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DROIT DES AFFAIRES

INTRODUCTION
NOTIONS DE DROIT
Le droit est l’ensemble des règles juridiques obligatoires qui organisent et
régissent la vie des hommes en société.
Le droit est une règle de conduite sociale, appelée loi ou règlement et dont le
respect est assuré par l’autorité publique.
La règle de droit est obligatoire, générale et permanente.
Le mot droit a deux sens distincts:
1/ Le droit objectif ou positif est l’ensemble des règles de conduite qui
s’imposent à tous. Il délimite ce qui est autorisé à l’individu et ce qui lui est
interdit. Il est impersonnel et contraignant. C’est AL KANOUN.
2/ Les droits subjectifs sont des prérogatives reconnues à chaque individu
appelé sujet de droit. Ils sont personnels et protégés par le droit positif. Ce sont
AL HOUKOUK.
FONCTIONS DU DROIT
1/ Il établit des institutions qui servent de cadre à la vie sociale (institutions
administratives, juridictions)
2/ Il définit les prérogatives et les droits des personnes.
BRANCHES DU DROIT
Droit objectif: il est soit national soit international.
Le droit objectif national est soit public (droits constitutionnel, administratif,
fiscal ou pénal), soit privé (droits social, civil, commercial, des affaires).
Définition du droit des affaires: c’est une branche du droit privé. Il
comporte l’ensemble des droits relatifs aux affaires des entreprises. Il
réglemente l’activité des commerçants et industriels dans l’exercice de leur
activité professionnelle. Il définit également les actes de commerce
occasionnels produits par des personnes non commerçantes.
Il regroupe donc le droit commercial et le droit des sociétés.
Il est régi par:
*Le code de commerce (loi 15-95 du 1er Aout 1996);
*Le droit des sociétés (lois 17-95 du 30/08/1996 et 5-96 du 13/02/1997);
*Création des juridictions commerciales (loi 53-95 du 12/02/1997).
Le droit des affaires souligne également le rôle éminent tenu actuellement
par les établissements de crédit dans la vie économique.
LA CONSTITUTION DE 2011
Etablit une corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté;
Les conventions internationales ratifiées par le Maroc ont la primauté sur le
droit interne du pays.

DISPOSITIONS GENERALES
Art 1: Séparation, équilibre et collaboration des pouvoirs exécutif, législatif et
judiciaire. Responsabilité et reddition des comptes. Décentralisation et
régionalisation avancée;
Art 3: L’Islam est la religion de l’Etat, qui garantit à tous le libre exercice des
cultes;
Art 5: L’Arabe est la langue officielle de l’Etat. Loi organique sur l’Amazighe.
Loi organique pour le Conseil National des Langues et de la Culture
Marocaines.
Art 7: Loi organique sur les partis politiques.
Art 10: Droits accordés à l’opposition parlementaire par loi organique ou par règlement du
Parlement;
Art 14 et 15: Loi organique donnant aux citoyens le droit de pétition et loi organique pour
présenter des propositions en matière législative;
Art 16, 17 et 18: Marocains Résidents à l’Etranger.

LIBERTES ET DROITS FONDMENTAUX


Art 19: Droits de l’homme et de la femme; loi organique concernant l’Autorité pour la Parité
et la Lutte contre toutes formes de discrimination;
Art 29: Loi organique pour droit de grève;
Art 32: Conseil Consultatif de la Famille et de l’Enfance;
Art 33: Conseil Consultatif de la Jeunesse et de l’Action Associative;
Art 36: Instance Nationale de la Probité et de Lutte contre la Corruption;
Art 37: Tous les citoyens doivent respecter la Constitution et la loi.
DE LA ROYAUTE
Art 41: Le Roi, Amir Al Mouminine, veille au respect de l’Islam;
Art 42: Le Roi, Chef et Représentant Suprême de l’Etat;
Art 44: Loi organique sur Le Conseil de Régence;
Art 54: Création d’un Conseil Supérieur de Sécurité;
Art 59: Etat d’exception.
DU POUVOIR LEGISLATIF
Art 62: Loi organique pour nombre de représentants, découpage électoral,
règles de cumul des mandats….
Art 67: Loi organique pour modalités et fonctionnement des commissions
d’enquêtes parlementaires;
Art 71: Le domaine de la loi.

DU POUVOIR EXECUTIF
Art 87: Loi organique sur organisation et conduite des travaux du
gouvernement:
Art 92: Pouvoirs du Conseil de Gouvernement.
DES RAPPORTS ENTRE LES POUVOIRS
DU POUVOIR JUDICIAIRE
Art 112: Loi organique sur le statut des magistrats.
DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
DES REGIONS ET DES COLLECTIVITES TERRITORIALES
DE LA COUR DES COMPTES
DU CONSEIL ECONOMIQUE, SOCIAL ET
ENVIRONNEMENTAL
DE LA BONNE GOUVERNANCE
LES SOURCES DU DROIT
SOURCES DIRECTES
1/SOURCES TRADITIONNELLES
*Le droit musulman (la religion)
*Le droit coutumier (coutume ou usage). C’est AL ORF.
2/SOURCES MODERNES
*Sources du droit international (traités internationaux, coutume
internationale, principes généraux du droit international).
*Sources du droit national (les constitutions de 1962, 1970, 1972, 1992, 1996
et 2011, la loi et le règlement)
SOURCES INDIRECTES
*La jurisprudence: c’est l’ensemble des décisions prises
par les tribunaux pour régler les conflits a propos
desquels la loi est muette, désuète, ambigüe ou
insuffisante.
*La doctrine: c’est l’ensemble des travaux écrits et
publiés par les juristes, universitaires, théoriciens et
chercheurs.
