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PROTECTION SOCIALE DES ENFANTS VICTIMES

DE PFTE : PRÉVENTION ET REMÉDIATION

• Introduction
• Definition des concepts
• Comment reconnaitre un enfant victime de traite,
d’exploitation et de PFTE ?
• Comment identifier un enfant victime de traite,
d’exploitation et de PFTE ?
• Comment faire la prise en charge d’un enfant
victime de traite, d’exploitation et de PFTE ?
Introduction
Le Gouvernement, avec l’appui de l’UNICEF et des autres
partenaires, s’efforce d’améliorer l’environnement protecteur
des enfants contre toutes les formes d’abus, de violences,
d’exploitation et de travail dangereux des enfants.
Il s’agit de promouvoir un changement de normes sociales et
de comportements pour une meilleure protection, et
d’améliorer la qualité des services en direction des enfants
victimes, en danger ou en conflit avec la loi.
Ces mesures visent à mieux prévenir et répondre aux risques
et dangers qu’encourent certains enfants, parfois dans des
conditions de grande vulnérabilité.
INTRODUCTION

L’enfant victime de PFTE est :

 Une personne qui est privée de ses droits, de son


enfance ou de son adolescence ;

 Une personne qui a subi une atteinte à sa santé, à


sa sécurité et à son éducation à cause de son
activité ou d’une personne.

 Le circuit de référencement permet à l’enfant


victime de toute forme d’abus, exploitation et
violence et de négligence d’ accéder aux services
de protection disponibles et de recevoir une
réponse aussi adéquate que possible
INTRODUCTION

Que peut-on ou que doit-on faire face à une situation de traite,


d’exploitation des enfants ou de PFTE ?

Il faut :

 Identifier ou détecter l’enfant


 le retirer de la situation de PFTE ;
 référencer l’enfant à la structure adéquate en vue de sa prise
en charge ;
 réinsérer l’enfant dans son milieu d’origine, ou le mettre dans
un apprentissage professionnel ou encore assurer son retour
dans son pays d’origine (pour enfant de nationalité étrangère).
ABUS
Il s’agit de toute forme d’atteinte à l’intégrité physique, morale,
émotionnelle et sexuelle.
Sur le plan physique, il s’agit de l’utilisation de toute force physique qui peut
provoquer un dommage physique. C’est le cas notamment des punitions et
châtiments corporels, des mutilations génitales féminines, des brûlures et
de la torture physique.
Sur le plan émotionnel ou psychologique, cela renvoie plutôt aux
traitements inhumains et dégradants comme l’isolement, les critiques
constantes qui visent à humilier et à créer un sentiment de honte ou de
culpabilité chez l’enfant, le rabaissement constant, le harcèlement, etc.

L’abus sexuel peut également prendre la forme d’attouchements indécents,


de l’utilisation d’un langage sexuellement explicite en présence des enfants
ou la présentation du matériel pornographique aux enfants.
EXPLOITATION
L’exploitation représente un abus où une forme de rémunération est
impliquée ou par le quel les acteurs de l’exploitation profitent d’une
manière ou d’une autre, que ce soit monétaire, sociale, politique,
etc. L’exploitation constitue une forme de pression et de violence
néfaste à la santé physique et mentale de l’enfant, à son
développement et à son éducation.
Le travail des enfants et la violence sexuelle représentent sans doute
les formes principales d’exploitation d’enfants mais ce ne sont pas
les seules.
Il importe de noter que l’exploitation n’implique pas toujours de
l’argent. La contrepartie peut prendre la forme de protection, de
services, de meilleurs notes dans un examen, du secret, de
transport, etc.
la détection ou le signalement
La détection ou identification peut être faite par tout
individu.
Le signalement est le fait de porter à la connaissance
des autorités chargées de la protection de l’enfant des
informations relatives à une détection, en vue d’une
action de leur part. il peut être anonyme ou émaner de
personnes s’étant dûment identifiées.
Le référencement
Le référencement (ou référence): Acte par lequel une
personne porte à la connaissance d’une autre personne
ou d’une organisation un incident ou un évènement
survenu dont il a été victime, témoin ou auteur. Elle
constitue la porte d’entrée au système de prise en charge.
La victime est référée pour la continuité des services.

