommation à


mesure que le revenu croît, mais non d’une quantité aussi
grande que l’accroissement du revenu »
Théorie générale 1936.

La pmc serait toujours positive est inférieure à 1 193

La PMC serait décroissante (saturation des besoins)


La fonction de consommation
en macroéconomie
Représentation graphique de la fonction de consommation
La droite qui représente la fonction de consommation est :
C = c Y + C0 Avec C : consommation ;
c :propension marginale à consommer (pmc)
Y : Revenu
C0 : consommation incompressible (montant
de consommation indépendante du revenu ;
si Y = 0 alors C = C0

C2 C0
Y +
C1 C =c
C0 C2 – C1 < Y2 – Y1

194
Y1 Y2
La fonction de consommation keynésienne fait apparaître :

C = c Y + C0

Que la PMC décroît lorsque Y augmente et qu’elle tend


progressivement vers la pmc
C2 – C1 < Y2 – Y1

Que l’épargne (PME) est une fonction croissante de Y


Si Y = 0 alors S = – C0
Y = C+S (il y a désépargne)
Si Y = C0 / (1 – c) alors S = 0
S = Y–C S ((C0 / (1 – c )) (1 – c) – C0
=
S = Y – (c Y + C0) S = C0 (1 – c) / (1 – c ) – C0
S = (C0 – C0) = 0
S = Y – c Y – C0 Si Y > C0 / (1 – c) alors S > 0
195
S = Y (1 – c) – C0 (il y a épargne)
Les tentatives de vérification empirique de
la fonction de consommation keynésienne
A court terme (CT)
Plusieurs travaux empiriques ont confirmé qu’à CT la fonction de
consommation keynésienne était vérifiée (PMC diminue lorsque Y augmente)
A long terme (LT)
Kuznets (1946) étudie statistiquement a relation entre C
et Y disponible des ménagesUS de 1869 à 1938
Les observations montrent que la PMC est constante à LT

A LT, la fonction de consommation selon Kuznets est de type : C = c Y

Toute augmentation de Y se traduit par une hausse équivalente de C


Explication de Kuznets :
Cela ne veut pas dire que les ménages ont plus de besoins lorsque Y 
augmente, mais qu’ils consomment des biens et services de qualité 
supérieure
Evolution de la PMC en France de 1959 à 1987
Les explications postkeynésiennes

Thomas M. Brown « Habit persistance and lags in consumer behaviour », 


Econometrica, 1952

Il existe un effet cliquet ou effet de crémaillère :


Si les revenus baissent à un moment donné, les ménages ne diminuent
pas leur niveau de consommation car la consommation dépend à CT :
- du revenu courant
- des revenus perçus dans le passé

Il y a une inertie des comportements de consommation

La consommation est influencée avec retard par le revenu

Ct = c Yt + a Yt-1 + C0
Avec 0 < c < 1 et 0 < a < 1
James S. Duesenberry « Income, Saving And The Theory of Consumer Behavior », 
Cambridge MA : Harvard University Press, 1949

Il existe un revenu relatif qui détermine la consommation :

La consommation d’un individu est fonction :

- du revenu courant
- du revenu relatif (position du revenu d’un individu sur l’échelle des revenus)
J. Duesenberry distingue deux effets :

L’effet d’imitation
Les habitudes de consommation d’un ménage sont influencées par
celles de son groupe de référence (il y a une émulation)
L’effet de démonstration
Les habitudes de consommation sont influencées par celles des
ménages des catégories sociales supérieures

En France, P. Bourdieu (La Distinction, 1979) reprendra ces effets
A. Ando et F. Modigliani « The life cycle hypothesis of saving », American Economic 
Review, 1963

Il existe un cycle de vie en fonction duquel les


ménages consomment et épargnent

Les individus souhaiteraient « lisser » leur consommation sur l’ensemble


de leur vie alors même que leurs revenus diffèrent selon les périodes

Ils vont emprunter (1), rembourser (2), épargner (3), désépargner (4)

Conclusion des auteurs :

Les dépenses de consommation ne sont donc pas dépendantes du


revenu actuel du ménage, mais doivent rester relativement stable dans
le temps
Les critiques à l’encontre de la théorie du cycle de vie
Entrée Départ à
Entrée dans la vie la retraite
dans la vie professionnelle
professionnelle Départ à
la retraite E Maturité
R
R, C
(3) (4)
C
(2)

