Vous êtes sur la page 1sur 20

- EURO-MEDITERRANEAN REGIONAL PROGRAMME

FOR LOCAL WATER MANAGEMENT


Institutional and Social Innovations in Irrigation Mediterranean Management
ISIIMM - ME8/AIDCO/2001/0515/59763-P 016

Séminaire ISIIMM
« Irrigation en contexte de montagnes méditerranéennes :
intégration des ressources. »
Vallée des Aït Bougmez, province d’Azilal, Maroc

Rapport de mission

Prise de notes : Romain Walcker


Relecture, compléments, corrections : Thierry Ruf ( IRD ), Jean-Louis Couture (Coordinateur ISIIMM)

28 mai-3 juin 2006

Page 1
Séminaire ISIIMM
« Irrigation en contexte de montagnes méditerranéennes : intégration des ressources. »
Vallée des Aït Bougmez, province d’Azilal, Maroc
28 mai-3 juin 2006

Prise de notes : Romain Walcker


Relecture, compléments, corrections : Thierry Ruf, Jean-Louis Couture
Participants : de 4 pays (France, Maroc, Liban, Mali)

Jour 1 Mardi 30 mai


La gestion "intégrée" des ressources collectives en montagne : quelle place pour l'irrigation ?

Présentation de ce thème à travers l'exemple de la vallée des Aït Bou Guemez et la gestion des ressources.
Questions à mettre en avant :
- spécificités et problèmes des systèmes irrigués de montagne,
- comment l'irrigation s'intègre dans la gestion des ressources en eau (autres usages, autres
acteurs) et des autres ressources naturelles (pastorales, foncières, forestières, ...).
- Qu'est ce qu'une communauté ? A-t-elle des règles homogènes et formelles ? Les formes de
fédéralisme, d’adaptativité locale, de consensus ayant fonction de règle sont elles
performantes ?
- Quel particularisme en montagne ? Ces particularismes sont ils conformes à des systèmes
de pratiques réguliers ? (nous visiterons divers terrains variés mais présentant des variantes
d’un schéma culturel commun)
- Quelles spécificités en Méditerranée ?
- Qu'est-ce qu'un irrigant ? peut-on le définir de la même manière sur les différents terrains
ISIIMM ?

Matinée 30
- Accueil par les autorités, mot de bienvenue, au nom de Mohamed el Faïz,
- Tour de table de présentation des participants
- Mot de bienvenue de M. le Président de la commune rurale Tabant
(Noter détails chiffrés sur la commune)
- Présentation du séminaire et du thème de la journée
Lignes générales
Engager les agriculteurs à regarder les liens entre les ressources. Comment dans les différents terrains
ISSIMM la ressource en eau est plus ou moins « intégrée » dans des systèmes plus ou moins complexes et
emboîtés ? Quelles organisations sociales permettent cette intégration ? Comment s’organiser entre Etat,
organismes gestionnaires et collectivités ?

Page 2
Présentation détaillée
3 jours : séances de réunion le matin, terrain d’application l’après midi.
Journée 1 : Intégration des ressources : qu’entend-on par là ?
Journée 2 : Organisations, institutions (DPA), perspectives d’agriculture « moderne »
Journée 3 : Partage des ressources entres organisations sociales (R’bat)
Journée 4 : Echanges, synthèses

- Deux brefs exposés de 15 mn chacun


• "La vallée", (Aziz el Gueroua, JP. Cheylan),
• "Gérer les ressources" (Laurent Auclair, Jeanne Riaux).
Discussion : à partir de l'exemple Aït Bouguemez esquissé, est-ce que la gestion des ressources se
passe de la même manière chez vous ? Observe-t-on des mutations ? Les difficultés que ça entraîne
sont elles analogues ?

"La vallée", (Aziz el Gueroua, JP. Cheylan)

Présentation subjective de la vallée.

Situation géographique d’Aït Bougmez.


Diversité écologique et de mise en valeur. Altitude + gravité / pente = étagement et alluvionnement.
Utilisation de tout les étages par l’élevage. = Fragilité. Cloisonnement de l’espace, division forte au niveau
social. Chaque groupe social utilise un transect multi-étage. Aït Bougmez = chaque groupe utilise l’ensemble
des ressources. Climat méditerranéen de montagne avec des composantes sahariennes = climat variable,
contrasté chaque jours et dans l’année, une très longue saison sèche certaines années. La neige est présente,
les troupeaux passent historiquement l’hiver dans les plaines. L’agriculture est contrainte (gels). La
végétation est dynamique. Dormance d’hiver et d’été. L’organisation sociale se fait par petits vallons, et
reflète fortement le relief. La vallée d’Aït Bougmez : agriculture de plus en plus importante dans la vallée.
Agriculture sèche de plus en plus importante quand on (re)monte. Des estives pour les troupeaux de vallée,
Au dessus des estives partagées par des groupes lointains, avec accords de réciprocité.
Organisations sociales. Famille (élargie = lignage / taqbilt), village et son conseil (Jmâa), groupe de
villages, fractions (tribales), anciens groupes sociaux partageant et échangeant les ressources. Organismes
publics, programmes, tourisme … Difficultés de gestion par les organismes publics, réponses d’organismes
internationaux (Banque Mondiale) = gestion participative.

Les différentes catégories de ressources


Tourisme, agro-tourisme,…

Et l’eau là dedans ?
Exploitées / non identifiées
Répartition socio-spatiale

Page 3
Mode d’irrigation et délais de retours d’eau

La complexité d’Aït Hakem et (Aït Wahougdal?)


Chaque canal irrigue plusieurs territoires villageois. Chaque village = plusieurs canaux. =
arrangements, règles, conventions… Nombreux accords, mais quelques situations conflictuelles.

