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Université Ibn Khaldoun

Produits financiers islamiques

Licence en Finance

Dr. Dalenda RZIG KHOUAJA

1
Résumé : Principes de la finance islamique

• tout avantage ou surplus perçu par l'un


L’interdiction des contractants sans aucune contrepartie
de la riba‫لربا‬++‫ا‬ acceptable et légitime du point de vue de
la Sharia.

• Le Gharar peut être définit comme étant


L’interdiction tout flou non négligeable au niveau d'un
du Gharar‫ا لغ رر‬ des biens échangés et/ou qui présente en
soi un caractère hasardeux et incertain.

L’interdiction • il désigne toute forme de contrat dans


du lequel le droit des parties contractantes
dépend d'un événement aléatoire
Maysir‫لميسر‬++‫ا‬

2
• La Sharia exige également que tout musulman
Interdiction des ne peut traiter des biens jugés illicites ou
Haram (Jeux du hasard, alcool, armement,
investissements …). Du point de vue financier, les sous-jacents
illicites de tout type de contrats doivent également être
conformes à la Sharia
• La finance islamique est souvent qualifiée de «
Principes de participative », à partir du fonctionnement des
contrats de participation. Elle a mis en place un
partage de système basé sur le Partage des Pertes et des
profits et de Profits qui permet d'associer le capital financier
au capital humain, et exige que la participation
pertes soit fixée dans une proportion et non par un
bénéfice à la signature du contrat.
• Toute transaction financière doit être sous-
L’Asset Backing entendue par un actif pour être valide selon la
Sharia. La tangibilité de l'actif signifie que
(adossement à toute opération doit être obligatoirement
un actif) adossée à un actif tangible, réel, matériel et
surtout Détenu.
3
CHAPITRE II : Les produits financiers
islamiques

Ce chapitre a pour objectif de :

 Maitriser les principales techniques propres à la finance


islamique (moudharaba, moucharaka, mourabaha, salam,
istisnaa et ijara), en expliquant leur mécanisme et leurs
ressemblances et différences par rapport aux opérations de
finance conventionnelle

4
Nature des produits financiers islamiques

Coûts plus Partage des pertes


marge et des profits (3P)
•Mourabaha
•Salam •Moudharaba
•Istisna’a •Mousharaka
•Ijara

5
Module : Finance Alternative
M1 Finance

Section 1 : Les produits basés sur le


partage des pertes et des profits

6
LA MOUDHARABA (commandite)
La Moudharaba est un contrat entre 2 parties.
Une partie (souvent la banque) nommée « Bailleur
de fond » met à la disposition de la 2ème partie,
appelée «Gestionnaire » ou « Moudhareb » ses
fonds. Ce dernier se charge de les gérer tout en
apportant son savoir faire. Les deux parties
définissent au préalable une clé de répartition des
bénéfices à réaliser.
La banque peut jouer le rôle de Moudhareb en
utilisant les fonds des déposants dans divers
7 projets. (Moudharaba restrictive /Libre).
On peut distinguer deux formes de
moudharaba :

Moudharaba limitée (moukayada


‫) مقيدة‬ lorsque la convention porte sur un projet
déterminé
Moudharaba illimitée (motlaka ‫) مطلقة‬
lorsque le banquier finance l’ensemble de
l’activité de développement de l’entreprise.

8
La MOUDHARABA
Investissement en Recevoir une
capital rémunération

Banque Projet : convention Entrepreneur


(bailleur de d’une clé de (gestionnaire)
fonds) répartition des profits
entre banque et client

