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SOMMAIRE

CHAPITRE 1- Espaces vectoriels normés


1- Topologie des espaces vectoriels normés 7
11-Limite - Continuité - Dérivation 16
111-Complets - Compacts - Connexes 27
Exercices-types, Indications, Solutions 38
Exercices proposés 45
CHAPITRE 2 - Applications linéaires
sur les espaces vectoriels normés
1- Continuité des applications linéaires 47
11-Espaces vectoriels de dimension finie 54
Exercices-types, Indications, Solutions 60
Exercices proposés 69
CHAPITRE 3 - Fonctions de plusieurs variables réelles
Calcul dilTérentiel
1- Applications partielles Dérivées partielles 73
11-Différentielle d'une application de classe el :. 78
111-Différentiabilité 88
IV- Fonctions implicites 96
V- Difféomorphismes 99
VI- Inégalité des accroissements finis 103
VII- Formule de Taylor-Young, Extremums 105
Exercices-types, Indications, Solutions 111
Exercices proposés 121
CHAPITRE 4 - Séries numériques et vectorielles
1- Généralités 123
11-Séries à termes réels positifs 132
111-Séries absolument convergentes 142
IV- Séries à termes quelconques Semi-convergence 144
Exercices-types,Indications, Solutions 150
Exercices proposés 160

,
y, CHAPITRE 5 - Suites et séries de fonctions
1- L'espace vectoriel normé '!Ji, (A, F) 163
~
~ 11-Convergence d'une suite ou d'une série de fonctions 164
.~
~ 111-Limite - Continuité Intégration - Dérivation 174
,
~ IV- Méthodes pratiques
Exercices-types, Indications, Solutions
181
191
1
Îj
Exercices proposés 205
~ CHAPITRE 6c Intégrale corn.pl~ments
I-Intégration d~sfonctions'.'-<'." continuès
.. '- pa/morceàux ,. 207

.', x ~ ..['cf":
Il::''Fôri'~tions de la forme a ~ : '.. •.
;: :: : .. ; , .. : , 216
111-.Intégrales impropres et sérieS':, ,".; ,•.....••
~, , .. '., : '.' . , 218
1
~
'x ..

IV- Fonctions ~eïa forme. x ~Ia.!(x, ~;,dt , ..........•...... : .. : 222


Exercices"types, Indications, Solutions t. , : ';"" : 226
1 Exercices proposés ~'. :":',' : .....•. , .:. , J, ......•..••.•••••••• 233

1
,1-
~
,~/ RE,', 4ITf~:f/
, 7 ( ";O:C:ions
Calcul intégral de plusieurs variables réelles
235
1- Formes différentielles de degré un .
II-Intégrale curviligne . 239
111-Compacts mesurables. Aire et volume , . 242
IV- Intégrale d'une fonction sur un compact mesurable de [Rn . 245
V- Intégrale double - Aire plane . 247
VI- Aire d'un morceau de surface . 255

VII- Intégrale triple - Calcul de volumes . 259


VIII- Masse, centre et moment d'inertie , . 264

Exercices proposés . 272


IlPITRE 8- Séries entières
1- Définition - Rayon de convergence . 275
11-Convergence uniforme Continuité de la somme . 281
111-Séries entières d'une variable réelle, Intégration - Dérivation . 284
IV- Développement en série entière . 287
V- Fonctions usuelles d'une variable complexe . 300

VI- Exponentielle d'un endomorphisme, d'une matrice . Q~=>


Exercices-types, Indications, Solutions . 310
Exercices proposés . 321

IlPITRE 9 - Séries de Fourier


1- L'espace préhilbertien D . 323
11-Séries de Fourier , . 326
111-Développement en série de Fourier . 332

Exercices-types, Indications, Solutions . 336


Ji',' , 346
/"'X:~roposes ,i ••••••••••••••••••••••••••
\PITRE 10-- Equations düJérentielles JL-
1- Equations linéaires . 347
// 11-Equations non linéaires - Théorème de Cauchy-Lipschitz . 362

Exercices-types, Indications, Solutions : . 370


Exercices proposés . 381

EX " . 383

[ G.
1 D.Ini'l>a~ no. 1,
t. O. J:. ~l
-IClltüphonesi
. 11.1-

. 2srtl!
,-_
,"..h ~ +
~I..._
-'--
,11) __
.
......• -
1
1
Chapitre 1

Espaces vectoriels
~
normes

1- Topologie des espaces


vectoriels normés
~=[Fgou iC; E est un Kespace vectoriel.
Définitions :

d.1 On appelle nonne sur E une application N :E --+[Fg+ vérifiant, pour tous
vecteurs x, y de E et tout scalaire À de ~ :
• N(x) = 0 {=? x =0
• N(À x) = IÀI N(x)
• N(x + y) oS; N(x) +' N(y)
Le couple (E, N) est un espace vectoriel nonné .
d.2 Distance associée a une norme
Soit (E, N) un espace vectoriel normé, l'application d définie par:
d : E2 --+[Fg+, (x, y) I-è> d(x, y) = N(x - y)
eSt appelée distance associée ala norme N.
Remarque
Si F est un sous-espace vectoriel de E, la restriction à F de la norme de E est une norme
sur F. (F, N) est un espace vectoriel normé.
On considère désormais un espace vectoriel normé (E, N).
d.3 il La boule ouverte de centre a E E et de rayon r E [Fg+ est:
B(a, r) == {x E E/N(a - x) < r}
ii / La boule fermée de centre a E E et de rayon r E [Fg+, est:
BJ(a, r) = {x E EIN(a - x) oS; r}
iii / La sphère de centre a E E et de rayon r E [Fg+ est:
S(a, r) = {x E E/N(a - x) = r}
Remarque
Les boules ou sphères de centre 0 et de rayon 1 sont appelées boules unité, sphère
unité.
8 Précis d'Analyse Il

dA
On appelle voisinage d'un point a de E toute partie X de E contenant une
boule ouverte de centre a. L'ensemble des voisinages de a est noté 'V(a)
XE 'V(a) {==:?3 r> 0, B(a, r) eX
Remarque
Pour tout réel r> 0, la boule B(a, r) est un voisinage (je a.
d.5 Vôisinag~telatif
Si A est une partie de E et a un point de A, l'intersection avec A d'un voisinage
X de a s'appelleYoisrn!;j.geÔ.éadans {l. L'ensemble des voisinages de a dans
A est noté 'VA (a)
'VA(a) = {X nA/X E 'V(a)}
Ainsi YE'VA(a) {==:?3r>0, AnB(a,r)cY.
d.6

i / On appelle toute partie X de E qui est voisinage de chacun de


ses points
X ouvert de E {==:?V X E X, X E 'V(x)

iil On appelle toute partie de E dont le complémentaire dans E est


un ouvert de E
X fermé de E {==:?E\X ouvert de E
d.?

i / Si A est mie partie de E, on appelle toute partie X de A voisinage


de chacun de ses points dans A.
X ouvert de A {==:?V X E X, X E 'V A(X)

ii/ On appelle toute partie Y de A, dont 1e complémentaire dans A


est un ouvert de E .
• Soit X c A, X est un ouvert de A si et seulement si il existe Xl ouvert de E tel que
X=AnXl·
• Soit Y c
A, Y est un fermé de A si et seulement si il existe Yl fermé de E tel que
Y=AnYl·
d.S
On appelle intérieur d'une partie A de E la réunion de la famille des ouverts
1 de E inclus dans A. On note A l'intérieur de A.
o
C'est le plus grand ouvert de E inclus dans A. Un point de A est dit intérieur à A. \ \
1
d.9
On appelle adhérence d'une partie A de E l'intersection de la famille des
1 fermés de E contenant A. On note A l'adhérence de A.
C'est le plus petit fermé de E contenant A. Un point de A est dit adhérent à A.
d.10
On appelle frontière d'une partie A de E l'ensemble, noté Fr(A), formé <les

points de E adhérents à A et à son complémentaire dans E : /


Fr(A) = A n E \ A
Chapitre l Espaces vectoriels normés 9

d.11 Partie dense


On dit qu'une partie A de E est dense dans E si l'adhérence de A est E : A == E.
1 On dit qu'une partie B de A est dense dans A si A c B.
d.12 Point d'accumulation
On appelle point d'accumulation d'une partie A de E tout point x de E adhé-
1 rent àA\{x}.
Un tel point est caractérisé par le fait que, pour tout voisinage V de x, l'ensemble
A n V\ {x} n'est pas vide ou A n V est infini.
d .13 Point isolé
On appelle point isolé d'une partie A de E tout point a de A possédant un
voisinage V dont l'intersection avec A est le singleton {a} :
a point isolé de A Ç=? 3 V E 'V(a), A n V == {a}
d.14 Partie bomée
1 Une partie A de E est dite bornée s'il existe une boule de E contenant A.

d.15 Diamètre
Soit A une partie non vide et bomée de E. On appelle diamètre de A le réel:
1 8 (A) == sup{N(x - y)/(x, y) E A2}

d.16 Distance d'un point à une partie


On appelle distance d'un point x de E à une partie non vide A de E, le réel:
1 d(x,A) == inf{N(x - Y)/Y E A}

d.17 On appelle distance de deux parties nop vides A et B, le réel


1 d(A. B) == inf{NCx - y)/x E A, y E B}
d.18 Fonction bomée
Soit A un ensemble non vide et (E, N) un espace vectoriel normé.
Une fonctionj :A ---+ E est dite bomée si son imagej(A) est une partie bomée
de E:

Remarque
L'ensemble CZJ3 (A. E) des fonctions bornées de A dans E est un sous-espace vectoriel de

~, il est normé par Ilj 1100 ==


XEA N(1(x)).
sup
Si A =1\1 ils'agit de l'espace des suites bornées de E.

d.19 Normes équivalentes


On dit que deux normes NI et N2 sur E sont équivalentes si les fonctions

NI e t NI
N2 N2 d'fi . sur E \ {}OE son t maJorees.
e mes "

Remarque
Cette définition peut se traduire par l'existence de deux réels ex et 13 strictement positifs
tels que ex NI "" N2 ""13 NI·
10 Précis d'Analyse Il

Exemples - Travaux pratiques

1
de IR- Norme usuelle de iC


• Norme usuelle de IR : valeur absolue IR---;-IR+, x ~ Ixl
Les boules sont les intervalles bornés.

• Norme usuelle de iC : le module iC---;-IR+, z ~ Izl


Les boules de iC sont les disques, les sphères de iC sont les cercles.

exemple 2
1 Nature des boules d'un espace vectoriel normé

• Une boule ouverte est un ouvert de E, elle est convexe.
Pour tout x, y de B(a, r) et t E [0,1], notons z = (1 - t)x + ty et montrons que z E B(a, r).
N(z - a) = N[(l - t)(x - a) + t(y - a),l ~ (1 - t)N(x - a) + tN(y - a) < r
car N(x - a) < 1; N(y - a) < r , (1 - t) > 0 et t> O.

• Une boule fermée est un fermé de E.

Notons C = E \ BJ(u, r) son complémentaire et, pour tout point x de C, notons


R = N(x - a) - r> O. La boule B(x, R) est incluse dans C; en effet, pour chaque y de B(x, R)
minorons:
N(a - y) ~ N(a.-,x) - N(x - y) > N(a - x) - R = r
l'inégalité N(a - y) > r équivaut à y ~ BJ(a, r).
Ainsi, C est voisinage de chacun de ses points, C est un ouvert de E.

• Un point est donc un fermé de E.

,xn) E (Kn.
sur (Kn par les expressions suivantes:
1
j
N2(X) = (t L~l !Xd2) 2
sup
1"'(""11
Ixi!

N2 est la (Kn attachée au produit scalaire:


1
"~
il' Voir Algèbre 2

• Ces normes sont deux à deux équivalentes (ce qui est le cas dès que l'espace est de dimension
1
finie), et les inégalités suivantes donnent les coefficients optimaux:
1 .;n N2 n Noo
,
Noo ~ N2 ~ N1 ~ ~

'1.
Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 11

exemple 4
classiques sur l'espace vectoriel il<:[X] des polynômes
P = ao + alX + ... + anXn, on définit trois nOrInes sur il<:[X] :
1
n
Nl(P) = L lail
i=O N2(P) = (t,=0 lad2) :2
= sup
O""i""n
lail

est la norme préhilbertienne canonique de il<:[X])


• Ces normes sont comparables en un sens: Noo o<S N2 o<S NI,

pas dans l'autre sens: on montre que les fonctions NN2


00 et NNI
2 ne sont pas majorées en
leur appliquant la suite de polynômes (Pn)nE N définie par Pn(X) = 1 + X + ... + Xn.

~ N2 NI ~
NI(Pn)=n+l, N2(Pn)=yn+l, Noo(Pn)=l, Nx(Pn)=N2(Pn)=vn+1
Les normes NI, N2, Nx ne sont pas équivalentes.

• En associant à P sa fonction polynôme, on définit de nouvelles normes sur IK [X] par


les expressions suivantes:

sup IP(t)1 sup IP(z)1


tE[O,l] Izl=1

exemple 5
classiques sur l'espace C([O, 1], il<:)des fonctions continues à valeurs dans

cet espace, on définit trois normes par:

Iii Ilex: = sup Lf(t)1


Iii III = JorI Lf(t)1 dt , tE[O,l]

est la norme préhilbertienne, attachée au produit scalaire sur C([ü,1], IK) :

(fg)1---'7 Vlg) = 11](t)g(t)dt


• Ces normes sont comparables dans un sens:

Iii III o<S Iii 112 o<S Iii 1100 (égalité pour les fonctions constantes)

mais pas dans l'autre sens: on montre que les fonctions i iijii~
1---'7 et li&I:~ ne sont
pas majorées en considérant une suite de fonctions Vn)nd'J définie par in(t) = tn.
1 1
Le calcul donne
Ilin III = n+1 Ilin 112 = v2n~1 Ilin Ilex:= 1

et les suites nl---'7


Ilin 112--~- n+ 1 Ilin lico = v2n + 1 ne sont pas majorées.
Ilin III - v2n + 1 et n 1---'7 Ilin 112
f.
-------------

12 Précis d'Analyse Il

E est un espace vectoriel normé.


p.1
1 Pour tout x et y de E : !N(x) - N(y)1 ~ N(x - y)
p.2
il La réunion d'une famille quelconque de voisinages d'un même point x de E
est un voisinage de x.
ii 1L'intersection de deux voisinages de x est un voisinage de x.
~ Toute partie qui contient un voisinage d'un point x de E est aussi un voisinage de x
(conséquence de la définition de voisinage). Le il en découle.
Prenons deux voisinages U et V d'un même point x de E- Ilexiste alors deux réels ex et
[3>° tels que:
B(x, ex) c U et B(x, (3) c V
Supposons que ex~[3, alors B(x, ex) c B(x, (3) et B(x, ex) c U (î V,
ce qui fait de U (î V un voisinage de x, même si [3~ex bien sûr.
D

p.3
Soit A une partie de E.
1 A est un ouvert de E si et seulement si: Vx E A,::3 r E IR:, B(x, r) cA
pA CaraGt~I'isationdel'adh~reAêê d'une partie A non vide de E.
Pour tout point x de E, les trois propriétés suivantes sont équivalentes:
il x est adhérent à A: x E A,
ii 1Toute boule de centre x rencontre A : V r> 0, A (î B(x, r) ;t 0,
iii 1Tout voisinage de x rencontre A : V V E OV(x), A (î V;t 0.
~ il =? iil Supposons au contraire, qu'il existe une boule B(x, r) incluse dans E \ A, alors
A est inclus dans le fermé F = E \ B(x, r), ce qui donne x E A.
iil =? iiii Tout voisinage V de x contient une boule B(x, r), donc A (î V:) A (î B(x, r)
et A (î V n'est pas vide.
iiii =? il par contraposition. Si x E A, ilexiste un fermé F contenant A et pas x. Alors
E \ F est un voisinage ouvert de x qui ne rencontre pas A.
D

p.5 Ouverts etfermes


1

il E et 0 sont, à la fois, ouverts et fermés de E.


iil • La réunion d'une famill~ quelconque d'ouverts de E est un ouvert de E.
• L'intersection d'une famille quelconque de fermés de E est un fermé
deE.
iii 1 • L'intersectionde deux parties ouvertes de E est un ouvert de E.
• La réunion de deux parties fermées de E est un fermé de E.
p.6 Intérieuretadhérênce Soit A et B deux parties de E.
o 0
il Si A cB alors A.cB et Ac B.
o
iil • Si Ac B et A ouvert, alors Ac B
• Si Ac B et B fermé, alors Ac B.
Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 13

p.? Produit d1espaces vectoriels normes


1

Soit (E, N) et (El, NI) deux espaces vectoriels normés.


On définit trois normes classiques sur l'espace produit E x Fi :
1
Il (x, Xl) 111 = N(x) + NI(XI) , Il (x, Xl) 112 = (N2(x) + d2(x») 2:
Il (x.x) lico = sup (N(x), NI(X»)
Ces trois normes sont deux à deux équivalentes.
~ Aucune difficulté hormis l'inégalité triangulaire de la norme Il.112'

En utilisant les inégalités triangulaires de N et de NI :


N(x + y) ~ N(x) + N(y) et NI (x + y) ~ NI (x) + NI (y)
et l'inégalité triangulaire de ([R2, N2) :
v(a + b)2 + (al + b/)2 ~ va2 + al2 + vb2 + b/2
on obtient:

VN2(x + y) + NI2(XI + yI) ~ VN2(;;)+ N/2(XI) + y'N2(y) + N/2(yl)


L'équivalence de ces normes tient aux inégalités suivantes:
Il (x, Xl) lico ~ Il (x, Xl) 112 ~ Il (x, Xl) 111 ~ v'211 (x, Xl) 112 ~ 211 (x, Xl) lico
D

Remarques
1) On définit de façon analogue (par récurrence) des normes équivalentes sur un produit
de plusieurs espaces vectoriels normés, en particulier sur En.
2) Désormais, tout produit d'espaces vectoriels normés sera muni de l'une de ces normes.

p.8 Parties bornées. d'un espace vectoriel normé (E, N)


Soit A et B deux parties non vides de E.

i / Si A c Bet B bornée alors A est bornée et /) (A) ~ /) (B)

ii / Si A et B sont bornées alors A u B et A + B sont bornées

iii / Si A est bornée alors il est bornée et /) (A) = /) CA)

~ il Si x et y E A alors N(x - y) ~ /) (B) , Ac B( x, /) (E») et /) (A) ~ /) (B)

ii 1 Soit (a, x) E A2 et (b, y) E B2. L'inégalité triangulaire donne:


N(x - y) ~ N(x - a) + N(a - b) + N(b - y) ~ /) (A) + N(a - b)+ /) (B)
N(x + y - a - b) ~ N(x - a) + N(y - b) ~ 0 (A)+ /) (B)

C·e qUi perme t d e conc 1ure /) (A


{ /) (A + B) u
B) ~~ /)/)()A
(A)++/)d(A,
()B B)+ /) (B)

iii 1 Soit x et y deux points de A.


Alors, pour tout r> 0, il existe a E An B(x, r) et b E An B(y, r)
L'inégalité triangulaire fonctionne comme en iil :
N(x - y) ~ N(x - a) + N(a - b) + N(b - y) ~ r+ /) (A) + r
Ce qui montre que A est bornée avec /) CA) ~ /) (A) + 2r, pour tout r> 0,
donc /) CA) ~ /) (A) .
.L'inclusion A c A et il donne l'égalité /) (A) = /) CA)
D
14 Précis d'Analyse Il

• Soit E un espace vectoriel muni de deux normes Nl et N2 telles que Nl ~ N2. Notons Bi(a, r)
la boule ouverte de centre a et de rayon r définie par la norme Ni pour i = 1 ou 2.
Ces boules vérifient B2(a, r) c Bl(a, r). (Nl(a,x) ~ N2(a,x) < r).
Si U est un ouvert de (E, Nl), alors U est aussi un ouvert de (E, N2).
En effet, x étant un point de U il existe un réel r> 0 tel que Bl (x, r) c U,
les inclusions B2(X, r) c Bl(X, r) c U prouvent que U est un voisinage de x dans l'espace
(E, N2).

Supposons que ces deux normes soient équivalentes: il existe a> 0 et [3> 0 tels que:
a Nl ~ N2 ~ [3 Nl·
Alors, les espaces vectoriels normés (E, Nl) et CE, N2) ont les mêmes ouverts.
Dans ces conditions, les notions de limite et de continuité coïncident sur ces deux espaces.

• Il suffit de vérifier qu'un point x de la sphère S(a, r) est adhérent à la boule ouverte B(a, r).
Notons y = a+ 1.1 (x - a) l'image de x par l'homothétie de centre a et de rapport fLE ]0,1[.
Calculons les deux normes:

II y - a Il =1.1Il x - a II =1.1 r et Il y - x Il = II (1- fL)(a - x) Il = (1- fL)r

Pour tout aE ]0, r[


et donc
avec
y E B(a, r) (î B(x, a).
1- r
a
<1.1< 1, on a 1.1r < r et (1- fL)r <a

exemple 8
sous-espaçe \fectoriel
cedeE;'~spa.ce vectoriel norrné.
~er~~e$qn~.(ihérence Fest un sous-espa.ce \téctbriel de E.
En déguire ql.l'"Unhyp~rplan est soit fermé soit dense dans E.
• 1) Il s'agit de vérifier que, pour tous x et y de Ji' et ÀE IK, alors x + y E Ji' et À x E F.
La caractérisation de points adhérents à F indique, pour tout r> 0, l'existence de points a
et b de F tels que Il x - a Il < r et Il y - a Il < r.
Alors les majorations:
II (x + y) - (a + b) II ~ II x - a Il + Il y - b II < 2r
II À x-
a Il = IÀI·II x - a Il ~ IÀI r
À
suffisent à prouver que x + yet À x sont adhérents à F.
Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 15

2) Supposons maintenant que F soit un hyperplan non fermé de E,


c'est dire qu'il existe un point c de If \ F et que la droite lK,c est un supplémentaire de
F (caractérisation d'un hyperplan) : E =lKc EB F signifie que tout vecteur x de E s'écrit
x = lec + y avec le E IK et y E F.
Comme F c If et que If est un sous-espace de E, x= lec + y E F.
Ainsi If = E, F est dense dans E.

exemple 9
Distance à une partie
Soit A une partie non vide de E, espace

A= {x E E/d(x,A) = O}

, \f X,yE E, Id(x,A)- d(y,A)1 ~ Ilx- yll


• 1) L'égalité d(x, A) = 0 se traduit par \f r> 0, 3 a E A, Il x - a Il < r.
Ceci caractérise x E A.

2) Fixons deux points x et y de E. Alors pour tout point z de A:

Il x- z Il - Il y - z Il ~ Il x- y Il (seconde inégalité triangulaire)

d(x, A) - Il y - z Il ~ Il x - y Il (une borne inférieure est un minorant)

d(x,A) - d(y,A) ~ Il x - y Il (elle est le plus petit des minorants)

d(y,A) - d(x,A) ~ Il y - x Il = Il x - y Il (échange de x et y)

Id(x,A) - d(y,A)1 ~ Il x - y Il (± À~I-L =? IÀI ~I-L)

exemple 10
et adhérence d'un convexe

A une partie non vide et convexe d'un espace vectoriel normé E.


o _
que A et A sont convexes .
o
• 1) Prenons deux points x et y de A et vérifions que, pour tout réel t E [0,1], le point

z = (1 - t)x + ty est intérieur à A. D'après la propriété 3, il existe r> 0 tel que, pour tout
vecteur u vérifiant Il u Il < r, alors x +u et y +u sont dans A.
Comme A est convexe (1 - t)(x + u) + t(y + u) = z + u est aussi dans A,
o
donc B(z, r) c A. Ainsi z est intérieur à A; A est convexe.

2) Reprenons les notations précédentes avec, cette fois-ci, x et y dans A.

Pour tout r> 0, il existe deux points a E An B(x, r) et b E An B(y, r).


