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7. Les fibres optiques

7.1.

Introduction

7.1.1.

Principe

Le principe de la transmission de la lumière à l'aide d'une fibre optique est simple: un matériau transparent d'indice de réfraction n 1 , de forme cylindrique, est entouré d'un matériau d'indice n 2 avec n 1 > n 2 . La région centrale s'appelle le coeur de la fibre, tandis que le matériau extérieur forme la gaine.

Si la lumière pénètre dans le coeur de la fibre avec un angle suffisamment petit, elle subit une réflexion totale à la surface qui sépare le coeur de la gaine, et elle se propage en zigzag le long de l'axe de la fibre, suite aux réflexions successives.

de l'axe de la fibre, suite aux réflexions successives. Figure 7-1: Principe de la transmission de

Figure 7-1: Principe de la transmission de la lumière par réflexion totale dans une fibre optique.

Une description complète de la propagation de la lumière dans une telle structure ne peut se faire qu'en résolvant les équations de base de l'électromagnétisme (équations de Maxwell) avec les conditions limites adéquates. Un telle approche dépasse de loin le cadre de ce cours. Il est néanmoins possible de comprendre les principales propriétés des fibres optiques à partir d'un raisonnement basé sur des principes simples de l'optique géométrique et de l'optique ondulatoire. C'est cette approche que nous développerons dans ce chapitre.

7.1.2. Avantages des fibres optiques

Les fibres optiques offrent de nombreux avantages pour les télécommunications. Nous en donnons un premier aperçu ci-dessous.

Pertes très faibles. En fonction du type de fibre, l'atténuation du signal peut atteindre environ 0,2 dB/km pour une longueur d'onde de 1,55 µm, et d'environ 0,35 dB/km à 1,3 µm, ce qui

correspond à une diminution de la puissance de 50% après 15 et 8,6 km respectivement. Cela permet de réaliser des communications optiques sur des distances supérieures à 100 km sans amplification intermédiaire. En diminuant ainsi le nombre d'amplificateurs intermédiaires, on augmente la fiabilité du système et on réduit les coûts de maintenance.

Bande passante très grande. Grâce aux fibres optiques, on peut transmettre des signaux digitaux à 5 Tb/s sur des distances de 1500 km (1 Tb/s = 1012 bit/seconde).

Immunité au bruit. Les fibres optiques sont des isolants. La transmission dans la fibre ne sera donc pas perturbée par des signaux électromagnétiques externes. Il n'est donc pas nécessaire de prévoir un blindage électromagnétique coûteux. Cela représente un avantage particulièrement important dans les environnements industriels où les perturbations électromagnétiques sont fréquentes.

Absence de rayonnement vers l'extérieur. La lumière est confinée à l'intérieur de la fibre optique. Par conséquent, il n'est pas possible de détecter le signal entre l'émetteur et le récepteur. Cela est particulièrement important pour garantir la confidentialité de la communication. De plus, par son caractère isolant, la fibre optique ne rayonne pas d'ondes électromagnétiques et ne crée donc pas de perturbations électromagnétiques dans son voisinage.

Absence de diaphonie. Pour la même raison, le problème de la diaphonie (passage du signal d'un câble à un câble voisin), bien connu des communications par câble en cuivre, n'existe pas dans les câbles de fibres optiques.

Isolation électrique. Comme les fibres optiques sont isolantes, le contact accidentel entre dux fibres ne provoque pas de court-circuit et donc pas de dégâts à l'électronique associée. Par ailleurs, il n'y a aucun risque de d'étincelle, comme cela peut arriver avec les câbles en cuivre en cas de contact accidentel. Les fibres optiques peuvent donc être installées sans risque dans les atmosphères inflammables.

Résistance aux températures élevées et aux produits corrosifs. Les fibres de verre résistent mieux aux produits corrosifs que le cuivre. De plus, les fibres en verre peuvent supporter des températures proches de 800°C, ce qui permet de résister au feu plus longtemps que les câbles en cuivre. Toutefois, d'autres parties du système de communication restent sensibles aux températures élevées (le revêtement protecteur en plastique, les connecteurs optiques,

l'émetteur et le récepteur,

)

Poids et dimensions réduites. Le poids très faible des fibres par rapport à un câble en cuivre de la même capacité leur donne un avantage économique lors de l'installation. De plus, elles conviennent particulièrement bien aux installations soumises à des contraintes de poids ou de volume sévères, telles que les avions, les bateaux,

7.1.3. Ouverture numérique d'une fibre à saut d'indice

Les propriétés des fibres cylindriques à saut d'indice peuvent être analysées en bonne approximation en se limitant aux directions de propagation qui se trouvent dans un plan de symétrie de la fibre. Un tel rayon est dessiné à la Figure 7-2.

de la fibre. Un tel rayon est dessiné à la Figure 7-2. Figure 7-2 : Propagation

Figure 7-2 : Propagation à travers une fibre à saut d'indice. L'angle α doit être inférieur à une valeur maximale, telle que i reste supérieur à l'angle critique pour la réflexion totale (rayon en trait plein). Le trait interrompu représente un rayon de gaine, qui peut se propager sur une distance plus courte.

Pour que la réflexion totale se produise à l’interface entre les deux milieux, on sait qu’il faut que l’angle i soit supérieur à l’angle critique i c . Comme on l’a vu au chapitre précédent (formule 6.26), cela veut donc dire :

sin

i

>

sin

i

c

=

n

2

n

1

(7.1)

(attention : les notations sont inversées par rapport à 6.26, puisque ici, c’est le milieu d’indice

n 1 qui est le plus réfringent).