"Gérer les ressources" (Laurent Auclair, Jeanne) Riaux


L’espace sylvopastoral : ressources, usages, accès
Le cas de la fraction Aït Hakem

La forêt et les pâturages : quelles ressources, quelles utilisations, quelles conditions d’accès, quelle
organisation sociale, système de droits d’accès et d’usage…
Assif : torrent, ruisseau arrosant les terres irriguées
Lghabat : forêts
Adrar / Jbel : montagne

Grande complémentarité entre les différentes ressources. Complémentarité forte entre espace intensif et un
système extensif. (Fumier des bergeries dans la vallée pour la fumure des terres agricoles irriguées)

Ressources forestières
Bois de chauffage, 1re source d’énergie domestique
Fabrication d’outils
Bois d’œuvre (poutres, etc.)
Fourrage foliaire (genévrier, chêne vert) pour le bétail. Grande importance en hiver (neige) pour les
troupeaux. (ramée)
Zone de pâturage extensif pouvant être convertit en terres de « bour »
Plantes médicinales, apiculture

Des modes originaux d’appropriation de ces espaces (schéma). Du bas vers le haut :
1er cercle : appropriation familiale
2ème cercle : propriété villageoise des lignages dominants (taqbilt). Articulation forte avec le domaine
irrigué.
3ème cercle : propriété d’un ensemble de villages (fraction tribale).
4ème cercle : espace de partage des droits de pâturage entre groupes locaux et transhumants estivaux.

Plus on monte sur les versants, plus les entités de gestion sont importantes.

Deux statuts coutumiers pour les terres en propriété commune

Page 4
L’Agdal
Des règles d’accès : mise en défens partielle/totale ou temporaire/permanente. Périodes d’ouverture et de
fermeture du territoire. Agdal pastoraux : l’accès au pâturage est règlementé et mise en défend (mars).
Ouverture avec la monté des transhumants. Agdal forestiers : mise en défend forestier sur la coupe du bois.
Agdal de protection : protection d’une séguia du passage des troupeaux.
Moucharika1 : espace à ressources, sans règles, accès libre. Est-ce une « propriété commune » ?
Espaces Ayant droits bien identifiés. Différent du libre accès.

Niveaux de gestion
Villageois : Agdal forestier ; Moucharika. L’ensemble des taqbilt ont des droits différenciés, selon
les droits d’accès et les villages. Superposition des territorialités (droit moderne et droit coutumier).
Mise en défens forestier : objectif : avoir un stock de fourrage sur pied pour l’hiver
Observation d’une végétation différente dans les agdals (plus de graminées, moins de ligneux…)

Questions :
Mr Valentini : Espace et ressources gouvernés par le droit positif ou le droit « tribal » ?
Réponse : les deux ! le statut des terres collectives reconnAït la compétence des collectivités traditionnelles
sous tutelle du Ministère de l’Intérieur

Mr XX : Les tribus qui passent avec les troupeaux payent-elles quelque chose ?
Est-ce l’usage ou la loi qui prime ?

Complémentarité élevage/espace irrigué :


Fertilité par élevage
Alimentation bétail assurée jusqu’à 50% par les espaces irrigués
Terres : domaine privé de l’Etat. Riverains : droit d’usage : récolte bois et pâturage à fins domestiques

Gestion de l’eau dans la vallée des Aït Bougmez : des ressources complémentaires, une gestion intégrée.
Jeanne Riaux

On doit réfléchir « intégré» entre eau et autres ressources.


A quoi sert l’eau dans la vallée ?
Usage domestique
Usage pour les moulins. Aujourd’hui les moulins sont majoritairement au gas-oil.
Eau d’irrigation

L’eau passe toujours par les canaux, quels que soient les usages.

1
Au Liban, on parle de terres Mouchaa. Weulersse J. Paysans de Syrie et du Proche-Orient, 1946.

Page 5
La ressource en eau dans la vallée
5 villages (Aït…XX). Deux oueds se rejoignent dans la vallée. Alimentés par des sources à régime pluvio-
nival (ou nivo-pluvial plutôt). De grandes variabilités saisonnières. Diverses sources (de 0 à 40 l/s) et plus
importantes (200 l/s). Ces petites sources réalimentent l’assif. En période sèche ce sont les grandes sources
qui réalimentent.

L’évolution des productions agricoles


Avant 1960’s : complémentarité des activités d’élevage, céréaliculture, arboriculture (noyers).
1960’s : introduction de la pomme de terre. Nouveauté destinée à être vendue. L’élevage prend moins
d’importance / cultures irriguées.
1970’s : introduction du pommier
1990-2000 : maraîchage et production fruitière en essor
….
L’augmentation des besoins en eau, plus localisés au printemps. Des cultures avec des besoins de plus en
plus longs et importants, situés dans la période sèche.

Augmentation de la population / besoins en eau / irrégularité de la ressource en eau = pression plus


importante.

Règles fines de gestion avec réajustement permanent.


Nouvelles institutions de gestion.

Questions : Et l’usage lié au tourisme ?


a) Début d’urbanisation à Tabant qui a un impact sur les ressources = production d’eaux usées et risque de
pollution, il n’y a pas de système d’épuration, drainage…
b) Problème de pollution
Peu, le vrai problème pour les poissons est la crue (Truite de l’Atlas). On mentionne le problème des lessives
et savon qui eutrophise l’eau de plus en plus vers l’aval. Assainissement : préoccupation importante avec la
croissance démographique et le tourisme en gîtes, concentré dans le temps et l’espace.
c) Quand on parle de la gestion de l’eau : surexploitation, mauvaise exploitation. Pollution des sources. A
éviter. On participe à cette pollution (lessive). Effets sur l’arboriculture. A travers les associations, on
demande aux gens d’y faire attention. L’Etat peut trouver des solutions aux effets globaux, à grande échelle.
Au niveau local, il faut de l’attention quotidienne et de chacun. Demande aux AUEA d’aider les services et
personnes qui travaillent sur l’eau pour ce problème.
Canaux pollués, pas d’entretien. La responsabilité revient aux usagers de l’eau.
Problèmes d’inondation : crues torrentielles, problème majeur qui détruit l’espace irrigué et les canaux,
sources équipées. Pas de grand barrage pour les crues (impossible).
d) (Eaux et forêts) : problèmes de toilettes sont des problèmes de la commune, assainissement. Le vrai
problème est la pollution à l’échelle du bassin, pollution chimique
Complémentarité : trAïter le problème en amont : reboisement, re-végétalisation pour conservation eaux et
sols (infiltration, moins de ruissellement, moins de pertes en eau et en infrastructures)