Notons c= (1 - t)a + tb et vérifions que, z E B(c, r) :

Il z - cil = Il (1 - t)(z - a) + t(z - b) Il ~ (1 - tlIl z- a Il + tll z - b Il < r


Ainsi zE A, A est convexe.
16 Précis d'Analyse Il

II - Limite - Continuité - Dérivation


A. Suites
La notion de suite à valeurs dans un corps If{ a été vue en Analyse 1.

Etant donné un IK-espace vectoriel E, on définit de manière analogue:


• les suites de E,: applications de N dans E, notations: u, (un), (Un)N,
l'ensemble des suites de E est noté EN
• les suites de E définies à partir d'un certain rang Tl{) EN: applications de [Tl{), +00 [
dans E, notation : (Un)n~no
• les opérations sur EN : addition et produit par un scalaire. EN est un IK-espace vectoriel
• les suites extraites d'une suite donnée (Un)F\j E EN.
Si E estun espace vectoriel normé, (Un)N E EN est born~e si et seulement si il existe
A E [R* tel que \:j nE N, Il Un Il "" A.
L'ensemble @ (E) des suites bornées de E est un sous-espace vectoriel de EN.

d.20 §u.ite~qIlvétg~nte dans un espace vectoriel normé CE, Il .11)


Soit U une suite et a un point de E.
On dit que la suite U a pour limite a, ou converge vers a, si la suite réelle
n f-7> Il Un - a Il a pour limite O.

On écrit alors lim Un


n~+oo = lim Il Un -
a Ç==} n~+oo a Il =0

Remarques
1) Une suite convergente a une seule limite.
2) Une suite convergente est bornée.
3) L'ensemble C(S CE) des suites convergentes de E est un sous-espace vectoriel de @ (E).

L'application L: C(S(E) --+ E, x f-7> lim Xn est linéaire.


4) Si la suite U converge vers a alors on peut définir, pour tout n EN: rn = sup Il up - a Il
p~n
On constate que la suite réelle n f-7> rn est positive, décroissante et converge vers O.

d.21 §uitéq.eCauchy dans un espace vectoriel normé (E,II .11)


Soit U une suite bornée de E, notons on= sup{11 Up - Uq II/p? n, q? n}.
1 On dit que U est une suite de Cauchy si la suite réelle (On\"d converge vers O.
Remarques
1) On est le diamètre de la partie An = {up/p? n}.
La suite (An)F\j est décroissante, (On)N aussi.
2) La définition s'écrit traditionnellement:

l
\:js> 0,3 nE N, \:j p? n, \:j q? n, Il up - Uq Il <s
3) Il est commode aussi d'introduire Sn= sup Il un+p - Un II·
p~n
U est une suite de Cauchy si et seulement si lim Sn= O.
n--++oo
Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 17

d.22 Valeur d'adhérence d'une suite


Soit U une suite de E, espace vectoriel normé.
On dit qu'un point a de E est une valeur d'adhérence de la suite U s'il existe
une suite extraite de U qui converge vers a.
d.23 Un espace vectoriel normé est dit confplet si, dans cet espace, toute suite de

1 Cauchy est convergente. On dit alors que c'est un


d.24 Une partie A de E est dite complète, A c E, si toute suite de Cauchy formée
1 de points de A est convergente dans A.

p.9
il Une suite convergente est une suite de Cauchy.
iil Une suite extraite d'une suite convergente U est convergente et a la même
limite.
iiii Une suite extraite d'une suite de Cauchy est encore une suite de Cauchy.
iv 1 Une suite de Cauchy a au plus une valeur d'adhérence a et, dans ce cas, elle
converge vers a.
~ Pour il, ii! et Iii!, les démonstrations sont analogues à celles vues en Analyse 1,Chapitre 1
(propriété 14, théorèmes 17 et 18).
Ivl Si a est valeur d'adhérence de la suite de Cauchy (Un), il existe une suite extraite
(~(n» de limite a.
La conclusion résulte alors de :
Il Un - a Il ~ Il Un - ~(u) Il + Il ~(U) - a Il
~ sup
p~n
Il up - Uq Il + Il ~(n) - a Il
q~n
o
p.10
Soit A une partie non vide de E, espace vectoriel normé.
il Si une suite de points de A converge dans E, alors sa limite est un point de
il, adhérence de A.
ii 1 Un point de E est adhérent à A s'il existe une suite de A qui converge vers ce
point.
iii 1 A est un fermé de E si et seulement si A contient la limite de toute suite
convergente de E qui est formée de points de A.
~ il Avec (un) E AN et lim
n---:-+co
Un = c, écrivons:
o ~ d(c,A) ~ Il c- Un Il et lim
n-++co
Il c- Un Il = 0
donc d(c, A) = 0 ce qui signifie CE il (cf. exemple 9)
Ii 1 Supposons c E il. Donc, pour tout n E F\j*, il existe un poi~t an de A tel que:

Il c - an Il < ~ car A (1 B ( c, ~) n'est pas vide


La suite (an)N converge vers c.
iii 1 Cas où A est un fermé de E : utiliser il.
Pour la réciproque, utiliser ii 1 o
18 Précis d'Analyse Il

des.suÎtes bornées sur un espace vectoriel normé E, muni de la


(.E)~iR+, U f-7>sup Il Un Il.
nEN
Eest complet alors 'lJ3(E)co l'est aussi .
• Notons une suite comme une fonction J E 'lJ3(E), i f-7>
JCi) ;
considérons alors une suite de Cauchy (fn)N de Çi]3(E), c'est-à-dire que la suite
n f-7>On=sup Il Jn+p - Jn Il:::0 converge vers O.
pEN

Comme IIJn+p - Jn [[co = sup Il Jn+pCi) - Jn(i) [l, on obtient:


iEN

'ï/ i EN, 'ï/ pEN, lfn+pCi) - Jn Ci) On (1) 1 ~

donc n f-7>JnCi) est une suite de Cauchy de E, E étant complet, elle converge;
notons g(i) = hm
n--++co
Jn(i) pour tout i EN.

9 est une suite sur E, Ig(i) - Jn(i)[ ~ On (2) (faire p ~ +00 dans (1 )).
9 est bornée: 'ï/ i EN, IgCi)1 ~ IIJo 11+ 00

(fn)N converge vers 9 dans (Çi]3(E), Il .[Ico) car Il 9 - Jn lico ~ On d'après (2).

B. Limite - Continuité d'une fonction


Soit (E, Il.11) et (F.I.I) deux IK-espaces vectoriels normés.
Etant donné D partie non vide E, 'ji (D, F) désigne l'ensemble des applications de D
dans F ou ensemble des fonctions de E dans F, dont l'ensemble de définition est D.
'ji (D, F) est un IK-espace vectoriel pour les opérations usuelles, somme de deux fonc-
tions et produit d'une fonction par un scalaire:
Cf, g) E'ji (D, F)2 J + 9 : x f-7>J(x) + g(x)
"-E IK "-J : x f-7>,,-J(x)
Dans le cas particulier où F =IK, on dispose de l'opération produit de deux fonctions et
'ji (D, IK) est une IK-algèbre :
Cf, g) E'!F (A, 1K)2 Jg : x f-7>J(x)g(x)
Définitions :

d.25 Limite d'une fonction en un point Soit J E'ji (D, F), Ac D et aE A.


On dit que J admet une limite en a suivant A s'il existe un point b de F tel
que:
'ï/8> 0, 30'> 0, 'ï/ x E A, Il x- ail <0' =? lf(x) - b[ <8 (1)
On note alors hm J(x) = b.
x--+a.xEA

Remarques
1) S'il existe b et bl dans F vérifiant (1) alors b = b'
ce qui justifie la notation hm
X--+a.XEA
J(x) = b

(voir Analyse l, Chapitre III, propriété 1, définition 2).


2) La proposition (1) équivaut à :
'ï/ V EV (b), 3U EVA (a), J(U) eV (2)
ou aussi à 'ï/ V EV (b), J-1(v) EVA (a) (3).
Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 19

d.26 Continuité d'une fonction en un point


f E 3i (D, F) est continue en un point a de D si f admet une limite en a
1 suivant D.
Remarque
La limitedef en a suivant D ne peut être quef(a), (voirAnalyse 1,Chapitre III, théorème
1), f est donc continue en a E D si et seulement si lÏE1f(~) = f(a).
XED

d.27 Continuité d'une fonction


1 f E 3i (D, F) est continue sur Ac D sif est continue en tout point de A.
d.28 Continuité uniforme
f E 3i (D. F) est uniformément continue sur A c D si :
1 Ife>O.3coO,If(x,y)EA2·llx-yll<a: =? Lf(x)-f(y)l<e
Remarque
1) Sif: A ~ F est une fonction bornée, on peut définir la fonction:
8: IR+-IR+, h >--">8 (h) = sup{lf(x) - f(y)1 /(x, y) E A2, Il x - y II ~ h}
Cette fonction h est positive décroissante.
f
L'uniformecontinuité de sur A est caractérisée par lim 8 (h) = O.
h---;.O

2) f reste uniformément continue si on change la norme de E ou celle de F en une norme


équivalente.
d.29 Fonction lipschitzienne
f E 3i (D. F) est dite lipschitzienne sur A c D si l'ensemble
R = { Lf(x) yi! /(x. y). E A 2.}
Ilx _- f(y)i ,x '* y est maJore.
..
Si le réel k est un majorant de R ou si k = sup R, on dit quef est lipschitzienne
de rapport k ou k-lipschitzienne sur A.
~ Dans ces conditions If (x, y) E A2, lf(x) - f(y)l ~ kll x - y Il

d.30 Homéomorphisme
Soit A une partie de E, B une partie de F, etf une bijection de A sur B.
On dit que f est un homéomorphisme si f: A ----;.
B et f-1: B ----;.
A
sont continues.
d.31 Isométrie
Soit A une partie de E, B une partie de F, etf une application de A dans B.
On dit quef est une isométrie si, pour tout couple (x, y) E A2 :
Ilf(y) - f(x) W = Il y - x II

On dit qu'une isométrie conserve la norme.


li'ropriétés :
p.11 Soitf E 3i (D, F) et Ac D. Les propositions suivantes sont équivalentes:
i/ f est continue sur A.
ii/ pour tout ouvert V de F,f-1(V) est un ouvert de A
iii / pour tout fermé W de F, f-1 (W) est une fermé de A.
VoirAnalyse 1,Chapitre III, théorème 5 et corollaire.
'20 Précis d'Analyse Il

p.12
Soit] E'!Ji (D, F) et Ac D et les propriétés suivantes:
il] est lipschitzienne sur A de rapport k,
ii 1] est uniformément continue sur A,

iii 1] est continue sur A,


Alors

p.13
Soit] E'!Ji (D, F), Ac D et a E A; les propriétés suivantes sont équivalentes
il] admet une limite en a suivant A

iil pour toute suite (an) de A qui converge vers a, la suite (t(an») de Fest
convergente.
ll2F VoirAnalyse l, Chapitre III,propriétés 2 et 3,
• il =? iil Notons b = lim
x--+a,xEA
](x) et considérons une suite (an) de A qui converge
vers a,

L'hypothèse 'ris> 0, 30'> 0, 'ri x E A (î B(a, 0') =? Lf(x) - bl <s


donne 3 pEN, 'ri n ? p,lI an - a Il <0' =? Lf(an) - bl <s
c'est-à-dire que la suite (t(an») converge vers b,
• iil il Si (an) et (a~) sont deux suites de A qui convergent vers a, alors les suites
=?
(t(an») et (t(a~») convergent dans F; vérifions que leurs limites b et bl sont égales,
Pour cela, ilsuffit de mixer les suites (an) et (a~) en notant:

{ C2n+l
c2n = a~
an
Alors lim Cn = a
n-++co et hm ](C2n) = b = n--++O()
n--++co hm ](C2n+l) = bl,

" s'ensuit que b est la seule limitepossible de] en a.


Par l'absurde, si] n'admet pas b pour limiteen a :
3s> 0, 'riO'> 0, 3 Xu E A (î B(a, 0') tel que Lf(Xu) - bl ?s
On peut alors former une suite (an) qui converge vers a :

'ri n E N*, 3 an E A tel que Il an - a Il < ~


n et Lf(an) - bl ?s

sans que la suite (t(an») converge vers b, ce qui est contradictoire,


o
Remarque
Avec] : A ---t F, a E A et b = lim ](x), on a b E ](A), (d'après la caractérisation
x--+a,xEA
de l'adhérence par les suites).

p.14 (F, 1.1) étant complet, soit] E'!Ji (D, F), Ac D et a E A.


Pour que] admette une limite en a suivant A, il faut et il suffit que:

'ris> 0,30'> 0, (x, y) E (A (î B(a, 0'»)2 =? lf(x) - ](y)1 < s


C'est le CritèredeCal.1chy pour l'existence d'une limite.

III. -- -~-- --~=,-,


Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 21

1&' i/ L'hypothèse b= lim 1(t) donne:


t--+a,tEA
10

\je> 0, 3a> 0, \j t E A (1 B(a, a), Lf(t) - bl < "2


d'où par inégalité triangulaire:

\j (x, y) E (A (1 B(a, a)) 2, lf(x) - l(y)1 ~ Lf(x) - bl + Lf(y) - bl <


1satisfait au critère de Cauchy,
10

Ce qui prouve que


ii / Pour la réciproque, prenons une suite quelconque (Xn) de A qui converge vers a et
vérifions que (j(Xn)) est une suite de Cauchy:
\je> 0, 3 r E N, \j n ~ r, IXn - al <a
et donc \j (p, q) E N2,p ~ r et q ~ r, donne Lf(xp) - I(Xq)1 <10,
Comme F est complet, la suite de Cauchy (j(Xn)) est convergente.
On conclut avec la propriété 13.
D

•M' P: 15 :prülo:ngement d\me application


1:
1

(F, 1.1)étant complet, soit A --+ F uniformément continue sur A. Alors il


existe une unique application J : il --+ F continue qui prolonge
uniformément continue sur A.
J est 1;
J prolonge 1 signifie que JIA = 1·
1&' L'uniformecontinuité de 1donne l'existence de la fonction:
of : IR+-+IR+, a f-7 of (a) = sup {lf(x) - l(y)I/(x, y) E A2, Il x - y Il ~ a} avec
lim of (a) = O.
0'--+0

On en déduit que 1vérifie le critère de Cauchy en tout point a E A.

En effet, soit 10> 0, il existe a> ° tel que of (a) <10; et pour tout x, y dans B (C' ; ) ,
on obtient:
Il x- y II ~ II x - a Il + II y - a II < a et donc lf(x) - l(y)1 ~ of (a) < 10
Le critère de Cauchy donne l'existence de J(a) = lim l(x)
x-+a,xEA

En notant que JCA) = I(A), ilvient:

0I (a) = sup{ V(u) - J(v)I/(u, v) E A2, II u- v II ~a} = of (a)

Alors 0'--+0
lim 0f- (a) = ° assure l'uniforme continuité de J sur A. D

p.16
, Composition de fonctionsCQPtinnes
Soit E, F, G trois espaces vectoriels normés, A une partie de E, B une partie
de G,1 une application de A dans F et 9 une application de B dans G. Si, de
plus,I(A) c
B, on dispose de l'application composée go de A dans G. 1
il LÜnite Soit a E A un point oùl admet une limite b = hm l(x), alors
x--+a,xEA
b E 13 : supposons que 9 admette une limite en b, c = hm
y--+b,YEB
g(y), alors go 1
admet c pour limite en a : c = hm go l(x).
x-+a,xEA

ii 1 Continuité Si 1 est continue sur A et 9 continue sur B, alors 9 01 est


continue sur A.
I,,'t

22 Précis d'Analyse Il

trW i1On sait que b E J(A) et J(A) cB donc b E B.


Utilisonsdeux fois la propriété 3: «suite et limite».
Soit (xn) une suite de A qui converge vers a, alors la suite (j(Xn») de B converge vers
b, et la suite (g (j(Xn»)) converge vers c

ii 1 Utiliserla définitionde la continuité en un point et le il


D

p.17 Propriétés des isométries


1

Soit (E, Il.11) et (F, 1.1) deux espaces vectoriels normés, A une partie de E, B
une partie de F etJ: A -7 B une isométrie.

il J est lipschitzienne de rapport 1, doncJ est uniformément continue sur A.

ii 1J est injective; si J, de plus, est smjective, J induit une bijection de A sur


B, dont la bijection réciproque J-l : B ~ A est une isométrie ; J est alors un
homéomorphisme de A sur B.

iii 1 La composée de deux isométries est une isométrie.

p.18 Opérations sur les limites


1

SoitJ :A -7 F, 9 : A ~ F et a E A ainsi que 'il: A-7K

il L'existence de :

u = lim J(x) v= lim g(x) fL= lim 'il (x)


x-a,xEA x~a.xEA x~a.xEA
fournit les nouvelles limites:

lim J(x) + g(x) = u + v et lim 'il (x)J(x) =fL u


x----,-a,xEA x---+a,xEA

ii/ Si F = FI x .,. x Fp est un produit d'espaces vectoriels normés et siJ: A -7 F


est donnée par ses applications composantes x f--+ J(x) = (jl(X), ... ,fp(x»),
alors J admet une limite b en a suivant A si et seulement si chaque fi,
i E [1, p] admet une limite bi en a suivant A.

Dans ce cas b= (bl,bz.···.bp).

trW il Pour la deuxième formule noter le découpage suivant:


ep (x)J(x)- fL U = [ep (x)- fL] J(x)+ fL [J(x) - u]

pour majorer lep (x)J(x)- fL ul par l'inégalité triangulaire.

ii 1 Pour montrer que l'existence de lim J(x) impliquecelle de lim fi(x), pour tout
x_a,xEA x~a,xEA
i E [1, p], utiliser la norme sur F définie par:
II(xl,x2,'" ,xp)llx = sup Il Xi IIF;
l~i~p

où Il ·IIF; est la norme sur Fi,


Pour la réciproque, utiliser la norme sur F définie par:
p

II(xl,x2···· ,xp)lll = L
i=1
Il Xi IIF; D

L
Chapitre l Espaces vectoriels normés 23

p.19 Opérations sur les fonctions continues


1

i/ C(A, F) ensemble des fonctions continues de A dans F est un sous-espace


vectoriel de S!i(A, F).

ii/ C(A, X) est une sous-algèbre de S!i(A, X).

iii/ Sif A ~ F et c;:: A -K sont continues alors <il f :A ~ F est continue.

iv / Sif A - F est continue alors fi : A -IR(, x f--'> lf(x) est continue.


1

v / Si <p: A -K
est continue et ne s'annule pas, alors ~
<p
A --+~ est définie et
continue sur A,

vi / Si F = FI x ... x Fp est un produit d'espaces vectoriels normés et sif : A --+ F

est donnée par ses applications composantes x f--'> f(x) = (1I(X),'" ,fp(x)) ,
alors f
est continue sur A si et seulement si chaque fi: A --+ Fi est
continue sur A (1,s; i ,s;pl.
(I:;;)f Ce sont des conséquence des opérations sur les limites.
D

Exemples - Travaux pratiques

E et F sont deux espaces vectoriels normés.

exemple 12
: E --+ F continue et A c E.
que, si A est dense dans E, alorsf(A) est dense dansf(E) .

• Nous utiliserons la caractérisation d'une partie dense suivante : A est dense dans E si et
seulement si pour tout U ouvert non vide de E, l'intersection A ([ U n'est pas vide.
Soit V un ouvert de F tel que V ([ f(E) *0.
Ils'agit de vérifier que V ([f(A) est non vide aussi.
Par hypothèse, il existe x E E tel que f(x) EV: or,j est continue donc U = f-I(V) est un
ouvert de E, non vide car ilcontient x.
Comme A est dense dans E, U ([ A est non vide: or feu ([ A) cf(U) ([f(A) et feu) c V,
donc V ([f(A) est non vide.

exemple 13
et 9 deux applications continues de E dans F. Montrer que:
{x E Elf(x) = g(x)} estfermé , B = {x E Elf(x) < g(x)} est ouvert.

• On vérifie que A et B sont les images réciproques respectives par 9 - f du fermé {o} de IRet de
l'ouvert ]0, +oo[ de IR.
Commef - 9 est continue, A est un fermé de E et B est un ouvert.
24 Précis d'Analyse Il

uniformément continué.

unE) suite de Cauchy dé E.estune suite de Gauchy de F .

• Rappelons la caractérisation de l'uniforme continuité:


lim ~ (h)
h--O
== ° avec ~ (h) == sup{ lf(y) - f(x)1 /(x, y) E E2, Il y - x Il ,.0:; h}

D'autre part, (xn) E EN est une suite de Cauchy si et seulement si :


lim
n---++oo
On== ° avec On== sup{ Il xp - Xq II /p ;3 n, q ;3 n}
Avec ces notations, pour p ;3 net q ;3 n, on a lf(Xq) - f(xp)1 ,.o:;~ (On)
Si o~== sup{lf(Xq) - f(xp) 1 /p ;3 n, q ;3 n} alors o~,.o:;~ (On)

donc lim o~==


n---++oo 0, ce qui prouve que (f(xn») N est une suite de Cauchy de F.

C. Relation de comparaison au voisinage d'un point


Ces relations ont été introduites en Analyse l, Chapitre VII, dans le cadre des fonctions
réelles d'une variable réelle.

E, F, G sont des espaces vectoriels normés de normes notées Il . Il ' I·IF ' 1·1G' A est
une partie de E et a un point de E adhérent à A. Dans le cas où E ==IR;, a est un point
de IR adhérent à A (donc éventuellement a == +ex; ou a == - ex;).

Il. Domination - Prépondérance 1

f et 9 sont des fonctions définies sur A à valeurs dans F et G :


f:A--+F, g:A--+G
Définitions:

d.32 f est dominée par 9 au voisinage de a suivant A, et on notef == Ca (g)


ouf == C (g), lorsque: :3 V E "If A (a), :3ÀE IR;:, 'If x E "If A (e). lf(x) F 1 ,.0:; Ig(x)j G
1

d.33 f est négligeable devant 9 (ou 9 prépondérante devantf), et on note


f == oa(g) ouf == o(g),
1 lorsque: 'Ife> 0, :3 V E"V~A (a), 'If x E V, lf(x)IF,.o:;e Ig(x)IG
Remarques
1) Le cas E ==R A ==N, a == +ex; donne les relations de comparaison entre suites à valeurs
dans un espace vectoriel normé.
2) Les fonctions f et 9 considérées ont un ensemble de définition commun (ici A) mais ne
prennent pas nécessairement leurs valeurs dans le même espace vectoriel (ici F et G).
En fait, seules les fonctions normes interviennent:

lflF : A --+R x f--?o lf(x) 1F et Igl G : A --+IR;, x f--?o Ig(x)1 G


Doncf == Oa(g) s'interprète en lflF == oa(!gIG)'
En particulier,f == oaCl) signifie lim f(x) == O.
x __a.xEA

1...
Chapitre l Espaces vectoriels normés 25

Il est d'usage courant de comparer, par exemple, une suite complexe ou vectorielle à
1 1
une suite réelle. (--. = 0(1) signifie lim -- = 0).
n+ L n--HCXl n+i

Dans la mesure où les opérations sont légitimes dans les espaces vectoriels considérés,
toutes les propriétés de la relation de prépondérance exposées en Analyse 1,Chapitre
VII,sont valables.

12. Equivalence 1

] et 9 sont des fonctions définies sur A à valeurs dans le même espace vectoriel normé F.

d .34 ] est équivalente à 9 au voisinage de a suivant A, et on note] ~a g,


lorsque: ] - 9 = Oa(g)
Remarques
1) Pour l'équivalence de fonctions ou de suites, il est impératif que l'espace d'arrivée soit
commun (existence de](x) - g(x), de Un - Un).
2) La relation ~a est une relation d'équivalence sur l'ensemble des fonctions définies au
voisinage de a.
3) Ilest intéressant de traduire] ~a 9 par] = (1+ <p)g avec <p= oa(1).

D. Dérivation des fonctions d'une variable réelle


o
l est un intervalle de IRtel que l *0.