Par ailleurs, l’angle i est déterminé par l’angle d’entrée du rayon dans la fibre, α. Supposons que la surface d'entrée de la fibre est perpendiculaire à son axe de symétrie. En passant du milieu extérieur d'indice de réfraction n ext (généralement de l'air) dans le coeur de la fibre, l'onde est réfractée en accord avec la loi de Snell. On a

n

ext

sin

α = n

1

sin

β

(7.2)

L’examen de la Figure 7-2 montre que β n’est autre que (90° - i). La limite inférieure que

nous avons imposée à i revient donc à fixer une limite supérieure à β, et donc aussi à α. Cette

limite se calcule facilement, en combinant les relations (7.1) et (7.2) :

n ext

n

1

sin

α

max

= sin β = sin(90 °− i ) c = cos i c = 1
=
sin
β
= sin(90
°− i
)
c
= cos i
c
=
1
sin
2 i
c
2
n
2
=
1
2
n
1

L'angle d’entrée dans la fibre, α, doit donc être inférieur à α max :

α max

ou encore

α max

 2  n n 1 2 = arcsin  1 −  n ext
2
n
n
1
2
= arcsin
1 −
n
ext
   , ou encore
n 1
2
1
2
2
=
arcsin
n
1
2
n
ext
n 

(7.3)

Cet angle maximal s'appelle l'angle d'acceptance ou l'angle d'admission de la fibre. Cet angle

d’acceptance, que l’on retrouve dans de nombreux domaines en optique, est habituellement

décrite par une quantité appelée l'ouverture numérique du système (O.N.) (en anglais,

numerical aperture, NA). Par définition, l’ouverture numérique est donnée par

ON = n

.

.

ext

sin

α

max

(7.4)

(il est particulièrement intéressant d’inclure l’indice n ext dans l’ouverture numérique, car ainsi,

elle constitue une caractéristique du système optique, indépendante du milieu extérieur dans

lequel celui-ci est placé).

En introduisant cette définition dans la formule (7.3), on déduit immédiatement l’ouverture

numérique d’une fibre optique à saut d’indice :

ON.

. =

2 2 n − n 1 2
2
2
n
− n
1
2

L'angle d'acceptance peut alors s'exprimer en fonction de l'ouverture numérique:

α =

max

arcsin

O N

.

.

n ext

.

(7.5)

Dans le cas où le milieu extérieur est de l'air, on a

α max

= arcsin O.N.

Un autre paramètre fréquemment utilisé en relation avec les fibres à saut d'indice est défini

par:

=

n

2 2

2

1

n

2 n

2

1

(7.6)

L'ouverture numérique peut alors s'écrire en fonction de :

ON =

2 1
2
1

2n ∆= n

1

2∆
2∆

Lorsque

n

1

=

n , représente la différence relative d'indice:

2

n

1

−+

nn

21

n

2

n

1

n

2

 

2

nn

11

 

n

1

Modes de gaine

(7.7)

(7.8)

Le trait interrompu de la Figure 7-2 représente un rayon en dehors du cône d'acceptance de la

fibre. Comme il frappe l’interface à un angle inférieur à l’angle critique, il peut pénétrer dans

la gaine, et éventuellement se propager par réflexions totales à la surface extérieure de la

gaine, donnant ainsi naissance à un mode de propagation parasite, appelé mode de gaine

(cladding mode). Ces modes sont généralement rapidement atténués, mais ils peuvent

néanmoins être à l’origine de perturbations sur la fibre optique. Pour les éliminer

immédiatement, on peut entourer la gaine d’une enveloppe dont l’indice est supérieur à celui

de la gaine (on évite ainsi la réflexion totale à l’interface gaine/air). Une telle enveloppe est

appelée cladding mode stripper.

7.2.

Modes de propagation dans les fibres optiques

Comme on va le voir dans ce paragraphe, la nature ondulatoire de la lumière, associée aux très petites dimensions des fibres optiques, ne va pas permettre aux rayons lumineux de se propager n’importe comment à l’intérieur de la fibre. Même à l’intérieur du cône d’acceptance, seuls certains angles particuliers seront admis. Chacun correspondra à ce que l’on appelle un mode de propagation. Au paragraphe 7.2.4, nous verrons que cette propagation par modes est une donnée essentielle quand il s’agit de déterminer la bande passante d’une liaison par fibre optique.

7.2.1. Déphasage d’une onde lors de la réflexion totale

Considérons la réflexion totale sur une surface plane qui sépare deux matériaux diélectriques,

d’indices n 1 et n 2 , avec

sait que si l’angle i est supérieur à l’angle critique

(on dit que le milieu 1 est plus réfringent que le milieu 2). On

n

1

> n

2

sin

i

c

=

n

2

n

1

.

(7.9)

on verra apparaître le phénomène de réflexion totale, dans lequel l’intensité réfléchie est égale à l’intensité incidente (Figure 7-3).

est égale à l’intensité incidente (Figure 7-3). Figure 7-3 Nous avons pu démontrer ce résultat uniquement

Figure 7-3

Nous avons pu démontrer ce résultat uniquement par les lois de l’optique géométrique (paragraphe 6.3.1).

Si l’on effectue un raisonnement similaire basé sur l’optique ondulatoire (développement qui dépasserait le cadre de ce cours), on peut montrer que cette réflexion s’accompagne d’un

déphasage de l’onde, et que ce déphasage dépend à la fois de l’angle d’incidence et de la polarisation de l’onde. Plus précisément, le déphasage φ est donné par :

tan

tan

ϕ

2

ϕ

2

=

=

 

n 1

2

sin

2

i −

1

1

2

n

2

 

n

2

 

 

n 1 cos

i

 

n 1

2

sin

2

i − 1

1

2

n 1  

n

2

 

n

2

cos

i

(polarisation s)

(7.10)

(polarisation p)

(7.11)

(pour rappel, la polarisation s correspond à une onde dont le champ électrique est perpendiculaire au plan d’incidence, et la polarisation p, dans le plan d’incidence).

La Figure 7-4 montre le déphasage causé par la réflexion totale en fonction de l'angle d'incidence, dans le cas n 1 = 1,5 et n 2 =1,3.

d'incidence, dans le cas n 1 = 1,5 et n 2 =1,3. Figure 7-4: Déphasage des

Figure 7-4: Déphasage des ondes en polarisation s et p dû à la réflexion totale en fonction de l'angle d'incidence (n 1 = 1,5 et n 2 = 1,3)

Question : pourquoi le graphe ne montre-t-il rien en dessous de 60° d’incidence ?

