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ETUDE DES PATHOLOGIES

DES OUVRAGES EN GENIE


CIVIL

AMIN BEN SAID


CE COURS EST COMPOSE DE 3
CHAPITRES ESSENTIELS :

I. PATHOLOGIE DES CHAUSSEES

II. PATHOLOGIE DES OUVRAGES EN BETON


ARME

III CLASSIFICATION DES OUVRAGES D’ART SELON LA METHODE


. IQOA
PATHOLOGIE DES
CHAUSSÉES :

 RAPPEL SUR LES


STRUCTURES DE CHAUSSEES
LES PLUS COURANTES

 LES DIFFERENTS TYPES DE


DEGRADATION DE
CHAUSSEES

 L’AUSCULTATION DE
CHAUSSEE
RAPPEL
1 – RAPPEL SUR LES STRUCTURES DE CHAUSSEES LES PLUS COURANTES:
a.1 – Chaussée souple traditionnelle ( Trafic faible à moyen faible)

On appelle une chaussée souple une structure comportant une couverture bitumineuse d’épaisseur inférieur

ou égale à 15cm appelée couche de surface qui peut être parfois réduite à un enduit en cas de faible trafic.

L’assise est réalisée d’une ou plusieurs couches de matériaux granulaires non traités (GNT) dont l’ épaisseur

l’ensemble de la structure varie généralement entre 20 et 60 cm


a.2 – Comportement d’une chaussée souple :

Comme l’indique son nom ,il s’agit d’une structure flexible qui a

l’aptitude de se déformer sans se rompre sous l’action des sollicitations

tout en transmettant directement les contraintes répétitives

engendrées par le trafic vers le sol support avec une faible répartition

latérale . Par conséquent La tenue dans le temps est fortement

influencée par la qualité du sol support. En fait ce dernier risque de

subir une déformation plastique (déformation permanente) qui se

traduirait en surface par d’importantes déformations de la chaussée.

Une couche d’assise en matériaux granulaires non traités est


désignée comme étant une couche souple

Cette dernière travaille principalement à la compression et favorise la transmission des efforts verticaux dus aux
trafic Sur le sol support .

Une couche bitumineuse mince <12 cm ,sur une assise de matériaux non traités, n’assure qu’une

diffusion très faible des contraintes verticales dues au trafic et subis à sa base des efforts de traction par flexion .
b.1 – Chaussée bitumineuse épaisse

Cette structure est conçus pour toutes catégories de trafic sauf très faibles et charges lourdes

exceptionnelles , elle est composée d’un revêtement bitumineux sur une assise réalisée en matériaux traités aux
liants hydrocarbonés dont l’épaisseur est le plus souvent comprise entre 14 et 40 cm.

Remarque : Une chaussée souple peut être transformée en une chaussée bitumineuse épaisse en cas de
rechargements successifs en enrobés.
b.2 – Comportement d’une Chaussée bitumineuse épaisse :
Contrairement aux chaussées souples , la structure

Bitumineuse épaisse assure une bonne répartition des

contraintes verticales engendrées par le trafic grâce à sa

couche d’assise traité en liant hydrocarboné . En effet ,

La rigidité et la résistance de cette dernière permet de réduire

d'une façon remarquable les efforts au niveau du sol support .

Par conséquent , cette structure assure une protection suffisante du

sol support vis-à-vis les déformations plastiques En dehors des

circonstances exceptionnelles comme

les périodes très pluvieuses.


C.1 – Chaussée rigide

Une chaussée rigide est constituée d’un revêtement en béton de ciment (avec ou sans goujon) d’épaisseur

comprise entre 15 et 39 cm qui joue le rôle d’une couche de roulement et d’une couche de base. En fait , En ce

qui concerne l’assise de la dalle :

Si le trafic >50 PL/j/sens : la dalle de béton repose sur une

couche de fondation en béton maigre ou matériaux traités

aux liants hydrauliques

Si le trafic ≤ 50 PL/j/sens, la couche de fondation n’est pas nécessaire. La dalle en Béton de Ciment peut être réalisée
directement sur la plate-forme support de chaussée.
C.2 – Comportement d’une Chaussée rigide:
Vue sa rigidité , le béton étale la charge sur une grande surface et limite les pressions exercées sur la couche de

forme . Ces structures rigides absorbent les efforts et en transmettent peu au sol. Le principal inconvénient est "l'effet

de poutre" du béton, dont la partie basse soumise à des efforts de traction peut être fragilisée, sauf si ces efforts sont

compensés par des armatures métalliques. La dilatation du béton peut également provoquer des fissures, si le

phénomène n'est pas maîtrisé par la mise en place de joints de dilatation.

d – Conclusion :

Plus la rigidité de la structure de la chaussée


est élevée plus l’atténuation et la répartition
uniforme des efforts induits par les charges
roulantes sur le sol support sont assurées

Répartition des charges en fonction de la rigidité de la structure


ORGANNIGRAMME GENERAL DES FACTEURS DE DESORDRE

TRAFIC CLIMA MALFAÇON


T

SOLLICITATION VARIATION
IMPORTANTE (PL) UV REINTERVENTIONS
THERMIQUE

FROTTEMENT DEFAULTS DE :
EFFET DE L’EAU
DES PNEUMATIQUES ‐CONCEPTION
‐REALISATION
TRAFIC

PASSAGES REPETES DE VEHICULES EFFORTS TANGEANTIELS ET


SOLLICITATION IMPORTANTE (PL) FROTTEMENT DES PNEUMATIQUES
AGGRAVE PAR LA PRESENCE DES PL

FATIGUE DE LA STRUCTURE
USURE DE LA COUCHE
DE ROULEMENT
FATIGUE FATIGUE
INTERNE EXTERNE
(C.INFERIEURES) (C.ROULEMENT)
POLISSAGE DESAGREGATS : ARRACHEMENT DES
REDUCTION DE L’ADHERENCE MICRO PARTICULES DE
DE LA CHAUSSEE LA CHAUSSEE

DEFORMATIONS FISSURATIO
IRREVERSIBLES N DE
FATIGUE
CLIMA
T

EFFET DE L’EAU
ENSOLEILLEMENT (R.UV) TEMPERATURES
/ EXPOSITION AUX INTEMPERIES
INFILTRATION. INFILTRATION
V A TRAVERS LATERALE A TRAVERS
LES FISSURES LES ACCOTEMENTS ESTIVALE HIVERNALE
VIELLISSMEENT DU LIANT
HYDROCARBONE
REMONTEE CAPILLAIRE
(PAR LE BAS)
RISQUE
DURCISSEMENT DU BITUME D’ORNIERAGE
OU DE RESSUAGE
(PLUS CASSANT)
• DEGRADATION DE LA PORTANCE DU SOL
• DEGRADATION DE LA RIGIDITE DES GNT
• DEGRADATION DE LA RESISTANCE DES BITUME FRAGILISÉ
FISSURATION SUPERFICIELLE
RISQUE DE FISSURATION
ANARCHIQUE MATERIAUX BITUMINEUX (INTERACTION
LIANT‐GRANULAT ROMPUE PAR L’EAU)

• AUGMENTATION DE L’AMPLITUDE DES DEFORMATIONS PERMANENTES


• EPAUFRURE DES LEVRES DE FISSURE SUIVI DE DEPART DE MATERIAUX
ET FORMATION DE NIDS DE POULE
PENETRATION DE L’EAU DANS LA CHAUSSEE
MALFAÇON

DEFAUTS DE CONCEPTION
REINTERVENTIONS
DEFAUTS DE REALISATION

• PORTANCE DU SOL NON ETUDIEE


• SOUS EPAISSEUR
• DEFAUT D’EPAISSEUR TRAVAUX DE
• COUCHE DE ROULEMENT MAL
• DEFAUT DE COLLAGE (V/H) RESEAUX ENTERRES
ADAPTEE
ENTRE LES COUCHES EN TRANCHEES
• STRUCTURES DIFFERENTES
(TRAVAUX D’ELARGISSEMENT)
MATERIAUX
CONSTITUTIFS
GNT PROBLEMES DE COMPACTAGE

TENEUR EN EAU ELEVEE FORTE TENEUR EN FINE MATERIAUX BITUMINEUX • d’altérations de la chaussée au droit de la
tranchée
• fissures parallèles à la tranchées
• tassements de matériaux de la tranchées
REDUCTION DES SENSIBILITE AU GEL PAR DEFAUT DE • des affaissements en surface
RETENTION DE L’EAU COMPACTAGE accompagnés de stagnations d’eau
PERFORMANCES CAPILLAIRE • l’apparition de déformations dans les
MECANIQUES
DEFAUT DE DOSAGE profils en travers et en long