Page 6
Forêts : des endroits où elle est respectée, d’autres où elle est dégradée. Les gens exploitent de façon
irrégulière, ne considère pas comme étant à eux. Surpâturage, coupe de branches en période hivernale.
Terrains collectifs : pas d’organisation de parcours au niveau des forêts. La forêt a donc des surcharges qui
vont aboutir à sa dégradation, donc aussi des eaux et des sols. Répercussions sur l’aval. Proposition : vision
globale qui commence de l’amont pour la stabilité des eaux, sols et sociale. Développer d’autres alternatives
pour diminuer la pression sur les forêts (écotourisme, autres sources de revenus..)
e) (Mme Najma Jellou, femme représentant l’Association des Amis) Rôle de la femme ? C’est elle qui fAït la
lessive. Mais est-elle représentée dans les associations d’usagers ? La femme ne connAït pas la valeur de
l’eau, son usage, sa protection. Vous avez aménagé des canaux, mais pas de lavoirs. Quel est le rôle de la
femme, car elle n’est pas impliquée ? Pas de développement sans présence des 2 sexes dans les choix.
f) (Liban, agriculteur) Pourquoi ne pas utiliser les nouvelles techniques d’irrigation (pression, gravitaire ?)
Pourquoi pas de bassins ?
VII) (Cheylan) Vieux débat de l’irrigation. Le mot « pertes » oublie que cette eau ré-émerge en aval
(paradoxe : le bas de vallée mieux irrigué que l’amont)

Jacques Féraud : les Pyrénées-Orientales


Vallée de la Durance, 2nd site ISIIMM
Particularités de l’irrigation en montagne française.
Un climat et une topographie spécifiques qui induisent diversité des territoires (prairies irriguées en bas,
pâturages secs en intermédiaires, forêts, puis pâturages d’altitude).
Montagne fournit l’eau des plaines. Lacs naturels, retenues artificielles, barrages.
Valorisation par élevage extensif. Eau à usages multiples (Energie, irrigation, eau potable)
Histoire et relations avec l’Espagne => systèmes particuliers.
Loi française : routes…. « Pour l’usage de tous » sont des biens de l’Etat (Domaine public). Différencier la
propriété de la ressource et l’usage
Climat : 120 j de gel => 6 mois de période de végétation, dont 3 mois de sécheresse estivale.
Topographie : mécanisation difficile, augmentation des coûts de réalisation
Répartition du territoire : fourrages (et prairies ?) irrigués, céréales « sèches », forêts, parcours, estives
Pâturages, forêts : protection contre incendies
Droits partagés sur les estives
Elevage : Le climat oblige à 6 mois en étable, alimentation par les foins de partie irriguée ; L’irrigation
permet d’intensifier ces cultures de fourrage et faire 2 à 3 coupes. Pendant la période de production de foin,
les animaux sont sur les parcours et estives. Cela permet les gestion, entretien, protection des forêts et zones
d’altitude.
Irrigation gravitaire des prairies (100 à 400 l/s)
Ordre de pâture : Bovins, moutons, puis chevaux. Permet d’éviter les « refus ». Optimisation des ressources.
Gestion collective par des organisations collectives :
ASA2 pour irrigation (canaux) établissement public
AFP3 et GP4 (gestion des estives et aménagements pastoraux) regroupe les privés pour en faire ne
association de gestion. Parfois, commune possède les estives. GP : aménagements, clôtures… en commun
par les usagers.

2
Association syndicale autorisée

Page 7
CUMA5 (matériel agricole, chantiers communs) Investissements répartis pour le gros matériel.
Questions et problèmes :
- en montagne, il y a les ressources en eau, mais c’est la plaine qui en profite… !
- développement du tourisme : consommation d’espace (souvent prairies et cultures irriguées) Quelle
préservation du capital de production, le sol ?
- sports d’hiver, canons en période de peu de besoin en eau, mais consomme de l’espace productif.
Mauvais assainissement (période froide)
- le milieu naturel : il faut un débit suffisant pour la pêche, les animaux peuvent s’abreuver, certaines
espèces sont à protéger (écrevisse à pattes blanches, daman…). Quelles sont ces contraintes
imposées par les gouvernements ?
DEBAT
I) (local) Organisations historiques ou nouvelles ? Quelles appellations avaient-elles ?
II) (Féraud) Certains systèmes ont été mis en place par la loi montagne de 1965 (1972 ?). Les ASA (loi 1865)
et GP sont la formalisation d’organisations locales anciennes et diverses (Moyen-Âge, XIXème siècle).
Grands travaux fAïts par l’Etat vers mi-XIXeme. L’Etat a ensuite forcé à l’association d’usagers à qui il a
reconnu la propriété commune et confié la gestion des ouvrages.
III) (expert marocain). Pas de niveau de comparaison avec nous…
Le système d’estive est-il le même que celui de l’Agdal ? Une mise en défens ? Période d’ouverture ? Rôle
de ONF6 ?
IV) (Féraud) moins de besoins de prélèvement sur les estives car plus de cultures vivrières et intensification
des pâturages
ONF gère forêts pour la commune et peut réaliser des aménagements sur espaces pastoraux. Conventions
avec GP. ONF situé entre commune et GP, rôle de mise en oeuvre.
V) (Auclair) taille de GP ?
(Féraud, Jean-Louis Couture) Dépend de la taille des estives, nombre réduit, contexte de montagnes peu
habitées
(Expert marocain) En France, nombre de villages proche du nombre de communes. On peut comparer
commune et Jmâa. Or ici, la commune, c’est plusieurs villages…
VI) Mr El Baz (DPA7 Azilal)
ASA : usagers sont des associés, pas des « bénéficiaires ». Peuvent recevoir des aides pour l’aménagement.
Très cher.
VII) (PM Aubert ??) Moins de pression sur estives car plus de fourrages… Mais pertes de terres pastorales
en bas de vallées oblige à rester plus longtemps en estive, donc surpâturage… La pression foncière pousse au
surpâturage.
(Féraud) De plus, augmentation du chargement animal dans des élevages extensifs basés sur les parcours et
forêts, pas assez de surface de base. Participent au surpâturage….

