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CANCER DU CAVUM

Pr M.Benchaoui
Maître de conférences.
Service ORL
CHU de Constantine
Introduction

 Peu fréquent chez les Européens, le cancer du


cavum constitue un problème cancérologique
majeur en Asie du Sud- Est et au Maghreb.
 Fréquent chez les sujets jeunes, de diagnostic
difficile, cette tumeur a bénéficié des progrès
techniques de la radiothérapie.
 Après identification du virus d’Epstein-Barr:
intérêt particulier
Histoire
 Le cancer du cavum est connu depuis de
millénaires: suspecté sur des momies
égyptiennes datant de 3000 ans avant J.C.
 Décrit sur des publications par un médecin
royal de la dynastie SUI (589-617).
 En Occident: 1ère description en 1837
(clinique) et 1844 (histopathologie).
Rappel anatomique
 C’est la partie supérieure du pharynx,
exclusivement aérienne.
 Il communique avec :

- les fosses nasales en avant par les


choanes
- les oreilles moyennes latéralement par
les trompes d’Eustache
- et se continue en bas avec l’oropharynx.
 Il est situé :

- derrière le squelette de la tête


- Au-dessous de la base du crâne
- en avant de la colonne cervicale
Rappel anatomique
 Il est grossièrement cubique et présente 6 faces :
 paroi postéro-supérieure : essentiellement osseuse, présente une formation

lymphoïde importante = amygdale pharyngée


 paroi supérieure : répond aux sinus sphénoïdaux

 paroi postérieure : répond à la fosse cérébrale postérieure, aux méninges et

aux organes sous-arachnoïdiens (surtout les nerfs V, VI, VII, VIII, IX, X, XI,
XII).
 2 parois latérales : présentent l’orifice tubaire et la fossette de Rosenmuller.

Elles entrent en rapport avec la trompe d’Eustache = trompe auditive.


 paroi antérieure = orifices postérieurs des fosses nasales = choanes. Elle

s’ouvre sur les cavités nasales.


 paroi inférieure : = face supérieure du voile du palais. Elle n’existe qu’au

moment de la déglutition, s’ouvre directement sur l’oropharynx.


 
II- Rappel physiologique

 Le cavum intervient
dans :
 la respiration

 la phonation

 et surtout la
ventilation de l’oreille
moyenne.
Anapath

 Classification de l‘OMS (1991):


 2 types principaux :
 A-Epithéliomas = carcinomes : ce sont les plus rencontrés
 Macroscopie : infiltrant ou végétant, s’étend en surface, s’ulcère volontiers,
recouvert de dépôts nécrotiques et purulents, à contours imprécis et réguliers.
 Microscopie : - carcinome nasopharyngé :
* carcinome malpighien
* carcinome non kératinisant
* carcinome indifférencié.
- adénocarcinomes
- cylindromes
 B- lymphomes (15 %)
 C- Tumeurs rares : fibrosarcomes, chondrosarcomes, chordomes,
rhabdomyosarcomes.
Anapath

Classification OMS 2003


Carcinome nasopharyngé* :
carcinome non kératinisant (différencié /
indifférencié)
carcinome épidermoïde kératinisant
carcinome basaloïde
Adénocarcinome papillaire de bas grade du cavum
Carcinomes de type salivaire
Autres : lymphomes, sarcomes.
Epidémiologie
 Fréquence : 0,4 % à 19 %
 Age : survient à tout âge

 Sexe : prédominance masculine ( sex ratio 2 à 3)

 Répartition géographique  :

 zone à haut risque : Sud de la chine, Hongkong,


Singapour, philippines, Indonésie, Nord du Vietnam.
 zone à risque intermédiaire : Nord et Est de l’Afrique,

pourtour méditerranéen.
 zone à risque faible : Europe, Japon, U.S.A.
zone à haut risque : Sud de la chine, Hongkong, Singapour, philippines,
Indonésie, Nord du Vietnam.
zone à risque intermédiaire : Nord et Est de l’Afrique, pourtour
méditerranéen.
zone à risque faible : Europe, Japon, U.S.A.
Etiopathogénie

