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• La dignité de la personne

• Théorie des devoirs indirects – vers un


concept normatif
• Pour une éthique de la sensibilité
• Pourquoi je suis végétarien
 1. La dignité de la personne
Un concept difficile…
 Qu’est-ce qu’une «personne» ?
«Personhood and neurscience : naturalizing or nihilating ?»,
Farah, Heberlein, American Journal of Bioethics, vol. 7, #1,
janvier 2007, p.37-48

 «We are hardwired to represent persons» - «the social brain»


 Reconnaissance des visages
 Reconnaissance du corps humain et de ses mouvements
 Attribution d’intentions et d’états mentaux
 Empathie
 Etc.

 «En dépit de nos intuitions qui nous disent que les plantes et les
personnes sont là "hors de nous", c’est-à-dire comme des êtres
naturels dans le monde, il y a des différences importantes entre ces
deux types de catégories. La science a trouvée une base objective
pour la distinction que nous faisons intuitivement entre les plantes et
les autres organismes pluricellulaires, mais n’a pas réussie à trouver
une telle base pour les «personnes». Nous suggérons que cela
s’explique parce que la catégorie «plante» a une sorte de réalité
objective que la catégorie «personne» n’a pas.»
Nike

Mike Stevens, Published in The New


Yorker July 30, 2007
Heider, théorie de l’attribution causale (1958) (Bleuet)
Alors, comment distinguer une attribution
correcte de personnalité d’une attribution
incorrecte ?
 Réponse classique : seuls les humains sont des
personnes.
 Seuls les humains ont une valeur
intrinsèque.
 2. Théorie des devoirs indirects
Kant, Leçons d’éthique, Librairie générale
française, 1997, p.391-3
 « Les animaux n’ont pas conscience d’eux-mêmes et ne sont par conséquent
que des moyens en vue d’une fin. Cette fin est l’homme. Aussi celui-ci n’a-t-il
aucun devoir immédiat envers eux. On peut se demander pourquoi les animaux
existent, mais on ne peut poser cette question à propos de l’homme. Les
devoirs que nous avons envers les animaux ne sont que des devoirs indirects
envers l’humanité. Les animaux sont un analogon de l’humanité ; en observant
nos devoirs envers les animaux, pour tout ce qui en eux entretient quelque
analogie avec la nature humaine, nous observons en fait [indirectement] nos
devoirs envers l’humanité. Le chien qui a longuement et fidèlement servi son
maître nous offre un exemple de ceci. Par analogie avec le service humain, on
dira que ce chien mérite récompense, que s’il devient trop vieux pour servir son
maître, celui-ci devra tout de même le garder à sa charge jusqu’à ce qu’il
meure. Cela favorise l’accomplissement de nos devoirs envers l’humanité,
d’après lesquels nous aurions été tenus à une telle action. Quand les actions
des animaux offrent une analogie avec les actions humaines et paraissent
découler des mêmes principes, nous avons donc des devoirs envers ces êtres,
en tant que par là nous favorisons l’accomplissement des devoirs
correspondants que nous avons envers l’humanité. Celui qui abat son chien
parce qu’il ne lui est plus d’aucune utilité et ne lui rapporte même pas ce qu’il
faut pour le nourrir, n’enfreint pas en vérité le devoir qu’il a envers son chien,
puisque celui-ci est incapable de jugement, mais il commet un acte qui heurte
en lui le sentiment d’humanité et l’affabilité bienveillante, auxquels il lui faut
pourtant donner suite, en vertu des devoirs qu’il a envers l’humanité. S’il ne
veut pas étouffer en lui ces qualités, il doit d’ores et déjà faire preuve de bonté
de cœur à l’égard des animaux, car l’homme qui est capable de cruauté avec
eux, sera aussi capable de dureté avec ses semblables. On peut déjà juger du
cœur d’un homme au traitement qu’il réserve aux animaux.»
Seuls les humains sont des personnes…

•En quoi l’appartenance


à l’espèce Homo sapiens
aurait-il une
Homo sapiens signification morale ?
•Pourquoi ce fait
biologique aurait-il plus
de signification morale
que la couleur de la
Personnepeau, le sexe ou
l’identité sexuelle ?

• Pourquoi, sur la seule


base de l’appartenance à
l’espèce, légitimerait-on
l’instrumentalisation de
certaines espèces au
profit d’une autre?
Spécisme
 «Le spécisme (ou espécisme) est à l'espèce ce
que le racisme est à la race, et ce que le
sexisme est au sexe : une discrimination basée
sur l'espèce, presque toujours en faveur des
membres de l'espèce humaine (Homo
sapiens).»
 David Olivier, «Qu’est-ce que le
spécisme?», CA, #5, décembre 1992.
L’argument des cas marginaux

Personne

ANIMAUX

•Conscience de soi
•Rationalité
•Sens moral
•Langage
Homo sapiens
•Culture
•Sexualité pour la
plaisir
•Etc.
 3. Pour une éthique de la
sensibilité
Bentham, Introduction to the Principles of
Morals, &tc. chap. xvii.p. 309.
 "La vraie question est : sont-ils susceptibles de peine?
Le plaisir peut-il leur être communiqué ? Qui tracera
la ligne, – et où doit-elle être tracée
parmi les [diverses] degrés de la vie animale, [qui
vont] de l’homme jusqu’à la créature la plus humble
capable de distinguer entre souffrance et jouissance?
Est-ce la faculté de raisonner, ou celle à discourir qui
détermine [cette ligne] ? Mais un cheval ou un chien
adultes, est, au-delà de [toute] comparaison, un
animal plus rationnel tout autant que plus susceptible
de relation sociale qu'un nourrisson d'un jour, d'une
semaine, ou même d'un mois. Et supposons que la
situation soit différente, qu'en résulterait-il ? La
question n’est pas, «peuvent-ils raisonner ?», «ni
peuvent-ils parler ?», mais «peuvent-ils souffrir ?»"
 4. Pourquoi je suis végétarien
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Les stratégies d’exclusion – le
spécisme en pratique
 Négations des torts causés
 Découpage des responsabilités
 Dévalorisation de la sympathie pour
les animaux