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PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZVOUSI Nouvelle Série - N° 25-26 PRIX: 25 Fr. q ce _ DECEMBRE-JANVIER 1946 QOuUAT RLE ME INTERNATIONALE La Question Nationale ~. = en Europe SOMMAIRE © Editorial. @ Manifeste du Comité Exéeutif européen de la IV* Interna- tionale (page 7). @ La question nationale: trois théses par les camarades du I. K. D. (page 10). @ Nos divergences avee les trois théses, par Félix Morrow (page 13). @ Problémes de la révolution européenne, par des camarades du I. K. D. (p. 16). @ 1a lutte nationale en Europe, par Mare Loris (page 19). @ La quéstion nationale, par un groupe de camarades euro- péens réfugiés en Angleterre (page 26). * @ Deux documents belges sur la question nationale (page 32). @ Résolution sur la question nationale en Europe, par la R. C. P. (page 35). : @ [4 question Ukrainienne, par L. Trotsky (page 37). @ Sur la situation intérieure de la Suisse aprés Ja 6° année de guerre, par George’ (page 41). @ @ Nouvelles du mouvement ouvrier et de Internationale (page 45). NOUVELLE SERIE - N° 25-26 DECEMBRE 1945 - JANVIER 1946 IV" INTERNATIONALE Organe du Comité Exécutif Européen de Ia IV° Internationale | EDITORIAL }— NOTRE POSITION Sur la question nationale =en Europe = La deuxitme guerre impérialiste mondiale et ses conséquences ont ranimé les dis- cussions autour de la question nationale en Europe. ‘Nous publions dans ce numéro de la IV" Internationale quelques-uns des principaux documents représentant le point de vue des camarades isolés de I'Internationale ou celui des Sections. Notre mouvement est le seul qui remplit actuellement les devoirs d'une véritable avant-garde révolutionnaire, qui pose et discute les problimes fondamentaux du mou- vement prolétarien. Les discussion qui ont eu liew pendant la guerre autour de la question nationale ont &é particulidrement animées, ont abouti i des divergences profondes et sont loin d’étre closes aujourd'hui. En effet, les causes objectives qui A la base de ces controverses, loceupation de l'Europe par les armées de 'Impérialisme allemand, exis- tent actuellement sous une autre forme, celle de l'occupation conjointe de l'Europe par les impéxialistes américains, anglais, frangais et par 'U. R. S. S. Dans les lignes qui suivent, nous tacherons d’éelaireir trois aspects du probléme, pour arriver & une juste compréhension de son ensembl. a) La question nationale en Europe a I’époque impérialiste. b) La question nationale durant la derniére guerre impérialiste. ¢) Le question nationale aujourd’hui. A, — LA QUESTION NATIONALE EN EUROPE A L'EPOQUE IMPERIALISTE C'est Lénine qui a le mieux formulé la position du marxisme révolutionnaire sur la question nationale & I’époque impérialiste. Lénine a repris les deux grande principes déja établis par Marx et Engels sur la question nationale, & savoir: 1° La reconnaissance par le prolétariat d’un Etat oppres- seur du droit de chaque peuple opprimé & disposer de lui-méme et 2° la revendication de ce droit par le prolétariat d’une nation opprimée doit &tre prise dans son sens rela- tif et non pas absolu, en tenant, c'est-a-dire compte des intéréts du mouvement socia- te en général. Il a en outre indiqué la modification principale dans l’application de ces principes & I’époque impérialiste, 4 z IV INTERNATIONALE ‘Au temps de Marx et de Engels on se prononeait pour l’émancipation des grandes atiohalités, des grands peuples révolutionnaires d’Occident (les Allemands, les Polo- ais, les Maguars) contre le tsarisme qui représentait l'époque la principale force réactionnaire, et contre aussi certains petits mouvements nationaux (comme les Tché- ques) « dont le tsarisme se sorvait contre la démocratie > (Lénine). A I'époque impé- wialiste, au contraire, « les socialistes se prononcent contre le front unique, entiére- ment rallié, des puissances impérialistes, de la bourgeoisie impérialiste, des social-imp& rialistes; les socialistes veulent utiliser pour leur révolution tous les mouvements natio- naux gui se déclareat contre l'impérialisme » (Lénine). Des mouvements nationaux ne sont pas possibles et inévitables seulement dans les pays coloniaux et semi-coloniaux. Lénine admettait la possibilité des mouvements nationaux et des guerres nationales, en Europe méme, de la part des « petits Etats » annexés ou opprimés contre les gran- des puissances impérialistes, et citait & ce propos l'exemple de la Belgique, de la Ser bie, de la Galicie, de I'Albanie: La tactique qu'il préconisait envers ces mouvements était de leur venir on aide, dans la mesure of ile aggravaient et élargicsaient Ia crise de Vimpérialisme, sans com- promettre les intévéts généraux du mouvement socialiste. Lénine concrétisait ainsi atte position ¢ indiscutablement trés embrouillée > d'aprés ses propres paroles, des marxistes révolutionnaires: « Nous sommes tenus d’éduquer les ouvriers dans « Vindifférence > & Pégard des directions nationales, c'est indiscutable, mais non pas dans l’indifférence des annexion- nistes. Le sujet d'une nation qui opprime doit étre « indifférent » & la question de savoir si les petites nations appartiennent a son Etat ou A celui du voisin, ou bien clles s’appartiennent clles-mémes, suivant leur sympathie s'il n’éprouve pas cette « indifférence > il n'est pas social-démocrate. Pour étre social-démocrate internatio- nale, il ne faut pas penser seulement & sa nation; il faut placer au-dessus d’elle les intéréts de tous, leur liberté générale ot leur égalité de droits. En « théorie >, tous sont accord la-dessus, mais en pratique, on montre presque toujours une indifférence d’an- noxionnistes. LA est Ia racine du mal. « Maintenant, au contraive, le social-démocrate d'une petite nation doit faire porter tout le poids de sa propagande sur le second terme de notre formule commune: « vo- lontaire réunion > des nations. Il peut, sans enfreindre ses obligations d’internationa- Iste, étre partisan de Vindépendance politique de sa nation et, en méme temps, de son inclusion dans I'Etat voisin X, ¥, Z. Mais, dans tous les cas, il doit lutter contre Pétroitesse, Visolement, le particularisme du point de vue des petites nationalités il doit véclamer que I’on tienne compte des Intéréts généraux des nations, que les inté- véts particuliers soient subordonnés A ceux de l'ensemble. Ceux qui n'ont pas réfléchi & la question trouvent « contradictoire » que les social- démoerates des nations exergant une oppression insistent sur « la liberté de sépara- tion » tandis que les social-démocrates des nations opprimées sont pour « la liberté de réunion ». Mais il suffit dy songer un instant pour voir qu'il n’existe pas d'autre che- min vers l'internationalisme et la fusion des nations; il n’y a pas et il ne peut y avoir dautre chemin vers ce but en partant de la situation actuellement donnée, » Mais Lénine n'a jamais mis on doute, le earactére impérialiste de la guerre de 1914- 1918, et le devoir des socialistes de I’Angleterre, de la France, de Allemagne, de la “Russie et de l’Autriche-Hongrie de mener une politique conséquente d’internationalisme dans le sens pré-expliqué et de défailieme révolutionnaire malgré les perspectives de la guerre qui pouvaient ameneer Vinvasion et occupation passagére d’un de ces pays par un autre, C'est lui qui s'opposa en particulier & la tentative esquissée par Rosa Luxembourg de mettre en avant en Allemagne un « programme national » et de défendre la < Patrie » contre « Vinvasion » par les « moyens de la lutte des classes ». A quoi Lénine répond: «En 1793 et en 1848, en France comme en Allemagne, et comme dans toute I’Eu- rope, la révalution bourgeoise-démocratique était objectivement & Vordre du jour..A cette situation historique correspondait un programme « véritablement national », c'est- B-dire le programme national-bourgeois de la démocratie d’alors qui, en 1793, fut réa- lisé par les éléments les plus révolutionnaires de Ia bourgeoisie et de la plabe; pro- gramme qu’en 1848 Marx prociamait au nom de toute la démocratie avancée. Aux guerres féodales et dynastiques s'opposaient alors, objectivement, les guerres révolu- tionnaires démocratiques, les guerres nationales-Cmancipatrices. Tel était le contenu des problémes historiques de l’époque. «A présent, pour les grands Etats avancés de l'Europe, la situation objective est ° IV INTERNATIONALE 3 autre, Le progrés, — si l'on néglige certains reculs provisoires, — n'est réalisable qu’en allant vers la société socialiste. A la guerre impérialiste bourgeoise & la guerre d'un eapitalisme hautement développé, ne peut s’opposer, objéctivement, du point de vue du progrés, du point de vue de la classe avancée qu'une guerre contre la bourge la guerre pour le pouvoir, sans laquelle il ne peut y avoir de sérieux mouvement en avant, et eneuite — mais seulement dans certaines conditions particuliéres, — une guerre possible pour la défense de Etat socialiste contre les Etats bourgeois. C'est pourquoi ceux des bolcheviks (par bonheur, ils ne sont que quelques-uns...) qui sont disposés & se placer au point de vue d'une défense conditionnelle d'une défense de ia patrie sous condition d'une révolution victorieuse et d'une victoire de la république en Russie, ccux-la sont restés fidéles & Ja lettre du bolchévisme, mais ils on ont tral. Yesprit; car la Russie, entrainée dans la guerre impérialiste des puissances euro- péennes avancées, la Russie, méme en régime républicain, continuerait aussi la guerre impérialiste. » — LA QUESTION NATIONALE DURANT LA DEUXIEME GUERRE IMPERIALISTE A la veille de la deuxidme guerre mondiale, Trotsky prenait sux Ia question nationale une position analogue celle de Lénine pendant l’autre guerre, et qui devait nous ser- vir de guide généval pour notre attitude envers les problémes soulevés par l'occupatica allemande de VEurope. En 1916, Lénine avait écrit « Que la présente guerre impérialiste de 1914-1916 se transforme en une guerre nationale, cela n'est pas du tout vraisemblables car la classe qui représente un progr’: vers Tavenir, c'est Je prolétariat qui, objectivement, s’efforce de transformer cet guerre en guerre civile contre la bourgeoisie; en outre, les forces des deux coali ne sont pas sensiblement inégales ct le capital financicr international a constitué par- tout une bourgeoi réactionnaire. Mais il est impossible de déclarer qu’une telle transformation soit impo: si le prolétariat de PEurope restait dans I’ pour une vingtaine d’années; si la guerre actuelle se terminait par des victoires dans le genre de celles de Napoléon et par Passerviscement d'une série d’Etats nationaux via- ies; si P'Impérialisme hors d'Europe (celui du Japon et de l’Amérique en tout pre- mier lieu) s¢ maintenait aussi pendant une vingtaine d’années, sans laisser de place au socialisme, par exemple en raison d'une guerre américano-japonaise, alors serait pos- sible une grande guerre nationale en Europe. Ce serait un développement de l'Europe dirigé en arritre, une régression de quelques dizaines d’années. C’est improbable, Mais cela n’est pas impossible, car imaginer l'histoire universelle marchant réguliérement et sarement de Iavant, sans faire parfois de gigantesques sauts en arridre, cela n'est pas @un dialecticien, cela n'est pas scientifique, cela est théoriquement faux. » La position adoptée par Trotsky en 1938 (1) ext oxée sur la méme ligne générale: qu'il ne peut étre question de trancformation de la deuxiéme guerre impérialiste en guerre nationale; qu’il ne peut étre question de considérer les grandes nations capi- talistes et impérialistes de I'Europe éventuellement vaincues et oceupées par leurs adversaires, comme étant rétrogradées au rang des nations opprimées et justifier ainsi la lutte de leur bourgeoisie comme lutte « nationale » qu'il ne peut étre question d'une « révolution nationale et démocratique » distinete de la révolution socialiste, Malgeé cet avertissement clair et précis, Poccupation allemande a eu comme consé= quence le développement dans nos rangs de deux positions extrémes et également faus- ses cur la question nationale: l'une représentée par la direction de notre section alle- mande I. K. D, et formulée dans lee « Trois Théses > qui constitue la déviation oppor- tuniste et révisioniste, l'autre représentée par des tendances minoritaires dans certai- nes de nos sections et qui constitue la déviation ultra-gauchiste et sectaire. Entre les deux, d'autres opinions plus ou moins rapprochées de l'une ou de l'autre de ces tendan- ces extrémes ont été développées. Quelle était dans ces conditions la position juste? Il Epllait tout d’abord reconnaitre le caractére impérialiste de la guerre des deux cétés aussi bien de l'Allemagne que des nations alliges, et de ne considérer comme @ querre progressive » que la lutte menée par PU. R, S, S. dans sa phiise non-annexion- niste, Ensuite il sagissait d’établir une premiare distinction entre les grands pays imp. listes vaincus (la France en particulier) et occupés, et les « petits Etats » annexés ou opprimés, tout en tenant compte de Pévolution subie dans Ventre-deux guerres par une (1) Dont la formulation intégrale est publige sur Ja troisiéme page de la couverture de cette Revue 4 IV INTERNATIONALE térie de ces « petites nations ». Plusieurs d’entre elles n'avaient pas seulemént théori- quement la possibilité d'opprimer un autre peuple, comme du temps de Lénine, mais ‘Sétaient développées en pays capitalistes et imperialistes effectivement oppresseurs (Tehécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie), d’autres peuples. Dans tous les pays occupés, grands ou petits, la bourgeoisie devait étre considérée comme réactionnaire ct incapable de mener une lutte pour Vindépendance nationale ayant été scindée en deux fractions liées chacune & l'un des deux grands clans impé- ialistes opposés. ‘Ces constatations permettaient dadopter ume tactique marxiste révolutionnaire envers ce qu'on appelait la « nouvelle question nationale en Europe. » Le prolétariat révolutionnaire reconnaissait que l'occupation allemande était la cause dune oppression nationale certaine, et inecrivait dans son programme la reyen- dication du droit de chaque peuple & disposer de lui-méme. Ne faisant aucune confiance & sa propre bourgeoisie, et reconnaissant que la lutte pour Pindépendance nationale est inséparable & l’époque ‘mpérialiste de la lutte con- tre Vimpérielisme, et pour le socialisme, il menait Ia lutte d’aprés ses propres métho- des de classe & savoir! on Allemagne méme il était pour le renversement révolution- noire du nazisme, et la levée de Poccupation de Europe par les troupes allemandes. Dans les pays occupés, il menait la lutte contre occupation alleniande dans un sens internationaliste et de classe, en mettant I'accent sur la fraternisation avec les ouvriers ‘lemands en uniforme, et la nécesité de la libre fédération des peuples dans les Etats- Unis Socialictes d’Furope. Il rojettait par conséquent V'idée Pune « révolution nationale démocratique » par laquelle devait passer préalablement sa lutte, avant de commencer de se développer sur ia base de son propre programme socialiste et aboutir 4 la révolution prolétarienne. La rovendiestion du droit de chaque peuple a disposer de lui-méme ne constituait en aucune facon, méme pour une période limitée, un but en soi qui effagait le reste du programme révolutionnaire, internationaliste et socialiste, mais une parcelle de ce der~ nier subordonné a l'ensemble. Le problame le plus délicat soulevé par occupation était celui de l’attitude a adop- tor envers les « mouvements nationaux > et les organisaions de « Résistance Nationale ». Ces mouvements n’étaient pac le produit artificiel de la propagande chauvine de la bourgeoisie « alliée » et des Partis Staliniens. Ils représentaient surtout, et cela dans tous les cas oi ils ont acquis un caractére de masse, [a forme que revétait la réaction spontanée des masses ouvrieres et petites- hourgeoises, paysannes ct citadines, devant loppression de Vimpérialisme occupant et de la bourgeoisie nationale. fs dans les organisations de « Résistance > ile tombaient automatiquement sous Ja direction de Ia bourgeoisie ¢ résistante » et des Partis Staliniens qui luttaient sur la base d’un programme de chauvinisme & outrance. Les rapports du Parti du prolétariat révolutionnaire avec ces formations de « L’'Union Sacrée > qui défiguraient le caractére impérialiste de la guerre et portaient des coups jnortels & Pinternationalieme de la classe ouvrigre, ne pouvaient étre réglés autrement que par son indépendance organisationelle et politique envers elles et par l'intransi- geance de sa lutte contre leur programme et lour action social-patriote et chauvine. Mais par contre un travail patient, eystématique, dans ces organisations pour détacher de T'emprise idéologique chauvine les éléments révolutionnaires qui s'y trouvaient et Sos regrouper sur tne base de classe était nécessaire. C'est dans ce sens que Ia Conférence Européemne de février 1944 a taché de poser et de résoudre le probléme de notre attitude envers les mouvements ¢ nationanx > et les « organisations de résistance ». On ne connait pas encore qu’elle était la politique exacts suivie, par chacune de nos sections europénnes pendant la guerre. Il est fort rossible, et méme probable que des erreurs aient été commises et que des déviations & gauche et & droite plus ou moins marquées aient été signalées. Comme déviations ultra-gauchistes doivent tre considérées toutes les tendances qui niaient Pexistence d'une oppression nationale qui ne se prononcaient pas clairement sur le droit de chaque peuple & disposer de lui-méme, qui omettaient d’organiser sous notre propre drapean (le drapeau du Parti Révolutionnaire) Ia lutte contre l’occupation Bilemande (menée bien entendu dans un sens internationaliste et de classe) qui mini- inisaient Pimportance du travail dans les organisations populaires (F. T. P. franca partisans yougoslaves et grecs, etc.). Comme déviations droitigres et opportunistes doivent étre cataloguées toutes les ten- dances qui faisaient de Ia revendication de chaque peuple & disposer de lui-méme un but en soi, le séparant du reste du programme spcialiste, révolutionnaire et internatio- IV INTERNATIONALE & naliste, qui étaient sous une forme ou une autre pour notre participation ou notre co!