Recevoir un Apport en nature, en


rendement expertise, en capital
humain
9
Moudharaba: conditions de
conformité
L’activité du projet objet du contrat doit être
licite.
Le capital peut être en liquides, en meuble (dont
la valeur est fixée à l’origine). Il peur être libéré
progressivement selon les besoins de
l’investisseur.
Le capital reste propriété de la banque.
L’apporteur de capitaux peut demander des
sûretés pour se garantir de la mauvaise exécution
du contrat par l’entrepreneur.
10
L’investisseur peut sélectionner le projet auquel
LA MOUSHARAKA (association)
La Mousharaka est un contrat d’association
entre deux parties ou plus dans le capital d’une
entreprise, un projet ou dans une opération. Les
profits réalisés sont répartis selon la clé de
répartition prédéterminée. Dans l’éventualité
d’une perte, celle-ci est supporté par les parties
au prorata du capital investi.
Comme dans tout contrat islamique, l’objet de
l’opération ou l’activité du projet doit être licite.
Ce mode de financement est préconisé pour le
11
financement des projets.
MOUSHARAKA
Investissement en Part des profits et des
capital (en nature ou en pertes
numéraire)
Banque Projet : convention Client de la
(bailleur de d’une clé de banque
fonds) répartition des profits (entrepreneur)
entre banque et client

Part des profits et Investissement en


des pertes capital (en nature ou
en numéraire)
12
Module : Finance Alternative
M1 Finance

Section 2 : Les produits coût plus


marge

13
BAI BITHAMAN AJIL
(Vente avec paiement différé)
Le principe de cette opération est le règlement à une
échéance donnée le prix d’un bien. L’acheteur ne
connaît pas nécessairement le coût de revient de ce
bien pour le vendeur ni la marge de ce dernier.
Le prix doit être fixé dès l’origine. Il ne peut être
modifié même si le débiteur est en retard, ou en
avance, dans son paiement.
Un gage sous forme d’hypothèque, de lettre de
garantie ou de reconnaissance de dette peut être
demandé.

14 L’expression simplifiée de cette opération est la
MOURABAHA
La mourabaha fait intervenir trois parties : le
client de la banque (acheteur final), le vendeur
(fournisseur du bien) et un intermédiaire (la
banque) qui est à la fois acheteur et vendeur.
Deux opérations sont donc réalisées :
Entre fournisseur et banque ;
Entre banque et client.

15
MOURABAHA

Paiement de la
Transfert de
banque à terme
propriété de l’actif

Vendeur Banque (bailleur Acheteur (Client


(fournisseur de de fonds) de la banque) :
la banque) exprime un besoin
de financement

Transfert de propriété de
Paiement au
l’actif (signature du
comptant
contrat Mourabaha)
16
MOURABAHA: Conditions de
conformité 
L’objet du contrat doit être licite.
L’achat/revente doivent être réels et non
fictifs.
Les caractéristiques du bien, le prix de
revient, la marge bénéficiaire de la Banque et
les délais de paiement ainsi que la date et
l’endroit de livraison doivent être
préalablement connus, fixés et acceptés par les
deux parties.
Le taux utilisé pour la mourabaha doit être
17
fixe car le prix doit être fixé dès l’origine du
SALAM (avance de trésorerie)
Les entreprises ont besoin de se procurer un
financement à court terme, essentiellement pour
les besoins de leur exploitation courante ou pour
le préfinancement à l’exportation.
C’est aussi le cas pour le schéma de financement
des entreprises agricoles, industrielles ou
artisanales de leur besoin en fonds de roulement.
Ce genre de prêt donne de la souplesse pour
l’entreprise, mais il est plus difficile à mettre en
place en finance islamique, puisqu’il faut
18 toujours rattacher un financement à un bien
SALAM
Livraison de l’actif
sur le marché Paiement comptant
de l’actif

Client/ Vendeur
consommateu Banque (Client de la
r final/ marché banque)