7.2.2. Le guide d'ondes plan

Avant d'envisager le cas des fibres optiques cylindriques, il est intéressant d'étudier le guide d'ondes le plus simple, à savoir le guide d'ondes plan. Il s'agit d'un milieu diélectrique d'indice de réfraction n 1 , pris en sandwich entre deux milieux d'indice n 2 < n 1 . Le milieu d'indice n 1 représente le coeur du guide d'ondes, tandis que les milieux d'indice n 2 forment la gaine. Les surfaces de séparation entre la gaine et le coeur sont parallèles (Figure 7-5).

entre la gaine et le coeur sont parallèles (Figure 7-5). Figure 7-5: Schéma d'un guide d'ondes

Figure 7-5: Schéma d'un guide d'ondes plan. Un diélectrique avec un indice de réfraction n 1 est pris en sandwich entre deux diélectriques avec n 2 < n 2 .

La Figure 7-6 montre schématiquement la propagation d'une onde électromagnétique à travers le guide d'ondes. On n'a dessiné qu'un seul rayon, qui représente en fait la direction perpendiculaire aux fronts d'onde, qui sont des surfaces telles que la phase du champ électrique est la même en chaque point.

Pour que l'onde se propage par réflexions totales, il faut que l'angle i avec la normale à la surface de séparation entre le coeur et la gaine soit supérieur à l'angle critique pour la réflexion totale. Dans ce cas, l'angle d'incidence est le même pour chaque réflexion, et l'onde se propage suivant le trajet indiqué en trait plein à la Figure 7-6.

L'onde semble donc se propager selon une direction de propagation effective parallèle à la direction Oz 1 . Si l'onde est polarisée perpendiculairement au plan d'incidence (polarisation s), le champ électrique est constamment perpendiculaire à la direction de propagation effective. Dans ce cas, l'onde s'appelle une onde transversale électrique (TE). Si l'onde est polarisée dans le plan d'incidence (polarisation p), le champ magnétique est constamment perpendiculaire à la direction de propagation effective. Dans ce cas, l'onde s'appelle une onde transversale magnétique (TM).

1 On parle ici de la direction de propagation « à grande échelle », sans tenir compte des zigzags (dans le cas présenté sur le dessin, de la gauche vers la droite).

Figure 7-6 Une onde sera confinée à l'intéri eur si elle pénètre dans le guide

Figure 7-6

Une onde sera confinée à l'intérieur si elle pénètre dans le guide d'ondes dans une direction

telle que l'angle d'incidence sur une des deux surfaces du guide est entre 90° et l'angle critique

pour la réflexion totale. Toutefois, cette condition n'est pas suffisante pour garantir la

propagation de l'onde à l'intérieur du guide. En effet, dans la Figure 7-6, la ligne BC indique

le front d'ondes pour l'onde qui arrive au point A. Cette ligne est en même temps le front

d'ondes pour l'onde qui quitte le point C. Or, comme le front d'ondes est une surface telle que

la phase du champ électrique est le même en chacun de ses points, il faut que le champ

électrique en B soit en phase avec celui en C, à un multiple entier de 2π près.

Entre les points B et C, l'onde se propage d'une distance l telle que

l

∆=

AC

d

d

+

BA

d

=

cos

i

+

2

2 cos i

cos

i

=

cos i = 2 d cos

i

cos 2

i

(7.12)

Cette distance correspond à une variation de la phase donnée par

'

∆Φ = −

2

π

λ

0

nd2

1

cos i

(7.13)

De plus, l'onde étant réfléchie en A et en C, ce qui donne un déphasage

∆Φ" = 2ϕ ,

φ est donné par les équations (7.10) ou (7.11) suivant le type de polarisation.

On aura donc des interférences constructives si

∆Φ = ∆Φ '+ ∆Φ "2'= m π

+

π ϕ

m

=

2

π

λ

0

nd

1

cos

i

(m entier),

(m = -m' = entier)

Solutions pour les modes TE

(7.14)

La solution de l'équation (7.14) peut être obtenue graphiquement. En effet, la Figure 7-7 montre les fonctions

et

y

=

y =

2

π

λ

0

nd cos i

1

2arctan

 

2

sin

2

i − 1

1 2

n

2

n 1

 

n

2

 

 

n

1

cos

i

pour plusieurs valeurs de m.

 

(7.15)

+

π

m

(7.16)

L'intersection entre les deux courbes donne les valeurs de i et m pour lesquelles la propagation de l'onde est permise.

m pour lesquelles la propagation de l'onde est permise. Figure 7-7 : Solution graphique de l'équation

Figure 7-7 : Solution graphique de l'équation (7.14) dans le cas d=λ 0 et d=λ 0 /2, avec n 1 =1,5 et n 2 =1,3. Les courbes croissantes entre 60 et 90° correspondent aux modes TE (trait plein) et TM (trait interrompu) respectivement.

En fonction des valeurs de d/λ 0 et des indices de réfraction, on voit que une ou plusieurs valeurs de i sont possibles. Chacune des valeurs de i correspond à un mode de propagation. La valeur de m correspondante s'appelle l'ordre du mode. La Figure 7-7montre que les modes

d'ordre supérieur correspondent à des valeurs plus petites de l'angle i. En d'autres mots, les

modes d'ordre plus élevé correspondent à des ondes qui se propagent dans des directions plus

proches de la normale.

Lorsque

2

π

λ

0

nd

1

cos

i c

<

π , une seule solution existe, correspondant à m=0. Dans ce cas, le

guide est appelé guide monomode.

Comme

cos

i

c

sin 2 i c
sin
2 i
c

=− 1

2  n  2 1 =−    n 1 
2
n
2
1
=−  
n 1 

,

la condition de guide monomode s'écrit

2

π

d

λ

0

2 2 n − n 1 2
2
2
n
n
1
2

<

π

(7.17)

On définit le paramètre V du guide d'ondes, qu'on appelle encore la fréquence normalisée, par

la relation

V

π d

=

λ

0

2 2 nn − 1 2
2
2
nn
1
2

Il s'agit d'un nombre sans dimensions.