- laboration en tant que mouvement politique avec les organisations de la « Résistance ¥, qui mettaient sur le méme plan la ¢ résistance nationale > dans un grand pays impi- Galiste vaincu comme la France, et dans des ¢ Petits Etats > opprimés comme la You- goslavie et la Gréce. C. — LA QUESTION NATIONALE EN EUROPE AUJOURD'HUI La fin de la guerre n'a pas résolu les problémes soulevés par l’occupation allemande. L'Europe n’est pas plus libre aujourd'hui, qu’elle ne I’était hier, malgré la difference dans les méthodes d’occupation. La lutte des peuples opprimés de I’Europe n’a pas abouti & leur « libé nale > mais au remplacement de l'occupation allemande par occupation séparée ou conjointe américaine, anglaise, francaise ou sovistique. Ce fait prouve encore une fois que légalité des nations et le droit de disposer de! les-mémes est irréalisable sous le régime de Vimpérialisme, et que la Véritable lutte pour « V'Indépendance nationale » est inséparable de Ja lutte contre ce der pour le Socialisme. La nouvalle occupation de l'Europe pose du reste des problémes beaucoup plus importants que l'occupation allemande. Dans le cas de cette derniére il s'agissait de l'oceupation de certains territoires de VEurope due aux péripéties de Ia guerre pendant que cette derniére durait encore. ‘Aujourd’hui il s'agit d'une occupation d’un caractére beaucoup plus durable et qui risque de transformer & la longue la structure des nations viables, et en particulier de V’Allemagne. Dans le cas d’une apathie et d'une impuissance prolongée du prolétariat révolutionnaire on pouvait assister & la réalisation de la perspective de Lénine de 1916 et de Trotsky de 1938, c'est-a-dire & une regression de l'Europe de quelque dizaines d'années ct a la possibilité de nouvelles guerres nationales. Mais pour le moment, il n'y a aucune raison de procéder de cette perspective, qui est celle de la défaite décisive de la révolution. Aujourd’hui, comme pendant la guerre, nous basons notre politique sur la perspective révolutionnaire qui reste toujou: ouverte, Aujourd’hui comme hier, nous inserivons dans notre programme soci révolutionnaire, internationaliste, la revendication de chaque peuple a disposer de | mame, et nous déclarons que la lutte pour la véritable indépendance nationale est insé- parable de la lutte contre le capitalisme et pour les Etats-Unis Socialistes d'Europe ct du Monde. En ce qui concerne les pays européens actuellement oceupés par les armées impéric- listes américaines, anglaises et frangaises, nous avons Vattitude suivante: Nos partis ‘Amérique, en Angleterre, en France, mettent accent sur le droit des masses opprimé des pays oceupés A disposer d’elles-mémes, et luttent activement pour ta levée de l’'oc- eupation de ces pays par les troupes américaines, anglaises et frangaises. Nos partis dans les pays occupés, tout en organisant sous leur drapeau la lutte des masses nationales contre l’occupation, lutte menée toujours dans un esprit internatic- naliste et de classe, mettent l'accent surtout sur la nécessité de la fédération des mation: libres dans les Etats-Unis Socialistes d'Europe. En ce qui concerne en particulier notre attitude envers Allemagne, la résolution du Comité Exécutif Européen de juin 1945 Va conerétisé dans les termes suivants: 1) Auto-disposition de chaque peuple. Départ immédiat des troupes d'occupation. 2) Contre le gouvernement militaire, l’occupation, le démembrement et le pillage de l'Allemagne. Contre la déportation et le travail foreé des ouvriers allemands. Pour la fraternisation des troupes d’occupation avec les masses travailleuses alle- mandes. Pour Ia fraternisation des travailleurs des autres pays avec les ouvriers déportés alle- mands. Pour leur intégration dans les syndicats ouvriers de ces pays. Pour les mémes conditions de travail et de vie et les mémes droits que les ouvriers de ces pays. Pour V'épuration et le chatiment des nazis en Allemagne par les travailleurs alle- mands eux-mémes, Pour la liberté compléte du mouvement ouvrier en Allemagne. Le Manifeste du Comité Exécutif Européen adreseé aux prolétariat allemand que nous publions aujourd’hui reprend la méme position quand il déclare: < Nous protestons contre le morcellement de l’Allemagne, contre les contributions, les réquisitions et con- te, tre les milliards de frais de réparations. Nous saluons toute fraternisation des soldats des armées d’occupation avec les prolétaires allemands, Nous demandons & ces soldats de ne pas se laisser utiliser pour des buts impérialistes et réactionnaires contre le pro- Iétariat allemand. Nous sommes pour le droit du peuple allemand & disposer de lui- méme. Pour ce droit nous, Communistes internationalistes, nous lutterons partout oft nous serons, nous nous efforcerons de regrouper le prolétariat du monde entier, ete... » 6 IV INTERNATIONALE Une grande partie de Europe est, d’autre part, occupée ou effectivement conteé. le par PURSS. La bureaucratic soviétique, oubliant les paroles de Robespierre que les « peuples n'aiment pas les missionnaires munis de baionnettes >, oubliant les paroles de Engels répétées par Lénine que « le prolétariat vainqueur ne peut imposer le bonheur & aucun peuple étranger sans compromettre par li méme sa propre vietoire >, a pro- cédé & des violations brutales ct bureaucratiques det droits nationaux et démoera- tiques des peuples du centre et du sud de l'Europe. La IV° Internationale déclare que les procédés des annexions, des réparations, des transferts de populations, de l'asservissement des peuples, auxquels -recourt la bu- reaueratie soviétique pour élargir sa base économique ct sa zone stratégique en Europe et en Asie, au lieu de propulser le mouvement révolutionnaire des masses, et favoriser Ia fédération socialiste des nations libres, n’ont rien de commun avec la politique marxiste-Iéniniste sur la question nationale. Ces méthodes font partie des manifestations de barbarie dans laquelle entraine l’humanité, le retard de la vévolution socialiste européenne et mondiale ct le prolongement du pourrissement du capitalisme et de état ouvrier dégénéré de I'URS.S. La IV" Internationale est partisane du droit des peuples des pays occupés ou con- tréléo par V'U.R.SS. de disposer d’eux-mémes. Elle reconnait le méme droit aux Républiques sovictiques, telles que l'Ukraine, la Russie Blanche, la Fino-Carélie, la Lithuanie, I’Esthonic, la Letto: poussé jus- qu‘ la séparation du reste des républiques fédérées de Y'U.RSS., si leurs peuples le désirent. C’est 18 une conséquence de la politique d’oppression et d'assimilation for- cée, employée par la burcaucratie soviétique. En adoptant cette politique, la IV" Internationale reste fidéle & l'enseignement révo- lutionnaire de Marx et de Lénine et aux intéréts généraux du mouvement socialiste international. La direction du monde par les « Trois Grands » & laquelle a abouti la douxiéme guerre mondiale, malgré ses divergences et ses tiraillements intérieurs, emploic des méthodes autoritaires, antidémocratiques, esclavagistes, semblables envers une longue série de nations. ‘ Le capitalisme réactionnaire, l'impérialisme ect la bureaucratic soviétique brisent ‘de plus en plus souvent les frontidres des nations démocratiquement définies, ¢’est-a- dire celles déterminées par « la langue et les sympathies de la population » que Engels considérait comme les frontiéres « naturelles >. C'est & la révolution prolétarienne et au socialise, et seulement & eux de redon- ner la liberté ces nations en procédant & une nouvelle détermination démocratique des fronticres d'Etat. « Les vieux « économistes », ne laissant qu'une caricature du marxisme », derivait Lénine, « enseignaient aux ouvriers que ce qui est de Técono- mie importe « seul » aux marxistes. Les nouveaux < économistes > pensent-ile que VEtat démocratique du socialisme vainqueur existera sans frontiére (dans le genre d'un « complexe de sensations » sans matiére)? Pensent-ils que les frontiéres ne seront déterminées que par les besoins de la production? En réalité, ces frontiaves seront déterminées démocratiquement, c'est-a-dire conformément & la volonté et aux « sympathies » de la population. Le capitalisme influe par la violence sur ces « syme pathies > et par IA ajoute de nouvelles difficultés & Veuve du rapprochement des nations. Le socialisme, cn organisant la production sans oppression de classe; en Sarantissant le bien-étre & tous les membres de l’Etat, donne par Ia méme une com. plite liberté d’extention aux « sympathies » de la population, et, précisément en vertu de cela, facilite ct accélére prodigieusement le rapprochement et la fusion des nas ms. > MIANIFESTE DU COMITE EXECUTIF EUROPEEN DE LA IW INTERNATIONALE SOLIDARITE INTERNATIONALE AVEC LE PROLETARIAT ALLEMAND Le fascisme hillérien est renversé par la force des armes, ct Thumanité tout entire aimereit. pouvoir” se sentir soulagée. Enfin, aprés 12 années de féroce oppression ef cing terribles années de guerre remplies de sang et de larmes, ce sont, avant tout, les travailleurs allemands qui aimeraient pou- voir. respirer librement ct eapérer “en un avenir meilleur. ‘Mais nous ne sommes pas sur cette. voie ss mensonges de la propagande de Gerbbers, prétendant que Hitler et le peuple allemand tout entier forment un tout indivisible, vent aujourd'hui de prétexte au traitement appliqué & ce peuple par les eallics ® v Torieux. Vansittard en Angleterre, Morze thau en Amérique, Ehrenburg en Russie d claent tous avec autant de haine que le peuple allemand tout entier est coupable des crimes d'Hitler. Morcellement du pays, nexion de grandes contrées, « retour la terre 2 par la free, pillage des. machines lans les usines, réquisitions de toutes sortes, contributions militaices, déportations de. mil: lions dthommes chassés de leur pays, la, fa- mine par le blocus, des milliards de répa- rations — voila la « paix » offerte a ce peuple allemand déclaré coupable dans son ensemble, ‘Ouvriers et paysans ollemands! Dans cette situation. nous, Communistes Internationalis- tes, vous soutenons, avec toute la force de notre conviction ct’ de notre solidarité de classe internationale. Sachez que nous ne sommes pas des social-démocrates, qui. par lache opportunisme soutiennent la déclara- tion de. culpabil et agissent en tent au'a- gents des. impétialismes. anelo-amériesin ou francais dans louest de I'Allemazne. Sachez que nous ne sommes pas non plus des cam- munistes-staliniens. qui, sur ordre de la Rus- sie, déclarent avec peut-étte plus de. force encore. que tout le peuple allemand est cou- pable et qui saluent I'annexion réalisée & ahaha achat! TEst par Staline, ee méme Staline qui, ma- guére, refusait que l'armée toviétique foule un pouce de terte étrangére. Nous sommes des communistes fdéles a L6nine et ala Réyolution, russe d'octobre, éternellement.vic- torieuse. Nous défendons ‘ses principes, lors- Que nous prenons position contre toule ex- ploitation impérialiste et contre toute. view lation, dot qu’ellee viennent. Anjourd’hui_ fest toi, prolétariat alle- mand, prolétariat de Karl Liebknecht et de Rosa’ Luxembourg, qui en premier lieu 9 besoin de la solidarité des prolétaires des autres pays, Nous, Commounistes. Internatio- nalistes, voulons témoigner pour toi, proléta- riat allemand, qui dans des centaines de lut- Ug ae montré ta forse et te onscience. de clasze, qui as saigné de mille blessures, qui a¢ perdu’ les meillears des tiens par dizeines. de nilliers dans les_ camps de concentration. Nous le faisons, bien que nous sachione per. faitement qu’a ‘cause de cela nous sommes calomniés et traités d’ « hitlero-trotekystes. > par Ia meute des journalistes et des bureau- ates corrompus. Quils calomnient! La t0- idarité demeure la olidarité, Et le vérité reste malgré tout la vérité, Or, Ia vérité nous oblige & déclarer de- vant le prolétariat mondial, que le fascisme hilérien n'était pas’ expression de. tout | peuple allemand, mais qu'au contraire représentait une diclature forcenée du capi talisme monopoleur allemand contre les. tra vailleurs allemands. Hitler a d'sbord dé. clanché la guerre contre le prolétariat alle mand avant de commencer Ia guerre m disle. La desiruetion des organisations vriéres allemandes, l'extermination des. mili: fonts responsables allemand: furent pour Hitler la. condition indispensable pour mon- ter sa_machine de uere sans entrave et pour accomplir ses crimes de guerre, Tent iter n'ogissait qu'en bourreau da pre- Kétariat allemand, il était acelemé par lea 8 IW INTERNATIONALE capitalistes de W'étranger. Ce furent eux aui Fencouragérent et qui signérent des, contrats avec lui, Le capitalisme international ne Savisa de souligner Ja culpabilité du fas- Gisme hitlérien que plus tard, lorsqu'il s'euit de soutirer des milliards de’ reparations au peuple allemand, en proclamant Ia culpa te Tensemble de ce peuple, La vérité oblige autre part 4 aflirmer auc la deunigme querte mondiale fut uae tentative de Hitler’ d'extorquer au nom du capitalisme monopoleur allemand, une nou- velle répartition det marchés et sphéres d'in- Yérét dans le monde. Sil est yroi que Hitler, en tant _que repréeentant de Uimpérialiame al- femand ‘appara tardivement sur le marché mondial, fut bien l'agresseur, lex autres impé- rialistes ne peuvent pas par la méme étre é des démo- erates pacifiques, car ils n'ont défendy qu'un pillage. impérialiste accompli plus tot dans Te monde. Ils sont d'autont moins innocents gw peine leur concurrent impérialiste Hill atta, militairement, ils réglent déja entre eux [eure nouveaux différents imperialistes, organisent de nouvesux blocus et crGent de ouvelles. menaces de guerre, Et c'est, sur- tout sur le dos du prolétariat allemand que ces. contradictions impérielisles sont actuelle- ment _débattues. an ‘Nous, Communistes Internationalistes, dé- nongons comme premier responsable le sys- téme, capitaliste, générateur de la guerre et du fascieme. Nous déclarons au prolétarial {International ct eu prolétariat allemand, que le seul renversement du_fascinme hitl arantit pas la paix mondiale, mais q) pour cela atteindre le socialisme et établir les Etats Unis Soci ‘Mais si on veut, élablir une responsabilité dans les range prolétariens, alors celle-ci pése fa premier Kea su: les anciens dirigennts du profétariat allemand. Liassassinat de Licbknecht, Noske, Seve- cing et toute la politique de coalition et de outien de TEtat bourgeois par la. social- Umocratie, menent directement & [litler, De son. cote Iq direction communiste a large ment contribus, par aa tactique bornée, du € social-fasciame > & la victoire de farun prolétariat allemand déja_ bri ta. force de classe. Mais le prolétariat alle- mand sest atta héroiquement malgré U'a- bandon de ea direction. La thése de le eul- pabilité est une injure pour tes milliers de fartyre sanglants, les meilleurs d'entre les prolélaires. allemands. Jusgu'a la fim, lors- Que. les tapis de bombes des armécs ‘allices tombaient réguligrement sur les quartiers ou riers et contribuaient & paralyser toute, r sistance séricuse @ Hitler, lee ouvriers révo- Tutionnaites allemand ont lutte contre le fascuime par det _greves et par des manifes- tations, Dee déserteurt allemends, unis 3 des Suvriers étrangers ve sont dressés contre, lea SS Dana quelques villes, avant T'arrivée dev armées alliGes, les ouvriers ont méme conquis le pouvoir par une courageuse insur- rection. Les mmémes forces militeires quire prochent ou peuple allemand de ne pas avoir Yenversé Hitler, ont tout fait & ce moment pour liquider et baillonner ces révaltes Ketariennes. Car, en, demigre analyse, impéria- listes victorieux, fascist itlériensvainc! Bourgeoisie allemande qui, aujourd'hui se démocratique, tous sont d'accord pour con: dérer la séyolution prolétacienne comme leur fnnemi commun. Crest justement le traile- tueat inflige eu veuple allenend, en verta Gs principe de Ia culpabilite collective, qui oure la, poscbilte atm fascises camoutea Gagiter, les eaux troubles da, nationalisme, Coat dautant plus aisement que cette these masque la culpabilite des yrais. cruminels nazis et leur donne la possbilite de se sous Tralre au juste chatiment, Vensemble du peo ple allemand tant coupable, Dans cette situation, nous demandons au peuple allemand de no, donner aucine con- Fees Nets boapoeiege pe jourd’hui démocratique. En réalit Yeaux << anlifascntes > repre cles. eapitaises ‘qui’ font deja. jouer. leurs telations de trusts intemalionau, ‘eorganiscnt Teur front. de" tlasse “contre. le. proletariat allemend, Ils veulent signer un pacte avec ies impétialstes dtrangers pour ‘feire porter aun trevailleurs tout le poida des réperations immposées 4 T'Allemagne Nour, communisterintemationalistes dee pave dite vainquews, nous vous considérons cuvtiers ct payians allemands, comme ‘de> Gaines & ger let Ge notte devorr de venir eo ade, News acmmcerrtia: dansiVospitile CB nine, a later a yop ote pour votre, Hbér tion di jou. impézialite. Nous protestons avec vous contre le mor- cellement de Allemagne, contre les con- tributions, les réquisitions et contre les mil- Tiatds de Feats de_réperations. Nous saluons Toute Fraternitation des soldats det armées occupation avec. les proléaites allemands, Nous demandons & ces soldats de ne pas s¢ Tater flier’ ous deb. Bula eaperetntes rencongsver ‘conte pralarat alle mand. Nous sommes pour le droit du peuple allemand A disposer de lui-méme. Nous ré- tlomors le, dot svadical, det salaires con- enables, des habitations ‘diones dun hom fet une nouriture tuffsante pour tous le cavees sleuan silo § le pechuar rcien "Nous exizeons, avec! your que les piiton- nierg de guerre toient trates d'apids les con- Yentions de la Croix-Rouge et que leur libé- Tation ne tarde plus. Nous nous elevone con- tre Texpulsion ‘des milliers de travailleurs de leurs répjons doiaine; nous sommes, pou le rupture ‘du, blocus de. famine. qui treint prolétariat allemand, Nous sommes ‘pour winger ide froteroll, ahs igus. sommes pour Te droit du, peuple allemand 3 disposer ‘de luisméme. Pour ‘ce droit, nous, Communists Intemationelistes, Dom Terns “oafoat ob nous ery, eat nous cfforeerons de regrouper le prolétariat Hu monde caer, New cevoas i la me moite de Licbknecht et de Luxembourg. et aux milliers de martyrs de [a revolution pro- Tetorienne allemande eet appel que nous lan- gee cee pelea da mena only — Solidarité avec le profétariat alle fad! Aldexlo & oe beret da jour in Falstel ‘Camaredes de closse allemands! Nous’ ne douons pas que vou travaillerez avec une nouvelle énergie au relévement de yor orga- Destions, Bktiner de wolides syndicats de Classe nis et préte a la lutte! Ecartee sure tout de" Notre. mouvement ouvrier tous les portisans de la ‘coalion: avee Ia. bourgeois IV INTERNATIONALE 9 sic et les, impétialistes, La, Libération, des ouyriere ne peut étre que Toeuvre des ou- riers euxrmémes. La liber ot Tindépen- ence dur mouvemeni ouvrier allemend sont fr celle heure desclavage impérialiste dune Gmportance eapitale, Crest uniquement par Tineépendance de. clasee, par la lute ouverte pour des. cbjectifs de classe que peut renal: tre la cost inertial du mouvement ouvrier. De méme que Lénine qui, apres la Géfaite dela He Internationale fonda. [ln- termotioaale communiste, nous avons fond Ia IV" Totemetipale ids Ts decomposition irique de Tnterationale communiste que Contatra iu Bguiltion elon, Cette Ive" Ineeaiiiaata’ a taped PHOKENS de Mare et ae Less Laeiie sevolitnnees doit naltre en tant que section allempnde de cette Internationale et doit étre capable: de iadoct la Clute omits alleusnde a Ta vice toice lors des prochaine combats, Telle eat la grande Wache du proletariat allemand. Nous savons les diffieultés de votre lutte dans. les conditions de Toceupation. Liberté Glorsnieation, liberté de réunion et de mani- festation, liberté de la presse ouvtitre et li berté de gréve, voila let droite démocratiques me vous devez conquérir par votre action Pour résoudre a crise du, logement, pour Ie contidle de la repartition du ravitaliement ae ou le contrdle des prix, pour orgeniser la. re- construction ou le démarrage det entreprise Formez. vos comités ouvriers. Les lliés ne veulent chatier que les seuls nazis, Ne permettez pas que les autres, 101 ceux qui oat été Jes dénonciateurs et |.» bouneaux des profétaires.allemands échap- pent au pees Seuls des tribunaus ouviiers révolutionnaites seront en me- sure de lee juger. Soyez convaincus que vous seuls, prolétaires unis et au coude 3 coude, suyez extirper complétement le fasciame. chez que |’ ¢ anlifsscisme > en soi ne veut rien dice, Le fascisme et limpériolisme ne peuvent disparaitre quiavee la chute dy capitaleme et I vietoite de ociliame inte national, Vive la Revolution prolétarienne alleman- de! Vivent les Etats-Unis Socialistes d'Eu- rope et du Monde! Parti Communiste Révolutionnajre (Section ‘anglaise de Ia 1V* Internationale) Parti Communiste. Internationaliste (Section francaise de la IV® Internationale). Parti Ouvrier Communiste (Section italienne dels IV" Internationale). i, Communiste, Réyolutionnaire (Section de la 1V* Internationale). Les Sections, hollandaise, irlandaise, espi- ole, suisse, grecque et allemande de ta IV Internationale, buts de classe. Devant le caractére, en partie spontané, du mouvement des par- tisans, expression de la révolte ouverte et inévitable des larges couches travailleuses contre l'impérialisme allemand et contre I’ordre et l'état de la bourgeoisie indigéne qui personnifient A leurs yeux les responsables de leur misére et de leurs souffrances actuelles, les B. L. sont obligés de prendre en considération cette volonté de lutte des masses et de tacher, malgré les multiples dangers consécutifs aux formes nationalistes que revét cette lutte, de l’orienter vers des Theses de la Conférence Buropéenne, février 1944. 