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I TRIMESTRIEL I NUMÉRO 80 I OCTOBRE 2011 I

I TRIMESTRIEL I NUMÉRO 80 I OCTOBRE 2011 I Proclamer À quoi doit appeler l’évangéliste ? /p.

Proclamer À quoi doit appeler l’évangéliste ?/p. 3 Accompagner pour former des disciples : joies et difficultés/p. 5 Implantation d’Église et discipulat/p. 6

/p. 5 Implantation d’Église et discipulat /p. 6 Multiplier Saotra Rajaobelina passe à temps plein /p.

Multiplier Saotra Rajaobelina passe à temps plein/p. 9 Un nouvel évangéliste ? Questions à Philippe Monnery/p. 9 Un nouvel associé : Serge Hubert/p. 11

Monnery /p. 9 Un nouvel associé : Serge Hubert /p. 11 Penser « Converti » ou

Penser « Converti » ou « Disciple » ? Questions aux évangélistes./p. 13

É D I T O

Par lui [Jésus-Christ] j’ai reçu la grâce d’être apôtre pour amener en son nom des hommes de toutes nations à lui obéir en croyant 1 . Voilà défini en une phrase le ministère de l’évangéliste et son message. L’évangéliste est appelé, il a reçu un don, une vocation, celle d’amener des âmes à Christ. À lui obéir en croyant. Quel est vraiment le message de l’Évangile ? Il me semble que dans les décennies pas- sées l’accent a été mis fortement – trop ?- sur la foi. Nous avons de bonnes références bibliques pour cela ! Celui qui croit sera sauvé… Est-ce tout ? Est-ce juste ? Ce que Paul souligne, en liant l’obéissance et la foi, me semble profondément conforme à ce que Jésus a dit : Allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples baptisez-les au nom du père du Fils et du Saint-Esprit et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit (Matt. 28 :19-20) N’avons-nous pas sous estimé que l’évangélisation c’est aussi la formation de disciples ? Avons-nous ou- blié que la formation des disciples est indissociable de l’évangélisation. Nous sommes-nous contentés d’une proclamation faisant appel à la foi et trop peu à l’obéissance ? Pourquoi ne voyons-nous pas plus de personnes s’ajouter ? Devenir disciples et pas seule- ment « chrétien » ? Nous tentons ici d’approfondir cette question.

A L A I N

S TA M P ,

P R É S I D E N T

ment « chrétien » ? Nous tentons ici d’approfondir cette question. A L A I N

Proclamer

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Proclamer Proclamer À quoi doit appeler l’évangéliste ? Avant d’apporter des éléments de réflexions, quelques

À quoi doit appeler l’évangéliste ?

Avant d’apporter des éléments de réflexions, quelques écueils à éviter…

Le premier consiste à se concentrer sur les effets induits du christianisme. Cette tentation est réelle, en particu- lier dans notre contexte européen. Ten- tation dans laquelle je suis tombé il y a quelques an- nées. Dans un contexte où la récepti- vité à l’Évan- gile est faible, l’évangéliste peut être tenté de se focaliser sur les bienfaits de la foi chré- tienne. Le sa- lut n’est pas une amélio- ration de nos conditions de vie, la libé- ration de nos problèmes, le remède à nos soucis. Christ est venu nous sauver de nos péchés. De l’enfer. Non de nos bobos. La joie, la paix, la victoire, la joie du salut font partis du message, mais ne sont pas le salut. Le second est de prêcher les signes, les miracles et prodiges. L’aspect miracu-

les signes, les miracles et prodiges. L’aspect miracu- leux de l’Évangile est porteur. Certains évangélistes

leux de l’Évangile est porteur. Certains évangélistes l’ont compris. Ils en ont fait leur « fond de commerce ». L’accent mis sur le surnaturel est démesuré, dis- proportionné par rapport à la proclama- tion. Comme le souligne l’évangéliste allemand Reinhard Bonnke, l’évangé- liste veillera à se concentrer sur Christ sauveur et à ne pas entretenir la confu- sion entre salut et guérison. Dans son message comme dans son appel. Le dernier est d’annoncer l’Évangile de la prospérité. Dans certains pays pauvres cet évangile créé la confu- sion et rencontre un vif succès. Nous croyons tous que Dieu veut nous bénir. Cette bénédiction concerne tous les as- pects de notre vie. Mais la prédication de l’Évangile n’est pas la prospérité. Il est la libération de nos péchés. Si l’évangéliste ne prêche ni les effets induits du christianisme, ni les signes et miracles ni la prospérité, que doit-il an- noncer ?