(7.18)

La condition de guide monomode devient alors

V

(7.18) La condition de guide monomode devient alors V < π 2 (7.19) Il est facile

< π 2

(7.19)

Il est facile de voir que le nombre de modes permis est donné par

1

N = +

TE

int(2

V

/

)

π ,

où int(x) désigne la partie entière de x.

Solution pour les modes TM

(7.20)

Ici aussi, on recherche les solutions des équations

y

=

2

π

λ

0

nd

1

cos

i

(7.21)

et

y

=

2arctan

 

2

sin

2

i −

1

1 2

n

1

n 1

 

n

2

 

 
 

n

2

cos

i

+

π

m

.

(7.22)

Les solutions sont données par les intersections avec les courbes discontinues à la Figure 7-7.

En pratique, pour une valeur de m donnée les angles i pour les modes TE et TM sont très

proches. De plus, le nombre de modes TM est toujours égal au nombre de modes TE. Le

nombre total de modes vaut donc

NN=

TE

2

+ N =+

TM

2int(2

/

V π

)

Dans le cas V 1, on a donc

N

4V

.

π

(7.23)

Exemple : Nombre de modes dans un guide d'ondes plan symétrique

Calculer le nombre de modes dans un guide d'ondes plan symétrique, avec n 1 = 1,48,

n 2 = 1,46, d = 100 µm, et λ 0 = 1 µm.

En-dessous de quelle valeur faudrait-il réduire l'épaisseur pour obtenir un guide d'ondes

monomode?

La fréquence réduite vaut

π d 2 2 V = nn −= 76,18 1 2 λ 0
π d
2
2
V
=
nn
−=
76,18
1
2
λ
0

Le nombre de modes vaut donc

2

+

2int

2

 ×

 

76,18

π

 

=

98 .

Le guide d'ondes transmet un seul mode TE et un seul mode TM (guide monomode) si

2V <π ,

ce qui donne λ 0 d < 2 2 2 n − n 1 2
ce qui donne
λ
0
d
<
2
2
2
n
n
1
2

=

2,06

µ

m

.

7.2.3. Les fibres à saut d'indice

Les fibres optiques les plus simples consistent en un cylindre d'indice de réfraction n 1 , entouré

d'une gaine d'indice n 2 Figure 7-1. Une telle fibre s'appelle une fibre à saut d'indice. Elle est

souvent entourée d'un revêtement supplémentaire, généralement en plastique, qui offre une

protection mécanique et chimique.

plastique, qui offre une protection mécanique et chimique. Figure 7-8: Schéma d'une fibre optique à saut

Figure 7-8: Schéma d'une fibre optique à saut d'indice. A droite: valeur de l'indice de réfraction en fonction de la distance par rapport à l'axe de la fibre.

Comme dans le cas du guide d'ondes plan, le rayonnement électromagnétique se propage le

long de l'axe de la fibre dans un série de modes. Les équations qui décrivent ces modes sont

nettement plus compliquées que dans le cas du guide plan. Nous ne les développons pas ici,

mais nous nous contentons d'adapter les concepts étudiés dans le cas du guide d'ondes plan.

Dans le cas du guide d'ondes plan, le confinement se faisait dans une seule direction (Oy), ce

qui entraîne que les modes sont caractérisés par un indice unique m. Dans une fibre

cylindrique à saut d'indice, le confinement se fait dans deux directions (Ox et Oy). Les modes

sont alors caractérisés par deux indices, l et m.

Comme dans le cas du guide d'ondes plan, on définit la fréquence normalisée:

V

=

2

π

a

λ

0

2 2 nn − 1 2
2
2
nn
1
2

,

où a est le rayon du coeur de la fibre.

(7.24)

La fibre ne propage qu'un seul mode si V < 2,405.

Si V 1, le nombre de modes est donné par

N

V

2

2

.

Le fait que le nombre de modes est proportionnel à V 2 plutôt qu'à V est une conséquence du

fait que chacun des indices l et m peut prendre un nombre de valeurs proportionnelle à V, ce

qui donne un nombre de combinaisons proportionnelle à V 2 .

 

guide d'ondes plan symétrique

fibre cylindrique à saut d'indice

fréquence normalisée

V

=

π

d

λ

0

2 2 nn − 1 2
2
2
nn
1
2

V

=

2

π

λ

0

a

2 2 nn − 1 2
2
2
nn
1
2

condition monomode

V < π/2

 

V < 2,405

 

nombre

de

modes

 

4V

 

V

2

 

 

(V

1)

 

π

 

2

 

En général, le nombre de modes dans les fibres multimode est très grand. On peut alors

considérer que les directions de propagation sont distribués de manière continue dans le coeur

de la fibre.

Exemple : Nombre de modes dans une fibre à saut d'indice

Calculer le nombre de modes dans une fibre cylindrique à saut d'indice, avec n 1 = 1,48,

n 2 = 1,46, a = 100 µm, et λ 0 = 1 µm.

En-dessous de quelle valeur faudrait-il réduire le rayon du coeur pour obtenir une fibre

monomode?

La fréquence réduite vaut

V

=

2

π

a

λ

0

2 2 nn 1 2
2
2
nn
1
2

−=

152, 4

Comme V 1, le nombre de modes vaut

N

V

2

11608

.

2

La fibre transmet un seul mode si V < 2,405,

ce qui donne

a < 1,58µm . Le diamètre de la fibre monomode vaut donc environ 3 µm.

7.2.4. Dispersion dans une fibre à saut d'indice

L'information est souvent transportée à travers une fibre optique sous forme numérique. Dans ce cas, l'information est transmise sous la forme d'une série d'impulsions de lumière. La présence de lumière correspond à un 1 et l'absence de lumière à un 0 logiques.