3
Association foncière pastorale
4
Groupement pastoral
5
Coopérative d’utilisation de matériel agricole
6
Office national des forêts
7
Direction provinciale de l’agriculture

Page 8
Visite repas à la cabane (cote 2243) sous le Tizi-n-Tirghist (toponymie IGN), lecture du paysage de la haute
vallée des Aït Hakim,
Après-midi 30
Rencontrer les acteurs de la gestion "communautaire" des ressources sur le terrain
Objectif : prendre connaissance de la situation à travers des conflits
Quelques conflits de l’amont (et des avals de l’amont) articulés entre eux, abordés par des rencontres avec
leurs acteurs : naïbs, membres des AUEA, irrigants.
• conflits : d’amont, résolu, Aït Ouham Iglouane, rencontre successive avec les parties,
• conflit permanent multiforme amont/aval de l’amont, Aït Hakim- Aït Wanougdal., rencontre
successive d’acteurs
Soir 30 mai
Réunion générale à Tabant [salle de réunion de l’Association pour la Renaissance: JP Cheylan et Aziz
les contactent] et débat avec l’ensemble des acteurs disponibles de la vallée, élus, associatifs,
ONG,...autour de développement local, mise en valeur et invention des ressources en montagne
méditerranéennes.
Comment aller vers des solidarités inter montagnes méditerranéennes ? Comment engager la conception
d’une charte sociale de l'eau en montagne méditerranéenne qui serAït une sorte de plateforme pour
échanger, éviter l'uniformité des projets, échafauder des solidarités entre massifs et pourquoi pas,
demander à des institutions comme l'Association des Irrigants de Régions Méditerranéenne de mettre en
avant des "sections de montagne méditerranéenne". (Animation Th. Ruf, J.L. Couture)

Page 9
Jour 2 Mercredi 31 mai
Thème 2. Les institutions de gestion de l'eau : de l'organisation communautaire à la formalisation
d'associations d'usagers (éléments comparatifs).
La complexité des paysages institutionnels de la gestion de l'eau vus à partir de la vallée des Aït Bou
Guemez et la Lentilla. (Jeanne Riaux)
Présentation des différents acteurs de la gestion de l'eau par eux-mêmes ? (DPA, AUEA, naïbs.,.Pt. d’ASA,
...), leurs rôles, leurs difficultés.
Questions à mettre en avant :
• différents types d'institutions (effectives-informelles-visibles
type jemâa, formelles-
ineffectives type AUEA, effectives, informelles-invisibles type accords intervillageois
fonctionnels).
o Tour de table : les institutions et acteurs sur les terrains de participants,
articulation des pratiques et du droit
• l'organisation territoriale et les institutions (concordances/discordances territoires politiques
territoires de gestion des ressources, découpages AUEA – ASA ?), les solidarités, les accords
intercommunautaires, institutions et recours
o Tour de table : territoires de l’eau, territoires sociaux et périmètres institutionnels :
quels niveaux d’organisation, quelles formalisation, quels rapports chez vous ?
Comment les cultures montagnardes :
• Intègrent-elles les messages politiques (sur l'eau ou sur d'autres choses comme le développement
durable ou le genre), ont-elles des spécificités communes ?
• Construisent-elles quelque chose d'intermédiaire entre la "coutume" et le "moderne" ? Par la
pratique ? Par les institutions ? Par l’articulation de diverses modalités de recours ?
• Construisent-elles des organisations à plusieurs échelles, formelles ou non formelles, pour quelles
articulations entre le consensus et le recours ?

Matin 31
Présentation du thème du jour
Exposés rapides
• Présentations des institutions à travers leur histoire, regard comparatif avec la Lentilla, Pyrénées-
Orientales françaises, (Jeanne Riaux)

Organisation sociale, histoire et dynamique des institutions : le cas de Rbat – Tabant


Histoire de la vallée
Institutions liées à la gestion de l’eau

Avant le Protectorat, Tabant est un souk zone d’influence du haut Atlas (voir schéma) :
A cette époque d’intenses mouvements, chemins de transhumance, commerce, alliances Nord/Sud de la
région. Les zaouïas (groupement religieux, personnages jouent le rôle de guide, petites sociétés très
respectées du point de vue de leur sagesse sociale, rôle dans le partage des ressources entre ayant-droits,
présence de bibliothèques, rôle d’interprétation du Coran et de la jurisprudence musulmane,… ) ont une
influence politique et religieuse.

