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Chapitre 2 :Caractéristiques des

fluides de réservoir
A. Amath BODIAN
Les caractéristiques des fluides de réservoir
I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 La masse volumique d’une substance (Density en anglais) est le rapport de la


masse sur le volume de la substance à une température déterminé.
m
 ρ = --------
v
 La masse volumique de pétrole brut est un paramètre facilement accessible et est
largement utilisée pour la caractérisation des différents produits pétroliers.

 C'est un paramètre très important puisqu'il est directement lié au prix du brut.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :
 La densité :

 La densité d (specific gravity en anglais) et le rapport de la masse volumique de la substance


sur la masse volumique d’un fluide de référence dans des conditions déterminés de T et de P.

 Pour les solides et liquides, les corps de référence (B) est I'eau à 3.98 °C, température à
laquelle la masse volumique est maximale, et dont la valeur est égale à 1g/cm3.

 d = --------
ρ
 Dans l’industrie de pétrole on a admis d’utiliser la même température 15,6°C pour l’eau et
ρeauet la pression atmosphérique.
pour l’huile
I. La masse volumique, la densité et le degré API :
 La densité :

 La densité des hydrocarbures correspond à la masse par unité de volume. Cette propriété
est utilisée par l’industrie pétrolière pour distinguer les hydrocarbures légers et lourds.
Elle est aussi importante pour indiquer la flottabilité des hydrocarbures dans l’eau en
cas de déversement. La plupart des hydrocarbures ont des densités comprises entre 0,7
et 0,99 g/ml à 15.6 °C.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 La densité :

 Toutefois, la densité tend à diminuer lors des processus d’altération des hydrocarbures, en
particulier le processus d’évaporation des fractions plus légères, les changements de
température ou l’interaction avec des particules. Ainsi, lorsque la densité des
hydrocarbures devient supérieure à celles de l’eau douce (1,0 g/cm3) ou marine (1,03
g/cm3), les hydrocarbures coulent.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :
 Le degré API
 Du nom de "American Petroleum Institute", Le degré API est un autre moyen pour exprimer la densité d’un brut.

 L’échelle des masses volumiques de l’American Petroleum Institute (API) est couramment utilisée pour décrire la densité des
hydrocarbures pétroliers. En effet plus le pétrole est lourd plus son degré API est faible.

 Ainsi, les hydrocarbures ayant une densité API supérieure à 10° seront moins denses que l’eau et auront tendance à flotter, alors
que les hydrocarbures ayant une densité API inférieure à 10° seront plus denses que l’eau et auront tendance à couler.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 Le degré API

 °API=(141.5/d)-131.5

 Avec d la densité du pétrole brut par rapport à l’eau mesuré à 15.6 °C.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 Classification du petrole selon la densité :

 La masse volumique du brut est corrélée avec le rapport C/H du nombre d'atomes de
carbone sur celui d'hydrogène. La densité du brut croît avec C/H. Un brut léger est donc
susceptible de produire plus de fractions légères qu'un brut lourd, et son extraction est
plus facile. Les fractions légères sont les plus chères, car elles ont plus de débouchés que
les fractions lourdes, surtout si on tient compte des quantités produites. A noter que le
pouvoir calorique massique diminue lorsque C/H croît.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 Classification du petrole selon la densité :

 Il faut aussi noter qu’un brut lourd a de fortes chances d'être contaminé par des molécules
soufrées, ceci par la part importante de bitumes, fractions riches en ces molécules.

 Les pétroles légers peuvent contenir des molécules soufrées de faible masse volumique
(les thiols par exemple). Tous ces facteurs font que le brut léger est plus apprécié et donc
plus cher que les bruts lourds. Toutefois, s'il est trop léger (densité ≤ 0, 8), les chaînes
d'hydrocarbures sont trop courtes. Il perd alors en valeur.
I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 Classification du Gaz Naturel selon la densité :


I. La masse volumique, la densité et le degré API :

 Classification du pétrole selon la densité :

Ainsi, il est donc utile de classifier les fluides selon leur densité. On distinguera quatre
catégories :

 pétrole léger "light" : le degré API est supérieure à 31.1 ; API>31.1

 Pétrole moyen "medium" : °API compris entre 22.3 et 31.1 ; 22.3<API<31.1

 Pétrole lourd ("heavy") : °API compris entre 10 et 22.3 ; 10<API<22.3

 Pétrole extra lourd ("extra heavy") : °API inférieur à 10 ; API<10


2. La Viscosité

 Propriété de résistance à l'écoulement uniforme et sans turbulence se produisant dans


la masse d'une matière.

 Elle est exprimée par un coefficient représentant la contrainte de cisaillement


nécessaire pour produire un gradient de vitesse d'écoulement d'une unité dans la
matière.

 Selon la viscosité, quatre types de gisements sont définis (léger, moyen, lourd ou extra-
lourd et bitume). Plus le pétrole brut est visqueux, plus il est « lourd » :
4. La Viscosité

 La viscosité des bruts va conditionner les pertes de charge et les


dimensions/caractéristiques des séparateurs ou des pompes. Bien sûr, une bonne uidité du
brut est souhaitable pour améliorer son écoulement et sa récupération.

