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Masaccio

Fondateur de la Renaissance,

   
• Introduction

• Qui est Masaccio ?
• Artiste du Quattrocento Italien      (1401­
1427), correspond à l’âge  de 
“l ’Adolescence” de la  Renaissance selon 
Vasari.
• Marque un point fondamental            dans 
la peinture occidentale par :
• l’usage novateur et révolu                           
 de la perspective • Héritier de Giotto, ses œuvres possèdent 
• le réalisme des mises en scènes                   la puissance et le volume         de l’art 
  et des décors giottesque et renouent              avec “la 
• l’intensité des sentiments                          grandeur tranquille”                        de 
qu’il exprime l’art antique.

Lire le texte d’André Chastel sur Masaccio, extrait de son ouvrage « L’Art italien » chez Flammarion »
   
• Chapelle Brancacci,         
contexte et commande
• Chapelle Brancacci située dans le transept 
droit de l’église Santa Maria del Carmine  
à Florence. A l’extrémité du transept droit 
se trouve la Chapelle Brancacci. • Nef Santa Maria del Carmine

• En 1424 le riche banquier Felice 
Brancacci commande à Masaccio et 
Masolino  da Panicale la décoration  de la 
chapelle qui lui appartient. Exécution de 
fresques relatant12 scènes, dont le Péché 
Originel  et la vie de Saint Pierre.

• Puis, entre 1481 et 1485, Filippino Lippi, 
le fils de Fra Filippo vient compléter        
ces fresques. 
• Chapelle Brancacci        
   
• Quelques notions                
sur  Saint Pierre • Vie de Saint Pierre
• Saint Pierre est l'un des 12 et principal  • St Pierre en prison
apôtre du Christ. Il est considéré par    
le catholicisme comme le premier  • Car a renier Jésus
évêque de Rome, ce qui fonderait             Saint Pierre en prison, 
   la primauté épiscopale dont                   Devenu martyr
       se prévaut le pape. après les persécutions 
de l’empereur Néron, 
contre les chrétiens

   
La chapelle Brancacci ou le témoin d’une “première Renaissance”

 Le Péché originel   Vie de Saint Pierre

Fresques supérieures de gauche à droite
1)  Adam et Eve
2) Paiement du tribut
3) Prédication de Saint Pierre
4) Le baptême des néophytes
5) Saint Pierre guérissant un infirme 
     et résurrection de Tabitha
6) La tentation d’Adam et Eve

Fresques inférieures de gauche à droite
7) Saint Pierre en prison
8) Saint Pierre ressuscitant le fils de Théophile
9) Saint Pierre suivi de Saint Jean
    10) Distribution des biens et mort d’Anania
11) Dispute avec Simon le magicien
12) Saint Pierre libéré par un ange
                           I) Le Péché originel
• Adam et Eve ou deux conceptions
contemporaines du corps humain
208 x 88cm, fresques murales

• Masolino : Tentation d ’Adam et Eve haut


du pilier droit (6)

• Masaccio : Adam et Eve chassés du


Paradis haut du pilier gauche (1)

Adam et Eve 
chassés du Paradis
 La tentation  Masaccio
d’Adam et Eve  208 x 88 cm
Masolino fresque murale
208 x 88 cm
  Van Eyck, Adam et Eve, polyptyque de  
l’Agneau mystique ouvert (détail) Achevé fresque murale
en 1432
                              II) Vie de Saint Pierre

• Paiement du tribut                 
255 x 598cm,                       • 1
fresque murale
• 3 moments

• 1) Le collecteur (en rouge)


réclame l’impôt (centre)
1
• 2) Pierre sort une pièce de la bouche  
d’un poisson (gauche)
3
• 3) Pierre remet la somme                     
  au collecteur des impôts  (droite)

2
   
Une composition révolutionnaire

Isocéphalie

Pilastres antiques
• Une application des principes de la perspective monofocale et de la surface picturale selon Alberti (mais en avance
d’une dizaine d’années sur lui !). Fenêtre albertienne : perspective géométrique renforcée par les deux pilastres qui
délimitent la scène à gauche et à droite.
Le décor : deux parties bien distinctes : naturel à gauche : lac, montagnes qui encadrent l’ensemble mais s’arrêtent
derrière les personnages pour laisser place à une « maison » de Capharnaüm elle même peinte en raccourci (arcades,
marches).
• Le paysage : innovation, car grande profondeur, tonalités douces (bleu horizon, gris), contraste avec les figures
colorées.
• Figures humaines : gestuelle, corps traités en volume, drapés puissants mais pas de suggestion du corps sous le
vêtement (proche de Giotto). Dignitas, gravitas.
   