 Facteurs étiologiques
 facteurs génétiques : l’étude du profil HLA a retrouvé une
prédominance de HLA B5 et HLA A2
 facteurs liés à l’environnement :

 facteurs nutritionnels : poissons, viandes séchées ou fumées

(nitrosamines), carbonisation des aliments


 facteurs professionnels : exposition au caoutchouc, matières plastiques

 facteurs infectieux : infections ORL récidivantes

 facteurs viraux : E.B.V  2 éléments le prouvent :

• présence de marqueurs EBV dans les cellules tumorales

• réponses immunitaires spécifiques de l’EBV.

 niveau socio-économique : bas.


Alccool + tabac
Pas de rôle
Diagnostic positif: Clinique

 La symptomatologie d’appel
est souvent tardive, trompeuse
et parfois difficile à interpréter.
 1- Signes cliniques
 ADP : dans 40 % des cas, c’est
le motif de la première
consultation. Elles sont hautes,
sous-parotidiennes, dures,
peu douloureuses.
Diagnostic positif: Clinique

 signes otologiques : 25 %.
 obstruction tubaire

 hypoacousie de transmission

 sensation de plénitude de

l’oreille
 acouphènes

 Leur prédominance

unilatérale et leur caractère


douloureux doivent attirer
l’attention.
Diagnostic positif: Clinique
 signes rhinologiques :
20 %
 obstruction nasale avec
suppuration secondaire
 épistaxis souvent
unilatérale
 sinusite maxillaire
réactionnelle
 voix nasonnée
Diagnostic positif: Clinique
 Signes Neurologiques :
10 %
 céphalées persistantes
 névralgies faciales,
rebelles, maxillaires
supérieures surtout
 atteinte des nerfs
moteurs : diplopie (VI),
trismus (v), atteinte des
nerfs mixtes et du XII
Diagnostic positif: Clinique
 2- Examen clinique
 Rhinoscopie antérieure : peut

montrer une zone saignante,


croûteuse sur la paroi
postérieure du cavum.
 Rhinoscopie postérieure :

apporte la certitude en mettant


en évidence une tumeur dont on
précisera l’aspect et le siège.
Elle sera suivie par la biopsie
qui donnera confirmation par
le résultat histologique.
Rhinoscopie postérieure

posterior rhinoscopy - Copie.flv


Diagnostic positif: Clinique
 Nasofibroscopie
Fibroscopie cavaire
Carcinome cavaire
Cancer cavaire + biopsie
Diagnostic positif: Clinique
 Otoscopie :
* normale
* peut montrer 1ou 2
tympans rétractés.
* parfois, il existe un
épanchement liquidien.
 Examen de
l’oropharynx : recherche
une extension tumorale
Diagnostic positif: Clinique
 Examen neurologique : des
paires crâniennes
 Palpation des aires
ganglionnaires cervicales :
positive dans 3/4 des cas.
Examens complémentaires

 Sont surtout radiologiques : permettent la


mise en évidence de la tumeur dans la
lumière rhinopharyngée et l’étude de
l’envahissement tumoral de la base du crâne.

 Incidences standard :
- Rx du cavum (profil)
- incidence de Hirtz

 tomographies sagittales, axiales et


frontales de la base du crâne centrées sur
le cavum
Examens complémentaires
Ce bilan permet :  de retrouver des images
pathologiques :
 épaississement rigide et rectiligne

 épaississement irrégulier

 disparition de la clarté tubaire

 de préciser le volume tumoral et surtout l’invasion


osseuse (lyse osseuse).
 Scanner/IRM : indispensable pour apprécier l’extension

tumorale et pour la tactique thérapeutique.