Page 10
Du Protectorat aux années 1980 :
A partir de la « pacification » de la vallée, il y a installation progressive d’administrations dont la DPA. Les
relations avec l’extérieur changent, avec une baisse d’intensité des mouvements, des départs vers les plaines,
une intensification de la coopération internationale et du tourisme (gîtes et randonnées avec guides), et
intervention d’organismes extérieurs
Période actuelle :
Multiplication d’acteurs extérieurs, relations financières pour les projets …

Les institutions :
Traditionnelles
La taqbilt : aujourd’hui niveau villageois. L’ensemble des foyers du village, représenté par une assemblée de
chefs de familles. Les solutions tiennent du consensus. Certains ont plus d’influence que d’autres (notables,
sages du groupe).
Ministère de l’intérieur
1982 arrivé progressive du Caïd dans la vallée. Représentant du ministère de l’intérieur. Juge les conflits
mineurs, si les groupes villageois n’ont pas pu les régler. « Assistants » du Caïd : Cheikh ou Moqqadem. Ils
assurent le lien entre le Caïd et les villageois. Ce sont des villageois choisis par l’état. Le naïb, quel rôle ?
dans les années 1990, le ministère à essayé de circonscrire un autre niveau : lien direct entre le Caïd et les
villageois. Il sera chef de village et assurera le lien avec l’administration. Maintenant c’est une réalité
complexe. (Aziz) Le naïb n’est pas si récent. Il existAït avant un naïb intertribal. 1980 l’institution du naïb a
pris une autre importance.
La commune rurale de Tabant = Protectorat. Fonction de remplacer les Jmaa à partir du protectorat.
Aujourd’hui plusieurs élus. La commune reçoit des fonds pour le développement. Le Hakem, juge du
tribunal coutumier.
La commune rurale a des compétences déléguées par l’état dans l’aménagement du territoire ? Normalement
oui, mais les fonctions d’aménagement sont quasiment inexistantes. Financement de l’entretien des canaux.
Emergence d’associations
AUEA créée en 1999 par un projet « participatif » financé par la BM. La DPA a mis en place ces
associations. Suite à cela, des canaux ont été bétonnés. Les adhérents élisent leur représentant. 4 AUEA
suivant les branches de la vallée. Entretien des infrastructures hydrauliques.

Ce paysage évolue en fonction des dynamiques d’acteurs.

• Eclairage sur les modes de recours et de résolution de conflits, spécificités des conflits de l’amont,
(Bamoye Keita)

Conflits liés à la distribution de l’eau dans le système d’irrigation coutumier de la vallée des Aït Bougmez.

Contexte.
Vallée des Aït Hakem. 11 douars. Présence de deux fractions rivales sur un seul oued. Au sein des
deux fractions, groupements de douars. Alliances entre des sous-fractions (Aït). (Voir carte).
Pour faire fonctionner le système, chaque douar doit avoir accès aux diverses ressources. Gestion
intégrée. Chaque douar a ses règles de gestion de l’eau. De plus, superposition traditionnel/moderne. Quand
il y a abondance d’eau, il y a relâchement dans l’application des règles. En période de pénurie, application

Page 11
stricte de règles. Développement de comportements individualistes dans la période. Divergences d’intérêts
au sein même des villages.

Les types de conflits


Conflits majeurs : Entre groupes, fractions. ( …?) Entre plusieurs canaux ? (JF)
Conflits mineurs : entre agriculteurs. Retards de libération d’eau, non respect des tours.

3 cas de conflits
Sur l’opposition inter fraction
Sur l’appropriation d’une source commune. Appropriation des eaux d’une source entière. Tentative
de résolution locale avec arbitrage externe.
Sur deux douars en perpétuelle opposition sur un nom respect des accords d’échange de ressources.

Eléments de réflexion
Inégalité des accès à l’eau avec des fois absence de règles de partage en période de pénurie.
Dual : absence de règles en période d’abondance / règles strictes en période de pénurie.
Forte opposition des douars quand il s’agit de céder des droits.

Comment concevoir des associations qui puissent régler les problèmes de gestion ?
L’AUEA ne doit pas changer les coutumes, mais elle intervient comme une réglementation. Selon les intérêts
fragmentation des AUEA ou fusion. (A. EL BAZ, représentant d’AUEA)

• L’évaluation du projet Banque Mondiale (BIRD) par la DPA (Direction provinciale de


l’agriculture)
Programme de développement rural centré sur la PMH (Petite & Moyenne Hydraulique).
(Voir la présentation powerpoint de Mr El Baz)
Questions :
(J.Riaux) Dans l’histoire, la gestion de l’eau entre le coutumier et le caïd s’est progressivement adaptée. Le
caïd est absent de votre tableau. Le caïd a participé à définir les AUEA (Association d’Usagers de l’Eau
Agricole).
L’intervention du caïd s’est fAïte pour le démarrage du projet. Il est sensé disparAïtre dans
l’organisation des acteurs, mais il peut rester.
(Bamoye)
1) L’exposé est théorique. Décalage avec la réalité du terrain. Dans la vallée, la constitution s’est fAïte au
caïdat. Il n’y a pas eu d’assemblée générale. De ce point de vue, ces membres ne représentent pas la
population.
2) Quelle cohérence du territoire de l’AUEA ? Sur une même source pour certains. Mais pas de cohérence à
cause des rivalités entre fractions.
3) Quelle animation ? Les agriculteurs ne sont pas réellement au courant du statut des associations.
4) Le programme de formation des cadres participatifs.

Page 12
5) Meilleure mAïtrise de la distribution de l’eau ? Le bétonnage n’a pas réellement changé la distribution.
6) La gestion coutumière ne doit pas être vue comme un problème. Vous vous êtes basé sur des
considérations hydrauliques mais pas assez sociales.

(Aziz)
1) L’appropriation par les irrigants des structures projetées. Les institutions ne répondent pas aux
besoins des populations locales en matière de gestion.
La plupart des autres AUEA s’est appropriée les structures (financières, institutions)
2) Les bureaux ont été constitués par des agriculteurs « analphabètes » pour la plupart. La formation a
été assurée en langue arabe et non berbère.
Aujourd’hui, il y a des évolutions dans l’éducation.
3) Non respect du renouvellement des cadres des AUEA (a part cette année quelques cas
exceptionnels).