Il. Dérivation 1

d.35 On dit que]: l --+ E est dérivableav.pqintci:é l si l'application

l \ {a} --+ E,x f--+ x- a r](x)


_1_ ~ - ](a)] admet une limite en a suivant l \ {a}.
En cas d'existence, cette limite s'appelledérivéëdefena. on la note

d.36 On dit que]: l --+ E est dérivable a ùrolte \resp. à gaUChe) au pOInt a E 1 SI
l'intervalle I~ = l ri [a, +oo[ (resp. I~ = ln] - 00, aD n'est pas réduit à {a} et
si la restriction de] à I~ (resp. I~D est dérivable en a.
Si elle existe, une telle dérivée s'appelle délivÉ~e
de f en a, on la note f~(a) (resp. i!;(a» .
d.37 On dit que] : l --+ E est dérivable (resp. dérivable à droite, à gauche) si]
est dérivable (resp. à droite, à gauche) en tout point de I.
On définit alors l'application dérivée def, par:
f :l --+ E,x f--+ f(x)
On définit de façon analogue les applications]~ : dérivée à droite,J; : dérivée
à gauche.
1" --.------------------

26 Précis d'Analyse Il

Remarques
1) La dérivabilité reste acquise par changement de la norme en une norme équivalente.
2) f: l ---7 E est dérivable en a si et seulement si pour (tout) J E'V1 (a),JjJ est dérivable
en a (la dérivabilité est une propriété locale).
L'existence def(a) équivaut à l'existence et l'égalité def~(a) et def~(a), et dans ce
casf~(a) =f~(a) =f(a).
3) La dérivabilité de f :l
---7 E en a se traduit aussi par:
il existe €E E tel que f(a + h) = f(a)+ € h + o(h) quand h tend vers O.
4) La dérivabilité en un point (resp. sur I) entraîne la continuité en ce point (resp. sur I).

Prbptiétés:
p.20 L'ensemble V(J, E) des applications dérivables de l dans E est un sous-espace

1
vectoriel de C(J, E). L'application «dérivation» : D(J, E) ---7'Je (J, E), f ~ est
linéaire.
f
p.21 Si E = El x ... x Ep et f E'Je (J, E), alors est dérivable si et seulement si f
toutes les applications composantesJj : l ---7 Ej, (1 ";;j ,,;; p), sont dérivables.
1 Das ce cas,f{,···,f; sont les applications composantes def.
p.22 Si E est de dimension p, muni d'une base (ejh'0"Sp et sif E'Je (J, E) est donnée
p

par t ~ f(t) = 'L,Jj(t)ej, alors f est dérivable si et seulement si toutes les


j=l
P

applications coordonnéesfl"",fP le sont et dans ce casf(t) = 'L,Jj/(t)ej.


j=l

12. Application de classe cP 1

Définitibns:
d.38 Comme dans le cas des fonctions réelles, pour f : l ~ E, on définit par
récurrence les dérivées successives à partir de: f = fOl dérivée d'ordre O.
1 On note Vn(I, E) l'ensemble des applications de l dans E n fois dérivables.
d.39 Pour p E~ et f :l ---7 E, on dit que f est de classe cP si f E VP(I, E) avec
fp) :l ~ E continue.
On noteCP(I. E) l'ensemble des applications de classe cP de l dans E.
On dit quef: l ---7 E est de classe C·:x) si, pour tout p c ~,f est de classe CP,

Propriétés:
p.23 Pour tout p c ~"', -pP(I,E) et CP(J, E) sont des sous-espaces vectoriels de C(I, E).
1

p.24 Formule de Leibniz


Sif E CP(I, et 9 E CP(I,
11<) E), alors f .9 E CP(I, E) et, pour 0 ,,;;n ,,;;p :
n
(j'. g)(n) = 'L, C~fn-k)g(k)
k=O

p.25 Classe d'une composée


1 Sif c CP(I, IR) et 9 c CP(J, E) avecf(J) c J, alors 9 of c CP(I, E).

'-
::hapitre l Espaces vectoriels normés 27

III - Complets - Compacts - Connexes


A. Propriétés des espaces complets
La définitiond'un espace vectoriel normé complet est donnée en d.23.
L'espace CR.I.I) est complet.
Le passage d'une norme à une norme équivalente ne modifie pas les suites de Cauchy,
ni la nature «complète» de l'espace.
Prqpriétés:

.l'vI' 1 P',26il Soit A une partie fermée d'un espace vectOliel normé complet de E.
Alors A est une partie complète de E.
ii 1 Soit A une partie complète de E. Alors A est un fermé de E

I].g' i/ Une suite (an)", de Cauchy formée de points de A est une suite de Cauchy de E.
E étant complet, cette suite est convergente, or A est un fermé de E, donc [a limitede la
suite (an)', est dans A.
ii/ Soit (Xn):\ une suite convergente de E formée de points de A.
Alors (Xn)'\ est une suite de Cauchy de E, donc aussi de A.
A étant une partie complète de E, la suite (Xn)', converge dans A.
La propriété 10 iiii prouve que A est fermé de E.
D

p.27 Les espaces !Mn et en sont complets


1

Notons qu'il s'agit d'espaces produits d'espaces vectoriels normés.


Montrons que C=!M2 est complet; [a généralisation est facile.
Soit n - = Xn + iYn une suite de Cauchy de C, alors [es suites réelles
Zn (Xn)r\ et
(Yn)7\j sont des suites de Cauchy.
En effet IXn+p - Xnl ~ IZn+p - Znl ~ ôn où 8n= sup IZn+p - Znl
pE,"\;'

et lim
n---;.-+·::>:)
ôn= 0 car (zn) est une suite de Cauchy.
!M étant complet, les suites (Xn)'J et (Yn)'; convergent dans !M, vers x et y respectivement.
La suite (Zn)r:oi converge vers x + iy (opérations sur les suites convergentes).
D

Théorème'

-Tf Théorème du point fixe


Soit A une partie complète d'un espace vectoriel normé (E, Il.11) et f une
application de A dans A telle que:
il existe un réel k de [O.l[ tel que, pour tout couple (x, y) de A2 :

Ilf(y) - f(x) Il ~ kll Y - x il


Alorsf admet un point fixe a E A, celui-ci est unique et limite de toute suite
(Xn)7\j de A définie par:
X(J E A et pour tout nE 1\1: Xn+l = f(Xn)
28 Précis d'Analyse Il

On dit que l'applicationf estcoÇltraqtâtÜe, et que (Xn)N est une sUitè récurreôte asso-
ciée àf.
Ir§' La méthode consiste à vérifier que:

i / la suite récurrente (Xn)N est une suite de Cauchy,

ii / sa limite est un point fixe de f,

iii / ce point fixe est unique.

i / Pour tout nE l'J*: Il Xn+l - Xn Il = Ilf(xn) - f(Xn-l) Il ~ ~II Xn - xn-lll


d'où Il Xn+1 ~ xflll ~ knll Xl - XO II par récurrence.
p-l

Pour tout p E l'J*, on a xn+p - Xn = Li=O


Xn+i+l - Xn+i

p-l

d'où Il Xn+p - Xn Il ~ L i=O


Il xn+i+1 - Xn+i Il

p-l n
et Il xn+p - Xn Il ~ Li=O
k n+i Il Xl - XO Il ~ --IIk
1- k Xl - XO Il

Comme lim kn = 0, la suite n f-7 sup Il xn+p - Xn II converge vers 0 : la suite (Xn)N
n-++co pE N*
est une suite de Cauchy de A.

ii / A étant une partie complète de E, la suite de Cauchy (Xn)N de A converge vers a E A.


L'applicationf est Iipschitzienne donc continue sur A, d'où:

hm f(xn)
n---++oo hm xn)
= f ( n---++oo c'est-à-dire a = f(a)
Ainsi a est un point fixe def.

iii / Envisageons deux points fixes a et b de f:


Il b - a Il = Ilf(b) - f(a) Il ~ kll b - a Il donne 0 ~ (1 - k)11b - a Il ~ 0
donc b = a ;f admet a pour unique point fixe.
o

B. Parties compactes d'un espace vectoriel normé


Définition :

d.40 Partie compacte


Une partie A d'un espace vectoriel normé est dite compacte si toute suite de
1 points de A admet une suite extraite qui converge dans A.
Remarques
1) Le passage d'une norme à une norme équivalente conserve la nature compacte d'une
partie.
2) Une partie finie est compacte (théorème des tiroirs)
3) Voir Analyse l, Chapitre Il, Paragraphe V, pour l'étude des compacts de !Kt

Propriétés

p.28 Dans un espace vectoriel normé, une partie compacte est bornée et fermée.
1
" .,~r"'''.·,

Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 29

~ Soit A une partie compacte d'un espace vectoriel normé E.

i / Supposons A non bornée et construisons une suite (an)'" de points de A réalisant

il aj - ai Ii ~ 1 pour tout i oF J entiers


La construction est récurrente:

• il existe ao et al dans A tels que Il ao - al Il ~ 1 car A est non bornée,

• Si ao,"', an-l sont n points deA tels que Il Clj - ai Il ~ 1 pour 0"" i<J "" n - l,A
étant non bornée, elle n'est pas incluse dans B, réunion des boules B(ai, 1), donc il existe
an EA \ B et la famille (ao, ' , ' ,an-l' an) vérifie Il Clj - ai Il ~ 1 pour 0 "" i <J "" n,
Toute suite (a~h" extraite de A vérifie aussi il ~ - a~Il ~ 1 pour i oF J, elle n'est donc
pas convergente, ce qui prouve que A n'est pas une partie compacte de E.

Ii / Si A c A alors A est fermée,


Soit x un point adhérent à A, donc limite d'une suite (an)r" formée de points de A
A étant compacte, (anh admet une suite extraite (a~h convergente dans A ; mais
toutes les suites extraites de (anh ont la même limite x, donc x E A
D

p.29 Fermé dans un compact


Soit A une partie compacte d'un espace vectoriel normé E.
1 Si B est une partie fermée de A alors B est aussi une partie compacte de E.
A est compacte donc fermée dans E, alors B est aussi fermée dans E.
Comme BeA, une suite (bnh formée de points de B est une suite de A
Or, A est une partie compacte de E donc il existe une suite (b~),'I: extraite de (bn),~ qui
converge dans A; sa limite est dans B car B est fermée (dans A et dans E).
D

p.30 Produit de compacts


Soit E et F deux espaces vectoriels normés, A une partie compacte de E, B
une partie compacte de F.
Alors A x B est une partie compacte de E x F.
Soit (an', bn) une suite de A x B. A étant une partie compacte de E, il existe une suite
(U;p(n)N extraite de (an)~j qui converge vers un point x de A
La suite (bq;(n)i'; extraite de (bn)i'; est à valeurs dans B, partie compacte de F, et admet
donc aussi une suite extraite (bq;o8(n)):'\; convergente vers un point y de B,
Alors la suite (aq;o8(n)'" est extraite de la suite convergente (U;p(n)i'\1 et converge donc
vers x. Finalement (U;po8(n)' bq;o8(n)) i'\1 est une suite extraite de (an, bn)N qui converge
vers (x, y) E A x B.
Ainsi A x B est une partie compacte de E x F.
D

t.2 Theorème de Heine


Soit A une partie compacte de E etf : A --+ F une application continue.
Alors f est uniformément continue sur A
(Voir Analyse l, Chapitre III, théorème 8).
ri

30 Précis d'Analyse Il

~ Raisonnons par l'absurde: dire que f n'est pas uniformément continue sur A c'est dire
que:

3s> 0, \;f n E N*, 3 (xn, Yn) E A2• Il Yn - Xn Il ~ ~n et lf(Yn) - f(xn)1 ~s

A étant une partie compacte de E, A2 est compacte dans E2,


donc il existe (xq,(n). Y~(n») r:,; extraite de (xn, Yn)N convergente vers (a, b) E A2.

• f étant continue, on a lf(b) - f(a)1 = n~rrco lf (Y~(n)) - f (x~(n)) 1

donc lf(b) - f(a)1 ~s (i)

• d'autre part, IIY~(n) - X~(n)11 ~ ~()


cr n donne lim ~ IIY~(n) - Xq;(n)Il =
n~+x· °
donc b = a et f(b) =f(a) (il)
Les résultats de (i) et (ii) sont contradictoires.
t.3 Image continue d'un compact
Soit A une partie compacte de E etf : A ~ F une application continue.
Alorsf(A) est une partie compacte de F.
(Voir Analyse l, Chapitre III, théorème 6).
~ A toute suite (Yn)N def(A), on peut associer une suite (Xn)r:,; de A par f(xn) = Yn.
A étant une partie compacte de E, il existe une suite (X~)N extraite de (Xn)r:,; qui converge
vers un point a de A.
f étant continue, la suite (Yit) N = (f(x~)) N' extraite de (Yn)'\j, converge vers
f(a) E f(A).
D

t.4 Fonction continue sur un compact


Soit A une partie compacte de E etf : A ~ F une application continue.
i! Alors f est bornée et atteint sa borne: il existe a E A tel que:
lf(a)1 = sup lf(X) 1
XEA

ü! Cas d'une fonction réellef: A ~iR continue sur A compact.


Alorsf est majorée, minorée, il existe a et b dans A tels que:
f(x) = inf f(x) et f(b) = supf(y)
XEA !jE A

~ i / La propriété précédente indique que f(A) est une partie compacte de F, donc bornée
et fermée de F. On dispose donc du réel IlfilA = sup lf(x)l.
XEA

Introduisons une suite (Xn)\, de A telle que la suite (lf(xn)l) converge vers Iif liA
(propriété de la borne supérieure).
A étant une partie compacte de E, il existe une suite (x~)'\ extraite de la suite (xn)~, qui
converge vers un point a de A.
La fonction x f-7 lf(x) 1 étant continue en a, on obtient:

n~rrx lf(x~)1 = lf(a)1 donc liA = lf(a)1


ii / Icif(A) est une partie bornée et fermée de R. elle admet un plus petit et un plus grand
élément; c'est le résultat annoncé. (Voir Analyse L Chapitre III. théorème 7).
D

1.....
::::hapitre 1 Espaces vectoriels normés 31

Exemples - Travaux pratiques

exemple 15
Cê?mplets et compacts
Dne partie A compacte de E est complète .

• Prenons une suite de Cauchy de E formée de points de A.


Comme A est compacte, cette suite admet une suite extraite (X~)N qui converge dans A.
Or, une suite de Cauchy ayant une suite extraite convergente est elle-même convergente.
Ainsi A est une partie complète de E.

exemple 16
PrOpriétés des compacts emboîtés
sçùt (Xn)r,; une suite décroissante de parties non vides et compactes de E.
MOntrer que l'intersection X = (î Xn est un compact non vide de E

• Notons Xn un point de Xn (non vide) pour chaque n E'\j.


Les Xn étant «emboîtés», est une suite du compact Xo, elle admet une suite extraite
(x<p(n)", convergente; notons c sa limite.
Comme Xp est aussi un fermé de E, nous avons l'équivalence:
CEXp {=? d(c,Xp)=O

Or, pour tout n ~ p : 'P (n) ~ p, d(c.Xp) ~ Il c - xcln)


, \1 et lim
n~+x Ii c- x..cln) Il
' = o.

Ainsi, CE Xp pour tout pEN, donc X = n


nE
Xn n'est pas vide.

Une intersection quelconque de fermés de E est un fermé de E, X est un fermé de E inclus dans
le compact Xo, donc X est un compact de E.

Propriétés:

p.31 Parties compactes de Gin


1 Une partie de Gin est compacte si et seulement si elle est fermée et bornée.
Rappel
Rappelons que [K=[!:R ou iC et que Gin est normé par 1/ .

Sur un espace vectoriel de dimension finie, deux normes sont équivalentes (cf Chapitre
Il, théorème 5) donc le choix de la norme est indifférent.
Nous savons déjà que tout segment [a, b] de [!:R est compact et que toute partie compacte
de [Kn est fermée et bornée.

Réciproquement, considérons une partie A de Gin fermée et bornée, il existe donc R E [!:R+
tel que A c [-R, R]n.

Un produit de compacts étant compact, [- R, R]n est un compact de [!:Rn.


Or, une partie fermée incluse dans un compact est elle-même compacte (propriété 29)
donc A est une partie compacte de [Kn
D
32 Précis d'Analyse Il

Soit A une partie compacte de E.


IM'lp·32
i / Pour tout r> 0, il existe une famille finie de boules de rayon r dont la réunion
contient A.

ii / Pour toute famille (Vi)iEI d'ouverts dont la réunion contient A, il existe r> °
tel que, pour tout x de A, il existe un ouvert Vi de la famille qui contient la
boule B(x, r) :
:3 r> 0, V X E A,:3 iE J, B(x, r) c Vi
iii / Pour toute famille (V;)iEI d'ouverts dont la réunion contient A, il existe une
partie finie J
de J telle que:

AcUVi
iEJ

Il@r' i / Par l'absurde, s'il existe r> ° tel que A ne soit pas réunion d'une famille finie de boules
de rayon r.
Alors, à partir d'un point xo de A, on peut construire, point par point, une suite (Xn)1\I de
A telle que Xn ne soit pas dans la réunion U
O~i<n
B(x;, r).

Du fait que Il Xj - Xi Il ~ r dès que *- j, la suite i (xn)1\I n'a aucune suite extraite
convergente, contrairement à l'hypothèse A compact.

ii / Par l'absurde encore, pour tout n E 1'\1*, il existe Xn E A tel que la boule B ( Xn, ~) ne
soit incluse dans aucun des ouverts Vi de la famille.
A étant compacte, cette suite (Xn)1\I admet une suite extraite (~(n»)1\1 qui converge vers
un point a de A.
Il existe Lin ouvert Vo de la famille (Vi)iEI qui contient a ainsi qu'une boule B(a, r) pour
un rayon r> ° convenable, (Vo est ouvert).
Il existe, alors, un entier p tel que:
r 1 r
Il a- ~(p) 1\ < 32 et 'P (p) < 32

de sorte que la boule B (~(P)' 'P ~p)) est incluse dans la boule B(a, r) donc aussi
dans Vo.

Il y a contradiction car, par construction, une telle boule B (xn, ~) n'est incluse dans
aucun Vi.
iii / Utilisons iil :3 r> 0, V x E A,:3 iE J, B(x, r) c Vi
puis il notons (Yj)jEJ la famille finie des centres des boules B(Yj, r) dont la réunion
contient A.
Pour chaque Yj il existe un ouvert Vj associé contenant la boule B(Yj, r).

Ainsi B(Yj, r) c Vj et Ac U B(Yj, r) cU Vj.


o
JEJ JEJ

Remarques
1) Par passage aux complémentaires, la propriété iii! devient: de toute famille (Fi)iEI de
fermés de E dont l'intersection avec A est vide, on peut extraire une sous-famille finie
.dont l'intersection avec A est vide aussi.
2) Cette propriété iiil caractérise les parties compactes de E.
Chapitre l Espaces vectoriels normés 33

pies ~ Travaux pratiques

exemple 17
ère non compacte
ace vectoriel E = C([O, 1], C) étant normé pa == sup lf(t)l),
tE[O.l]

Les éléments de E sont des fonctions continues sur le compact [0,1] de ~, elles sont donc
bornées et la norme Il .11 co est définie.
Pour constater que la sphère unité de E est non compacte, il suffit d'exhiber une suite de fonctions
(fn)N, de la sphère unité de E, qui réalise Ilfq - fp lico ;" 1 pour tout couple (p, q) d'entiers
distincts.
En effet, aucune suite extraite de (fn)N ne peut être convergente.
Choisissons ln: E -+C, t f-7 fn(t) = e2in"lTt.

Comme lé"l = 1 pour Ci réel,fn est unitaire.

La formule 1 ei!> - é' 1 = 21 sin f3 ~ Ci 1 donne:


1
l{q(t) - fp(t)[ = 2 [sin(q - p) 'TT tl ~ 2 (égalité si t = 21q _ pl E [0,1])
donc Ilfq - fp Il = 2.
Conclusion
La sphère unité de (C([O, 1, C), Il .llco) est bornée et fermée mais n'est pas compacte. Ceci est
l'illustration du théorème de Riesz: pour que la sphère unité d'un espace vectoriel normé E soit
compacte, il faut et il suffit que E soit de dimension finie.

C. Parties connexes IM'I

d.41 Partie connexe


Une partie A de E est dite nOn cOfinexe s'il existe deux ouverts Vo et Vi de
Etels que:

An Vo ",0 et
{ Ac
Vo n(Vo =0VI)
VI U
Dans le cas contraire, la partie A est dite
Remarques
1) Par passage aux complémentaires, on obtient:

A non connexe ~ il existe Fo et FI fermés de E n


A Fo ",0 et A n FI ",0
Fo nFI
{ Ac (Fo u=0
FI)
2) Une partie A de E est connexe si A et 0 sont les seules parties de A à la fois ouvertes
et fermées dans A. En particulier, un espace vectoriel normé est connexe.
Il
34 Précis d'Analyse Il

3) Par définition, la partie vide 0 est connexe, un singleton aussi. Hormis ces deux cas,
une partie finie de E est non connexe.
4) La paire P = {O, 1} dans IRest la «caricature il d'un ensemble non connexe. Les parties
de P sont 0, {O}, {1}, {O, 1} ; elles sont ouvertes et fermées dans P.
d.42 arcs
Une partie A de E est dite connexe par arcs si, pour tout couple (x, y) de points
de A, il existe une application J continue du segment [0,1] de IR à valeurs
dans A telle que :
J(O) = x et J(l) = y
Remarques
1) On peut comprendre que A est connexe par arcs si, deux points quelconques de A
peuvent être réliés par un chemin continu inclus dans A.
2) Lorsque ce chemin est un segment, A est convexe: une partie convexe est connexe par
arcs.
d.43 Partie etoilée
Une partie A est dite etoilée s'il existe un point a de A tel que, pour tout x de
1 A, le segment [a, x] est inclus dans A.
Remarques
1) Dans cette définition, un tel point a est appelé centre de A .
2) Une partie étoilée est connexe par arcs car deux points x et y de A sont les extrémités
d'une ligne brisée [x, a, y], a étant un centre de A.
Propriétés:

p.33 Caractérisation d'une partie connexe


Une partie A de E est connexe si et seulement si toute application continue
1 J de A dans la paire P = {O, 1} est constante.
u& Supposons A non connexe c'est-à-dire réunion de deux ouverts Va et VI disjoints non
vides et construisons une applicationJ : A --+ P en associant à tout x de A la valeur:

J(x) = {O1 SIsi Xx E VI


E Va
Cette applicationJ est continue, car les images réciproques par J des ouverts de P :
0=J-1(0) , Va =r1(O) , VI =J-l(1) A =J-l(p)
sont des ouverts de A.
Comme Va et VI sont non vides, J n'est pas constante.
Formulons la réciproque avec les mêmes notations.
S'il existe une application continue J : A --+ P non constante, alors Va = J-1(0) et
VI = J-1(1) sont deux ouverts non vides et disjoints de A.
Or A = Va U VI, donc A n'est pas connexe.
o
p.34 Image continue d'une partie connexe
Soit A une partie connexe de E etJ : A --+ F une application continue.
1 Alors J(A) est une partie connexe de F.
u& Soit 9 :J(A) --+ P = {O, 1} une application continue.
L'application composée 9 0 J : A --+ P est continue donc constante car A est connexe.
On en déduit que 9 est constante. DoncJ(A) est connexe.
o

l....-
Chapitre l Espaces vectoriels normés 35

p.35 Adhérence d'une partie connexe


Soit A une partie connexe de E.
Alors toute partie B telle que Ac BeA est connexe.
En particulier, A est connexe.
Soit] : B -+ P = {O, 1} une application continue.
La restriction de] à A est aussi continue, donc constante car A est connexe.
On dispose alors des inclusions ICA) c](B) c]CA) = ]CA), ce sont des égalités donc
] est constante sur B, et par conséquent, B est connexe.
D

Remarque
L'intérieur d'une partie connexe n'est pas nécessairement connexe imaginer deux
disques fermés de C tangents extérieurement.
p.36 Réunion de parties connexes
Soit CAi)ÜôI une famille non vide de parties connexes de E.
S'il existe une partie Ale qui rencontre toute autre partie Ai de la famille,
alors la réunion R= UAi
iEl
est connexe.

