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Auguste Rodin, La Porte de

l’Enfer

La Porte de l’Enfer, un réservoir de


formes
Rodin, un moderne ? Rodin et les
influences de la Renaissance
Portrait de Rodin,
C.Claudel, 1888-1889

Auguste Rodin
Buste de Rodin,
1840 (Paris) – 1917 (Meudon) A.Bourdelle, 1913

L’homme au nez cassé, 1863, L’âge d’airain, 1877, Saint Jean prêchant dans le
Nouvelle Pinacothèque de Musée d’Orsay désert, 1879, Musée Rodin
Munich
Statue monumentale de
Balzac, 1898, Musée d’Orsay

Victor Hugo et les Muses, 1909, Musée


Rodin
La Porte de l’Enfer
E.de Goncourt, 1886 : « C’est sur les deux immenses panneaux un fouillis, un emmêlement, un enchevêtrement,
quelque chose comme la concrétion de madrépores »
L’Homme qui tombe,
1882, Los Angeles
Country Museum of art

La Martyre, 1885-1889, Musée


Rodin

Je suis belle, 1882,


Musée Rodin

Chargé du projet en 1880 pour un musée des Arts décoratifs qui ne se


construira pas, Rodin, libéré des contraintes, sculpte une « arche de Noé ».
Prenant comme idée créatrice pour sa
porte l’œuvre de Dante (L’Enfer dans La
Divine Comédie), Rodin créent finalement
des groupes qui s’en inspirent plus qu’ils
ne l’illustrent directement.

Fugit Amor, 1890, Musée Rodin

L’enfant prodigue, 1900, Musée Rodin


Les Ombres, 1889-1902, Musée Rodin Les Trois Sirènes, 1888, Musée Rodin
Eve, 1881, Metropolitan Museum of Art

Adam, 1880

Celle qui fut la belle Heaulmière,


1880-1883
Le Penseur 1880-1906, Musée Rodin

« Devant cette porte, mais sur un rocher, Dante absorbé dans sa profonde
méditation concevait le plan de son poème. Derrière lui, c’étaient Ugolin,
Francesca, Paolo, tous les personnages de La Divine Comédie. Ce projet n’aboutit
pas. Maigre, ascétique dans sa robe droite, ma première inspiration, je conçus un
autre « Penseur », un homme nu, accroupi sur un roc où ses pieds se crispent.
Les poings aux dents, il songe. La pensée féconde s’élabore lentement dans son
cerveau. Ce n’est point un rêveur. C’est un créateur. » Rodin, 1906
Ugolin et ses enfants
Paolo et Francesca, ou Le Baiser
1881-1898, Jardin des
Tuileries

Paolo et Francesca, Ingres,


1819, Musée des Beaux-Arts
d’Angers

1888-1889, Musée Rodin


« Adam qui s’étire douloureusement dans son
effort pour s’arracher à la glaise dont il a été pétri »

L’enfant prodigue, 1900, Musée Rodin

Adam, 1880

« J’ai accusé la saillie des muscles qui


traduisent la détresse »
« …le sculpteur a su donner une figure
d’une effrayante poésie » (P.Bourget)
La Danaïde

Rilke :
« Cette Danaïde qui, hors
de ses genoux, s’est jeté
dans sa chevelure liquide »

La Danaïde, 1890, Musée Rodin

« On éprouve une impression merveilleuse à faire seulement le tour de ce


marbre : le long, le très long chemin autour de la courbe de ce dos richement
déployé, vers le visage qui se perd comme dans un grand sanglot, vers la main
qui, pareille à une dernière fleur, parle encore une fois doucement de la vie, au
cœur de la glace éternelle du bloc. »
La modernité chez Rodin
Entre passéisme et modernité

Romantisme
Intensité dramatique dans la précision
anatomique, sujet presque pathétique
Naturalisme
« Il s’exprime par des os, par des
muscles, par des nerfs »

Art Nouveau
Effet ondoyant du corps aux
lignes harmonieuses et à la
fluidité de la chevelure
Son œuvre confronte donc des influences passées et modernes.

Salon de 1898 : face à face 

Le Baiser

Statue monumentale de Balzac


Symbolisme  impression suggérée

Le Penseur  puissance Paolo et Francesca  désir


créatrice amoureux et effroi face à la perte
de cette passion
La modernité chez Rodin :
- recherche du mouvement 

- expressivité et intensité des


passions

L’homme qui tombe L’enfant prodigue

- volonté d’universalité 

Paolo et Francesca

Le Baiser
Rodin et les artistes de la Renaissance
« A Rome, j’ai vu la porte de Ghiberti et étudié Michel-Ange »

Influence de Ghiberti  structure de la porte


Influence de Michel-Ange  structure
 // Jugement Dernier : enchevêtrement et
grouillement des corps, tensions et torsions des
nus
 Création d’Adam // Adam : puissance athlétique
et position théâtrale
Esclave mourant, Michel-
Ange, entre 1513 et 1515,
Musée du Louvre

//L’Enfant prodigue,
Adam  personnages
torturés, expressifs,
aux postures théâtrales

Mais : les postures théâtrales de Rodin semblent plus réelles, plus vraisemblables
et plus universalisables que celle de Michel-Ange ; ce n’est plus la représentation
d’un homme antique, mais celle d’un homme universel  Modernité de Rodin + ce
qui le fait dépasser Michel-Ange dans la représentation de l’homme.

Octave Mirbeau, 1885, La France : « Ceux qui ont pu admirer dans l’atelier de
l’artiste les études achevées et celles en cour d’exécution s’accordent à dire que
cette porte sera l’œuvre capitale de ce siècle. Il faut remonter à Michel-Ange pour
avoir l’idée d’un art aussi noble, aussi beau, aussi sublime. »