(JC. CHEYLAN)
1) le côté participatif n’a pas été suffisamment respecté. Question sur la concertation : que veut-on faire
ensemble ?
2) Absence complète de l’élevage. Toutes les pratiques pastorales extensives sont essentielles et
explicatives.
L’élevage est pris en compte dans le projet. Ce qui a été pris en compte, ce sont les espaces irrigués,
relatifs à la PMH.
(J. Riaux) Avez-vous pris en compte le fAït que l’étude a été fAïte en période de pénurie/abondance ? Quelle
gestion des extrêmes ?
Pb des crues pris en compte. Pas de question d’abondance de l’eau. Le bétonnage des canaux
améliore les quantités.
(El Gouch) Une étude sur la recharge de la nappe ? Problèmes dus aux canaux ?
Rien de fAït !
(Aziz) Quels aménagements des Ougougs (Ugug) ?
Ca va commencer dans les mois à venir.
(Aziz) Les populations locales ne sont pas opposées au changement avec concertation préalable.
(J. Riaux) Les processus de mise en place des associations furent longs (20ans *3) pour obtenir un consensus
(France). On vous demande d’aller trop vite pour mettre en place ces associations.
Il y a en effet des résistances qui mèneront, on l’espère, à un prochain consensus. Dans d’autres
périmètres les choses ont avancées.
(Noël) Réponse à J. Riaux : les associations n’ont pas pris autant de temps. Une fois que les pouvoirs sont
donnés à des agriculteurs avec un projet commun, les associations se forment.
C’est le but de la formation et de l’accompagnement.
(Claude) Dans certain domaines, l’état intervient plus qu’avant au niveau des associations, sur des questions
d’environnement.
(Noël) Existe-t-il des créations d’AUEA autonomes au niveau des agriculteurs ?
Voyant les projets sur d’autres périmètres, certains agriculteurs se fédèrent en groupe pour demander
des projets.

Page 13
(Noël) Les AUEA payent-elles effectivement les 10% ?
Participation en nature : oui. Financière : non

• discussions, tour de table : pratiques, institutions, structuration des espaces. Territoires, institutions
et hiérarchisation des recours sur les terrains des participants.

• Présentation par des acteurs de terrain

Repas
Après midi 31
Sur le terrain : la question des AUEA
Présentation d’un terrain d’extension potentielle de l’irrigation d’un plateau (cône de déjection), Tamzrite,
par transfert d’eau entre territoires tribaux (Aït Bouwli vers Aït Bougmez). Le projet prévoit l’aménagement
foncier et la mise en culture d’un plateau colluvial comportant une couche gypseuse et imperméable dans le
sol. Il est conduit par la DPA et a justifié la création d’un AUEA spécifique, l’AUEA de « Tamzrite ». Cette
opération, porteuse de conflit potentiel de transfert inter bassins de ressource en eau, nous est présentée sur le
terrain et par les acteurs eux-mêmes
Visite repas sur le plateau de Tamzrite (chez un grand exploitant), présentation de l’opération projetée par
des acteurs : l’exploitant (es Soussi irrigation par pompage individuel), un membre de l’AUEA, un
représentant de la jemâa d’Aït Sa’id (vallon d’Aarous, Aït Bouwli), une demande de présentation est fAïte à
la DPA d’Azilal [demande : JP Cheylan], qui conduit le projet.
Que disent les douars d’amont, qui ne sont pas Aït Bougmez ? [Contact avec le naïb de Aït Sa’id –Aziz,
contribution de El Baraouz (animateur d’associations Aït Bouwli (ABCD) et Aït Bougmez)] de cette petite
AUEA à façon destinée au renforcement des véritables agriculteurs entreprenants et productifs et
performants? Quel développement pour les agricultures de montagne, contribution de Ahmed Boauziz (à
confirmer). Qu’advient il de la petite arboriculture familiale ? Est elle remplacée par le salariat ? D’autres
perspectives sont-elles envisageables (produits de qualité, meilleure valorisation, mAïtrise de l’aval) ?
Discussion-promenade de 18 h : échanges sur les problématiques de la gestion des ressources, la place
de l'irrigation, etc… au cours de la visite d’un point de vue particulièrement éclairant (Sidi Moussa) et lieu
culturel, cultuel et historique marquant de la vallée (Marabout-forteresse-grenier entre deux des anciennes
grandes fractions rivales de la vallée).

Page 14
Jour 3 Jeudi 1er juin

Thème 3 : « Le partage des ressources vu par les acteurs » : évolutions et mutations contemporaines
(nouveaux usages, nouveaux acteurs, nouveaux partages)
Ici, on pourra construire une ébauche de "comparativisme par le bas" en fonction de l'ensemble des éléments
discutés les deux jours précédents, des éléments qui auront émergé des "échanges" et des apports des
participants ISIIMM.
Présentations "comparatives" et participatives sous forme de schémas de fonctionnement : ça marche
comment chez vous ? Où sont les différences avec les situations observées ou connues par ailleurs (par les
acteurs de la vallée, les participants ISIIMM et les animateurs du séminaire qui préparent un canevas
comparatif).
- Lentilla
- la Haute Durance

Le Canal de Ventavon irrigue 4000ha pour 1000 pers. 70% d’arboriculteurs.