Paiement comptant Transfert de propriété


de l’actif immédiat mais livraison
à l’échéance
19
SALAM: Conditions de
conformité
L’objet du contrat doit être licite.
L’achat/revente doivent être réels et non fictifs.
Les caractéristiques du bien, le prix de revient, la marge bénéficiaire
de la Banque et les délais de paiement ainsi que la date et l’endroit de
livraison doivent être préalablement connus, fixés et acceptés par les
deux parties.
Cette formule doit faire l’objet de deux contrats indépendants l’un de
l’autre.
 Le premier engage l’institution financière à acheter les marchandises
auprès du fournisseur en contrepartie d’une avance tout en fixant la date
de livraison en fonction des exigences de son client.
 Une fois ce contrat conclu, elle peut revendre la marchandise par le biais
d’un contrat salam ou de versements échelonnés. La nature et la quantité
des marchandises doivent être déterminées dans le contrat, ainsi que les
20 modalités et délais de livraisons.
ISTISNA’A (sous-traitance)
L'ISTISNA'A est un contrat d'entreprise en vertu duquel
une partie (MOUSTASNI'I) demande à une autre
(SANI'I) de lui fabriquer ou construire un ouvrage
moyennant une rémunération payable d'avance, de
manière fractionnée ou à terme. Il s'agit d'une variante
qui s'apparente au contrat salam à la différence que
l'objet de la transaction porte sur la livraison, non pas de
marchandises achetées en l'état, mais de produits finis
ayant subi un processus de transformation. 
La formule de l'ISTISNA'A peut revêtir l'aspect d'une
opération triangulaire faisant intervenir aux côtés de la
Banque, le Maître de l'ouvrage et l'Entrepreneur dans le
21
cadre d'un double ISTISNA'A.
ISTISNA’A: Modalités pratiques
1. Le preneur, demande à l’entrepreneur, d’effectuer un travail
de construction ou de fabrication pour son compte. La
description de la marchandise, prix, délai de livraison, et des
modalités de paiement doivent être spécifiés dès le départ.
2. Des paiements échelonnés accompagnent les diverses étapes
de fabrication de l’objet.
3. L’entrepreneur livre le bien à la banque qui le transfère au
client, lequel règle celle-ci selon les modalités convenues.
4. Dans le double istisna’a, la banque intervient comme
intermédiaire : dans le cadre d’un premier contrat, elle cède
un bien à un client et dans le cadre d’un second, elle passe
commande dudit bien à un fabricant.
22
ISTISNA’A: Modalités pratiques
5. La banque peut désigner son client comme son agent afin
qu’il supervise la réalisation du travail du manufacturier, elle
peut également avoir recours à un spécialiste indépendant
pour effectuer ce contrôle.
6. A l’échéance, le fabricant livre le bien à la banque ou à la
personne que cette dernière a désigné, qui, à son tour,
transmet ce bien à l’acheteur final.
7. La différence entre le prix réglé à l’entreprise et le prix versé
par le client constitue la rémunération de la banque.
8. Ce contrat entraîne des risques de construction et de non-
conformité aux directives. Afin de diminuer ces risques, des
clauses de pénalités peuvent être insérées dans le contrat. Le
risque de défaut peut être couvert par les techniques
23
classiques (hypothèque, gage, garantie de tiers…)
ISTISNA’A (sous traitance)
Exécution des travaux avec Paiement de la banque
la supervision du client, (à terme)
Transfert du bien

Besoin de financer un bien


à manufacturer
Sous-traitant : Mostasni’i
Exécutant des (Client de la
Banque
travaux pour le banque)
compte de la banque

Paiement des matières Livraison du produit fini,


et services Transfert de propriété de
l’actif
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ISTISNA’A: Conditions de conformité
1. Le principe de base est que la rémunération de la Banque
dans le cadre de l'ISTISNA'A se justifie par son
intervention en qualité d'entrepreneur responsable de la
réalisation des travaux afférents à la construction de
l'ouvrage objet du contrat, que cette intervention ait lieu
directement ou par l'entremise de sous-traitants.
2. Le contrat d'ISTISNA'A doit porter sur un travail de
transformation d'une matière, d'un produit semi-fini ou de
composants en un produit fini prêt à l'utilisation.
3. Le contrat doit préciser la nature, la quantité, la qualité et
les spécificités du bien à fabriquer.
4. La matière, les composants ou les produits semi-finis
doivent être apportés ou financés par l'entrepreneur).
25
IJARA (location)
Un moyen pour les entreprises d’alléger leurs dépenses
d’investissement est un financement progressif sous
forme d’achat avec paiement d’échéances. Elles
peuvent aussi avoir recours à la location, étant donné
qu’elles ne sont pas intéressées par la propriété de
l’équipement considéré mais par l’usage qui peut en
être fait.