Remarque
C'est, en particulier, le cas si l'intersection n
iEl
Ai n'est pas vide.

Par contre, on ne peut rien dire quant à l'intersection de deux parties connexes (penser
à un cercle et une droite sécante dans le plan).
Soit] : R -+ P = {O, 1} une application continue,] est constante sur chaque partie Ai
(connexe), cette constante est commune car Ai n Ale n'est pas vide.
Donc] est constante, la réunion R est connexe.
D

p.37 Composante connexe


Soit A une partie non vide et a un point de A.
Alors la réunion des parties connexes de E qui contiennent {a} et qui sont
incluses dans A est une partie connexe de E.
Elle est fermée dans A, c'est la plus grande partie connexe de E contenant
{a} et incluse dans A.
On l'appelle composante connexe du point a dans A.
La démonstration découle naturellement de deux propriétés précédentes.
D

p.38 Parties connexes de IR

1 Les parties connexes de IR sont les intervalles.


Rappel
Un intervalle ouvert non vide est homéomorphe à IR.
t
(t f---7 a + et, t f---7 b - e- t, t f---7 al+e
+ b~ sont des homéomorphismes de IR sur
]a, +00[, ] - 00, b[ et ]a, b[ respectivement).

~ i/ Un intervalle J de IR est connexe. Notons J = l l'intérieur de J.


Si J =0, alors J =0 ou J est un singleton, donc J est connexe.
Sinon, J est connexe (intervalle ouvert non vide homéomorphe à IR) et J c J c J, donc
J est connexe (cf propriété 35).
36 Précis d'Analyse Il

ii / Soit une partie A de IRqui n'est pas un intervalle.


Il existe alors trois réels a, b, e tels que a < b < e, (a, e) E A2 et b Ii'. A
Dans ce cas, A n] - 00, b[= A n] - 00, b] est une partie ouverte et fermée de A
distincte de 0 et de A, donc A n'est pas une partie connexe de IR. D

p.39
Soit A une partie de E etf : A -+IR.

On dit que f
possède la propriété des valeurs intermédiaires si son imagë
f(A) est un intervalle de IR.
Si A est connexe et f continue, alors f possède la propriété des valeurs
intermédiaires.
IL§ Corollaire de la propriété 38.

p.40 CO!ll1exitépararcs
1 Soit A une partie de E connexe par arcs, alors A est connexe.
IL§ Supposons qu'il existef : A -+ P = {O, 1} continue et non constante, c'est-à-dire qu'il
existe deux points x et y de A tels que f(x) = 0 etf(y) = 1.
Par hypothèse, il existe une application 'l': [0,1] -+ A continue telle que '1' (0) = x et
(1) = y.
'1'

Alors l'applicationfo 'l': [0,1] -+ {O, 1} est continue et non constante par construction.
Or, le segment [0,1] est une partie connexe de IR, ce qui est contradictoire avec la
propriété caractéristique des connexes.
D

Remarques
1) Une courbe paramétrée, image d'une application continue d'un intervalle de IRdans E,
est connexe par arcs donc connexe de E.
2) La réciproque de la propriété précédente est fausse.
Cependant, elle a lieu dans le cadre de la propriété suivante.

p.41 Soit A une partie ouverte et connexe d'un espace vectoriel normé E.
1 Alors A est connexe par arcs.
IL§ L'idée de la démonstration consiste à construire une ligne polygonale joignant deux points
quelconques de A.
Supposons A non vide, notons 'i6s1([0, 1], A) l'ensemble des fonctions continues sur
[0,1] à valeurs dans A et affines par morceaux. Fixons une origine a dans A et consi-
dérons la partie:
D = {x E AI 3f E 'i6s1([0, 1],A),f(O) = a,f(l) = x}
Montrons, successivement, que D n'est pas vide, que D est une partie ouverte, puis
fermée de A, que D=A est connexe par arcs.
• D est non vide car il existe une boule ouverte B(a, r) incluse dans A (ouvert). Cette boule
est convexe donc incluse dans D.
• D est un ouvert de A.
Soit b un point de D, il existe donc f E 'i6s1([0, 1], A) : f(O) = a,f(l) = b ainsi qu'une
boule B(b, r) incluse dans A (ouvert).
Pour tout x de cette boule on «raccorde )) l'arc @)précédent au segment [b, x] c B(a, r)
(convexe) de la façon suivante:
Chapitre l Espaces vectoriels normés 37

1
g:[O,l]-+A, t>--'>
si °~t ~ "2

1
{ g(t) = j(2t)
2(1 - t)b + (2t - l)x si "2~t~l
9 E 46.s:'1([0, l],A). Ainsi B(b, r) est incluse dans D, D est ouvert.
• D est un fermé de A.
Soit (Xn)1\I une suite de D qui converge vers un point y de A, il existe donc une boule
B(y, r) incluse dans A (ouvert) et un entier n tel que Xn E B(y, r).
On raccorde de la même façon l'arc âXn de A au segment [Xn, y].
Donc y E D, D est fermé (caractérisation par les suites).
• D est une partie ouverte et fermée non vide de A. Comme A est connexe, D = A.
• D est connexe par arcs.

Par définition, pour tout couple (x, y) de rr, les arcs âX et Qi) sont tracés dans A.
On a vu en cours de route comment les raccorder, c'est-à-dire construire une application

continue h : [0,1] -+ A telle que h(O) = x, h ( à) = a, h(l) = y. D

Exemples - Travaux pratiques

exemple 1.8
est ()()nne'Xepar arcs, donc connexe.
ne sont pas homéomorphes.
et U ne sont pas homéomorphes.
Prenons deux points de 1[:* sous la forme A = aé'- et B= beii3 où a et b E IR~, et et [3E IR.
Contournons l'origine par le chemin suivant:
j : [0,1] -+iC*, t >--'> j(t) = [(1 - t)a + tb]e(1-t)ia+tii3
application continue vérifiantj(O) = A,f(l) = B et lf(t)1 E [a, b] clR~,
1[:* n'est cependant pas étoilé.
2) Imaginons une bijectionj de 1[: sur IR.
L'image de la partie connexe
continue.
e est IR\ {j(O)}, partie non connexe de IR, doncj n'est pas

3) L'application <p: [0,1] -+ U, t >--'><p(t) = e2hrt est continue, surjective, donc U est une
partie connexe de iC.
L'image de l'intervalle ]0, 1[ par <pest U\ {1}, également partie connexe de iC.
Raisonnons par l'absurde en supposant qu'il existe un homéomorphisme 9 de U sur [0, 1].
Notons:

a = g-l (à) et h: U -+ [0,1], Z>--'> h(z) = g(az)


z >--'> az induit un homéomorphisme de U sur U, donc h est un homéomorphisme (par
composition).
1
Or, h(l) = g(a) ="2 donc j'image par h de la partie connexe U \ {1} est

partie non connexe de IR, c'est une contradiction.


38 Précis d'Analyse Il

Exercices-types
Ex. 1.7
Soit A et B deux parties non vides fermées et Soit A une partie de IRP ayant un unique point
disjointes de E. d'accumulation a ; montrer que A est dénom-
1) Trouver une fonction continue f : E ->IR brable.
telle que JjA = O,Jj B = 1. EX.1.8
2) En déduire l'existence de deux ouverts
Soit A un compact de E, (Xn)N une suite de A et
disjoints U et V de E tels que
L l'ensemble des valeurs d'adhérence de cette
AcU,BcV
suite. Calculer lim
n-+oo
d(xn, L).
Ex. 1. 2
EX.1.9
Soit A et B deux parties non vides fermées et
disjointes de E. Soit A une partie non vide et bornée de E.
1) Montrer que, si A est compact, alors 1) Montrer que toute demi-droite d'origine
d(A,B) > O. a dans A rencontre la frontière de A,
2) Donner un exemple dans IR, puis dans 2) Montrer que A et Fr(A) ont le même dia-
d(A, B) = O.
1R2 où mètre.

Ex. 1.3 Ex. 1. 10


Montrer que Soit A une partie non vide de E et f :A ---.IR
N :1R2---.1R, (x, y) ~ N(x, y) = sup lx + tyl k-lipschitzienne.
tE[ü,ll
est une norme sur 1R2. 1) Justifier la définition de 9 : E ---.IR,

Dessiner la sphère unité. x ~ g(x) = sup {J(t) - kll x - t Il}


tEA
Ex. 1. 4 2) Vérifier que 9 prolonge f et que 9 est
Soit A une partie convexe de E. aussi k-lipschitzienne.

Montrer que la fonction E ---.IR, x ~ d(x, A) est Ex. 1. 11


convexe.
Soit F un sous-espace de dimension finie de E,
EX.1.5 Fi=E.
x 1) Montrer que, pour tout x E E, il existe
1) Montrer quef : E ---.E,x ~ + Il xii 1 Xl E F tel que Il x - Xl Il = d(x, F).
induit un homéomorphisme de E sur la
2) Montrer qu'il existe x E E \ F tel que
boule unité.
Il x Il = d(x, F).
2) f
Montrer que est lipschitzienne et trou-
ver le meilleur rapport. Ex. 1. 12

EX.1.6 Soit K une partie compacte de E.

1) Pour quelles valeurs du réel À définit-on 1) Montrer qu'il existe deux points a et b de
une norme sur 1R2 par K tels que Il b - a Il =8 (K), diamètre de
K.
Nf.. (x, y) = vi x2 + 2 À xy + y2 ?
2) Comment ces deux points se situent-ils
2) Comparer les deux normes Nf.. et NiL'
par rapport à la frontière de K ?
Chapitre l Espaces vectoriels normés 39

Indications
Ex. 1.1
1) Utiliser les fonctions Présenter A comme réunion dénombrable d'en-
x >--+ d(x, A), x >--+ d(x, B). sembles finis formés de " couronnes" centrées
2) Utiliser des images réciproques en a.
d'ouverts de iR;.

EX.1.2

1) Par l'absurde. Raisonner par l'absurde en supposant que

2) Vérifier que Z est un fermé de iR;.


( d(xn), L) 1'\1 ne converge pas vers O.
Penser à une courbe plane ayant une
asymptote.

Ex. 1.3 1) Sur une demi-droite d'origine a E A,


Expliciter N(x, y) et reconnaître une norme considérer le point de A le plus éloigné
classique de iR;2. de a.
Ex. 1. 4 2) A partir de deux points a et b de A définir
Faire un croquis; utiliser la norme de E avant deux demi-droites dont l'intersection est

de passer aux bornes inférieures. [a, b], puis utiliser 1).


Ex. 1. 5 Ex. 1. 10
1) Résoudre l'équation y = J(x) en calcu-
Savoir qu'une partie non vide majorée de iR; ad-
lant Il y Il au préalable.
met une borne supérieure, que cette borne est
2) Former J(y) - J(x) à l'aide de (y - x) ou
le plus petit des majorants.
de Ilyll-Ilxll·
Pour le meilleur rapport, commencer par Ex. 1. 11
choisir y = O.
1) Introduire une suite convenable de F.
Ex. 1. 6
2) Considérer x = y - yi.
1) Reconnaître une norme euclidienne pour
À convenable. Ex. 1. 12
2) Chercher les bornes de la fonction
1) Introduire une application continue défi-
N2
nie sur un compact.
~(x, y) sur les droites x = yet
Nf..
2) Vérifier que a, par exemple, n'est pas
x +y = O.
intérieur à K.
.------ •••• "-- .,""'~ ••••• • ~ __ u

40 Précis d'Analyse Il

Solutions des exercices-types

1) Notons Ci et [) les fonctions de E dans IRdéfinies par Ci (x) = d(x, A) et [) (x) = d(x, B).

Rappelons que d(x, A) = 0 ~ X E A (car A est fermé)

et que Id(x,A) - d(y,A)1 ~ Il x - y II·

Ainsi, les fonctions Ci et [) sont continues sur E et la fonction Ci + [) ne s'annule pas sur E (car
A et B sont fermés disjoints).
Ceci justifie l'existence et la continuité de la fonction:

d(x, A) ". Ci

f : E -+R x f--é> d(x, A) + d(x, B) c est-a-dlre f = Ci + [)


Il est facile de vérifier que f est à valeurs dans [0,1] et que JjA = 0 , JjB = 1.

2) Notons U=f-1(]-oo,à[) et v=r1(]à,+oo[).


Ce sont des ouverts disjoints de E (image réciproque d'ouverts disjoints de IR par une fonction
continue) et AeU, BeV car A=f-1(0) et B=f-1(1).

1) Si d(A, B) = 0, il existe une suite (an, bn)f\j de A x B telle que lim Il an -


n~+co bn II = O.

A étant compact, il existe une suite (~(n»f\j extraite de (an)f\j qui converge, notons c sa limite.
Par inégalité triangulaire:

II c - b<p(n) Il ~ Il c - a<p(n) Il + Il ~(n) - b<p(n) Il d'où n~~CXl Il c - b<p(n) Il = 0

A et B étant fermés, c limite commune des suites (~(n» et (b<p(n» appartient à A Il B, ce qui
est contradictoire car A Il B est vide.

2)

• Choississons les deux parties suivantes de IR: A =7L , B = { n- 21nln E N* }


Elles sont fermées et disjointes (IR\ A et IR\ B sont réunions d'ouverts)

et d(A, B) ~ ln - ( n - 21n) = 1 2~ pour tout nE N*, donc d(A, B) = O.


1 IY
• Soitf : IR-+R x f--é> f(x) = ~
x +1
f est continue. Les deux parties de 1R2 définies B
par:
x
A = {(x, O)/x EIR} =IR x{O} et A 10
B = { (x,f(x» lx E IR}, graphe de f

sont fermées. En effet, A est produit de fermés de IR, et B est l'image réciproque de {O} par la
fonction continue 1R2-+R (x, y) f--é> f(x) - y)
A Il B =0 (f ne s'annule pas) et 'if x E IR,d(A, B) ~ f(x) donc d(A, B) = o.
Chapitre 1 Espaces vectoriels normés 41

Ex. 1. 3

Pour (x, y) E u;g2 donné, la fonction t;-;. x + ty est affine donc monotone, ses extremums sont
atteints aux bornes. Ainsi N(x, y) = sup{[x!, lx + yi}.

Le changement de variable IY
Y=x+y
{X=x A
correspond au changement de base sur u;g2 :

I=i-j
J=)
{--+ ~ ---+

L'expression de N dans cette nouvelle base est


N(XI + Y j) = sup(IXI ,IYi);
il s'agit de la norme Nx, de u;g2. '.. ni'.. x
La sphère unité est le parallélogramme
de sommets ±l ±J c'est-à-dire
[, [-2j, -[, -T+2)

EX.1.4

Notations
y
, ,
~\,
; 1 Z X
Soit (x, y) E E2 , (u, v) E A2, ,, '', '
, ' ''
' '
r E ]0,1], {zw = (1 - t)x + ty
t)u tu
~ A v~u
410rs z - w = (1 - t)(x - u) + t(y - v)
et Il z - w Il "" (1- t)1Ix - u Il + tll y - v Il
d(z, A) "" (1 - t)11x - u Il + tll y - v Il (une borne inférieure est un minorant)
d(z, A) "" (1 - t)d(x, A) + t dey, A) (c'est le plus grand des minorants)

1.5

1) Pour y = j(x), Il y Il = 1 1,1


~ IL Il appartient à [0, 1[, doncj est à valeurs dans la boule unité
B(O, 1).
x
Pour y E B(O, 1), résolvons l'équation y = -. -" ".

x= ~ comme solution
On obtient Il x Il = 1 ~ ~II~ /1 (défini car Il y Il < 1), puis
unique.
Ainsi j induit un homéomorphisme de E sur B(O, 1) dont l'application réciproque est

B(O, 1) -+ E, y;-;. 1- ~I y Il (les continuités dej etj-1 découlent des opérations sur
les fonctions continues, (propriété 19))
y - x + Il x Ily - Il y Ilx
2) Calculons j(y) - j(x) = (1 + Il x Il)(1 + Il y Il)
En écrivant û= Il x Ily - Il y Ilx = Il x lI(y - x) + (II x Il - Il y Il)x
on obtient Il û Il "" Il x II· Il y - x Il + III x Il -II y III· Il x Il "" 211x II· Il y - x Il
'----.--~~-- •••.••~="".,'-=-".., == IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!!IIIII!!!!I!II.----4I!
__ •

42 Précis d'Analyse Il

, , "" (1 + 211 x Il)[[ y - x Il


AinSI IIJ(Y) - J(x) Il ~ (1 + [[ x Il)(1 + [[ y Il)
En permutant x et y ((x, y) ~ IIJ(Y) - f(x) Il est symétrique) puis en faisant la moyenne
arithmétique, il vient:

(1 + [[x + Il Il y 11)11 y - x [[
IIJ(y) - J(x) Il "" (1 + Il x Il)(1 + Il y Il) "" Il y - x Il
J est lipschtzienne de rapport 1.

IIJ(x) Il 1 ,
Comme lTXlI = 1 , Il "II -+ 0 (x -+ 0), k = 1 est le rapport optimum,

1.6

1) Qx.cx---r + x)) = x2 + 2 À xy + ~ est une forme quadratique sur ~2, il s'agit qu'elle soit
définie positive, Pour des raisons de symétrie, faisons le changement de coordonnées

T= t + j
X = v2 correspondant au changement de base orthonormale
v2
x-y
{ y= x+y
v2 {
J=~j
" --.+ -+

(vecteurs propres de la matrice symétrique ( ~ ~) )

QA (XI +Y J) = (1+ À)X2 + (1- À)y2


QA est définie positive si et seulement si (1+ À> 0, 1- À> 0) Ç=? ÀE] -1, l[ et dans ce
cas NA = VQ;: est une norme euclidienne sur ~2. (Voir Algèbre 2)

2) Plaçons nous dans le cas -1 <À<f1< 1 et calculons:

2
NA 2
NIL ( f1 - À)(x - y,.)2 _ .
1+ À - 1+ f1 = (1+ À)(l+ f1) ~ 0 avec egallte sur la drOite x - y = O.

. N~ N~ (À - f1)(x + y)2 "" _. _ ,


pUIS 1- À - 1- f1 = (1 \ \(1 ,,\ ~ 0 avec egallte sur la drOite x + y = O.

Ainsi pour -1 <À<f1< 1, NA et NIL sont des normes sur ~2, elles sont équivalentes (~2 est
de dimension finie) et:

NILV~I+;J: "" NA "" NILV~~ (coefficients optimum)

Ex. 1.7

A ayant un point d'accumulation, ce n'est pas une partie finie de ~p

Notons, pour tout entier n E l'J,


Bn = { X E ~p / ~ "" Il x - a Il n} et
B= U Bn.
"" nEN*

Bn est bornée et fermée dans ~P, c'est donc une partie compacte de ~p. AnBn est finie sinon A
aurait un point d'accumulation autre que a.
Ainsi A' = A nB = U (A n Bn)
nEN*
est dénombrable et A = {a} u A' l'est aussi.

••
~:I~'t~III~,~IIIIII.lllrn
••••••••••••••••••••••••••••••• 1I!!,~itf:i·

Chapitre l Espaces vectoriels normés 43

Ex. 1.8

A étant compact, la suite (xnh, admet une suite extraite convergente. donc L est non vide.
Supposons que la suite n f-7 d(xn, L) ne converge pas vers 0 :
3s> 0, V N E'\, 3 P ~ N, d(xp.LJ ~s
Ce qui signifie qu'il existe une suite (x~h, extraite de (xnh vérifiant d(x~, L) ~s pour tout n E "c;.
Cette suite de A admet elle-même une suite extraite C,(~) convergente, dont la limite a est valeur
d'adhérence de (x~)"J et aussi de (xnh,. donc a E L, et on obtient la situation:
o <s~ d(x~,L) ~ il x~ - a avec hm
n---'-+::.>:
Ii x~ - a = 0

C'est contradictoire. Ainsi lim d(xn, L) = O.


n-+x

Ex. 1. 9

Rappelons que Fr(A) = ilIÎ E \ A, A et il ont la même frontière et le même diamètre.


1) Tout couple (a, u) formé d'un point a de A et d'un vecteur unitaire u de E définit une
demi-droite a+ u.
IR+

La partie l = {t E IR+ / a + tUE A} de lM.est non vide (0 E I) et bornée (8 CI) ~8 (A»,


elle admet donc une borne supérieure T = sup lEI et X = a + Tu E il
(I --;- A, t f-7 a + tu est continue).

Pour tout nE,,,, Xn = a + T + Tl E E \A car T + Tl l


""X (1) _ U
1 11'

donc X = n---'-+·-:x:;.
lim Xn E E \, A. Ainsi X E ilIÎ E \, A = Fr(A),

toute demi-droite d'origine dans A rencontre la frontière de A.


2) Le 1) prouve que Fr(A) n'est pas vide, et comme Fr(A) c A, on a déjà 8 (Fr(A» ~8 (A).
Supposons que A ait deux points distincts a et b (sinon A = Fr(A».
Sur la droite (ab) il existe deux points c et d de la frontière de A tels que [a, b] c [c, d].
(pour définir le point c utiliser 1) en considérant la demi-droite d'origine a ne contenant pas b)
Alors Il b - a Il ~ Il d- c Il ~8 (Fr(A» et 8 (A) ~8 (Fr(A».
Conclusion: A et Fr(A) ont le même diamètre.

Ex. 1. 10

Pour tE A, XE E, notons h(t, x) = f(t) - kll x - t Il.

Utilisons quef est k-lipschitzienne et l'inégalité triangulaire, pour a dans A, il vient:


fet) - f(a) ~ kll t - a Il ~ kll t - x Il + kll x - a Il
h(t, x) =f(t) - kll x - t Il ~f(a)+ kll x - a Il (1)
Ainsi t f-7 h(t, x) est majorée sur A d'où l'existence de g(x) = sup h(t, x)
tEA

Si x E A, on a h(x, x) = f(x) ~ g(x) et h(t, x) ~ f(x) (choisir a = x dans (1)


j'où g(x) =f(x). Ainsi 9 prolongef.
Formons h(t, x) - h(t, y) = k (II t - Y Il - Il t - x Il) ~ kll x - y Il
j'où h(t, x) - g(y) ~ kll x - y Il puis g(x) - g(y) ~ kll x - y Il
SI, par symétrie, Ig(x) - g(y) 1 ~ kll x - y Il.

Ainsi 9 est aussi lipschitzienne de rapport k.


l' or; ••••• ~ •• _~-, ,' ••.•• ~"'''''''''",H

44 Précis d'Analyse Il

1) F étant de dimension finie, toute suite bornée de F admet une suite extraite convergente.
Soit x E E et (Xn)N une suite de F telle que:
hm
n-++oo
Il x - Xn Il = d(x, F)

La suite réelle (II x - Xn II) N est convergente donc bornée, ce qui entraîne que la suite
(Xn)N est elle-même bornée.
Elle admet donc une suite extraite (X~)N convergente de limite x! dans F, car F est fermé.
Alors hm
n-++oo
Il x - x~ II = Il x - x' Il = d(x, F).

2) SoitYEE\FetylEFtelsque Ily-y/ll=d(y,F).
Posons x = y - y. Comme d(x, F) = dey, F), x vérifie Il x Il = d(x, F).

1) Introduisons l'application distance d : E2 -+IR, (x, y) f-'3> d(x, y) = II y - x Il

La norme choisie sur E2 étant N(x, y) = II x II + Il y Il, l'application d est lipschitzienne de


rapport 1, donc continue:
Id(X, y) - d(x, y)1 ~ Il (Y -y) - (X-x) Il ~ Il Y -yll + II X-x Il = N(X-x, Y -y)
La restriction de d au compact K2 (produit de compacts) est bornée et atteint sa borne (le
diamètre de K par définition) ; il existe deux points a et b de K réalisant:
sup d(x, y) = Il b - a Il =0 (K)
(X.Y)EK'2

2) Montrons que a et b sont des points de la frontière de K.


o
Fort de l'identité K = K \ Fr(K), un raisonnement par l'absurde consiste à supposer que le
point a, par exemple, est intérieur à K.
\1existe donc une boule B(a, r) incluse dans K.
r b- a
En supposant a et b distincts (sinon K est un singleton), le point
c= a- 211 b_ a Il est
r b- a
dans B(a, r) donc dans K et "augmente le diamètre de K" car b-c=b-a+-2----
r
II b - cil = II b - a II + 2 : c'est bien sûr une contradiction.

