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L’économie générale

Chapitre 1: Introduction à l’économie générale

L’objet de la science économique


Les grands courants de la pensée économique

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L’économie générale !

Définition et intérêt de l’economie:


Le terme « économie » provient du grec « oikos »
(maison) et « nomos » (ordre) : l’économie, c’est
donc l’art de bien conduire la maison.

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L’économie générale
La question que l’on se pose c’est:

Mais à quoi sert l’économie?

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L’économie générale

Pour répondre à cette problématique, nous nous


poserons les questions suivantes:

1) Quel est l’objet de la science économique,


autrement dit qu’est-ce que l’économie ?

2) Quels sont les principaux courants de pensée en


économie?
3) Qui sont les agents économiques ? Et qu’est ce
qu’un circuit économique ?
L’économie générale
Définition de la science économique :
« La science économique est la science
d’administration des ressources rares. Elle
étudie les formes que prend le comportement
humain dans l’aménagement des ressources ;

Elle analyse et explique les modalités selon


laquelle un individu ou une société affecte des
moyens limités à la satisfaction des besoins
nombreux et illimités. »
Reymond Barre

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1- L’objet de la science économique
Le point de départ de la science économique est :
la notion de besoin.
1- Partir des besoins pour produire des biens :

1-1 Besoin :
Le besoin est le sentiment de manque de ce qui est nécessaire ou
semble être nécessaire pour vivre en société .

Le besoin est lié à la nécessité de disposer d’un objet fatalement


rare puisqu’il nous manque.

Sans besoins, il n’y a aucun sens à l’activité économique.

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1- L’objet de la science économique
1-1 Besoin illimités :
Il existe deux natures de besoins :

• Nos besoins sont d’abord primaires, c’est-à-dire primordiaux pour


notre survie : manger, boire, dormir, se loger, se soigner, se
reproduire.

• Nos besoins sont aussi secondaires, c’est-à-dire d’ordre culturel ;


ils concernent le confort, une certaine qualité de vie…et participent à
notre socialisation : se divertir, se cultiver, créer.

Exemple
Sortir (cinéma, musée, restaurant), pratiquer un sport ou jouer à un
instrument de music, bricoler ou lire un livre.

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Schéma de synthèse pour comprendre ce qu’est la
science économique, ce qu’elle étudie
1- Partir de nos
Nos besoins sont sans Besoins primaires Besoins
besoins pour illimités
produire des cesse stimulés
Besoins secondaires
biens
Les biens économiques sont
Satisfaits par des biens donc les biens marchands ou
non marchands, non
disponibles à l’état brut dans
la nature et qui nous
Donc : Biens libres: Biens économiques : permettent de satisfaire nos
- gratuits - rares besoins (primaires et/ou
- abondants -Produits secondaires).
grâce aux
moyens de production
-Marchands (marché)

2- La satisfaction de Biens de consommation


Biens de production
nos besoins est le
commencement de
l’activité économique
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1- L’objet de la science économique

*Nous satisfaisons nos besoins grâce aux biens « économiques ».

*Ces biens économiques sont donc produits, vendus, consommés.

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La science économique permet de comprendre comment
l’utilisation des ressources rares est organisée (ou devrait
l’être) afin de parvenir à la satisfaction de tous les désirs.

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1-2 Biens limités:
Les biens sont réputés limités ou rares. On ne les trouve
pas en grande abondance. Il se pose divers problèmes
géographiques (ex : le pétrole en France) . Par exemple,
l’eau est un bien économique qui s’achète en raison de sa
rareté dans certains pays pour des raisons climatiques, en
plus des limitations réglementaires.

De plus, l’argent dont nous disposons pour consommer est


lui-même un bien limité.

Face à des besoins illimités, on a des biens rares ou


limités. 11
1- L’objet de la science économique

2- La satisfaction de nos besoins est le


commencement de l’activité économique :

Toutes les choses que nous consommons sont en effet des créations
du travail humain, et même celles que nous jugeons en général les
plus naturelles comme le blé, les pommes de terre ou les fruits.

Nous travaillons pour transformer la nature naturelle (qui satisfait


mal ou pas du tout les besoins humains) en éléments artificiels qui
satisfont ces besoins ; nous travaillons pour transformer l’herbe
folle en blé puis en pain, les cailloux en acier puis en automobiles…

Nous travaillons pour produire afin de pouvoir consommer.