La Figure 7-9.a montre un exemple d'une série d'impulsions à transmettre. En général. les impulsions à la sortie de la fibre sont élargies par rapport aux impulsions à l'entrée. Le phénomène physique responsable de cet élargissement est la dispersion de la fibre. Si l'élargissement est trop important, il n'est plus possible de décoder correctement l'information à la sortie: il y a perte d'information suite à des erreurs de transmission.

d'information suite à des erreurs de transmission. Figure 7-9: (a) Intensité lumineuse à l'entrée

Figure 7-9: (a) Intensité lumineuse à l'entrée d'une fibre optique. (b) Après une certaine distance, les impulsions ont été élargies par la dispersion de la fibre. (c) Lorsque cet élargissement devient trop important, il n'est plus possible de distinguer deux impulsions voisines.

La dispersion modale

Dans une fibre multimode, la lumière peut se propager suivant différentes directions,

correspondant à des modes différents. La distance parcourue entre les extrémités de la fibre

dépend évidemment de la direction de propagation. Ainsi, pour une fibre de longueur L, un

mode qui se propagerait parallèlement à l'axe de la fibre doit parcourir une distance L, tandis

qu'un mode correspondant à un angle i doit parcourir une distance L / sin i .

Dans une fibre multimode, les angles de propagation permis sont définis par le cône

d'acceptance; ils sont compris entre i c et 90°. La différence de temps de propagation entre les

directions extrêmes vaut donc L sin L i c ∆=τ − mod cn cn 1
directions extrêmes vaut donc
L
sin
L
i c
∆=τ
mod
cn
cn
1
1

(7.25)

En remplaçant i c par sa valeur tirée de (7.9), on obtient

∆=τ

mod

Ln

2

11

−= Ln

c

L n

1

cn

2

c n

2

(

n

1

n

2

)

(7.26)

Dans le cas habituel où

n

1

n , cette relation peut être écrite sous la forme

2

τ

mod

n

1

L

=

(

ON

.

.)

2

c

2

cn

1

L

(7.27)

Une impulsion monochromatique extrêmement courte à l'entrée d'une fibre multimode aura

donc une longueur de l'ordre de

τ

à la sortie.

mod

Désignons par B la fréquence maximale des impulsions. Pour que les impulsions puissent être

distinguées à la sortie de la fibre, on exige généralement que l'élargissement soit inférieur à la

séparation entre les impulsions:

soit

τ <

mod

1

,
B

BL

<

n

2 c

(

nn

11

n

2

)

Le produit de la fréquence maximale par la longueur est donc une caractéristique de la fibre. Il

est appelé bande passante de la fibre et est exprimé en MHz.km ou GHz.km.

Exemple.

Prenons le cas n 1 =1,48 et n 2 =1,46. La formule (7.26) donne immédiatement

soit

∆ 0,02 1, 48 τ mod − 11 = sm / =× 6,76 10 sm
0,02 1, 48
τ mod
11
=
sm
/
6,76
10
sm
/
,
L 3
× 10
8 1,46
∆τ
= 68 ns km .
mod
8
1, 46 3
× 10
10
BL
<
1,5
×=
10
Hz m
.
15
MHz . km
1,48 0,02

Ce calcul simple a montré que l'élargissement par dispersion modale augmente

proportionnellement à la longueur de la fibre. Expérimentalement, on observe cette variation

linéaire pour des distances courtes, de l'ordre du km, tandis qu'on constate une augmentation

proportionnelle à L pour des fibres plus longues. Cela provient du fait que l'élargissement

réel est dû au délai moyen sur tous les modes, alors que nous venons de calculer le délai

maximal entre les modes extrêmes. De plus, sur des distances plus grandes, la lumière peut se

propager dans un mode sur une certaine distance et passer ensuite dans un autre mode suite à

la réflexion sur un défaut par exemple. Ce phénomène, appelé couplage de modes, réduit la

dispersion par rapport à la valeur maximale calculée ci-dessus.

par rapport à la valeur maximale calculée ci-dessus. 7.2.5. Les fibres à gradient d'indice Principe Nous

7.2.5. Les fibres à gradient d'indice

Principe

Nous venons de voir que la dispersion modale limite fortement la bande passante d'une fibre

optique. Cette dispersion vient de la différence de temps de propagation des différents modes,

suite à la différence de longueur des chemins parcourus. Pour réduire cette dispersion, on

fabrique des fibres telles que l'indice du coeur diminue progressivement vers l'extérieur, de

sorte que les rayons qui s'écartent de l'axe de la fibre se propagent à des vitesses plus grandes.

Une telle fibre s'appelle fibre à gradient d'indice (angl.: graded-index fiber, GRIN-fiber).

Le profil d'indice peut être décrit par

() =

nr

n

nr() = n

1

1

α  r  1 −∆ 2   a   1− 2∆= n
α
r 
1
−∆ 2
 
a  
1− 2∆= n
2

r

<

a

(7.28)

r a

(7.29)

α est un coefficient caractérisant le profil d'indice, n 1 est l'indice du coeur pour r=0, n 2 est l'indice de la gaine, a est le rayon du coeur et est défini par (7.6). La Figure 7-10 montre le profil d'indice d'une fibre à gradient d'indice dans le cas α = 2 .

fibre à gr adient d'indice dans le cas α = 2 . Figure 7-10: Profil d'indice

Figure 7-10: Profil d'indice d'une fibre à gradient d'indice avec α=2.

Pour comprendre la propagation de la lumière dans une fibre à gradient d'indice, nous considérons un modèle plus simple. Supposons que l'indice ne varie pas de manière continue, mais que le coeur de la fibre est constitué d'une série de couches cylindriques concentriques d'indice de réfraction de plus en plus petit (Figure 7-11).

de réfraction de plus en plus petit (Figure 7-11). Figure 7-11: Propagation de la lumière à

Figure 7-11: Propagation de la lumière à travers une fibre dont le coeur est composé de couches minces d'indice de réfraction décroissant avec le rayon.