(1)
(3) (4) E
0
temps
0 (1) (2) temps

Les individus empruntent dans leur jeunesse (1), c’est oublier que les banques peuvent
refuser de prêter (la consommation devient alors fonction du Y courant : cadre keynésien !!)
Les individus dilapident leur épargne (4), c’est oublier qu’ils peuvent souhaiter transmettre
un héritage à leurs enfants.
Les individus connaissent a priori leurs revenus futurs et leur durée de vie, c’est oublier
l’incertitude d’où la constitution d’une épargne de précaution
Les individus épargnent (3) car ils anticipent la disparition de leurs revenus à la retraite,
c’est oublier l’existence de régimes obligatoires de retraites dans de nombreux pays
201
Source : Ando, Modigliani, « The life cycle hypothesis of saving », American Economic Review, 1963.
M. Friedman A theory  of the consumption function, Princeton University Press, 1957

Il existe un revenu permanent :


La consommation d’un ménage ne dépend pas de son revenu courant mais
de son revenu permanent
Le revenu permanent est le revenu dont le ménage peut disposer sans
entamer son patrimoine (revenu futur du travail et du patrimoine anticipé
par le ménage) Y = YP + YT
En cas de variation du revenu courant (« YT : revenu transitoire »)
- Les ménages continuent de consommer comme s’il percevaient un
revenu permanent stable (« Yp »)
- Les ménages modifient leur comportement dès qu’ils estiment que la
modification de YT est durable et affecte Yp 

A LT, la fonction de consommation permanente est :


α dépend du taux d’intérêt, de l’âge, du goût du
CP = α Y P consommateur, de son niveau d’étude, de ses
Avec 0 < α < 1 compétences professionnelles, etc.
CP est une consommation inter-temporelle optimale
M. Friedman

Problèmes :
Comment anticiper les revenus futurs (salaires, revenus du patrimoine)
pour calculer Yp ? (hyp. d’information parfaite qui permet d’emprunter ou de prêter)
Quel taux d’inflation choisir pour le calcul de Yp ? (hyp. de marchés complets :
prix des biens connus sur les marchés présents mais aussi futurs)
Quel horizon temporel (durée de vie) retenir ?

M. Friedman corrige alors sa définition de YP :


Le revenu permanent (YP) est calculé à partir des revenus passés (et
non futurs) et des revenus actuels

203
Arthur C. Pigou et John R. Hicks

L’évolution du niveau général des prix peut également avoir un impact


sur les comportements de consommation des ménages
Deux analyses contradictoires s’opposent :
L’effet d’encaisses réelles (A. C. Pigou)
Il existe une relation entre « la valeur réelle des encaisses
monétaires » (pouvoir d’achat) d’un ménage et sa consommation
L’inflation provoque une baisse du pouvoir d’achat ce qui amène
le ménage à réduire sa consommation (et inversement)
L’effet d’anticipation (J. R. Hicks)
Lorsque les ménages « anticipent » une forte inflation, ils sont
tentés de précipiter leurs achats… ce qui stimulera d’autant
l’inflation
Lorsque les ménages anticipent un ralentissement de l’inflation,
ils ont tendance à retarder leurs achats… ce qui favorisera la
204
désinflation attendue
Conclusion sur la consommation

L’importance du revenu…
La fonction de consommation est liée au revenu

… mais aussi d’autres facteurs


Facteurs sociaux, psychologiques

Durée de la période considérée (CT et LT)

205
L’épargne des ménages

Définition de l’épargne (S)


L’épargne est la part du revenu qui n’est pas consommée
Les formes de l’épargne
L’épargne est constituée de :
L’épargne « thésaurisée » (réserve de sécurité ; argent
« stérile » pour l’économie)

L’épargne « patrimoniale » (épargne créatrice ; logement,


placements, autres investissements des ménages)

L’épargne « forcée » (imposée par l’Etat avec les impôts et


cotisations, par l’entreprise pour l’autofinancement, par
l’évolution de l’économie avec l’inflation ou la pénurie)
206
L’épargne dans la théorie économique

L’approche classique et néoclassique


L’épargne est un moyen de différer la consommation dans le
temps. L’individu renonce à une consommation présente en
échange d’une consommation future
L’approche keynésienne
Les ménages détiennent de l’épargne liquide pour 3 raisons :
Motif de transaction : possibilité pour les ménages de régler les
dépenses courantes (dépenses de consommation, impôts, etc.)