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1- L’objet de la science économique
Questions:
Qu’est ce qui crée les besoins (nouveaux ou pas )?
Ce sont la société et ajouter à cela la publicité.

Pourquoi l'entreprise produit – elle des besoins ?


Parce que la production s’organise pour satisfaire des besoins, elle
doit toujours avoir un nouveau besoin sous la main lorsque les
anciens sont satisfaits.

Mais qu’est ce qui incite la production à agir ainsi?


Tout simplement le but de l’activité économique est la satisfaction
des besoins.

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2- Les grands courants de la pensée économiqu

Introduction:

Nous pouvons nous permettre de dire qu’il y a deux grands courants


de pensée en économie : il y a ceux qui refusent que l’État
intervienne dans l’économie (La pensée classique et néoclassique),
et ceux qui pensent qu’il est absolument nécessaire que l’État
intervienne dans l’économie (Les keynésiens et les marxistes).

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2- Les grands courants de la pensée économiqu
I - La pensée classique (courant libéral) 

Les classiques sont des auteurs d’économie du 18eme siècle.

Les économistes classiques les plus reconnus sont


• Adam Smith et
• David Ricardo, ainsi que
• le français Jean-Baptiste Say.

Ils pensent que l’économie n’a pas besoin d’être dirigée car le
marché est capable de résoudre lui-même les déséquilibres comme le
chômage, l’inflation, la surproduction ou la sous-consommation.

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2- Les grands courants de la pensée économiqu
1- La pensée classique (courant libéral) 
 Les principales idées :

- La pensée classique repose sur la doctrine du laisser faire, laisser


passer : liberté économique pour les individus, liberté de circulation
pour les biens, le travail et le capital.
- L’individu est mu par son propre intérêt qui coïncide avec l’intérêt
collectif ;
- Le système de prix et de marché est capable de coordonner
l’activité des individus et des entreprises sans recourir à un
organisme centralisateur (l’État). Les marchés régulent la vie
économique et provoquent une croissance économique .
- Le commerce extérieur est globalement bénéfique aux pays qui y
participent.
 
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2- Les grands courants de la pensée économique
I - La pensée classique (courant libéral) 
1- Adam Smith (écossais 1723-1790) :
a) Sont principal apport est « La main invisible » :
Le marché, où s’effectuent tous les échanges entre agents
économiques, est toujours en équilibre.
Chaque individu, en suivant son propre intérêt particulier, conduit à
l’intérêt général (une conciliation entre les deux). Il s’agit donc de
rechercher l’intérêt personnel afin de contribuer à l’intérêt général.
Comme il le dit dans son ouvrage « Recherche sur la nature et les
causes de la richesse des nations. 1776 » 

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2- Les grands courants de la pensée économique

Il existerait selon lui un ordre économique naturel spontané grâce


aux comportements individuels qui ont des conséquences
collectives positives.

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2- Les grands courants de la pensée économique

b) Les fonctions régaliennes :

L’État doit prendre en charge, pour le bien-être collectif, les


fonctions régaliennes qui sont la justice, la police et les
infrastructures collectives.

Il a proposé l’idée de l'état -gendarme

c) La division du travail et la spécialisation:

Ceci permet d’accroître la productivité, car chaque personne


effectue une seule et unique tâche, ce qui engendre une plus grande
richesse des nations.(usine des épingles 20 par ouvrier devenu 200)
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2- Les grands courants de la pensée économique

2- David Ricardo (anglais 1772-1823):

c) L’avantage comparatif :

Les pays disposent nécessairement d’un avantage comparatif dans un


secteur, David Ricardo montre que la valeur d’échange des
marchandises est déterminée par la quantité de travail nécessaire à
leur production : celui qui a été directement mis en œuvre dans le
processus de production, mais aussi celui qui est incorporé dans les
moyens de production . Dans tous les cas, les pays gagnent à
l’échange .

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2- Les grands courants de la pensée économique

3- Jean Batiste Say (français 1767-1832):


Son principal apport est La loi des débouchés ou « l’offre crée sa
propre demande ».

Les produits s’échangent contre d’autres produits et permettent une


distribution de revenus par le paiement des salariés, des fournisseurs,
le versement du bénéfice. Cet échange de production garantit, il
trouvera nécessairement un débouché ( à cette production ou produit).

Ce pouvoir d’achat permet à nouveau l’achat d’autres produits. D’où


l’égalité Offre = Demande, c’est-à-dire que production et demande
s’ajustent et s’équilibrent.