~
Chapitre l Espaces vectoriels normés 45

Exercices proposés
E désigne un espace vectoriel normé sur K

Ex. 1. 1 EX.1.6

Montrer que l'on définit une norme sur ~2 par: Soit A une partie compacte de E, montrer que
IIx+ tyll B =u!x.Y)EA2 [x, y] est une partie compacte
:V(x, y) = sup --- deE.
tE [ii 1+ t
Déterminer et dessiner la sphère unité. Ex. 1.7
Ex. 1.2 Soit A une partie non vide de E; pour tout r> 0,
Dans l'espace vectoriel E = dIO, 1], R) normé on pose:
par Il.1100' on considère une famille B(A. r) = {x E E/d(x,A) < r}
'f1, ... ,fp) E EP et on définit l'application Montrer que
eV :~P-+~ par
:V(X1,'" ,xp) = IIZf=l xJi11 x'
B(A, r) = U B(x, r),
XEA
A= n
DO
B(A. r).

Donner une condition nécessaire et suffisante Si A est bornée, calculer le diamètre de B(A, r)
pour que N soit une norme sur ~p en fonction de celui de A.
Ex. 1.3
Ex. 1.8
Soit E = C([O, 1], m ; montrer que l'on définit
Soit A une partie compacte de E etf : E -+ E
des normes N1, N2, ... par:
·'h(f) = lf(O)1 + IIf' Ilco,
telle que f(A) c A.
On suppose qu'il existe un point a de A tel que,
N2(f) = lf(O)1 + lt(O)1 + 1I1"llx,'"
pour tout x E A:
Comparer ces normes deux à deux.
x;te a =? Ilf(x) - a Il < Il x - a II·
Ex. 1. 4
On définit la suite (Xn)r\, de A par:
Soit E = C1([0, 1], ~) ; montrer que l'on définit
XO E A, xn+1 = f(xn).
une norme euclidienne sur Epar:
X: E-+~, Montrer que (Xn)i\i converge vers a.
1
EX.1.9

f f--'> N(f) = k2(Oh ,,f 1'2(t) dtr Soit A une partie compacte de E etf
telle que:
: A -+ A

Comparer les normes N et Il.llx.


Ex. 1.5
'i (x, y) E A2, IIf(y) - f(x) Il = Il y - x Il

Montrer que f est surjective.


Soit K une partie convexe d'un ~-espace vecto-
riel E admettant GE comme centre de symé- Ex. 1.10
trie, ne contenant aucune droite, telle que toute Soit F l'ensemble des fonctions lipschitziennes
droite passant par GE rencontre K en dehors
de [0, 1] dans E. On définit l'application:
:Je GE.
K:F~~,
Montrer que N : E -+~,
lf(y) - f(x)1
f f--'> K(f) = sup
y-x
xf--'>N(x)=inf{ÀE~: /~ E K} O~x~y~l
est une norme sur E. et N : F -+Rf f--'> lf(O)1 + K(f).
Montrer que pour cette norme Montrer que N est une norme sur F,
o _

B(OE, 1) = K et Bj(OE' 1) = K. Comparer N et Il ·1100'


'o· •••• ~ -", ••••••••••••••
_~ ~~i~~ __ ~ . ------------- _

46 Précis d'Analyse Il

lM] Ex. lM]


Soit E un espace vectoriel normé ayant une Soit A une partie compacte de E et (Xn)1\I une
base dénombrable. suite de A telle que

Montrer que E est complet. lim


n--++oo
Xn+l - Xn = O.

Montrer que l'ensemble des valeurs


d'adhérence de la suite (Xn)1\I est connexe.
Soit E un espace vectoriel normé où toute boule
fermée est compacte. Ex. 1. 16 lM]
Montrer que E est complet. Soit A une partie compacte de E et (Cn)1\I une
suite décroissante de parties non vides con-
lM] nexes et fermées.
Soit E un espace vectoriel complet ; on con-
sidère une suite (Vn)1\I décroissante d'ouverts
Montrer que l'intersection n
ncol\l
Cn est connexe.

denses dans E.
EX.1.17 lM]
Montrer que l'intersection n Vn
ncol\l
est dense
Soit E un IR-espace vectoriel de dimension finie
dans E. n ~ 1 et F un sous-espace de E.
Montrer que F est un hyperplan si et seulement
14 si E \ F est non connexe.
Soit E un espace vectoriel complet, j :E --+ E
EX.1.18 lM]
une application telle que l'une de ses itéréesjP
Soit E un IR-espace vectoriel de dimension finie
(p E N*) soit contractante.
n~2.
Montrer que j admet un point fixe unique.
Montrer que toute sphère est connexe .

•...
Chapitre Il

Applications linéaires
sur les espaces vectoriels
/
normes

1- Continuité des applications linéaires


E, F, G désignent des espaces vectoriels normés.
Théorèmes:

t.1 Caractérisation des applications linéaires continues


Pour une application linéaire f de E dans F les propriétés suivantes sont
équivalentes:

il f est continue sur E

iil f est continue au point OE

iii 1 f est bornée sur la boule unité fermée BJ(OE' 1) _


iv 1 il existe k ? 0 tel que pour tout x de E : Ilf(x) Il ~ kll x Il
vif est lipschitzienne
10? Il est facile de faire une démonstration circulaire.
il =? iil =? iiii =? ivl =? vi =? il
• Détaillons 'iil =? iiii
En utilisant la continuité en 0E, il existe a> 0, tel que Ilx Il ~a =? Ilf(x) II ~ 1.
Tout vecteur y de la boule unité fermée vérifie Il a y Il = a Il y Il ~ a
1 1 1
donc f(y) = -f(a
a y) donne Ilf(y) Il = -llf(a
a y) Il ~ -.a
Ainsif est bornée sur là boule unité fermée.
• Voyons aussi iiii =? ivl
Exprimons que f est bornée sur la boule unité fermée:
::3 k? 0, 'if x E E, Ilx Il ~ 1 =? Ilf(x) Il ~ k
y
Pour tout vecteur non nul y, on a m E BJ(OE,l)

donc 1~(lI~II)II~k et Ilf(y)ll~kllyll·


Sachant que f(O) = 0, l'inégalité Ilf(y) Il ~ kll y II est valable pour tout y de E.
• Les autres implications sont évidentes.
D
48 Précis d'Analyse Il

Remarques
1) La continuité de f E~ CE, F) reste acquise par le changement d'une norme en une norme
équivalente, dans E comme dans F. Par contre, f peut être continue sur CE, Il .111) et
non continue sur (E, Il.112) quand Il .111 et Il.112 ne sont pas équivalentes.
2) Dans les propriétés du théorème 1 , on peut remplacer:

en ii/ le point OE par un autre point de E,

en iii/ la boule unité fermée par toute autre boule de rayon non nul, même ouverte, ou
par une sphère de rayon non nul.

3) Souvent la mise en défaut de la continuité d'une application linéaire f E ~ (E, F) se fait

en exhibant une suite (Xn)N de la boule unité de E telle que la suite (i(xn») N soit non
lim IIf(xn) Il = +00 par exemple).
bornée, (n-++oo

t.2

L'ensemble des applications linéaires continues de E dans F est un sous-


1 espace de ~ (E, F) noté
Ir%'
~c CE, F) est non vide et stable par l'addition des fonctions et la multiplication d'une
fonction par un scalaire.
o

• "s'agit bien d'une application linéaire définie sur des espaces vectoriels normés :

'Il: E -+IR, P f-7 pel)

E normé par Il.1100 et IRpar la valeur absolue.


Essayons d'appliquer la remarque 3) précédente.
Notons Pn(X) = l +X + ... +Xn,

on a alors Il Pn 1100 = l et 'Il (Pn) = Pn(l) = n+l


Voilà un exemple d'une suite (Pn)N de la sphère unité dont la suite des images ('Il (Pn») N n'est
pas bornée.

L'application linéaire 'Il n'est pas continue sur CE, Il.11(0)'

.••... -",..,..,,,,,,,,,,,,~,,,, --- ------------------------------


....
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 49

2
ment de norme

les notations de l'exemple 1 et sur E =~ [X] deux autres


q

11 PlI1 == Llad et
i=O

\Il: E -fIFt P f-3> P(l) sur (E,II.I12)1


• Ces questions se justifient car les normes Il . 111, Il . 112 et Il . 1100 ne sont pas équivalentes.

• L'analogie entre Il P 111 et ep (P) se concrétise par:

ep est bornée sur la boule unité de (E,


lep (P)I = IP(l)1

Il.111)
= I~ ail ~ ~
(lep (P)I ~ 1 si
lad

Il Pl11
= Il P 111

~ 1)
L'application linéaire ep est continue sur (E, Il .111)

• Reprenons la suite n f-3> Pn(X) = 1 + X + ... + Xn de l'exemple 1 et calculons:


Il Pn 112 = vn+l et Pn(1) = n + 1
P
Alors Qn = vn+1
~ appartient à la boule unité fermée de (E, Il.112)

tandis que ( ep (Qn») N = ( vn+l) N est une suite réelle non bornée.
Ainsi, l'application linéaire ep est non continue sur (E, Il . 112).

t. 3 Norm.ed'un~applicatiol'lliliêaire cOntinue
E et F désignant des espaces vectoriels normés, l'application:
5Ec (E, F) -fR f f-3> Iif Il = sup Ilf(x) Il est une norme sur 5Ec (E, F)
Ilxll~l
Remarque
L'existence du réeliif II pour f E 5Ec (E, F) est justifiée par la propriété iii/ du théorème 1.

Notons B la boule unité fermée de E: BJ(OE' 1).


Vérifions les trois critères de définition d'une norme.
• Si Iif Il = 0, alors pour tout x E B, Ilf(x) Il = 0 etf(x) = O.

Or, quel que soit y E E, x = 1 + ty Il E B donc f(y) = (1 + Il y Il)f(x) = O..


Conclusion: f = 0 ~ Iif Il = O.
• Notons I(j) = {llf(x) Illx E B} c~+ pour f E5Ec (E, F)
Comme I(À f) = IÀI I(j) pour ÀE II<:, on a :
supI(Àf) = IÀI supI(j) c'est-à-dire Il Àfll = IÀlllfl1

• Soitf et 9 dans 5Ec (E, F).

Pour tout x de B, on a Ilf(x) + g(x) Il ~ Ilf(x) Il + Il g(x) Il ~ Iif Il + Il 9 IL


donc sup Ilf(x) + g(x) Il ~ Iif Il + Il 9 Il c'est-à-dire IIf +9 Il ~ Iif Il + Il 9 II·
XEB D
50 Précis d'Analyse Il

Convention
Dès que E et F sont des espaces vectoriels sur lesquels des normes sur E et F ont été
fixées, l'espace vectoriel ::Ec (E, F) est muni de la norme Il .11 précédente.
Cette norme sur ::Ec (E, F) est dépendante des normes choisies sur E et F.
t.4
Pour toutf E::Ec (E, F), on a :

. Ilf(x) Il
II Iif Il = Ilsup Ilf(x)
X Il,,;;1 Il = Ilxll~l
sup Ilf(x) II = XEE\{OE}
sup -II-IIx

iil Iif Il = min{k E ~+ l'if XE E, Ilf(x) Il ~ kll x Il}

Il'W i / Si f E ::EcCE, F), l'existence de a = sup Ilf(x) IL de b = sup Ilj(x) Il et de


IlX Il,,;;1 Ilxll~1

Ilf(x) Il , d th" 1 1 "t' "') ')


c = XEE\{Oe}
sup -1-1-1-1
x resu te u eoreme , propne es III et IV ,

B désigne toujours la boule unité fermée de E et soit 5 la sphère unité.

Ona lfXlr=
Ilf(x) II f
Il (
W
x ) Il
et {xW/XEE\{OE} } =5 donc b=c
5cB donne b ~ a

Pour tout x de B\ {OE}, on a


Ilf(x) Il ~ II~~~ Il d'où Ilf(x) Il ~ c, inégalité
encore vérifiée pour x = OE d'où a ~ c soit aussi a~ b.
Finalement a = b = c,

ii / xEE\{Oe}
sup x est le plus petit majorant de l'ensemble
Ilfll(XI)III {llfll x
(XI)IIIlx E E \ {OE}}

donc c'est le plus petit des réels positifs k tels que 'if x E E \ {OE}, "~~~ Il ~'k,
Ainsi on obtient c = min{k E ~+ l'if XE E \ {OE}, Ilf(x) Il ~ kll x Il}
donc aussi, puisque f(OE) = OF, c = min {k E ~+ l'if x E E, Ilf(x) II ~ kll x Il}
o
Corollaires:

c.1 Pour f E::Ec (E, F), on a 'if XE E, x Il


Ilf(x) Il ~ Iif 1111
1

c.2 Soit f E::E CE, F).


S'il existe un réel k tel que, pour tout x de E, Ilf(x) Il ~ kll x Il,
1 alorsf est continue et Iif II ~ k.
Ceci fournit une méthode pratique pour étudier la continuité d'une application linéaire,
Théorème:

1.5 Compositiond'applipa.tions linéaires continues


Soit E, F, G trois espaces vectoriels normés,j E::Ec CE, F) et 9 E::Ec (F, G).
1 Alors gofE::Ec(E,G) et Ilgofll~llgllllfll.
Il'W
D'après le corollaire 1 précédent:
Il g(y) Il ~ Il 9 1111
y Il et Ilf(x) x Il
Il ~ Iif 1111
d'où avec y = f(x), on obtient, pour tout x de E 11 9 0 f(x) Il ~ Il 9 1IIIf 1111 x Il
Le corollaire 2 donne alors la continuité de 9 0 f avec Il 9 0 f Il ~ Il 9 1IIIf Il
o

l
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 51

Méthode
Donnons un plan d'étude de la continuité d'une application linéaire et de la recherche de
sa norme éventuelle.

f
On suppose que est une application linéaire de E dans F où E et F sont des espaces
vectoriels normés.

1) Chercher une majoration de Ilf(x) Il par kll x Il pour tout x de E, majoration la plus fine possible,
2) En cas d'échec:

. Ilf(xn)Il
• exhiber une suite (Xn)~; de E\ {OE} qui vérifie hm --- =+=
n--++co Il Xn Il

• et conclure: «<p n'est pas continue )}


3) En cas de succès: Ilf(x) Il "'" kll x Il pour tout XE E,

• on conclut « f est continue et Il fil"'" k »

• pour trouver le réel Il f Il (souvent égal à k lui-même) :


• expliciter un élément x non nul de E réalisant l'égalité Il 'P (x) Il = kll x Il

, d'f h'b . ( ) d E \ {O} .. 'f' l' Ilf(xn) Il


• ou a e aut, ex er une sUite Xn NeE
1 qUi ven le lm
n--++oo Il xn Il

Ex$tnples - Travaux pratiques

3
1],!R;) l'espace vectoriel réel des fonctions continues de [0,1] dans !R:.
dans E les deux normes classiques :
1
111Il,,,, = xE[O,lJ
sup Lf(x) 1 et IIf III = Jo[ lf(t)1 dt
et n~~()ns,pour simplifier, E",,::: (E, Il.1100) et El = (E,II.liI).
Considérons ensuite l'endomorphisme 'PE::E(E) défini par'

'P(f)(x) = LX tf(t) dt pour toutjdeE etXE [0,1]


et calculer la norme desapplica.tions linéaires:
ça: f f-,>'Pif) , 'Pb: Eco 1 b<p(j) ,'Pc: El --+ Eco, f f-,><p(j)
• La linéarité de l'intégrale fait de 'P un endomorphisme de E.

• Etude de 'PaE::E (Eco). Objectif: majoration de Ii 'Pa (j) 1100par kliif lico.

VfEE,\;jXE[O,1],
1
l'Pa(j)(x)I""'}o r tlf(t)ldt""'Jo [1tlf(t)ldt""'llfllooJo
1
1
rI tdt="2llflloo
:)'où Il 'Pa (j) 1100"'" 211f lico. Donc 'Pa est continue et Il 'Pa Il "'" 2'
~ 2 1
=our f = 1, 'Pa (j)(x) = !o tdt = 2 ' Iif 1100= 1 , Il 'Pa Cf) 1100= 2

::':onclusion:
_______ • .-_- ~ ••. :...'_c._" ,~~.<.;..~_

52 Précis d'Analyse Il

• Etude de 'PbE::E (Eco ,El). Majoration de Il 'Pb (f) 111par k211f llco:

'if f E E, 'if x E [0,1], l'Pb (f)(x) r


1~ Jo t lf(t)1 dt ~ IIf lico Jo r tdt = Iif lico 2
x2
1 1" x2 1 .
d'où 10 l'Pb (f)(x) 1dx ~ 10 Iif lico 2:' dx= (3llf lico
1
Donc 'Pb est continue et Il 'Pb Il ~ 6'
1 1
Commef = 1 donne l'égalité Il 'Pb (f) 111= 6' on en déduit Il 'Pb Il = 6'
• Etude de 'PcE::E (El, Eco). Majoration de Il 'Pc (f) Ilco par k311f 111·
1 1
'if f E E, 'if x E [0,1], l'Pc (f)(x) 1 ~ Jor t lf(t)1 dt ~1 Jor lf(t)1 dt = Iif 111

D'où Il 'Pc (f) lico ~ IIf 111. Donc 'Pcest continue et Il 'Pc Il ~ 1.

L'égalité n'aura pas lieu à cause 1 car la différence Jor1 (1 - t) lf(t)1 dt


de la majoration ~,
n'est nulle que sif est nulle.
Il convient de choisir une suite de fonctions adéquate, par exemple,fn(t) = n tn-1,
n n
Alors 'Pc (fn)(X) = a nt lx dt = --1
nxn+1
n+ ' Ilfn 111= 1 et Il 'Pc (fn) Ilco = ~n+l.
Comme Ilfn 111 = 1 et lim
n-++oo
Il 'Pc (fn) lico = l,

on a sup Il 'Pc (f) lico ~ 1 et on peut conclure que Il 'Pc Il = l,


111111<;;1

exemple 4
C [X] muni de la norme Il.llco (voir exemple

'1>:E "","p(zo) est uné forme lîri~fl.iré;


la Gontinuité et ca.lculer la llorme eventuelledèlp.

• Pour P= E n akXk, on a l'P (p)1 = 1 En akzlf 1 ~ E


n lzolk Il P llco.

• Cas où lzol < 1.

n k 1-lzoln+1 1
Dans ce cas L
k=O
lzoi = 1-lzol ~ 1 - lzol

1
d'où 'if P EC [X], l'P (P)I ~ 1-lzol ·11 Pllco
1
ce qui prouve la continuité de 'P et l'inégalité Il 'P Il ~ 1 - lzo 1

Soit SEIR;tel que zo = zo ei6, considérons la suite de C [X] de terme général:


1 1

n
Pn = L e-ik8Xk
k=O
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 53

n
Pour tout n E N, on a II Pn Ilx = 1 et <; (Pn) = L
k~O
lzolk = 1 - [ZO,n+l
1-
lzo:
1 1
De sup 1<; (P)I :? --
lim
n~+co <P (Pn) = -1-1-1'
- ZO, on déduit alors PII=~l 1-lzol
1
et finalement
Il <; il = 1-lzol

• Cas où lzoi :? 1.
Avec la même suite (Pnh, on obtient maintenant <p (Pn) :? n+ 1 donc n---;.-+,x,
lim l<p (Pn)1 = +:x:.
Das ce cas, <pn'est pas continue.

exemple 5
Montrer que si E est un espace de Banach, alors :J',c(E) est aussi un. espace de

• Rappelons qu'un espace de Banach est un espace vectoriel normé complet.


Voici les étapes et les notations de la démonstration:
• choisir une suite de Cauchy (Jn)"" de :J',c(E),
• vérifier que (tn(X))f\i est une suite de Cauchy de E,
• noter g(x) = n-++cx::,
lim fn(x), ce qui définit 9 E EE

• vérifier que 9 est linéaire,


• vérifier que 9 est continue,
• et que lim II 9 - fn Il = 0,
n---++::v

• puis conclure.
Que (Jn)f\i soit une suite de Cauchy se traduit par:
on= sup Ilfn+p - fn Il
pEf\i
vérifie lim
n~+co'
on= ° (1)

Alors, pour tout vecteur x de E Ilfn+p(x) - fn(x) Il ~ Ilfn+p - fn Il . Il x II ~on Il x Il (2)


prouve que (tn(X)) f\I est une suite de Cauchy de E, or E est complet, donc elle converge; ce qui
permet de définir g: E -+ E, x ~ n-++co lim fn(x).

Les opérations sur les limites donnent la linéarité de 9 : 9 E:J',(E).


Par continuité de la norme sur E, l'inégalité (2) donne, en faisant tendre p vers +00 :
V x E E, Il g(x) - fn(x) Il ~on Il x Il (3)
puis l'inégalité triangulaire donne V XE E, Il g(x) Il ~ (1lfn 11+ On) Il X Il,
ce qui assure la continuité de 9 : 9 E:J',c (E).
L'inégalité (3) fournit alors II 9 - fn Il ~On

et compte tenu de (1) lim


n---;.+oo
Il 9 - fn Il = O.
La suite de Cauchy (Jn)N converge dans (:J',c (E), 11.11), donc:J',c (E) est complet, c'est un espace
de Banach.
54 Précis d'Analyse Il

II - Espaces vectoriels
de dimension finie

A. Equivalence des normes


Théorèmes:

t.6 Sur [Kndeux normes quelconques sont équivalentes.


1

~ La démonstration suivante ne concerne que le programme M'.

L'équivalence des normes est une relation transitive, il suffit donc de comparer une norme
quelconque N de [Kn à la norme Il .llco de [Kn pour conclure.
n
Notons (eih~i~n la base canonique de [Kn et [3= L
i=l
N(ei) > O.

n
Tout vecteur x de [Kn s'écrivant x= L i=l
Xiei, on a :

N(x) ~ ~ IXil N(e;) ~ Il x lico (~NCei»)

C'est déjà N(x) ~[3 Il x lico pour tout x de [Kn.

Cela prouve aussi que l'application N :[Kn --+~ est continue sur (Kn, Il .llco); elle est,
en fait, lipschitzienne: IN(y) - N(x)1 ~ N(y - x) ~[3 Il y - x lico

Comme la sphère unité 5 de ([Kn, Il.llco) est compacte car elle est fermée et bornée
(voir Chapitre 1, Propriété 25), il existe aE 5 tel que ex= inf N(x) = N(a).
XE5

Etant élément de 5, a n'est pas nul donc N(a) = ex> 0, et pour tout xE 5 : ex~ N(x),

par homothétie, on en déduit: ex Il x lico ~ NCx) pour tout x de [Kn


D

t.7 Equivalence des normes en dimension finie


Deux normes quelconques d'un [K-espacevectoriel de dimension finie sont
1 équivalentes.
~ Si E est un IK-espace vectoriel de dimension n, il existe 'f' isomorphisme algébrique de
[Kn sur E.

Alors, Il.11 étant une norme sur E, Il. W : [Kn--+~,x ~ Il 'f' (x) Il est une norme sur
[Kn.

Soit Il ·111 et Il.112 deux normes sur E, les normes Il.II~ et Il .II~ de [Kn qui leurs sont
associées par'f' sont équivalentes, donc, il existe ex> 0 et [3> 0 tels que:

'if x E[Kn, ex Il 'f' (x) 111~ Il 'f' (x) 112~[3 Il 'f' (x) 111

ce qui donne 'if y E E, ex Il y 111~ Il y 112~[3 Il y111'


D
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 55

B. Parties complètes - Parties compactes


en dimension finie
Propriétés:
Soit (E. Il. ) un espace vectoriel normé de dimension finie n, <pun isomorphisme algé-
brique de sur E et .Iil la norme sur iKnassociée à Il.11 par <p.
Alors ç est une isométrie de (E, Il . III sur (iKn, Il. W), c'est donc en particulier un
homéomorphisme.
p.1 Tout espace vectoriel normé de dimension finie est complet.
1

~ Un produit d'espaces complets est complet et sur iKntoutes les normes sont équivalentes
donc ([~n, Il. W) est complet.