Le cœur du message de l’évangéliste

Ulrich Parzany, évangéliste allemand décrit ainsi le ministère de l’évangé- liste : « Il est caractérisé par sa limi- tation volontaire à la simple prédica- tion de l’essentiel de l’Évangile aux non croyants.» Il pose les bases de la foi. Un exemple. Dans Actes 8, il est ques- tion de l’évangéliste Philippe. Au verset 5, il annonce le Christ. Au verset 12, la Bonne Nouvelle du Royaume et le nom de Jésus. Au verset 35, la Bonne Nou-

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velle de Jésus. L’évangéliste centre son message sur Jésus. Maurice Ray ex- plique : « La prédication n’est pas seu- lement l’énoncé d’un fait. Elle est en- core l’explication de ce fait et l’exposé de ses conséquences.»

Quels sont donc les éléments constitutifs du message ?

1. L’annonce d’une personne. « Nous prêchons Christ et Christ cruci- fié 2 .» L’efficacité de l’Évangile, sa puissance sont liés à la personne du Christ. Comme disait l’évangéliste André Adoul : « Christ crucifié, Christ ressuscité, Christ glorifié, le reste c’est du bla-bla ! » Puisque c’est Jé- sus qui sauve, c’est lui qui doit être mis en avant.

2. L’annonce de la vérité au sujet de l’homme. L’évangéliste doit dire toute la vérité au sujet de l’homme. Il ne peut faire l’impasse sur la ques- tion du péché, sur ses conséquences, sur son enracinement au plus pro- fond de l’être.

3. L’annonce de la repentance. Évangé- listes, dans vos prédications, dites- vous à vos auditeurs qu’ils doivent se repentir devant Dieu pour que leurs péchés soient effacés ? La re- pentance est le premier pas pour être sauvé.

4. L’annonce d’une foi personnelle en Dieu, en Christ. Elle est le second pas pour rentrer dans le Royaume

de Dieu. L’évangéliste veillera non seulement à expliquer ce qu’est la foi mais aussi comment elle doit se traduire dans la vie de celui qui veut croire. Si les deux derniers points ne sont pas indispensables au message, dans le contexte actuel où certains nou- veaux croyants ont du mal à deve- nir des disciples, il m’apparaît néces- saire d’y insister. 5. La présentation de la famille chré- tienne. L’Église ne sauve pas. Elle est cependant le moyen par lequel Dieu a choisi de faire connaître son Fils au monde. Loin d’elle, le nou- veau converti se prive de grandes ri- chesses. Et passe à côté d’une partie du plan de Dieu pour sa vie. 6. La présentation de la marche avec Dieu. Pour ne pas donner de faux espoirs, l’évangéliste veillera à pré- senter de manière adaptée aux dif- férents contextes les implications concrètes de l’Évangile. Pour conclure : impossible de tout dire dans une prédication. Et même si nous le pouvions, impossible pour notre au- ditoire de tout digérer ! Par consé- quent, quel que soit le contexte, l’évan- géliste prêchera l’essentiel : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu 3 ».

E M M A N U E L

M A E N N L E I N

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Accompagner pour former des disciples : joies et difficultés

Je n’aime pas assez ! Seigneur, donne- moi la force d’aimer et d’aimer en- core, même si certains objectifs sem- blent ne pas aboutir. Parfois je suis dé- couragé, surtout lorsqu’une personne semble manquer d’enthousiasme, de constance, de résolution. Triste quand une personne semble ne pas avancer ou retomber dans ses travers. Dans ce cas, j’évite de mettre les individus dans des « boîtes ». J’ai la conviction que c’est un péché de croire que Dieu a tiré un trait sur la vie de quelqu’un. Le terme dis- ciple signifie « qui apprend d’une autre personne ». Si l’on choisit d’apprendre le métier de maçon, on s’initiera aux côtés d’un maçon réputé. Pour deve- nir musicien, il faudra trouver un pro- fesseur qui a fait ses preuves. Devenir philosophe ? Quelqu’un qui sait décor- tiquer les idées, les doctrines, les pen- sées et les exposer aux autres. Quelque soit le domaine de compétence choi- si, il faut s’entourer de bons modèles, apprendre leurs langages spécifiques.

de bons modèles, apprendre leurs langages spécifiques. Dans tous ces exemples les formateurs transmettent des

Dans tous ces exemples les formateurs transmettent des idées, des concepts, des doctrines, des sciences, mais non un mode de vie.