L’ijara est donc une location, le cas échéant avec une


option d’achat du bien à terme. Il s’agit donc de
financement sous forme de crédit-bail (leasing)

26
IJARA
Sous la transaction ijara, la banque achètera le bien
immobilier auprès d’un fournisseur, tel que sollicité par le
client et devient donc bailleur. Elle donne au client, lequel
devient locataire, le droit de l’utiliser et d’en bénéficier
pour une période de temps prédéterminée et en contre
partie le client paye un loyer convenu d’avance .
Le bien immobilier reste la propriété de la Banque vu que
seul l’usufruit, c'est-à-dire le droit de l’usage, est
transféré au locataire.
Le loyer couvre le prix du bien et une rémunération
convenable du banquier. Il est susceptible de changer si
les conditions économiques varient.
27
IJARA: Différentes formes
Six formes d’ijara peuvent être mises en place par les
banques :

o Ijara classique
o Ijara avec agent
o Ijara avec option d’achat
o Ijara lease back
o Ijara combiné
o Ijara avec SPV

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Ijara classique (location simple)
C’est la location simple d’un bien, notamment d’un équipement.
La démarche est la suivante
1. Le client se met en relation avec le vendeur du bien et
rassemble toutes les informations nécessaires ;
2. Il contacte la banque pour lui demander de mettre en place
un contrat d’ijara en lui promettant de prendre le bien en
location une fois que la banque l’aurait acquis ;
3. La banque paie le prix du bien au vendeur contre transfert de
la propriété ;
4. La banque loue le bien au client en lui transférant le droit
d’usage ;
5. Le client paie les loyers sur la période de location ;
6. Le bien revient à la banque in fine.
29
IJARA

Paiement de loyer (avec


Transfert de la propriété option d’achat)
de l’actif au nom de la
banque
Besoin d’une opération Ijara

Client de la
Vendeur banque
Banque (locataire)

Paiement au comptant Signature du contrat d’ijara


de l’actif au profit du client
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Ijara avec agent (location simple avec
agent)
Le client peut agir comme agent pour le compte de la
banque. En plus du contrat d’ijara, un deuxième contrat est
établi : c’est le contrat d’agent qui délègue au client le choix
du bien au nom de la banque.
Par la suite, il l’informe des détails de la transaction par
écrit (nom du vendeur, prix d’achat du bien etc.)
Le vendeur livre le bien au client (agent) sous le contrôle
de la banque.
Une fois le bien est payé par cette dernière, le contrat
d’agent prend fin et le contrat de location se met en place
conformément aux promesses initiales.
31
Ijara avec option d’achat
La location peut se transformer en vente si une option
d’achat a été prévue à l’origine : c’est l’ijara avec
option d’achat conclue par le banquier avec son client.
Le client peut ou non lever l’option et la banque doit se
conformer à la décision de celui-ci. L’acquisition doit se
faire à un prix prédéterminé par l’intermédiaire d’un
contrat séparé Dans ce cas, la dernière étape consiste en
un transfert de la propriété du bien par l’intermédiaire
d’un contrat de vente ou de don.

32
Ijara lease back
C’est un montage financier qui permet au client de se
procurer de la trésorerie immédiatement :
 
Le client vend un de ses biens à la banque et il le loue à
celle-ci dans le cadre d’un contrat d’ijara ;
Même s’il appartient à la banque, le bien reste à la
disposition du client qui paie un loyer à la banque
propriétaire pendant la durée du contrat ;
A l’échéance, le client ne récupère le bien que s’il
s’agit d’une location-vente.

33
Ijara combiné
Il est possible de combiner l’ijara avec d’autres formes
de financement déjà présentées, telles que la
moudharaba et la mousharaka.
Dans ce cas, le client et la banque constituent un
partenariat : chacun apporte une part du capital, et la
banque gère le partenariat qui acquiert le bien et
s’engage dans un contrat d’ijara avec le client. Celui-ci
paie un loyer régulièrement, remboursant ainsi
progressivement la part du capital engagé par la
banque, jusqu’à ce qu’il devienne pleinement
propriétaire du bien.