7 [A NATIONALE | QUESTION TROIS (ee a Lest anssi évident, en cette troi- I sitme année de la nouvelle guerre mondiale, qu'il l'était & son début, que c'est une guerre de longue durée, une guerre qui n’a aucune chance @étre résolue au moyen de la foree ar- mée et de parvenir ainsi a sa liquida- tion «naturelle». Dans un rythme tou- jours croissant, clle a transformé Y pect économique, politique et social du monde; elle a détruit des dynasties et des nations, asservi et i demi extermi- né des peuples. La Pologne, la Nor- vege, le Danemark, la Hollande, la Bel- gique, la France, la Tehéeoslovaquie, la Yougoslavie, la Groce et une grande partie de Ta Russie, ont, Vune aprés Tautre, été conquises et ‘occupées par les armées allemandes. L’Autriche, pré- cédemment annexée, VTtalic, la “Hon- grie, la Bulgarie ef la Roumanie sont sous la domination allemande et sous son contrdle, tandis que le reste de ?Eu- rope (Suade, Suisse, Finlande et Tur- quie) sont fortement soumises & l'in- fluglice allemande. Dans tous ces pays, Ia ‘disposition arbitraire des vies hu- maines fait des progrés gigantesques et les transforme en prisons alleman- des. Les prisons, les nouveaux ghettos, le travail obligatoire, les camps de con- centration et méme les camps de pri- sonniers de guerre ne sont pas que de organisations politico-militaires tran: toires, mais représentent précisément autant de formes de la nouvelle exploi- tation économique qui accompagne Vex tension vers un Etat eselavagiste moder- ne et sont concues comme le destin per manent dune proportion considérable détres humains. Comme toujours, les premidres victimes en sont les gens « po- Titiquement indésirables », juifs, étran- gers réfugiés, dont le nombre « officiel » en France était considéré comme dépas- THESES———— Par los camarades du 1.K. B. — sant les 120.000 environ, le 20 aofit 1941. Ce systéme économique s’accom- pagne d'une aveugle destruction des vies et des valeurs humaines et d’une | migration des peuples aux proportions colossales, La radio allemande a fait sa- voir, au début daofit 1941, qu'un pay. comme la Belgique avait ‘deja fourni 200,000 travailleurs & l’Allemagne. Tout ceci est Vaboutissement d'un processus qui a commencé depuis long- temps et augmente seulement. d’inten- silé avec la guerre actuelle. Loin d’étre une organisation A plan déterminé, ce processug suit les lois de la violence? et cherehe A se frayer un chemin par la force, la ott il ne peut se débarrasser de la compétition intemationale, Aujour- @hui comme hier, 'accumulation du ca- pital et de richesses inoufes, d'un ebté, entrainent Paccumulation de la misére, de la souffrance, de la ruine, de la dé yastation et de’ la barbarie de lautre coté. La crise économique mondiale de 1929 cofita déjA autant que la premitre guerre mondiale, mais la rationalisation technique qui suivit aboutit & Ia crise plus vaste de la guerre actuelle, dix ans plus tard. Devant la perspective de res- ter en arriére ct de voir les canons, | tanks et avions des puissances do | nantes braqués contre Ini, le capita- | lisme allemand organise sa’ propre ma- | chine de guerre et triomphe dans Ia compétition mondiale avec ses canons, ses avions et ses tanks. Ainsi le développement du machi- nisme, au sein d'un systime de produc, tion capitaliste, Waboutit. qwA une im- passe. Les moyens de destruction qui sont sensés résoudre la crise et appo ter une solution entrainent la produc- tion de nouveaux moyens de destrue~ tion et provoquent un déséquilibre éco- nomique sans précédent qui affecte ie monde entier, L’Angleterre et !’Amé- rique répondent & Vexpansion allemande I INTERNATIONALE i par un réarmement destiné & surpas Ser tous ceux connus jusqu'ici ct fait de nouveau passer A Varriéve-plan la production des marchandises sommation, Les dominions anglai tine et les ressources ‘de I"Inde sont drainés de plus en plus vers la guerre et renforcent ainsi, en méme temps que les transformations profondes qui ont Tiew en Asie et en Afrique, a tendance A la réduction universelle du standard de vie des masses, & la dévastation, & Vélaboration de plus grands déséqui- libres ct de plus grandes crises. Non seulement les possibilités de production des hommes ont cessé de s'aceroitro, non seulement les découvertes et les améliorations techniques n'ont apporté aucune nouvelle augmentation du bient Stre matériel, mais économie est en ré- gression. Par opposition avee V'usage de machines compliquées et par oppo sition avec le développement ét la con- centration & V'extréme d'une industrie bonne seulement pour des fins militaires, il y a le travail foreé qui est usage massif du travail manuel, moins cot. teux que le travail mécanique, la eréa- tion et extension des petites et moyen- nes firmes, & cause de la raréfaction des marchandises de consommation, de la restauration du travail manuel, de la dislocation et de la ruine du sys- téme monétaire, Un développement iné- gal est constaté dans le" monde enticr, et on mBme temps que lui, la, produc- tion agricole déerott sans’ cegse, Par- tout ot Von porte les ye st 1a dé vastation, la gangréne, Vanarchie 2 un point alarmant qui marque la ruine de Ja civilisation, It Par suite des souffrances brutales et de la terrible oppression que la guerre apporte aux peuples, la haine, le res- sentiment et le désespoir_s’accumulent et éclatent @abord dans les pays cor quis par V'Allemagne, La situation po- litique, dans ees pays exploités syst matiquement, est caractérisée avant tout par Vanéantissement des partis ouvriers et bourgeois anti-fascistes. Pe- tit & petit les groupements, sociétés po- litiques et culturelles de ‘toute sorte, organismes religieux, ete... sont ba layés selon la méthode allemande, trans- formés ou placés sons une forme queleon- que sous le contréle fasciste direct. A quelques exeevtions pros (1a 08 Ie pro- cessus n’est pas complétement. termi né), il n'y a plus de mouvement poli- tique indépendant, traditionnel, bour- geois ou prolétarien, ni de mouvement ouvrier, et dans ces pays (en partieu- lier en Tehécoslovaquie), méme le mou- yement prétres, des commereants, Et ils so ‘rar gent sans distinction parmi les vietimes de la répression allemande. Plus la guerre durera, plus le fascisme alle- mand apparaitra comme Vennemi_prin- cipal des peuples asservis et exploités. Tout se réduira A un désir de se dgbar- rasser de cet ennemi, et en fait, il fav’ reconnaitre que sans cela il ne peut @tre question de changement dans lez conditions d'existenee. mm Si, dans I'Burope asservie par T'Al- lemagne, il n'y a plus de mouvemen* ouvrier ‘organisé et actif, et qy’on ne voit plus méme d’organisations bour- geoises, alors i] ne saurait Gtre ques. 12 IW INTERNATIONALE ion non plus de véritables orgenismes révolutionnaires, dans la mesure ol l'on entend par TA des constructions possé fant une unité, qui, méme illégales, veu- draiont ct pourraient influencer l’évo- lution, tout au moins au moyen d’une agitation et d'une propagande appro- priée. Ce qui reste de la tendance ré- volutionnaire, ce sont des individus et des groupes faibles et illégaux, qui ont une orientation plus on moins juste quant & Y'évaluation générale de la si- tuation et les principes théoriques, mais vivent au jour le jour et n’arrivent pas A savoir formuler leurs tfiches con- crétes. Les dispositions et initiative des masses, que chaque révolutionnaire comme chaque parti révolutionnaire de- vrait pénétrer avee justesse, trouven ces organisations nullement préparées t passent outre pour arriver 4 Vordre du jour que Von peut appeler «luv pour la libération nationale». Il n'y 2 pas d’exagération dire que le socia- isme révolutionnaire risque une fois de plus de perdre Voccasion et de s¢ com- promettre s'il continue 2 rester en face de cette lutte sans y prendre part. La responsabilité incombe au socialisme IN- TERNATIONAL de prendre en mains les revendications de tous les opprimés, ous quelque forme qu’elles se manifes- tent, d’élever la voix haut et clair, de mobiliser ses forces, d’éclairer le monde sur la signification des événements, @ai- der les sections nationales en parole et on action, et de les conduire dans la bonne vole, Il n'y a pas de questior plus urgente en Hurope que la libéra- tion nationale des pays asservis par VAllemagne, et sa solution, avec Paide et au nom du socialisme international, est important et indispensable pow trois raisons. D’abord, ce sont 1A des revendications démocratiques qui toujours et partout doivent étre appuyées et sans la réali- devint aigu, méme pour le socialisme a cain et rend indispensable des re- lations nettes ct actives avec lui. I] suf- fit & tout révolutionnaire de faire le compte des forces jetées dans la lutte, 18 au cours de cette guerre, pour aboutir 2 la conclusion qui fut notre point de départ : c'est une guerre de longue du- vée qui doit détruire de fond en comble Ia civilisation humaine si la révolte des masses 1'y met fin. Rien ne peut affran- chir le socialisme mondial du devoir de provoquer ectte révolution, de la pré: parer, apprendre a connaitre tous les moyens de lutte qui convicnnent aux forces dont il dispose, qui pormettent a constitution @un patti révolutionnai- re ct qui ont pour but de donner jes meilleurs résultats dans une situation déterminée, a Une attitude abstraite A Végard de la révolution, cependant, atti- tude de défection dans les questions tactiques secondaires, comme dans les principales, ne peut mener A rien d’au- tre qu’A une nouvelle défaite. 19 octobre 1941. Ww NOS DIVERGENCES avec les trois théses par FELIX MORROW OTRE opinion est celle des cama- vades des trois theses sur ce pro- mier point: il existe réellement une oppression nationale dans les pays cecupés. Ce Vest aussi quant au fait que oppression nationale existe actuel- Tement en Europe & un degré jamais atteint, réclamant de nous une compré- hension approfondic ct aigué de ce qu est < nouveau > dans la situation eur péenne et ce qui est analogue & la pre- miére guerre mondiale, Nos divergences sont centrées autour du rapport du mot d’ordre de la libé- ration nationale et celui des Etats-Unis Socialistes d'Europe, Nous affirmons gue les deux mots d’ordre doivent aller ensemble car autrement le mot Wordre de libération nationale dégénére en natio- nationalisme bourgeois pur et simple au service de l'un des deux camps impéria~ listes. Par contre, les < trois theses >, ce west que trop clair, lancent le mot dordre de libération nationale indépen- damment de celui des Etats-Unis So- cialistes d'Europe. Dans des discussions les auteurs des « trois thésés » ont indi- qué qu'ils considéraiont la libération na- tionale comme un mot d’ordre d'agita- tion IMMEDIATE et les Etats-Unis Sovialistes d’Burope comme un mot dor- dre de propagande, c'est-A-dire qui ne convient pas actuellement pour une agi- tation immédiate (en dépit des demandes répétées, ils n'ont encore rien écrit d’au- tre sur la question que les < trois the ses »), La distinction qu’ils établissent entre les deux mots d’ordre peut étre caractérisée comme une déviation natio- naliste, Cette différence entre nous A propos des mots d’ordre révéle une différence de perspectives, Nous disons que lop- pression nationale continuera en Euro- pe quel que soit le camp impérialiste qui gegnera la guerre. L’oceupation anglo- amérieaine de Europe constituera éga- lement une oppression nationale. Une vietoire anglo-américaine n’apporterait pas cette oppression & Allemagne et & a 1d ses glliés seulement, mais nous croyons qu'elle mainticndrait Voppression na- tionale de la France et des autres pays oceupés pour écraser la révolution s0- cialiste, Les “groupements bourgeois dans les pays occupés scront assurément les agents des « démocraties » dans cette tache. Les auteurs des theses, dautve part, parlent de prendre part au @ rétablissement des démocraties » et @une < révolution démocratique » (the- se III), ce qui, si les mots signifient quelque’ chose, ne peut vouloix dire que « révolution » autre que prolétarienne et participation de la bourgeoisie et de ses agents au sein de la classe ouvriére au rétablissement de la < démocratie ». Les « trois théses > envisagent done une nouvelle époque démoeratique en Europe. Naturellement ils pensent que ee sera seulement une étape sur la route vers le socialisme international. Mais ils se placent sur Je plan du travail en vue de cette éape (en substance) d’une ré- surrection d'une III République en France, République de Weimar en Alle- magne, etc... C’est pour eux une étape nécessaire préeédant la Intte pour le so- “ialisme. QUI RESISTE AUN NAZ Poursuivant la théorie des éapos, les auteurs des ¢ trois théses » sont ame- nés & une description complétement fausse de la composition actuelle des ombattants pour Is lihération nationale dans les pays occupés. Qui résiste aux nazis? Le eamarade Loris et les eam rades francais ont fourni des preuve irréfutables que le mouvement de rési tance est surtout prolétarien. La presse bourgeoise collabore avee les nazis, le reste de la bourgeoisie collabore aussi en partie ou ne jous aucun role; méme alc gaulliste André Philip dit, en manie- aire Wexcuse, que les éléments bourgesis anti-nazis ‘« font ce qwiils peuvent », mais que le prolétariat ost ame de la résistance, Cependant les < trois thé- sess, plus A droite que Philip dans sa recherche des éléments d'une révolu- tion démocratique, posent que: au mou- vement de résistance « participent tou- tes les classes et couches de travailleurs, ouvriers agricoles, fermiers, petite bou. geoisie urbaine... jusqu’aux fonetionnai ves, prétres, intellectuels et autres... Po: tout ils participent aux mouvements de protestations des travailleurs, des pa sans, & e0t6 d’étudiants, de journalistes, de professeurs, de fonctionnaires, de pré tres, de commercants, ete. (these 11) * si elles placent sur le méme plan les mas. ses résistantes de travailleurs et les p: gnées d’éléments résistants bourgeois! | Iv INTERNATIONALE Leur théorie erronée Jes conduit & une description fausse de la situation actuel- lement existante. Tandis qwils évoquent ainsi une vision mythique dun grand mouvement des éléments boutgeais, ils ne mentionnent mame pas les collaborateurs bourgeois nazis! Les « trois théses > soutiennent que Ie mouvement des travailleurs est pratiquement inexistant. « {1 n’y a plus de mouvement organisé et actif des tra~ illeurs » et « iI ne saurait tre ques- tion non plus de véritables organise tions révolutionnaires » (thse II). De 18 < dans ees eonditions la protestation contre les souffrances eroissantes doit trouver UNE AUTRE SOLUTION >, ce qui signifie < mm mouvement englo- bant la nation entire peut et doit ¢ ter », Ainsi les < trois théses > OPPO- SENT le mouvement national 2u mouve- ment des travailleurs. On peut voir maintenant clairement pourquoi ils ne calent pas combiner les mots d’ordre de Ja libération nationale et des Etats-Unis Socialistes d'Europe. ls considerent la libération nationale comme une solution autre que le mouvement des travailleurs. Cette théoric est erronée en fait, puis- que 1a lutte pour la libération s'est réel- lement développée sous la direction des organisations des travailleurs et des groupements des travailleurs. A suppo- ser,-cependant, qu'll a existé vraiment en France une puissante organisation nationale dirigée par la bourgeoisie, qui ait introduit dans son sein dimportan- tes seclions de travailleurs, quel serait notre devoir alors? Evidemment de mar- quer la FRONTIERE DE CLASSE tre les hationalistes bourgeois et les tra- vailleurs aspirant 4 la libération natio~ nale, @enseigner aux travailleurs qu’il ny ‘a pas < dautre solution > pour cux et que ceux-ci, quelles que soient les Aches qwils ont’ devant eux, y com- pris la libération nationale, doivent. com- hattre uniquement sous la conduite de urs propres organisations, Les travailleurs sous Ia botte nazie \veulent la Tiberté nationale. Bien. Notre devoir est de leur expliquer que la liberté nationale @ notre époque, est la tache de la elasse des travailleurs sous la. direction de la IV* Internationale. Notre devoir est de démasquer et de condamner les organisations nationalis- tes bourgeoises comme des agents dos impérialistes gui ne peuvent conduire qu’A Ia continuation de Poppression na~ tionale et A la repression contre les tra- yailleurs. On doit leur montrer, comme - 1a collaboration bourgeoise avec les nazis Ie pronve, que seule la classe ouvriére peut libérer le pays par la révolution prolétarienne. IV INTERNATIONALE 15 idieux de le répéter, mais les « trois théses » nous y obligent, Ilya de nouveaux problémes, de nou- velles occasions, de nouveaux devoir mais pas dans le sens ot les voient les « trois theses >. Je suis stupéfait que les auteurs puissent Gerire que la lutte « met tout sur le méme plan et prend une direction qu’on ne peut caractéricer autrement que comme un désir de liherts nationale » comme si, tondis que la se- conde guerre mondiale dure encore, les nazis avaient réussi A faire disparaitre la différence entre la bourgeoisie et le prolétariat dans les pays occupés! CB QUI EST REELLEMENT NOUVEAU DANS LES PAYS OCCUPES, C'EST QUE LE SENTIMENT NATIONAL DES OUVRIERS ET PAYSANS EST EN TRAIN DE DRESSER LEUR CLASSE PLUS VIOLEMMENT CON- TRE LA BOURGHOISIR COLLARO- RATRICE. 1/0PPRESSION NATIO- NALE A DONNE UNE NOUVELLE ACUITE A LA LUTTE DES CLAS- SES, Le sentiment national servant uni- guement la bourgeoisie, peut aujourd'hui étre employé contre la bourgeoisie des pays oecupés, Voila ce qui est nouveau, Tandis que le sentiment national peut aider maintenant le mouvement révolu- tionnaire, il est cependant stsceptible d’étre retourné comme une arme aux mains de Pimpérialisme, Voila pourquoi nous rejetons la plupart des méthodes de combat prdnges par les nationalistes bourgeois et leurs agents. Quel est Yes- sentiel de la tactique gaullisie-staliniste, par exemple? Espionnage pour le comp- te des Anglais, terrorisme individuel, sa- hotage individuel. ‘Tout ecla nous le con damnons parce qu'au profit d’un seul des camps impériailstes et incompatible avec les méthodes prolétariennes, Le ter- rorisme individuel contre les officiers et soldats allemands erée une situation dans laquelle il est impossible de frater- niser avee les soldats allemands, condi- nO Alors que le chauvinisme cultivé par les gouvernements, Vémigration et la radio de Londres n’était qu’un yoile grossier et répugnant destiné 2 dissi- muler les appétits des maitres impérialistes de "Europe, les désirs de con- quéte des grandes banques anglaises et américaines, par contre, le sentiment national des masses, extrémement confus, exprimait sous sa forme réaction- naire avant tout leur hostilité 4 une sur-exploitation de l'impérialisme alle- mand, leur opposition & l'état réactionnaive installé sous la protection des baionnettes allemandes, leur vefus de se soumettre A la dictature fasciste. Theses de la Conférence Européenne, février 1944, tion préalable et indispensable & V'union des travailleurs et soldats allemands e angais contre les impérialismes. Le terrorisme et le sabotage individuel qu apportent une aide tout & fait minime 4 T'Union Soviétique, si méme aide i! y a, mettent de véritables obstacles sui la route de la fraternité et de la révo- lution, seuls aides véritables de l'Union Soviétique. Les gaullistes ct les stalinis- tes, leurs alliés, sont ainsi en train dc sacrifier inutilement @’héroiques combat. tants qui pourraient étre infiniment pr cieux dans le combat révolutionnaire. doit voir maintenant combien il est portant de combattre la fausse idéologic et les méthodes des nationalistes bour- geois et leurs agents. Une victoire idéo- logique sur eux est la condition préat ble d'une lutte efficace de la classe ou- vriére pour la libération nationale. Mai il Wy a pas un mot de cela dans le theses. Dans leur recherche d'un mou- vement national distinct du mouvemen! ouvrier, ils commettent l'erreur de su- bordonner les méthodes de lutte des tra- vailleurs & Punité de la lutte nationale Nous attendons une réponse des au- teurs des « Trois théses 2. Nous ne se- rons que trop heureux de découvrir que certaines de nos eritiques viennent uni- quement d'une mauvaise eompréhension de leurs théses vagues, confuses et con- tradictoires. Mais je dois avouer que je me souviens aussi de la fausse impor- tance que les mémes camarades donn?