• Couleurs : extrême douceur, rehaussées par la lumière -> jeu d’ombres portées et au sol très recherché.
Extrait de l'Évangile selon Saint Mathieu (17-24/27)

"Comme ils étaient arrivés à Capharnaüm, ceux qui perçoivent les didrachmes(1) s'avancèrent et lui
dirent :
" Est-ce que votre maître ne paie pas les didrachmes ? "
" Si ", dit-il.
Quand Pierre fut arrivé à la maison, Jésus, prenant les devants, lui dit : " Quel est ton avis, Simon ? Les
rois de la terre , de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils, ou des étrangers ? ".
Et comme il répondait " Des étrangers ", Jésus lui dit " Par conséquent, les fils sont libres. Toutefois,
pour ne pas causer la chute de ces gens là, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui
mordra, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère. Prends-le et donne le leur, pour moi et pour
toi. »

(1) Didrachme : pièce de deux drachmes représentant le montant annuel de l'impôt pour le temple de
Jérusalem, exigé de tout Israélite mâle.

Interprétation historique : Le caractère licite du tribut demandé a été interprété comme une allusion au
débat sur la réforme fiscale entreprise à Florence à cette époque. Cette dernière, qui devait aboutir en 1427 à
l'institution du Cadastre, permit une taxation plus équitable par l'introduction de l'impôt sur le revenu.

Petit à petit d'autres hypothèses furent énoncées. Ainsi l'action de Saint Pierre pourrait être rapportée à
l'activité du pape Martin V visant à réaffirmer la suprématie de l'Eglise, et l'épisode de l'extraction de la
monnaie du lac-mer constituerait un parallèle avec les nouveaux intérêts maritimes de Florence, promus
justement par Felice Brancacci, alors « consul de la mer ».

L'Evangile selon saint Mathieu aurait été pris comme référence pour souligner le principe selon lequel
l'Eglise, pour le paiement des impôts doit tirer ses ressources de l'extérieur et non pas de ses propres
biens.    
• Baptême des néophytes
255 x 162cm

• Nouveaux baptisés de l’Église catholique

• Scène resplendit par la recherche         de 
réalisme et minutie des détails

• Torsion des corps pour montrer que                    
  les personnages ont froid

• L’eau qui s’écoule sur la tête du baptisé,         
jeu de transparence

• Réalisme du décor et minutie,                  
recherche de profondeur dans les montagnes 
qui semblent se continuer à l’infini

• Référence à l’Antiquité par l’emploi                  
de la colonne qui délimite la scène à droite, par 
le drapé des personnages

   
Guérison de l’infirme et résurrection de Tabitha        255 x 598cm
• 2 miracles accomplis par Pierre,  respectivement rapportés  dans les chapitres 3 et 10 des Actes des 
Apôtres
• Volonté de réalisme à travers  un décor architectural minutieux
• Minutie des détails dans les vêtements et drapés des personnages (contrastes entre vêtement à l’antique
      et contemporain (personnages situés ente les deux scènes narratives)
• Réalisme dans la représentation   de l’infirme et de Tabitha ressuscitée  qui porte encore la blancheur  de 
   
la mort sur son visage
• La résurrection du fils              
de Théophile et à droite,          
 Saint Pierre assis en chaire   
230 x 598cm                            Trois personnages à l’extrémité droite 
de la scène : Masaccio s’est représenté 
Masaccio et Filippino Lippi le regard tourné vers nous,  
à sa droite Masolino plus petit 
et derrière Alberti et Brunelleschi