Si (Xn)', est une suite de Cauchy de (E, Il.11), il en est de même pour (<p-1 (xn)) N

dans (iKn, Il. W) donc (ç-1 (xn)) converge.


lim <p-1 (xn), en posant x =<p(y), on a
Soit y = n-+,x Il x - xn Il = Il y- <p-1 (Xn) W

donc (xnh, converge avec x = n hm +co


Xn.
D

p.2 Dans un espace vectoriel normé, tout sous-espace de dimension finie est
1 complet donc fermé.
p.3 Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, une partie est compacte
si et seulement si elle est fermée et bornée. En particulier, toute boule fermée,
1 toute sphère est compacte.
La propriété est connue dans iKn (norme quelconque). On conclut en utilisant que:
• ç étant une isométrie, une partie A de (E, Il .11) est bornée si et seulement sÎ <p(A) est
bornée dans (iKn, II· W)·
• <pétant un homéomorphisme, A est fermée dans (E, Il .11) si et seulement si <p(A) est
fermée dans (iKn, II· W)·
pA De toute suite bornée d'un espace vectoriel de dimension finie on peut ex-
1 traire une suite convergente.
~ Une telle suite est à valeurs dans une boule fermée donc compacte.
D

Exemples - Travaux pratiques

exemple 6
de Riesz
un espace vectoriel normé, la sphère unité est compacte si et seulemsntsi
est de dimension finie .

• • Dans un espace de dimension finie, la sphère unité est fermée et bornée, elle est
compacte (propriété 3) .
• Envisageons un espace vectoriel normé E qui ne soit pas de dimension finie et montrons
que la sphère unité S de E n'est pas compacte en construisant, point par point, une suite (Un)N
de S telle que:
pour i;t j, Il Uj - Ui Il ~ 1
56 Précis d'Analyse Il

Une telle suite ne pouvant avoir une suite extraite convergente, la sphère unité S n'est pas
compacte.
Supposons déjà connue la famille (U1, UZ,' .. , un) de Sn telle que:
pour 1,.,:;
i <j ,.,:;
n, Il Uj - U; Il ~ 1
Notons F = Vect(u1,' .. , un) le sous-espace engendré par cette famille, F est de dimension
finie, or E ne l'est pas, donc S n'est pas incluse dans F.
Prenons alors un vecteur x de S \ F, la distance 0= d(x, F) n'est pas nulle (F est fermé,
x rt F), il existe alors un vecteur y de F réalisant Il x - y Il =0. (voir Chapitre l, Exercices-types
1.11 )

Choisissons comme point suivant x- y ES.


Un+1 = Il x - y Il

Pour k E {l,·", n}, la différence Un+1 - uk = x ~ y - uk s'écrit Un+1 - Uk = {-(x - z)


avec z = Y+ 0 uk E F et Il x - z Il ~o.
Ainsi Il un+1 - uk Il ~ 1, ce qui établit la construction de la suite (Un)r,j.

C. Continuité des applications linéaires et multilinéaires

t.8 applications linéaires


Soit E et F deux espaces vectoriels nonnés, E étant dl;) dimension finie, toute
1 application linéaire f
E 5E CE,F) est continue.
~ E étant de dimension finie, les normes sur E sont équivalentes.
Choisissons la norme définie à partir d'une base (u;h>s;;>s;nde Epar:

Iif;;1 x;u;11 = sup lx;!


l>S;L>s;n

n n n
Avec x = LX;u;
;;1
on a f(x) = L;;1 xJ(u;) d'où
Ilf(x) L;;1
Il ,.,:; Ix;1 . Ilf(u;) Il

n
puis Ilf(x) Il ,.,:;kll x Il en notant k = L;;1 Ilf(ui) II.

cette inégalité garantit la continuité de f.


D

t.g Continuité des applications multilinéaires


Soit El,' .. ,En des espaces vectoriels nonnés de dimension finie, F un autre
espace vectoriel nonné et M : El x ... x En -+ F une application n-linéaire.
Alors M est continue.
~ Pour la clarté de la démonstration limitons-nous au cas n = 2 et El = Ez = E ;
M est alors une application bilinéaire sur E à valeurs dans F.
Choisissons une base (Ul,' .. , up) de E,

une norme sur E: Iltx;u;11


;;1 = l>S;L>S;p
sup Ix;1.
une norme sur EZ: Il (x, y) Il = sup(11x Il, Il y Il)·

-
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 57

Montrons, dans un premier temps, que M est bornée sur une boule unité fermée de E2,
puis, dans un second temps, que cette propriété entraîne la continuité de M.
• M est bornée sur la boule unité de E2 .
P P
Pour (x, y) E E2 et x = L
i=l
XiUi, y = L
j=l
YjUj, la bilinéarité de M donne:

P P
M(x, y) = Li=l j=lL xiYjM(ui, Uj)

P P

et l'inégalité triangulaire Il M(x, y) il "'" Li=l j=lL IXil IYjll1 M(Ui, Uj) Il

P P
En notant k = Li=l j=lL Il M(ui, Uj) Il il vient Il M(x, y) Il "'" kll x 1111
y II·

Sur la boule unité de E2, on a donc Il M(x, y) Il "'" k


• M est continue en tout point (a, b) de E2 .
La bilinéarité de M donne, pour tout (x, y) de E2 :

el= M(x, y) - M(a, b) = M(x - a, y) + M(a, y - b)


A présent, majorons el :
Il el Il "'" Il M(x - a, y) Il + Il M(a, y - b) Il "'" kll x - a 1111
y Il + kll a 1111
y - b Il

En notant h = Il (x, y) - (a, b) Il = sup (II (x - a) Il, Il y - b Il), on obtient:

Il y Il "'" Il b Il + h , Il el Il "'" kh(11a Il + Il b Il + h) et enfin ~~ Il= O. 0

Exemples - Travaux pratiques

exemple 7
rme d'une forme linéaire

El = (IKn, Il.111) , Ez = (IKn, Il.112) , Eco = (1K1î;


hi la forme linéaire sur Ei, i E {l, 2, co}, définie par hi
uler Il hl Il, Il h211 et Il hco Il en fonction des scalaires h(ei),' ..
s de h dans la base duale de la base canonique (eh' ··,en) dfl
• Notons Cii= h(q) de sorte que le développement de h(x) devient:

h(x) = h (nEXiei ) = EXih(eil


n n
= ECii Xi
IKn étant de dimension finie la continuité de h est acquise.
n
• Norme de hl. Majorons Ih(x)1 à l'aide de Il xiiI = L
i=l
Ixi!.

En notant Ci= sup ICiil, nous avons Ih(x)1 "'" Ci Il xiiI


l~i:S;n
avec égalité pour x = ek où k est tel que Ci= ICikl.
Conclusion: Il hl Il = sup Ih(ei)l·
l~i~n
58 Précis d'Analyse Il

• Norme de hco. Majorons 1h(x)1 à l'aide de Il x 1100= sup IXil


l~i~n

Ih(x)1 ~ En lail IXil ~ (n)


E lad Il x 1100avec égalité pour x = En Si ei où aiSi= lail
n
Conclusion: Il hcoII = 2:= Ih(ei)l·
i=l
1

• Norme de h2. Majorons Ih(x)1 à l'aide de Il x 112= (~lxiI2) "2.


C'est l'inégalité de Schwarz sur IKn qui donne la majoration:
1 1

Ih(x)1 ~ (~laiI2) "2 (~lxiI2) "2

n
avec égalité pour x = 2:= aiei (non nul si h n'est pas la forme nulle).
i=l

Conclusion: Il h211= ( Eln h(ei)12 ) ~

exemple 8
Notmèd'une matrice d'une application linéaire
Soitl E9!. (E, Ef) donnée dans des bases (l0h'0~n et (e;h~i~p par la
A = [Ag] E "~Lp.n (IK)
étant normés par:

Il xiiI
exprimer la norme de
lit
= )=1 .\Jejl·11 = )=1 I.\JIt et Il Xl
1à l'aide des coefficients de la matrice A.
1100 = II~ xie;ll =

• L'espace E est de dimension finie, donc f est continue. Cherchons une majoration de Ilf(x) 1100
de la forme Mil xiiI'

t (t
p

Par définition de A, on a

p
f(ej) = 2:= Age;
i=l
n
et f(x) = 1(t)=1 .\Jej) = !=1 )=1 Ag.\J) e;

Notons f(x) = 2:= xi e; avec xi = 2:= AgXj


i=l j=l

Posons M= sup IAgI, il vient:


l~i""p
l'0~n
n
pourtouti, Ixil ~2:=IAgll.\J1 ~MllxI11, donc Ill(x)llx ~Mllx111·
j=l
On en déduit Iif Il ~ M.
Il existe au moins un couple (k, h) d'entiers tel que IAkhl = M. Alors Ilf(eh) 1100= Mil eh !11'
Conclusion: 111 Il = M = sup IAgl
iJ
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 59

exemple 9

f
< Quelle que "it la nonne
V(AB)E.ttp
.. '. choisie su. ilABl1
. r Jtp OK),~f.L IIAIIIIBII
il existe un réel f.L tel que:
• Dans la mesure où A représente un endomorphisme de Ik;P, par définition:

A = sup IIAXII
xc:<P{O} Ilxll
et le théorème 5 (composition d'applications linéaires continues) donne l'inégalité:
ABli ~ I!AII·IIBII
p
La norme de .tlp (:<) ainsi associée à la norme" . de iKP est Il A Il = sup :LIAul
1<;;<;p )=1
Prenons une autre norme de elle est équivalente à la précédente: il existe a et f3> 0
tels que a . ~ ~f3 Il . ce qui permet de faire les majorations successives:

IIAB ~f3IIABII ~f3IIAII'IIBII ~


af321IAWIIBW

Avec I-l= c'est l'inégalité souhaitée Il AB III ~1-l11 A 11/11


Bill.
af32

exemple 10
A E.Hp (K) ; montrer que la série (Chapitre IV de ce livre) de tenne général

est absolument convergente dans l'espace vectoriel normé (A{p (IK), Il .11).

+:0 An
un majorant de sa somme expA = :L
n=û
1n. en fonction du réel Il A Il.

• Reprenons les notations et le résultat de l'exemple précédent:


Pour tout couple (A, B) de Jlp Œi), Il AB Il ~I-l Il A 1111
B Il
Une récurrence directe donne alors:

xn
La convergence et la somme de la série entière de terme général n! (pour tout réel x) sont
+cx:;, n
X
connues: eX = :L ,.n.
n=O

An
Le critère de comparaison de séries positives assure la convergence absolue de la série :L 1n.
et par addition, la majoration souhaitée apparaît :

~
11+:0 Anll
~ ~ +:0
~ I-l n-111Ar
n! donc Il expA 1
Il = j1:efLllAII

Dans le cas où I-l= 1, il vient Il expA Il ~ ell Ail


60 Précis d'Analyse Il

Exercices-types
Comme dans le cours, E et F désignent des IK-espaces vectoriels normés.

Soit f :E --+ F une application linéaire qui Soit E =IR


p
[X] normé par

vérifie la propriété suivante : pour toute suite


p= ~ aiXi >-711 P lico = sup lail·
(Xn)N qui converge vers OE, la suite (i(xn») N a ~[O~]
de F est bornée. n

Montrer que f est continue. On fixe un polynôme L = ~


i=O
Âi Xi non nul.

Etablir la continuité de l'application linéaire

<p: E --+ E, P f-O> LP et calculer sa norme.


On suppose que 11<=IR.
Ex. 2, 7
Soitf : E --+ F qui vérifie:
Soit E un IK-espace vectoriel normé de dimen-
'if (x, y) E E2,f(x + y) = f(x) + f(y)
sion finie et U E::E (E) tel que Il u Il ~ 1.
1) Montrer que sif est continue en 0E alors Pour tout n E N, on note un le n ième itéré de
f est linéaire.
1 (IdE +u + u 2 + ... + u n ).
u et un = --1
n+
2) Même question en supposant que f est
Montrer que la suite (Un)N converge dans l'es-
bornée sur la boule B/OE' 1). pace vectoriel normé ::Ec (E) vers un projecteur
p ; déterminer l'image et le noyau de p.

Ex. 2, 8
Soitf et 9 deux endomorphismes de E qui vé-
rifient f 09- go f = IdE. Soit E un IK-espace vectoriel normé de dimen-
sion finie.
1) Calculer simplementf 0 gn - gn of pour
Montrer qu'une suite (Un)N d'endomorphismes
tout n EN.
de E converge dans ::Ec (E) si et seulement si
2) En déduire quef ou 9 n'est pas continue.
pour tout x de E la suite (un (x») N converge
dans (E, Il ·11)·

Soit A et B deux matrices de Mp (II<) vérifiant Ex. 2.9


AB-BA=B Soit A E Artp (1[:) diagonalisable (Voir Algèbre 2).

1) Calculer ABn - BnA pour tout nE N. Montrer que l'ensemble des matrices sembla-
bles àA est fermé dans Mp (1[:).
2) En déduire que B est nilpotente.
Ex. 2.10

1) Soit aE [0,1], vérifier que l'on définit


Soit C(;', le sous-espace de EN formé des suites un endomorphisme Ta sur le IR-espace
convergentes muni de la norme Il . Il co . vectoriel E= C([O, 1], IR) par 9 = Ta(f)

où g(x) = C'I
Montrer que l'application:
x1 lXa f(t) dt.

L ;C(;',--+ E, x = (xn)N f-O> L(x) = lim Xn 1


n-++oo

est une application linéaire continue, en donner 2) E étant normé par IIf 111 = fa lf(t)1 dt,
sa norme. montrer que Ta est continue si aE [0, l[
et dans ce cas, calculer Il Ta Il.
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 61

Ex. 2. 11 Ex. 2. 12

Soit E = {f
E C2([0, 1]. R) (j(O) =f(O) = o} Soit E = C([O, 1], 1R1) normé par
1) Montrer que Iif Il = sup lf(t)1
tE [O,lJ
Ilf = sup VI(t) + 2j(t) + f(t)!
rdO,l]
et cpun élément donné de E.
définit une norme sur E.
On considère la forme linéaire ÎI. sur E définie
2) Montrer qu'il existe un réel a> 0 tel que
x ~ aiif par ÎI. (j) = fol cp(t)j(t) dt.
Trouver le meilleur coefficient a.
Vérifier que ÎI. est continue et calculer sa norme.

Indications
Ex. 2. 1

Etablir la continuité de f en OE à l'aide des Pour montrer que la condition est suffisante,
suites. utiliser une base de E.
Ex. 2.2
Ex. 2.9
Etablir f(ÎI. xl =Îl.f(x) pour Îl.E j"\j, Z, (Ji puis R Caractériser un fermé à l'aide de suites.
EX.2.3 Utiliser des polynômes annulateurs de A.
1) Vérifier f 0 gn - gn 0 f = ngn-1 par Ex. 2. 10
récurrence.
1) Utiliser un équivalent de g(x) quand x
2) Majorer Il ngn-111 à l'aide de la relation tend vers 0+.
précédente.
2) Choisir fn(x) = n(! - x)n-1 et calculer
Ex. 2.4
Il Ta(jn)111'
1) Vérifier ABn - Bn A = nBn par récur-
Ex. 2. 11
rence.
Résoudre dans E l'équation différentielle
2) Majorer Ii nBn Il à l'aide de la relation
précédente. fi +2f +f=g

Ex. 2.5 Majorer lf(x) 1par un multiple de Il 9 lico.

Majorer Il L(x) Il par Il xlix; réaliser l'égalité Ex. 2. 12


correspondante.

EX.2.6 Pour trouver Il ÎI. Il = fo11cp (t)1 dt

Majorer Il LP Ilx par Mil P lico et réaliser l'éga- écrire cp= cp+ - cp- où :
lité.
cp+(x) = sup ( cp(x), 0) et
EX.2.7
cp- (x) = sup( - cp(x), 0).
Vérifier que l'image et le noyau de u - IdE sont
et construire une suite de fonctions continues
supplémentaires, étudier Un sur l'un et l'autre.
qui converge simplement versf.
.-'-~.

62 Précis d'Analyse Il

Solutions des exercices-types


Par caractérisation d'une application linéaire continue (théorème 1), il suffit de prouver la continuiM de

f en 0E. Il suffit donc d'établir que pour toute suite (Xn):\, de E qui converge vers 0E, la suite (i(xn») l'\j
de F converge vers OF. (Voir Chapitre 1: Limite d'une fonction et suites)
A la suite (Xn)r\j, associons la suite (Yn)1'\jdéfinie par:

O· ° Xn. °
Yn = SI Xn = , Yn = ~ SI Xn i=

Comme Il Yn Il = ~ ' la suite (Yn)1'\jconverge vers 0E et par hypothèse la suite (i(yn») ~; est
bornée: ::3 MEIR, V n EN, Ilf(Yn) Il ~ M, donc !If(xn) Il ~ M~

Ainsi (i(xn») r\j converge vers 0F,f est continue en OE, donc aussi sur E.

EX.2.2

1) L'égalité Ilf(x + y) - f(x) Il = Il y Il montre que la continuité en 0E entraîne la continuité


(uniforme) sur E.
Fixons un vecteur x de E et notons 9 la fonction de IRdans F définie par g(t) = f(tx).
Elle est continue sur IRet vérifie g(u + v) = g(u) + g(v) pour tout couple (u, v) de réels.
On en déduit que 9 est linéaire: il existe b E F tel que g(t) = tb (voir ci-après).
Ici, b = f(x), (obtenu avec t = 1), et donc f(tx) = if(x) pour tout réel t.
Ainsif est une application linéaire de E dans F.
Démonstration résumée de la linéarité de q

Soit G : IR--+F, t -+ G(t) = .lar g(u) du, donc G(O) = 0, G est de classe el, GI = g. lt
i! On vérifie G(u + v) = G(u) + G(v) + ug(v) pour tout (u, v) E 1R2

ii! On en déduit que 9 est de classe el car g(v) = G(l + v) - G(l) - G(v), 1

iii! On constate que d est constante en dérivant u -+ g(u + v) = g(u) + g(v)


1
1
iv! On peut conclure.
1
i
2) Notons A la partie de IRsuivante: A = {i\E IR,V X E E,fCf.- x) =i\f(x)}
Montrons successivement que A contient N, 7L,G et IR.
• f(OE) = OF, (x = y = 0E) donc ° E A.
f ((n + l)x) = f(nx) + f(x) donc n EA =? n + 1E A.
Ainsi Ne A. (récurrence)
• f(-x)=-f(x), (y=-x) donc -lEA et 7LeA.

• Pour n E N' : nf ( ~) = f(x) donc f ( ~) = ~f(X),


ce qui conduit à Ge A.
• Le passage de G à IR ne peut s'opérer que par une limite: tout réel i\ est limite d'une suite
rationnelle (i\n)",.
Notons [Ln=i\ - i\n donc hm
n---++cc
[Ln= O.
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 63

Calculons fil-. x!- I-.J(xl =J(I-.n x+ IJ.nXi - (I-.n + IJ.n)J(X) =J(lJ.n X) - IJ.nJ(X).
Le résultat souhaité J(I-. x) =I-.J(X) équivaut donc à lim J(fLn x) =
n---.;-+cç
a;

à ce niveau. la continuité de J en a E suffit pour conclure.

IciJ est bornée sur la boule unité fermée notée B: :3 MEIR, \:j y E B, IIJ(y) Il "'" M
lim IJ.n= a
n-+:>: donne \:j<:;E ::::. :3 p E '\. \:j n ~ p, Il fLn x Il ""'<:;.

Alors Yn = x est dans B, et


lJ.<:;n Ji IJ.n x! = J(<:;Yn) =<:; J(yn) car <:; est rationnel;
donc \:j n ~ p. j(lJ.n ""'<:; I\I.
On en déduit lim J(lJ.n x) = o.
n-+=.->:
JO, xl =I-.J(x), Ilk A.

Ainsi J est une application linéaire de E dans F.

Ex. 2.3

1) Introduisons la suite n H> hn =J 0 gn - gn oJ de 5t (E).

hn+l = (g 0 J + IdE) 0 gn - gn+l 0 J = go (f 0 gn - gn 0 J) + gn


hn+l = go hn + gn et hl = IdE
D'où, par récurrence, hn = ngn-l = Jo gn - gn 0J pour n E ~r.
2) Supposons, au contraire, Jet 9 continus, ce qui permet d'introduire les normes IIJ Il et Il 9 II·

Nous utiliserons le théorème 5 : norme d'une composée.


"'" gnll "'" IIJllllgllllgn-lll
d'où gnoJl1 "'" 2!IJllllgllllgn-111
D'après le 1), gn = a donne gn-l =a (n E i'\r), et donc 9 = a.

Or. par hypothèse, 9 n'est pas nul, 9 n'est donc pas nilpotent et en simplifiant par Il gn-lll -cf- a,
l'inégalité précédente devient n"'" 211JIl 9 Ii pour tout n E I\jX, ce qui est impossible.

Ainsi, l'un au moins des deux endomorphismes n'est pas continu.

Remarques
• Une telle situation exige que E ne soit pas de dimension finie .

• Dans Jlp ([<), l'égalité AB - BA = Ip est impossible, (utiliser tr(AB) = tr(BA)).

EX.2.4

1) Introduisons la suite n H> Cn = ABn - Bn A de Jtp (IK:)


Cn+l = (BA + B)Bn - Bn+l A = B(ABn - Bn A) + Bn+1
Cn+l = BCn + Bn+l avec CI = B
d'où, par récurrence, Cn = ABn - Bn A = nBn.

2) Un choix convenable d'une norme sur Jlp (IK:) donne il AB Il "'" Il A 1111 B Il

Appliquons cette majoration à l'égalité du 1) :

Il nBn Il''''' IIABn Il + Il BnA Il''''' 211AIIII Bn Il


Si B n'est pas nilpotente Il Bn Il -cf- a pour tout n
et en simplifiant n "'"211 A Il pour tout n E I\j, ce qui est impossible.

Conclusion: la matrice B est nilpotente.


64 Précis d'Analyse Il

Rappelons que l'espace vectoriel ÇA(N, E) des suites bornées de E est normé par:
Il x lico = sup II Xn Il
nEF\!

On sait que 'i6 est un sous-espace de ÇA(N, E) et que L est linéaire.


L'inégalité : V nE N, Il Xn Il ~ Il x lico et la continuité de la norme sur E donnent:
Il L(x) Il ~ llxllco pourtoutxE'i6,
avec égalité pour une suite constante.
Ainsi, L est une application linéaire continue et Il L Il = 1.

Il est clair que 't'est un endomorphisme de E.


q n+q

Avec P= L i=ü
aiXi on a LP = Lk=ü
bkXk

n
où bk = Li=ü
Ai ak_ i en convenant que cy = 0 si ~u
» q
{J<O
, Ai= 0 si ~u
l> 0n
{ i<
n n
Majorons Ibkl ~ Li=ü
lAd· lak-il ~ Li=ü
lAd ·11 P lico

n
donc IILPllco ~ Il LlllIl Pllco avec IILlll = LIAd
i=ü
n
Pour réaliser l'égalité, formons un polynôme P = Li=ü
fLi Xi tel que le coefficient de Xn dans LP

n n
soit bn = L
i=ü
AifLn-i= L
i=ü
I/\il· Donc fLn-i= signe (Ai).

n
Conclusion: l'endomorphisme 't': P f-'> LP est continu et Il 't' Il = Il Lill = Li=ü
lAd·

Notons F = Ker(u - IdE) et G = Im(u - IdE) et vérifions que E = F E9 G.