En quoi le disciple de Jésus apprend de la vie de Jésus ?

«Au commencement, la Parole exis- tait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu 4 … Et la Parole s’est faite homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité… 5 » Jean souligne que la Parole de Dieu n’est pas une doctrine, ni un discours, ni une ex- position de vérités théologiques. La Pa- role de Dieu, c’est la vie de Jésus. Il s’est donc servi du corps, de l’espace et du temps, des situations, des circonstances humaines pour exprimer les valeurs du Royaume. Il a vécu en pratiquant les valeurs d’un Royaume qui, depuis la création, est en formation. Par Lui, ce Royaume s’est approché des hommes. Les disciples n’ont pu faire autrement que d’observer, entendre et accompa- gner Jésus. Découvrir la façon d’agir de Jésus, chercher ce que cherchait Jésus. Être interpellés par ses gestes, par ses paroles, dans les circonstances aux- quelles il était confronté. C’est un défi permanent pour moi d’être un représentant visible du Royaume auquel j’appartiens. Il ne s’agit pas de prêcher des vérités théologiques. Mais de les vivre. Je ne peux pas obliger ceux qui m’entourent à devenir des citoyens du Royaume de Dieu ni d’en adopter ses valeurs. Mais par ma vie je peux té-

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moigner d’un amour authentique, pa- tient, et sincère. Ainsi je démontre une autre manière de vivre : celle de vivre avec Jésus. Une chose est sûre, je peux encoura- ger les autres à vivre une vie de dis- ciple, mais je ne peux pas la vivre pour eux. Le Seigneur me rappelle souvent que j’ai mis plusieurs années avant de tomber amoureux de Lui au point de me régaler à lire sa Parole, de me sen- tir bien avec des chrétiens, de prendre un véritable plaisir à mettre en pra- tique ses valeurs. J’avais pourtant com- pris l’Évangile, j’avais fait confession de foi et j’étais baptisé. Jésus a travaillé en moi durant plusieurs années pour que ma vie s’oriente vers une vie de dis- ciple. Il me convainc, m’incite, et me persuade au milieu des circonstances qui sont les miennes. D’ailleurs, je suis encore loin de la vie du disciple que je voudrai mener. Mais j’ai compris une chose, c’est que sans l’amour de mon prochain, mon amour pour Dieu n’a au- cune valeur. L’un est indissociable de l’autre. Accompagner signifie pour moi, remettre toutes les situations et les in- dividus entre les mains de Dieu. Lorsque j’ai décidé de donner ma vie à Jésus, j’étais totalement émerveillé par les Écritures… la Bible. C’est d’ailleurs le Livre avec lequel j’ai appris à lire. Certains passages étaient incompré- hensibles pour moi et je commençais à devenir un étudiant particulièrement

pointilleux sur les textes et les traduc- tions. Un jour, alors que j’exposais fiè- rement mes réflexions, un très cher frère dans la foi m’a dit :

«Au début de ma vie chrétienne, les passages de la Bible que je ne com- prenais pas m’empêchaient de dormir. Aujourd’hui, ce sont ceux que je com- prends qui m’empêchent de dormir.» Vingt ans après, je réalise combien il avait raison ! Devenir un disciple, c’est très concret, très pratique…

D A N I E L

C O R O N È S

Implantation d’Église et discipulat

Questions à Raphaël Anzenberger :

l’implantation de Loches a un an, bilan rapide ?

Que dire sinon « Gloire à Dieu ! » Une cinquantaine de personnes au culte chaque dimanche, dix baptêmes, et d’autres en préparation pour le prin- temps… Au final plus de 1 000 per- sonnes sont passées par notre lieu de culte et ont entendu le message de l’Évangile !

Comment l’Église qui s’implante à Loches forme-t-elle des disciples ?

