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La Crise Badii AMAMOU

MCA psychiatrie Monastir


Suicidaire
 Les conduites suicidaires constituent l’une des
principales urgences psychiatriques
 Le suicide est un véritable problème de santé
publique .
 L’OMS estime à 1 million le nombre de décès
I. Introduction par suicide dans le monde chaque année .
 Les CS peuvent s’intégrer dans le cadre d’une
pathologie psychiatrique ou être réactionnelle
à une situation existentielle difficile.
*Le suicide : acte délibéré par lequel un individu
met fin à ses jours=meurtre de soi
même=>suicide abouti (acte mortel par lequel
son auteur devient, à titre posthume, un
suicidé)
*le suicidé : sujet dont le geste a été mortel, sujet
II. Définition  ayant réussi sa TS et DCD par suicide
*le suicidant : sujet qui a survécu à sa TS, qui a
échoué son acte suicidaire
*le suicidaire : sujet qui présente des IS, signale
le recours au suicide par ses propos et son
comportement mais qui n’est pas passé à
l’acte. (Mais il ne faut pas croire que les
personnes qui parlent de suicide ne passent pas
à l’acte : 8 personnes/ 10 en parlent avant le
II. Définition  suicide)
*la tentative de suicide : tout acte par lequel un
individu met consciemment sa vie en jeu et
n’aboutissant pas à la mort=>acte avorté (10 x
plus fréquentes que le suicide accompli)
1-prévalences 
 Les statistiques sous-estiment d’environ 20%
le nombre réel de suicide
 L’OMS estime à 1 million le nombre de décès
par suicide dans le monde chaque année.
III. EPIDEMIOLOGIE:  Rapport de l’OMS sur le taux de suicide : la
Tunisie au 7ème rang à l’échelle arabe : 2.4
pour 100.000 habitants
*aux USA : le suicide est responsable de 30 000
DC / chaque année (les TS sont 8 à 10 x plus
fréquentes)

*en France : le suicide est responsable de 1100


DC / chaque année (les TS sont 10 x plus
fréquentes) :
Le suicide est la 3ème cause de mortalité.
Première cause de mortalité chez les 15-35 ans
(>AVP)
Connaître les variations en fonction de l’âge
Chez l’enfant
 L’expression d’idées suicidaires est rare.
 La CS est souvent réactive, impulsive,
rarement liée à une maladie mentale.
IV. ETUDE CLINIQUE   Il est plus fréquent chez le garçon
 le contexte environnemental (échec scolaire,
conflits ou séparations familiale) ; le contexte
familial  (ATCD de CS dans la famille, de
pathologie psychiatrique, de maltraitance ou
de carence)
Chez l’adolescent
Le suicide est la 2eme cause de DC après l’AVP
( dans les pays s occidentaux)
 Les TS sont 30 x plus fréquente que les
suicide
IV. ETUDE CLINIQUE 
 A l’inverse de l’adulte, dans 80% des cas il
n’y a pas de pathologie mentale sous jacente
 Il faut éviter de banaliser une IS , TS chez
l’adolescent: peuvent précéder un geste
suicidaire grave
 Les signes d’alerte diffèrent selon le sexe.
 Ainsi, les garçons se signalent généralement
par des prises de risque et des conduites
violentes,
 les filles plutôt par des plaintes chroniques,
des troubles du comportement alimentaire et
un désinvestissement progressif de tout ce qui
les intéressait jusqu’alors.
 Le facteur précipitant est souvent une rupture
sentimentale ou un échec scolaire.
chez le sujet âgé :
La personne âgée exprime rarement des idées
suicidaires
 Les sujets âgés réussissent mieux leur
suicide=>plus forte détermination à mourir
 Elles sont fréquentes dans les pays
occidentaux.
 Elles restent rares en Tunisie (liens SF)
 Les FR sont : le sexe masculin, l’isolement,
une maladie physique, l’alcoolisme, la
dépression++ (80% des cas)
V. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE :
1-les troubles de l’humeur :
 EDM++=>1ère cause de suicide ;
 Dépression unipolaire ou bipolaire
 Forte association entre dépression et suicide
(12-74%)
 En France, 50 à 80% des suicides sont en
V. DIAGNOSTIC rapport avec un trouble de l’humeur (le taux
ETIOLOGIQUE : annuel de suicide est 4 x plus / autres dg ; 30
x plus / Pop. G)
2-schizophrénie et autres psychoses :
 10% des SKZ meurent par suicide (souvent,
les 1ères années de la maladie)
V. DIAGNOSTIC
ETIOLOGIQUE :
3-la dépendance éthylique/ autres
substances :
Le risque est multiplié par 30 à 80 x plus/ Pop G
15 % des alcooliques se suicident (2/3 d’entre
eux présentent un sd dépressif).
4-les personnalités pathologiques :
PAS, personnalité limite=>suicide ++  (facilité
par la dimension impulsive et l’alcoolisme)
Personnalités hystériques=>TS (appel à l’aide)
5-les troubles anxieux :
20% des patients avec TP ou phobies =>TS
B. CS liées à des facteurs de stress :
Facteurs de stress : échecs, conflits, ruptures, etc.
C. les pathologies organiques :
DIAGNOSTIC Epilepsie++, maladies hyperalgiques, maladies
ETIOLOGIQUE : graves à évolution fatale
D. Suicide « normal » :
Contexte politique, idéologique ou culturel
A. Reconnaître et évaluer la crise suicidaire
Triple évaluation du potentiel suicidaire:
1. le risque suicidaire