On utilise le terme de contre référencement pour


indiquer le retour d’information. C’est le « feed back »
que va faire la structure à laquelle l’enfant a été référé.
L’intérêt supérieur de l’enfant

Dans toutes les décisions qui concernent les enfants,


qu’elles soient le fait des institutions publiques ou
privées de protection sociale, des tribunaux, des
autorités administratives ou des organes législatifs,
l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération
primordiale.
Les acteurs et leur rôle
Plusieurs structures interviennent dans le cadre de la prise en
charge intégrée des enfants victimes de traite, d’exploitation et
de PFTE. La synergie des acteurs doit aboutir à une prise en
charge holistique des enfants. Les secteurs impliqués dans le
système de référencement dans le cadre de la protection des
enfants sont notamment:
Le secteur social
Le secteur de la santé
Le secteur de l’éducation
Le secteur de la justice
Le secteur de la sécurité
Le secteur associatif
Le secteur social
Le secteur social a le mandat étatique de protéger les
personnes vulnérables (enfants ou adultes).

le secteur social sera au cœur du système de


référencement. Tous les cas devront passer par ce
secteur pour la prise en charge, l’accompagnement et
le suivi des enfants victimes.
Le secteur de la santé
Le secteur de la santé est chargé de veiller à la santé
des citoyens , tant dans la préservation de la santé
(prévention) que dans les aspects curatifs en cas de
maladie.

Ce secteur apportera des soins de santé aux enfants


victimes de traite, d’exploitation et de pires formes de
travail.
Le secteur de l’éducation
Ce secteur est important dans le cadre de la formation
initiale et de la réinsertion professionnelles des enfants
victimes dans le système éducatif.

Exemples: Les enfants non scolarisés qui ont l’âge


d’aller à l'école peuvent être intégrer dans le primaire.
Pour ceux qui ont abandonné l’école et qui ont atteint
l’âge de 16 ans, peuvent bénéficier d’une réinsertion
professionnelle.
Les secteurs de la sécurité et de la justice
Les forces de l’ordre ont le mandat d’assurer la sécurité
des citoyens et le maintien de l’ordre public. Ils doivent
les protéger contre tout type d’infraction au droit pénal
en appréhendant par exemple les auteurs et en
exécutant les décisions prononcées par les tribunaux.

Le secteur de la justice veillera au respect des lois et


préservera les droits de chacun.
Le secteur associatif
Les associations qui sont légalement constituées et qui
offrent des services dans le cadre de la protection des
enfants peuvent faire des référencements.

Toutefois, selon l’urgence et la nature du cas, les


conseillers communautaires de l’ONG peuvent
directement faire le référencement à tous les acteurs.
COMMENT RECONNAITRE UN ENFANT
VICTIME DE TRAITE, D’EXPLOITATION
ET DE PFTE ?

Il faut être attentif à l’aspect général de l’enfant victime de traite et


d’exploitation : aspect physique, psychologique, environnemental, etc.
COMMENT RECONNAITRE UN ENFANT
VICTIME DE TRAITE, D’EXPLOITATION
ET DE PFTE ?
Pour identifier un enfant victime de PFTE, il faut
recueillir des informations crédibles sur la
situation qu’il vit et qui peut faciliter son retour
dans son pays ou dans sa famille d’origine, ou
bien l’insérer dans un métier.
Pour ce faire, il faut :

 Enregistrer l’enfant (l’origine de l’enfant, son Acteurs concernés : Forces de


âge, son ethnie, lieu d’habitation, etc.) ; Sécurité, Inspecteurs du
 Faire une bonne documentation sur lui ; Travail, Agents des Services
 Et enfin rechercher sa famille pour qu’il y sociaux, ONG, Comités Locaux,
retourne ou l’insérer dans un métier. chefs de communauté,
enseignants, Médecin, CIM
COMMENT FAIRE LA PRISE EN CHARGE D’UN
ENFANT VICTIME DE TRAITE, D’EXPLOITATION ET
DE PFTE ?
Pour faire la prise en charge d’un
enfant victime de PFTE, il faut :

 Assurer la sécurité, la nourriture,


l’hébergement et faciliter l’accès aux
services sociaux et sanitaires ;
 Assurer le soutien psychosocial,
faciliter l’assistance juridique et
 Faciliter l’accès de l’enfant à
l’éducation ou au métier, etc.

Acteurs concernés : Tuteur, ONG, Coopératives, Comités Locaux de lutte,


Travailleurs sociaux, Forces de Sécurité, Agents des services sociaux, Psychologues,
Assistant juridique, Juge des enfants, CIM, etc.
COMMENT FAIRE LA PRISE EN CHARGE
D’UN ENFANT VICTIME DE TRAITE,
D’EXPLOITATION ET DE PFTE ?
la réinsertion sociale ou professionnelle d’un
enfant victime de PFTE consiste à:

 Ramener l’enfant dans son milieu


social, dans sa famille ou dans son
village ou campement d’origine.

 Faciliter l’accès de l’enfant dans


l’apprentissage d’un métier.