D'après le théorème du rang (dimE = dimF + dim G) il suffit de vérifier que F ri G = {OE}'
Soit XE F ri G c'est-à-dire XE F : u(x) = x XE G : 3 y E E , x = u(y) - y

On obtient alors, pour tout nE N, un (X) = x , un(x) = un+1(y) - un(y)


n+l( )
donc vn(x) =x VnX
() = u n+ly-y

n+l n+l y n+l


Or Ilun+l(Y)-YII ~ Ilulln+l+lli Il ~ ~

donc V n E N, Il x Il = Il Vn(X)11 ~ n+Y111


211 , on en déduit Il x Il = O.

Ainsi F ri G = {OE} et donc E = F E9 G.


On vient de voir que pour XE F : vn(x) = x (suite constante)
n+l( )
et que pour x 1 = u(y) - y E G: l'lm Vn(X)1 = .
hm U y - y = 0E.
n~+oo n~+oo n+ ,
jj
~
L _~ ~__
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 65

Ainsi, pour tout Z E: E décomposé sous la forme Z = x + Xl avec x E: F, Xl E: G,

la suite vn(z) = vn(x) + Vnexl) converge vers x.


Donc la suite (Vn)', converge simplement, (voir Chapitre V), vers p, projection sur F parallèlement à
G. Montrons que cette convergence a lieu dans l'espace vectoriel normé :i.e (E).
Comme E = F S G et que G est stable par U - IdE, alors U - IdE induit un isomorphisme de G,
notons-le 8.

A tout Xl de G correspond un unique y de G tel que Xl = u(y) - y, c'est y =8-1 (Xl) .

. un+1(y) _ y
Majorons alors vn(z) - pCz) = vn1z) - X = n +1

Il VnZ()_ ()il"",2I,YII_211
PZ, ~ n+l - 8-1
n~1 (xl)i! "",211
~ 8-11111 X 111"",2118-111
n~1 ~ n~1Il IdE-pli Il Z Il

car Xl = (IdE -p)(z).


2118-1 1111IdE -p Il
Ainsi IIVn - pli ~ n +Il ' et lim
n~+co Ilvn - pli = 0
1
La suite (vnh converge vers p dans (:i.e (E), Il.11).

Ex. 2.8

On sait que 'if U E::i.e (E), 'if x E: E, Il u(x) Il ~ Il u 1111 x Il .

• Supposons que la suite (unh, de:te (E) converge vers u dans :te (E)
c'est-à-dire hm
n------+x,
Ii Un - U Il = O.

Alors, pour tout x E: E, Il Un (x) - u(x) Il ~ Il Un - U il Il x Il et hm


n---++oc
Il Un (x) - u(x) Il = O.

La suite (un(x») converge donc vers u(x) dans (E, Il.11).


Ici, la dimension finie de E n'intervient que pour la continuité des applications linéaires u et Un, nE: N .

• Supposons que, pour tout x E: E, la suite (un (x») ~ converge et notons v(x) = n~+co
lim Un(X);
nous disposons d'une application v de E dans E dont la linéarité résulte des théorèmes sur les limites
et de la linéarité des Un :

lim
n--++oo
unG\. x+ I-L y) = v(À x+ I-L y) et hm À un(x)+
n-++x- I-L Un(y) =À v(x)+ J-l v(g).

Montrons que (Un)i\:j converge vers v dans :i.e (E).


p

Pour cela, prenons une base (el,' .. ,ep) de E et décomposons x = L XWi.


i=l
p

Calculons Un (x) - v(x) = LXi [Un(ei) - v(eil]


i=l
p

,Duismajorons IIUn(X) - v(x)11 ~ L Ixi! Ilun(ei) - v(ei)11 ~an Il xllco


i=l
p
avec Il x lico = sup IXil et an= L Il Un(ei) - v(eilll·
l';i.;p i=l
Ainsi Il Un - V Il ~an, or lim an= 0 donc hm Il Un - V Il = o.
n--++oo n--++co

_a suite (Un)F\I converge vers v dans ;J;e (E).


66 Précis d'Analyse Il

Ex,2.9

L'espace Mp (C) doit être muni d'une norme, par exemple Il A Il = sup IAul
l~i-"Sp
l~~p

Pour faire la preuve, il suffit de montrer que, pour toute suite (Xn)N de matrices semblables à A qui
converge dans Mp (C), la limite B est semblable à A (caractérisation d'un fermé par les suites).
Rappelons que X est semblable à A s'il existe P E GLp(C) telle que X = p-1 AP.
Alors, pour tout kEN: Xk = p-1 A k P et, pour tout polynôme Q E C [X] : Q(X) = p-1 Q(A)P.
L'hypothèse A diagonalisable se traduit par l'existence d'un polynôme Q sCÎndé dans C [X] ayant ses
racines simples et tel que Q(A) = O.

Alors Xn, étant semblable à A, vérifie Q(Xn) = 0 et lim Xn


n--++oo
= B donne Q(B) = 0 (conti-

nuité de X >--'3> Q(X) dans .Atlp (C).


En prenant cette fois-ci le polynôme caractéristique de A : XA (x) = det(A - xIp), on a aussi
XA (x) = det(Xn -xIp) (deux matrices semblables ont le même polynôme caratéristique) et le passage
à la limite donne XB (x) = n--++rx)
lim det(Xn - xIp) =XA (x).

Les matrices A et B ont le même polynômes caractéristique, elles sont diagonalîsables donc sem-
blables à la même matrice diagonale et elles sont semblables.
Ainsi l'ensemble des matrices semblables à A est fermé dans Jltp (C).

Remarque
Cet ensemble n'est pas compact.

Prenons A = (~ ~) E Jtt2 (C) et Xn = Pn APn = -1 (10 -n)


1 (10 0)
0 (10 n)
1 = (10 0n) '
la suite (Xn)N est non bornée,

Ex. 2.10

1) Par développement limité au voisinage de 0, on obtient:

f(t)
Pour
=f(O) +
exE
0(1),
[0,1[: g(O) =
r
Jo f(t)
0, pour
dt = 4(0) + o(x) et
ex= 1 : g(O) =f(O).
g(x) = x1-O:f(0) + o(x1-a)

Ainsi 9 est définie en 0 et continue sur [0, 1]. On vérifie que Ta est une application linéaire de
E dans E, donc un endomorphisme de E.

2) On sait que, pour exE [0, 1[, 1,1


o xdx -----ci: converge et est égale à -1-'
-1 ex

Alors Ig(x)1 "" Lf(t)1 dt "" ΠIif III et Il 9 III = Ig(x)1 dx "" --
x1
----ex
Inx
,0 x1 JI
.0 Iif
1- 111
ex

1
ce qui prouve la continuité de Ta et Il Ta Il "" 1- ex (0 ""ex< 1),
Soitfn E E telle que fn(x) = n(l- x)n-l Alors Ilfn III = 1, etfn "prend toute sa valeur"
près de O.

Déterminons gn = TaVn) :

gn(X) = :a [1- (1- x)n] et IIgn b = 1~ ex - r\l - x)nx-a


Jo dx
Evaluons an =
1,1(1 -
,0
x)nx-O: dx ; (an},- est une suite positive décroissante donc con-

vergente. Avec une intégration par parties, il vient:

~
Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 67

dx=(l-ex)-an
1·1(l-x)
an_1-an= x
.0 n-1 1-Πn

Sachant que la série >(an-1 - an) converge, la série L ~ converge aussi.


a À a
Mais si lim.
n--!-'X.
an =À et À* 0 alors -'2:.
n +x ~ -n et la série L -'2:.
n diverge; donc À= O.

1
De et lim an = 0, on déduit
gn 1= 1- ex - an ~ TΠn-+x
l-(1-);f
Dans le cas Œ= 1, gn = Tllfnl = x

j!gn 1 = /0··1 1- tn dt et gn 1 =.JorI (1+ t+· . + t n - 1) dt = 1 +


--r=t 1 + ...
"2 1
+ ~
Comme lim
n-+x gn 1 = +X, Tl n'est pas continue.

Ex. 2. 11
1) Pour tout 9 E (1[0.1]. x), on sait qu'il existe une unique solution dans E à l'équation différen-
tielle linéaire yll + 2yl + y = g. Lorsque 9 = 0, la solution est la fonction nulle.
Retrouvons ces résultats en résolvant l'équation par la méthode de variation des constantes.
L'ensemble des solutions de l'équation homogène yll + 2yl + y = 0 est le sous-espace de
(2([0.1]. xl engendré par x H xe-x et x He-x.
A toutf E (2([0,1]. m, on associe un unique couple (u, v) de fonctions de (1([0, 1]. IR) par
les relations:
px) = xe-Xu(x) + e-x vCx) , f(x) = (1 - x)e-X u(x) - e-x v(x)
Alors f vérifie fi f
+ 2f + = 9 si et seulement si :
0= xe-Xul(x) + e-Xvl(x) , g(x) = (1 - x)e-Xul(x) - e-Xd(x)
c'est-à-dire ul = é" g(x) , z./(x) = -xé" g(x)

donc u(x) = .Jo


t' etg(t)dt+ À , r
v(x) = - .Jo tég(t)dt+ f.L

et f(x) = .Jot,\x - t)é-Xg(t) dt+(À x+ f.L)e-x


Comme f(O) = f (0) = 0 <===} u(O) = v(O) = 0 <===} À=f.L=0,

l'unique solution f dans E est {X(x - t)et-x g(t) dt.


x H .Jo
On retrouve alorsf = 0 si 9 = 0 et donc Iif Il = 0 =} f= O.

Il est facile de vérifier que Il Àf Il = IÀI Iif Il et Ilf1 +f211 ~ IIf111 + IIf211
pour constater quef H Iif Il est une norme sur E.
2) SifEE,ennotant g=fl+2f+f,ona Ilfll=llgll:-::

et f(x) = .Jo
t,\x - t)et-Xg(t) dt = .Jo ue-Ug(x - u) du r (poser u = x - t)

D'où lf(x) 1 ~ ue-u Ig(x - 01 du ~ Il 9 Ilx ue-u du


j'xa InX
. a

Ainsi Iif ~ allf Il avec a= ue-u du = 1- -


!r'1
. a 2e

L'égalité est réalisée avec


2
9= 1 c'est-à-dire f(x) = r
.Jo ue-u du = 1 - (1 + x)e-x

donc a =f(l) = 1 - -e est le coefficient optimum.

Remarque: les normes Il .11et Il .11:-:: ne sont pas équivalentes.

-----------_.---_ .•._-_._.- .. ~-----------------_._------


68 Précis d'Analyse Il

Comme À est une application linéaire de E dans IR, À est une forme linéaire.
La majoration de Ill. (ni par un multiple de Iif Il est naturelle:

Ill. (ni ~ 1011<f' (t)1 . lf(t)1 dt ~ kllf Il avec k = 1011<f' (t)1 dt


On en déduit la continuité de À et l'inégalité Il À Il ~ k.
Si <f' est de signe constant (positif par exemple) le choix def = 1 donne l'égalité:

À (f) = 101 <f' (t) dt = k

Pour réaliser l'égalité Ill. (f)1 = kllf Il, il faut choisir f tel que f(x) = {1 -1 si
SI <f'(x) 0
<f' (x) <
~ 0
Mais cette fonction n'est pas continue, nous allons donc bâtir une suite (fn)N de fonctions continues
qui converge vers cette fonction.
Pour mettre en évidence les" parties positives et négatives" de <f', introduisons la notation:

<f'+ (x) = sup( <f' (x), 0) et <f'- (x) = sup(- <f'(x), 0)


pour laquelle <f'=<f'+ - <f'- et 1<f'1=<f'+ + <f'-

<f'
D'où l'idée de choisir fn=~ (n E N*)
+ 1 _ 1
<f' +- n <f' +-
n
Calculons
(<f' -)2 car
<f'fn = (<f'+)2 <f'+' <f'-= O.
+ 1+ 1
<f' +- n <f' +-
n
h2 h
Les identités --=h----- et 1<f'1=<f'+ + <f'-

h+~ n(h+~)
1<f'1
+ -
1 avec
n
donnent lfnl = _<f'_ + _<f' __ =
<f'fn = 1<f'1- Ti lfnl
+
+-1 _ 1 1 1<f'1~ 1
<f'
n <f' +-
n 2+-
n n

puis À (fn) =
101
a
I<f'(t)1 dt --
n1101
a
lfn(t)1 dt ~ k - -
n1
et Ilfn Il ~ l.
1
Donc Il À Il = sup Ill. (f)1 ~À (fn) ~ k - - pour tout n E NX•
Ilfll~l n

Conclusion: Il À Il = 101 I<f' (t)1 dt.


Chapitre 2 : Applications linéaires sur les espaces vectoriels normés 69

Exercices proposés
E, F désignent des K-espaces vectoriels normés.

Ex. 2. 1 Ex. 2. 7
Soitf une application linéaire de E dans F telle
SoitK : [0, 1]2 --+~, continue, E = C([O, 1],~)
quef(x) = o(x) quand x ~ 0E.
Montrer que f est nulle, normé par Iif 1100 = sup lf(t) 1
tE[O.l]
Ex. 2.2 1) Montrer que l'on définit un endomor-
Soit (xnh, une suite de E qui converge vers
phisme T sur Epar
x E E, et Cfn)nE', une suite de :te CE, F) qui
converge versf dans :te (E, F). T :E --+ E,j f--c> TCf)

Montrer que la suite (ln (xo)) converge dans E.


où TCf)(x) = fol K(x, t)j(t) dt.
Ex, 2.3
2) Vérifier que T est continu et calculer sa
Soit E = C([O, 1], !;;I), Cf'E E et T la forme linéaire
norme,

définie sur Epar (l


TCf) = Jo Cf' (()j(t) dt. Ex. 2.8
Montrer que, lorsque E est muni d'une norme
classique Il ·111 ou Il ,112, T est continue; calcu- 1) Montrer qu'une forme linéaire sur un IK-
ler sa norme dans chaque cas, espace vectoriel normé E est continue si
Ex. 2.4 et seulement si son noyau est un fermé

Soit E = C([O, 1],~) muni de la norme Il ' Ilx et de E,

2) Soit E = IK [X] normé par


F= {f E El fol f(t) dt = °},
Il Plix = sup lakl
Montrer que tout élément f de F admet une O<;k<;n

primitive g dans F et que l'application T : f f--c> g n


est un endomorphisme
Calculer Il Til·
continu de F,
pour P= L
k=O
akXk,

EX.2.5 Montrer que H = {P E EIP(l) = O} est

Soit E =~ [X] normé par dense dans E,

1 Pli = sup P(t) 1 1

tE [0.1] Ex. 2.9


Pour n E N, on note En l'ensemble des poly-
Soit H un hyperplan d'un IK-espace vectoriel
nômes unitaires de degré n et an = PEEn
inf IlPli.
normé E etf une forme linéaire sur E telle que
1) Montrer que an > 0, et que la suite (an)N H = Kerf.
est décroissante,

2) Calculer an, al, a2·


Pour tout x E E, montrer que sif est continue,
lf(x) 1

Ex,2.6
d(X,H)=~.
= C([ -1, 1],~) normé
Soit E par:
Que devient le résultat si f est continue?
f 1100 = sup lf(t)1
tE[-Ll] Ex. 2, 10
'.1ontrer que la forme linéaire:
Caractériser les endomorphismes f de ~n tels

.:::E --+Rf f--NP Cf) = LI (l f(t) dt - f(O) que l'image


ouvert de ~n.
par f de tout ouvert de ~n soit un

::st continue; calculer sa norme,


70 Précis d'Analyse Il

Soit E =!R [X] normé par Il Pli = sup lP(x)1 Soit B la boule unité fermée de E (espace vecto-
xE[-l,l] riel normé de dimension finie),j une application
et B la boule unité fermée de E. de B dans B telle que:

On suppose qu'il existe P et Q dans B tels que V (x, y) E B2, Ilf(x) - f(y) Il ~ Ily - xii·
1 - Montrer que f admet au moins un point fixe.
R = 2(P + Q) soit dans B et vérifie
Ex. 2. 16
R(O) = 1, Rk(O) = ° pour k E [l,p - 1]
Soitf une application continue de E dans F
Montrer que Pet Q vérifient les même? relations (E et F espaces vectoriels normés de dimension
que R. finie) telle que lim Ilf(x) Il = +x.
Il x 11--++00

Ex. 2. 12 Montrer que l'image par f d'une partie fermée


de E est fermée dans F.
Soit E = C([O, 1],!R) normé par
Ex. 2. 17
Iif Il = sup Lf(t)1
E et F étant deux espaces vectoriels normés
[0,1]
avec F de dimension finie, soitf une application
linéaire de E dans F.
etA= {fE E/f(O) = ° et folf ~ 1}.
Montrer que f est continue si et seulement si
Montrer que A est une partie fermée de E. son noyau, Kerf, est fermé dans E.
Montrer que, pour toutf E A, on a Iif 1100 > 1. Ex. 2. 18
Calculer inf Iif 1100'
Soit A une partie convexe compacte de C, d'in-
fEA
térieur non vide.
Ex. 2. 13
Montrer que A est homéomorphe au cercle unité
de iC.
Soitf E C([O, 1], IR) ; montrer qu'il existe
Ex, 2. 19
P E !Rn [X] tel que:
Montrer que dans l'espace vectoriel normé
Iif - P 1100 = inf{llf - Q 1100 /Q E!Rn [X]}
Ain (C) :
Ex. 2. 14 1) le sous-ensemble formé des matrices

Soit G un sous-groupe additif de !Rn, fermé et diagonalisables est dense,

non discret. 2) le groupe linéaire GLn(iC) est dense,


3) en déduire pour toute matrice
Montrer que G contient au moins une droite.
A E Ain (C) : det(exp A) = exp(tr(A))

i
~
Chapitre III

Fonctions
de plusieurs variables réelles
Calcul différentiel
Introduction
net p sont des entiers naturels non nuls.
Dans ce chapitre on étudie:
• dans le cadre des programmes M, Pet P', des fonctions de [Rn dans [RP,

• dans le cadre du programme M', des fonctions de E dans F, où E et F sont deux


espaces vectoriels normés réels de dimensions finies: dim E = n, dim F = p.
Notations:

• Soit "J3n= (el, e2,"', en) et"J3~= (e~, e~, ... , e~) les bases canoniques de [Rn et [RP,
Pour tout x = (Xl, x2,' .. ,xn) de [Rn et tout y = (YI, Y2,' , . , yp) de [RPon a donc:
n P

x= LXWi Y= LYJeJ
i=l j=l
Sif est une fonction de [Rn dans [RPd'ensemble de définition DJ, l'imagef(x) de tout
vecteur (XI,X2,'" ,xn) de DJ est usuellement notée f(XI,X2,'" ,xn).
On dit aussi que f est une fonction de n variables réelles,

En notant (fI .12, ... ,fp) les p fonctions composantes de


P
f par rapport à 0i\~ ' on a pour

tout X de DJ: f(x) = (i1(X),f2(X),'" ,fp(x)) = Ljj(x)eJ


j=l
ou encore

f(XI,X2, ",xn) = (i1(XI,X2' ",Xn),f2(XI,X2, ",xn), .. ,fP(XI,X2, .. ,xn))


P

= Ljj(XI,X2, ",Xn)eJ
j=l
• Les espaces E (dimE = n) et F (dimF = p) étant rapportés aux bases
0i\n= (el,' .. ,en) et 2Î3~=(e~, ... ,e~), une fonctionf : E -+ F d'ensemble de définition
n P

Dr s.e représente par 'if X E DJ' x = L Xiei, f(x) = Ljj(x)eJ


i=l j=l
Les bases 2Î3n de E et 2Î3~de F étant fixées, on peut convenir de noter:
n P
X = LXWi = (XI,X2,'" ,xn) et Y = L YjeJ = (YI, Y2,"', yp)
x=l j=l
etf se représente alors par 'if x = (Xl,'" Xn) E DJ, f(x) = (f1(X),f2(X), .. ,fp(X))

.-
72 Précis d'Analyse Il

On dispose ainsi de notations identiques pour les fonctions de E dans F et les fonctions
de IRn dans IRP.

• Les programmes M, P, P' d'une part et M' d'autre part ont une approche différente des
notions de fonctions continûment différentiables :

L'introduction de type M, P, P' est traitée dans les paragraphes 1 et Il, celle de type M'
dans les paragraphes 1 et III.

1- Applications partielles
Dérivées partielles
A. Fonctions partielles

d.1 Soitf: IRn-+IRP (resp.f: E -+ F) d'ensemble de définition Vj'


Etant donné a == (al, a2,"', an) élément de Vj, les
sont fa.i :IR-+IRP, t>-7f(al,· .. ,ai_l,t,ai+l, .. ·,an) iE [Ln]
Uensemble de définition de fa,i est

Vja.i == {t EIR / (al,'" ,ai-l, t, ai+l,'" ,an) E Vj}'

Remarque
1) Dans le cas d'une fonctionf : E -+ F, E étant rapporté à la base (eih";i,,;n. lesfa.i sont
aussi appelées fOnctîÔl1spartielles en a suivant la base
2) Si Vj est un voisinage de a, alors Vja.i est un voisinage de ai dans IR.

B. Continuité

t.1 Sif est continue en a, chacune de ses fonctions partielles fa,i est continue
1 en ai.
ll&
Utiliser fa.i(t) ==f(a+ (t - ai)ei) o
Remarque importante
Le théorème 1 exprime une condition nécessaire, mais non suffisante, pour que f soit
continue en a.

- Travaux pratiques

(G,G) def: ~2-+1R définie par:

f(x, y) == 2xy 2
x +y
si (x, y) * (0, 0) etf(O, 0) == O.
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 73

•• Les deux fonctions partielles en (0,0) x f-7 f(x, 0) et y f-7 f(O, y) sont identiquement
nulles, donc continues.
1
Pour x 7= 0, on af(x, x) = 2' la restriction de f à la droite [p;u, où
• U = (l, 1). n'est donc
pas continue en (0,0) et il en est de même pour f.

2
la fonctionf : [p;2-,'-[p; définie par:
x2y ,
f(x, y) = ~ SI (x, y) 7= (0,0) etf(O,
x +y
Etudier la continuité en (0,0) des restrictionslci

f est-elle continue en (0, 0) ?


1) Les fonctions partielles en (0,0) : x f-7 f(x, 0) et y f-7 f(O, y) sont nulles, donc continues,
ce qui assure la continuité en (0,0) des restrictions de f aux droites [p;el et [p;e2,
el = (1, 0), e2 = (0, 1).
tx
Pour tout x 7=0, on a f(x, tx) = -2--2
x +t
d'où la continuité en (0, 0) de la restriction def à toute droite [p;Ut, avec Ut = (1, t).
Tous les cas ont ainsi été envisagés,
1
2) Pour tout x 7= 0, on a f(x,~) = 2'
La restriction def à P = {(x, y) E [p;2 jy = ~}, (parabole), n'est donc pas continue en (0,0)
et il en est de même pour f.

C. Dérivées partielles
f est supposée définie sur UGuvertdelRn, (r~sp, de

DéfiJû,tîôi!ls :
------ ~ '.
~ d.2 ,Boit a E U et) E [1, n], la) leme pa:rti€~ll~de f en aest, lorsqu'elle
. // existe, la dérivée en aj de la fonction partielle faj.
af
On la note D.J'(a) ou ax:(a).
':1

af . f(al,"" aj-l, Clj + t, Clj+l,"', an) - fCal,"" aj,"', an)


-a-(a)=
~ hm ---~-~-~~--------~---
hO t
t"O

af . f(a + te) - fCa)


-a-Ca)
~ hm ----- t
= t--+O
t"O

d.3 Si DJ(a) existe en tout point a de U, on définit la


def sur U par:
af
D.J' : U -,'- F, a f-7 D.J'(a) ou U-,'-F,
a~
74 Précis d'Analyse Il

7f
dA f est dite de sur U si, pour tout j E [1, n], f admet une
\ /ème

1 fonction dérivée partiellebffcontintle


Soitf: E -+ F définie sur U ouvert de E, a E U et u E E, u *- 0E.
IM'ld.5
On dit que f
admet une dériyée en a suivtmt velcteur" si la fonction
fa.u: IR.-+ F, t ~ f(a + tu), définie au voisinage de 0, est dérivable en 0,
f(a + tu) - f(a)
c'est-à-dire s'il existe lim ------
t--;-O t
uo
Lorsqu'elle existe, cette dérivée est notée Duf(a).
Laj ième dérivée partielle de f en a E U, suivant la base (eih~i~n est donc, lorsqu'elle
existe, la dérivée def en a suivant le vecteur ej.
Propri~té:
p.1 f est entièrement définie par la donnée de ses pfonctions composantesf1, .. ,fp
sur '27i\~
base canonique de IR.P (resp. base de F).
f
Pour tout a E U, admet en q. une j ième dérivée partielle, (1 ~ j ~ n), si et
seulement si, pour tout i E [1, P ], Ji admet en a une j ième dérivée partielle,
Piaf P aJi 1

et alors Dff(a) = 2:= D.Jfi.(a)ei ou T(a) = 2:= -(a)ei


i=l -'0 i=l a Xj

f est de classe c1 sur U si et seulement si , pour tout i E [1, p], Ji est de


classe C1 sur U.