Lors du passage d'une couche à la suivante, la réfraction dévie les rayons vers l'axe de la fibre. A un moment donné, l'angle d'incidence sur la surface de séparation avec la couche suivante

est tel qu'il y a réflexion totale. Les rayons suivent donc des trajectoires telles que celles

indiquées à la Figure 7-11. Si la lumière entre dans la fibre sous un angle trop grand par

rapport à l'axe, la condition de réflexion totale n'est jamais réalisée, et la lumière n'est pas

guidée par la fibre. Si on fait tendre l'épaisseur des couches vers zéro et qu'on augmente le

nombre de couches, on obtient une fibre à gradient d'indice réelle. Dans ce cas, la lumière suit

donc des chemins tels que ceux de la Figure 7-12, pour autant qu'elle entre dans le cône

d'acceptance de la fibre.

entre dans le cône d'acceptance de la fibre. Figure 7-12: Propagation de la lumière dans une

Figure 7-12: Propagation de la lumière dans une fibre à gradient d'indice.

Modes et ouverture numérique d'une fibre à gradient d'indice

Comme dans la fibre à saut d'indice, plusieurs modes de propagation sont permis,

correspondant à des valeurs différentes de l'angle d'incidence. Dans le las α=2, on peut

montrer que le nombre de modes vaut approximativement V 2 /4 si V est grand, c'est-à-dire la

moitié du nombre de modes permis dans une fibre à saut d'indice avec la même valeur du

paramètre V.

La lumière reste dans le coeur sans pénétrer dans la gaine si elle entre dans le cône

d'acceptance de la fibre. A cause du profil d'indice, l'angle maximal entre la direction

incidente et l'axe de la fibre diminue si la lumière n'entre pas en r=0 mais à une certaine

distance du centre. Autrement dit, l'ouverture numérique de la fibre dépend de la distance par

rapport à l'axe, r. Dans le cas α=2, on peut montrer que

ON

=

n

1

2    r  2 ∆− 1    a  
2
r 
2
∆− 1
 
a  
  

(7.30)

L'ouverture numérique est donc égale à celle d'une fibre à saut d'indice au centre de la fibre,

mais elle diminue jusqu'à zéro en r=a.

Dispersion dans une fibre à gradient d'indice

Les rayons qui s'écartent de l'axe suivent donc un chemin plus long, mais comme l'indice de

réfraction diminue vers le bord du coeur, la vitesse de propagation augmente. Par conséquent,

les modes d'ordre supérieur (c.à.d. qui s'écartent davantage de l'axe) peuvent compenser le

chemin plus long par une vitesse moyenne plus grande, ce qui réduit la dispersion modale.

On montre que la dispersion modale est minimale lorsque α 2 . Dans le cas d'une source

monochromatique, on obtient alors un élargissement donné par

τ

mod

n

1

8 c

2

L

.

(7.31)

On constate donc une réduction de la dispersion modale d'un facteur 8/par rapport à une

fibre à saut d'indice.

Exemple. Calculer le délai par dispersion modale dans une fibre à gradient d'indice à profil

optimisé, avec n 1 =1,48 et n 2 =1,46.

La formule (7.31) donne immédiatement

soit

τ

mod

1, 48

×

(0,0134)

2

=

L

8

× 3 ×

10

8

τ

mod

τ mod 1, 48 × (0,0134) 2 = L 8 × 3 × 10 8 ∆

= 110 ps km .

/

sm

1,1

10

13

/

sm ,

7.3. Autres limitations des fibres optiques

7.3.1. La dispersion chromatique

Une source parfaitement monochromatique n'existe pas. La lumière émise par une source

réelle est donc constituée de la somme de différentes longueurs d'onde (voir Figure 7-13). La

distribution est caractérisée par une largeur à mi-hauteur ou largeur spectrale λ .

L'indice de réfraction d'un matériau dépend de la longueur d'onde. Il en résulte que la vitesse

de propagation de la lumière dans un matériau dépend également de sa longueur d'onde. Il en

résulte un temps de propagation différent pour les différentes composantes spectrales, et donc

un élargissement des impulsion de lumière émises par une source non monochromatique.

Figure 7-13: Distribution spectrale d'une source de lumière. Une étude théorique montre que le délai

Figure 7-13: Distribution spectrale d'une source de lumière.

Une étude théorique montre que le délai est donné par la formule suivante:

τ

c m

,

−∆

λ

0

λ

0

c

d

d

1

2

n

λ 2

λ

0

L

.

(7.32)

L'élargissement des impulsions est déterminé par la valeur absolue du délai, tandis que le signe indique laquelle des composantes spectrales arrive la première à la sortie de la fibre.

L'élargissement par dispersion chromatique du matériau dépend donc de la largeur spectrale

de la source et du paramètre

D = −

λ

0

d

2

n

c

d

2

λ

du coeur, appelé paramètre de dispersion du

coeur. D dépend des caractéristiques physiques du coeur et de la longueur d'onde.

physiques du coeur et de la longueur d'onde. Figure 7-14: Paramètre de dispersion de la silice

Figure 7-14: Paramètre de dispersion de la silice en fonction de la longueur d'onde.

La Figure 7-14 montre le paramètre de dispersion de la silice en fonction de la longueur d'onde. Les valeurs sont généralement données en ps.nm -1 .km -1 , ce qui correspond à des

longueurs de fibre données en km et des largeurs spectrales en nm. On note l'existence d'une

région de dispersion chromatique négligeable, autour de 1,27 µm.

Exemple. Calculer l'élargissement dû à la dispersion chromatique dans une fibre en silice,

pour les sources suivantes:

diode électroluminescente (LED), λ 0 = 850 nm, ∆λ 0 = 50 nm

diode électroluminescente, λ 0 = 1550 nm, ∆λ 0 = 50 nm

diode laser, λ 0 = 850 nm, ∆λ 0 = 2 nm

diode laser, λ 0 = 1550 nm, ∆λ 0 = 2 nm

D'après la Figure 7-14, D vaut 87 ps.nm -1 .km -1 à 850 nm et – 22 ps.nm -1 .km -1 à 1550 nm.