MANQUE IMPORTANT DE FINE


MATERIAUX BITUMINEUX

SOUS DOSAGE SUR DOSAGE SUR SUR COMPACTAGE DES SOUS COMPCATAGE DES MANQUE IMPORTANT
LES COUCHES SURFACE COUCHES DE SURFACE MATERIAUX BITUMINEUX DE FINE

• REDUCTION DE L’ADHERENCE • REDUCTION DE L’ADHERENCE


• ACCROISSEMENT DE • ACCROISSEMENT DU RISQUE
SENSIBILITE À L’ORNIERAGE ET L’ORNIERAGE
AU RESSUAGE

ACCROISSEMENT DE SENSIBILITE
THERMIQUE ET DE RISQUE
FISSURATION ALEATOIRE EN SURFACE
• REDUCTION DES PERFORMANCES EN FATIGUE
• ACCROISEEMENT DE LA SENSIBILITE À L’EAU
(DECOHESION LIANT‐GRANULAT)

ACCROISSEMENT DE SENSIBILITE À
L’ORNIERAGE
ORGANNIGRAMME GENERAL DES DEGRADATIONS

IL S’AGIT DE 4 FAMILLES DE DEGRADATIONS :

LES DEFORMATIONS LES FISSURES LES ARRACHEMENTS LES REMONTEES

Affaissement de rive Fissure longitudinale Nids de poules


Ressuage
Flaches Fissure transversale Pelades

Orniérage Faïençage Plumage


MODE D’ENDOMMAGEMENT D’UNE CHAUSSEE SOUPLE
Causes de dégradation / Sollicitation produite
MODE Partie sollicitée
D’ENDOMMAGEMENT Conséquences / Dégradations
Dégradation par fatigue :
Efforts répétés de traction par flexion la base de la Apparition en surface de fissuration longitudinale dans
favorisés par la faible épaisseur de la couche les bandes de roulement évoluant rapidement vers un
couche de roulement bitumineuse faïençage à mailles fines.

Apparition en surface des déformations plastiques :


Chargement répété dû au trafic avec :

Compression répétée favorisée par la ‐Orniérage à grand rayon


faible rigidité de l’assise en matériaux Sol support ‐flashes et affaissements de rive
non traités (absence de cohésion) Ces derniers croissent en gravité
et en étendue

usure de la couche de roulement par arrachement de


gravillons ou du liant
Couche de Aggravé par le vieillissement du liant qui peut se
Effort tangentiels – Climat surface traduire par l'apparition d'une fissuration superficielle
anarchique.

L’absence de l’entretien ou de la réparation à long terme favorise l’ infiltration


de l’eau à travers les fissures ce qui entraine :
D’une coté une réduction de la portance du support en temps pluvieux ,
ce qui augmente l’amplitude des déformations permanentes :
endommagement continue de la structure
D’autre coté , ces infiltrations accélèrent l’évolution de la fissuration
en provoquant l’épaufrure des lèvres de fissures avec départ des matériaux
(arrachement) qui se termine par l’apparition de nids de poule :
MODE D’ENDOMMAGEMENT D’UNE CHAUSSEE BITUMINEUSE EPAISSE
HYPOTHESE D’UNE CHAUSSEE CORRECTEMENT DIMENSIONNEE
Causes de dégradation Partie endommagée Conséquences / Dégradations
Trafic lourd + Surface de la Orniérage par fluage de la couche de
Température chaussée surface
élevé
Surface de la usure de la couche de roulement /
Frottement des pneumatiques / Effort tangentiels chaussée arrachement des gravillons
À Long terme : Phénomène d’endommagement par fatigue des couches bitumineuses
1‐ Fissuration en fond de la couche
du fond de l’assise 2‐ Remontée de la Fissuration
Trafic / efforts répétés de traction‐flexion à la base de l’assise bitumineuse
bitumineuse longitudinale en surface longeant
Jusqu’à la les bandes de roulement et les
(ça peut être un phénomène prématuré au cas où la densité Couche de
de véhicules devient supérieur à celle prévu initialement) zones faibles (**)
3‐ Faïençage de plus en plus fin
roulement

Phénomène de vieillissement de l’enrobé bitumineux de la couche de roulement (rigidification de l’enrobé)


Enrobé fragile et très sensible à la fissuration sous
l’ action des UV et des intempéries Surface de la
chaussée Apparition de fissures anarchiques
(effets accentués avec l'âge de la chaussée

L’absence de l’entretien ou de la réparation à long terme favorise l’ infiltration de l’eau dans l’arase terrassement provoquant
• une dégradation irréversible de la portance
• Epaufrures des bords de fissures Aggravation du faïençage puis des arrachements
• Accélération du dés‐enrobage des matériaux bitumineux et formation des nids de poule par départs de matériaux

Les dégradations sont aggravées au niveaux des zones faibles(**): Portances affaiblies, décollements entre couches
la fissuration longitudinale dans les bandes de roulement peuvent aussi apparaître en progressant du haut vers le bas des
couches bitumineuses.
(*) le fluage est le phénomène de déformation irréversible d’un matériaux , ce phénomène s’accentue lorsque la température
du matériaux augmente
Relevé des dégradations / Chaussée revêtue en bicouche

Pelades Nids de poule / stagnation d’eau

Dégradation accentuée par infiltration d’eau Fissure transversale au droit du nu arrière


des piédroits 23
Relevé des dégradations / Radier en béton armé ép 20 cm

-Usure du revêtement en bicouche Epaufrure localisée : effritement du


-Ecaillage : désagrégation superficielle bord de la dalle au niveau du joint
de la surface du béton par agression des eaux

-Fissures transversales ramifiées Fissures longitudinales non limitées


-Nids de poule à la bande de roulement 24
-Stagnation des eaux de ruissellement
PRISE ET
DURCISSMENT
PRISE ET DURCISSEMENT DU BÉTON :
• INTRODUCTION :

Lorsque le béton est gâché dans la bétonnière ou dans le malaxeur de la centrale à béton, des réactions chimiques débutent dès que
les grains de ciment entrent en contact avec l’eau. Dans un premier temps, ces réactions sont très lentes. Le béton reste alors frais et
maniable ce qui lui permet d’être utilisable sur le chantier et remplir aisément les coffrages. Puis ces réactions chimiques, appelées
réactions d’hydratation, vont s’accélérer et provoquer la perte de fluidité progressive du béton et ensuite la prise et
le durcissement progressif du ciment. Elles vont se poursuivre sur le long terme (au-delà de 28 jours).
• LES DIFFÉRENTES PHASES DE LA PRISE ET DURCISSEMENT DU BÉTON :

La prise et le durcissement du béton se fait en 3 étapes :


– Phase dormante : le béton frais conserve sa maniabilité et reste utilisable. L’hydratation des grains de ciment reste lente.
– Début et fin de prise : à la fin de la période dormante succède le phénomène de prise qui correspond à l’accélération des
réactions chimiques d’hydratation du ciment. Ces réactions donnent naissance à des hydrates, qui sont des microcristaux ayant
la forme de fibres, de plaquettes ou d’aiguilles. Des ponts d’hydrates commencent à relier les grains de ciment entre eux.
Le début de prise s’observe généralement sur un béton classique après 2h et se traduit par une augmentation de la viscosité du
béton.
La fin de prise correspond au moment où la pâte cesse d’être déformable et devient un matériau rigide. Les grains de ciment
sont tous solidarisés.
– Durcissement : La poursuite de l’hydratation se traduit par le durcissement. Résultat de la formation progressive de cristaux
dont l’enchevêtrement et la croissance assurent la cohésion des différents grains du béton. La résistance mécanique continue à
croître pendant très longtemps, même après 28j.
LES PHASES DE LA PRISE ET DURCISSEMENT DU BETON
Le phénomène de la prise et de durcissement du béton est le résultat d’un certain nombre de réactions chimiques
qui se déclenchent dès la mise en contact des grains de ciment avec l’eau . Ce phénomène se fait en 3 étapes :

PHASE DORMANTE DEBUT ET FIN DE PRISE DURCISSEMENT


(Après 2h pour un béton (POURSUITE DE L’HYDRATATION)
classique)
Béton frais , maniable
et de bonne ouvrabilité
(Parfaitement Accélération des réactions formation progressive
fluide) chimiques d’hydratation du ciment de cristaux

Hydratation lente des


grains de ciment Formation des hydrates reliant les
grains de ciment entre eux Cohésion des différents
grains de béton par
dissolution des enchevêtrement et
aluminates et des silicates Augmentation de la viscosité croissance des cristaux
béton (perte de fluidité )
et réduction de son
Transformation en ions des ouvrabilité
composantes du ciment
La pâte cesse d’être déformable Augmentation continue
Le béton devient rigide tout en dégageant une de la résistance
L’eau de gâchage chargée importante chaleur (Réaction exothermique) mécanique même après
et saturée en ions les grains de béton sont tous solidarisés 28 jours
permet la prise et le Fin de prise
durcissement du béton
Informations diverses : Simulation d'écoulements de fluides de
viscosité très différentes :
• L'hydratation est l'ensemble des réactions chimiques qui
s'effectuent lors et après le mélange du ciment avec l'eau
• Hydratation = cristallisation

• Le mélange eau et ciment ainsi "cristallisé" enserre les


granulats et produit un matériau compact
• Le durcissement se poursuit de manière continue pendant
plusieurs mois.
• Le durcissement n’est pas un séchage. Il peut très bien se
produire sous l’eau
• La fluidité est la capacité d'un fluide à s'écouler sans résistance.
• La viscosité peut être définie comme l'ensemble des phénomènes de
résistance au mouvement d'un fluide pour un écoulement avec ou sans
turbulence. La viscosité diminue la liberté d'écoulement du fluide et dissipe
son énergie.