L’ORGANISATION JUDICIAIRE AU MAROC
Constitution de 2011: Le pouvoir judiciaire est indépendant des
pouvoirs législatif et exécutif.
JURIDICTIONS ORDINAIRES
1/TRIBUNAUX COMMUNAUX ET D’ARRONDISSEMENT (TCA)
Couvrent les affaires civiles et les affaires pénales.
Tribunaux de proximité qui couvrent l’ensemble du Royaume.
*Le juge communal
Investi pour une durée limitée de 3 ans, il est compétent en:
-Matière civile: lorsque la valeur des affaires est inférieure à 1000 DH et 2000 DH
au maximum en cas d’accord des parties.
Sont exclues de ses attributions les affaires relatives:
*Au statut personnel;
*Aux opérations immobilières.
-Matière pénale: Uniquement:
*Les petites infractions passibles d’une peine d’amende;
*La répression des fraudes.
RECOURS: les jugements rendus par les TCA ne sont susceptibles d’aucune
voie de recours ordinaire ou extraordinaire. L’APPEL EST EXCLUS.
2/TRIBUNAUX DE PREMIERE INSTANCE (TPI)
Compétents pour toutes les matières civiles, immobilières, sociales et
pénales, sauf lorsque la loi attribue la compétence à une autre juridiction.
COMPOSITION:
*Magistrats de siège (juges): un président et 2 conseillers;
*Magistrats de parquet: substitut du procureur;
*Personnel administratif: secrétaire, greffier.
COMPETENCE:
*En matière civile et sociale:
Si valeur du litige est inférieure ou égale à 3000DH, le TPI statue en premier et
dernier ressort;
Si valeur est supérieure à 3000 DH, l’appel est possible.
*En matière pénale:
TPI est compétent pour juger les contraventions et les délits.
3/LES COURS D’APPEL
Juridictions de second degré qui traitent:
*Les appels des traitements des TPI;
*Les crimes soumis directement à sa chambre criminelle.
COMPOSITION:
*Magistrat de siège: le président et 2 conseillers;
*Ministère public: procureur général et substituts;
*Personnel administratif: un greffe, un secrétariat.
4/LA COUR SUPREME
Au sommet de la hiérarchie judiciaire.
Se compose d’un président, les présidents des chambres, des conseillers, du
ministère public, un greffe et un secrétariat.
ATTRIBUTIONS
Recours:
*Quand les juges excèdent leurs pouvoirs;
*Pourvoi en cassation formés contre les décisions rendues en dernier ressort par
toutes les juridictions du Royaume.
Ce n’est pas une juridiction de troisième degré.
JURIDICTIONS SPECIALISEES
1/LES TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS
A/TRIBUNAUX DE 1ER DEGRE
Audiences publiques par 3 magistrats assistés d’un greffier. Le ministère
public est tenu par un magistrat appelé Commissaire Royal.
Compétents pour les recours en annulation pour excès de pouvoir formés
contre:
*Les décisions des autorités administratives;
*Le contentieux électoral;
*Le contentieux fiscal;
*Le contentieux de l’expropriation.
B/ COURS D’APPEL ADMINISTRATIVES
Se composent d’un premier président, des présidents des chambres, des conseillers et d’un greffe.

2/LES TRIBUNAUX DE COMMERCE


A/ LES TRIBUNAUX DE PREMIER DEGRE

COMPOSITION:
Un président, des juges, le ministère public, greffe et secrétariat.
COMPETENCES:
*Actions relatives aux contrats commerciaux;
*Actions entre commerçants pour les activités commerciales;
*Actions relatives aux effets de commerce;
*Différents entre associés d’une société commerciale;
*Différents en raison du fonds de commerce.
Si valeur du différend est inférieure à 9000 DH, Tribunal de commerce statue
en dernier ressort.
Si valeur du différend est supérieure à 9000 DH, Tribunal de commerce statue
en premier ressort, avec possibilité d’appel.
B/ LES COURS D’APPEL DE COMMERCE
3/LA COUR DES COMPTES
Juridiction comptable supérieure, chargée d’assurer le contrôle supérieur de
l’exécution des lois de finances, de contrôler la régularité des opérations de
dépenses et recettes des organismes soumis à son contrôle, de rendre
compte au Roi.
Il existe des cours régionales des comptes.
JURIDICTIONS D’EXCEPTION
1/TRIBUNAUX MILITAIRES
A/TRIBUNAUX MILITAIRES EN TEMPS DE PAIX
B/TRIBUNAUX MILITAIRES EN TEMPS DE GUERRE

2/LA HAUTE COUR


3/LA COUR SPECIALE DE JUSTICE (SUPPRIMEE)
LE CORPS JUDICIAIRE
1/ LES MAGISTRATS
*Magistrats du siège ou magistrature assise: Inamovibles par la Constitution,
ils jugent et tranchent les procès qui leur sont soumis.
*Magistrats du parquet ou du ministère public ou magistrats debout: ce sont
les représentants du pouvoir exécutif auprès des différentes juridictions et ils
défendent l’intérêt général de la société.
2/ LES AUXILIAIRES DE JUSTICE
*LES AUXILIAIRES DE JUSTICE DIRECTS
-Greffiers
-Huissiers de justice
*LES AUXILIAIRES DE JUSTICE INDIRECTS
-Avocats
-Adouls
LE REGIME JURIDIQUE DES OBLIGATIONS
NOTION D’OBLIGATION
Dans le sens courant, l’obligation est un lien qui assujettit à une norme
quelconque.
Dans un sens plus restreint, l’obligation désigne le lien de droit existant entre 2
parties et en vertu duquel le débiteur doit faire quelque chose pour le
créancier.