Le mot clé lorsqu’on parle de discipulat est « intentionnalité ». Beaucoup veu- lent former des disciples sur le papier, mais dans la réalité, il faut beaucoup

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d’intentions pour y arriver. À Loches, nous prenons cela très à cœur. C’est même là notre cheval de bataille. Lorsqu’une personne s’intéresse à l’Évangile, nous lui proposons de suivre une étude biblique personnalisée intitu- lée : « Les 7 miracles de Jean ». Au cours de cette étude, nous apprenons à dé- couvrir la personne et l’œuvre de Jésus pour nous. À la fin de cette étude, si la personne n’a pas déjà fait le pas, nous lui proposons de confier sa vie à Jésus. L’étape suivante consiste à enraciner la foi du jeune converti. Nous utilisons une étude inductive appelée « Leçons de vie spirituelle », liées à l’Évangile de Jean. Celle-ci mêle à la fois acquisition des disciplines spirituelles, théologie bi- blique, relation d’aide et évangélisation. Treize leçons, dans la relation un à un, avec un accent particulier sur la rede- vabilité. Cette étude, pratique, est un apprentissage des fondamentaux. Elle est circulaire et ne suit pas le dévelop- pement théologique classique, par su- jets dogmatiques. Elle propose un sur- vol de principes à acquérir, et s’assure, que ceux-ci sont acquis et maîtrisés avant d’aller de l’avant. La personne a

et maîtrisés avant d’aller de l’avant. La personne a l’impression d’aller de l’avant en reve- nant

l’impression d’aller de l’avant en reve- nant sur ce qui a été vu auparavant. Au cours de cette série, nous proposons au disciple de se faire baptiser. Chaque dis- ciple de l’Église de Loches a soit à ensei- gner quelqu’un, soit a été enseigné ain- si. Cela permet de développer un ADN biblique commun sur les grands sujets de la Bible. Ensuite, nous proposons au disciple d’in- tégrer un Groupe de Croissance (GdC). Il rassemble deux ou trois personnes de même sexe qui se réunissent chaque se- maine pour partager leur cheminement spirituel. Un groupe ne doit pas excé- der trois personnes, mais se scinder dès qu’il passe à quatre. Les GdC tournent autour de trois disciplines essentielles à une croissance spirituelle personnelle :

passe à quatre. Les GdC tournent autour de trois disciplines essentielles à une croissance spirituelle personnelle
passe à quatre. Les GdC tournent autour de trois disciplines essentielles à une croissance spirituelle personnelle

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une lecture régulière des Écritures, la confession des péchés et la prière pour ceux qui ont besoin de Christ. Nous proposons à chaque membre de l’Église des temps de prière, le matin et le soir, du lundi au vendredi, pour dé- velopper l’acuité spirituelle. En effet, cette discipline spirituelle nous apprend à rester attentifs à la présence de Dieu au quotidien, en évitant le clivage sé- culier/sacré, qui fait que lundi n’a pas grand-chose à voir avec d i m a n c h e . Nous met- tons aussi en avant le be- soin de res- pecter le jour du sabbat, chez nous, de vendredi soir à dimanche matin. C’est non seulement un commandement di- vin, mais aussi une position d’humili- té. Nous apprenons à laisser notre tra- vail pour nous laisser restaurer par Dieu pour la semaine suivante. Ainsi l’Église développe quatre struc- tures qui permettent la formation de disciples : la direction spirituelle (études bibliques inductives personnalisées), le vécu en communauté (temps de prières quotidien), la redevabilité en cellules (GdC) et la célébration dominicale (cultes). Elles forment la colonne verté- brale de la formation de disciple.

la colonne verté- brale de la formation de disciple. Une Église doit-elle selon toi savoir faire

Une Église doit-elle selon toi savoir faire la différence entre « converti » et « disciple » ?