34
Ijara avec véhicule financier
spécifique
Lorsque le montant du financement est très important,
et qu’une banque seule ne peut faire face au besoin du
client, une co-ijara peut être mise en place.
Dans ce cas, un véhicule financier spécifique (special
purpose vehicle ou SPV) est créé pour acquérir le bien
via un ensemble de banques. Ce SPV prend la forme
d’un capital, à travers un mousharaka, un moudharaba,
un mourabaha.
La rémunération perçue par le SPV est répartie, après
perception du chef de file de sa commission de
direction, entre les crédits-bailleurs en proportion de
35 leurs participations.
IJARA: Conditions de conformité
1. L’objet de la location (l’utilisation du bien loué) doit
être connu et accepté par les deux parties.
2. La location doit porter sur des biens non destructibles
du fait de la jouissance ou de l’utilisation.
3. La durée de location, le délai de paiement, le montant
du loyer et la périodicité doivent être déterminés et
connus à la conclusion du contrat d’Ijara. Mais il est
possible de découper la durée du contrat en périodes
à l’issue desquelles le montant du loyer pourra varier.
Il faut toutefois que le montant des différents loyers
soit connu dès le départ.

36
IJARA: Conditions de conformité
4. La banque porte le risque du propriétaire du bien
ainsi que les engagements qui s’y attachent, par
contre, le client n’est responsable que de l’usage de
ce bien.
5. Contrairement au crédit-bail de la finance
conventionnelle, le client n’est pas tenu de régler les
échéances restantes si le bien est devenu inutilisable.
6. La banque peut prévoir, en accord avec le client, une
responsabilité de ce dernier, ou avoir recours à une
assurance (takaful) dont la prime sera ajoutée au
loyer.
37
Les Sukuks

Sukuk est le pluriel du terme sakk, qui signifie titre ou


certificat.
Ainsi, les sukuks est la technique de financement qui
recourt au marché. C’est donc l’émission de titres.
Un détenteur de sukuk est un détenteur d’un titre qui
atteste qu’il détient une part dans la propriété d’un
bien défini, dans l’usufruit d’un bien défini ou plus
généralement dans un projet d’investissement
conforme aux règles de la shariaa.

38
Les Sukuks

Parties prenantes :
1. Initiateur ou donneur d’ordre
2. Entité ad-hoc (special pupuse vehicul SPV)
3. Copropriété d’investisseurs
Portée économique très intéressante
- résoudre le problème d’excé de liquidité
 Les sukuks peuvent se décliner en plusieurs catégories
dont les plus courantes sont les sukuks al-mourabaha,
sukuk al-ijara, sukuk al-salam ou sukuk al-istisnaa.

39
Livraison du bien à Société (sous
la société le conseil de sa
banque
d’affaires)

Pa
C Collecte des fonds
r

ie
auprès des

me
é
Transfert de la a investisseurs

n
t l
t
propriété de l’actif i

oy
au nom du SPV o

er
n

revenu Investisseurs
SPV-IJARA s
Fournisseur

Paiement au comptant Emet des obligations


(sukuk) à destination des
investisseurs

40
Livraison du bien à Société (sous
la société le conseil de sa
banque
d’affaires)
C Collecte des fonds
r
auprès des

échéances
différé par
Paiement
é
Transfert de la a investisseurs
t
propriété de l’actif i
au nom du SPV o
n
Paiem
ent par Investisseurs
SPV- échéa
Fournisseur nces
moudharaba