Motif de spéculation : possibilité de saisir toutes les opportunités


de placement afin de réaliser des gains

Motif de précaution : possibilité de pouvoir faire face à des


dépenses imprévues ou prévues dans le long terme (études des
enfants, financement de la retraite) 207
L’épargne en France

Indicateurs d’épargne des ménages


Le taux d’épargne des ménages est représenté par le rapport
entre l’épargne brute et le revenu disponible brut (c’est-à-dire net
d’impôt, de primes d’assurances et d’intérêt sur les emprunts)
S / Y disp
L’épargne financière correspond à l’acquisition de monnaie et de
produits financiers (liquidités, placements en titres, produits d’épargne
contractuelle) par les ménages à partir de leurs revenus

L’épargne non financière est la partie du revenu qui permet de


financer les investissements en logement (elle est la seule à être
compter dans la FBCF par la CN)
Taux d’épargne financière correspond au rapport entre l’épargne
financière et le revenu disponible brut S fin / Y disp
Taux d’investissement immobilier est le rapport entre la FBCF
des ménages et le revenu disponible brut FBCF ménages / Y disp 208
L’épargne en France : évolution et structure

209
Financiarisation de l’épargne en France

 La financiarisation de l’épargne en France

Source: Alter Eco 210
Que remarquez-vous ?

211
Source: INSEE, comptes nationaux annuels
« Une nation qui ne peut pas tenir debout sans
l’Etat n’est pas encore une nation civilisée »
Arthur Schopenhauer

« Plus la société se civilise, plus l’Etat devient


dispendieux »
Adolph Wagner

212
A quoi sert l’Etat ?
Deux conceptions s’opposent :
La conception libérale
L’Etat-vampire :
C’est un « instrument illégitime de limitation des libertés individuelles »
(P. Salin, 2003)
L’Etat-gendarme : 
Il doit assurer le bon fonctionnement du marché (défense
nationale, affaires étrangères, police, justice, administration)

Les monopoles naturels de l’Etat : 
Il doit prendre en charge les activités non profitables
(infrastructures publiques, éducation, chemin de fer)

« Loi » de Wagner :
L’Etat doit prendre en charge de plus en plus d’activités
nouvelles pour satisfaire l’intérêt collectif 213
La conception interventionniste

L’Etat fournit les services publics
« L’Etat n’est pas là pour faire mieux ou moins bien que le marché.
L’Etat est là pour faire ce que le marché ne fait pas » (J. M. Keynes)
Il prend en charge la satisfaction de besoins collectifs indivisibles
nécessaires au bon fonctionnement de l’économie
L’Etat corrige les externalités négatives
Il est chargé d’internaliser les effets externes dommageables pour
l’activité économique (taxes, principe pollueur-payeur, réglementations
sanitaires, phytosanitaires, environnementales, etc.)
L’Etat est responsable de la politique économique du pays
L’Etat influence l’activité économique dans le sens de l’intérêt général

La politique structurelle La politique macroéconomique


- privatisation, nationalisation - politique budgétaire
214
- Grands chantiers (TGV, autoroutes) - politique monétaire
Les fonctions actuelles de l’Etat
Types de fonctionsPour remédier aux dysfonctionnement des marchés Pour assurer l’équité
sociale
Fonctions Fournir des biens publics pour : Protéger les plus
minimales La défense, la protection de la propriété, la stabilité démunis : programmes de
macroéconomique, la santé publique lutte contre la pauvreté,
secours aux sinistrés
Fonctions Tenir compte Réglementer les Combler les Fournir une assurance
intermédiaires des externalités : monopoles : lacunes de sociale :
Protection de Politique antitrust, l’information : Retraites par redistribution,
l’environnement réglementation protection du allocations diverses,
des services consommateur, assurance chômage.
d’intérêt public assurance (santé,
vie, retraite),
réglementations
financières

Fonctions de type Coordonner les activités du secteur privé : Assurer une


interventionniste Politique structurelle (privatisation, nationalisation, redistribution :
grands chantiers) redistribution des revenus
Politique macroéconomique budgétaire et monétaire (correction des inégalités
issues du marché)215
Les objectifs de la politique macroéconomique
Le fameux « carré magique » de Kaldor…
2007 : (1) (2) (3) (4)
Solde BTC
France : 1,5 -39 1,9 7,8
USA : 2,9 -784 1,9 5,0
- 0 Japon : 0,1 +195 2,0 3,7
% milliards € % %
Taux Taux de croissance
0 0 du PIB
d’inflation

- 0
Taux de chômage

- incompatibilité entre certains objectifs
216
- suppose l’existence de mécanismes de transmission
http://cepa.newschool.edu/het/profiles/image/kaldor.jpg (28.11.06)
La politique budgétaire

Les arguments keynésiens


La « main invisible » l’Etat
Selon Keynes, la main invisible du marché est défaillante :
Il peut exister un équilibre de « sous-emploi »

L’intervention de l’Etat est alors nécessaire pour « relancer » l’activité

Les hypothèses de la « relance » keynésienne (politique d’expansion)
Hyp : Les capacités de production sont sous-utilisées
(sinon la relance partira en inflation)
Hyp : Le taux d’intérêt est constant (pas d’effet d’éviction)
Hyp : Les prix sont rigides (raisonnement en courte période)