Il y existe un glissement sémantique malheureux dans notre jargon évangé- lique. Le converti est compris comme un chrétien de base, et le disciple, comme un chrétien dopé aux stéroïdes ! C’est un schéma hérité des campagnes d’évangélisation du xix e siècle où l’on catégorisait les personnes qui répon- daient à l’appel en convertis- et le tra- vail de suite : former des disciples. L’Écriture n’entend pas les choses ainsi. « Pendant toute une année, ils se réu- nirent aux assemblées de l’Église, et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chré- tiens. 6 » Le statut de chrétien vient après ce- lui de disciple. Autrement dit, on est d’abord disciple, puis, une fois ensei- gné, on est reconnu chrétien. Trou- blant ! Mais si l’on entend que chrétien veut dire petit Christ alors il est natu- rel d’y voir l’aboutissement d’un ensei- gnement du disciple à refléter toute la dimension de son maître. La formation d’un disciple ne s’opère qu’en commu- nauté. Bien loin des programmes de for- mations individuelles qui font fi de la dimension communautaire.

R A P H A Ë L

A N Z E N B E R G E R

Multiplier

Multiplier

Multiplier Multiplier Saotra Rajaobelina passe à temps plein En juillet 2010, tu es devenu évangéliste à

Saotra Rajaobelina passe à temps plein

En juillet 2010, tu es devenu évangéliste à mi-temps ? En juillet 2011, tu es passé à plein- temps : pourquoi ?

Dès le départ, je désirais privilégier mon ministère d’évangéliste sur toute autre activité. C’est en toute logique que face à l’accroissement des oppor- tunités et des sollicitations, j’ai décidé en accord avec le comité directeur de FE de passer à plein-temps.

Comment se développe ton ministère ?

Lorsque j’ai commencé à mi-temps, mon idée était de me concentrer en Bretagne où je vis et où je suis toujours bien actif. Mais au fur et à mesure, j’ai eu de plus en plus de déplace- ments au ni- veau natio- nal. Au cours de l’année, j’ai intégré le comité national du Réseau FEF, ainsi que le groupe Lausanne France. C’est une nouveauté pour moi de passer du temps dans ce genre d’instance de ré-

moi de passer du temps dans ce genre d’instance de ré- flexion et de mobilisation. Par

flexion et de mobilisation. Par ailleurs, à l’exemple de mes aînés, je me suis lancé dans l’écriture de mon premier livre ! J’ai pas mal de sollicitations pour des retraites, des conférences pour jeunes ou des formations à l’évangéli- sation dans les Églises.

Quelles sont tes grandes découvertes de cette première année de ministère ?

Tout d’abord qu’il est impossible de remplir ce ministère sans la fidélité et la grâce de Dieu ! Ensuite, j’ai ap- pris qu’il fallait veiller de très près à mon intimité avec Christ avant toutes choses. C’est souvent plus facile à dire qu’à faire. Pris dans les projets et dé- placements, on peut rapidement négli- ger l’essentiel ! Enfin j’ai réalisé le privi- lège d’évoluer avec une équipe d’amis proches. Amis avec lesquels nous nous encourageons, prions ensemble, qui me soutiennent financièrement…

S A O T R A

R A J A O B E L I N A

Un nouvel évangéliste ? Questions à Philippe Monnery

Tu étais jusqu’ici évangéliste associé de FE : qu’est-ce que cela t’a apporté ?

FE a joué un rôle important dans ma vie. Mon premier contact remonte à

Multiplier

un séminaire sur l’évangélisation don- né par Yves Perrier dans mon Église lorsque j’avais 15 ans. C’était le se- cond évangéliste proclamateur que je rencontrais après Fernand Legrand. Trois ans plus tard alors que j’organi- sais un camp d’évangélisation, Yves Perrier m’a dirigé vers Raphaël Anzen- berger. La rencontre avec Raphaël a été un moment déterminant dans ma vie puisque j’ai intégré la première promo- tion du R2E. Et à la sortie du R2E, le « réseau des associés de FE ». Être associé a été pour moi un im- mense privilège. Grâce aux mentors et évangélistes de FE, j’ai pu continuer à travailler sur mon caractère dans la li- gnée du R2E et être formé et encoura- gé dans mon appel. J’ai compris davan- tage les différents aspects du ministère d’évangéliste et ses interactions avec l’Église locale et globale. Les frères et sœurs du réseau ont éga- lement été utilisés par Dieu ces der- nières années pour m’aider à écouter sa voix dans les étapes importantes de ma vie. Enfin le réseau d’associés m’a permis d’élargir ma vision et mon ministère notamment au travers des liens avec le Forum des évangélistes ainsi que par l’opportunité d’accompagner Alain, Raphaël et Saotra en Afrique du Sud pour le troisième congrès mondial sur l’évangélisation.