• La température élevée, le vent, la soleil et l’ air sec sont des


conditions atmosphériques défavorables pendant la période de prise et
de début de durcissement du béton.
INFLUENCE DES CONDITIONS CLIMATIQUES SUR LA PRISE ET LE DURCISSEMENT DU BETON

 Les conditions climatiques influent sur la prise et le durcissement du béton. En effet, la réaction d’hydratation est
fonction des températures atmosphériques. La prise et le durcissement du béton sont plus rapides lors de températures
élevées et plus lents en cas de températures froides. Ainsi, lorsque les températures sont élevées, c’est-à-dire
supérieures à 25 °C, l’hydratation ne s’effectue pas correctement en raison d’une importante évaporation d’eau : la
prise et le durcissement sont plus rapides mais la résistance à 28 jours du béton est moindre.
• Plus la température est élevée
plus la résistance à court terme est élevée
• Alors qu’à long terme (28 jours et plus), l’influence
de la température est inversée, c’est-à-dire que
plus la température initiale est élevée, moins bonnes
sont les résistances
Le graphique suivant illustre l’influence de la température extérieure sur
la progression des résistances :

 Ce défaut de résistance peut être contourné en évitant le coulage aux heures les plus chaudes et en veillant à stocker à
l’ombre les granulats. De même, une fois coulé, le béton doit être protégé au moyen d’une bâche ou d’un produit de
cure afin d’éviter une évaporation trop rapide de l’eau contenue dans le béton et lui garantir une hydratation optimale.
Si la température est comprise entre -5 et 5 °C, la prise et le durcissement sont possibles mais plus longs.
En dessous de -5 °C, des ciments spéciaux et des adjuvants peuvent rendre possible la prise du béton.
La cure permet de protéger de la dessiccation (perturbation de l’hydratation par manque d’eau) le
béton au jeune âge et a pour objectif :
• d’éviter la fissuration de la chape ou de la dalle ;
• de permettre une montée en résistance dans de bonnes conditions ;
• de conférer au béton des performances satisfaisantes.
La solution à privilégier pour curer une dalle ou une chape consiste à pulvériser un produit de cure à la surface
du béton ou du mortier frais. En fait , Le produit de cure va former une pellicule étanche qui va s’ opposer à
l’évaporation de l’eau et protéger le béton (ou le mortier) de la dessiccation* pendant plusieurs jours.
La dessiccation du béton = Phénomène d’évaporation d’une partie de l’eau contenue dans le
béton . Ce phénomène résulte à la fois :
• de l’augmentation de la température interne du béton
(sous l’effet des réactions chimiques qui se produisent lors de la prise)
• des conditions atmosphériques extérieures
Une fois coulé, le béton reste vulnérable tant que le phénomène de prise n'est pas terminé. L'évaporation trop
rapide de l'eau de gâchage d'un béton frais peut provoquer la fissuration aux endroits de plus faible
résistance.
LE RETRAIT
DU
BETON
RETRAIT DU BETON
1/ C’est quoi le retrait du béton ?
Le retrait correspond à une contraction volumétrique que l'on observe quand du béton se dessèche . Cela est due à des
phénomènes chimiques et physiques qui se déclenchent dès la mise en œuvre du béton et se poursuivent durant la phase de la
prise et du durcissement.
2/ Quels sont les différents types de retrait ?
On peut identifier cinq formes de retrait :
-Retrait chimique
-Retrait plastique
-Retrait endogène ou d’auto-dessiccation : plus important pour les bétons à hautes résistances
-Retrait de séchage ou retrait de dessiccation : prépondérant dans les pièces minces en bétons courants
-Retrait thermique : prépondérant dans les pièces massives
Ces types de retrait, selon les circonstances, peuvent, ou non, se produire de façon simultanée et indépendante
les uns des autres.
NOTA : Les retraits thermique et d’auto-dessiccation concernent la masse du béton. Cependant ,
les retraits plastique et de dessiccation concernent les parements.
3/ Le retrait , a-t-il des conséquences néfastes sur le béton ?
Lorsque elles ne sont pas maitrisées par le ferraillage ou la présence de joints , les variations dimensionnelles provoquent
l’apparition de fissuration dès le très jeune âge du béton. Non seulement ces fissures nuisent à l'apparence du béton, mais elles
favorisent aussi la pénétration d'agents agressifs dans le béton et accélèrent la corrosion des armatures.
3/ Manifestation des retraits du béton en fonction du temps :

AVANT OU APRES LA PRISE


PENDANT LA PRISE (QUELQUES JOURS
À QUELQUES SEMAINES,
VOIRE PLUSIEURS MOIS

RETRAIT PLASTIQUE RETRAIT ENDOGENE ‐ AUTODESSICATION

RETRAIT RETRAIT THERMIQUE

CHIMIQUE RETRAIT DE DESSICCATION


DEFINTIONS DES TYPES DE RETRAIT
RETRAITS DEFINTIONS
Le retrait chimique est la conséquence directe des réactions d'hydratation.
Retrait chimique ou Il s’agit d’une déformation du fait que le volume des produits de l’hydratation est plus petit que le
contraction Le Chatelier volume des réactifs en présence .

L e retrait plastique est provoqué par la dessiccation du béton avant sa prise .


Cette perte d’eau se fait par évaporation à l’air sec ambiant et peut être favorisée par les facteurs
suivants :
Retrait plastique • l’ ajout d’eau non maitrisé : L’excès d’eau entraîne son évaporation très rapide dans le béton.
(par évaporation) • absorbation d’eau d’un béton ou un sol sous jacent sec
Cela s’illustre par de nombreuses fissures aléatoires en surface du béton.
Ce phénomène peut être limité par la cure du béton

Cette déformation est présente même sans échange hydrique avec l’environnement. Il s’agit donc
Retrait endogène d’une dessiccation interne du béton
aussi appelé retrait Ce retrait apparaît surtout avec les bétons présentant un rapport eau/ciment (E/C) faible et une
teneur élevée en fines . Dans ces conditions, le ciment prélève de telles quantités d'eau lors de
d’auto‐dessiccation ou l'hydratation du béton jeune que des pores remplis d'air se forment rapidement. Ce phénomène
retrait chimique d'autodessiccation entraîne des pressions capillaires qui conduisent à un retrait rapide dans toute la
(sans échange d’eau avec masse du béton.
l’extérieur) La consommation d’eau ,résultant de l’hydratation du ciment , conduit à une contraction du béton.
Lorsqu’il est empêché, ce retrait peut provoquer des fissures.

Ce Phénomène est lié au retour du béton à température ambiante , résultat du décroissement de


l’intensité des réactions chimiques exothermiques au moment de la prise ou juste après . En effet , la
Retrait Thermique diminution de la T° du béton est accompagnée d’une contraction thermique.
La diminution de volume par refroidissement génère des déformations empêchées qui peuvent
conduire à l’apparition de fissures.