C’est une politique contra-cyclique:


relancer l’activité par le budget en période de sous-emploi
Freiner l’activité en réduisant les dépenses en période de surchauffe217
La politique budgétaire

Les arguments keynésiens


La « main invisible » l’Etat
Selon Keynes, la main invisible du marché est défaillante :
Il peut exister un équilibre de « sous-emploi »

L’intervention de l’Etat est alors nécessaire pour « relancer » l’activité

Les hypothèses de la « relance » keynésienne (politique d’expansion)
Hyp : Les capacités de production sont sous-utilisées
(sinon la relance partira en inflation)
Hyp : Le taux d’intérêt est constant (pas d’effet d’éviction)
Hyp : Les prix sont rigides (raisonnement en courte période)

C’est une politique contra-cyclique:


relancer l’activité par le budget en période de sous-emploi
Freiner l’activité en réduisant les dépenses en période de surchauffe218
Les mécanismes à l’œuvre

Le rôle centrale de la « demande effective »
Les 6 étapes de la relance keynésienne
3- Les débouchés des
entreprises augmentent

2- relance de la demande
Effective (C, FBCF, G) 4- Les entreprises
investissement (FBCF privée)

1- « demande anticipée
déprimée »
5- Les capacités de production
non utilisées sont sollicitées
6- Amélioration de la
demande anticipée
219
« Le multiplicateur keynésien »

Le multiplicateur mesure l’ampleur de la variation de la production suite 
à une variation soit des investissements, soit des dépenses publiques, 
soit des impôts.

Il existe donc trois familles de multiplicateurs

Le multiplicateur d’investissement
Le multiplicateur de dépenses publiques
Le multiplicateur fiscal

En économie fermée En économie ouverte

Y=C+I+G Y = C + I + G +X - M
220
multiplicateurs keynésiens
en économie fermée (1)

Le multiplicateur d’investissement

Y=C+I+G
D’où, Avec C = cY + C0 avec 0<c<1
G = G0
Y = C0 + cY + I + G0
Avec dY = Yt+1 - Yt
Y - C0 - cY - G0 = I
dI = It+1 – It
Y (1 – c) - C0 - G0 = I dC0 = C0t+1 – C0t
dG0 = G0t+1 – G0t
dY (1 – c) - dC0 - dG0 = dI
Le multiplicateur est : 1/(1-c)
Si c = 0,8 et dI = 25 millions €
dY = dI / (1-c) Alors dY = 25/(1-0,8) = 125 millions €

Plus la pmc tend vers 1, plus le multiplicateur est élevé 221


multiplicateurs keynésiens
en économie fermée (2)

Le multiplicateur de dépenses publiques
Y=C+I+G
D’où,
Avec C = cY + C0 avec 0<c<1
Y = C0 + cY + I0 + G I = I0
Y - C0 - cY - I0 = G Avec dY = Yt+1 - Yt
dG = Gt+1 – Gt
Y (1 – c) - C0 - I0 = G
dC0 = C0t+1 – C0t
dY (1 – c) - dC0 - dI0 = dG dI0 = I0t+1 – I0t
Le multiplicateur est : 1/(1-c)
Si c = 0,8 et dG = 25 millions €
dY = dG / (1-c) Alors dY = 25/(1-0,8) = 125 millions €

En économie fermée le multiplicateur des dépenses 222

publiques est égal au multiplicateur d’investissement


multiplicateurs keynésiens
en économie fermée (3)
Le multiplicateur fiscal
Y=C+I+G Avec C = c(Y – T) + C0
D’où, avec 0<c<1 et T : impôts
Y = C0 + c(Y – T) + I0 + G0 G = G0
I = I0
Y - C0 - cY - G0 – I0 = - cT Avec dY = Yt+1 - Yt
dI0 = I0t+1 – I0t
Y (1 – c) - C0 - G0 – I0 = -cT
dC0 = C0t+1 – C0t
dY (1 – c) - dC0 - dG0 – dI0 = -cdT dG0 = G0t+1 – G0t
Le multiplicateur est : -c/(1-c)
Si c = 0,8 et dT = - 25 millions €
dY = -cdT / (1-c) Alors dY = (-0,8) . (-25)/(1-0,8)
= 100 millions €
Plus les impôts baissent plus la production augmente
Il est moins efficace de relancer l’activité en baissant les impôts, plutôt223
qu’en augmentant l’investissement ou les dépenses publiques
Baisse T = hausse Y = hausse C (pmc) et hausse E (pme) d’où une fuite
multiplicateurs keynésiens
en économie ouverte (1)