Tu viens de demander à FE de t’accompagner pour aller plus loin :

quelle est ta vision ?

Aujourd’hui je travaille avec mon Église locale dans la proclamation de l’Évangile, la réflexion sur l’évangélisa- tion et la multiplication des disciples. Je prêche également dans plusieurs Églises de la région de Saint Étienne et parfois au-delà. J’interviens également ponctuellement en milieu universitaire avec les GBU lors de Dialogues Veri- tas. Enfin j’ai eu l’occasion d’organiser plusieurs campagnes d’évangélisation comportant un volet for- mation pour les jeunes chrétiens et un volet pro- clamation. Aujourd’hui je souhaite approfondir ces différents aspects de mon minis- tère tout en consacrant du temps à ma formation théologique et à la réflexion sur l’évangélisation au 21ème siècle en France et à un niveau plus global, dans la lignée du troisième congrès de Lau- sanne.

dans la lignée du troisième congrès de Lau- sanne. Qu’attends-tu de FE ? Que notre lien

Qu’attends-tu de FE ?

Que notre lien s’approfondisse. Cela devrait passer par des échanges régu-

Multiplier

liers avec Alain Stamp qui continue- ra d’assurer le mentorat et la mise en place de bonnes habitudes pour le mi- nistère. FE m’accompagnera dans un tutorat académique supervisé par Flo- rent Varak. J’espère approfondir ma re- lation avec les autres évangélistes. Je compte sur le comité directeur pour m’aider à discerner la volonté de Dieu. Enfin, je suis reconnaissant pour la grande famille de FE et je compte sur vos prières et vos encouragements pour travailler ensemble dans la mois- son.

As-tu partagé ton projet avec les responsables de ton Église locale ?

Oui, j’ai pu partager mon projet au cours de l’été 2011 et je suis soutenu et encouragé dans ce sens. C’est une joie pour moi de travailler avec des res- ponsables qui reconnaissent mon mi- nistère au sein de l’Église et au-delà.

Quels sont les obstacles et les difficultés qui sont devant toi ?

Je travaille à temps plein la semaine dans un emploi séculier. Il est néces- saire que j’effectue une transition vers un emploi à temps partiel afin de com- mencer mon stage avec FE. Plusieurs pistes se dessinent. Il n’y a pas encore de porte ouverte. J’ai besoin de trou- ver un réseau de partenaires pour as- surer mon soutien. Je souhaite mettre en place un cercle de prière rapproché. Enfin j’ai besoin de l’équilibre entre vie

spirituelle, famille, travail séculier, tuto- rat académique, ministère dans l’Église locale et ministère au-delà ! Pour tous ces sujets, je serais reconnaissant pour vos prières.

P

H

I

L I P P E

M O N N E R Y

Un nouvel associé : Serge Hubert

Présente-toi brièvement

J’ai 32 ans, je vis en Bretagne. Je suis professeur des écoles. Bien sûr pas- sionné de Jésus que j’ai rencontré il y

a près de 8 ans. J’aime entre autre les voyages, la musique, (la composition,

le chant…).

Quel est ton itinéraire ?

Je ne viens pas d’une famille chré- tienne. Mais très tôt, dès mon enfance, j’ai été attiré par les choses de Dieu et j’avais soif de vérité. Après de nom- breuses expériences… et déceptions, j’entre en contact avec l’Évangile. J’ai su que c’était la chose dont j’avais le plus besoin. Je me suis converti en 2004. Tout de suite, brûlait dans mon cœur le désir de servir le Seigneur. J’ai alors considéré ce qu’Il avait mis en moi, et j’ai alors décidé de tout Lui re- mettre, au service de son Royaume.

Multiplier

Comment définirais-tu ton ministère d’évangéliste ?

Le Seigneur m’a donné une sensibi- lité musicale et un cœur pour les per- dus. J’utilise la composition et le Gospel pour annoncer l’Évangile en Bretagne. Avec la chorale Gospel Joy, nous arpen- tons les villages bretons en annonçant Jésus.