 La viscosité n'est pas censée dépendre de la pression exercée sur le liquide, tant qu'il n'est
pas viscoélastique. Or dans la réalité, et même pour un fluide jugé newtonien
incompressible, des pressions aussi importantes que celles régnantes dans les réservoirs
de pétrole vont accroître sa viscosité.
2. La Viscosité

 Des études ont montré que pour la température, son augmentation abaisse la viscosité
des liquides. cette baisse de viscosité est plus prononcée dans le cas des bruts
paraffiniques que dans le cas des bruts naphténiques ou mixtes.
2. La Viscosité

 La viscosité du pétrole est corrélée à son ° API : plus le brut est léger, plus il est fluide.

 ➪ La viscosité dynamique du pétrole léger est du même ordre de grandeur que celle de l'eau.

 Celle du pétrole intermédiaire est jusqu'à cent fois plus grande. La viscosité du pétrole lourd
dépasse les 0,1 Pa.s. [Arnold2008] fournit des abaques permettant d'estimer la viscosité de
l'huile suivant sa température et son °API.

 ➪ Cette tendance semble logique, puisque les coupes légères, principaux constituants des bruts
légers, ont une faible viscosité. Les coupes lourdes se trouvant en fractions importantes dans les
pétroles lourds sont quant à elles très visqueuses.
2. La Viscosité

 Viscosité dynamique :

 Considérons deux couches de fluide contiguës distantes de Δz. La force de frottement F qui
s'exerce à la surface de séparation de ces deux couches s'oppose au glissement d'une couche sur
l'autre. Elle est proportionnelle à la différence de vitesse des couches soit  Δ v, à leur surface S
et inversement proportionnelle à  Δ z :

Unité : Dans le système international (SI), l'unité de


viscosité dynamique est le Pascal seconde (Pa×s) 
2. La Viscosité

 2.3 - Viscosité cinématique

 Dans de nombreuses formules apparaît le rapport de la viscosité dynamique et de la


masse volumique .
 Ce rapport est appelé viscosité cinématique :

Unité : Dans le système international (SI),


l'unité de viscosité n'a pas de nom particulier :
(m2/s).
2. La Viscosité

 Les variations de la viscosité:

La viscosité d’un fluide peut varier selon divers paramètres tels que, la pression, la nature du fluide
(ci celui-ci est dit newtoniens ou non newtoniens), le type d’écoulement du fluide, ou encore sa
température.
2. La Viscosité

 La température :

 La viscosité d’un liquide change si la température varie. Plus la température augmente, plus la
viscosité diminue, et inversement.

 La viscosité dynamique est liée aux chocs entre les particules d’un fluide. Dans un fluide les
particules ne sont pas aussi libres que dans un gaz, elles subissent plus d’interactions, de liaisons.
La viscosité est encore une foie due aux chocs entre particules, mais un liquide est un état dense
de la matière. Si on augmente la température en plus de l’agitation thermique d’un liquide
certaines liaisons entre les particules vont donc « se casser », les particules vont pouvoir bouger
plus librement, elles seront moins contraintes dans leur micro mouvement par leur voisines. Donc
le liquide va perdre en viscosité.
2. La Viscosité

 La température :
 Contrairement à celle des liquides, la viscosité des gaz augmente avec la température.
 Il n'existe pas de relation rigoureuse la viscosité à la Température.

La viscosité des liquides diminue beaucoup lorsque la


température augmente.
2. La Viscosité

 La pression :

 Tout d’abord l’un des facteurs influençant la variation de la viscosité est la


pression. En effet, la pression d’un liquide augmente, sa viscosité augmente
également. La viscosité dynamique des liquides est pratiquement indépendante
de la pression tant que celle-ci reste inférieure à 200 bars environ ; en raison de
leur très faible compressibilité, il en est de même de leur viscosité cinématique
tant que la pression reste inférieure à la même limite.
2. La Viscosité

 La nature du fluide :

 la viscosité est également soumise à des variations en fonction de la nature du fluide. Ces types de
fluide sont appelés newtoniens et non newtoniens. L’étude de la déformation et de l’écoulement de
ces fluides est appelé rhéologie. Elle a pour objectif d’analyser les comportements mécaniques des
substances et d’établir leurs lois de comportement.

 Les fluides newtoniens désignent tous les fluides dont la viscosité est constante quelle que soit
l’intensité du cisaillement qui lui est appliqué. On parle de viscosité absolue. L’eau est un fluide
newtonien : elle s’écoule de la même façon quelque soit la vitesse ou la force qu’on lui impose mais
cela peut dépendre des conditions. 
2. La Viscosité

 La nature du fluide :

 Les fluides non newtoniens désignent l’ensemble des fluides dont la viscosité n’est pas constante. Ils
sont non linéaires. C’est à dire que la viscosité ne dépend ni du temps pendant lequel le fluide est
cisaillé ni de la vitesse de cisaillement. Il existe plusieurs types de fluide non newtoniens qui
possèdent chacun un comportement qui leur est propre.