Le multiplicateur d’investissement sans impôts

Y+M=C+I+G+X Avec C = cY + C0 avec 0<c<1


D’où, M = mY
X = X0 et G = G0
Y + mY = C0 + cY + I + G0 + X0
Avec dY = Yt+1 - Yt
Y +mY - C0 - cY - G0 – X0 = I
dI = It+1 – It
Y (1 +m – c) - C0 - G0 – X0 = I dC0 = C0t+1 – C0t
dG0 = G0t+1 – G0t
dY (1 +m– c) - dC0 - dG0 – dX0 = dI dX0 = X0 t+1 – X0 t
Le multiplicateur est : 1/(1+m-c)
Si c = 0,8, m = 0,7 et dI = 25 millions €
dY = dI / (1+m-c) Alors dY = 25/(1+0,7-0,8)
= 27,7 millions €
224
Plus m tend vers 1, plus la relance est inefficace
Tableau récapitulatif des différents multiplicateurs

Le multiplicateur d’investissement en économie fermée 1/(1-c)


Le multiplicateur de dépenses publiques en économie fermée 1/(1-c)
Le multiplicateur fiscal en économie fermée -c/(1-c)
Le multiplicateur d’investissement en économie ouverte sans impôts 1/(1+m-c)
Le multiplicateur de dépenses publiques en économie ouverte sans impôts 1/(1+m-c)

Le multiplicateur d’investissement en économie ouverte avec impôts 1/(1+m-c(1-t))

Le multiplicateur de dépenses publiques en économie ouverte avec impôts 1/(1+m-c(1-t))


Le multiplicateur d’exportation
1/(1+m-c)
225
« Les stabilisateurs automatiques »

Déficit budgétaire initial

1. Croissance de la demande
2. Augmentation de la production
3. Plein-emploi

Augmentation des recettes fiscales

Equilibre budgétaire
226
La politique monétaire

L’objectif de la politique monétaire est Objectifs


d’influencer des variables économiques… principaux

Pour cela, les autorités cherchent à Objectifs intermédiaires


atteindre des…
(variables monétaires)

à l’aide des…
Instruments de la
politique monétaire
227
Les objectifs principaux de la politique monétaire

- le plein emploi

- un taux de croissance élevé

- équilibre de la balance des transactions courantes

- stabilité du niveau général des prix (inflation nulle)

Convergence possible mais pas obligatoire entre la228


politique budgétaire et la politique monétaire
Les objectifs intermédiaires (variables monétaires)

- Ils sont sous le contrôle des autorités monétaires


- Ils sont lisibles par tous
- Ils comprennent: M3

M2

- Les agrégats monétaires (MV = PT) M1

- Les taux de change

- Les taux d’intérêt

229
Les objectifs intermédiaires
et le problème de la création monétaire

1 – La création de monnaie par la Banque centrale

Émission de monnaie monopole d’émission de


scripturale centrale la monnaie fiduciaire

230
2 – La création de monnaie par les banques commerciales

Les banques de second rang


créent de la monnaie
scripturale

Par le biais du crédit

C’est de la création ex nihilo

Economie comportant Economie comportant


231
une seule banque plusieurs banques
Economie comportant une seule banque

Entreprise A emprunte à la banque pour


acheter une machine à entreprise B

Création monétaire B place son argent à la


seule banque disponible

Accroissement de la
production de A et
approvisionnement de son Crédits Dépôts
compte
« (…) ce sont les crédits qui font les dépôts » 232
Banque de France, la Monnaie et la Politique monétaire, 1971
Economie à plusieurs banques

L’entreprise A emprunte à sa banque A’ pour


acheter une machine à l’entreprise B

Création B place son argent dans


monétaire sa banque B’

Déséquilibre?

mais pas
Peut-être... 233
nécessairement !
Les instruments de la politique monétaire

a) Les facilités permanentes

b) Les réserves obligatoires

c) Les opérations d’open market

234
a) Les facilités permanentes

Quelques règles à connaître…

Elles sont accessibles à l’initiative des contreparties et se


présentent sous deux formes :

- Facilité de dépôts à 24 h permettant d’absorber la liquidité


excédentaire.
Le taux d’intérêt est le taux plancher de l’argent au jour le jour
Ces dépôts sont rémunérés à un taux d’intérêt préétabli (3% en fév. 2008)

- Facilité de prêt marginal à 24h permettant de couvrir les


insuffisances de liquidités
Le taux d’intérêt est le taux plafond de l’argent au jour le jour 
(5% en 2008)
235
Les facilités permanentes du SEBC

Taux de dépôt à 24 h (de 1999 à 2008)

Taux de prêt marginal à 24 h (de 1999 à 2008)