On obtient donc les élargissements suivants:

 

850 nm

1550 nm

LED

4,4 ns/km

1,1 ns/km

Laser

174 ps/km

44 ps/km

A titre d'exemple, la valeur de 44 ps/km correspond à une bande passante BL = 23 GHz.km.

Dispersion chromatique du guide d’ondes

La dispersion chromatique que nous venons de décrire est due à la variation non linéaire de

l'indice de réfraction du coeur avec la longueur d'onde. Une description complète doit tenir

compte d'une autre phénomène. En effet, le calcul des modes montre que la direction de

propagation dépend, pour un mode donné, de la longueur d'onde. Ce phénomène est connu

sous le nom de dispersion chromatique du guide d'ondes, par opposition à la dispersion

chromatique du matériau.

Pour simplifier, considérons le cas du guide d'ondes plan. Les directions de propagation des

modes TE sont les solutions des équations (7.15) et(7.16). La Figure 7-15 montre les solutions

pour différentes valeurs de m, sous la forme d'un indice de réfraction effectif défini par

n

eff

= ni . Pour une valeur de m donnée, l'indice de réfraction effectif, et donc l'angle i,

1

sin

dépend de λ 0 . Par conséquent, pour un mode donné, le temps de propagation dépendra de la

longueur d'onde, même si on choisit la longueur d'onde correspondant à une dispersion

matériau nulle.

La dispersion de guide d'ondes est donnée par une formule analogue à la dispersion matériau:

τ

c g

,

−∆

λ

0

λ

0

c

λ 0 c


 

d

2

d

n

λ 2

eff

λ

0

L

d 2 d n λ 2 eff     λ 0 L Figure 7-15

Figure 7-15

(7.33)

La dispersion chromatique totale tient compte des deux effets: dispersion matériau et

dispersion de guide d'ondes:

τ =∆τ +∆τ

c

cm,

cg,

de guide d'ondes: ∆ τ =∆ τ +∆ τ c cm , cg , Dispersion totale

Dispersion totale

(7.34)

Figure 7-16 : Dispersion chromatique totale dans une fibre en silice à saut d'indice.

Finalement, lorque l’on veut considérer toutes les sources possible de dispersion, ilo faut

combiner la dispersion modale et les 2 sources de dispersion chromatique. Ceci se fait en

prenant la moyenne quadratique des 2 valeurs d’élargissement :

2

( )(

c

mod

)

2

ττ= ∆ +∆τ

.

(7.35)

Dans une fibre multimode, la dispersion modale est principalement responsable de l'élargissement des impulsions et donc de la limitation de la bande passante.

Dans une fibre monomode également, la dispersion totale doit tenir compte de la dispersion chromatique matériau et de la dispersion chromatique de guide d'ondes, car ces deux effets sont semblables au cas des fibres à saut d'indice.

Lorsque la source de lumière à une grande largeur spectrale (cas d'une diode LED), la dispersion chromatique restera élevée, sauf pour des longueurs d'ondes qui annulent le paramètre de dispersion (environ 1,3 µm dans les fibres en silice). Pour ne pas perdre l'avantage de la faible dispersion modale dans fibres à gradient d'indice, il est donc préférable d'utiliser une source de faible largeur spectrale (diode laser), sauf dans le domaine où la dispersion chromatique est négligeable.

7.3.2. Atténuation d'une fibre optique

Pour être détectable, l'intensité de la lumière qui arrive sur le détecteur doit toujours dépasser un certain seuil. Or, entre l'émetteur et le récepteur, l'intensité diminue. Dans une transmission par fibre optique, la perte d'intensité intervient au niveau des connecteurs aux extrémités de la fibre, ainsi que dans la fibre elle-même. L'atténuation dans la fibre, que nous étudierons dans ce chapitre, limite ainsi la distance maximale entre l'émetteur et le récepteur.

Définition du coefficient d'absorption

Considérons une fibre de longueur L. Soient I 0 et I 2 l'intensité de la lumière à l'entrée et à la sortie de la fibre, respectivement. S'il y a atténuation dans la fibre, on a I L <I 0 .

Soit maintenant une tranche très fine, d'épaisseur dz, à une distance z de l'entrée de la fibre. Soit I(z) l'intensité à l'entrée de la tranche dz et I(z+dz) l'intensité à la sortie. Faisons l'hypothèse que la variation de l'intensité, dI, est proportionnelle à l'intensité à l'entrée et à la longueur dz:

dI

= −α I ()z dz .

(7.36)

Le signe – signifie que l'intensité diminue à travers la tranche dz. α est une constante, appelée coefficient d'atténuation. Elle est mesurée en m -1 . On a donc

dI

dz

I

= −α

(

z

)

.

(7.37)

Cette équation différentielle admet comme solution pour I(z):

I (zA) =

exp(α z) ,

où A est une constante arbitraire. Comme I(z=0)=I 0 , on a A=I 0 , d'où:

I (zI) =

0

exp(α z)

(7.38)

L'intensité à la sortie d'une fibre de longueur L vaut donc:

I (LI) =

0

exp(α L) .

Le coefficient d'atténuation est donc proportionnel au logarithme du rapport des puissances:

α

(

m

1

) =−

ln ( I I ) L 0
ln
(
I
I
)
L
0

L

Souvent, on préfère exprimer le coefficient d'atténuation en dB/km:

10log ( I I ) L 0 α (/) dB km =− . L km
10log
(
I
I
)
L
0
α
(/)
dB km
=−
.
L km
(
)

Pertes par diffusion

La silice est un matériau amorphe: les molécules de SiO 2 sont connectées entre elles dans une

structure aléatoire. Cela produit des fluctuations de l'indice de réfraction, sur des longueurs de

l'ordre de 0,1 µm ou moins. Chaque fois que la lumière rencontre une irrégularité de

dimension inférieure à sa longueur d'onde, elle est diffusée, c'est-à-dire qu'elle est réémise

dans toutes les directions. Cette diffusion est appelée diffusion de Rayleigh. Certaines des

directions de diffusion sont telles que la condition de réflexion totale à la surface entre le

coeur et la gaine n'est plus satisfaite. Une partie de la lumière est donc perdue dans la gaine

suite à la diffusion de Rayleigh.