VI. CAT DEVANT 2. L’urgence à intervenir


UNE CRISE 3. La dangerosité du moyen envisagé
SUICIDAIRE
Chaque dimension est estimée en degré faible,
moyen ou élevé
permet de déterminer le degré de perturbation de
l’individu afin d’instaurer une intervention
appropriée
1. EVALUATION DU RISQUE
SUICIDAIRE
 L’évaluation du risque doit permettre de
reconnaître les intentions suicidaires, de
considérer les éléments du passé pouvant
VI. CAT DEVANT
influencer le processus suicidaire : facteurs
UNE CRISE
individuels, familiaux, psychosociaux
SUICIDAIRE
 L’évaluation permet de cerner des pistes
concrètes et directes d’intervention
1. EVALUATION DU RISQUE
SUICIDAIRE
 Facteurs généraux de risque de suicide
 Antécédents personnels et familiaux de geste
suicidaire
 Troubles psychiatrique (> 90% de troubles
mentaux chez les suicidés(autopsies
psychologiques)
 Homme
 Âge jeune ou grand
 Vivre seul, faible réseau social
 Toxicomanie
 Impulsive
Facteurs de protection au suicide
Accès facile à toute une gamme d'interventions cliniques
Soutien dans la recherche d'aide
Accès réduit aux moyens létaux
Liens étroits avec la famille et soutien de la communauté
Soutien par des relations continues de soins médicaux et
de santé mentale
Capacités pour résoudre des problèmes et des conflits, et
de gérer des disputes de façon non-violente
Des convictions culturelles et religieuses qui découragent
le suicide et stimulent la conservation de soi.
Soins cliniques efficaces pour les troubles mentaux,
physiques et d'abus de substances
Instruments standardisés d’évaluation du
risque suicidaire utilisés en clinique
 SAD PERSONS (SDS)
 Echelle d’intentionnalité suicidaire de Beck
(SIS)
EVALUATION  Echelle d’idéations suicidaires de Beck (BSI)
DU RISQUE  Inventaire de dépression de Beck (BDI)
SUICIDAIRE  Echelle de désespoir de Beck (BHS)
 Inventaire d’anxiété de Beck (BAI)
 Echelle de motivation du geste
suicidaire(RASQ)
1-   homme = 1pt
2-  âge < 19ans ou > 45 ans = 1pt
« Sad
3-  déprimé ou désespéré = 2 pts Persons »
4-  A T C D de TS = 1 pt Echelle
5-  Éthylisme, abus substances actuel = 1 pt d’évaluation
6-  Jugement détérioré par psychose ou confusion = 2pts du risque
7-  séparé, divorcé ou vie isolée = 1pt suicidaire
8-  intention exprimée de se suicider ou geste planifié = 2pts
9-  pas de lien social significatif = 1pt
10- incapacité de garantir ses gestes ultérieurs = 2pts 
Score Faible 0 – 4 ; Score Moyen 5 – 9 ; Score élevé 10 - 14
2. Evaluation de l’urgence
 vise à évaluer la probabilité et l’imminence
d’un passage à l’acte.
 le niveau de souffrance psychique avec en
particulier l’intensité du sentiment de
désespoir
VI. CAT DEVANT  le niveau d’impulsivité « trait » et « état »