- rent a la résistance des églises alleman- des & Vunification nazie; des camarade pensaient alors que les travailleurs pour- raient faire des progrds décisifs en s'ap- puyant sur la résistance de l'église. Jo ne peux m’empécher de penser que les auteurs des < ‘Trois théses > ont par li manifesté une tendance & noyer le mou- vement ouvrier dans des mouvements bourgeois < plus larges >, En toute ca- maraderie, nous devons leur demander de tirer au clair leur position dans leur esprit, et dans leurs crits, en étendant Finvestigation & tout ce que cette posi- tion implique. — PROBLEMES ee DE LA REVOLUTION EUROPEENNE IL 1) Le développement rétrograde du cay TLD soy A le denreston de: [iocpdancs nationale et des libestés démocratiques des plus importantes nations curopéennes. Dans ces cit- constances, la lutte de lasses doit échanger ses ancieanes traditions pour de nouvelles. méthodes. ‘Ala place du plus ou moins libre jeu des d.f- férentes forces sociales ct politiques dans let vieilles démocraties, T'existenee de partis poli- fiques et de syndicats, nous trouvons main'e- nant un mouvement de libération nation=|-dé- mocratique englobant toute la population dons la luite contre oppression nationale et poli- tique. Les ‘révolutionnaives devaieat choisi tenit sans conditions cer mouvement, ou se re- tirer complitement de Is vie politique. Car la Tutte pour les. libertés démocratiques nationales n'est nullement opposée Ia lutte é volution proléterienne qui, au contraire, possible sans passer par Ia révolution démo- cratique. Dans In pratique, le probléme se pose de Jutter pour prendre la direction du_mouvement ion, Ce n'est que sous la direction que le mouvement pourrait at- teindse son plein développement: sous Ix di- rection bourgeoise, il était condamné i peidrer son potentiel révolutionnaize et a dégénérer en agent de Pun ou de V'aulre impérialisme. & 2) Ces estimations et prévisions, établies en 1941 dans les «trois thises >, ont été pleine- ment confirmées par les événcments de l'année demigre — hélas! seulement dens le seas né- gatif — ce qui refléte In dégénérescence du mouvement ouvrier en général et la, faiblesse de Ia < gauche > en particulier. Dans tous les pays de "Europe, sous loc cupation allemande, les messes entrérent dans la Tutte contre oppression nationale, au cours de laquelle elles. utiliedrent toutes les méthode: de Ia ute de classe moderne, des manifestatic actes de sabolages, résistance pessive aux et révoltes armées, Laissant de cété les p: cularités spécifiques des différents mouvernents et montées révolutionnaires, nous trouvons les traits suivants qu'ils ont en commun: ce furent des mouvemenls auxquels toutes les peities de la population prirent part; d'abord indépen: dante de T'un ou de Taute camp impérialicte, ile utilisérent méme les méthodes les plus ava cfes de la lutte politique pour les revend tions démocratiques les plus élémentaires: in- pac des camatades de UND. dépendance nationale’ ct libertés démocratiques. Nulle part le mouvement ne dépassa les limites des revendications bourgeoises, et le prolétariat, qui, manifestement & Ta lutte, n'app. force indépendanie, mais restait, & quelques | exceptions pris, de nature locale ow tempo- raire, dépendant de la politique de 1a bowr- geoisie. Si le prolétariat, dont la participation dans cette Tutte pour la démocratie était en- tigrement justifiée et en’ rapport avec Ia situa tion historique, test montré incapable de pren- dre la direction du mouvement bourgeois démo- cratique, il a encore moins tenté de dépasser les limites de la démocratie bourgecise et d'en- tamer la lutte pour ses propres. revendications socialistes. Les divigeants révisionnistes des Vieux partis < ouvriers 2% stalinistes et réfor- rmistes, qui reprirent un semblant de vie, céus- sirent’ A altcler complétement le prolétariat au chariot de la bourgeoisie. L'aile révolutionnaire manqua de force ou de saine orientation pour influcr sur le cows des événements. Le le plus fatal fur joué par les partis staliniens, gui furent considérablement renforcés, non sei Tement & cause de leur passé révolutionnaire et du crédit que lear donne Mautorité de Union Soviétique, mais surtout parce quiils comprirent importance du mouvement national et qu’ils se postrent comme élant son meilleur défenseury pour pouvoir mieux I'étrangler entitle, (Ceci est, de monidre incidente, une preuve négative de Ia justesse de notre point de vue.) 4 3) Le prolétariat révolutionnaire n'ayant pas prendie la direction du mouvement démo- ue, il en Taissa Tinitiative aux de Gaulle, Tite, Bonomi et Cie; le mouvement ne pou- it, en. aucun cas, atteindre le but quill s'était la premigze tentative des_masses oppri- inées d'Europe, de réeliser Ia révolution démo- cratique ct de reconquérir Vindgpendance natio- nale, était condamnée & Ta faillite. Car dans Ia période de déclin eapitaliste, lorsque méme les revendications démocratiques les plus élémen- laires menacent les fondations du systéme éo- nomique, la révolution démocratique ne peut fe fore quien dénolissant Ia chapente do capi talisme. insi, les différente mouvement: Aationaux cnt laissé inchangés les traits fondamentaux de Timage politique de "Europe. Bien stir, le si lence mortel de la vie politique 2 quelque pew &E trouble, les viewx partis politiques et sya- IV INTERNATIONALE WwW dicats sont revenus a la surface; des person- ages comme Croce, que W’histoire avait depi longtemps remisé au grenier, hantérent encore tune fois la seéne politique; ‘Ia lutte de classe semblait reprendie son cours traditionnel, ete., fte.. mais ces fails ne peuvent étre inte té comme un renouveau de la vieille démo- cratic, Ceci ext plutot un reflet du passé, toléré par les impérialistes alliée pendant la june de miel de la libération >, mais sans bases écono- miques et cause de cela sans espoir de longue vie, Si lépoque de Ia « libération > différe en cela de « FOrdie nouveau », la diflérence n'est pas tellement chez les < libérateurs » permet- tant quelques politiciens banqueroutiers. de mener un jeu douteux avec des formes vides démocratiques, mais plutot dans leur fagon de mener les masses a une famine encore plus épouvantable ct a la mistre par “une. désorga- nisation de l'économie sans préeédent, 4) De ceci, pourtant, il ne découle nulle- meat quala terrible calamité économique pous- sera, d'elle-méme, les masses sur la voie du cialismes ni que leur expérience de V'incapacité des politiciens bourgeois a tendence stalinienne, éformiste, ou libérale, de réaliser leurs. propres, revendications, sera suffisante pour le faire, Ceitainement, les masses ont appris de leur expérience, Bien des illusions dans T'aide d'im- périalismes étrangers ont disparu;_certainemen Ja deuxiéme vague de le révolution démocra- que ne rencontrera plus les obstacles qui me- nacaient la premigre vague. Mais ceci ne veut pas dive que la conscience des masses ait été radicalement transforthée, que le prolétariat a atteint un degré de conscience qui pemmettrait au Parti révolutionnaire de ne porter qu'une attention limitée a la lulte pour Tes tevendications démocratiques; cela ne veut pas dire gue le Parti révolutionnaize n'a rien Gautre a faire que de présenter un programme révolutionnaire bien préparé et des mots dordre socialistes tels que « tout le pouvoir aux So- viels > ou < Etats Unis Socialistes d'Europe > afin d'acquérir le soutien de la partie décisive des masses et de les mencr gloricuscment & la prise du pouvoir. Un tel super-optimisme n'est nullement asa place, car cela consiste & ignorer les veaies dif- ficultée; une orientation politique qui saute une étape décisive de Ia prise de conscience de masses, qui considére Ia lutte pour les revendi- cations démocratiques comme une question em- berrassante au lieu de la traiter comme le pro- bléme central et levier historique de la sévo- lution socialiste — une telle orientation est malhonnéte. Cela n'a pat de sens de nous in- toxiquer avec les gréves et les révoltee armées gui ont eu lieu; c'est notte devoir de com- prendre leur sens. él Les événements d'Italie pourraient donner Vimpression que les masses, contrairement aux prévisions des < trois thises’», reprendraient Te cours du développement a T'étape ait elles Vabandonnérent en 192] et qu’elles mettraient immeédiatement la révolution socialiste & l'ordre du jour. La réalité, pourtant, prouve l'impossi- bilité d'un tel saut du fascisme diréctement au socialisme; elle met en avant comme tache im- médiate la reconquéte des l:bertés démocratiques indispensables. Par cela mémé, MItalie auit le méme chemin que les mouvements des autres pays dEurope, L'élément national de la lutte. qui au début ne se manifestait pas a cause des ciiconstances. spéciales, se manifeste maintenant aussi_en Italie, Les premiéres étapes du mou- yement en Italie moniraient quelques traits qui wétaient pas essentiels pour ce pays; quelle erreur de prend:e cela comme exemple cles- que du prochain développement de toute TEurope. Crest le France, et non pas I"ltalie, qui re- présente Texemple cla ique. Ici, le mouvement apparaissait dés le début clairement et indiseu- tablement comme un mouvement de tout le peu- ple dirigé contre oppression nationale, et il montrait toutes les possibilités de ee développer au dela des limites de la lutte bourgeoise. (Tout le pouvoir aux Comités de libération nationale: lutte contre le désarmement des milices, etc...) Puisqu‘on laissa échapper 'opportunite qui se présentait, cette tache resta sans. solution. Le < démocratic » de de Gaulle se désintégre d avant davoir séricusement. débuté. L’oppression nationale est restée, seuls les uniformes des op- presseurs ont changé, Car I" ¢ indépendance no- tionale de la France, par la grace des E.-U., est une farce, et ceci est compris par une par- tic toujours plus grande du peuple francais L’Allemagne avait intérét_ au bon fonctionpe- ment de l'économie francaise, en faveur de :a propre économie de guerre; mais limpérialieme américain, qui peut trés bien mener Ia guerre sans l'aide des usines fran ¥ tér@t A rétoblir Ja santé clun view concurrent impérialiste. Par conséquent, il ne re un doigt pour remettre sur ses pieds mie francaise, totalement écroulée, et en liaison avec cela, l'indépendance nationale de la France. La méme chose, naturellement, pour toutes Jes nations européennes qui jouissent du_réto- blissement de la « démocratic > et de ¢ Vindé pendance nationale > par la bienveillance an- glo-américaine et russe. La situation actuelle eat, de ce fait, dans’ ses traits essentiels, parcille que celle de 1941, et les « trois théses > n'ont s seulement été confirmées, mais leure propo- sitions pratiques sont toujours valables. 5) Les lecans tirées de lexpérience d'un mouvement démoeratique en Allemagne (mouve- ment de I'Eglise) jouent un réle important dans Ja détermination de notre attitude vised-vis du mouvement national dans les pays. européens) sous occupation allemande, Aujourd’huis les mimes idées, enrichies par Wexpérience de eet mouvements nationaux, peuvent étre appliquées a TAllemagne. Car la machine de Toppresion 18 Iv INTERNATIONALE qui fut d'abord expérimentée avec succés sur Te peuple allemand et qui ensuite, pour quelque temps, sema Ia destruction sur-toute Europe, sous le signe de la croix gammée, se retourne maiftenant contre I'Allemagne, od, avec une fureur redoublée (cetle fois sous d'autres dra- eaux), elle rasera & terre tout ce qui reste ee vie sociale, politique et économique que les nazis n'ont pag réussi & détruire. La tendance générale de centralisation du ca- pitalisme-monopoleur se manifeste 2 nos yeux avec une logique effrayante. La nation ‘curo- péenne la plus développée, qui n'a que récem- ment asservi a T'état de colonies et paralysé autres nations hautemeat développées, devient maintenant un objet d'oppression nationale de~ vant étre abaissé A un niveau encore plus bas que celui de Inde. Nous rencontrerons. done en Allemagne d'apris-guerre toutes les conditions et _problémes qui caractérisaient les pays sous occupation allemande pendant la guerre. La présence de fa terrible oppression nationale arrachera les masses populaires de leur apathie — ces masses brisées et réduites & Vétat amosphe par des an- nées de tyrannie fascisle — ef suscitera un im- mense mouvement national - démocratique, Au lieu du facile espoir d'une levée spontanée des ouvriers allemands, au lieu d'entretenir des illu- sions dune révolution prolétarienne imminente, les révolutionnaires devront, ainsi que ce fut le cas en France, soutenir inconditionnellement ce mouvement, accepter le détour nécessaire de la révelution démocratique et conquétir la diec- tion au cours de a lutte, afin que ce mouve- ment, dépassant les limites nationales-démocra- tigues, puisee en tant que mouvement du Iéariet contre la bourgeoisie, réaliser la révo- lution socialiste. 4 6) En Allemagne, ce mouvement rencontrera des conditions incomparablement plus fevorables A un sain développement, que celles expérimen- tées par le mouvement correspondant, en France. Toutes les illusions qui corrompaient le mou- vement frangais, ne pourront fleurir sur le sol de Allemagne’ d'aprés-querre. I ne peut y avoir de fallacieux eepoirs dans l'aide d'un im- érielime < ami >. Et les réactionnaires sta- ¢ n'auront pas. place edans ce mouvement partir duquel ils pourraient espérer étendre Teur influence pevnicieuse, car la Russie so trouve totalement du caté dee impérialistes op- primant ['Allemagne, ii Le rile que joueront les traditions intellee~ tuelles de 'Allemagne ne doit pas elie, sous- cestimé; la continuité de ces traditions n'a pas | pa étre interrompue par la courle période — Historiquement parlant — de-la domination de Hitler. Les guerres de libération nationale de 1813-15, les mouvements d'étudionts (Bur- schenschaft) de 1848, la philosophic classique allemande et ses réalisations, Ie socialisme scien- Wifique, sont toujours présente dans esprit des Allemands et donneront au mouvement l'arma- © théorique nécessaire 4 la victoire. L’Allemagne abandonna sa fonction de « conscience théorique du monde > (Marx) pour démontrer au capitalisme les mé tiques pour le maintien de sa dor ions du déclin impérialiste; mais elle fenant en train de reconguérir son an~ cienne position et se prépare & joucr un role dirigeant dans les prochaines lutes en Europe. ao 7) Il est évident que toutes ces tendances doivent étre matérialisées par des preuves dé- taillées qui seraient Faciles & trouver. Mais elles prédisent que la premiére tentative infructueuse de Europe, pour se débarrasser de Voppres- sion nationale et reconquérir la démocratie, n’était qu'une répétition générale des prochaines: grandes. guerres national-démocratiques de libé- ration de tous lee peuplet opprimés de TEu- rope. Les conditions matérielles sont, cette fois-cis extraordinairement favorables pour que le pro- létariat.picnne avec suceés la dircetion de cette latte gigantesque et accomplisse sa tache histo- rique. Car, < le soulévement de la classe ou- vriére, brisé par le mécanisme de l'impéria- lisme, désorganisé, démembré, atomisé, scissionné, déchité -en son sein, politiquement démoralisé, internationalement isolé et contrdlé (et dont les organisations furent corrompues, paralysées, dé- ‘cimées avec l'aide de leur direction dégénérée, et qui somt finalement brisées et exterminées, que toutes sortes organisations bour- geoites ct d'opposition), revét également une nouvelle forme, dans ces nouvelles conditions. Il devient plus compréhensif et général. il trouve une aide importante dans la rebellion des peu- ples et des. nations opprimées brisées, paraly- sées et nivelées par le monopole de quelques nations, — mais de ce fait également unies contre ce monopole et tirant des enscignements | de son mécanisme, — et il restaure l'interna- | Fonalisme en lambeau de e¢ mouvement, sur un plan plus univertel. Plus que eela: ce souléve- ment prépare le fondement de « Vidéal clase sique > du mouvement ouvricr, pour l'eccom- pliseement de'la. révolution prolétarienne en ré- yolution mondiale simultanée. (Barbarie capita liste ou socialisme.) La lutte nationale en Europe ” res de Vunité italienne, les guer- res de la Prusse contre l’Autriche et la France, le troisitme quart du xax’ sidcle marque Ja fin de l’époque de formation des grands Etats bourgeois Ceci ne sifinie pas que les questions na- tionales aient cessé de préoccuper l"hu- manité. Loin de la, Le développement inégal du capitalisme apparait dans ce domaine comme dans d'autres, UN REGARD DANS LE PASSE A VEC la guerre de Sécession, les guer- Le probléme national était clairement posé alors pour certains peuples du cen- tre et du sud-est de Europe. Laissant de cété 1a question de VIrlande, le pro- bléme alsacien de I’Allemagne, les ques- tions catalanes et basques en Espagne, ily avait les nationalités opprimées des deux Empires semi-féodaux, l’Autriche- Hongrie et la Russie, de méme que celles qui résultaient de morcellement de I'Em- pire ottoman, Le probléme national en Europe apparut ainsi essentiellement comme un vestige de la grande tache historique d’émancipation eréée par le passage du régime féodal au régime pitaliste, mais que ce dernier a été inea- pable de résoudre complétement. Le développement de Vimpérialisme souleva bientét la question nationale dans un autre groupe de pays, les pays colonianx (ou semi-coloniaux tels que la Chine ou la Perse). Tandis que les libé- vaux de toutes sortes pouvaient se ré- conforter en pensant que le probléme na- tional en Europe m’était qu’un retard historique qui se rattraperait plus ou moins vite, la formation des empires co- loniaux démontra bientdt que la question nationale naissait inévitablement de la phase LA PLUS MODERNE du capita- lisme, le capitalisme financier. Cependant le développement des colonies a pu aussi tre interprété comme une ascension his- torique vers YEtat national, provoguée par le développement des forces produe- tives aux colonies sous le choe du capita- lisme. Ebranlant les grands empires faits de -PAR MARC LORIS nationalités multiples, éerasant les peti- tes nations entre les grandes, la premié- re guerre impérialiste»mondiale donna un renouveau au probléme national en Europe, lui apportant. une acuité nou- velle dans