Pour Say, plus les producteurs sont nombreux et les productions


multipliées, plus les débouchés sont faciles, variés et vastes. 21
2- Les grands courants de la pensée économique

II - La pensée néoclassique :
Ce courant est apparu à la fin du 19ème siècle. Il a été mené par un
franco-suisse Léon WALRAS et un anglais Alfred MARSHALL. Il
prône un renouveau de pensée et une évolution du courant classique.
Il apparaît comme réponse au capitalisme et à l’essor des sciences.

Comme les classiques, le courant néoclassique croit au libéralisme.


Plutôt que d’examiner les problèmes globalement, contrairement aux
classiques, les néoclassiques vont examiner des problèmes
économiques de façon précise en utilisant les mathématiques pour
justifier leur raisonnement.

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II – La pensée néoclassique

 Les principales idées :

- L’individu est à la base de la société. Il obéit au principe de


rationalité, c’est-à-dire utilise au mieux les ressources dont il
dispose en tenant compte des contraintes qui s’imposent à lui. Il
cherche à optimiser ses comportements. Les comportements de
l’individu rationnel peuvent être traduits en équations
mathématiques.
 
- Le marché est le meilleur moyen de coordination des
comportements économiques des individus. Le marché de
concurrence pure et parfaite est le modèle de référence du système
des marchés : l’État a pour seule fonction économique de garantir
son existence.
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2- Les grands courants de la pensée économique

- Les mécanismes de prix assurent l’équilibre sur tous les marchés


(biens, services et facteurs de production). Il ne peut y avoir excès
d’offre d’un facteur de production.
 
- Les producteurs n’ont pas de problèmes de débouchés. Ils n’ont à
se soucier que de leur efficience productive : produire en utilisant au
mieux tous les facteurs de production disponibles.

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2- Les grands courants de la pensée économique

2- Les principaux auteurs :

1- Léon Walras (l’école de Lausanne 1834-1910):

Son principal apport est « l’équilibre général » : il cherche à


déterminer les prix qui permettent d’égaliser l’offre et la demande sur
chaque marché pour créer les meilleures conditions d’échanges et
satisfaire au mieux les intérêts des vendeurs et des acheteurs.

La concurrence permettrait alors l’équilibre sur tous les marchés et


conduirait à l’équilibre général.

Ouvrage de référence : Eléments d’économie politique pure (1874)

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2- Les grands courants de la pensée économique

2- Alfred Marshall (L’école de Cambridge 1842-1924):

- La valeur d’un bien ne dépend pas de la quantité de travail


nécessaire pour sa production mais de l’utilité qu’elle nous
procure. Donc plus nous consommons un bien, plus son utilité
diminue.
Exemple : Plus nous mangeons, moins nous avons faim.

Ouvrage de référence : Principe d’économie politique et de l’impôt (1890).

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2- Les grands courants de la pensée économique

3 - Vilfredo Pareto (1848-1923):

Son principal apport est « l’optimum ». L’optimum de Pareto


caractérise une situation où il n’est plus possible d’améliorer la
situation d’un agent économique sans détériorer la situation d’au
moins un autre agent économique.

Ouvrage de référence : Cours d’économie politique (1896).

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2- Les grands courants de la pensée économique

Conclusion:

Donc, les écoles classique et néoclassique reposent sur la même


croyance de libéralisme. C’est pour cela qu’il est admis que le
courant classique est l’ancêtre du courant néoclassique.

C’est surtout la méthode d’analyse qui diffère.

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2- Les grands courants de la pensée économique
III - La pensée keynésienne (courant interventionniste)
John Maynard Keynes (1883-1946) :
Le contexte est celui d’une remise en question des conclusions
néoclassiques à la suite des désordres économiques et des sévères
dépressions des années 1890 et 1930.

Keynes présente une nouvelle conception de l’économie dans le but


d’aider les gouvernements à prendre des mesures monétaires et
fiscales qui permettent de mieux maîtriser les cycles économiques .

Keynes ne rejette pas l’économie de marché. Il s’oppose aux


économistes néoclassiques en particulier sur le fait que pour lui
l’économie de marché laissée à elle-même ne permet pas d’assurer
automatiquement le plein emploi.
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2- Les grands courants de la pensée économique

L’État ne doit pas se cantonner à ses trois fonctions régaliennes. Au


contraire, il doit intervenir pour réguler l’économie par des
politiques économiques. L’objectif est de mener une politique
économique favorable à la demande, car la consommation serait le
moteur de l’économie.