Paiement au comptant Emet des obligations


(sukuk) à destination des
investisseurs

41
Les risques des Sukuks

Risque de non-conformité à la charià


Risque de marché
Risque de liquidité

42
Section 3: La relation avec les
déposants

43
LES RELATIONS AVEC LES
DEPOSANTS
WADIAH (compte de dépôt) :recueille l’argent déposé par un
client dans une banque, qu’elle conserve gratuitement. Le client
ne touche pas de rémunération.
Par contre, la banque peut utiliser cet argent sous sa propre
responsabilité en assumant le risque qui s’ensuit et en bénéficiant
du profit éventuel.
Quard hasan (crédit gratuit): utilisé par exemple pour les
cartes de crédit
Compte d’épargne: le principal est garanti, Il procure un revenu
modeste constitué d’une rémunération versée par la banque. Le
montant en est discrétionnaire et il est considéré comme un
cadeau, non contractuel, de la banque à son client.
44
LES RELATIONS AVEC LES
DEPOSANTS
Le compte participatif Il est basé sur le concept de
moudharaba. Dans ce cas, le moudarib est la banque et le
déposant est rabb al-maal.• les fonds s’investissent dans différents
projets de maturités successives, initiés
Compte continuellement par la banque.
• Les profits sont calculés et distribués lors
participatif général d’arrêts comptables trimestriels,
semestriels ou annuels.
• le déposant doit effectuer un dépôt
Compte participatif minimum
• la nature et le mode d’investissement,
spécial (restreint) comme la répartition des résultats, peuvent
être établis de manière personnalisée

Dépôts à terme • faits pour une période fixée ou à vue mais


avec un délai de prévenance.

ou à vue  • Les résultats sont calculés et distribués à


l’issue des arrêtés comptables.
45
46
47
L’intermédiation en investissement : Une particularité des banques
Islamiques
Si on les compare à leurs consœurs conventionnelles, les banques
islamiques ont opéré un changement radical dans leur rapport aux
déposants.
Cette relation n’est plus une relation classique basée sur les intérêts
mais plutôt une relation alternative où la banque joue le rôle d’agent
d’investissement et assure la participation concrète des déposants,
des investisseurs et des entrepreneurs, en répartissant les
rémunérations et les bénéfices selon le principe de partage des pertes
et profits.
Cette pratique est tirée du principe qui veut dire : « celui qui
mobilise des fonds sur la base du principe de partage des pertes et
des profits, les offre à ses utilisateurs sur la même base ».

48
Intermédiaire d’investissement
Contrat
Moudharaba lors Contrat de
Banque vente / location…
de la Collecte de
ressources islamique pour l’utilisation
des fonds
Gestionnaire Vendeur/Loueur
Associé/Investisseur

Propriétaires de
comptes Entrepreneurs
d’investissement

Pourvoyeurs Acheteur/locataire
de fonds Associé/Gestionnaire

49
Intermédiaire financier

Prêt à intérêt Banque Emprunt à intérêt


Collecte des conventionnelle Emploi des
ressources ressources

i1 < i 2
Taux d’intérêt i1 Taux d’intérêt i2

Déposants Entrepreneurs

Créditeurs Débiteurs

50
Les risques en Finance Islamique

Définition : Le risque financier dans une organisation bancaire,


islamique ou non, est la possibilité que les externalités positives
ou négatives d’un évènement ou d’une action génèrent des
impacts adverses sur le résultat. Ces externalités peuvent soit :
 
• Générer une perte directe sur le gain ou le capital
• Imposer des contraintes sur la capacité de la banque à
atteindre ses objectifs.

51
Importance de la gestion des risques dans une banque
islamique
Non seulement les banques islamiques se trouvent sujettes aux
mêmes catégories de risques que leurs consœurs
conventionnelles mais elles font face à une série de risques
spécifiques de par leur nature.

• Il s’agit d’une jeune industrie avec un retour d’expérience


très faible
• Les habitudes de transparence, ainsi que les pratiques de
gouvernance et de gestion des risques demeurent faibles dans
les pays en développement où sont implantées ces banques.
• Il faut composer avec un système de gestion du risque imposé
par des banques conventionnelle dans un environnement non
islamique.