Il n'est pas possible d'éviter complètement les pertes par diffusion, car la diffusion de

Rayleigh est due à la nature même du verre qui a une structure amorphe. Le coefficient

d'atténuation due à la diffusion de Rayleigh varie comme λ -4 ; il diminue donc très vite lorsque

la longueur d'onde augmente. Pour la silice dopée au GeO 2 , le coefficient d'atténuation par diffusion de Rayleigh vaut environ 1,79x10 -4 m -1 à 1 µm, soit 0,78 dB/km. A 1,55 µm, le coefficient d'atténuation par diffusion de Rayleigh est 1,55 4 fois plus faible, soit 3,1x10 -5 m -1 ou 0,13 dB/km.

Pertes par absorption

Le verre peut absorber une partie de l'énergie de la lumière. Si f est la fréquence de la lumière (f=c/λ 0 ), l'énergie est absorbée par multiples de l'énergie des photons correspondants soit hf. L'énergie absorbée peut servir à porter un électron d'un niveau d'énergie supérieur à celui où il se trouvait. On dit que la lumière a excité une transition électronique. Pour cela, il faut lui communiquer une énergie égale à la différence entre un niveau permis inoccupé et le niveau initial. Dans le verre, les niveaux d'énergie permis des électrons se trouvent dans des bandes. Les niveaux occupés les plus élevés forment une bande, appelée bande de valence. A température ambiante, aucun niveau inoccupé n'existe dans cette bande. La bande suivante, formée de niveaux inoccupés, s'appelle la bande de conduction. Elle est séparée de la bande de valence par une bande interdite de largeur E g (Figure 7-17).

par une bande interdite de largeur E g (Figure 7-17). Figure 7-17 : Les niveaux d'énergie

Figure 7-17 : Les niveaux d'énergie de la silice forment une bande de niveaux occupés et une bande de niveaux vides, sépar'es par une bande interdite de largeur E g

L'absorption due aux transitions électroniques entre la bande de valence et la bande de conduction n'est donc possible que pour des rayonnements électromagnétiques telles que l'énergie des photons soit supérieure à E g , ce qui correspond à des longueurs d'onde

inférieures à

λ=

c

hc

E

g

.

La largeur de la bande interdite est de l'ordre de 9 eV pour le SiO 2 . Par conséquent, pour qu'il y ait absorption par excitation d'électrons de la bande de valence vers la bande de conduction,

il faut que la longueur d'onde de la lumnière soit inférieure à environ 140 nm, soit de la lumière ultra-violette. Aux longueurs d'onde habituellement utilisées avec les fibres optiques, ce mécanisme d'absorption est donc négligeable.

Un autre mécanisme d'absorption correspond à l'excitation de vibrations du réseau formé par les atomes du matériau. Ce mécanisme d'absorption n'est important que si la fréquence de l'onde électromagnétique est voisine de la fréquence d'oscillation de la liaison entre les atomes, soit la liaison Si-O dans la silice. A cette fréquence de vibration correspond des longueurs d'onde entre 8 et 12 µm, soit assez loin dans l'infrarouge. Toutefois, comme le montre la Figure 7-18, des longueurs d'onde plus courtes contribuent encore faiblement à l'absorption par excitation de vibrations du réseau. Ce n'est qu'en-dessous de 1,55 µm qu'on peut négliger ce type d'absorption par rapport à l'atténuation par diffusion de Rayleigh.

Pour réduire l'atténuation en dessous d'environ 0,1 dB/km (limite due à la diffusion de Rayleigh vers 2 µm), il faudrait donc travailler à des longueurs d'onde supérieures à 2 µm. Des verres autres que de la silice devraient alors être utilisés, afin de réduire l'absorption dans l'infrarouge, due à l'excitation des vibrations du réseau.

Un troisième mécanisme d'absorption est lié à la présence inévitable d'impuretés dans le verre. Ces impuretés sont principalement les atomes métalliques (Fe, Cu, V, Co, Ni, Mn, et Cr) et les ions OH - provenant de traces d'eau. Les atomes métalliques se trouvent dans le verre sous forme d'ions dont les niveaux d'énergie électroniques sont tels que la lumière utilisée dans les fibres (0,8 - 1,55 µm) peut facilement exciter des transitions électroniques. ). A titre d'exemple, une concentration d'impuretés de quelques p.p.m. 2 d'ions Fe 3+ entraîne, à 850 nm, une atténuation de 130 dB/km ; on comprend donc la nécessité de fabriquer des matériaux extrêmement purs.

Le mécanisme d'absorption par les ions OH - est l'excitation de la vibration de la liaison O-H. Cette fréquence de vibration correspond à une longueur d'onde λ = 2,73 µm, mais les harmoniques de cette fréquence donnent lieu à des absorptions aux longueurs d'onde λ = 1,38 µm et 0,95 µm. A cela s'ajoute une absorption vers 1,23 µm, due à l'excitation de vibrations O-H et Si-O couplées.

2 1 p.p.m. d'impuretés = 1 ion d'impuretés pour 10 6 atomes dans le verre.

Figure 7-18 : Atténuation de la lumière dans une fibre optique en silice de haute

Figure 7-18 : Atténuation de la lumière dans une fibre optique en silice de haute qualité.

Signalons pour terminer que la courbure de la fibre, tant macroscopique (due au câblage) que microscopique (due à la pression d'un revêtement protecteur par exemple) peut entraîner une atténuation de la lumière. Les pertes par courbure macroscopique sont souvent négligeables en pratique, mais les pertes par micro-courbures peuvent augmenter l'atténuation de manière significative si on ne prend pas les précautions nécessaires lors de la fabrication et de la manutention des câbles.