Acteurs concernés : Tuteur, CIM, Travailleurs sociaux, ONG


COMMENT FAIRE LA PRISE EN CHARGE D’UN
ENFANT VICTIME DE TRAITE, D’EXPLOITATION
ET DE PFTE ?
La protection sociale d’un enfant victime de traite ou d’exploitation se définit
comme toutes les mesures prises par les autorités compétentes en vue du
respect total de ses droits.

La protection sociale comprend : Les principes à respecter :

1. Le retrait de l’enfant de la situation • Intérêt supérieur de l’enfant


de traite ou d’exploitation ; • Droit à la non-discrimination
2. L’enregistrement de l’enfant ; • Respect de l’opinion de l’enfant
3. La prise en charge de l’enfant • Droit à l’information
4. La réinsertion sociale ou • Droit à la confidentialité
professionnelle de l’enfant. • Droit à la protection
• Survie et développement
DIRECTIVES POUR UNE ACTION EFFICACE
DE TERRAIN
 Agir très vite en tenant compte des différentes
situations que vit l’enfant victime.
 Faire en sorte qu’on n’aggrave pas le sort de l’enfant
par les actes qu’on pose.
 Avertir les autorités compétentes en cas de découverte
 Collecter des informations crédibles et vérifiables sur
l’enfant.
 Subvenir aux besoins essentiels de l’enfant en lui
donnant : eau, nourriture, abri, vêtement, premiers
soins, etc.
 Coopérer étroitement avec les autres acteurs
 Veiller à ce que toute exploitation cesse.
Principe du système de référencement
Toujours se baser sur les besoins et l’intérêt supérieur de
l’enfant
Besoins :
de protection
d’être écouté
d’information
d’aide ponctuelle (référence, accompagnement, soutien
technique, conseils, écoute, etc.)
d’être traité avec dignité
de confidentialité
d’aide spécialisée professionnelle à plus long terme
ACTIONS DE PRÉVENTION

Une action de prévention, c’est


l’ensemble des mesures prises
en vue d’empêcher la traite,
l’exploitation et le travail des
enfants.
ACTIONS DE PRÉVENTION
 Appliquer les textes en matière de travail des
enfants.
 S’assurer que les enfants qui n’ont pas l’âge de
travailler suivent une éducation et, ceux qui
ont atteint l’âge, travaillent dans des
conditions de sécurité.
 Lutter contre la pauvreté pour que les adultes
bénéficient d’un travail décent.
 Faire des campagnes de sensibilisation dans
les villages et campements pour montrer le
danger que courent les enfants en
exécutant les travaux dangereux.
 Former et donner des moyens aux acteurs
de lutte contre la traite, l’exploitation et le
travail des enfants.
ACTIONS DE REMEDIATION
Action de sensibilisation
 Sensibiliser les autorités administratives et
politiques.
 Sensibiliser les autorités coutumières et les
leaders communautaires.
 Sensibiliser les populations locales (hommes,
femmes, enfants, planteurs, enseignants…)

Action de mobilisation communautaire


 Créer des comités de lutte contre les PFTE ;
 Mobiliser les autres acteurs (coopératives,
groupements de femmes, groupes de prestation
de services…).
 Mettre en place des structures communautaires
d’éducation et de protection des enfants (CACE).
 Mettre en place des Plans d’action
communautaires ( PAC) par la création de
microprojets…
ACTIONS DE REMEDIATION
Action pour l’éducation
 Appui à la construction, à la réhabilitation
et l’équipement d’infrastructures scolaires.

Action pour le développement


communautaire
 Construction de puits améliorés ;
 Mise en place de mécanismes internes de
suivi et évaluation des microprojets .

Action au niveau individuel


 Établissement et dons d’extrait de
naissance et de jugements supplétifs ;
 Dons de fourniture de kits scolaires
 Appui à la scolarisation ou à la formation.
conclusion
Les enfants victimes de pires formes de travail ont des besoins multiples et
complexes en matière de prise en charge, à la fois médicale, psychosociale,
juridique...
Les enfants victimes doivent être remis immédiatement aux services appropriés.
On ne réfère pas un enfant simplement parce qu’on n’a pas le temps ou les moyens
de s’en occuper. Il faut analyser et connaître ses besoins avant de l’orienter vers un
autre intervenant.
Rien ne sert de référer un enfant vers un autre intervenant pour un service dont il
n’a pas besoin ou pour des services qu’on peut offrir.
La référence doit intervenir au moment opportun, c’est-à-dire quand l’enfant
référée en a besoin.
Aucune organisation, structure, association n’est capable de répondre à tous les
besoins, multiples parce qu’ils requièrent des compétences très larges et
différentes, une disponibilité importante et des ressources énormes. D’où la
nécessité d’impliquer tous les secteurs.

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