Le retrait de dessiccation se développe dans le béton au cours de son durcissement, pendant les
Retrait de séchage ou de premiers mois. Il est plus important en surface que dans la masse du béton.
dessiccation C’est un retrait du béton durci causé par l’évaporation de l’eau contenue dans la porosité du béton, à
(Départ vers l’ extérieur de l’eau partir des surfaces libres soumise à l’air ambiant ayant un degré d’humidité inférieur à celui du béton.
interne /évaporation) Ce processus de séchage génère une diminution de volume du béton. La perte d’eau est progressive
et décroissante au cours du temps.
FISSURATION DUE À UN RETRAIT PLASTIQUE SUR UNE DALLE EN BETON :
FISSURATION DUE À UN RETRAIT PLASTIQUE SUR UNE CHAPE EN BETON :
1 ‐ FISSURATION DUE AU RETRAIT DE SECHAGE SUR UNE DALLE EN BETON :

2 ‐ FISSURATION DUE À UN RETRAIT PLASTIQUE SUR UNE DALLE EN BETON :

Lorsque la surface est entièrement séchée, des contraintes capillaires se développent progressivement, avec pour
conséquence une fissuration erratique importante semblable à celle d'un terrain argileux aride.
PRINCIPE DE PREVENTION DU RETRAIT

Les principes de base de la prévention pour chaque type de retrait :


Prévention du risque de retrait plastique
 Limitation de l’évaporation de l’eau avant et pendant le durcissement
 Cure
• Pulvériser un produit de cure dès la fin du coulage (à l’aide d’un pulvérisateur adapté), ou au fur
et à mesure du coulage pour les grandes surfaces ou les temps de mise en œuvre longs.
• Humidifier les coffrages et le support avant coulage.
• Faire un béton sans excès d’eau.
• Diminuer le temps de prise par temps froids (ciment plus nerveux, ajout d’un adjuvant
accélérateur).
• Talocher la surface juste avant la prise pour refermer les fissures.
• Utiliser un béton comportant des microfibres polypropylène
(celles‐ci visent à limiter la fissuration par retrait plastique)

Pulvérisation d’un produit de cure sur la surface du béton frais


afin d’empêcher l’évaporation de l’eau du béton / Vidéo min :7.00
Prévention du risque de retrait thermique

• Limiter la chaleur dégagée en utilisant un ciment à faible chaleur d’hydratation.

• Protection de la surface des parements

• Refroidissement du béton

• Ne pas utiliser des matériaux trop chauds (ciment pas trop chaud – refroidir les granulats)

Prévention du risque du retrait après prise (retrait de séchage et retrait endogène) :

• Faire un béton compact sans excès d’eau.

• Assurer une cure de la surface du béton pendant les premiers jours (à l’aide d’un produit de cure pulvérisé en

surface, ou bien par mise en place d’un polyane ou encore par aspersion régulière d’eau).

• Prévoir des joints de retrait sur 1/3 de l’épaisseur, à intervalles réguliers.

• Armer le béton à l’aide d’un treillis soudé.

• Désolidariser le béton de son support (par mise en place d’un polyane ou d’un lit de sable).
SOLLICITATIONS
THERMIQUES DES
DALLES EN BETON
CONTRAINTES DU BETON FRAIS

Retrait plastique Retrait thermique Gradient de température

Le retrait thermique est la Même avant que la prise ne soit


Le retrait plastique est propre aux contraction accompagnant le terminée, une différence de
mélanges contenant des liants refroidissement du béton dilaté température peut survenir entre la
hydrauliques et survient principalement suite à la réaction d'hydratation partie supérieure et la partie
du fait que l’eau s’évapore du mélange. exothermique qui accompagne inferieure de la couche de béton
Ce retrait est de loin le plus important la prise du liant .
durant la phase plastique, avant la fin de
la prise du ciment, et donc pendant
environ les six à neuf premières heures
suivant la préparation du béton. Le Le refroidissement nocturne peut
retrait plastique libère durant cette entrainer un gradient de
période peut être jusqu’a dix fois température négatif :
supérieur au retrait de dessiccation total la partie supérieure plus froide que
entre 23 heures et 300 jours du même la partie inferieure ce qui a
béton a température et humidité pour conséquence le cintrage des
constantes (le retrait plastique libre d’un dalles. Ce phénomène est appelé
béton non protège par vent faible atteint ≪ effet de cintrage incorpore ≫
environ 3 mm/m ; le retrait
hygrométrique total après la prise est
approximativement de 0,3 a 0,4 mm/m).
FISSURATION ALEATOIRE DU BETON FRAIS EN ABSENCE DE PROTECTION :
Le CURLING (cintrage ou gauchissement)

Les gradients thermiques négatifs provoquent la déformation de


la dalle en coupelle ,les bords se relèvent et une partie de la
dalle fonctionne en « console ». Cette situation se produit aux
bords libres (limites latérales du revêtement) et aux joints
transversaux dont le transfert de charge est faible.

L a surface de la dalle est comprimée


et le bas de la dalle est tendue

Le béton se rétracte plus rapidement sur sa surface


supérieure étant donné qu'elle est exposée à l'air

Défaut de joint : Soulèvement du bord des joints avec apparition


d’un bruit sourd lorsque les véhicules passent dessus

Perte de contact entre la dalle et le matériau de fondation

+ Passage des véhicules sur le joint :

Ecaillage et fracture des bords des dalles vu que le soutien


apporté par la fondation s’est érodé

l’effritement et la détérioration des bords, suivis par


l’apparition de fissures parallèles au joint

Le gauchissement s’observe surtout aux joints de construction, mais il


peut également se produire aux fissures ou aux joints de contrôle
CONTRAINTES DU BEON DURCI

Gradient de
Retrait Dilatation thermique
température

Le béton durci continue En raison de ce gradient de


température, les fibres
a perdre de l’eau :
supérieures et inferieures vont
retrait de dessiccation s’ étirer ou se contracter
avec, pour conséquence, une
déformation de la dalle

Il est également possible de limiter ce


phénomène en évitant, dans la
mesure du possible, les changements
brusques de température du béton
jeune (protection du béton frais) et en
réalisant des dalles suffisamment
courtes. Les contraintes de
déformation sont la raison pour
laquelle la largeur de la route doit
rester limitée.
De plus, la présence de joints de
retrait transversaux dans le
revêtement est indispensable.
Effets des gradients thermiques positifs et négatifs
Dilatation thermique
Les hausses de température sont a l’origine d’un allongement des dalles, qui est neutralise par
le poids propre du béton et le frottement avec le support. Cette dilatation comprime les joints,
ce qui entraine des contraintes de compression dans le béton. Ce phénomène ne constitue pas
un problème, étant donne que le béton résiste très bien a la compression. De plus, il engendre
un effet de précontrainte qui s’oppose aux tensions de flexion et de traction, ce qui est bénéfique
pour la durée de vie du revêtement. Dans la plupart des cas, les joints de dilatation ne sont pas
nécessaires, sauf a l’approche d’ouvrages d’art adjacents ou d’autres types de revêtements, ou
encore en cas de virages avec rayons de courbure réduits.
Auscultation des
structures de
chaussées
 INTRODUCTION
L’auscultation des chaussées est essentielle pour faire un diagnostic technique efficace et complet , permettant
de :
• Connaître l’état du réseau routier
• Identifier les besoins en intervention
• Établir les priorités et les stratégies
 DEMARCHE DES AUSCULTATIONS
1- Recueil du maximum d’informations possible sur la chaussée objet d’inspection :
• Historique de la chaussée :
- Plan de recollement , données techniques de construction …
- Données de dégradation : descriptif , évolution
- Historique de l’entretien
• Trafic : Reconnaissance du Trafic actuel
• Environnement :
- Contraintes géométriques
- Assainissement , drainage ..
• Climat :
- Pluviométrie
- historique et moyenne des températures
2- Auscultation par relevé visuel - Analyse de l’état de surface
L’examen visuel est l’ élément fondamental de l’auscultation , il permet à l’ingénieur d’établir les
premières hypothèses au sujet de l’origine des dégradations constatées et d’observer les points singuliers
décelés par des mesures de déflexion et d’uni
• Historique de la chaussée :
- Plan de recollement , données techniques de construction …
- Données de dégradation : descriptif , évolution
- Historique de l’entretien
• Trafic : Reconnaissance du Trafic actuel
• Environnement :
- Contraintes géométriques
- Assainissement , drainage ..
• Climat :
- Pluviométrie
- historique et moyenne des températures
DIVERS SUR L’UNI
UNI DE CHAUSSEE
• L’un des principaux attributs de la qualité d’une chaussée est son uni. En effet, l’uni est souvent la principale
qualité d’une chaussée que perçoit l’usager lorsqu’il circule, car elle influence son confort. Notons toutefois
que les effets de l’uni sont plus nombreux puisque l’uni a aussi une incidence sur la sécurité et sur le coût de
fonctionnement des véhicules..
• Il existe des seuils de tolérance pour chaque classe de route ( autoroute , nationale , régionale , collectrice )
Chaque fois qu’un segment de chaussée présente une condition qui
excède le seuil de la classe à laquelle il appartient, celui‐ci est considéré déficient.Le profil enregistré le long
d’une coupe transversale démontre les élévations et les ornières des chaussées, tandis que les profils
longitudinaux nous procurent de l’information sur la qualité, la planéité et la texture de la chaussée. A l’intérieur
de ce rapport, nous analyserons les profils longitudinaux. Le profil d’une route ou d’unechaussée peut être
enregistré le long d’une multitude de lignes imaginaires sur la surface. Donc, à moins de suivre la même ligne, il est
toujours difficile d’obtenir le même profil. Par contre, il existe toujours un « vrai profil » pour chaque ligne.
L’un des principaux attributs de la qualité d’une chaussée est son uni. En effet, l’uni est souvent la principale
qualité d’une chaussée que perçoit l’usager lorsqu’il circule, car elle influence son confort. Notons toutefois que les
effets de l’uni sont plus nombreux puisque l’uni a aussi une incidence sur la sécurité et sur le coût de
fonctionnement des véhicules. Les caractéristiques de l’uni des pistes de roulement ont un effet important sur le
niveau de service d’un réseau routier. Elles affectent particulièrement les éléments
suivants :
1. Le confort des usagers : en général les grandes longueurs d’ondes causent des oscillations de l’habitacle du
véhicule, tandis que les plus courtes occasionnent des vibrations au volant et au plancher.
2. La sécurité : les défauts d’uni contribuent à accroître le risque d’accident lorsque les oscillations dynamiques
appliquées en freinage ou en accélération sont anormalement élevées.
3. Le coût de fonctionnement des véhicules : les ondulations de la chaussée font grimper le coût de la
maintenance des suspensions et elles ont également un impact négatif sur le taux d’usure des véhicules.
L’uni est un indice reflétant la condition de surface d’une chaussée. Il qualifie la variation du profil en long de
la piste par rapport à un profil fictif qui serait
PATHOLOGIE DES
OUVRAGES EN BETON
ARME:
Terme Définition