Au sens juridique, l’obligation est le lien de droit entre 2 ou plusieurs
personnes par lequel le débiteur doit donner, faire ou ne pas faire quelque
chose au bénéfice du créancier.
CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS
*Selon leur source:
« Les obligations dérivent des conventions et autres déclarations de volonté,
des quasi-contrats, des délits et des quasi-délits » Art 1 DOC (Dahir des
Obligations et Contrats)
-L’obligation contractuelle: provient d’une convention entre 2 ou plusieurs
personnes (le transporteur doit livrer la marchandise à son destinataire)
-L’obligation quasi-contractuelle: a pour origine un acte juridique sans accord
préalable (une personne gère les biens d’une autre sans avoir au préalable
son accord)
-L’obligation délictuelle: provient d’un fait volontaire dont les conséquences
ne sont pas recherchées (tenir des propos mensongers pour nuire à
quelqu’un)
-L’obligation quasi-délictuelle: a pour origine un fait involontaire mais
dommageable ( un vase qui tombe d’une fenêtre sur un passant)
-L’obligation légale: obligation imposée par la loi ou le règlement (payer les
impôts, tenir une comptabilité pour un commerçant…..)
*Selon l’objet:
L’objet de l’obligation, c’est ce à quoi le débiteur est tenu envers le créancier.
L’objet est soit à donner, à faire ou à ne pas faire.
*Selon les effets:
Il y a l’obligation de résultat et l’obligation de moyens.
LA PREUVE DES OBLIGATIONS
Art 399 DOC: la preuve de l’obligation doit être faite par celui qui s’en prévaut (le demandeur, celui qui
invoque un fait ou un acte juridiques)
Art 404 DOC : les moyens de preuve reconnus par la loi sont l’aveu de la partie, la preuve littérale ou écrite,
la preuve testimoniale ou par témoins, la présomption, le serment ou le refus de le prêter.
L’EXTINCTION DES OBLIGATIONS
*Extinction avec exécution ( paiement au sens large, novation et compensation)
*Extinction sans exécution (force majeure, remise de dette, prescription)
LE REGIME JURIDIQUE DES CONTRATS
NOTION DE CONTRAT
Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes
s’obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire
quelque chose.
Il y a donc les parties contractantes et les tiers.
CLASSIFICATION DES CONTRATS
A/SELON LE MODE DE FORMATION
*De gré à gré: mariage (les termes du contrat sont librement discutés)
*D’adhésion: études à l’EMI, contrat de transport ( les termes sont imposés)
*Consensuel: vente (contrat valable par accord des parties)
*Solennel: mariage (accord de volonté et rédaction d’un acte)
*Réel: contrat de dépôt
B/SELON LE CONTENU
*Synallagmatique ou bilatéral: vente, contrat de travail, louage (chaque partie
a une obligation à exécuter)
*Unilatéral: obligation imposée à une seule partie (donation)
*A titre onéreux: vente
*A titre gratuit: prêt sans intérêt
*Commutatif: louage ( obligations et avantages connus à la conclusion du
contrat)
*Aléatoire: contrat d’assurance, de pari.
C/SELON LA DUREE
*Instantané: vente
*A exécution successive: louage
*A durée déterminée: CDD
*A durée indéterminée: CDI
CONDITIONS DE VALIDITE DES CONTRATS
A/CONDITIONS DE FOND
4 selon l’art 2 DOC: consentement, capacité, objet et cause.
B/CONDITIONS DE FORME
En général, le contrat est consensuel ( par accord de volonté des parties).
L’acte est soit sous seing privé, soit authentique (notaire)
NULLITE DES CONTRATS
Nullité relative et nullité absolue
LE REGIME FONCIER AU MAROC
Dahir du 12/08/1913 organise une procédure d’immatriculation des immeubles,
assortie de la mise en place d’un système de livres fonciers.
Dahir du 02/06/1915 détermine un droit commun applicable à tous les
immeubles immatriculés.
Le régime de l’immatriculation foncière est le régime des livres fonciers (inspiré
de l’Acte TORRENS australien).
Le système mis en place consiste à faire immatriculer sur des registres spéciaux,
dénommés « livres fonciers » les immeubles avec toutes leurs caractéristiques, de
sorte à élaborer, pour chacun d’eux, une fiche signalétique, dite Titre Foncier (TF)
L’IMMATRICULATION FONCIERE
Formalité qui consiste dans l’établissement d’un TF à la conservation foncière (CF)
et sous la responsabilité du conservateur.
L’accomplissement de cette formalité est facultatif et spécial pour chaque
immeuble.
A/ PROCEDURE D’IMMATRICULATION
1/Réquisition d’immatriculation est déposée avec tous les actes ou
documents justificatifs.
2/Bornage
3/Phase contentieuse
A lieu en cas d’opposition ou de contestation et peut provoquer une
intervention judiciaire
4/Décision finale: relève de la seule compétence du conservateur (soit rejet
total ou partiel, soit admission au bénéfice de l’immatriculation)
B/ L’ACTE D’IMMATRICULATION
1/ Les documents d’immatriculation: TF et duplicata
2/ Effets de l’immatriculation: Effet purgatif et effet constitutif.
LA PUBLICITE FONCIERE
Il s’agit des inscriptions opérées postérieurement à l’établissement du TF.
A/MODALITES D’INSCRIPTION
1/Conditions d’inscription
2/Procédure d’inscription
B/EFFETS DE L’INSCRIPTION
1/La vertu constitutive de l’inscription
2/La force probante de l’inscription
LE REGIME DU DROIT DE PROPRIETE AU MAROC

Le Code Foncier du Maroc résulte du Dahir du 02/06/1915.