Contrairement aux néoclassiques, il pense que le chômage n’est pas


volontaire et que la monnaie n’est pas un simple moyen d’échange.
Au contraire, un excès d’épargne pénalise la consommation, qui est,
selon lui, primordiale pour se prémunir contre la crise.

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2- Les grands courants de la pensée économique
IV - La pensée marxiste mi 19eme – fin 19eme :
(Karl Marx 1818-1883)

Marx (1818-1883) affirme que les patrons sous-payent les salariés


pour réaliser une plus-value ou bénéfice.

Pour lui, le travail est sous-payé par rapport à ce qu’il coûte


réellement. Ce qui entraîne nécessairement des crises de
surproduction car les ouvriers, qui constituent la majeure partie de
la population, ne pourront jamais consommer tout ce qu’ils
produisent faute de pouvoir d’achat.

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2- Les grands courants de la pensée économique

De plus, les entreprises investissent de plus en plus au


détriment des salariés. Certes, les profits augmentent, mais
finalement le risque de surproduction est réel car les salariés sous-
payés et au chômage ne peuvent consommer.

Donc, selon Marx, le capitalisme est, à terme, voué à l’échec


pour cause de surproduction et d’absence de pouvoir d’achat.

La mort du capitalisme devrait donner lieu à l’apparition d’un


autre système économique : le système socialiste.

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3- Le Système capitaliste et le système socialiste

Le socialisme et le capitalisme sont des systèmes économiques et


politiques qui appliquent les théories libérales et marxistes.

1- LE SOCIALISME:

1-1 Principes regles :


– Propriété publique des moyens de production (tout appartient à l’État).
– Planification de l’économie.
– Économie contrôlée par l’État.

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3- Le Système capitaliste et le système socialiste
1-2 Historique :
Initialement, le socialisme était une protestation contre les
inégalités et la pauvreté. D’origine marxiste, le système politique est
fondé, en théorie, sur le souci de l’intérêt collectif. Il existait déjà
avant Marx un courant socialiste qui condamnait les thèses libérales
car non seulement l’intérêt individuel ne menait pas à l’intérêt collectif
mais en plus le « laisser-faire » du marché était contraire au bien-être
collectif. Il fut plus ou moins appliqué en Russie à partir de 1917 et
dans les pays d’Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale,
mais aussi en Corée du Nord, en Chine, à Cuba et dans certains pays
d’Afrique (Éthiopie, Algérie par exemple).

Aujourd’hui, très peu de pays sont socialistes. La chute du mur de


Berlin, la fin de la guerre froide et surtout les bilans économiques et
sociaux désastreux ont prononcé la fin de ce dualisme :
capitalisme / socialisme. 34
3- Le Système capitaliste et le système socialiste

1-3 Limites

Les bilans économiques et sociaux des régimes politiques


socialistes sont certes contestables. Mais, c’est surtout d’un point de
vue démocratique que les économies socialistes ont montré leurs
limites par l’absence de liberté économique et d’entreprendre, et de
vie privée au sens large pour les citoyens de ces États.

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3- Le Système capitaliste et le système socialiste
2- LE CAPITALISME:

2-1 Principes regles :

– Propriété privée des moyens de production.


– Accumulation du capital, réinvestissement et recherche de plus-value
ou profit.
– Régulation de l’économie par le marché.

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3- Le Système capitaliste et le système socialiste

2-2 Historique et diffusion

Le développement du capitalisme commence au 19eme siècle à


partir des révolutions industrielles du 19eme siècle. Aujourd’hui, c’est
le modèle économique dominant, malgré une histoire tumultueuse
marquée par de nombreuses crises mondiales (la grande dépression des
années 1930) ou régionales (crise asiatique de 1997).

Mais, contrairement au pessimisme marxiste, le capitalisme est


désormais le système politique et économique de la plupart des pays
du monde. La mondialisation, la déréglementation, le processus de
concentration, les TIC contribuent largement au développement
planétaire du capitalisme.

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3- Le Système capitaliste et le système socialiste
2-3 Limites :

Il faut reconnaître que, face aux crises, ce sont les États qui
interviennent par des politiques économiques et sociales. Le but est
de limiter les crises économiques, relancer la croissance et surtout
protéger les citoyens des risques sociaux (chômage, maladie et
détresse humaine). Ce que, empiriquement, le capitalisme est loin
de promettre par le laisser-faire du marché.

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