Dégradation Tout abaissement des caractéristiques des composants d’une structure mettant
structurelle en cause la tenue d’ensemble de cette structure

Tout affaiblissement de la qualité de protection des bétons d’une structure en


Dégradation surface et sur une profondeur de quelques centimètres ne mettant pas en cause
la tenue de l’ensemble de cette structure
superficielle

Problème affectant un élément ou une partie d’ouvrage , qui se manifeste


Désordre progressivement ou brutalement , et qui dénote une évolution .C’est un
symptôme

Diagnostic Analyse d’un ensemble de facteurs visant à établir des conclusions

Ensemble des activités destinées à conserver un ouvrage dans des conditions


Entretien données de fonctionnement

Remise en état conforme à la situation initiale d’un ouvrage ou d’un élément


Réparation d’ouvrage ,et ensemble des mesures prises pour la correction des défauts
Durabilité d’un ouvrage
Définition :

La durabilité de l’ouvrage caractérise sa capacité à conserver les fonctions d'usage pour lesquelles

il a été conçu (fonctionnement structurel, sécurité, confort des usagers) et à maintenir son niveau de
fiabilité et son aspect esthétique dans ses conditions d’environnement, avec des frais de maintenance
et d'entretien aussi réduits que possible (sous réserve de la mise en œuvre d'une maintenance
préventive programmée).

Paramètres influant sur la durabilité d’un ouvrage :

‐La qualité de sa conception et des calculs

‐la qualité des matériaux et des produits utilisés

‐la qualité des dispositions constructives

‐Les diverses conditions d’exploitation et de maintenance

‐L’environnement de l’ouvrage climatique et chimique

‐Les phénomènes naturels (inondation , séisme )

‐Les accidents (incendie , guerre)


Durabilité au sens de l’eurocode :

Contrairement à ce que ce mot peut impliquer dans l’imaginaire de celui qui l'entend, durable ne veut
pas dire éternel : la durabilité au sens du dimensionnement des ouvrages (tel que définit dans les
eurocodes) correspond au croisement de deux informations :
• Le niveau de performance attendu pour l’ouvrage, défini par la phase de conception ;
• La durée de vie attendue de l’ouvrage quelle que soit la (les) sollicitation(s) avec un niveau de
maintenance et d’entretien défini.

La structure doit être projetée de sorte que sa détérioration pendant la durée d’utilisation de projet

n’abaisse pas ses performances au‐dessous de celles escomptées, compte tenu de l’environnement

et du niveau de maintenance escompté.

Durée d’utilisation du projet :

Durée pendant laquelle une structure ou une de ses parties est censée pouvoir être utilisée comme

prévu en faisant l’objet de la maintenance escomptée, mais sans qu’il soit nécessaire d’effectuer des

réparations majeures.
Durée de vie d’un ouvrage
Définition :

Il s’agit de la durée de service d’un ouvrage sans entretien spécialisé et sans réparation importante
du gros œuvre ou de la structure .

La durée de vie correspond donc à un fonctionnement normal et à une maintenance courante pour
un niveau de service . Il est à noter que cette durée de vie ne concerne ni les dispositifs de protection

(chapes d’ étanchéité ,etc.. ) , ni les équipements des ouvrages (garde‐corps , etc…) , ni les
revêtements (carrelage , etc..)

Tous les ouvrages sont soumis à un processus de détérioration dans le temps comprenant deux
phases : Phase d’initiation et phase de croissance

• Phase d’initiation : Aucun désordre n’est visible , mais l’ élément de structure en béton armé

perd sa protection .Il est par conséquent exposé à des agents , comme l’eau , avec ou sans

substances chimiques , qui pénètrent dans l’élément . Ces matières , en atteignant une certaine

concentration , rendent l’ élément structurel vulnérable face aux agents agressifs , ce qui déclenche

le processus d’endommagement .
• Phase de croissance :

L’ élément est soumis à un processus d’endommagement , du type corrosion des armatures ou

éclatement du béton qui conduit à une réduction de la capacité portante ou de la stabilité .

Cette phase prend fin quand un état limite de sécurité structurale ou d’aptitude au service est

atteint
• Fin de vie d’un ouvrage :

Le sinistre est une aggravation des désordres , qui peut lui‐même conduire à la ruine partielle ou

totale d’un ouvrage , c’est‐à‐dire sa destruction ou son effondrement partiel ou total .

La ruine constitue l’état ultime ,limite ou final d’une construction ou d’un ouvrage

l'ELU: Le dépassement de cet état conduit directement à la ruine de la structure, et au delà de l’état

limite ultime, la résistance des matériaux béton et acier est atteinte, la sécurité n’est plus garantie

et la structure risque de s’effondrer.


Désordres et dégradations couramment rencontrés
Bullage : Le bullage est un défaut de surface caractérisé par la présence de petites
bulles sur les parois du béton.
Origines possibles : béton pas ouvrable / coffrage inadapté / vibration inadapté
Ecaillage : L'écaillage est un phénomène de désagrégation des surfaces de béton provoqué par leur
exposition aux agents agressifs . Généralement, son apparition commence par de petites zones
localisées, qui par la suite peuvent se rejoindre, s'étendre et affecter de grandes surfaces.
Efflorescences :
Lorsqu'il y a présence d'eau dans la maçonnerie ou le béton, l'humidité dissout les
sels calcaires contenus dans le béton et les transporte en surface. Quand l'humidité
s'évapore, les sels cristallisent et forment un dépôt blanc et granuleux. En définitive,
le béton s'effrite, les peintures s'écaillent et des fissures peuvent apparaître.
Origines possibles: Mauvaise étanchéité / béton poreux soumis à l’humidité
mécanisme : humidité entraines sels solubles du cœur du béton vers la surface ou ils
cristallisent
Stalactite :
Origines possibles: Circulation d’eau dans les pores ou fissures du béton
mécanisme : humidité entraines sels solubles vers la surface où ils cristallisent
Présence de la couleur rouille : corrosion des armatures
Epaufrures ou éclatements localisés :
Défaut de surface dû à un choc, une dégradation ou à des intempéries sur le parement ou
l’ arête d’un élément de béton durci ou d’un bloc de pierre , dans une construction.
Faïençage :
Maillage de fissures fines et superficielles.
Origines possibles : excès d’ éléments fins dans la formulation du béton , dessiccation précoce du
béton ,
retrait de surface , gonflement du béton
Evolution : Fissuration non évolutive , problème esthétique , durabilité amoindrie
Nids de cailloux :
Un nid de cailloux est une zone du parement ou les granulats sont apparents à cause d’un

manque de pate de ciment en surface

Origines possibles (Problème de formulation ou de mise en œuvre) : Fuite de laitance

, ségrégation (hauteur de chute élevée) , béton mal vibré , ferraillage trop dense

Evolution : Augmentation de la vulnérabilité face aux agressions extérieurs

et augmentation des risques de corrosions des armatures


Eclatement du béton avec mise à nu des armatures:
Les barres d'acier gonflent sous l'effet de la corrosion et font éclater le béton.