A/ STRUCTURE DE LA PROPRIETE
1/Assiette de le propriété: c’est la base sur laquelle quelque chose repose.
a/Objet de la propriété: le droit de propriété peut porter sur toutes sortes de
choses sauf les choses dites communes (lumière, air, mer….), sauf les biens du
domaine public et les biens collectifs des tribus ou communautés et sauf le
corps humain.
En droit, un bien est une chose douée de valeur patrimoniale
On distingue les choses corporelles (maison) et incorporelles (clientèle d’un
commerçant)
On distingue les choses consomptibles (monnaie, denrées alimentaires) qui
se consomment par un premier usage et les choses non consomptibles
(voiture, bijou) qui résistent à un usage prolongé.
On distingue les choses fongibles (pièces d’une même monnaie, voitures de
même modèle) dont les multiples exemplaires peuvent être substitués les uns
aux autres sans inconvénient et les choses non fongibles (LA JOCONDE…) qui
ont un caractère exclusif
On distingue les choses meubles (sujettes à mobilité comme les animaux ou
susceptibles de déplacement comme les espèces monétaires) et les choses
immeubles (construction, plantation….)
b/L’étendue de la propriété:
Quels sont les limites exactes de l’objet auquel s’applique le droit de propriété
d’un individu?
Pas de problème de délimitation matérielle pour les biens meubles, mais 3
règles pour les immeubles:
-Le propriétaire du sol est propriétaire du dessus, c’est-à-dire de l’espace à
l’aplomb de sa parcelle et du dessous ( c’est-à-dire les profondeurs de son
fonds). Toutefois, les mines appartiennent à l’Etat.
-Le propriétaire d’un immeuble devient propriétaire de tout ce qui s’unit ou
s’incorpore à ce bien sans pouvoir en être détaché commodément. C’est le
bénéfice de l’accession, c’est-à-dire que le droit de propriété « accède »,
s’étend aux choses qui s’intègrent au bien principal.
- Le propriétaire d’une chose l’est également des revenus retirés de cette
chose: on distingue les fruits ( profits retirés d’un capital, à intervalles
périodiques et sans altération de sa substance, comme les récoltes, les loyers,
les dividendes….) et les produits ( profits retirés sans périodicité et
moyennant une amputation du capital ( matériaux extraits d’une carrière…)
2/ Les modalités d’appropriation
Si l’appropriation privée des choses par une seule personne est le schéma le
plus fréquent d’appropriation dans une société libérale, il existe aussi:
a/ La propriété collective sous forme de communauté (état d’un bien dont la
propriété se répartit indivisément entre plusieurs titulaires) et de copropriété
ou de société.
b/ La propriété publique
B/ LES PREROGATIVES DU PROPRIETAIRE
Le propriétaire a un droit exclusif ( il est seul maitre de sa chose) et un droit
absolu ( le propriétaire exerce les pouvoirs les plus étendus ).
User, percevoir et disposer sont les attributs du droit de propriété.
C/LES DEMEMBREMENTS DE LA PROPRIETE
En droit, un démembrement est l’action de transférer à une autre personne
qu’au propriétaire, des droits habituellement attachés à la propriété.
L’usufruit: c’est la jouissance des fruits et dues revenus d’un bien dont la nue
propriété appartient à un autre.
C’est un droit réel qui investit son titulaire de l’usage et de la jouissance de la
chose d’autrui et qui s’éteint nécessairement à la mort de l’usufruitier.
Les servitudes: la servitude est une charge imposée à un immeuble, terrain
ou bâtiment, appelé « fonds servant » ou « fonds grevé ».
Selon que cette charge est établie à l’avantage direct d’un autre immeuble
(appelé « fonds dominant ») ou dans un intérêt général, la servitude est dite
«d’intérêt privé » ou « d’utilité publique ».
L’emphytéose: c’est un bail à long terme (18 ans au moins et 99 au plus).
L’ACTIVITE COMMERCIALE
LA COMMERCIALITE
La commercialité désigne l’état de ce qui a rapport au commerce.
Définition du commerçant: Est commerçant celui qui exerce des actes de commerce et
en fait sa profession habituelle.
Le commerçant est celui qui effectue des actes de commerce pour son propre compte et
en tire ses moyens d’existence.
A/ La qualité de commerçant
Elle procède de la pratique réitérée d’actes de commerce.
Quand il s’agit de définir le domaine d’application du droit commercial, deux
conceptions sont possibles:
-Réserver l’ensemble de ces règles à une certaine catégorie de personnes: les
commerçants (conception subjective);
-Ou les réserver à une certaine catégorie d’opérations: les actes de commerce (méthode
objective).
Le code de commerce marocain ( loi 15-95 formant Code de Commerce) est
essentiellement basé sur la méthode objective. En effet, il s’applique bien aux
commerçants, mais il définit ceux-ci par rapport aux actes de commerce.
1/ Les actes de commerce
a/ Les actes de commerce par nature (Art 6 Code de Commerce)
1-L’achat de meubles corporels ou incorporels en vue de les revendre soit en
nature, soit après les avoir travaillés et mis en œuvre ou en vue de les louer;
2-La location de meubles corporels ou incorporels en vue de leur sous-
location;
3-L’achat d’immeubles en vue de les revendre en l’état ou après
transformation;
4-La recherche et l’exploitation des mines et carrières;
5-L’activité industrielle ou artisanale;
6-Le transport (marchandises et voyageurs; par rail, route, eau ou air);
7-La banque, le crédit et les transactions financières;
8-Les opérations d’assurances;
9-Le courtage (« le courtier » est celui qui rapproche le vendeur et l’acheteur
de façon qu’ils concluent un contrat), la commission (alors que le courtier met
en présence acheteur et vendeur sans intervenir dans le contrat, le
commissionnaire contracte lui-même pour le compte d’un tiers, mais sans
révéler le nom de ce dernier) et toute autre opération d’entremise;
10-L’exploitation d’entrepôts et de magasins généraux;
11- L’imprimerie et l’édition, quels qu’en soient la forme et le support;
12- Le bâtiment et les travaux publics;
13- Les bureaux et agences d’affaires, de voyag.es, d’informations et de
publicité;
14- La fourniture de produits et services;
15-L’organisation des spectacles publics;
16- La vente aux enchères publiques;
17- La distribution d’eau, d’électricité et de gaz;
18- Les postes et télécommunications.