Le système des ASA (Associations syndicales autorisées)


3 systèmes en France : Sociétés d’aménagement régionales (SAR comme BRL8, SCP9), particuliers,
les associations syndicales de propriétaires (ASA entre autres). Plus de la moitié des surfaces irriguées sont
gérées par des associations, en gravitaire majoritairement mais aussi en sous-pression.
ASP10 sont très nombreuses (+ 40000 en France). Beaucoup de petites structures (5-50 pers) et
quelques grandes structures (+ 1000 pers.)
30 dernières années d’autres zones de développement
L’irrigation dans les Hautes-Alpes
La ressource en eau : Hautes Alpes = « château d’eau de la Provence ». Présence d’un grand barrage Serre-
Ponçon. Un ouvrage qui permet d’assurer l’alimentation en eau de multiples canaux du bassin de la
Durance. Pendant des siècles, des conflits énormes, mais solution technique apportée avec cet ouvrage.
Zones non sécurisées au dessus de la Durance.
Les canaux d’irrigation des Hautes-Alpes
Entretien difficile avec un population rurale qui diminue.
Aménagements coûteux

La pratique de l’arrosage
Les pouvoirs publics ont motivé la modernisation des canaux. L’aspersion est généralisée. Nécessité
agricole car plus assez de main d’œuvre pour le gravitaire.
Les ressources en eau
Concurrence entre agriculteurs, environnementalistes, industriels, pêcheurs

8
Bas-Rhône languedoc
9
Société du Canal de Provence
10
Associations syndicales de propriétaires

Page 15
Les droits d’eau sont attestés par des documents historiques

Question (agriculteur libanais) : Quelle est la cause de la réduction de nombre d’agriculteurs ?


Réponse : Transition économique agricole vers une économie de services (tertiaire).

Quelles cultures valorisent le plus l’eau ?


Avant c’étAït l’arboriculture, mais aujourd’hui il y a changement. Question de la rentabilité de la culture.
Deux types de zones :
- moyenne montagne = diverses cultures
- haute montagne (+800m) = fourrages qui nécessitent l’irrigation.

Le canal de Gap (Hautes Alpes)


Canal de Gap : un territoire très haut et mal sécurisé
Canal de Ventavon : un territoire plus bas, bien sécurisé par les eaux de la Durance gérée par un
grand barrage

Le périmètre du Canal de Gap


1860 : Napoléon III décide de la construction d’un barrage pour la faire passer dans un autre bassin
versant. = conflits. La canal de Gap reçoit ainsi beaucoup plus d’eau.
On passe du gravitaire à l’aspersion sur l’ancien périmètre lésé. L’eau provenant du canal de Gap.
Nouveau droits d’eau donnés par l’administration : en période de pénurie …. ( ?)

Point clé : regroupement en ASA des agriculteurs. Nature juridique acquise (loi 1865). Regroupements
autonomes. Pouvoir de décision, pouvoir d’embaucher des employés, liberté sur leur développement. On se
regroupe selon des intérêts. Il existe cependant des Associations Syndicales Forcées (ASF devenues
ASCO11) mais pas sur le canal.
Point clé : Les obligations qui découlent de la constitution de l’association sont attachées aux biens
immeubles et les suivent en quelques mains qu’elles passent.
(Noël) Les gros propriétaires arrivent à faire respecter cette loi mais pas souvent les petits propriétaires.
Si on n’impose pas de contraintes pour maintenir les périmètres irrigués, on risque la « désertification » des
périmètres.

Conflit avec la ville de Gap. Aujourd’hui création d’un équilibre entre la ville et les périmètres d’irrigants.
Les recettes de cette ville permettent la modernisation des structures des périmètres.
L’ensemble des périmètres est densément aménagé par des réseaux de canaux et canalisations. (15
communes / 800 km de canalisations)

- la Cerdagne : le canal de Dorres (J. Féraud, Claude Gil, président ASA Dorres)

11
Association syndicale constituées d’office

Page 16
Petite ASA de montagne : 186 propriétaires pour 300 ha irrigables de périmètre syndical. Le canal prend son
départ à 2100m, sa longueur 12-13km. Se partage en deux branches au dessus de Dorres. Le canal est un
affluent d’une rivière (l’Angoustrine).

Pb de travaux d’entretien du canal. Fortes pentes … Journées de bénévolat des ayants-droit pour le nettoyage
du canal. Or, actuellement, il y a exode des agriculteurs et la plupart des personnes bénévoles ne sont même
pas agriculteurs mais seulement propriétaires, résidents ou non, retrAïtés ou non, voire extérieurs (famille).

A l’aval des sources, il y a un répartiteur pour le partage de l’eau. Accords passés entre les acteurs. 1957-59.
Aujourd’hui, Directive Cadre Européenne qui prévoit que les captages doivent être protégés de la pollution
(estives). Mise en place d’un périmètre protégé. Proposition d’exproprier l’ASA. La source est un « bien
commun géré par un établissement public ». Est-il possible d’exproprier un « bien public » ? Enquête
publique. Enjeu : faire valoir les droits de l’ASA.
Attitude rigide de l’administration de la santé.
Royaume de Catalogne fut partagé en deux parties = dépt. Pyrénées-Orientales (France), Catalogne sud
(Espagne). Accords d’eau entre les deux pays sur les eaux de l’Angoustrine. Problème : inquiétude de
l’emploi du répartiteur pour détourner de l’eau pour un projet récent de golf.

(Liban : Hussein Rahal) Y a t il un réservoir pour mettre en réserve de l’eau ? Non.


De la pêche dans les canaux ? Non.
Les spécificités de montagnes méditerranéennes : les anciennes organisations collectives se sont
transformées en ASA lors du XIXème siècle. On leur a donné un statut juridique.
Les zones montagneuses sont des châteaux d’eau pour la plaine. Quelle équité amont-aval ?

Exercice de comparaison des terrains ; atelier croquis cartographiques à « main levée »

Schémas simplifiés de l’organisation du territoire sur les différents terrains


Etendue, population, irrigants
Structure hydraulique
Implantations humaines
Infrastructures …
(cf. photos El Gouch)

Mise en comparaison de l’orientation économique :


X = Du système agro-sylvo-pastoral vers la spécialisation
Y = La part d’eau vouée à l’irrigation

Mise en comparaison des infrastructures :


Schématisation des unités de gestion

Page 17
Différences d’organisation liées à l’ampleur du système hydraulique et systèmes plus restreints avec
ancrage historique plus profond.
La partie agro-sylvo-pastorale est assez absente des schémas
Des schémas de découpage culturel, administratif, hydraulique
Des unités socio-hydrauliques en contre pouvoir et d’autres sous tutelle du pouvoir administratif
souvent en proximité de centre urbains.
Quand l’unité administrative englobe le territoire hydraulique, on divise souvent en plusieurs entités
socio-hydrauliques (« quartiers hydrauliques ») comme pour mieux gouverner la ressource locale.