Quelques expériences…

C’est ainsi que nous avons pu chanter des Gospels et annoncer la Bonne Nou- velle dans les grandes surfaces au mo-

la Bonne Nou- velle dans les grandes surfaces au mo- ment de Noël quand les commerces

ment de Noël quand les commerces sont très fréquentés ! Nous annonçons également l’Évangile dans les maisons de retraite, sur les marchés, et jusque dans le métro !

Pourquoi as-tu demandé à entrer comme associé ?

J’ai souhaité me rapprocher de FE afin d’avoir un cadre et d’apprendre au contact d’un réseau d’évangélistes.

Qu’attends-tu de ce réseau ?

J’attends un partage sur nos expé- riences respectives, un encouragement mutuel, et un soutien dans la prière. Les échanges des uns et des autres vont m’aider à réfléchir sur les moyens de toucher au mieux notre génération.

S E R G E

H U B E R T

1 re journée FE de l’évangélisation de l’Est

Samedi   11 février   2012, France Évangélisation organise une rencontre régionale sur l’évangélisation. Ouverte à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à déve- lopper l’évangélisation dans leur Église locale. Au programme : ateliers sur différents thèmes liés à l’évangélisation, conduits par des acteurs locaux qui seront proposés, groupes de discussions, temps de prière et de louange. À   midi  : repas tiré des sacs. Le  soir  : pour tous ceux qui veulent mieux connaître FE, tarte flambée (uniquement sur inscription). Lieu  : Église La Bonne Nouvelle de Vendenheim, de 10 h à 17 h

Nombre de places limité. Inscriptions auprès de Nathalie Ricci (nathalie.ricci@france- evangelisation.com ou 03 88 00 79 03 HdB)

Penser

Penser

« Converti » ou « Disciple » ? Questions aux évangélistes

Déjà il y a 30 ans Ralph Shallis parlait de « fausse couche spirituelle » à propos de personne qu’on considère trop vite comme « née de nouveau ». Qu’en pensez-vous ?

Saotra   Rajaobelina   (SR)  : J’emboîte le pas de Ralph Shallis, parfois par l’envie de voir des conversions, on diminue les exigences de l’Évangile. Raphaël   Anzenberger   (RA)  : Le danger est permanent. Il nous faut développer une véritable théologie de la conversion. Jésus a mis ses disciples à l’épreuve. Est- ce que nous mettons à l’épreuve ceux qui veulent prendre une décision ou avons-nous peur de les perdre ? Daniel  Coronès   (DC)  : Il est possible de se tromper sur la réalité de la conver- sion d’une personne. Quand bien même nous aurions observé des changements d’attitudes et beaucoup d’enthou- siasme spirituel. C’est pour cette raison que lorsqu’on baptise quelqu’un, on le fait sur sa propre confession de foi. Emmanuel  Maennlein   (EM) : Il n’existe pas de critères bibliques qui permettent de savoir si une personne appartient au Seigneur. Il est dangereux de porter un

jugement trop hâtif. La remarque de R. Shallis a du vrai. Je l’ai constaté à bien des reprises. Avons-nous dit et redit un peu facilement « Crois et tu seras sau- vé » ? Un fait est certain : celui qui croit sera sauvé ! Sous prétexte que certains n’ont pas saisi la porté de leur oui à Jé- sus nous devons veiller à ne pas rajou- ter des « plus » ; si tu crois, « plus » si tu agis ainsi « plus » si tu laisses tomber cela… tu seras sauvé. La foi seule suffit pour être sauvé. À nous d’en expliquer les implications et à l’Esprit de faire son œuvre.

Pensez-vous qu’il soit possible pour un évangéliste de tirer trop vite le filet ?

RA  : Si le filet est tiré trop vite, c’est que tout l’Évangile n’a pas été procla- mé. Lorsqu’on prêche, il est important de délivrer tout le message du salut, qui inclut la nécessité de devenir disciple, avec tout ce que cela implique. EM  : Oui, en particulier lors d’une réu- nion publique. Les personnes qui répon- dent le font pour différents motifs. Cer- tains sont touchés par Dieu et veulent vraiment être sauvés. D’autres répon- dent à l’appel parce qu’un de leur besoin a été révélé. D’autres encore reviennent au Seigneur, le font pour leur conjoint, ou pour un problème de santé. L’évan- géliste ne doit pas considérer tous ceux qui s’avancent comme convertis. Et sur- tout cela ne doit pas l’empêcher de continuer à lancer le filet.