les pays qui ne l’avaient pas encore résolu (Autriche, Hongrie, Rus- sic) ou le ranimant dans les pays ot Vhistoire Vavait réglé depuis longtemps (Belgique oceupée). Contre ceux qui sous des prétextes divers, renient ou diminuent Vimportan- ce des questions nationales & notre épo- gue (Luxembourg, Radek, Boukharine, Piatakov) Lénine éerivait souvent, pen- dant la dernigre guerre : « L/impéria~ lisme est Pépoque de Voppression des nations sur une nouvelle base histori- que.., L'impérialisme renouvelle Je vieux slogan du droit des peuples 2 disposer @enx-mémes. » Liidée fondamentale de Lénine était que, contrairement a Pattente des libé- raux, le développement du capitalisme renforce Voppression nationale, Dans les rangs révolutionnaires, il y avait beau- coup de problémes de, liberté nationale, du moins en Europe sous prétexte que Vimpérialisme faisait de toutes les liber tés nationales une utopie et une illusion. A Boukharine qui niait la possibilité de mouvements nationaux européens, Léni- ne répliquait que, en ce qui concerne la question nationale, Boukharine « n'a pas démontré et ne démontrera pas la distinetion entre les colonies et les pays opprimés de l'Europe »; naturellement Lénine mieux que personne savait mon- trer la différence entre l'Europe impé- rialiste et le monde colonial opprimé Mais il niait le caractéve absoln de cette différence. Tl montrait que l’époque im- périaliste ne ranimait pas seulement les problémes nationaux non encore résolus en Europe mais donnait naissance & de nouveaux. Par exemple, dans une polé- mique contre les partisans polonais de Rosa Luxembourg, Lénine citait titre dhypothése, en 1916, la possibilité de voir la Belgique occupée se lever contre V'Allemagne pour son émancipstion, Av méme moment Trotsky écrivait: « L'in- dépendance des Relges, des Serbes, des (ttre Allemagne, ete...) » 20 Polonais, des Arméniens ct autres peu- plos, appaitient au programme de la lutte du prolétariat international con- tre Vimpérialisme. > Tl n’hésita pas & mettre une nation impérialiste écrasée de VEurope Occidentale sur le méme plan que les peuples coloniaux de VOrient. Pour Lénine, Vintensification du pro- biéme national en Europe proprement dite n’était pas le résultat fortuit d'un événement militaire, tel que la. supério- rité des armées germaniques. Elle avait une cause beaucoup plus profonde. Elle découlait de la nature méme de limpé- rialisme. Kontshy avait essayé d’expli- quer Virapérislisme par le besoin pour les pays industriels do s¢ combiner avec les pays agricoles, théorie qui cache le caractére violent et réactionnaize de Vimpérialisme en le représentant_ com- me une sorte de division internationale du travail, Lénine, réfutant Kautsky, Gerivait dans son livre eur Vimpérialis- it caractéri me est précisément qu'il lutte pour annexer non seulement les régions agricoles, mais méme les régions les plus industrialisées (avidité de I’Allema- gne A V'égard de la Belgique, avidité de Ia France vis. de 12 Lortaine), par | ce que 1° le fait que le monde es! déja divisé oblige ccux qui désirent une now- velle division 4 s’élancer A la conquéte des territoires quels qu’ils soient et par- ce que 2° un trait essenticl de Pimpé- | rialisme est ia rivalité entre um certain nombre de grandes puissanees dans la Intte pour Vhégémonie, c’est-A-dire pour la conquéte de territoires moins pour leurs besoins directs que pour affaibl Vadversaive et saper son hégémonie, (La Belgique est surtout nécessaire a P’Alle- magne comme base d’opérations contre VAngleterre; T'Angleterre a besoin de Bagdad comme base. dopérations con Ces lignes sont profondément yraies, peut-étre plus aujourd'hui que lorsqu’el- les furent écrites: | 1° Elles expliquent les caractéres spé- ciaux de Vimpérialisme germanique pri- vé de colonies; « le fait que le monde est divisé obligent ceux qui désirent une nouvelle division & s’élancer & la con- quéte de territoires quels qu’ils soient. 2° Elles montrent aussi que mainte- nant toute conquéte a en méme temps un caractére de strgtégie militaire et un caractére économique et qu’il est impos- sible d’établir une distinction nette en- tre les deux, 3° De plus Lénine m’hésitait pas mettre sur le méme plan l’occupatior d'un petit pays impérialiste écrasé (Bel- IV INTERNATIONALE gique) et la conquéte d’une colonie (Bag- dad) en montrant que tous les deux avaient la méme cause profonde qui est « le trait caractéristique de limpéria~ lisme », Ces trois points sont également importants pour la compréhension de Vépoque que nous traversons, LE PROBLEME NATIONAL DANS L’EUROPE D’AUJOURD'HUL Pour détruire le caractére absolu des affirmations des sectaires, Lénine, dans sa polémique sur la question nationale, a dit souvent indiquer les possibilités du développement historique. Ces possibi sont devenues aujourd'hui des réali tés. Si pendant la dernigre guerre, le probléme national en Europe a eu un ca- ractére fragmentaire, il embrasce au- jourd’hui tout le continent. La deuxiéme guerre impérialiste est la continuation ce la premitre, mais sur une échelle beaucoup plus grande, Malgré la parti- cipation de Amérique ef du Japon aux cotés des Alliés, la guerre de 14-18 reste essentiellement une guerre européenne. La guerre actuelle englobe le monde en- tier au plein sens du mot, De méme que pour le Kaiser, Voccupation de la Bel- gique était seulement une opération pré- paratoire pour la lutte sérieuse contre la Brance, de méme pour Hitler Poceu- pation du continent européen n’était qu'un prélude A la lutte contre Vempire britannique, contre FURSS et surtout contre VAmérique, Maintenant, toute PEurope est une Belgique envahie. Les vietoires foudroyantes de TAllemagne- ont fait disparaitre tous les fronts ter- restres de ?Ouest eu du Sud-Bst de l’Eu- rope. Sans compter quelques-uns des alliés de Allemagne, dont la situation n’est pas trés différente de celle dun territoire conquis, prés de 250 millions de non-Allemands sont maintenant. sous la botte nazie, Différence quantitati énorme en comparaison avec la derniére guerre! Mais ils y a aussi une différence qualitative, Pendant la demni’re guer- re, la plus grande partie de la popula- tion active de la Belgique avait émigré cn France. Peu était resté et seulement des vieillards, des “femmes et des en- fants. Aujourd’hui la population enti¢re d'une douzaine de pays doit vivre, tra- yailler et souffrir sous les satrapes hit- leriens, L’Burope de 1989 n’était plus I'Euro- pe de 1914, Blle avait 6 considérable- ment appauvrie. Dans l'impasse de Ia so- ciété bourgeoise, tous les antagonismes sociaux et nationaux s’étaient exacer- bés jusqu’A un degré sans précédent. Diun autre cdté la guerre est mainte. IW INTERNATIONALE 2 nant conduite sur une échelle mondiale L’absence d’issue historique sur une ba- se capitaliste, l’apreté d’une lutte dont les enjeux sont tout ou rien, la nature politique réactionnaire du nazisme, tout ceci a conduit l’impérialisme allemand & soumettre les pays envahis 4 une bru: tale exploitation et a une oppression barbare sans préeédent dans Vhistoi de l'Europe moderne. Et ceci a aussi poussé les peuples & la résistance ot 2 la révolte. U1 west plus question de déduire théoriquement la possibilité d’un problé- me national dans une Europe qui a de- puis longtemps résolu la plus grande partie de ce probléme, I n'y a qu’a ou- vrir les yeux pour svassurer de l'exis- tence de mouvements nationaux sur une échelle en outre, qui neut jamais d’éga- Je en Europe auparavant. Le fascisme, « Timpérialisme dans sa forme chimi- quement pure », concentre et com- bine toutes les formes d’oppression na- tionales qui ont été observées jusqu’ présent aux colonies: travail foreé, énor- mes déportations Wouvriers et de pay sans, évictions massives, _ privileges pour les membres de la nation don nante (tribumaux spéciaux, rations ali- mentaires plus shondantes), villages ra- sés par des expéditions punitives, ete... En face de cetie réalité, seul un pédant incurable peut nier la possibilité de Pexistence d’un mouvement national en Europe, sous prétexte que nous sommes maintenant & l’époque de V'impérialis me. En réalité, un tel raisonnement ré- véle um manque total de comprehension de Vimpériaisme, de son caractre vio- lent, réactionnaire, qui le pousse A sa propre destruction. Sous un masque de radiealisme, cet argument trahit une jnertie de pensée héritée du libéralisme, Des raisonnements semblubles courant parmi tous les typos de libéraux nizient il y a quelques années la possibilité du faseisme en Allemagne; pays industria~ lisé A un trés haut degré — imaginez! Une réaction fasciste est seulement pos- sible dans les pays peu développés, semi agricoles... Une tele mentalité t manque complet de compréhension de notre époque, En réalité nous ne sommes plus & V'époque de Pascension, ni méme Ai V’apo- gée du systtme capitaliste, mais & son déclin. Toute la société bourgcoise se dé- compose, se putréfie et cette désagréga- tion nous apporte beaucoup de choses nouvelles, « méme en Europe ». Le fas- cisme est venu, maintenant cest Yop pression nationale de 250 millions d’hom- mes dans des pays od Vhistoire avait, pour la plupart dentre eux, résolu de- puis longtemps ce probléme. Le probléme soulevé aujourd’hui par Yimpérialisme allemand, peut demain @tre soulevé par Vimpérialisme améri- cain, Au cas dune défaite allemande et dun retard de la révolution prolétarien- ne, la domination américaine sur VEu- rope, en se faisant plus grande, prendra des formes nouvelles, Au lieu de la mé- thode précédente de prépondérance fi- naneiére, elle cherchera la .suprématie politique soutenue par des moyens mi laires, Le < second front » peut devenir le prélude de occupation du continent par les troupes américaines, Le chan- tage par le moyen du ravitaillement et des crédits sera complété par l’établisse- ment @une police yankee. Si la révolu- tion prolétarienne n'est pas rapidement victorieuse, le probléme national s’éta- blira dans une Europe ruinée pour de nombreuses années, Ainsi, le mouvement national en Eu- rope n'est pas simplement le produit @un épisode militaire fortuit, mais dé- coule de tout le déclin impérialiste. Bt il prend une tres importante signifi tion historique. Si Hitler avait pu uni- fier l'Europe, la Révolution prolétarien- ne somblerait bien plus reculée. L’aboli- tion des frontiéres aurait ouvert la voie sur des bases capitalistes 4 un nouveau développement des forces productives sur le continent européen, Mais Hitler n’a pu accomplir pour VEurope ce que Bismarck accomplit autrefois pour 1’Al- lemagne. C'est précisment ce mouve- ment xetuel de résistance gui montre clairement Vimpasse historigue oa se trouve le nazisme, forme politique 1a plus avaneée de T'impérialisme. Ainsi, en un certain sens, le ‘mouvement de résistance des peuples opprimés repré- sente les intéréts historiques du déve- loppement de Vhumanité, C’est le pré Iude ct la garantie d’une nouvelle mar- che en avant, Gonfirmer Vexistence d’un mouvement national européen ne signifie pas identi- fier A TOUS LES POINTS DE VUE ce probléme national actuel avec les questions nationales du passé en Euro- pe ou méme du présent dans les col nies. L’oceupation de l'Europe par VAL Iemagne a soulevé un probléme national generis >, C’est le mouvement de Gerasés par un impérialis- ssant a Vépoque d’agonie Nous devons remarquer ici, afin d’es- sayer de comprendre ce qui se passe en Burope, que Vadministration nazie dans les pays conquis différe beaucoup d’une occupation militaire traditionnelle (par exemple celle des Prussiens en France en 1871), Certains territoires ont été 22 formellement incorporés @ l’Allemagne; autres (gouvernement général de Po- logne, protectorat de Bohéme-Moravie) ont un statut colonial sans aucune pro- messe de libération future. Mais méme dans les pays qui sont simplement sous Voccupation militaire (Belgique, France oceupée), les Nazis ont pris un grand nombre ‘de mesures économiques, poli- tiques ct sociales qui dépassent de beau- coup les exigences d’une simple occu- pation militaire (par exemple des me- sures contre les juifs). LE MOT D’ORDRE DE L'INDEPENDANCE NATIONALE Toute lutte nationale est aussi A di- vers degrés une lutte sociale. Ceci est particuligrement vrai du mouvement de résistance actuel on Europe, Sousele poids de V'oppression, la haine, la rage ct le désespoir accumulés dans les pays conquis ont éclaté sous les for-s mes de révoltes les plus diverses et des zeprésentants des groupes sociaux les plus divers sont cntrainés dans ces mouvements. Mais, si l'on considére Vensemble, il apparait que le foyer de la résistance se situe dans la masse des travailleurs, les ouvriers, et pour le centre et le sud-est de l'Europe, les paysans, Les nazis ont, en général, frou- vé un langage commun avec la grande bourgeoisie industrielle et financiére qui est terrorisée par la crainte du com- munisme ct cherehe un moyen de sau- ver le plus possible de ses profits eb de ses priviléges. Le cas le plus typique est celui de la France, Avec la moyenne ct la petite bourgeoisie des villes, les nazis ont eu beaucoup moins de succ®: ils ont trouvé cependant des collabora~ teurs politiques, des aventuricrs fas- cistes et, par-cessus tout, des fonction- naires du régime précédent qui se tiennent aux edtés des représentants de . Autour des nazis, gravitent aussi un certain nombre. d’entremet- teurs, de profiteurs, de spéculateurs de marché noir et de ¢ nouveaux riches ». Mais plus on péndtre profondément dans Jes masses populaires, plus on sent unc haine féroce contre l'envahisseur, plus générale est Yopposition au nazisme, Tl est intéressant de noter, A ce pr pos, le rapport récent d’André Philip, ancien député francais, qui s'est éehap- pé de Lyon il y a quelques semaines ct qui, 2 Son arrivée A Londres, a été nommé par de Gaulle membre du Con- seil national francais des Forces com- battantes, Le témoignage de Philip est important, @abord parce qu'il est gaul- liste et ‘ainsi notre adversaire poli- IV’ INTERNATIONALE tique, et aussi parce qu’il vient juste de quitter la France ot il était en contact étroit avee le mouvement de ré- sistance, enfin paree qu’il est en géné- ral un observateur honnéte. A son ar- rivée A Londres, i déclara: « Le gros de la résistance est cons- titué par des ouvriers. Les paysans sont hostiles & Vichy, mais restent en- core dispersés. Les traftres et les col- Jaborateurs ont éé recrutés seulement parmi les gros industriels et la classe riche, La classe moyenne ct les repré- sentants des petites et moyennes indus- nous sont favorables en général: font ce qu’elles peuvent, aux prises avec de terribles difficultés. '» La dernigre phrase semble une ex- case pour le manque d’activité de ees groupes de Ia classe moyenne, Sommes- nous témoins dune Tutte de la hour- geoisie, au milien de Vindifférence des masses populaires? Non, c'est exacte- ment le contraire, Méme Vopposition des ouvriers 2 la grande bourgeoisie, qui whésite pas 2 collaborer lorsqu’elle croit en tirer quelque profit, fait partie de la lutte nationale. Le sentiment na- tional, longtemps monopolisé par la classe’ dirigeante, pour mieux assurer domination et étendre sa rapine, est maintenant un ferment révolutionnaire qui souléve les masses révolutionnaires contre Vordre établi. Le caraetdre social de ce mouvement est également tres clair en Pologne. La, dans les villes tout au moins, Ta résis- tance & l'oppression germanique est di- rigée par des groupes douvriers qui n’ont que haine pour le régime d’avant- guerre et mépris pour le gouvernement en exil a Londres. Ce caractére du mouvement ne lempéche pas cependant de se présenter sous le mot dordre de Vindépendance du pays. Et avee raison! Dans tous les pays envahis, toutes les questions politiques et méme d'autres gravitent autour de ee probléme contre la présence d'un maitre étranger, Tou- tes les taches démocratiques, si impor- tantes en ce moment, revétent un ca- ractére abstrait et itréel si elles ne comportent pes en premier lieu la re- vendieation de Vindépendance nationale, Les luttes éeonomiques de ce genre sou- lavent le probléme de Pindépendance du pays: méme en France non occupée, la population sait bien que le mangue de nourriture est di au pillage des Alle- mands, Le devoir élémentaire des marxistes cst @inserire a leur programme les xe- vendications de Vindépendance natio- nale qui, bien qu’ayant depuis long- temps perdu tout contenu pour la pla part des pays européens, a pris mainte- I INTERNATIONALE 23 nant une nouvelle réalité sous influence des catastrophes entrainées par lagonie du capitalisme. Pour nous, ce n’est_pas Seulement une question de tour d’adres- se, mais honnétement ct sincerement un principe élémentaire des droits démocra- tiques. Le marxiste propose de com- pattre pour sa réalisation de Ja fagon dont il résoud tous les problémes pat des méthodes révolutionnaires et non en salliant avec un des camps impé- rialistes, Prendre une attitude négative envers Vindépendance du pays, c'est abandomner les masses ouvritres et tous les travailleurs en général aux dangers de la démagogie nationaliste et reac- tionnaire. L'Europe n'est pas 2 la veille d'une nouvelle vague de révolutions natio- nales bourgeoises, mais des révolutions socialistes et proiétariennes. Mais telle est la dialectique de Uhistoire que le systéme capitaliste révéle sa banque- route par rapport 2 un certain nombre de peuples sous Ia forme @une nou- velle oppression nationale, Envers le mouvement actuel de la résistance, trois attitudes sont possibles, La premiére est d’y voir une sorte de Vendée réa tionnaire menacant Pouvre nazie « d'un fication » de !Burope. Seuls les laquai @Hitler prennent une telle position qui accorde au fascisme un caracttre pro- gressif. La deuxitme est l'indifférence, fa situation < temporaire > et, en outre, trds complexe; attendons des temps meilleurs. Inutile de dire que ceci n'a rien de commun avee le bolchevisme. La troisiéme attitude est de reconnaitre Je earactére explosif du mouvement national populaire dans )'Europe * ac- tuelle. Indépendamment de la conseicnce actuelle de ce mouvement, objectivement il ouvre la voie & la révolution prolé- tarienne, ¢ La dialectique de I’Histoi est telle, écrivait Lénine en 1916, que de petites nations impuissantes, comme facteur indépendant dans la lutte con- tre Timpérialisme, jouent le réle en tant qu'un des ferments, un des ba- cilles qui aident la véxitable force con- tre V'impérialisme & entrer en seine, A savoir le prolétariat socialiste, » Et la guerre impérialiste? peuvent objecter eertaines gens. Peut-on soute nir cette revendication de T'ndépen- dance nationale, tandis que la guerre continue? Est-ce que ceci ne signifie pas une adhésion & l'un des camps impé- rialistes? Si, aprés la signature de la paix, Poppression continuait pour quel- ques pays européens, alors, sans aucun doute, il nous favdrait inscrire sur notre drapeau Id revendication de lin- dépendance nationale pour ces peuples. Mais peut-on le faire maintenant sans participer de ce fait la guerre impé- vialiste? La situation serait certaine- ment beaucoup plus simple s'il y avait oppression nationale .en Europe sans guerre impérialiste, Mais, malheureuse- ment, notre époque est loin d’étre sim- ple et c'est précisément la guerre im- périaliste qui fait venaitre Yoppression nationale, Le raisonnement qui vou- drait nous faire attendre la fin de la guerre souffre d’un formalisme fatal. On le voit clairement dans l’exemple de la. Tehécosloyaquie. Les territoires non allemands de Bohéme et de Moravie sont devenus un protectorat allemand avant que n’éclate la guerre actuelle. I nous eurait fallu alors étre pour Yindépendance