C’est donc, selon l’article 6, d’une liste précise de 18 activités terrestres.
S’ajoutent à cette liste, toutes les opérations « portant » sur les navires et les
aéronefs et leurs accessoires, ou « se rattachant » à leur exploitation ou au
commerce maritime et aérien (Art 7 Code de Commerce).
Pour pallier toute omission ou permettre de résoudre toute interrogation
future due à l’évolution des affaires, sont généralement tenus pour
commerciaux les actes « de toutes activités pouvant être assimilées » à celles
visées aux articles 6 et 7 précités.
b/ Les actes de commerce par rattachement
Il s’agit d’actes qui ne doivent pas leur commercialité à leur objet mais à une
déclaration de la loi ou à un effet de cohérence:
-Actes de commerce par la forme: ils sont réputés actes de commerce par la
loi, même lorsqu’ils sont faits à titre isolé par des non commerçants. Ce sont
la lettre de change (art 9), la société en nom collectif , la société en
commandite , la SARL et la SA.
-Actes de commerce par accessoire: ce sont les faits et actes réalisés ou
souscrits par un commerçant « à l’occasion de son commerce » (art 10).
c/ Les actes de commerce mixtes
Ce sont les actes considérés comme civils à l’égard de l’une des parties et
commerciaux à l’égard de l’autre.
B/ Les obligations des commerçants
Outre la titularité d’un compte bancaire ou postal et l’obligation de payer des
impôts, les commerçants sont justiciables d’une publicité statutaire et d’une
comptabilité commerciale descriptive.
1/La publicité statutaire
Elle a lieu au Registre de Commerce (RC) par voie d’immatriculation,
d’inscriptions modificatives ou de radiation.
a/ Le RC
Définition: c’est un support de publicité destiné à faire connaitre l’existence,
les caractéristiques et le devenir des établissements de commerce, en
fournissant tous renseignements, par voie de copie ou d’extrait certifié, des
inscriptions qui y sont portées.
b/ L’immatriculation
2/La comptabilité commerciale
La tenue d’une comptabilité régulière est une obligation majeure et
caractéristique du statut de commerçant.
Les exigences comptables: tenue du livre journal, du grand livre, du livre
d’inventaire, des états de synthèse (bilan, compte de produits et charges, état
des soldes de gestion, tableau de financement et état des informations
complémentaires).
LE FONDS DE COMMERCE (FDC)
Définition: le FDC n’est pas défini par la loi. Toutefois, l’ensemble des biens et
droits qui servent à un commerçant ou à un industriel pour l’exercice de sa
profession constitue ce qu’on appelle le FDC.
A/ La conception du FDC:
1/Composition du FDC:
Le FDC regroupe des éléments corporels et des éléments incorporels.
a/ Eléments corporels
-Le matériel: c’est l’ensemble de l’outillage du fonds, le mobilier, les
machines, voitures…..servant à son exploitation.
-Les marchandises: c’est la matière même sur laquelle porte le commerce
considéré.
b/ Eléments incorporels
Ils confèrent au fonds l’essentiel de sa valeur.
-La clientèle et l’achalandage
C’est l’ensemble des personnes qui sont en relation d’affaires avec une
maison de commerce. (Clientèle: ensemble des personnes qui ont avec la
maison des relations suivies. Achalandage: ensemble des clients occasionnels
ou de passage).
-Le droit au bail
-Le nom commercial et l’enseigne
-Les droits de propriété industrielle
B/ La nature du FDC:
Le FDC est considéré comme une unité juridique ayant la nature d’un bien
meuble. On le considère comme un meuble incorporel en raison de
l’importance des éléments incorporels, prépondérants dans sa composition.
Donc, un FDC peut faire l’objet d’un nantissement mais non d’une
hypothèque.
C/ Les opérations sur FDC
Le FDC peut être affecté en nantissement pour procurer du crédit à son
titulaire, peut être vendu ou peut être mis en location-gérance.
LES STRUCTURES SOCIETAIRES
La société est une institution familière du commerce et de la plupart des
secteurs d’activité où l’homme est conduit à entreprendre. Elle correspond à
la nécessité d’organiser le regroupement des moyens humains, intellectuels,
techniques et financiers indispensables à la réalisation et à la pérennité des
entreprises économiques. Elle s’analyse comme une technique d’organisation
et une structure juridique.
1/Notion de société
Définition: L’article 982 du DOC définit ainsi la société: « contrat par lequel
deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs biens ou leur travail
ou tous les deux à la fois, en vue de partager le bénéfice qui pourra en
résulter ».
Donc, trois éléments sont nécessaires à l’existence d’une société:
-Un contrat qui exprime la volonté d’une association;
-Des apports;
-La recherche des bénéfices à partager.