UNE CRISE marqué par une instabilité comportementale,
SUICIDAIRE des antécédents de passages à l’acte, de
fugues ou d’actes violents
 le degré d’intentionnalité (apparition d’idées
de suicide passives ; présence d’idées actives
et prévalentes
1. Faible: désire parler; cherche des solutions
à ses problèmes; absence de scénario
précis; lien de confiance avec un praticien
2. Moyenne: équilibre émotionnel fragile;
scénario envisagé mais exécution reportée;
suicide = seul recours imaginé pour cesser
de souffrir; a besoin d’aide et exprime
directement ou indirectement son désarroi.
3. Élevée: sentiment d’avoir tout fait; décision
de passer à l’acte dans les jours qui viennent;
planification claire(où, quand, comment);
VI. CAT DEVANT anesthésie affective, décision rationnalisée
UNE CRISE ou agitation; douleur morale omniprésente
SUICIDAIRE ou tue; isolement; accès direct et immédiat à
1 moyen de se suicider
Evaluation de la dangerosité
 Létalité du moyen envisagé et accessibilité de
ce moyen
 CAT: interroger le sujet
VI. CAT DEVANT
• Si accès facile et immédiat et/ou moyen létal =
UNE CRISE
danger extrême
SUICIDAIRE
• Létalité par ordre décroissant:
• PENDAISON, ARMES A FEU,NOYADE,
Metro, Défenestration, médicaments
B. Prise en charge d’une crise suicidaire
Objective de la prise en charge:
 d’éviter tant que possible le passage à
l’acte et/ ou la récidive.
VI. CAT DEVANT Moyens de prise en charge
UNE CRISE
 Hospitalisation
SUICIDAIRE
 Chimiothérapie
 Psychothérapie
 Prise en charge ambulatoire
Stratégies de prise en charge
Etapes-clé de l’intervention en urgence
1. L’établissement d’un lien de confiance entre un
1. Prise en ou des intervenants et la personne suicidaire
2. L’évaluation rapide et efficace du risque et de
charge l’urgence et de la dangerosité du scénario
suicidaire
en
3. L’évaluation du facteur précipitant
urgence 4. Encourager l’exploration et l’expression des
émotions afin de diminuer le sentiment de
détresse
5. La formulation de la crise
6. Briser l’isolement, soutenir la famille et les
proches, et mettre en place des structures de
protection auprès de la personne suicidaire
7. Arrêt du processus autodestructeur et
établissement d’ententes avec la personne
1. Prise en suicidaire afin d’assurer un suivi, du moins à
court ou à moyen terme
charge en Limiter l’accès aux moyens du suicide, ne pas
urgence laisser la personne seule, favoriser son
engagement, organiser la protection sur 6 à 8
semaines
8. L’après-crise : 10 à 20 % des suicidant récidive
à un ans donc il convient de proposer un suivie
dans tout les cas
 Traitement médical ou chirurgical de
l'intoxication ou des conséquences du geste
suicidaire