nationale des Tehdques, gbandonner cette revendication au mo- ment de la déclaration de guerre et la re- prendre au moment de la conclusion de la paix, Mais ce n’est pas tout. Une paix impérialiste serait A peine diffé- renie de la guerre. Nous “sommes dans une époque de bouleversements ott la barridre, qui sépare la guerre ct la paix, seefface de plus en plus, La guerre ac- tuelle peut ¢tre et sera sans aucun doute suivie pur d'autres opérations mi- litaires: & Vintérieur de l'Europe, dans Jes colonies, entre ceux qui furent. al- liés, contre les nouveaux états proléta- riens, etc... Quand exaetement les for- malistes nous autoriseront-ils 4 repren- dre les revendications d’indépendance tionale? Tout ce formalisme vient d'un manque de compréhension de la nature des mouvements nationaux ac- tuels et de la maniére dont nous les soutenons. En dépit de la grande im- portance quelle a pris en ce moment, Vindépendance nationale reste une re~ vendication démocratique. Comme. telle neus combattons pour sa réalisation, mais avee nos propres *méthodes, et nous V'intégrons dans notre programme de révolution socialiste. Si demain Hit- ler attaque la Suéde on la Suisse, nous Doffrirons aucun secours aux gouverne- ments bourgeois de Suede ou de Suisse, de méme que nous n’en n’avons aecor- dé aucun aux gouvernements yougo- slave, norvégien ou grec, ear nous n’en avaurions retiré aucun profit pour le so- cialisme ou méme pour la démocrati Mais si dans le cas d'une défaite mili taire et de I'écrasement le l'état bour- geois, il se formait alors un mouvement national populaire de résistance & Pop- pression allemande, nous le soutien drons, car un tel mouvement, objecti- vernent, conduit 4 la révolution. Laide que nous apportons ne dépend pas de Ja question formelle du moment, pen- 24 IW INTERNATIONALE dant ou aprés la guerre impérialiste, vmais de la nature politique et sociale ‘du mouvement, Aussi longtemps qu’il sera un véritable mouvement de révolte Ges masses populaires contre l'oppres- sion, c'est notre devoir élémentaire de Te soutenir et naturellement ee soutien ne signifie en rien Is participation poli- tique & la guerre impérialiste. Le « second front » peut tre invo- qué contre notre mot ordre. Il est tout 2 fait vraisemblable qu’un jour on Vautre les Nations Unies débarqueront en Burope. Dans ce cas, aussi lonptemps qu'un pays sera divisé par un front militaire, le mot ordre dindépen- dance nationale perd tout contenu ré- volutionnaire. Mais confondre la réae lité @anjourd’hui_ avec la possibilité de demain est une faute sérieuse dans la tuctique révolntionnaire. Mais, apres tout, lapel & lindépendance nationale ne peut-i] servir @instrument aux mains de limpérialisme anglo-américain et de ses satellites pour enchainer les peuples & la guerre impérialiste? Sans aucun doute! Mais existe-t-il une seule reven- dication démocratique qui n’ait été uti- lisée par la ourgeoisie pour eacher ses buts et tromper le peuple? Pas une seule! La téche des marxistes n'est pas Wabandonner les revendieations démo- eratiques, parce que la hourgeoisie es- saie de dissimuler son odieux visage derriére elles, mais de les défendre par des moyens révolutionnaires et de les intégrer dans la reconstruction socia~ liste de la société aussi longtemps que ces revendications correspondent aux aspirations et aux intéréts révolution- naives de la grande masse du prolé- tariat. Pour démontrer Verreur de cet argument, il n'y a qu’a le retourner: sila revendication de V’indépendance nationale est un atout dans les mains de Vimpérialisme anglo-américain, alors inversement, ignorer le probléme natio- nal en Europe ou de se désintéresser de lui est donner un stout & Vimpéria- lisme allemand. A travers VEurope en- tidre,- les nazis et leurs laquais conso- lent ‘le peuple affamé et terrorisé par Vimage d'une Europe unifige, Hatez- vous de vous intégrer dans cette unilé afin de jouir de tous ces bénéfices! Que finissent ces réactions puériles de na- tionalisme réactionnaire, rendues au- jourd’hui démodées par les nécossités ‘de l'économie moderne. Cette propa- gande n'a pas été sans effet sur un grand nombre de pacifistes, de socia- listes et de communistes qui, mainte- nant, saluent le nazisme comme la réa- Usation de [unification socialiste de VEurope. Mais Pindépendance nationale nest-elle pas le retour au statu quo inte, cest-2-dire au régime bourgeois. Lénine, il y a longtemps, a ridiculisé cet argument dans sa réponse @ ceux des partisans de Rosa Luxembourg qui s’op- posaient, selon ses propres mots, « une révolte nationale dans. les’ pays annexés de Belgique, de Serhie, de Gali- cic, d’Arménie ». « ..Nos camarades polonais sont opposés & une telle révolte sous prétexte qwil y a aussi une bourgeoisie dans les pays annexés et que cette bour- geoisie opprime aussi d’autres nations, ou plutét qu’il se pourrait qu'elle les opprime, puisque le seul point de dis- cussion est < le droit d’oppression >. 11 apparait done que le critérium d'une guerre donnée ou d’une révolte donnée n'est pas son véritable contenu social (la Tutte dune nation opprimée pour la libération), mais la possibilité pour une bourgeoisie maintenant opprimée d’exer- eer son droit doppression, » Mais le mot d’ordre de la libération nationale ne détrait-il pas ’interna- tionalisme prolétarien? En particulier, nentrave-t-il pas toute fraternisation des ouvriers des territoires conquis avec les soldats et les ouvriers allemands sans Taction desquels toute révolution en Europe est inconcevable? L’élan des peuples vers la liberté n’a rien de com- mun ayee la soif de revanche impéria~ liste. Comment un soldat allemand peut il se libérer de Vempire nazi s'il n'a pas reconnu honnétement et sans équi- yoque le droit & Vindépendance des na- tions opprimées? Le droit le plus élé& mentaire, non seulement d’un ouvrier ou dun Soldat socialiste allemand, mais dun démocrate sincere (si estte variété existe encore), cat de désirer et d’aider la révolte des peuples opprimés. LIBERTE NATIONALE ET SOCIALISME. APPRENEZ A PENSER Le mot dordre de Ia libération na- tionale ne comprend en aucune facon un programme de restauration d'une Europe divisée. Il signifie purement et simplement que chaque peuple doit étre libre de déterminer sa. propre destinée et que le parti révolutionnaire soutient ‘Ia lutte pour cette liberté élémentaire. L’oppression des peuples de 1'Europe par l’impérialisme allemand est une en- treprise barbare et réactionnaire. La résistance A Vasservissement des na- tions est 4 Vheure actuelle un facteur trés progressif qui, objectivement, ouvre la voie a la révolution prolétarienne. Le Iv INTERNATIONALE parti révolutionnaire doit aider et gu der les durs efforts des peuples eur péens pour se libérer de la domination allemande, Tel est le contenu de ce mot @ordre de libération nationale. C'est Ia simple expression de la lutte contre Voppression. : Mais aprés leitondrement de hit risme, l'Europe doit s'unir si elle veut vivre, Si cette tache fondamentale n'est pas remplie, il y aura de nouvelles guerres et de nouvelles oppressions. Le seul espoir de l'Europe est l'unification économique du continent, jointe & la li berté du développement national pour tous les peuples. Et seul le prolétari: est. capable dentreprendre une telle tache, Le prolétariat Vaccomplira en établissant les Etats Unis Socialistes @Europe, Cependant, seuls les_peuples libres peuvent La premiére con dition d'une fédération européenne est leur indépendance de tout joug étran- ger. Si les problémes nationaux ne peu- yent étre résolus que dans une féd tion soeialiste de Europe, inversement cette fédération ne peut 'étre réalisée que parmi des pays libres et ¢ Loin d’étre en opposition Pun aver tre, les deux mots d’ordre, libération nationale et Etats Unis Socialistes d’Bu- rope, sont étroitement ‘A Vépoque actifelle, alors que les nazis essaicnt de justifier leurs crimes au nom de < lunité.de Europe >, il est de premidre importance de ne pas opposer {édération et nation, mais de présenter la Fédération en ce qu’ ta récllement, une forme d’organi et de garantic de la, libertS nationale. Ceux qui epposent au mot dordre de Vibration nationale la formule pure- ment socialiste des E, U. d'Europe ne remarquent pas que cette formule est elle-méme un compromis, compromis entre les nécessités centralisantes d’une économie dirigée et les tendances cen- trifuges héritées des sidcles passés, qui ne peuvent Gtre effacées en quelques mois ou quelques années, Les B, U. im- pliquent des Btats, Lunification écono- mique et politique totale du_continen ne se fora pas en un seul jour, mais sera le produit de toute une époque his- torique et dépendra aussi pour une grande part des événements du reste du monde, A quel rythme et sous quelle forme précise ce développement s'effectuera-t-il? L’expérience nous V'ap- prendra. Le mot dordre des E. U. S. @Europe donne simplement la formule algébrique générale: de plus, notons en passant que la disparition des frontiares entro les divers Etats ira de pair avee le dépérissement de chaque Etat. Lrexemple le plus net de fédération qui 25 | conduisit A une unité presque complite est celui des U.S.A. Mais Pétablissement du pouvoir fédéral s'est fait au cours d'un long processus et i] fallut une guerre civile assez sérieuse pour le con- solider définitivement. Naturellement, le socialisme aura d'autres méthodes que le capitalisme. Cependant, exemple des U.S.A, nous montre combien il eut été artificiel d’opposer la libération des 13 colonies et les U.S. A.t Quelles que soient les formes transi- toires d'organisation, la réalisation des E.U.S, d'Europe implique la liberté de chaque nation qui entre dans la fédéra- tion, Mais la seule garantie véri de ga liberté, est le droit de dire oui ou non, Toute ‘garantie de libre dévelop- pement culturel, etc.... est une illusion si la nation n’a’pas le droit de se reti- rer de I'union, Aprés ’écrasement de la bourgeoisie, nous ne désirons pas may cher au socialisme par la violence, mai en convainquant patiemment les’ peu ples de la supériorité de la centralisa- tion. De méme que dans le probléme agraire, nous ne sommes pas partisans d'une collectivisation foreée, mais nous voulons démontrer au paysan, pars dune propre expérienee, Tavantage grande entreprise collective sur la pe- tite propriété, de méme dans la ques- tion rationale, nous sommes contre Funification foreée, et Ia seule garantie yéelle et non fictive est le droit de sé- cession. Oh trouverions-nous Vassurance que Vévolution historique conduira a la com- pléte unification? Non pas dans la vio- lence, mais dans le développement des forees productives. Pourquoi la bour- gevisie, dans son ascension, était-clle capable de dissoudre les provinces féo- cales dans 'unité des grandes nations modernes? Parce que son ascension cor- respondit au développement. prodigieux des forces productives. Pourquoi Hitler, qui n’épargne pas la violence, ne peut-il unifier les < provinces » curopéennes? Parce qu'il représente le déclin du ca- pitalisme, Une fédération socialiste, eu- ropéenne ou mondiale, n’exelut en au- cune fagon, mais implique au contraire Io droit pour chaque nationalité a dé- terminer sa propre destinée, Cependant, nous sommes encore loin de la fédéra- tion socialiste. La réalité actuelle, c'est Yopprescion générale des peuples oppri- més de PEurope par Vimpérialisme al- lemand. Si, sous Te socialisme, il serait théoriquement faux dopposer l'indénen- dance nationale au principe de fédéra- tion, combien une telle opposition serait absurde ct pédante et vide en face de la condition actuelle de l'Europe. par UN GROUPE DE CAMARADES EUROPEENS REFUGIES EN ANGLETERRE INSI qu’au cours de chaque diseus- A tion avec des adversaires. qui es saient de réviser le marxisme, dépendamment de la forme sous’ la- quelle ils le font — et quel que soit le motif de cette révision — il est néces- saire ici aussi de répéter les principes fondamentaux, A BC du marxisme. C’est indispensable. C'est seulement & partir de cette base fondamentale qu'il est possible de formuler une politique révolutionnaire, La victoire du fascisme en Allemagne, Ja victoire de l'impérialisme allemand sur le continent européen furent les eir- constances qui encouragérent la frac- tion révisionniste 4 reprendre 1 'idée d'une « révolution démocratique ». base théorique de cette erreur avait été établie précédemment sur la question du parti_et sur celle de la révo- | lution, « Les théses pour la construr- tion de la IV° », Particle de Held sur la révolution allemande (le eamarade Lo: réfuta les idées qui y étaient exposées), « Je programme d’une balance des comp- tes » sont seulement les bornes aux liaizes de ce développement, Nous re- viendront sur ces questions et sur beau: coup d'autres, c’est-A-dire sur les erreurs de la fraction révisionniste et, pour no- tre part, selon Ie langage pompeax des théses pour la construction de la IV*, nous « remonterons les séries d’erreur jusqu’é Ja racine, nous découvrirons la source du mal et en tirerons les conclu- sions nécessaires », La ‘forme actuelle, on plutdt le pri texte que la fraction donne & son ré- visionnisme, c'est Ja question nationale, Réellement la fraction ne disait rien | ou presque rien sur lu question nationale & part la déclaration que le mouvement national dans les pays occupés est. pro- gressif et que notre rdle est incondition- nellement d’appuyer ou de prendre part & de tels mouyements, Voila son attitude vis-A-vis de la question nationale, C’est IA une perle de sagesse exhibée par In fraction & chaque occasion, Le camarade Brinks dit: « Malheu- reusement une question qu’on pensait avoir dépassé depuis longtemps et qui avait déjA été reléguée dans les ma- nuels d'histoire est & nouveau a Vordre du jour et devient d'une brilante actua- its, » , Ces paroles surprenantes ne prennent, un sens que si l'on se rappelle que la fraction révisionniste pense étre rame- née en arriére de plusieurs décades et placée en face de problémes du xIx° sié- cle. Cependant, ce probléme national a été relégué dans les manuels Vhistoire en méme temps que le réle progressif de la bourgecisie et de lintelligentzia bourgeoise. La question nationale a pris une nouvelle signification, spécialoment dans les pays avaneés de l'Europe, A Yorigine (« il y a longtemps »), elle si- gnifiait: contradiction entre la bourgeoi- sie en tant que leader du peuple ct la féodalité (ou ses vestiges: monarchie, église, etc...) Aujourdhui, son contenu est la contradiction entre Ia bourgeoi- sie (ct les vestiges de la féodalité com- me en Hongric et dans les Balkans) et Ie prolétariat en tant que guide des mas- ses opprimées. Pour donner une défini- tion sociale historique : impérialisme contre socialisme, A notre époaue, la question nationale wa en aucune facon été reléguée dans les manuels Whistoire, Au eontraire, la UF Internationale Ini accorda une gran- de attention a I’époque de Lénine et de Trostsky, ainsi que la IV‘. Le droit des peuples A disposer J’eux-mémes. tient une grande part dans le programme de la IV* Internationale comme il fit jadis partie du programme de la ILI*; recon- naissance du droit des nations & dispo- ser d’elles-mémes dans le vrai sens du mot, non une simple gymnastique des levres comme il le devint pour les réfor- mistes, mais comme une partie de la lutte que mnent nos organisations. A Yoceasion de chaque question nationale ou coloniale, la IV* Internationale n’a pas seulement pris une position théori- que claire, mais également montré dans les faits quelle a < une éompréhension sensible de Vétat d’esprit des masses ». 11 en est ainsi aux Indes ou en Chine, en Amérique (négres et autres minorités nationales), en Angleterre (Irlande et colonies), en Espagne (Catalogne). $i la discussion n’a pas encore eu pour résul- tat une attitude unique et compréhensi- IV INTERNATIONALE 27 ve du: problime actuel en Europe, la faute en incombe largement aux Theses qui soulevérent nombre de questions fondamentales sous un eforme révision- niste qui constituait d’abord un < obsta- cle & tout », En premier lieu ces pro- blémes auraient di étre éclaircis. Si la question nationale ne peut étre traitée d'un point de yue qui ne tien- drait pas compte de la lutte de ¢l elle ne peut pas étre traitée non seul point de vue du déterminisme éco~ nomique. Appliquer seulement les loi du déterminisme économique signifie reconnaitre Voppression nationale seu- lement 1A od le développement des forces productives n’a pas conduit a la constitution de la nation (Indes, Chi- ne), ou encore li of |'oppression étran- | gore a démoli les forces produetives de Ta nation, soit en dénationalisant Vin dustrie et la terre, soit_en transférant Vindustrie (Bohéme, Moravie, Pol-- gne). | La. question nationale ne peat non plus étre traitée d’un point de vue juri dique formel, par exemple 12 o& un pro- tectorat a été eréé. I] serait cependant incorrect de ne pas faire cette distinc- tion quand il y a possibilité de conclure des accords partiels avec la bourgeoisie nationale ou des groupes de la bourgeoi- sie nationale, oppression nationale existe dans tous les pays oceupés, bien qu’ des de- grés divers? Car chacune des questions concernant l’attitude politique de Ja na- tion dépend de lautorité militaire de la puissance occupante, Il est cependant incorrect de eroire, comme le font le trois Thases, que toutes les classes de population résistent 4 cette oppression. Au contraire, les diverses bourgeoisies, _ spécialement la bourgeoisie francaise, réclament la présence hier des Alle- mands, aujourd'hui des alliés, car c'est sur eux que leur régime est basé. La lutte pour la libration nationale est par conséquent identique la Tutte so- giale, Les blocs nationaux & Alger, Washington, Londres et en France en sont la prenve négative. Ces agrégats de staliniens, de banqueroutiers réfor- mistes, d’honnétes bourgeois et méme danciens fascistes sont vraiment tous trop somblables dans leurs buts pol tiques aux blocs anti-faseistes hier. Prévoyant Veffondrement des cond tions existantes et Ia montée du pr tariat, ils veulent représenter la vie toire commune de la réaction comme Ja victoire de la démocratie, c’est-A-dire quils trahissent déja tous les masses on se limitant aux revendications « dé- moeratiques » A Vaide desquelles ils es- perent les enchainer aux < démocra- | ties » occidentales, Si la fraction révi- sionniste veut nous reprocher de ne pas prendre part & cette escroquerie anti- fasciste, et nous considérer comme des ultra-gauchistes, nous plaidons coupa- ble, Nous ne sommes pas préts non plus a supporter cette trahison, méme & l'aide de la théorie des étapes : Wabord revendication de lindépendance nationale, puis socialisme. Tl n'y a rien dans les’ articles de la fraction révi- sionniste et en particulier sur la qu tion nationale qui montre qu'elle soit d’ume maniére ou dune autre attachée A la tradition bolehevick, Lénine, par-dessus tout, apporta la clarté. sur la question nationale en montrant que Vimpérialisme non seule ment ressuscite les anciens problémes non résolus par la révolution bour- geoise et leur donne un contenu nou- yeatl, mais encore en erée de nouveaux, Lia lutte entre les blocs impévialistes force les impérialistes non seulement A annexer et 4 exploiter des pays retar~ dataires, mais encore & annexer et & exploiter des pays industriellement avan- és; d'un cété pour assurer lear propre prépondérance sur le terrain strate. gione, économique, politique, de Vau- tro pour. sffaiblir Timpérialisme con- current, L’avance de Vimprialisme al- lemand dans les Balkans (en accord avee In monarchie austro-hongroise) , Voccupation de la Serbie, de la Slové- ni¢, ete... & Pest, de la Belgique A Pouest qui eurent lieu ‘au cours de la premidre guerre mondiale en sont des exemples bien connus. L’oceupation de la Teh& coslovaquie qui. mena i l'annexion de la Bohéme et de la Moravie avant V'ex- plosion de la deuxidme guerre mondiale, au_cours de celle-ci Voccupation de Ia Belgique, de la Hollande et finalement de la France & Youest, de la Yougosla- vie, de la Gréce & Vest, jalonndrent Je chemin de la lutte de Vimpérialisme al- lemand pour Thégémonie mondiale, La carte de !'Rurope a changé durant cette guerre et changera encore conformé- ment au rapport actuel des forces des blocs impérialistes, Le déclin @un état impérialiste, la puissance relative d’un autre sont les seules conditions de ce fait. La guerre actuelle, qui ne se diffé- yeneie de Ja dernigre quo par son in- tensité, une destruction mieux répartie et mieux organisée, grace A V’étendue des opérations’ militaires qui détruisent des continents entiers et placent peuples entiers sous la férule du mili tarisme, 2 incontestablement donné une grande importance et une grande signi- fication & la question nationale. 