Origine : Destruction de la protection des armatures (carbonatation du béton , Action des chlorures…)
Fissures de retrait :
• Origines possibles : Mauvaise cure ; excès
d’eau
• Evolution : Corrosion des armatures
Fissures autres que de retrait :
Description : Une fissure est une ouverture linéaire , au tracé plus ou moins régulier ,
de largeur au moins égale à 0.2mm et de profondeur variable

Origines possibles :
‐Problème de structure (défaut de fonctionnement) , Reprise de bétonnage ,

‐Problème de dégradation du béton armé ( corrosion des armatures ; gonflement du béton ,etc…)

Evolution : déstabilisation de la structure


Une fissure est l’un des désordres les plus fréquents des structures en béton , elle est caractérisée par

cinq éléments : l’ouverture , le tracé , l’activité , la profondeur et l’évolution

Ouverture : l’ouverture est la largeur entre les lèvres , elle peut être évaluée à l’œil nu et mesurée avec

précision à l’aide d’un fissuromètre . Selon l’ouverture , on distingue deux types de fissures :

la microfissure et la fissure .

Une microfissure est une fissure très fine , au tracé plus ou moins régulier et généralement discontinu dont la

largeur est inférieure à 0.2 mm . Elle peut évoluer jusqu’à former un réseau .

Une fissure est une ouverture linéaire , au tracé plus ou moins régulier , de largeur au moins égale à 0.2mm

Tracé d’une fissure : c’est le développé de la fissure visible

sur toutes les surfaces de la structure

Activité : on distingue deux types de fissures :

‐les fissures actives , appelées aussi vivantes : une fissure est dite active

si son ouverture varie dans le temps en fonctions des gradients

Thermiques , des sollicitations de l’ouvrage ou des défauts d’exécution

‐les fissures passives , appelées aussi inactives ou mortes :

Une fissure est dite passive , si son ouverture ne varie pas dans le temps quelques soient les conditions de la

température ou de sollicitation de l’ouvrage car la cause d ’apparition a disparue ou devenue négligeable .


Profondeur : selon son caractère traversant ou non , la fissure peut être qualifiée de différentes

façons : fissure de surface , traversante ou aveugle .

Fissure de surface : fissure qui ne traverse pas l’épaisseur de la structure : l’ouverture dans ce cas

est maximale en surface et nulle au sein du matériaux .

Fissure traversante : fissure visible sur au moins deux faces de la structure et fait partie des
fissures dangereuses
DÉGRADATIONS
D’ORIGINE
CHIMIQUE :
Les structures en béton sont soumises à l’agression d’agents chimiques présents dans l’air ambiant,
ou, en milieu industriel, dans l’eau et les sols.
Le béton peut être un matériau durable, car il est toujours possible d’adapter sa composition et sa
formulation aux contraintes environnementales auxquelles il sera soumis pendant sa durée de service, en
respectant les critères de performances mécaniques.
Prescrire un béton durable nécessite donc d’apprécier, dès sa conception,
l’ensemble des contraintes environnementales, des agressions et des attaques potentielles qu’il aura à
subir pendant toute sa durée de service, et de respecter et mettre en œuvre les recommandations en
vigueur, données par les classes d’exposition du béton en fonction de l’environnement auquel il sera
exposé.
La dégradation peut provenir d’une attaque chimique par un agent se trouvant :
- sous forme de gaz, qu’il soit d’origine naturelle ou industrielle ;
- sous forme liquide, comme les eaux industrielles, les eaux usées, ou l’eau de mer ;
- sous forme solide, provenant des sols ou des résidus industriels.
Les espèces chimiques responsables de ces agressions peuvent être :
le gaz carbonique, les chlorures, les sulfates, les acides, les ions alcalins.
On parle communément des principales causes chimiques de dégradation suivantes :
la carbonatation, l’attaque par les chlorures, l’attaque par les sulfates,
l’attaque par les acides, l’alcali‐réaction, la corrosion des armatures.
Les dégradations du béton peuvent résulter de plusieurs processus
chimiques entre les constituants du béton armé et le milieu extérieur. Les
attaques chimiques atteignent soit la matrice cimentaire, soit les armatures,
parfois les deux.
Les dégradations qui peuvent survenir sont la corrosion des armatures et la
dégradation locale ou générale du béton.
CARBONATATION DU BETON
• Protection naturelle des armatures en acier du béton armé :
L’armature en acier d’un ouvrage est naturellement protégée par une couche d’oxyde, qui résulte de la
création à sa surface d’une pellicule protectrice de ferrite, de formule Fe2O3CaO.
Ce phénomène est appelé « passivité », et la couche qui en résulte « couche de passivation* ».
En effet, au cours de la prise et du durcissement du béton, les ciments* se combinent avec l’eau pour
former des produits hydratés de caractère basique. Ces produits, comme la portlandite, de formule
Ca(OH)2, sont dissous dans la solution aqueuse interstitielle du béton, de pH compris entre 12 et 13.
Les armatures sont protégées tant qu’elles se trouvent dans un milieu présentant un Ph
allant de 9 à 13,5 .
Cette couche protectrice réduit efficacement le risque de corrosion de l’armature malgré la présence,
parfois, d’eau et d’oxygène. Cependant, elle est perdue lorsque le béton :
se carbonate jusqu’à la profondeur de l’armature,
ou lorsque des sels corrosifs (contenant principalement l’ion Cl–) sont présents en quantités
suffisantes à la profondeur de l’armature.
• Définition de la carbonatation

Le dioxyde de carbone (CO2) contenu dans l’air a tendance à se combiner avec les produits hydratés,

dont la portlandite, selon une réaction produisant du carbonate de calcium, de formule chimique

CaCO3. Cette réaction, appelée carbonatation du béton, est un phénomène de vieillissement naturel,

qui n’est généralement pas nocif pour le béton. L’équation de la réaction chimique est la suivante :

CO2 + Ca(OH)2 + H2O → CaCO3 + 2H2O

dioxyde de carbone + portlandite + eau → carbonate de calcium + eau

Cette transformation s’accompagne d’une diminution du pH, lequel atteint

des valeurs inférieures à 9, voire, allant jusqu’à 8,3 si tout le Ca(OH)2 est

carbonaté. L’alcalinité du ciment est alors neutralisée, et ce dernier n’assure

plus la protection* des armatures, ce qui entraîne une dépassivation de

l’acier, c’est‐à‐dire une destruction de la couche de passivation


• Conséquence de la carbonatation du béton
La carbonatation du béton est ainsi une source de dégradation des ouvrages en béton armé, et nuit à leur
durabilité. En effet, une des conséquences principales de la carbonatation est de favoriser la corrosion des
armatures, c’est-à-dire une réaction d’oxydation, lorsque le front de carbonatation les atteint. Quand le
processus de dégradation est fort, la rouille, par augmentation du volume de l’acier, provoque l’éclatement du
béton d’enrobage, et laisse apparaître, à partir d’épaufrures, les armatures oxydées

Action de la carbonatation Corrosion des armatures suite à la carbonatation


ATTAQUE PAR LES CHLORURES
• Origine des chlorures

Les ions chlorure Cl− qui attaquent le béton sont spécifiques à certains environnements, comme les

ouvrages situés en zone de gel, et qui sont donc soumis aux sels de déverglaçage, ou bien ceux placés

en site maritime (zone de marnage, surfaces soumises aux embruns).

Les chlorures peuvent se trouver aussi dans certains environnements industriels ou dans l’eau de la

nappe phréatique. Enfin, les chlorures peuvent provenir des constituants du béton lui‐même

notamment dans le sable et l’eau , La norme NBN B 15‐001 (2004) , supplément belge à la norme

européenne NBN EN 206‐1 (2001) , limite le pourcentage d’ions chlorure (en % de la masse du ciment) à

0,4 % dans le béton à armatures ou pièces métalliques noyées, à 0,2 % dans le béton précontraint et à 1

% dans le béton non armé. Cette norme interdit l’utilisation d’adjuvants à base de chlorures en présence

d’armatures ou de pièces métalliques dans le béton.