Un quatrième élément constitutif de la société, non formulé dans le texte,
réside dans la constatation, en la personne des associés, d’un « affectio
societatis », volonté commune de réaliser le but social.
a/Les apports
Tout associé doit faire un apport à la société. L’apport se définit comme un
bien ou une valeur qu’un associé affecte à la société en vue de la constitution
de son capital ou, mieux encore, de son patrimoine patrimonial et
technique. ( apports en espèces, en nature ou en industrie)
b/Le partage des bénéfices et la contribution aux pertes
Cet élément implique deux choses:
-Le but de la société doit obligatoirement résider dans la recherche de profits;
-Tous les associés doivent avoir vocation à se partager les bénéfices ou,
éventuellement, à supporter les pertes.
c/L’esprit sociétaire
C’est la volonté de collaborer sur un pied d’égalité, à l’œuvre commune.
2/Typologie des sociétés
Les sociétés sont soit civiles, soit commerciales. Cette distinction repose
d’abord sur le genre d’activités qu’exerce la société.
Sont commerciales: les sociétés ayant pour objet l’exercice habituel d’actes
de commerce. Aux sociétés qui sont normalement commerciales par l’objet
de leurs activités, il faut ajouter celles qui le sont obligatoirement en raison
de leur forme, quelle que soit leur activité: Ce sont les sociétés en
commandite, la société en nom collectif, la SARL et la SA.
Sont civiles: les sociétés qui, par opposition, n’ont ni une forme réputée
commerciale, ni un objet ayant rapport avec le commerce. (société de
bienfaisance, société sportive….)
Il existe deux classifications principales des sociétés commerciales:
-Selon l’étendue de la responsabilité à laquelle sont exposés les associés:
*Les sociétés qui comportent une responsabilité indéfinie de chaque membre
au passif social éventuel: SNC par exemple (tout associé peut être poursuivi
sur ses biens personnels en recouvrement d’une dette sociale quelconque).
*Les sociétés dites « à responsabilité limitée », ainsi dénommées à raison de
ce que chaque associé n’engage que ses apports en garantie des dettes
sociales (exemple: SARL, SA)
-Selon l’intérêt attaché à la personne des coassociés
Lorsqu’on s’associe, il n’est pas anormal de chercher à savoir avec qui.
Précisément, selon l’importance que l’on attache à ce point, c’est-à-dire à la
qualité des coassociés, il est possible de faire choix d’une forme sociale plus
ou moins respectueuse de cette considération. Ainsi, faut-il distinguer:
*Les sociétés de personnes, dans lesquelles on présume que chaque associé
n’a accepté de prendre cette qualité qu’en connaissance de la personnalité
des autres membres (SNC, société en commandite et, dans une moindre
mesure, SARL)
*Les sociétés de capitaux où l’adhésion des associés est moins guidée par des
considérations tenant aux personnes que par le désir de mettre en commun
les moyens avec le meilleur espoir de lucre (exemple type: la SA)
3/Règles communes aux sociétés
Chaque type de société est régi par les règles légales qui lui sont propres.
Néanmoins, certaines questions de même nature, constantes sous tous les
modèles sociétaires, peuvent recevoir des réponses identiques. Ainsi,
s’observent quelques règles communes à tout ou partie des sociétés. Le cas
s’observe, par exemple, pour les sociétés commerciales par la forme avec des
dispositions ayant notamment pour objet:
-La durée de la société, limitée à 99 ans mais prorogeable « une ou plusieurs
fois » (art 2 et 3 Code Commerce);
-L’établissement par écrit des statuts et des pactes entre actionnaires;
-Les pièces à déposer au greffe en vue de l’immatriculation de la société et les
formalités de cette immatriculation;
-La tenue de PV d’assemblées (art 136 à 138);
-Les règles régissant les fusions et scissions de sociétés.
LES SOCIETES DE PERSONNES
Définition: une société de personne est une société constituée « intuitu
personae », c’est-à-dire en considération même des associés.
C’est au sein de cette catégorie de société que s’introduit la classification
fondée sur l’étendue de la responsabilité: certaines emportent une
responsabilité indéfinie qui les distingue de la SARL.
A/LES SOCIETES A RESPONSABILITE INDEFINIE
Toutes ces sociétés commerciales de personnes sont régies par le Dahir 1-97-
49 du 13/02/1997.
1/LA SOCIETE EN NOM COLLECTIF (SNC)
Elle se définit comme la société dont les associés ont tous la qualité de
commerçant et répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales.
Ce type de société est le plus ancien et réunit un petit nombre de personnes
qui se connaissent bien et se font une grande confiance réciproque.
a/ Configuration
-Caractères
Les deux traits distinctifs les plus marquants de cette forme sociale sont que
tous les associés acquièrent la qualité de commerçant en entrant dans la
société et qu’ils répondent solidairement et sans limitation du montant du
passif de la société.
Cette obligation indéfinie et solidaire au passif de la société révèle l’intensité
du lien d’interdépendance et de confiance qui unit les membres du groupe.
Ainsi, la SNC est le type même de société dans lesquelles la considération de
la personne des associés revêt un caractère capital.
Conséquence: la conséquence réside dans la cessibilité contrôlée des parts
sociales: un associé en nom ne peut pas en principe céder librement à un
tiers les droits nominatifs qu’il détient dans la société.
Il faut cependant distinguer la cession des parts entre vifs et la cession à
cause de mort:
*la cession entre vifs n’est possible, au profit d’un associé ou d’un tiers, que
par l’accord unanime de tous les associés (art 15).
*quant à la cession à cause de mort (c’est-à-dire par voie de transmission
successorale), elle est également possible bien que, selon la loi, le décès d’un
associé entraine la dissolution de la société; mais les statuts peuvent prévoir
la continuation de la société, soit entre les associés survivants, soit même
avec les héritiers de l’associé décédé ou certains d’entre eux (art 17).