Penser

Qui est le plus en danger d’aller trop vite : l’Église ou l’évangéliste ?

SR  : Les deux. L’Église est soucieuse de sa croissance numérique. L’évangéliste

a le désir d’amener le plus d’âmes à

Christ. Les deux doivent être très atten- tifs à ne pas faire primer « la quantité » sur « la qualité ».

RA  : Il y a un double danger : celui de l’évangéliste qui veut que tout le monde se convertisse, et celui de l’Église qui veut que tout le monde vive en paix avec elle. Les deux sont parfois antago- nistes.

À quel élément du message devez- vous être particulièrement attentif et ne pas négligé ?

SR  : Tout ce qui touche à la repentance et à la Seigneurie de Jésus. Il n’y a pas de salut sans repentance. Jésus ne peut être Sauveur s’il n’est pas en même temps Seigneur. RA  : Je pense qu’il faut mettre l’accent sur la dimension présente et future de

la vie de disciple : à savoir que le salut

accordé, ce plein pardon pour le passé, s’incarne dans une vie nouvelle pour aujourd’hui, en vue de l’espérance pour demain. Autrement dit, il ne faut pas taire la dimension eschatologique de l’engagement. DC  : La résurrection ! Jésus est vivant ! C’est pour cette raison que l’Évangile a toute sa valeur et sa pertinence. Sans

cela, nous sommes entrain de perdre notre temps…

Qu’est-ce qui vous semble propre à provoquer de vrais disciples ?

SR  : Il n’y a pas de recettes miracle ! L’évangéliste est dépendant de l’œuvre du Saint-Esprit qui convainc de péché. Cela n’occulte pas le fait de délivrer le message de l’Évangile avec pertinence et sérieux. Il importe que les personnes puissent com- prendre la gravité de leurs péchés et donc la sainteté de Dieu. Elles pourront ainsi comprendre sa grâce et son désir de ré- gner comme Seigneur de nos vies.

RA  : Il faut que l’Église retrouve une vraie

intentionnalité dans sa compréhension de la formation de disciple. Le reste en dé- coule.

DC  : L’intervention de Dieu. Nous ne

sommes que des poteaux indicateurs. À nous d’être ce que Dieu attend que nous soyons. Chacun dans le domaine qui lui a été confié et les compétences qui lui ont été données.

EM  : Avant tout l’action de l’Esprit de Dieu

dans la vie d’une personne. Qui provoque un bouleversement propre à faire un dis- ciple de Jésus. C’est la Pentecôte qui a changé les disciples de Jésus et en a fait des témoins efficaces.

1

2

3

4

4

4

Romains 1 :5

1 Corinthiens 2 :2

Luc 19 :10

Jean 1 :1

Ibid. verset 14

Actes 11 :26

!

France Évangélisation Le journal

Publication trimestrielle éditée par France Évangélisation ISSN 0768 6773

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contact@france-evangelisation.com www.france-evangelisation.com Directeur de publication :

Alain Stamp – 5 rue de Siewiller

67320 Drulingen – France

Dépôt légal : octobre 2011 Maquette : www.blfeurope.com

Crédits photos : FE – BLF Europe Imprimé par : Imprimerie Scheuer

67320 Drulingen

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21 rue Victor Hugo

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Convention   de   FE  2012

Date : du samedi   14 juillet au samedi  21 juillet   2012 Lieu : Lou Capitelle, à Vogüe en Ardèche Orateur : Étienne   Lhermenault, président du Conseil National des Évangéliques de France, pré- sident de la FLTE de Vaux-sur-Seine et professeur à l’Institut Biblique de Nogent-sur-Marne. À vos agendas !

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Nouveautés à paraître Médiums voyants astrologues… ce qu’ils ne vous disent

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Emmanuel Maennlein Collection « Nouveau Départ » Éditions BLF Sortie novembre 2011

Multiplier les leaders :

le mentorat l’art de l’accompagnement Martin Sanders, Alain Stamp Éditions BLF Ce livre à 4 mains reprend largement les expériences de mentorat développées au sein du R2E de France Évangélisation. Sortie janvier 2012

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