Pile en zone de marnage : c’est la partie est déterminée par les niveaux de marée
haute et basse .C’est la partie de l’ouvrage la plus agressée car elle est soumise à
des cycles humidification‐dessiccation
Corrosion des armatures et éclatement du béton d’enrobage causés par l’attaque des
chlorures (milieu marin)
• Mécanisme de l’attaque
La pénétration des chlorures dans le béton qui est un milieu poreux se fait en présence d’eau et
conduit rapidement à la corrosion des armatures.
En milieu saturé (béton immergé), les ions chlorures pénètrent par diffusion dans le béton
sous l’effet d’un gradient de concentration ( Lorsque la concentration d’un composé chimique ou
d’un ion est différente d’un coté à l’autre)
Le coefficient de diffusion des ions chlorures est une grandeur essentielle de la durabilité des
bétons exposés aux chlorures.
Pour les bétons soumis à des cycles d’humidification‐séchage, comme les bétons en zone de
marnage ou exposés aux sels de déverglaçage, les chlorures pénètrent par absorption capillaire
puis migrent par convection* avec la phase liquide. La progression s’effectue ensuite par diffusion
dans la zone saturée. Ce transport d’ions est réactif, c’est‐à‐dire que le système, basé sur
l’équilibre chimique de la solution interstitielle avec l’aluminate tricalcique, la portlandite, les sels
de Friedel et l’adsorption des ions chlorure sur les feuillets de C‐S‐H, est évolutif.
*La convection désigne l'ensemble des mouvements internes (verticaux ou horizontaux) qui
animent un fluide
La diffusion simple est la diffusion d'un soluté au travers d'une membrane dans le sens
fortes concentrations vers les faibles concentrations (gradient de concentration), jusqu'à
atteindre un équilibre des concentrations des 2 côtés de la membrane.
• Vitesse de l’attaque par les chlorures
La vitesse de pénétration des chlorures dépend de la porosité du béton et décroît lorsque le rapport
eau/ciment diminue. La corrosion s’active plus rapidement si le béton est carbonaté, avec une
température élevée et une humidité importante.

• Conséquence de l’attaque par les chlorures


L’attaque par les chlorures peut provoquer, suite à la corrosion des aciers, une poussée sur le béton
d’enrobage suite au gonflement des aciers , car l’oxyde de fer (rouille) est plus volumineux que l’acier. La
poussée génère des contraintes internes, qui peuvent être supérieures à la résistance à la traction du
béton. En conséquence, le béton éclate localement, des fissures se forment, etc. Ce type d’attaque peut
également faire apparaître des traces de rouille en surface, réduire la section efficace de l’armature ou
l’adhérence entre l’acier et le béton.
Corrosion des armatures et éclatement du béton d’enrobage causés par l’attaque des
chlorures (Zone d’embrun)
Les embruns sont formés par interaction océan‐atmosphère et plus précisément par l’interaction du
vent avec les vagues. De petites gouttelettes d’eau sont éjectées de la surface de l’ océan et sont
ensuite transportées en majorité dans la couche limite marine de atmosphère. Une partie de ces
gouttelettes peut également être transportée sur de longues distances et rester dans l’ atmosphère
pendant plusieurs jours . Les plus grosses gouttelettes vont rester plus proches de leur zones
d’´emission. Le vent exerce un stress sur la surface de l’ océan, conduisant `a la formation et au
déferlement de vagues. La force qu’exerce le vent sur la surface de l’ océan augmente fortement et non
linéairement avec la vitesse du vent.
Quand une vague déferle, de l’air est entrainé sous
la surface de l’eau et forme, en remontant à la surface
sous forme de nuage de bulles, ce qu’on appelle
la couverture moutonneuse.
Ces bulles sont les premières responsables des
émissions d’aérosols marins (des particules solides
ou liquides en suspensions dans l‘ atmosphère)
en éclatant à la surface.
• Précautions pour réduire le risque des attaques par les chlorures

La vitesse de pénétration dépend, comme toute attaque chimique, de la porosité du béton. On peut

ralentir la vitesse de pénétration des chlorures en :

‐ augmentant (optimisant) le dosage en ciment

‐ diminuant le rapport eau/ciment.

‐ Respectant l’enrobage minimal en liaison avec l’agressivité du milieu et la durée de vie de l’ouvrage

‐ Evitant d’avoir une porosité qui serait le résultat d’une ségrégation ou d’un défaut de vibration

‐ vérifiant la teneur maximale en ions chlorure (0,4 % du poids du ciment pour le béton armé), qui peut

provenir des granulats, de l’eau de gâchage, des adjuvants ou du ciment.


ATTAQUE PAR LES SULFATES
• L’origine des sulfates ( interne et externe )
L’attaque par les sulfates peut détériorer très significativement le béton dans un temps relativement
court, de 10 à 15 ans.
Les sources de sulfates sont :
‐les eaux souterraines, où les concentrations plus élevées en sulfates sont généralement dues à la
présence de sulfates de magnésium (MgSO4) ou de sulfates alcalins (K2SO4‐Na2SO4) ;
‐les sulfates d’ammonium (NH4)2SO4 des sols et des eaux en milieux agraires ;
‐la pollution domestique et industrielle ;
‐les sols qui contiennent du gypse (CaSO4.2H2O) ou de l’anydrite (CaSO4) ;
‐le milieu agricole avec la décomposition biologique aérobie de substances organiques contenant
du soufre (engrais, plantes, etc.) ;
‐internes, comme les granulats gypseux et les sulfures dans certains granulats, les adjuvants, l’eau de
gâchage, le ciment, etc. ;
‐ l’eau de mer contient des sulfates en solution.
les différentes sources possibles des sulfates dans un béton sont récapitulées
sur la figure suivante :
• Formation d’ettringite
L’attaque sulfatique ne se produit que lors d’un apport suffisant en sulfates. Ces sulfates, sous forme
liquide ou gazeuse, proviennent souvent de pollutions industrielles ou urbaines. Ils peuvent réagir avec
certains composés du béton (notamment les aluminates), pour produire de l’ettringite secondaire.
L’ettringite est un trisulfoaluminate de calcium hydraté. Il est produit à l’intérieur du béton, soit au
moment de l’hydratation du ciment, soit de manière différée, selon, par exemple, la réaction suivante :
3CaO,Al2O3 + 3CaSO4.2H2O + 26H2O → 3CaO,Al2O2,3CaSO4.32H2O
aluminate tricalcique du ciment (C3A) + gypse + eau → ettringite
• Conditions de réalisation des réactions sulfatiques
La réaction sulfatique interne (R.S.I.) est définie comme la formation différée d’ettringite plusieurs mois
ou plusieurs années après la prise du ciment sans apport de sulfate externe. Elle est rencontrée lorsque
plusieurs des conditions suivantes sont réunies :
‐ un échauffement important des bétons, proche de 80 °C, qui résulte de plusieurs facteurs
(pièces massives, ciment fortement exothermique, dosage en ciment élevé, étuvage, bétonnage en
période chaude)
‐ un échauffement important des bétons, proche de 80 °C, qui résulte de plusieurs facteurs
(pièces massives, ciment fortement exothermique, dosage en ciment élevé, étuvage, bétonnage en
période chaude)
‐ un ciment dont la teneur en sulfate SO3 est supérieure à 2,6 % et une teneur en aluminate tricalcique
C3A de 7 à 11 % ;
‐ des cycles d’humidification/séchage ou des conditions d’humidification relativement élevées ;
‐ des granulats issus majoritairement de roches siliceuses ou silicatées.

RSI / Symptômes : identiques à la RAG à l’œil nu


La réaction sulfatique externe (R.S.E.) est définie comme la formation d’ettringite plusieurs mois ou
plusieurs années après la prise du ciment. La source des sulfates peut être le sol, les sels, les eaux
souterraines, les eaux de mer, etc. Dans ce cas, les sulfates pénètrent par le réseau capillaire du béton,
et ils peuvent provoquer l’ettringite dite « secondaire » ou « sel de Candlot ». La dégradation est
progressive depuis la surface vers le cœur de la pièce en béton.