-Constitution
Obéit à des conditions de fond et de forme:
*De fond: la SNC doit être dotée d’un capital, mais aucun montant minimum
n’est fixé par la loi; la SNC n’est régulièrement constituée que si elle
comprend au moins deux associés. En revanche, le nombre maximum n’est
pas fixé; les associés doivent avoir la capacité de faire le commerce.
*De forme et de publicité (voir règles communes aux sociétés).
b/ Fonctionnement
-Les gérants:
En principe, tous les associés sont gérants mais, le plus souvent, les associés
prévoient la désignation d’un ou plusieurs gérants.
La cessation des fonctions du gérant intervient normalement à l’arrivée du
terme prévu au moment de sa désignation. Elle a lieu aussi, le cas échéant,
par révocation ou démission.
Le gérant dispose de la signature sociale. Dans ses rapports avec les associés,
les pouvoirs du gérant sont déterminés par les statuts. Dans ses actes à
l’égard des tiers, le gérant de la SNC engage la société par tous les actes qui
tendent à la réalisation de l’objet social.
-Les associés non gérants:
En application de la loi, ils nomment et révoquent les gérants et peuvent
modifier les statuts.
En application des statuts, ils peuvent adopter des clauses limitatives des
pouvoirs du gérant.
Sauf stipulation contraire des statuts, les décisions sont prises en principe à
l’unanimité et en assemblée générale. Les associés non gérants ont aussi des
pouvoirs de contrôle.
c/Dissolution
La SNC peut être dissoute pour les mêmes raisons que les autres sociétés
commerciales.
Il existe aussi des causes spécifiques de dissolution car trois événements
frappant un associé sont susceptibles d’entrainer la dissolution de la société.
Ce sont la révocation du gérant statutaire, la liquidation judiciaire de
l’entreprise d’un associé ou le décès d’un associé.
2/LA SOCIETE EN PARTICIPATION
C’est un groupement dont les membres conviennent de ne pas solliciter
l’immatriculation au registre de commerce, de sorte qu’elle est privée de la
personnalité morale.
Ces sociétés sont assez nombreuses car elles conviennent aux entreprises
momentanées.
3/LA SOCIETE EN COMMANDITE
Aucun capital minimum n’est exigé.
Constituée d’associés commandités (c’est-à-dire tenus indéfiniment et
solidairement des dettes sociales) et d’associés commanditaires (ne
répondent des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports).
B/LA SARL
Type hybride qui emprunte ses principaux caractères tant à la société de
personne (c’est-à-dire qu’il repose assez largement sur la considération des
qualités personnelles de ses membres, en général constitués d’un petit
nombre d’associés qui se connaissent bien) qu’à la société de capitaux ( les
associés ne sont pas commerçants, la responsabilité des associés est limitée
aux montants des apports faits par eux pour la formation du capital social).
1/FONDATION DE LA SOCIETE
a/ Constitution
Une SARL n’est valablement constituée qu’en conformité des conditions de
fond et de forme prescrites par la loi pour toutes les sociétés, mais ne peut
être adoptée pour les activités de banque, de crédit, d’investissement,
d’assurance ou d’épargne.
-Conditions relatives aux associés
S’il faut en principe deux personnes pour constituer une société, la SARL peut
n’en comporter qu’une , « associé unique » et ne peut en comprendre plus
de 50. Au delà de ce chiffre, la SARL doit être transformée en SA.
L’entrée dans la SARL ne conférant pas la qualité de commerçant, il n’est pas
nécessaire que les associés aient la capacité de faire des actes de commerce.
-Conditions relatives au capital social
Aucun capital social minimum
Le capital social doit être intégralement libéré ( c’est-à-dire que les associés
doivent effectuer la totalité de leurs apports dès la formation de la société).
Les fonds provenant de la libération des parts sociales sont déposés, dans les
8 jours, dans un compte bancaire bloqué.
-Conditions de forme: (voir les règles communes aux sociétés)
b/ Parts sociales
Les parts sociales attribuées aux associés d’une SARL en représentation et à
concurrence de leurs apports respectifs ne sont pas en principe librement cessibles:
c’est en quoi elles se différencient des actions émises par les sociétés de capitaux.
Mais la loi permet à un associé de céder ses parts dans 3 cas: à un associé, à un
parent, à un tiers sous autorisation de la majorité en nombre des associés
représentant au moins trois quarts des parts sociales.
2/ORGANISATION DE LA SOCIETE
a/fonctionnement
-La gérance
Le ou les gérant (s), dont le mandat est de 3 ans, peut ou peuvent être désigné (s) soit
parmi les associés, soit parmi les tiers
Le gérant est nommé soit par les statuts, soit par un acte séparé.
La cessation des fonctions d’un gérant intervient à terme, par révocation ou
par démission.
Le gérant a des pouvoirs vis-à-vis des associés aménagés par les statuts de la
société. En l’absence de stipulations particulières dans les statuts, la loi
autorise le gérant à accomplir « tout acte de gestion dans l’intérêt de la
société ».
Ses pouvoirs sont encore plus importants à l’égard des tiers.
Les gérants sont responsables, individuellement ou solidairement, envers la
société et les tiers, des infractions aux règles légales applicables aux SARL, des
violations des statuts et des fautes commises dans leur gestion.
-Les associés
Tous les associés, même non gérants, interviennent plus ou moins
directement dans la vie sociale, sous forme de réunions en assemblée.
Les associés non gérants ont des pouvoirs de décision (nomination et
révocation des gérants, modification des statuts….) et des pouvoirs de
contole de la gestion et des actes de leurs représentants.
-Le commissaire aux comptes (CAC)
L’institution d’n CAC est empruntée au régime de la SA.
Est possible dans une SARL à la majorité des trois quarts du capital social.