- le Liban
et bien sûr, les Aït Bougmez
Matin 1er juin
Au village d’Imelghas, lieu du séminaire, sous la tente
Exercice collectif, avec des acteurs locaux, explicitation, y compris cartographique, d’ensemble de
conventions et règles sur quelques situations de partage des ressources. Confrontation des perceptions des
chercheurs, gestionnaires, des participants ISIIMM et de celles des acteurs de terrain.
Repas 1er juin
Lieu Aït Imi, le canal et les moulins de l’assif latéral ou source de Rbat
Après midi 1er juin
Visite vallon de Rbat. Partager, échanger, cas de figure d'arrangements dans un ensemble particulièrement
composite, encore différents de ceux présentés jusqu'ici. Question toujours en suspend : Pourquoi une seule
AUEA avec pourtant deux ensembles composites ?
Discussion de 18 heures : acquis des observations, débat, présentation complémentaire d'autres terrains,
autour du développement de l’irrigation et de la répartition sociale de la valeur ajoutée, etc. (ASA, AUEA,
Naïb, comment s’articulent les fonctions sur les divers terrains ?)

Page 18
Jour 3 vendredi 2 juin
1/2 journée d’échange d’impressions et mise en commun

Synthèse de l’atelier schématique participatif

Lorsque les espaces hydrauliques sont larges, ils acquièrent une organisation plus puissante, qui peut prendre
une fonction politique.
Le nœud de répartition de l’eau reste bien localisé. C’est dans ces limites différentes que nAït un dialogue,
une crise. La construction d’une forte organisation hydraulique s’est construite sur cette confrontation.
Les institutions en recherche d’accord, il y a toujours une instance qui regroupe ses agriculteurs. Courant de
spécialisation des associations. Des structures à la recherche d’une modernisation, institutions respectueuses
d’une culture et plus ouvertes au monde modernisé.
Il doit sortir de cet exercice un « réseau de travail ».
(J. Féraud) Jusqu’aux années 1930-40 les organisations collectives ont géré l’eau en général. La politique des
AUEA, met la gestion de l’eau dans le « ghetto » de l’irrigation agricole. Dans l’esprit des pouvoirs publics,
on cantonne ces organisations dans un domaine spécifique, sectoriel et non intégré.

(Liban) Essayer de développer la participation qui existe déjà dans la région. Sans cadre légal, on ne peut pas
organiser correctement les associations. Prendre en compte les réalités locales, voir les besoins.

(France) Technicité à améliorer. Force humaine présente. Aller doucement dans la modernisation pour ne pas
tout chambouler. Les problèmes qui se posent dans cette vallée se posent en France avec des nuances. Les
situations « en miroir » sont là pour aider à résoudre les problèmes. Manque de technicité, de formation.
Diversité des périmètres = pas de méthode type de résolution des problèmes liés à l’irrigation. Renforcer la
confiance en leur savoir-faire. Accorder une confiance économique à ses irrigants. C’est à chacun de
renforcer son développement. En France, les ASA et les canaux disparaissent. A travers ce séminaire, on re-
découvre le sens de l’organisation de nos ASA. On recrée une forme de solidarité (lien social) avec les ASA
pour ne pas « mourir ». Au-delà du socioculturel, quand les agriculteurs sont autonomes et libres, les
systèmes marchent beaucoup mieux. Complémentarité des ressources en montagne… manque d’analyse sur
les problématiques de la disparition des droits d’eau … dans les montagnes méditerranéennes.
L’administration est loin. Les vallées de montagne sont des « îles ». Il y a nécessité de s’organiser. Il faut
prendre l’opportunité offerte par le statut légal des AUEA pour s’organiser. Jouer avec les atouts offerts par
les bailleurs de fonds pour s’organiser.

(Bamoye Keita) Perspectives Office Niger / vallée Bougmez : un regard africain.


3 points à noter :
Ici, il n’y a aucune volonté de priver son voisin d’eau. Règles issues d’une histoire socio hydraulique
complexe. Grande solidarité de montagne.
Besoins institutionnels. Les communautés d’irrigants ont l’occasion de se légitimer. Au Mali, il y a
eu une dictature sur l’organisation de la gestion de l’eau, de l’agriculture et des marchés (avec une « police
économique »). Les paysans ont utilisé les instruments législatifs nouveaux offerts par l’état pour s’organiser
en associations. La loi 10-95 au Maroc est là, il faut l’utiliser au mieux.
(Association Al Majal) On retrouve les mêmes problèmes dans toute communauté d’irrigants. On ne
s’intéresse pas beaucoup aux actions de l’administration. Elle impose des programmes, des actions, la
perception du décideur n’a jamais été beaucoup analysée. L’organisation cherche à gérer un secteur. Le
coutumier cherche à gérer un ensemble de ressources intégrées et rapports intercommunautaires.

Page 19
(Prof. Bellaoui) Gestion de l’eau, mais plus gestion des équipements hydrauliques pour l’administration.
Organes de gestion et d’organisation du territoire plutôt qu’AUEA. Quelle place de l’agriculture dans
l’apport au développement de la vallée ? Où situer le cas Bougmez par rapport aux autres cas
méditerranéens. Une loi montagne pour le Maroc ? Des politiques publiques de développement rural ?

Bilan des différentes journées, réactions, etc… aussi filmées par Michel Dukhan
Échanges finaux : sur les questions…
« Quelles solidarités entre communautés de plusieurs pays ? »
« Quelles contributions à l’issue de ce séminaire ? »

Page 20