RSE / Expansion se traduit par une fissuration et un éclatement superficiel du béton


• Conséquences de l’attaque des sulfates sur le béton
L’attaque sulfatique ne se produit que lors d’un apport suffisant en sulfates. Lorsqu’ils sont produits en
quantité importante, ces sels à caractère expansif (ettringite) conduisent à un gonflement du béton et à
sa fissuration : Les fissures produites sont généralement assez fines, et, surtout, sont organisées en un
réseau de mailles ; on parle de faïençage
Ces expansions peuvent causer des dommages structuraux considérables, telle l’expansion du béton.
L’action des sulfates peut aussi engendrer une perte de résistance du béton en surface.
• Facteurs contrôlant la résistance aux sulfates du béton
Pour réduire les risques des attaques sulfatiques, plusieurs moyens sont possibles :
‐ utiliser des ciments avec une faible teneur en aluminate tricalcique (C3A), comme les
ciments CEM I‐SR0, CEM I‐SR3 ou CEM I‐SR5, ayant respectivement des teneurs de 0 %, 3 % et 5 %
de C3A (voir la norme NF EN 197‐1) . En effet, le taux de dégradation est proportionnel au
pourcentage en C3A du ciment
‐ Réduire le rapport eau/ciment et faire une bonne formulation afin d’obtenir une faible porosité
‐ choisir des bétons avec un dosage en ciment plus élevé, car ils sont généralement compacts et
ont une perméabilité faible, ce qui ralentit la pénétration des sulfates
‐ utiliser des ciments à faible chaleur d’hydratation pour augmenter la résistance aux sulfates
‐ La cure améliore la résistance aux attaques ;
ATTAQUE PAR LES
ACIDES
• Mécanisme et conséquences de l’attaque
‐ Les acides (pH < 7) attaquent le béton par dissolution de la portlandite Ca(OH)2 . Les granulats
peuvent aussi être attaqués dont L’attaque devient plus critique à partir d’un pH < 5,5.
‐ Les acides agressifs inorganiques sont les acides carbonique, chlorhydrique, fluorhydrique, nitrique,
phosphorique, sulfurique. Les acides agressifs organiques sont les acides acétique, citrique,
formique, humique, lactique, tannique.
‐ Les conséquences de l’attaque des acides sur le béton sont l’expansion du béton par la formation de
gypse et d’ettringite secondaire, la corrosion des armatures et la dissolution de certains granulats.
• Prévention contre l’attaque par les acides
Afin de prévenir les attaques par les acides, il convient de :
‐ diminuer la teneur en portlandite du béton en privilégiant des ciments au laitier, alumineux ou
pouzzolaniques ;
‐ diminuer la perméabilité en diminuant le rapport E/C et en utilisant de la fumée de silice ;‐
utiliser des granulats résistant aux acides.
La détérioration des silos‐tours en béton due à l'attaque des acides d'ensilage
ALCALI – REACTION
• Définition

Les réactions alcali-granulat (R.A.G.), appelées aussi alcali-réactions, constituent une famille de

réactions dans le béton entre les ions alcalins contenus dans les pores du ciment et les granulats . Elles

conduisent à l’attaque des agrégats et à la formation de gels

hydrophiles. Cette attaque se traduit par une diminution des propriétés mécaniques du béton (résistance

à la compression, à la flexion, modification du module d’Young*) et par un gonflement caractéristique.

Elle se produit lorsque les trois conditions suivantes sont réunies :

- les agrégats qui entrent dans la composition du béton contiennent de la silice réactive en

quantité suffisante (apportée par des granulats potentiellement réactifs).


- l’ouvrage est soumis à un environnement fortement humide ;

- Teneur en alcalins élevée (sodium Na+ ;Potassium K+) présents dans la solution

interstitielle du béton
Principe des alcali‐réactions (alcali‐granulats) :
• Conséquence des alcali-réactions
Avec une alcali-réaction, des gels et des cristaux se forment dans les fissures, dans les pores ou autour
des granulats, par alcali-réaction. Ces produits peuvent dans certains cas exercer une pression sur la
pâte de ciment, qui engendre des désordres dans le matériau à l’échelle locale : réseaux de fissures, de
microfissures autour des particules réactives ou décollements à l’interface pâte-granulat.
Les caractéristiques mécaniques du béton se trouvent altérées. Le gonflement du matériau engendre à
son tour des contraintes internes non négligeables au sein de la structure venant se superposer aux
contraintes déjà existantes.
Des fissures apparaissent lorsque les contraintes dépassent la résistance à la traction. Le réseau de fissures
est à mailles de 50 à 200 mm de côté, dont la distribution des ouvertures traduit un gonflement plus
important à cœur qu’en peau. L’ouverture des fissures est habituellement assez faible (quelques dixièmes
de mm). On trouve aussi des fissures unidirectionnelles orientées dans le sens des efforts de compression
(poteaux, piles, pylônes, poutres, etc.). La fissuration du béton peut apparaître entre 5 et 40 ans après la
construction de l’ouvrage ou une réhabilitation.
• Conséquence des alcali-réactions
Les désordres dus à des alcali-réactions se traduisent par un ou plusieurs symptômes :
- fissuration sous forme de faïençage à mailles plus ou moins larges ;
- exsudations blanches de gels ou de calcite ;
- éclatements localisés en forme de petits cônes

Des désordres dus aux alcali‐ réactions


• Prévention contre les phénomènes d’alcali-réaction
Le principe de la démarche préventive consiste à ne pas se retrouver dans une situation dans laquelle
sont présentes simultanément les trois conditions nécessaires à l’amorçage de la réaction :
- eau (condition d’humidité relative supérieure à 80-85 %) ;
- quantité d’alcalins dans le béton importante ;
- silice réactive (présence de granulats réactifs).
- La norme NF P 18-594(4) classe conventionnellement les granulats vis-à-vis de l’alcali-réaction :
- soit comme non réactifs (N.R.) : Granulats pour bétons hydrauliques qui ne conduiront
jamais à des désordres par alcali‐réaction.
- soit comme potentiellement réactifs (P.R.) : Granulats susceptibles, dans certaines
conditions, de conduire à des désordres par alcali‐réaction.
- soit comme potentiellement réactifs à effet de pessimum (P.R.P.)
Granulats qui, bien que riches en silice réactive, peuvent être mis en oeuvre sans risque de
désordres en respectant certaines conditions d’utilisation.
Des essais doivent être faits pour classer les granulats dans l’une des classes précitées.
CORROSION DE L’ACIER
• Phénomène :
La corrosion des armatures dans un ouvrage en béton résulte d’un processus complexe faisant
intervenir à la fois des acteurs chimiques, physiques et mécaniques.
Dans les ouvrages de génie civil, le type de corrosion prédominant de l’acier est la corrosion Dite «
en solution », résultant d’un processus électrochimique. Elle dégrade ses propriétés.
• Déroulement du processus de la corrosion :
La corrosion avec formation de rouille des armatures du béton armé comporte deux
phases :
- les éléments agressifs, tels que le dioxyde de carbone (CO2) ou les chlorures (Cl−) présents dans le
milieu environnant, pénètrent dans le béton. C’est le stade d’incubation ;
- la seconde phase est celle dite « de propagation », qui commence lorsque ces corps agressifs
se trouvent à des concentrations assez fortes au niveau des armatures.
Elle correspond à la croissance de la rouille, qui peut ensuite faire éclater le béton
d’enrobage.
Il faut noter que la corrosion ne peut pas avoir lieu dans un béton sec, c’est-à-dire à une
humidité relative de moins de 50 à 60 %.
Il est d'abord important de souligner que la durabilité de n'importe quelles structures est conditionnée
par le béton qui protège physiquement et chimiquement l'acier de la corrosion. En effet, la forte
alcalinité (pH =13) de la solution interstitielle contenue dans les pores du béton permet la formation
d'une couche passivante d'oxydes et d'hydroxydes de fer qui protège les aciers de la corrosion.
Cependant, certaines espèces chimiques délétères, provenant du milieu environnant, peuvent traverser
la barrière physique que constitue le béton d'enrobage, perturber la stabilité chimique de la couche
passivante et corroder les armatures. La carbonatation du béton par le dioxyde de carbone (CO2) de
l'atmosphère et la pénétration des ions chlorures (provenant de l `eau de mer, des embruns marins ou
des sels de déverglaçage) sont les deux principales causes de ce phénomène.
Mécanisme de corrosion des armatures en présence de chlorure :

Anode = électrode où se produit la réaction


d’oxydation (dissolution du métal), où le courant
passe du métal vers la solution.
Cathode = électrode où se produit la réaction de
réduction (déposition à la surface du métal), où
le courant passe de la solution vers le métal.
• Conséquences de la corrosion

Le développement de la corrosion des armatures peut provoquer :


‐la formation de fissures
‐la formation d’épaufrures ou éclatement localisé
‐ l’apparition en surface de traces de rouille
• Conséquences de la corrosion

Le développement de la corrosion des armatures peut provoquer :


la formation d’épaufrures ou éclatement localisé :
• Conséquences de la corrosion
Le développement de la corrosion des armatures peut provoquer :
‐l’apparition en surface de traces de rouille
• Dispositions préventives contre la corrosion
Les facteurs essentiels de prévention contre la corrosion sont l’épaisseur et la qualité du béton
d’enrobage de l’acier. Les recommandations sont les suivantes :
- utiliser l’enrobage convenable au milieu. Pour cela, suivre les recommandations de l’Eurocode 2 (NF EN
1992-1-1) ;

- le dosage en ciment doit être suffisant pour réaliser un béton qui englobe parfaitement les
granulats (de 350 à 400 kg/m3) ;
- utiliser le type de ciment convenable à l’environnement ;
- contrôler la teneur en chlorures du béton ;
- diminuer la porosité du béton par une vibration efficace et une réduction du rapport E/C.

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