28 IV INTER ATIONALE mocratiques (1) ne peut contribuer a yien de plus qu’A donner A la lutte un caractére bourgeois. La théorie de < ’en- nemi principal >» qui en découle, dont tous demandent la défaite, sans la dé- faite duquel il ne saurait Stre question aucune modification de la société, d’au- cune lutte contre le capitalisme, consti- tue la justification de la trahison du Front Populaire, S'il ne peut y avoir de lutte contre le fascisme ou contre la guerre sans lutte contre le capitalisme i! ne peut exister une lutte pour ia libération nationale sé. parée d'une lutte contre le capitailsme. La théorie des étapes de la fraction n’a n de commun avec la théorie de la révolution permanente, C'est Vinterpré- tation que donnérent Staline ct Boukha- tine, les foscoyeurs de la révolution ¢ noise, Tl découle logiquement de la position révisionniste que les organizations ré volutionnaires peuvent faire un_ bloc politique non seulement avec les divers ses classes et groupements politiques, mais encore avée leur propre bourgeoi- sie. En réalité il est nécessaire de faire comprendre aux travailleurs qu’ils po vent compter seulement sur leurs pro- pres forces et leurs propres méthodes de combat, seulement sur lear propre unité et leur propre organisation, C'est seulement par ce moyen que les classes opprimées, la paysanneric..ct la petite bourgeoisie suivront le prolétariat, En tout autre cas ils suivraient les capita- listes. i Des accords pratiques particls avée d'autres groupes et organisations sont naturellement admissibles et _méme. in- dispensables, non jusqu’A ce que la libé- ration nationale soit accomplic, ainsi gue le désire la fraction mais pour cha- que cas isolé od cela serait utile, Cela ne peut cependant avoir Tien qu’& la eon- dition que Vorganisation conserve sa li- berté d'action complete dans le but do ganizer le prolétariat indspendamment, dance, a Dans quelques pays Ja possibilité peut ne exister de conclure de tels accords ee les groupes bourgeois. Mais c'est le () Qui est en fait um abandon da programme transitoire de la IV* Inter- nationale et une rechute dans une sorte de programme < minimum >, n’ayan aucun lien avec le programme maxi mum, cost-i-dire le socialisme, Cest bien ‘notre programme transitoire qu annula le vieux programme minimun < dont la tiche réside dans la mobilisa- tion systématique des masses pour 1 révolution prolétarienne » (prog. tra.), devoir de Vorganisation révolutionnaire de dire ouvertement qu’elle ne croit pas & la capacité de ces groupes de mener™ un vrai combat, mais qu’ils sont cons- tamment tentés'de saboter la lutte des travailleurs et des masses opprimées. La marche progressive du mouvement peut Ctre mesurée, grace & sen degré d'indépendance vis-A-vis de sa propre bourgeoisie et, part -vis de 'im- périalisme. * ae Nous avons dit qu'il était nécessaire de mettre de tels mots d’ordre en avant dans la lutte pour la libéretion natio- nale, pour organiser le prolétariat en force indépendante de la bourgeoisie. C'est Ja seule facon d’obtenir (incomple- tement) la libération nationale dans les conditions du capitalisme ct la victoire du prolétariat international I’établisse- ment_des- Etats-Unis d’Burope, éape des Etats-Unis du monde apportera la véritable émaneipation nationale, Natu- rellement il serait faux d’opposer Ja ré- volution prolétarienne & l'urgence de Pémancipation nationale, comme elle se traduit dans le mouvement de libération nationale. D’abord ce serait faux parce que T'impérialisme est la cause de cette nouvelle oppression nationale et pas seulement de Vactuelle, celle que fait peser sur Ie continent Pimpérialisme allemand. — Toute expansion des impé- rialismes de Yaxe ou des “alliés, peut donner une signification au programme national des organisations des pays en question, La lutte pour mancipation nationale est une lutte anti-impérialiste, Limpé rialisme a donné un sens & la lutte de la bourgeoisie qui conquiert un marché intérieur pour l’écoulement de sa_pro- duction, unifie la nation sur un terri- toire, constitue un état national ct des institutions démoeratiques qui permet- tent un développement libre et un ras- semblemont de toutes les classes sépa- rées de la population, Cela fut un énor- me progrés historique en son temps, mais la lutte est maintenant celle entre Vimpérialisme étranger et Yimpérialisme indigéne qui ne peut étre victoricuse que sous la conduite du prolétarist, Aujourdhui, la lutte pour Pémaneipa- tion est essentiellement: la Intte des clas- ses dont la forme est déterminée par les circonstances objectives en méme temps que par Vexistence de la Nation et de oppression nationale, En second liew il serait faux de s’opposer a Pef- fort vers l’émancipation nationale, par- ce que c'est le devoir du parti révolu- tionnaire de mener chaque lutte contre je capitalisme quelle que soit la forme quelle prenne, afin qu'elle apporte sa contribution 4 la révolution socialiste, : —_— IV INTERNATIONALE 29 Il est faux de dire: si nous Juttions hier contre le nationalisme, contre le chauvinisme, comment — pouvons-nous aujourd'hui, aprés la défaite et Poccu- pation tre pour V'émancipation natio- | nale? Tout @abord hier, c’était le priv lege exclusif de notre bourgeoisie et de son Etat dopprimer les classes expl tées, aujourd'hui c'est 1a essentiellement le privilége de Vimpérialisme étranger, Je plus souvent en collaboration avec no- tre propre bourgeoisie. Ensuite sujour- @hui nous combattons encore contre cet: te forme de nationalisme, et de chanvi- nisme qui n’a pas été rendue plus Bro: dire gressive par Toccupation, ¢’est- contre le nationalisme des indu tr des évéques, des généraux et ju les intéréts résident dans oppression de leur propre nation aussi bien que dans oppression d’autres nations, con- tre le chauvinisme des monarchistes, conservateurs, libéraux, eatholiques, so- cialistes et communistes, qui tentent de suberdonner les intéréts de classe des exploités aux intérdts nationaux de leur propre bourgeoisie dont leffort pr pal — dans la mesure of ils sont tous contre les impérialistes allemands — est de changer le front militaire, ¢'e" dire ce joindre aux Alliés, L’affirn des trois Thses, qu'il est néce re @admettre 1° ¢ que sans cela (la dé- faite de V'ennemi principal) il ne peut @tre question d'un changement. dans les conditions existantes », 2° une « révolu- tion démocratique > dont le programme soit limité aux mots @ordre démocrati- ques (.:Les masses sont poussées dans la yoie de la libération nationale, et CETTE LUTTH PAR SUITE DE LA SITUATION GENERALE, SE PRE- SENTE COMME UN PROGRAMME DE TRANSITION complet, qui englobe tous les mots d’ordre démocratiques, de- puis la liberté de réunion, de presse, organisation et de religion jusqu’au droit de gréve, au droit des peuples a fisposer d’eux-mémes (c'est nous qui | avons souligné, 3° le « mouvement po- pulaire se dépassant > de Held (le pore de Tidée étant de toute évidence Thael- mann, le pauvre d’esprit), et 4° le < mou- vement populaire démocratique » de M.) n’est qu’une capitulation sur la yoie du révisionnisme, Cette capitulation est. in- compléte seulement dans la mesure ob nos révisionnistes se contentent pour Vinstant des paroles et ne passent pas & Vaction, c’est-A-dive ne tirent pas tou- tes les conclusions de leur position poli- tique. La fraction révisionniste aime beau coup se référer & Lénine, en particulier sur le point précisant qu'il osi nécessaire dappuyer ineonditionnellement les mou- vements progressifs, Elle se satisfait' de cette généralits, méme quand elle de- vrait la*conerétiser, par exemple pour analyser ces mouvements a aide dex facteurs historiques qui les firont naitre, les classes et leurs positions vis-a-vis des probl2mes de la société, de la tache révolutionnaire immédiate, ‘de Pémanci pation nationale et sociale. Pourtant, toummons-nous vers Lénine lui-mémo. Dans son article « sur le droit des per ples A disposer d’eux-mémes » (février 1914) Lénine distingue deux époques capitalistes, par rapport A la question notionale, L’une a vu l'effondrement de la féodalité et de Yabsolutisme, la forma- tion de VRtat bourgeois démocratique et de I'Rtat dans lequel il y a des mou vements-nationanx de masses qui entra nent toutes les classes (et surtout les paysans) vers la politique, & travers la presse, les institutions parlementai ete... Lautre époque est caractérisse par des états capitalistes cristallisés et vn antagonisme fortement développé en- tre le prolétariat et la bourgeoisie, éno- que de capitelisme décadent dont les ca- ractdves typiques sont l'absenee d'un mouvement des masses bourgeoise-dé- moeratique; of <« le capitalisme évo- 1x8, au fur cb d mesure qu'il rappro- cho et rend de plus en plus dépendantes les nations oni ont déja été tout A fait entratnées dans la course commerciale, met au premier rang lantagonisme en- tre le capital international ct le mouve- rent ouvrier international, Entre ces deux époques ily a naturellement des stades intermédiaires. Le prolétariat évalue chaque revendication nationale, chaque séparation nationale sous Vangie de la lutte de classes. « Dans quelles conditions les revendications bourgeoi démocratiques en faveur d'un état natio- nal doivent-clles étre acceptées par’ un marxiste, eest-A-dire du point de vue prolétarien; cela sera examiné en dé tail... > « La bourgeoisie place toujours ses revendications en avant, Elle le fait in conditionnellement. Pour le prolétariat pourtant, ces revendications sont subor- données & la Tutte de classes... » « La bourgeoisie des nations oppri- mées sadressera au prolétariat pour soutenir ses aspirations inconditionncl- lement dans l'intérét du caractére pra- tique de sa revendication.... » « Dans la mesure oli Ia bourgeoisie @une nation opprimée lutte contre la nation qui l'oppresse, dans cette mesure nous sommes toujours pour elle, dans tous les eas, et plus résalument que quiconque paree que nous nous trouyons les plus sts et les plus formes ennemis de Voppression, » 30. IV INTERNATIONALE occidental ait altéré 1a perspective d’ume révolution socialiste, aussi fortement que la construction des E. UeS, d'Eu- rope demeure d’actualité comme une réponse. aux machinations des impéri listes et de leurs valets — y compri la diplomatic stalinienne — il est ni cessaire d’adapter notre tactique (spé- cialement V'utilisation tactique des re- vendications démocratiques et, par-des- sus tout, celles qui sont liées au droit des peuples & disposer d’eux-mémes) aux conditions concrétes. Le mot. dor dre des B.U.S. d'Europe est aussi in- suffisant pour les grandes masses (& distinguer de avant-garde du proléta- riat et des ouvriers les plus avancés) ‘Aussi faiblement que la vietoire alle- mande ou méme celle de limpérialisme que le mot d’ordre de la dictature du prolétariat est insuffisant pour gagner Jes paysans @ la révolution, Cela ne si- gnifie pas qu’ils ne doivent pas tou- jours et partout étre propagés, cela si- gnifle simplement quiils doivent étre complétés par d’autrse, par des reven- dications partielles. Il serait faux de se laisser guider par des dogmes dai Je choix des mots dordre, Ces mots ordre devraient étre, d’un coté, eapa- bles de mobiliser les masses des pays opprimés contre Voppresscur étranger et contre leur propre bourgeeisie qui dans tous les pays, spécialement en France of elle était’ devenue le parte- naire mineur t de Vimpérialisme alle- sand, collaborent ouyertement avec lui; ct de Vautre devraient rendre impos- sible aux agents de I'impérialisme an- gio-américain utilisation de la lutte des masses pour leurs buts impéria- listes, cest-A-dire transformer les mas- ses ‘mobilisées en avant-garde du chauvinisme impérialiste. Il est clair que cela ne pourrait étre réalisé qu’en Jour donnant un contenu social, un con- tenu de classe, qu’en s’eforcant de faire de la classe ouvridre une puis- sance indépendante. Les" trois Theses simplifient le probléme; elles affirment qae Voppression stationale existe, que le mot d’ordre de libération nationale est un mot d/ordre progressif qui doit étre soutenu toujours et partout, mais elles omettent dindiquer que presque tous les groupes politiques, bien que parlant au nom de la libétation natio- nale, la trahissent, la sabotent et la li- quident (nous aimerions faire quer que, bien que les partis soi sous, les idéologies de ces partis conti muent d’exister, eb ces idéologies repré- sentent une force considérable en vertu de Vexistenee de classes dont elles sont seulement V'expression). Le parti révo- Jutionnaire, pour appuyer le mouvement national, peut seul le guider dans les voies so¢ialistes, s'il comprend les forces qui le meuvent et ses perspectives et s'il base la-dessus sa politique, s'il sait comment expliquer le réle des classes et ne refuse pas de le voir, et s'il n'ignore pas les forces qui ossaient d’utiliser le mouvement national pour atteindre des buts impérialistes et qui l'imprégnent dutopies petites bourgeoises, ete. Appuyer le mouvement national si- gnifie également mener la lutte contre sa propre bourgeoisie et ses agents (les monarehistes, conservateurs, libéraux, catholiques, < socialistes > et < commu- nistes >, ete...), tous ceux que la frac- tion considére comme ses alliés, dont le chauvinisme barre la voie de Vunité avec le prolétariat de la nation oppri- mante, empéche la fraternisation avee les soldats de Yarmée d’oceupation. Seule la lutte du prolétariat interna- tional, peut mener & la libération des nations opprimées. Libération _par- tielle sous le capitalisme quand la lutte révolutionnaire internationale des masses opprimées et du prolétariat for- cent les capitalistes 4 retirer leurs ar- mées d’occupation, & lever les protecto- rats, ete... et libération nationale réelle par’ le soeialisme, par ’établisse- ment des E. U. §. d'Europe. Le dan- ger auquel nos partis et groupes occi- dentaux font face ne réside pas telle- ment 1A of les trois théses le croient, cest-a-dire dans le fait de se tenir en dehors des luttes journaliéres, mais dans Pattitude opposée qui consiste & oublier la t&che stratégique en étant absorbé par la. lutte au’ jour le jour. Cette Iutte erée sa propre routine qui tend & détourner Vattention du parti de sa tache historique. Ce danger est décuplé par Vabsence d'une forte cen- tralisation, grace 4 laquelle les cama- rades qui sont plus avaneés, plus c: pables, plus conseiencieux, plus expér mentés, Ia iéte du parti, dirigent toute Yorganisation et donnent un sens & V’en- semble du combat. Une décentralisation fayorisée ct renforeée par de mauvaises conditions persistantes erée le provin- cialisme, l'étroitesse, ete... L’histoire des organisations révolutionnaires est pleine d'exemples de ce fait en des eirconstan- ces analogues. La position de lv fraction révision- niste n’apporte aucune contribution & la solution de la question nationale qui puisse de quelque facon servir d’orien- tation aux différentes sections de la TV en Europe, La théorie de la révolution démocra- tique, la limitation aux mots d’ordre dé&- IV INTERNATIONALE 81 « Dans la mesure ott la bourgeoisie de Ja nation opprimée défend son propre nationalisme, nous sommes contre elle. » < Le prolétariat se limite pourtant au c6té négatif, Ia reconnaissance du droit des peuples 4 disposer d’eux-mémes, sans s'engager aucunement. » be droit 4 l'auto-détermination et l’al- lianee avec Je prolétariat international — et par-dessus tout le prolétariat de Ja nation qui opprime — voila le dou- ble aspect de la tache du prolétariat. « Egalité totale des droits pour toutes les nations, droit pour celles-ci & dispo- ser dellesmémes, I'union étroite des travailleurs de tous les pays, c'est le programme national que le marxisme, Pexpérience du monde entier ot celle de la Russie en particulier, enseignent aux travailleurs. » Cest cette idée fonda- mentale qui déterminera la tactique du prolétariat. Cette idée imprégne tous les derniers éerits de Lénine ct mene tout droit aux theses des 2° et 3° Congrés mondiaux de la IIT Internationale. La lutte des nations opprimées contre l’oppression (dans Ia limite of la bourgeoisie des pays opprimés combat) sera soutenue par le prolétariat, mais en méme temps ce com bat sera subordonné par lui aux intéréts du prolétariat international. Le prolétariat, les révolutionnaires de la nation qui opprime _ revendiquent le droit de séparation, le prolétariat de la nation opprimée, Ini, met en avant Yunité avec les travailleurs de la nation opprimante? Seulement alors la lutte pour le socialisme peut siallier avec le programme révolutionnaire sur la ques- tion nationale, Il est par-dessus tout né- cessaire de se rendre compte que la bour- geoisie de nombreux pays (en particulier Ya France) ne pense pas du tout & enga- ger quelque lutte que ce soit; sa lutte est essentiellement dirigée contre les classes opprimées de Vintérieur! Une insurrection nationale est natu- rellement également possible non seule Si le prolétariat doit repousser toute alliance avec sa propre bourgeoisie, er de la lutte des masses contre l'oppression de 'im- périalisme allemand, Le prolétariat soutient cette lutte pour faciliter et aceéIérer sa transformation en lutte générale contre Je capitalisme. Cette attitude implique la lutte la plus énergique contre les tentatives des agents de Ia bourgesisie nationale de s’emparer des masses et de s'en servir pour reconstruire I'Etat ct l'armée capitalistes. il ne peut se désintér Thases de la Conférence Eurapéenne, février 1944. ment aux Indes ou en Chine ou dans d'autres pays: coloniaux ou semi-colo- niaux mais aussi en Europe. La réyolte en Irlande pendant la derniére guerre, en Yougoslavie pendant celle-ci le prou- vent. Mais la Yougoslavie le prouve plus encore, Un mouvement national vrai- ment important dans lequel les masses sont jetées est seulement possible s'il yrevét un caractére social. Mais la diffé- rentiation des classes devient immédia- tement aigué. La bourgeoisie financi¢re- ment liée aux propriétaires terriens prend inévitablement position contre ce mouvement national, La Yougoslavie est un pays A population en majorité pay- sanne. Les villes ot le prolétariat, ost concentré sont controlées par Yimpéria~ lisme allemand. C’est 12 que réside la force de Tito du point de vue. politique et aussi le danger que le mouvement na- tional révolutionnaire ne se transforme en un mouvement imperialiste. Seul le prolétariat serait capable d’offrir une autre alternative & savoir transformer lc mouvement national révolutionnaire cn, mouyement prolétarien révolution- naire. Ce qui a débuté comme une insurrec~ tion nationale ou guerre de partisans, peut seulement finir en révolution pro- létarienne ou en guerre impérialiste. Une insurrection nationale en France, pays fortement industrialisé est haute- ment improbable. Méme si l’émancipation nationale en étatt le motif, toute lutte sérieuse se tvansformerait’immédiatement en révo- lution prolétarionne & cause de son ca~ ‘actére initial ou deviendrait une guerre impérialiste sous la. direction de le bourgeoisie. La_ possibilité d’une insurrection no- tionale (c'est ainsi que commence la ré- yolution) dans un pays ou un autre n'est certainement pas nouvelle et ne permet pas de parler d’une nouvelle Epoque. . Juillet 1944. = a Deux documents sur la.question nationale du 1V°® Congrés du Parti Communisie Révolution- naire, Section Belge de la IV* Internationale (juillet 1943) |. Rapport sur la Question Nationale lement une formidable exacerbation des luties de classes au sein des grandes nae tions capitalistes, Elle méne aussi a l'assujel- fiseement d'une foule de nations, peliles et moyennes, par let grands impérialismes, Ainsi, dens la premiere période de eelte guerce, l'im- périalisme allemand a conquis l'Europe entire, Vimpérialisme italien a recu quelques. paicelies de ces conquétes, Vimpérialisme japonas a con- quis de larges purties de Asie, En méme temps, les impérialismes américains et anglais sondisszient leurs magots dans la deuxiéme partie de la guerre. Ces impérialismes com- mencent & mettre fa main sur les nations is vialistes de Axe. Liessujettissement de nations auparayant in- dépendantes nest done pas un phénoméne pas- anger ou exceptionnel. I] est inhérent & I'sre impérialiste. De méme que les partis révslue ficnnaires tracent leur tactique dans les pays im- périalistes indépendonts, il faut guile elaborent les lignes de leur conduite dans les pays impé rinlistes asservis momentanément ou d'une fa gon durable, Lorsqu’on parle de oppression impérial'st es nations conquises, ill faut distingucr entice deux sortes d'oppressions. I] _y 2 Voppression de la bourgeoisie impérialiste par les impérialismes vaingueurs et il y a l'oppression des masses po- pulaires des pays vaincus par les impérialismes vaingueurs, La lutte nationale de 1a bo vaineue est une lutte impérialiste qui n'a rien de progressif (contrairement 4 la lutte nationale de fa bourgeoisie coloniale). La bourgeoisie des pays vaineus ne lutte pas pour la création d cadres nationaux de la production (ce stade tant depuie longtemps dépassé), elle lutle pour Jes marché: et les investisxements de capitauy. Le prolétariat révolutionnaire n'a tien de commun avec Ia lutte"pour la ¢ libération na- ale > de sa bourgeoisie. Il s"oppose de toutes forces & la restauration de son pouvoir po. litique (Armée, Etat). La luite nationale des masses populaires (pe- tite bourgeoisie et prolétaria!), par contre, nest gue la résistance des masses populaires & l'im- périaliame étranger qui les exploite comme exploite ses propres masses. populaires, Lap: tite bourgeoisie des. pays occupés est expropriée et opprimée. Le prolétariat est surexploité. Le parti révolutionnaire doit soutenir sans hésite Ja résistance des masses populaires a V'exploita- tion par V'impérialisme étranger. Lénine dits ¢ Sans trahir legsocialisme, nous deyons soutenir toute insurrection contre notre pincipale. ennemie, Ia bourgeoisie des grandes L A. guorre impérialiste ne produit pas sou- par A. Léon Puissances, si ce n'est pas une insurrection de la classe réactionnaire. En renongant a soulenir les insurrections des pays annexés, nous deve- nons, objectivement parlant, des annexionnistes, Crest. précisément dans Vere de T'impérialisme qui ext Tere du début de la révolution sociale, c'est alors que le prolétariat coutiendra avec une particuliére énergie aujourd'hui l'insurree- tion des régions annexées, pour attaquer, en méme temps ou demain, [a bourgeoisie de la < grande puissance % affaiblie par ce soultve~ ment, > Il va de 201 que cette lutte des. masses po- pulaites des pays occupés contre limpérialisme €tranger qui les opprime — paysans bosniaques ou serbes défendant leurs récoltes, ouvriers hol- landais, belges, francais, efe., luttant contre leur déportation, juifs de Varsovie luttant pour la vie, ouvriers d’Alkace et du Luxembourg lut- tant contre leur mobilisation dans la. Wehrmacht — est accompagnée d'un épanouissement de préjugés chauvins. Mais le caractéxe subjective ment réactionnaire du mouvement ne change rien @ son caractére objectivement révolutionnaire. Lénine dit: < La révolution socialiste en Eu- rope ne peut étre autre chose qu'une explosion de la lutte des masses, de tous ceux qui sont opprim et mécontents, quels quiils soient. Des ¢ de le petite bourgeoisie et des ouvriers és y prendront fatalement part. Sane leur participation, la lutte de masses est IMPOS- SIBLE, aucune révolution n'est possible. Et ces éléments, d'une facon non moins Fatale, méle- Font au mouvement leurs préjugés, leurs fantai- sies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs er- reurs. Mais, objectivement, ils attaqueront le CAPITAL, et ‘avant-garde consciente de la révolution, en exprimant cette vérité objective dee masses les plus hétéroelites, les meine unies extérieurement, des voix les plus diverses, pour- ra unilier et diriger le mouvement, conquérir le pouvoir, s'emparer des banques, exproprier les trusts, etc...> Lénine dit encore: « La aévolu- tion de 1905 était démocratico-bourgeoise. Elle consista en une suite de batailles livrées par toutes les. classes, les groupes, les éléments mé- contents “de Ia population. Parmi eux, ill y avait des masses qui entretenaient encore les plus sau- vages préjugés, qui poursuivaient des buts ex- trémement confus et fanatiques, ily eut de pe- tits groupes qui acceptaient de argent du Ja- pon, il y eut des spéculateurs et des aventu- riers, ete. OBJECTIVEMENT, le mouvement des masees brisait le tsarisme et frayait Ia route & la démocratie, et c'est pourquoi les ouvriers conscients le dirigeaient, > Lénine dit ensuite que ceux qui ne com- ' + IV INTERNATIONALE prennent pas’ le caractére objectivement 1évo- lationnaire de ces. différents mouvemenis, sont des. renéyats de a révolution sociale, des révo- lutionnaites en parole. « Penser que la révolu- tion sociale soil concevable sans le soulévement des petites nations dans les colonies et on Ex- ope, sans une explosion révolutionnaire de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés, sens des mouvements de masses prolétariennes el se- mi-prolélariennes non conscientes, contre Vop- pression des propriétaires, de U'églive, de la mo- narchic, de la nation étrangére, etew, penser ainsi, c'est renier la révolution sociale. On ima- gine done qu’a un endroit quelconque l'on verra se ranger une troupe proclamant: < Nous som- mes partisans du socialise >, tandis qu'en face | tune autre troupe proclamera: < Nous sommes partisans de Pimpérialisme >, et que cela sera la révolution sociale. Celui qui attend une € puce » révolution sociale, celui-la ne la. verra jamais venir. Celui-Ii est un révelutionnaize en paroles, qui-ne comprend pas la véritable 1é- olution >. (Lénine: < Contre le Courant >, pp. 130, 150, 151.) « Les grands Aatemajors, dans Ia guerte aeluelle, Sefforcent soigueuscment duliliscr tout mouvement national et révolutionnaire dans le camp ennemi, Les Allemand: cherchent a se servir de .V'nsurrection jrlandaise, les Froncais veulent utiliser le mouvement tchéque, etc... EJ de leur point de vue, ils ont partaitement rai- son. On ne peut mener une guerre sériewse sane chercher & tirer profit de Ia moindre faiblesse ‘de V'adversaire, sans s'efforcer de .ssitir la moindre chance, d’autant plus quil est impos sible de savoir & quel moment précis et avec quelle violence explosera « \elle ou telle pou- drigre > Nous serions de trés mauvais_ révelu- tionnaites si, dans la grande guerre d'émanci- pation du prolétariat pour le sor ne savions pas utiliser N'IMPORTE quel mou- yement populaire conte TELLES OU TEL- LES calamités de impérialieme, en cherchant A nggraver et A élargir a crise par ce moyen > (Lénine). I va de soi que le patti révolution- naire, en soutenant tel ou fel. mouvement popu Taire ‘contre telle ou telle calamité impérialiste, en Toceurrence contre Vexploitation des matset asservies d'une nation conquise par un impé- tialisme étranger, doit combattre avec la der wre: : 33 nidre énergie le nationalisme, les préjugés chau- Vins dont sont imubues ces “masses. Il doit dans toute sa propagande expliquer ces masses que les ouvriers des impérialismes envahisseurs me sont nullement responsables. de leurs souffrances. Bien au contraire, ils souffrent aussi de oppression de leur bourgevisie. Le parti révolutionnaire, en soytenant les messes populaires dans leur lutte contre T'expleitation impérialiste dont elles sont V'ebjet, doit «ans cesse les appeler & créer un. front étroit avec Tes ouvriers des pays occupants, Cest ainsi seulement que la lutte des ouvriers des pays enyahis a la chance d’aboutir a des résultats concrete. Le patti révolutionneire doit combattre avec la demnitre énergie Vinfluence de Ia bourgeni sie nationale ou de V'impérialisme étranger « al- lié >, qui peut s'exereer sur les masses popu- laizes en lutte, I] doit montier aux masses po- pulsires que cette bourgeoisie et que cet im lisme ménent une guerre impérialiste et non pas une guerre < pour la Ubération des petites tions >. Le parti révolutionnaire doit s'efforcer de lier dons toutes les circonstances In lutte contre Vexploitation de 'impérialisme étranger a la luite contre exploitation de la bourgeoisie na- tionale. D'silleu:s, ‘en pratique, ces deux huttes ce Vent intimement. Les’ masses ne_peuvent s'at laquer sérieusement & ‘exploitation de Timpé- Nalisme ennemi sans e'attaquet & exploitation de la bourgeoisie: nationale. Les masses ne peu- vent atiaquer 4 Texploitation de la bourgeois'e nationale, sans s‘attaquer 4 [exploitation de Vmpérialieme Stranger, Il va de soi que le soutien det mouvement: de masses contre limpérialisme ranger ne peut @ue un < but en soi >. Il est évident, surtout dons la période révolutionnaire causée par In querre impérialiste, que le parti révelutionnaire teansformer tout mouvement populaire, ob- jectivement révolutionnaire, en un assaut gé- ral contze le capitalisme. Dans chaque giéve importante, chaque insurrection, le parti du pro- létariat s'efforcera de foimer ‘ou de consolider les organes du double pouvoir, les soviets, qui. dars un moment favorable, deviendront des. or- ganet du pouvoir prolétarien, Résolution sur la Question Nationale adoptée au IV Congrés du P.C.R. 1, — Dans let pays oceupés de I'Europe occidentale, T'effondrement des viewx Etats bourgeois fut accompagné d'un abaissement con- sidérable du nivecu de vie des masses prolé- tarionnes et _petites-bourgeoises, Diautre part, occupation hitlérienne y détruisit tous let ver- tiges dela & démocratie % bourgeoise, surtout toutes lee organisations prolétariennes. Hitler a ainsi objectivement rempli le réle historique que les différents mouvements fescistes ¢ indigents > ont pas pu jouer. La puissance de résistance des masses a oppression impézialiste répond objectivement & la Tutte contre: labaissement du niveau de vie et contre Voppression farciste, En méme temps, l'appareil Poccupation allemand fait fonction’ d'appareil d'Etat de la bourgeoi- 34 IV INTERNATIONALE tie belge. Toute lutte partielle économique con- tre la bourgeoisie belge met le prolétariat belge en collision avee l'impérialisme allemand. 2, — Em ye du danger mortel qui la menace, ta bourgecnic des pays ovcepé ase de plus en us ez et ecsnye de Gmnalicer et de briser La moniée révolutionnaice avec Taide des organisations nationalistes. En mnéme temps, ceux-ci ont pour fonction de pro- fier du mouvement de masse pour reconsti TEtat et 'amée belge et pour préparer une participation plus « active > de Ia bourgeois Gans la guerre de brigandage impérialiste, La ute la plus implacable contre le ¢ Front de Tindépendance > la « Brigade blanche », ete Tutte ‘contre le poison chauvin, lutte contie le qouvernement Pierlot, est done un devoir pre font pour le P.CR. L'art de Ia stratézie le iste consiste précisément & DETACHER les masses de ces agences impérialistes et de tran former leur mouvement de résistance contre 'op- preition et [exploitation impérialiste en. révelu- tion prolétarienne. 3. — Mais par-dessus tout, un fait domine Ja situation: Texecerbation des contradictions sociales résultont de la guerre. Si les masses se mettent en mouvement contre l'oppression dont flee tont objet, sous quelque drapeau oul toit, ce ne sera pas le caractére idéclogique ( la conscience. nationaliste >) mais bien Te caractére social (¢ la lutte de classes ») qui terminera Ia direction et les formes de Irur com- bat, La prédominance fatale du prolétariat dans tout mouvement de masses, déterminera des for- mes spécifiquement prolétariennes de lutte: comi- tés, giéve, milices, ete. Aw moment oit le prolé- tariat entre en lutte ouverte et générale contre Toceupation allemande, il erée en méme temps les germes d'un double pouvoir, qui menace tout utant de balayer la bourgecisie notionale, 4, — Le P.CR. eoutient et pousse en avant les mouvements de résistance des masses & T'ex- ploitation impérialiste, pour eréer et développer Tes organes du. pouvoir prolétarien et pour sa hoter toutes les tentatives des agences bourgecises de reconstituer le pouvoir eapitaliste national. Tl oulient les. objectife immédiats du mouvement de résistance des masses & Vimpérialisme, et les Tie A ses revendications transitoires, Les formes de ce soutien dépendront des circonstances. La foi des organisations nationalistes déclencheront des mouvernents insurrectionnels “non suivis des masses, le P.CR. considérera ces _mouvements comme des mouvements de la classe réa naire, les sabotera et cssayera, le cas échéant, de les détruire. 5, — Aw milieu de la lutte des masses (q ‘vet manifestations, gréve générale, insurrection, ete), le P.C.R. lutera pour la réalisation du front unique prolétarien sur la base des comi- sé et des milices, Dans ces comités, il Iuttera de toutes ses forces pour som propre programme, Pour des buts techniques limités (remise dar mes, ete.)y il pourrait eonclure des accords pra- fiques avec det organisations. petites-bourgecises, SANS JAMAIS SE LIER POLITIQUE- MENT. tout en [es combattant politiquement avec Ja deiigre énergie. Jamais, il a'entrera, sous quelque forme que ce soit, dans les com- inaitons a’la ¢ Front Populaire >. Au contrai- re, démasquer la démagogie « anti-fasciste » des agences de la bourgeoisie, qui méne la guerre pour ses propres buls de rapine et poursuit ces mémes buts dans la lutte contre T'impérialieme allemand, devra constituer & ce stade de l'évolu- tion axe de notre propagande, comme T'action prolétarienne internationale, indépendante et anti- capitaliste, doit Gtre représentée dés-maintenant comme une condition néecssaire et suffisante pour la victoire des masses contre Hitler. ~ 6 — Au moment ol! un gouvernement natio- nal ¢ démocratique-bourgeois » ou non, surgi serait de la lutte, la lutte contre le < Front de Vindépendance >, etc, se prolongerait logique- ment en une lutte tou! aussi Energique contre ce gouvernement. Au moment ott l'appareil. d’oceu pation allemand serait remplacé par l'appareil d'oceupation anglo-saxon, Ia lutte également im= placable se poursuivrait contre cet appareil d'op- pression et dexploitation. 7. — Le P. C, R. défend le mot dordre da < droit dee peuples & disposer d'ewx-mémes >. Pour que ce mot d'ordre serve tout autant & dé masquer la bourgeoisie nationale il le lie au droit d'auto-détermination de TOUS les peuples, il exige Ia Tibération det peuples coloniaux’ du Congo, des Indes, de l'Afrique da Nord, etc Tl Tie également ‘ce mot d'ordre a celui des Etats-Unis socialistes d'Europe, et montre aux masses opprimées que scule Ia révolution socia- liste peut réaliser leur libération de toute oppres- sion nationale. Pour eela, il est indispensable de mener une campagne internationaliste de frater- nisation prolétatienne avec les masses opprimées du monde entier, surtout avec lee prolétaires allemands en uniforme. Juin 1943. \ RESOLUTION SUR LA QUESTION NATIONALE EN EUROPE Adoptée parle Comité Central du 11 Novembre 1944 du R.C. P. Section anglaise 1° Le Parti Communiste Révolution- naire condamne Voppression nationale une nation par wne autre et lutte con tre elle; il soutient le droit des peuples a disposer d’eux-mémes et la séparation politique de toutes los nationalités op- primées, 2° A Vépoque de Vimpérialisme et dang sa phase actuelle de guerre impé: rialiste, toutes les conditions objectives demandent qwune véritable lutte pour Vindépendanee nationale soit lide an programme de la révobition socialiste de ta lutte pour les Btats-Unis Socia- listes @Burope. 8° En condamnant oppression nazie des nations en Europe, les trotskystes condamnent. également. Vappression. na- tionale qu'exercent les tmpérialistes francais, belges, danois, et en particu- lier lea’ impérialistes anglo-saxons ct américaine, Nous menons une impitoya- ble campagne pour démacquer Voppres- sion nationale exereée an nom de ta dé mocratie, non seulement dans les empi- res coloniaux mais aussi on Europe ct par les satellites de Vimpérialisme an- ‘glo-américuin, A* Le role des classes dirigeantes en Rurope est clair. Elles collaboraient en tant que classes avec Voppresseur nazi étranyer et cherchent maintenant a jouer le méme rile comme agents des vainqueurs militaires, Vimpérialisme an- glo-américain et colut du Kremlin. Sone Paide effective du stalinisme et de la social-démocratie, les capitalistes an- Yatent depuis longtemps abandonné tout semblant de soutien apporté, auc ot- vriers et aux paysans. En subordonnant la classe owvribre et ses organisations 4 la direetion de la bourgeoisie et au pro~ gramme de Vimpérialisme anglo-améri- cain et du stalinisme, le parti social-dé- mocrate et le parti stalinien jouent un role contre-révolutionnaire, Creat le de- voir des révolutionnaires qué combattent & tous les niveanx de la tutte de se ran- ger et de marcher sous la bannidre du trotskysme afin de démasquer le role de cos partis, de leurs organisations ausi- liaires et de s'y opposer. 5° Malgré Uaide indéniable apportée par des milliors des meilleurs combat- tants owvriers, qui voient dans les mou- vements do résistance, non wn instru ment pour remplacer un mattre par un autre, mais plutét Vinstrument pour écraser le capitalisme et réaliser Péman- cipation de la classe ouvridre, ces mou- vements de résivtance nationale en Bu- rope sont aujour@hui des agences de Vun ow de Vautre groupement des puis- sences impérialistes, En tant que mou- vements, ils sont incapables de lutter vraiment pour Vindépendance nationale. 6° Bnvers ees mouvements et en par- tionlier devant leur direction, le parti prolétarien et le prolétariat doivent adopter ume attitude @hootilité implaca- ble en démasquant leur racine de classe et leur poiltique anti-ourridre et en luttunt contre elles, en expliquant que de tels dirigeants veulent Vindépen- dance nationale seulement que comme une partie de leur programme dasser- vissement du prolétariat et des autres peuples et en démontrant quwil my a au- cune possibilits de véritable indépen- dance nationale par e¢ moyen. 7° Pour contre-balancer les forma- tions militaires des mouvements de la Résiztance conduits et inspirés par les bourgeois et les petits bourgeois, le par- ti prolétarien doit. organiser des forma- tions militaires de la classe ouvriere, aussi bien que ses propres formations militaires indépendantes,