TDM
IRM
Diagnostic différentiel

 - Chez l’enfant
 végétations adénoïdes
 polype de Killian : on retrouve un
pédicule
 fibrome nasopharyngien : dur, bien
limité et survient chez l’adolescent de
sexe masculin = tumeur de la puberté
masculine
 - Chez l’adulte :
 affections spécifiques : sarcoidose,
syphilis, tuberculose.
 tumeurs bénignes : kyste, lipome,
papillome.
Végétations adénoides
Complications
 propagation directe transosseuse
Responsable de nombreux syndromes neurologiques
 Ed de la fente sphénoïdale : atteinte des oculomoteurs et de
l’ophtalmique de Willis
 Ed de l’apex orbitaire : atteinte du nerf optique + amaurose
 Ed de Foix : paralysie oculomotrice + amaurose + exophtalmie
 
 Envahissement pétrosphenoidal
 Ed de Lannois- Gradenigo : atteinte des V ET VI
 Ed de Jacob : atteinte des II, III, IV, V, VI.
 
Complications
 Extension ganglionnaire sous crânienne
Réalise par compression exocrânienne
 Atteinte de tous les nerfs crâniens d’un même coté = Ed

de Garcin : rare
 Ed déchiré postérieur = Ed de Vernet : paralysie du

IX,X, XI.
 Ed sous parotidien postérieur = Ed de Villaret : atteinte

des IX, X, XI, XII et du sympathique cervical.


 Ed condylo- déchiré postérieur = Ed de Sicard : atteinte

des IX , X, XI, XII.


Bilan préthérapeutique

Comprend :
 la recherche de métastases :
 par l’examen clinique en particulier
(ADP axillaires)
 un cliché du thorax
 échographie abdominale,
scintigraphie osseuse
 TDM et IRM:Cavum, base du crâne
 Pet-scan : La tomographie par
émission de positron

Elles sont rares au premier examen.


Bilan préthérapeutique
 un examen stomatologique
= cliché panoramique, mise
en état de la bouche,
appréciation de la denture.
Bilan préthérapeutique
 un examen ophtalmologique = bilan de la
motricité oculaire
 bilan audiométrique et
impédancemétrique
 si possible sérologie anti-EBV
 appréciation de l’état général
CLASSIFICATION–7th edition: UICC 2009,
APPLICATION JANVIER 2010

 T1: Nasopharynx, oropharynx or nasal cavity Anatomical Stage Groups


(was T2a)without parapharyngeal extension

 Stage I: T1N0

 T2: Parapharyngeal extension (was T2b) 


 Stage II:T1N1,T2N0, N1


 Stage III : T1, T2N2,T3N0, 1, 2
 T3: Bony structures of skull base and/or
paranasal sinuses

 Stage IVA T4N0, 1, 2

 T4 :Intracranial, cranial nerves, hypopharynx, 


 Stage IVB Any T N3
orbit, infratemporal fossa/masticator space

 Stage IVC Any T Any N M1

 N1: Unilateral cervical, unilateral or bilateral


retropharyngeal lymph nodes, above 
 Stage II compressed
supraclavicular fossa; < 6 cm
Changes from TNM 66
 N2: Bilateral cervical above supraclavicular
fossa; < 6 cm
Remarque: Élimination du
 N3a :>6 cm; N3b: Supraclavicular fossa
Mx
 
Traitement

 Le traitement des cancers


du nasopharynx est
essentiellement
radiothérapique =
irradiation de la tumeur
primitive et des aires
ganglionnaires.
 
Traitement

 Il existe d’autres moyens


complémentaires :
 chimiothérapie
 chirurgie des aires
ganglionnaires : limitée aux
reliquats ganglionnaires
persistant plus de 2 mois
après la fin de la
radiothérapie
 Chirurgie cavaire: récente,
pour les récidives
 
Traitement

 Taux de survie : 40 % à 3 ans


 30 % à 5 ans
 
 Surveillance : Elle recherche :

 récidive locale

 récidive ganglionnaire

 métastases :

* scintigraphie osseuse
* téléthorax systématique.

 
Conclusion
 Présent à l’état endémique dans notre pays, le
cancer du cavum bien que de symptomatologie
trompeuse, doit être diagnostiqué le plus tôt
possible afin d’avoir les meilleures chances de
rémission.
 

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