1. Prise en  Ne jamais laisser repartir un patient ayant un


trouble de la conscience ou encore somnolent
charge en  Examen psychiatrique avec recherche de
facteurs de risque (dépression) et de protection
urgence ; enquête sur le geste suicidaire éventuel
évaluation du niveau de risque suicidaire
 Stratégie thérapeutique en fonction du niveau
de risque estimé
Risque élevé: hospitalisation en psychiatrie en HL
ou HDT si refus du patient. Il faut hospitaliser
si pendaison ou arme à feu
Risque moyen:
moyen discuter d’une hospitalisation en
psychiatrie, en centre de crise (temps
1. Prise en d’observation en service d’accueil), versus
charge en suivi spécialisé en ambulatoire ( dans un bref
délai)
urgence Risque faible: retour à domicile possible avec un
RDV proche à la consultation(dans la
semaine) ou contact immédiat avec le médecin
traitant
1. Prise en  traitements en urgence

charge  Pas d'antidépresseur en urgence


 Anxiolytiques ou neuroleptiques sédatifs en
en cas de refus de soins chez un
urgence déprimé/agitation/anxiété en milieu hospitalier
 En ambulatoire : préférer un IRS, moins
toxique en cas de surdosage qu’un tricyclique
Hospitalisation

Elle a pour but :


2. Prise en
-d’éviter le passage à l’acte ou la récidive
charge en
-de résoudre la crise suicidaire
milieu
hospitalier -d’instaurer une relation d’aide
-de débuter un TTT si pathologie mentale sous-
jacente
Chimiothérapie
TTT sédatif : afin de réduire l’anxiété et le risque
de passage à l’acte
-Tranxène : 1Amp x 2/ jour
-Nozinan : 1 Amp x 3/ jour (si angoisse
psychotique)
2. Prise en
charge en
TTT spécifique  de la maladie mentale
milieu
AD, APA, TR,
hospitalier
ECT si risque imminent (déni, angoisse massive,
catatonie, mélancolie)
Parmi les TR : le lithium a un rôle antisuicide
Parmi les APA : la CLZ a un rôle antisuicide
Psychothérapies
*psychothérapie de soutien
L’hospitalisation doit être suffisamment prolongée
afin d’éviter les suicides qui peuvent survenir
après une amélioration apparente
2. Prise en
A moyen terme (à la sortie), il faut continuer la
charge en PEC :
milieu
-psychothérapie de soutien, TCC, TIP 
hospitalier
-suivi psychosocial continu, implication de la
famille : une vigilance de l’entourage est
nécessaire pendant les 12 mois qui suivent une
crise suicidaire ou une TS.
-si le risque est moyen ou faible
-si le sujet est coopérant, sans pathologie mentale
-si bonne qualité de l’entourage
IL faut
-à travers des consultations régulières : créer un
3. Suivi
espace d’écoute et permettre au patient de
ambulatoire verbaliser ses moments de crise et d’angoisse
-impliquer la famille, désigner un référent
-instaurer un TTT chimiothérapeutique
1-repérer les sujets à risque, rechercher les FR
(dépistage ++)
2-identifier et traiter correctement les pathologies
psychiatriques : dépression, SKZ
VII. Prévention 3-repérer l’existence d’IS, d’une crise suicidaire,
d’un sd présuicidaire
4-PEC des suicidants (ne surtout pas banaliser)
 
Les centres de prévention du suicide (CPS)
peuvent fournir des services à un seul ou à
plusieurs RLS, services qui concernent
VII. Prévention principalement la prévention du suicide elle-
même, l’intervention auprès de personnes
suicidaires ainsi que le soutien offert à leurs
proches.
L’intervention de crise doit être intensive, rapide et
précoce.
L’évaluation du potentiel suicidaire est le premier
Conclusion temps indispensable.
La prise en charge de la crise pourrait permettre une
diminution du risque de passage à l’acte à court,
moyen et long terme.

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