 Il existe les fluides rhéofluidifiants, les fluides rhéopaissisants, les corps plastiques, les
thyxotropes est les antithyxotropes.
3. Facteurs de volume de formation FVF:

 Ce facteur est le rapport de volume du l’huile, du gaz ou d’eau aux


conditions du réservoir au volume de même nature aux conditions de surface.
En pratique, les FVF s'écrivent Bo pour l'huile (et Bg pour les gaz). Les Bo et
les RS varient beaucoup suivant les types d'huiles : légère, moyenne et
lourde.

 Le facteur de volume de formation est calculé par la formule suivante :


3. Facteurs de volume de formation FVF:

 Bo : le facteur de volume de formation de pétrole, est le volume Aux conditions standard : 60 °F et 14,7 psia
dans les barils occupés dans le réservoir, à la pression et à la
(15,5C° et 1 bar) les valeurs de FVF sont :
température régnante, par un baril courant de réservoir d'huile
Bo = facteur de volume de formation d’huile.
plus son gaz dissous.
~ 1,2.
 Bg : le facteur de volume de formation de gaz, qui est le
Bg = facteur de volume de formation de gaz.
volume dans les barils qu'un piedcube standard de gaz occupera
~ 0,005.
en tant que gaz libre dans le réservoir à la pression de réservoir
et à la température régnantes.
3. Facteurs de volume de formation FVF:

Exemple :

 Calculer le volume correspondant à la surface pour un volume dans un


reservoir d’huile de 15.000 m3.

 Bo = 1.2

 Vr = 15.000 m3

15.000
 Vs = ----------- = 12.500m3
1.2
3. Facteurs de volume de formation FVF:

Exemple :

Quel volume de gaz faudra t-il extraire d’un reservoir pour 12.000 m3 de gaz
au stockage.
Bg = 0.005
Vs = 12.000m3

Vr = Vs * Bg Vr = 12.000 * 0.005 = 60 m3
4. Rapport gaz – huile de solution (Rs) :

 Le rapport de gaz-huile de solution (ou dissous), qui est le nombre de pieds cubes
standard de gaz qui se dissoudront dans un baril courant de réservoir d'huile
quand tous les deux sont pris vers le bas au réservoir à la pression de réservoir et à
la température régnantes. Il est nommé solution GOR ('unités- [scf. gaz/ stb],
Huile, [m3/m3]).
4. Rapport gaz-huile de solution (rs) :

 Le rapport de gaz-huile de solution (ou dissous) est le nombre des mètres cubes
standard de gaz qui se dissout dans un baril courant de réservoir d’huile quand
tous les deux sont rendu vers le bas au réservoir à la pression de réservoir et à la
température régnante. Les 𝐵𝑜 et les 𝑅𝑠 varient beaucoup suivant les types d’huile :
légère, moyenne et lourd. Il est nommé solution GOR (unités-gaz [scf /stb], huile,
[m3/m3]). La figure suivante montre que:
 𝑅𝑠 : Reste constant pour 𝑃˃𝑃𝑏 (la pression de bulle).

 𝑅𝑠 : diminué avec la diminution de pression.


4. Rapport gaz-huile de solution (rs) :

 C’est le rapport entre le volume de


gaz et le volume d’huile produit.

 Pour 𝑝 < 𝑝𝑏 , le gaz se produit en


surface est la combinaison du gaz qui
était dissout dans l’huile dans les
conditions réservoir devient un gaz
libre. La figure ci contre montre La
courbe de rapport gaz-huile produit.
La courbe de rapport gaz-huile de solution (Rs).
4. Rapport gaz – huile de solution (Rs) :

• Facteurs de volume de formation(FVF).


5. La pression de bulle :

La courbe de rapport gaz-huile de solution (Rs).


5. La pression de bulle :

La courbe de rapport gaz-huile de solution (Rs).


6. Facteur de compressibilité des gaz

 En physique, et plus particulièrement en thermodynamique, le facteur de


compressibilité désigne le rapport du volume molaire d'un mélange ou d'un corps
pur réel, liquide ou gazeux, au volume molaire du gaz parfait correspondant aux mêmes
pression, température et composition.
PV
Facteur de compressibilité :  Z = -----------     
nRT
 Pour un gaz parfait, le facteur de compressibilité vaut 1, quelles que soient la nature

du gaz et les conditions de pression, température, composition. Pour un fluide réel, le


facteur de compressibilité est généralement compris entre 0,2 et 1,2, il dépend de la
nature du fluide et des conditions opératoires.
7. Coefficient de compressibilité isotherme

La compressibilité est une caractéristique d'un corps quantifiant sa variation relative


de volume sous l'effet d'une pression appliquée. La compressibilité est une
grandeur intensive homogène avec l'inverse d'une pression, elle s'exprime en Pa−1.
La compressibilité des gaz est très élevée, elle est faible pour les liquides et très faible pour
les solides usuels.
Le coefficient de compressibilité isotherme, que l'on note le plus souvent XT
est défini par la relation :
     
8. La salinité

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