236
b) Les réserves obligatoires

Quelques règles à connaître…

Ce sont des dépôts faiblement rémunérés constitués par les banques


auprès de la banque centrale.
« les réserves obligatoires sont rémunérées à un niveau correspondant à la 
moyenne du taux d’intérêt marginal des opérations principales de refinancement de 
l’Eurosystème sur la période de constitution, pondérée par le nombre de jours de la 
période » (Source : Banque de France)

Dépendent en général de l’actif ou du passif des banques (c’est un


pourcentage)

Si le taux de réserve augmente alors la création monétaire diminue ce


qui baisse l’activité économique globale
237
c) Les opérations d’open market

Quelques règles à connaître…

Toujours à l’initiative de l’euro système


Il s’agit d’achats et de ventes fermes ou temporaires de titres par la
banque centrale sur le marché monétaire. Les opérations se font au
prix du marché

But : influencer les liquidités des banques

Un effet quantité direct (sur les liquidités)

Un effet prix indirect du refinancement

Les supports de l’open market sont souvent des titres publics


238
http://www.ecb.int/ecb/orga/decisions/eb/shared/img/eb_work.jpg (28.11.06)
Le modèle « IS/LM »
John Hicks (1937) Alvin Hansen (1946)

Modèle macroéconomique néoclassique présentant


les effets respectifs d’une politique budgétaire et Alvin H. Hansen
d’une politique monétaire

Il repose sur l’idée keynésienne d’une interaction entre la sphère


réelle et la sphère monétaire :

Marché des biens et services


Marché monétaire
Marché des titres (marché financier) : implicite (non directement
représenté) car l’équilibre des deux premiers force le troisième (loi
de Walras)
Loi de Walras : s’il y a équilibre entre l’offre et la demande sur le marché des biens
239
et sur le marché de la monnaie, alors il y a aussi équilibre sur le marché des titres
Le modèle « IS/LM »

Hypothèses : économie fermée (dans ces conditions la


production = le revenu national), pas d’inflation à court
terme, sous-emploi des capacités productives

A quoi ça sert ?
Choisir entre différentes politiques
macroéconomiques possibles

Montrer qu’il existe un lien entre le marché des


biens et services et le marché monétaire (monnaie
et titres)
Repérer les interactions entre politique budgétaire et
politique monétaire

240
Le marché des biens et services (IS)

La relation IS peut se définir comme l’ensemble des points


d’équilibre entre la demande et l’offre sur le marché des biens et
services, correspondant à différents niveaux de production
(noté Y) et de taux d’intérêt (noté r)

La demande globale correspond à la somme de la consommation,


de l’investissement privé et des dépenses publiques
D = C + Iprivé + G
L’offre globale est utilisée soit pour la consommation, soit pour
l’épargne
Y=C+S
Par hypothèse, l’économie est fermée, donc la production nationale
est égale à la demande globale
Y=D
C + S = C + Iprivé + G S = Iprivé + G 241
Le marché des biens et services (IS)

S = Iprivé + G
A l’équilibre, G peut être considéré comme un investissement public
S = Iprivé + Ipublic = I D’où le nom de la courbe IS (Investments = Savings)

Si Y = C + S Alors Y=C+I

Or, on sait que l’investissement est une fonction décroissante du


taux d’intérêt : plus le taux d’intérêt est élevé, plus l’investissement
est faible
Y = C + I(r)
On voit alors que si le taux d’intérêt augmente, l’investissement
diminue, ce qui se traduit (ceteris paribus) par une diminution du
revenu : il existe donc une relation inverse entre le taux d’intérêt et la
production C’est la relation IS 242
Le marché des biens et services (IS)
La relation IS se représente de la manière suivante
La pente de la relation IS dépend de la sensibilité de l’investissement au taux d’intérêt :
- Une pente faible correspond à une sensibilité forte de l’investissement au taux d’intérêt
- Une pente forte correspond à une sensibilité faible de l’investissement au taux d’intérêt
- Cas extrême : l’ « accélérateur pur » correspond à une relation IS verticale
r
(taux Si G (ou I) augmente pour
d’intérêt) un r inchangé :
-La consommation croît ;
- La demande augmente
No - La production augmente
uv
Eq

- l’équilibre va vers la droite


el
ui
lib

Eq
re

ui
lib
IS

re
IS
r

Y Y 243
Y (production)
Le marché monétaire et des titres (LM)

La relation LM peut se définir comme l’ensemble des points


d’équilibre entre la demande (Md) et l’offre (Mo) sur le marché
monétaire, correspondant à différents niveaux de taux d’intérêt
(noté r) et de revenu (noté Y)
L’offre de monnaie est exogène. Elle correspond à la masse
monétaire qui est déterminée par les pouvoirs publics
Mo est exogène
La demande de monnaie est déterminée par un motif de transaction
(L1) et un motif de spéculation (L2)
Md = L1 + L2
On sait par ailleurs que L1 est une fonction croissante de Y et que L2
est une fonction décroissante du taux d’intérêt r (plus r augmente,
plus L2 diminue et inversement)
Md = L1(Y)+ L2(r) 244
Le marché monétaire et des titres (LM)

Que se passe si Y (qui est la variable exogène) augmente ?