Est obligatoire si le chiffre d’affaires, à la cloture d’un exercice, est supérieur à
50 millions DH.
b/ Dissolution
Suite aux causes de dissolution communes aux sociétés commerciales.
Suite à 3 causes spécifiques à la SARL: Augmentation du nombre des asoociés
au dela de 50; réduction du capital au dessous du minimum légal et perte des
trois quarts du capital social.
LA SOCIETE ANONYME (SA)
Symbole de la société de capitaux, elle en réunit les 3 caractères: les associés
n’ont pas qualité de commerçant, ils ne répondent du passif social qu’à
concurrence de la valeur de leurs apports et, surtout, leurs droits dans le
capital (actions) sont en règle librement cessibles.
Régie par la loi 17-95 du 30/8/1996, modifiée par la loi 20-05.
A/CONSTITUTION DE LA SA
A 5 personnes au moins, la SA se forme pour 99 ans au plus (durée
renouvelable), par la signature des statuts, la libération des actions à hauteur
d’un quart au moins de leur valeur nominale, le transfert des apports en
nature, la publication d’un avis descriptif dans un journal d’annonces légales
et le dépôt au greffe des pièces constitutives.
Mais elle n’acquiert la personnalité juridique qu’à dater de son
immatriculation au RC.
Le capital est égal ou supérieur à 3 millions DH si la société fait publiquement
appel à l’épargne ou si elle compte plus de 100 actionnaires et à 300000 DH
dans le cas contraire.
Il doit être entièrement souscrit et se divise en actions de 100 DH au moins.
B/ DISSOLUTIONi DE LA SA
La dissolution de la SA est prononcée par l’Assemblée Générale Extraordinaire
si, du fait des états de synthèse, la situation nette se révèle inférieure au
quart du capital social ou en cas de réduction du nombre d’associés à moins
de cinq
C/L’EVOLUTION DE LA SOCIETE
1/La modification du capital social
Le capital peut etre augmenté par emission d’actions nouvelles ou par
majoration de la valeur nominale des actions existantes.
2/La transformation de la SA
D/LA GESTION SOCIALE
a/ les organes de gestion
-la société à conseil d’administration
-la société à directoire
b/Le CAC
E/LES ASSEMBLEES GENERALES
F/ LES VALEURS MOBILIERES
Les valeurs mobilières sont les droits émis par les SA: ACTIONS ET OBLIGATIONS.
Les valeurs mobilières revêtent la forme nominative ou au porteur. Dans le
premier cas, elles ne sont pas représentées par des vignettes mais seulement
inscrites au nom de leurs titulaires sur « un registre des transferts » que la
société doit tenir.
Les valeur mobilières au porteur sont formalisées par des vignettes.
-Les actions: il existe des actions d’apport et des actions de numéraire
Il s’attache à l’action 2 types de prérogatives: financières (vocation aux bénéfices
annuels mis en distribution sous forme de dividendes) et fonctionnelles (droits
reconnus aux actionnaires dans le fonctionnement de la SA)
Les obligations
Comme l’action, l’obligation est une valeur mobilière cessible susceptible
aussi de la forme nominative.
Mais tandis que l’action illustre une prise de participation patrimoniale au
capital de la société et confère à l’apporteur, intégré au corps social, la qualité
d’associé, l’obligation traduit une assistance monétaire en forme de prêt au
financement de l’activité sociale et n’investit son titulaire que d’une double
créance: d’une part en remboursement de son dépôt à terme et, d’autre part,
en rémunération des avoirs ainsi immobilisés.
LES MOYENS DE REGLEMENT
1/ LE CHEQUE
Définition 1: Régi par le code de commerce (art 239 à 328), le chèque est un
titre de propriété monetaire permettant au bénéficiaire de se faire servir les
avoirs portés au crédit d’un compte du tireur aiprès d’un dépositaire
déterminé (la banque).
Définition 2: le chèque est un écrit par lequel l’emetteur ( ou tireur) donne
l’ordre à sa banque (ou tiré) de payer la somme y figurant au profit d’un
bénéficiaire ou porteur.
Le chéque contient des mentions obligatoires et des mentions non
essentielles.
Le chèque est un moyen de paiement , non de crédit ou de garantie.
La provision doit exister au moment de l’emission du chèque.
2/ LA LETTRE DE CHANGE
C’est un écrit par lequel le créancier (tireur) donne l’ordre au débiteur (le tiré)
de payer au bénéficiaire une somme donnée à une échéance déterminée.
3/LE BILLET A ORDRE
Définition: c’est un écrit par lequel le souscripteur s’engage à payer une
somme, à une personne, à une échéance déterminée.
LES CONTRATS COMMERCIAUX
1/ LES CONTRATS BANCAIRES
A/ LE COMPTE EN BANQUE
Le compte en banque est soit à vue, soit à terme.
1/Dispositions communes aux comptes à vue et à terme
2/Le compte à vue
Définition: c’est un contrat par lequel la banque convient avec son client
d’inscrire sur un relev é unique leurs créances réciproques sous forme
d’articles de crédit et de débit, dont la fusion permet de dégager à tout
instant, un solde provisoire en faveur de l’une des parties.
3/ Le compte à terme
B/ LE DEPOT DE TITRES
C/LE VIREMENT
Définition: c’est l’opération par laquelle le compte d’un déposant est, sur
l’ordre écrit de celui-ci, débité pour un montant destiné à etre porté au crédit
d’un autre compte.
D/L’OUVERTURE DE CREDIT
LE NANTISSEMENT
C’est une opération qui permet à un
commerçant d’obtenir du crédit en donnant son
fonds de commerce en garantie
LE CONTRAT DE TRANSPORT
1/ TRANSPORT DES CHOSES
2/ TRANSPORT DES PERSONNES

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