52
La nature des risques au sein d’une banque islamique

Le risque de crédit
Le risque de crédit est généralement défini comme la
probabilité qu’une contrepartie n’honore pas ses
engagements en accord avec ce qui a été convenu
contractuellement. Le risque de crédit apparaît lorsqu’il y a un
retard ou un défaut des paiements par la contrepartie.
Pour les IFI, le risque de crédit est lié au défaut de paiement se
manifestant lorsque l’investisseur délivre une marchandise
(Mourabaha) avant de recevoir la contrepartie de son
financement ou avance des fonds (contrat Salam ou Istisna) et
s’expose, donc, à des pertes potentielles

• Contrats Mourabaha: Ne pas honorer sa promesse


d’achat à terme.
53
La nature des risques au sein d’une banque islamique
Le risque de crédit

• Contrats Salam: Risque pour l’investisseur de ne pas recevoir,


en termes de temps ou de qualité, la marchandise convenue dans
le contrat.
• Contrats Istisna: Risque pour l’investisseur que la
contrepartie décline l’accord de paiement-livraison.
• Contrats Ijara: Risque sur le paiement du contrat de leasing.
 
Ce problème devient encore plus pertinent en cas d’asymétrie
d’information liée à la méconnaissance des profits réels réalisés par
l’entreprise

54
Le risque de marché
Le risque marché consiste en des mouvements adverses sur
les taux d’intérêts, les prix des matières premières et sur
les prix des devises.
Comme les banques islamiques ne pratiquent pas de taux
d’intérêt, il semble qu’elles sont à l’abri des risques de
marché liés à la fluctuation des taux d’intérêt.
C’est faux ! Les variations des taux de marché présentent
certains risques pour les gains des institutions financières
islamiques.
Les contrats islamiques principalement concernés sont les
suivants:
• Mourabaha • Salam
• Ijara • Et par extension tous les contrats dont les
sous jacents ont une valeur volatile.
55
Le risque d’investissement spécifique
Les banques islamiques sont souvent partenaires dans le
cadre de projets qu’elles financent, en raison notamment du
concept de partage des profits et des pertes,
Si, en général les contrats islamiques déplacent le risque
direct vers les déposants (qui partagent les profits et pertes
de la banque), ils peuvent aussi exposer les banques
islamiques à des risques qui sont normalement supportés par
des investisseurs en actions et non par les détenteurs de
titres de dette.
Ainsi, si un projet, financé par un contrat Moudharaba, par
exemple, accuse une perte, la banque sera dans l’incapacité
de recouvrer son prêt puisqu’elle supportera toutes les
pertes.
56
Le risque d’illiquidité
Le risque d’illiquidité provient des difficultés à mobiliser
des fonds à coût raisonnable ou à vendre des actifs
financiers rapidement.
• Le risque d’illiquidité émanant de ces deux sources est
d’une importance particulière pour les banques
islamiques. Sachant que les emprunts à intérêt sont
prohibés par la Sharia, les banques islamiques ne peuvent
pas recourir à ce mécanisme pour se ressourcer, le cas
échéant, en argent liquide.
• De même, la sharia n’autorise pas la vente d’une créance
en dehors de sa valeur nominale. Par conséquent, il est
exclu pour les institutions financières islamiques de
s’alimenter en argent liquide en vendant des actifs
57
financiers.
Le risque opérationnel

Le comité de Bâle et la BIS (Bank of Internatial Settlement)


définissent le risque opérationnel comme celui de pertes
directes ou indirectes dues à une inadéquation ou à une
défaillance des procédures, du personnel et des systèmes
internes, ou à des évènements extérieurs.
Etant des institutions de création récente, les banques
islamiques encourent un risque opérationnel provenant
essentiellement du manque de personnel très qualifié capable
de mener efficacement des opérations financières islamiques.
Ce risque couvre également le risque de «non compliance» à
la Sharia.

58
Le risque de retrait imprévus
Un taux de rendement variable sur les dépôts
d’épargne/investissement représente une source d’incertitude quant à
la valeur réelle des dépôts.
Le souci de préservation des actifs financiers contre le risque de
dépréciation des dépôts en cas de suspicion de perte, due en partie à
des taux de rendement relativement faibles, peut conduire les
déposants à retirer massivement leur argent.
Du point de vue de la banque, cela constitue pour elle un « risque de
retrait » lié au taux de rendement faible par rapport aux autres
institutions financières.

59
Les risques

60

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