Les agents demandent plus de monnaie de transaction L1 ;

comme l’offre de monnaie (qui est également une variable exogène)


n’a pas augmenté, cette demande de monnaie supplémentaire fait
augmenter le taux d’intérêt.

Il existe donc une relation croissante entre le taux d’intérêt et le


revenu sur le marché monétaire

C’est la relation LM
(Liquidity preference and Money supply)
245
Le marché monétaire et des titres (LM)
La relation LM se représente ainsi
La pente de la relation LM dépend de la sensibilité de la demande de monnaie au taux d’intérêt
- Une pente faible signifie que les agents sont très sensibles aux variations du taux
d’intérêt
- Une pente forte signifie que les agents sont peu sensibles aux variations du taux d’intérêt
r (taux d’intérêt)

LM
e
ibr

LM
uil

Si l’offre de monnaie (M) baisse :


Eq

e
ibr
r -r  augmente :
el

uil
uv

- l’équilibre va vers le haut


Eq
No

Y 246
Y (production)
L’équilibre IS/LM
L’intersection des deux droites représente le point d’équilibre
simltané sur les deux marchés (équilibre général)
On peut alors étudier l’effet d’une relance budgétaire et monétaire sur l’activité et 
sur le taux d’intérêt
Si G augmente (relance budgétaire) :
- IS se déplace vers la droite ;
No
r (taux d’intérêt)
uv - r augmente car la demande de
el monnaie de transaction augmente alors
Eq

LM
que l’offre de monnaie n’a pas varié
Eq

ui

LM
lib

e
ui

- Y augmente moins fort que prévu (Y)

ibr
lib

re

e
ibr
uil
re

IS

uil
Eq
IS

Effet d’éviction :

Eq
r l’augmentation des dépenses
el
uv
publiques évince partiellement
No

r l’investissement privé

Il faut alors une politique


monétaire d’accompagnement
(policy mix) consistant à accroître
l’offre de monnaie

Y Y 247
Y Y (production)
Conclusion
L’équilibre IS/LM et la politique monétaire européenne aujourd’hui

Modèle Mundell/Flemming en économie ouverte :


Introduction du mouvement international des capitaux et des
taux de change

Robert A. Mundell
La relance budgétaire est efficace car elle entraîne :
- Une augmentation des taux d’intérêt ;
- Une entrée de capitaux
- Une hausse du taux de change
- La Banque centrale intervient pour limiter la hausse du taux de
change en achetant des devises ce qui accroît la masse monétaire
- L’effet d’éviction est annulé.
Quelle est l’action de la BCE actuellement ? 248
249
Introduction

Les concepts de chômage et de salariat sont liés

Définitions contemporaines du chômage

La définition du BIT et ses limites (« halo » du chômage)

La définition de l’Insee : PSRE

La définition de l’ANPE : DEFM


250
Introduction Le « Halo » du chômage

Temps
réduit
Emploi involontaire
Chômage
Travail
Clandestin Cessation
anticipée
Temps
d’activité
réduit
Chômeurs
volontaire
découragés

Inactivité
251
Introduction

La mesure du chômage

Le taux de chômage
Chômage répétitif, frictionnel, de reconversion, d’exclusion ?
Le cercle vicieux du chômage

% de chômeurs IV
de longue durée Reprise LT Reprise CT

I III

Récession CT II Récession LT
0 252
Taux de chômage
en millions

0,0
5,0
10,0
15,0
20,0
25,0
30,0
35,0
40,0
19
50
19
52
19
54
19
56
19
58
19
60
19
62
19
64
19
66
19
68
19
70
19
72
19
74
19
76
19
78
19
80
19
82
Constat dans l’OCDE

19
84
19
86
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
36,0

253
Constat dans l’OCDE

Une évolution différenciée selon les périodes


1945-1970 : variations conjoncturelles
1970-1981 : « Boom » du chômage
1983-1990 : Lente décrue du chômage
1991-1999 : hausse régulière
2000-2007 : stabilisation

Une évolution différenciée selon les pays


AELE et Japon : cas atypiques
Taux plus faible aux USA qu’en Europe
Hausse régulière en Europe et baisse régulière aux USA

254
Constat dans l’OCDE

Le cas de la France
2 399 100 chômeurs en septembre 2003
soit 9,6% de la population active

La crise des années 70


Être jeune et femme en Europe aujourd’hui ?