   
• Saint Pierre guérit les malades    
                                                     
                 avec son ombre           
                                                     
                                            230 
x 162cm          

• Les malades rendent grâce au Saints         
                                                                   
                       (Pierre suivi de St Jean)

• Le premier se lève et loue St Pierre

• Le second se relève

• Le troisième est encore à terre, infirme,    
                                                                   
                                 la jambe droite 
 
atrophiée et attend  la bénédiction du   
Saint
• La distribution des biens 
et la mort d’Ananias,  230 x 162cm

• Épisode tiré des Actes des Apôtres
• Ananias aurait menti au sujet du prix des ventes 
   de ses terres  et en 
aurait conservé une partie
• Mensonge fait qu’il tombe foudroyer                          
                                                                               aux 
pieds de Saint Pierre
• Sa femme, Saffira tient leur enfant dans ses bras        
                                                                              et 
regarde le Saint qui lui donne les Biens

   
La Trinité

Vasari : «  voûte en berceau, tracée en perspective et


divisée en caissons ornés de rosaces, qui vont en
diminuant de sorte qu’on dirait que la voûte s’enfonce dans
le mur ».

Coupe en profil Oeil du spectateur

- Observer le décalage entre la symétrie des figures et


celle des rangées de caissons au nombre 8.
- Alberti précisera que leur nombre devra être impair pour
respecter les règles de symétrie

   
Masaccio, La Sainte Trinité, 1425-28, Fresque, 6,67 x
3,17 m, Santa Maria Novella, Florence
Grandes idées du commentaire
• Entre 1425 et 1428 selon les datations. Masaccio, grand admirateur de Giotto (rappel : les préceptes de Giotto sont
abandonnés jusqu’à Masaccio, le gothique international s’impose). Esprit indépendant, il peint souvent seul plutôt qu’en
atelier. Il est cependant soutenu par Donatello et Brunelleschi. Il peint ici pour une famille patricienne de Florence qu’on
ignore. Il s’agit de l’un de ses deux grands chefs d’œuvre avec les fresques de la Chapelle Brancacci à Santa Maria del
Carmine à Florence.
• Première peinture avec perspective de type linéaire inspirée de Brunelleschi. Fresque -> rappel technique.
• - Historique Conservation, restauration : Il peint ici pour une famille patricienne de Florence qu’on ignore.
Il a été décrit en détail par Vasari en 1568, qui a souligné le « trompe l’œil » dans la structure architecturale de la
peinture qui semble être creusée dans le mur. Deux ans après que le livre de Vasari a été édité, la construction d'un
autel en pierre a dissimulé par un panneau de la Madonna du Rosaire peint par Vasari lui-même. Ainsi la fresque a été
masquée de 1570 à 1861. La fresque a été remise dans sa position originale en 1952, en raison de la découverte,
sous l'autel néo-gothique du 19ème siècle, de sa partie inférieure avec le squelette d'Adam.
• Dimensions monumentales 667 x 317 cm

Composition
La voûte est bien visible mais les sols non. Espace illusionniste, placement dans l’église : les yeux du spectateur situé dans la nef
sont au même niveau que la ligne d’horizon où se trouvent les personnages. Éléments architecturaux : antiquité mais aussi églises
de la pré renaissance à Florence (Brunelleschi). La présence des donateurs agenouillés crée un lien avec le spectateur. Le triangle
imaginaire de la composition rappelle la surface plane du mur ;

L'interprétation la plus probable de la Trinité est que la peinture se rapporte à la chapelle médiévale double traditionnelle du
Golgotha, avec le tombeau d'Adam dans la partie inférieure (le squelette) et la crucifixion dans la partie supérieure. Mais il se peut
aussi qu'elle signifie le voyage que l'esprit humain doit entreprendre pour être sauvé, montant de la vie terrestre (le corps
corruptible) par la prière (les deux commanditaires) et l'intercession de la Vierge et des saints (John l'Évangéliste) vers la Trinité
c’est à dire le ciel.
Hiérarchie des mondes et des natures (de Dieu -> humains) « Memento mori » à retenir pour le salut.