Le niveau d’études

Des disparités régionales fortes

La durée du chômage dans les pays de l’OCDE ?


255
Les explications et les solutions

La théorie néoclassique du chômage

Le salaire d’équilibre
(voir page suivante)

Le chômage « volontaire »

Limites de l’approche néoclassique

256
Salaire

Offre de travail
(ménages)
wSMIC

weq

Demande de travail
(entreprises)

DSMIC Oeq= Deq OSMIC Quantités


257
La théorie keynésienne du chômage

L’interdépendance des marchés

La relance de la « demande effective »

Limites de l’approche keynésienne

258
La théorie monétariste du chômage

Le taux de chômage naturel

La politique monétaire restrictive

Limites de l’approche monétariste

259
La théorie du déséquilibre

Les quatre types de « chômage »

La « policy mix »

Limites de l’approche déséquilibriste

260
La théorie marxiste du chômage

La « loi de la baisse tendancielle » du taux de profit et le PT

L’« armée de réserve industrielle »

Limites de l’approche marxiste

261
Après le cours de macro…

Quelques thèmes pour explorer l’économie !


La dette des pays pauvres
La privatisation d’une entreprise au choix Le FMI aujourd’hui
Le CPE La transition postsocialiste en Europe de l’Est
La musique et le P2P La Chine et l’économie mondiale
Le RMI et les travailleurs pauvres Le programme économique de N. Sarkozy et de S. Royal
Quelle réforme pour l’Université ? École privée/école publique
La mondialisation et l’emploi L’enseignement technique en France aujourd’hui
Les États-Unis et l’économie mondiale Autres sujets au choix…
La politique monétaire européenne
Les OGM et le développement durable
L’écologie industrielle
La démographie et l’économie mondiale
La mafia et l’économie souterraine
L’économie et la conquête spatiale
Nos retraites demain
Le marché mondial du chocolat
L’économie mondiale de la mode
L’économie du sport aujourd’hui
La gestion des déchets sur Terre
Quelle énergie pour demain ?
La Turquie et l’UE 262
L’avenir des politiques communes européennes
Merci à tous pour votre écoute et vos question

263
ANNEXES

http://www.tpe-pme.com/uploads/tx_sqlitpepmeevenement/secu.jpg

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2007/09/24/h_4_secu_sociale.gif

http://www.la-france-de-demain.fr/images/Billets/Securite%20Sociale/AFP-deficit-secu.jpg
Milliards d'euros
Intitulés 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Produit intérieur brut (approche production) 1 441,4 1 497,2 1 548,6 1 594,8 1 660,2 1 717,9 1 792,0

  Valeur ajoutée au prix de base 1 290,7 1 344,7 1 392,6 1 434,8 1 490,2 1 539,6 1 600,0

+ Impôts sur les produits 167,9 169,4 175,1 178,7 188,5 196,5 204,1
- Subventions sur les produits -17,3 -16,9 -19,2 -18,7 -18,6 -18,2 -12,2
Produit intérieur brut (approche demande) 1 441,4 1 497,2 1 548,6 1 594,8 1 660,2 1 717,9 1 792,0

  Dépense de consommation finale 1 133,4 1 179,4 1 228,3 1 278,4 1 333,7 1 386,0 1 440,2

+ Formation brute de capital 295,0 300,6 293,7 300,2 324,8 347,6 377,5
+ Exportations de biens et services 411,7 421,0 419,9 407,7 426,8 447,3 481,2
- Importations de biens et services 398,7 403,8 393,4 391,6 425,1 462,9 507,0
Produit intérieur brut (approche revenus) 1 441,4 1 497,2 1 548,6 1 594,8 1 660,2 1 717,9 1 792,0

  Rémunérations des salariés 747,7 781,5 813,8 837,5 866,7 896,3 930,7
+ Excédent brut d'exploitation et revenu mixte brut 496,5 518,1 531,8 549,1 569,9 585,5 616,8
+ Impôts sur la production et les importations 228,1 230,4 238,3 243,7 257,9 270,0 280,5
- Subventions -30,9 -32,8 -35,3 -35,4 -34,3 -33,8 -36,1
Source : Comptes nationaux - Base 2000, Insee
Mise à jour le 15 mai 2007

265
Théorème de Pythagore

b a
(a+b)² = c² + 4 . triangles a
c b
(a+b)² = c²+ 4 (ab/2)
b a
a² + 2ab + b² = c² + 2ab
a b

a² + b² = c²

Le carré de l’hypoténuse est égale à la somme des carrés des


deux côtés de l’angle droit 266