D. Dérivées partielles d'ordres supérieurs


f est supposée définie sur U ouvert de IR.n (resp. de E)

Définition :

d.6 On suppose quef admet sur Uunejième fonction dérivée partielle, 1 ~j ~ n.


Si Dff admet en a une k ième dérivée partielle Dk (Dff) (a), 1 ~ k ~ n, o~ dit
f
que admet en a une (k,j) ième dérivée partiêll{)sêêQIld{) notée :
a2f
Df..
Ig-'F(a) ou a Xk a Xj (a).

Dky(a)
2
= Dk ()
Dff (a) ou aXka2f aXj (a) = aXk
a (af)aXj (a)

On peut alors, comme précédemment, définir, si c'est possible, les fonctions dérivées
partielles secondes, puis, en itérant le procédé, les dérivées partielles et fonctions déri-
vées partielles triples, quadruples, etc.
Notation:

1 af
n.1
fXj = ax.'j = Dff

fXkXj
Il -_ aXka2faXj - __a~ a (!L) =
aXj 19
D2.

(q) -
aqf
=--a aq- f

'" .. ·Xj2Xjl
fXjq ... - aXL ... aX;n a X;. aXjq ( aXjq_l'" 1 aXjl
aXj2 )
~hapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 75

Définition :

" .
:>d7 Rappelons que J est dite de classe CO sur U si elle est continue sur U.
On dit que J est de classe Ck , (k E f'\t), sur U lorsque, quel que soit
(h ..... Jk) E [1. n]'\ J admet une (he ..... 11) ième fonction dérivée partielle
akJ .
a X·')k ... a x-
:JI
contmue sur U.
On dit que J est de classe COO sur U lorsque, quel que soit k E fiJ, J est de
classe Ck sur U.

::l-::xiété.;
\

p.2 J: [Rn-+[Rp (resp. E -+ F) est de classe Ck sur U si et seulement si ses p

-t~//fsuronctions composantes
U. sur la base 0:\~de IR.P (resp. de F) sont de classe Ck

- •...
éorème·:

1.2 T;lleorèfue de Schwarz

Soit J : [R2-+[R, (resp. J : E ~[R, avec dim E = 2) (x. y) J(x, y) admettant, f-'3o

sur U ouvert de [R2, (resp. de E), des fonctions dérivées partielles secondes
---a2J et ---a2J
ax ay ay ax'

Si ces fonctions sont continues en (a, b) E U, on a :


a2J
ax ay(a. b) =
~ Ce résultat est admis.
o

:.1 Soit J : [R2-+[RP, (resp. J : E -+ F, avec dim E = 2) (x. y) J(x. y) admettant f-'3o

sur U, ouvert de [R2, (resp. de E), des fonctions dérivées partielles secondes
---a2J et ---a~
ax ay ay ax'
2
S· ",' .
l ces lonctlOns sont contmues en (a. b
)
E U, on a
aJ)
a x a y (a, b =
a j
a y a x (a, b)

~ On applique le théorème précédent à chaque composante de].


o
:.2 Soit J : [Rn -+IR.P, (resp. J : E -+ F) (Xl.···, xn) J(X1 •...• xn) admettant f-'3o

sur U, ouvert de [Rn, (resp. de E), des fonctions dérivées partielles secondes
--- a2J et --- a2J
aXj aXk aXk aXj
2 2

Si ces fonctions sont continues en a E U, on a : a Xja { Xk (a) = a Xk


a ~ Xj (a)

On applique le corollaire 1 à: g: (Xko Xj) f-'3o J(X1" . " Xko' .. ,Xj,' .. ,an) 0
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 75

\Définition :

~ d.? Rappelons quef est dite de classe Ca sur U si elle est continue sur U.
f
On dit que est de classe Ck , (k E f'\J*), sur U lorsque, quel que soit
(h, ... ,Jk) E [1. n]\ f admet une Vk,' .. ,J1) ième fonction dérivée partielle
.. okf continue sur U.
d''<jk ... d.'<j,

On dit que est de classef ex sur U lorsque, quel que soit kEN, f est de
classe Ck sur U.

!Propriété:

p.2 f: [Rn_[Rp Cresp. E ~ F) est de classe Ck sur U si et seulement si ses p

,·,t/ sur U.
fonctions composantes sur la base 273~de [RP Cresp. de F) sont de classe Ck

Théorème:

t.2 Théorème de Schwarz

Soit f : [R2~[R, (resp. f : E -+[R, avec dim E = 2) (x, y) •.....•


f(x, y) admettant,
sur U ouvert de [R2, (resp. de E), des fonctions dérivées partielles secondes
02f 02f
oX oy et oy ox'

(a. b) E U, on ~.:
Si ces fonctions sont con~~n~e_~_.l"?
a2f a2f
ax ay(a,b)= ay a)a,b).
lQf' Ce résultat est admis.
D

Corollaires:

c.1 Soitf : [R2-+[Rp, (resp. f : E -+ F, avec diillE = 2) (x, y) •.....•


f(x, y) admettant
sur U, ouvert de [R2, (resp. de E), des fonctions dérivées partielles secondes
a2f a2f
ax a y et a y a x'
2

Si ces fonctions sont continues en (a, b) E U, on a a:~y(a, b) = a: {)a, b)

On applique le théorème précédent à chaque composante de f.


D

c.2 Soit f : [Rn ~[RP, (resp. f : E -+ F) (Xl,"" xn) •.....•f(X1, ... ,xn) admettant
sur U, ouvert de [Rn, (resp. de E), des fonctions dérivées partielles secondes
--- 02f et --- 02f
aXj aXk aXk aXj
2 2
Si ces fonctions sont continues en a E U, on a: o,~ { .. (a) = ",a ~ .. (a)

On applique le corollaire 1 à: g: (Xk,Xj) •.....•


f(X1,'" ,Xko'" ,Xj,"', an)
D
76 Précis d'Analyse Il
", ..... ",

Sif: [Rn--+[Rp Cresp.f : E --+ F) est de classe Ck sur U,

pour tout (il, i2,···, ik) E [1, n]k et toute permutation cr de [1, k], on a:
akf _ akf
<cfi a Xii a Xi2 ... a Xik - a xÎu(1) a XÎu(2)... a XÎuCk)

f étant de classe Ck sur U, tout calcul de fonction dérivée partielle d'ordre inférieur ou
égal à k peut se faire dans un ordre arbitraire, ordre qui n'a donc pas à apparaître dans
la notation.
a4f a4f
On écrit par exemple pour
a y2 ax2 ay axay ax

,0).
de ce calcul ?

x;t 0, fCx, 0) -X fCO, 0) = ° d'où
af
axCO, 0) = °
Y ;t 0, f_C_x,_y_)-~fC_O_,y_) = y (~2- ;2) d'où afCO ,y )=-y
ax
X X +y
A af af
De meme ayCO, 0) = ° , ayCX, 0) = X

On en déduit:
a2f
- ~CO y)- ~CO 0) =-1
donc ay
1(
y ax'
af
ax'
af)
, a)0,0)=-1

a2f
x1 ( ayCX,
af
0) - ayCO, 0)
af)
= 1, donc ax ayCO,O) = 1

Par ailleurs,] admet, évidemment, des dérivées partielles secondes en tout point de
[R2\ {CO,a)}, il résulte donc du théorème de Schwarz que l'une de deux fonctions

a2f a2f .
ax ay et ayax estnoncontinueenCO,O),
(en fait, les deux sont non continues par raison d'antisymétrie).
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 77

E. Opérations sur les fonctions de classe C k

Propriétés:

p.3
1
Linéarité des dérivations partielles
Sif ; [Rn~IR1P (resp. f ; E ~ F) et 9: [Rn---+[Rp (resp. 9 :E ---+ F)

sont de classe Ck sur U, ouvert de [Rn (resp. E),

il en est de même de À f+ J-L 9 pour tout (À, J-L) E [R2.


L'ensemble Ck(U, F) des fonctions de [Rn dans [RP (resp. de E dans F) de classe
Ck sur U est un sous-espace vectoriel de '!Ji (U, IR1P) (resp. '!Ji (U, F».

~ C'est immédiat en notant que, pour tout (il, i2,"', ik) E [1, n]k, on a;
'-~a*TxJ+iigrakf =À-.-----
D

pA Produit de fonctions de classe Ck

Sif: [Rn---+[R (resp. f ; E ---+[R) et 9; [Rn---+[R (resp. f ; E ---+[R) sont de classe


1 Ck sur U, la fonction produit f9 est de classe Ck sur U.

Démonstration P.§IJ§9u.r.r§ng~.
e~..ulili§'éllJtlefait que;
a(fj) a af
ViE [Ln], -a XL9 =f a9XL +9-aXL. D

Remarque
On a des résultats analogues pour tous les produits usuels;
• une fonction vectorielle par une fonction numérique
• produit scalaire de deux fonctions vectorielles, (cas où F est euclidien)
• produit vectoriel,
• déterminant.

p.5
1
Inverse d'une fonction de classe Ck

Sif; IR1n---+1R1 (resp. f ; E ---+1R1) est de classe Ck sur U et si a est un point de U


tel quef(a) *-0, il existe V ouvert de [Rn (resp. de E) tel que
1
{a} eV cU, 0 E f(V) et J est de classe Ck sur V.

L'existence de V résulte de la CQ.DJii)i.Jitâde·FenQ:'··

On a de plus V LE. [1, n], aXifa af


==!~~~:i._-.....o (1) 1
ce qui permet une démonstration par récurrence.
D

..
78 Précis d'Analyse Il

II - Différentielle d'une applic~tion


de classe el
Ce paragraphe est spécial aux programmes M, P, P'.

A. Différentielle en un point
SoitJ : IRn--+IRPde classe el sur U ouvert de IRn.

d.8 Pour tout a E U, on note dJa l'application linéaire de IRn dans IRP définie par
~n .
dJa(h) = L -(a)ht pour tout h = (hl, h2, ", hn) de IRn
t=l aXt
L'application dJa est appelée différentielle
Cas particulier
n=l
La différentielle de J en a est l'application linéaire de IR dans IRP définie par:
\;f h E IR, dJa(h) = hf(a).

t.3 ! dJa est l'unique application linéaire u de IRn dans IRP telle que:
1 J(a + h) = J(a)+ u(h) + o(h) quand h tend vers 0, h E IRn
1
~

III Montrons que si u E;g (IRn, IRP)et v E;g (IRn, IRP)vérifient quand h E IRn tend vers 0
J(a + h) = J(a) + u(h) + o(h) alors u = v.
et J(a + h) = J(a) + v(h) + o(h)
Par différence on obtient (u - v)(h) = o(h)
En prenant, en particulier, h = tet, t E IR, 1 ~ i ~ n, il vient
t(u - v)(ei) = o(t) donc (u - v)(ei) = 0(1).
On en déduit (u - v)(ei) = O.

Cette égalité étant vraie pour tout i E [l, n], on a finalement u- v = O.


• Montrons que dJa vérifie, quand h E IRn tend vers 0,
J(a + h) = J(a) + dJa(h) + o(h)
Il existe l1E IR: tel que U contienne le pavé
P={XElRn/\;f)E[l,n],IXj-ajl<YJ}
j
Pour h E IRn tel que a + hEP, soit '0 = L htei 1 ~) ~ n et Va = O.
t=l
On a alors, pour tout) E [l, n], '0 = '0-1 + ryej
n
et

J(a + h) - J(a) = Lf(a + '0) - J(a + 1)-1)


j=l

o
""n 1l"Ij -(a+'0_1+tej)dt
j=l
a aJ
aK
:J
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 79

d'où:

j(a + h) - j(a) - '\"' hj-,-(a) = '\"'


L
j=ln
d X·
dj j .. LOd -,-(a X'
j=ln .1·1l; [ dj j
+ VJ-1 + tejl- -(a)
a X'
aj j J
dt

Considérons sur :;::n et :;::p les normes définies par


X! = sup v y E8F, Il yll = sup Iyd
l'0~n l~i~p

L a continU!e
"t' aj sur Pd onneexls
d e -,- 1" t ence d e:
d~'0

éJj. ,
M· = sup -,-(a + \.)-1 + [ej)- avec h-O
lim 1'>'Ij = O.
'J rc=[O.h:J (1.'0

On obtient alors:

n dj n n
+ h) - ICa) - L
j=l
hj ax
j
o<S L
j=l
IhjllvIj o<S i! hll L
jd
L'VIj

d'où finalement j(a + h) - ICa) - dja(h) = o(h).


o
Propriétés:

p.6 Notation différentielle


1

Soit (cL,il1~i~n la base duale de la base canonique (ei)l~i~n de [Rn.


VhE?!.n. h=(h1.h2,"·,hn). dxi(h)=hi
al
Alors dja = L
i=l
n.
-,-(a)cL'i
dXi

p.l Linéarité de la différe;'tiation


1

Soit j ::;::n~:;::p et g: [CRn_MP de classe el sur U, ouvert de [Rn.


Alors, pour tout C\., [1.) E 1R2et tout a EU:

dC'Aj+ [1. g)a =11. dja+ [1. dga

B. Matrice jacobienne
Soitj : Rn~};\p de classe el sur U, ouvert de [Rn.
On note encore ?An= (ejl1'0~n et ?A~= (eD1~i~p.
Définitions:

d.9 Pour tout a E U, la matrice de dja par rapport au couple de bases (œn, œ~)
est appelée matrice jacobienne de j en a.

On la note Jj!a) et on a JJ(a) = [ a~


aJi (a) J EAiLp,n (IR)
i : indice de ligne , j: indice de colonne

En effet dla(ej) = T(a)


aj
)(;
= L p aJi
-,-(a)ei.
i=l d)(;
1
80 Précis d'Analyse Il

d.10 On suppose n = p et 2n~=2nn.

Le déterminant de JjCa), c'est-à-dire aussi le déterminant de dfa est appelé


ou dél;erlmÙlarlt fClllc·tiOlln€:lde en a. f
Il est noté DŒJ2,··· ,fn) (a)
D(X1,X2,··· ,xn)

aux pratiques

matrice jacobienne en a d'une application el sur U


n contenant a, dans les cas suivants:

• 1) Dans le cas n = 1.1 est continûment dérivable en a..


On constate que la matrice jacobienne de f en a est unicolonne, son unique vecteur colonne
étant le vecteu r l' (a) :
JjCa) = :
[f{(a)]
E .Mp,l (IR), l'(a) = ~f(p (a)e;
f~(a) 1=1

2) Dans le cas p = l, la matrice jacobienne de f en a est uniligne :


Jj(a) = aX1 (a)· .. a Xn (a) E .M1,n (IR)
[ af af]

exemple 5
:1R2 -7~ cleclasse el sur [- a, a]2, (a> 0).

:1R3-7~3, (x, g, Z) f-è> (j(g, z),f(z,


ést de classe el sur [-a, a]3.

pe jacobienne de F en (0, 0, 0) et son

• Chacune des applications composantes de F est de classe el sur [-a, a]3, il en est de même
pour F.

Si l'on pose p = D1f(O, 0) et q = Dzf(O, 0), on trouve:

JF(O, 0, 0) = q ° p detJFCO, 0, 0) = q3 + p3.


[0p pq q] °
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 81

C. Gradient d'une fonction numérique


Rn est supposé muni de sa structure euclidienne canonique, (la base canonique 0iln est
donc orthonormée).
Le produit scalaire de deux vecteurs x et y de [Rinest noté (Xl y).
Soitf : Rn-R une application de classe el sur U, ouvert de [Rn.
Définition :

d.11 Pour tout a E:: U, il existe un unique vecteur de [Rn appelé le gradient de f
1 en a et noté gradf(a) tel que Vh E:: Rn. dfa(h) = (gradf(a)lh).
~ C'est une conséquence du fait que dfa appartient au dual de [Rn qui est canoniquement
isomorphe à Rn, (Voir Algèbre 11- Espaces Euclidiens).
n
La base canonique de [Rinétant (eih<;i<;n, on a gradf(a) = Li=l
af
-(a)ei
aXi
o

f;:xemples - Travaux pratiques

exemple 6
ici considéré comme espace affine euclidien.
un point fixé de [Rn, soitf l'application de [Rn dans [R définie par:
f :M f-7 Il Alvr 112

Montrer quef est de classe el sur [Rn.


Calculer gradf(M) en utilisant l'expression def(M) en fonction des coordonnées
deM.
Retrouver le résultat précédent en calculant d.fw( 11) à partir def(M + 11) - f(M) .
• 1) Soit (al,"" an) et (Xl,"', Xn) les coordonnées respectives de A et M sur la base cano-
n
nique de [Rn. Alors f se définit par f(M) = f(Xl, ... , xn) = L
i=l
(Xi - a;)2

f est donc de classe el sur [Rn.


af
2) Pour tout i E:: [l, n], -d' Xi = 2(Xi - ai).
n
Donc grad f(M) = L
i=l
2(Xi - ai)ei = 2AM

3) f(M + u) - f(M) = IIAM + Li 1[2 -IIAMI12 = 2(AMllI) + II u 112

Or, au voisinage de 0, on a Il Li 112 = o( 11), donc:

f(M + lI) - f(M) = 2(AMlu): o( u)


D'après le théorème 3, on déduit de cette formule que dfM est définie par:

V U E::[Rn, dfM( u) = 2(AMI Li)

d'où, par définition du gradient: gradf(M) = 2AM


82 Précis d'Analyse Il

D. Différentielle d'une application de classe C 1

d.12 Soitf: [Rn--+IRP de classe el sur U ouvert de [Rn.


La différentielle de f sur U est l'application de U dans 5:E([Rn, [RP) qui, à tout
point a de U, associe dfa, on la note dJ.
df: U --+5:E([Rn, [RP), a ~ dfa

tA f : [Rn --+[RP étant de classe el sur U ouvert de [Rn, l'application différentielle


1 df est continue sur U.
ll& ÇiJl,n=(ejh"0~n ÇiJI,~=(eDI~i~p étant les bases canoniques de [Rn et [RP, une base
de 5:E([Rn, [RP) est ('tJy) lsi"'p où 'tJy est l'élément de 5:E([Rn, [RP) défini par:
10".'Sn

'v'kE [l,n], 'tJy(el<)=Osib=j 'tJy(ey)=e:


P n afi
On a alors dfa 00
= ""' ""'
i~l j=l
_tax-
'j
(a) 'tJfj

afi

En d'autres termes, les a ~ sont les fonctions composantes de df sur la base ('tJfj),'~~;,
La continuité de ces np fonctions composantes assure la continuité de dj.
D

Conséquence
• Une fonction f: [Rn--+[Rp de classe el sur U ouvert de [Rn sera aussi appelée fonction
différentiable sur U.
t.5 Soitf: [Rn--+[Rp définie sur U ouvert de [Rn.
S'il existe une application € de U dans 5:E ([Rn, [RP) continue sur U et telle que,
pour tout a de U :
(Ç5k) f(a + h) =f(a)+ €(a)(h) + o(h) quand h tend vers 0
alorsf est de classe el sur U avec df =€.
ll& Il suffit de remarquer que la relation f(a + h) - f(a) = eca)(h) + o(h) donne
f(a + tei) - f(a) of
=t(a)(ei) + o(h) d'où l'existence de -a-Ca)
Xi =€(a)(ei)

Puis on note que la continuité de t assure celle de a ~eca)ei c'est-à-dire de :{i'


Ainsif est de classe el sur U.
Ensuite le théorème 3 donne que, pour tout a de U, dfa = € (a)
D

Exemples
• Si f est constante sur U, la relation (Ç5k) est vérifiée avec fonction nulle de t U dans
5:E([Rn, [RP),f est donc continûment différentiable sur U avec df = O.
• Sif est la restriction à U d'une application linéaire <F,<FE';t ([Rn, [RP), la relation (Ç5k) est
t f
vérifiée avec, pour tout a de U, (a) ='tJ, est donc continûment différentiable sur U
avec 'v' a E U, dfa ='tJ.
• Sif est la restriction à U d'une application affine e de partie linéaire 'tJ,'tJE';t ([Rn, [RP),
la relation (Ç5k) est vérifiée avec, pour tout a de U, (a) =<F. t
f est donc continûment différentiable sur U avec 'v' a E U, dfa ='tJ.
On notera que, dans chacun des trois exemples précédents, l'application df est cons-
tante sur U.
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 83

çxemples - Travaux pratiques

exemple 7
Soit f: (r. el f---7 (x, y) = (rcos e, rsin e)

Vélifier quef est de classe c1 sur puis calculer l? matrice jacobienne et le


jacobien def en (r. e),
Mêmes questions pour:
f: (I; e, 'f) '-+ (x, y, z) = (rcos 'P cos e, rCGS<p.sin e,
• Dans les deux cas, on a affaire à des fonctions de classe C1 puisque leurs composantes sont de
classe C1.
1) Premier exemple.
D(x, y)
sm ee rcos
J'f (r. e) = [c~s -rsin e e] D(r, e) = detJf(r, e) = r
2) Deuxième exemple.
cos 'P cos e - r cos 'P sin e
cos <.; sin e r cos 'P cos e - r sin 'P sin e
"1(,8,")= [ sm 'P o r cos
- r sin cos e
'P 'P ]

D(x. z) = detJjCr, e. q:) =


y. 'P)
D(r. e, ? cos 'P

E. Composition des applications de classe C 1


Théorème:

t,6 Soit f: lh\n_~p de classe C1 sur U ouvert de ~n


g: ~P-iRq de classe C1 sur Vauvert de ~p tel quef(U) eV.
Alors 9 of : p;n~Rq est de classe c1 sur U avec, pour tout a de U:
d(g oj)a = dgf(a) 0 dfa
~ Posons b =f(a). Les relations:
f(a+h) =f(a) + dfa(h) + oCh) hE~n. a+hE U
g(b+k)=g(b)+d9b(k)+o(k) kE~P. b+kE V
se traduisent par l'existence de deux fonctions:
81 : ~n_~p et 82: P;p-~q
définies respectivement sur
fl1={hE~n ja+hE U} et flF{kE~P jb+kE V} tellesque:
\j h E fl1 , f(a + h) = f(a) + dfa(h)+ ê1 (h)11 h Il ' lim
h--;.O
81 (h) = 0 (1)
\j k E fl2 ' g(b + k) = g(b) + dgb(k)+ 82 (k)11 k Il ' lim 82 (k) = 0
k~O
(2)
fl2 est un voisinage de 0 dans iRP etf continue en a, donc il existe fl~ voisinage de 0
dans ~n, fl~ cfl1 tel que \j h E fl~, u(h) = f(a + h) - f(a) E fl2
Avec b+u(h)=f(a+h) et u(h)= dfa(h)+81 (h)lIhll,
la relation (2) donne:

\jhEfl~, g(;(a+h)) =g(;(a)) +d9bodfa(h)+83 (h)11hll (3)


84 Précis d'Analyse Il

ou" on a pose 103 (h) = dgb () 81 (h) + sz ( u(h) Il u(h) I[


) -II-h-II- pour h*-O et 103 (0) = O.

Ilest clair que lim d9b


h~O (81 (h)) = 0 , lim
h~O Sz (U(h)) =0

et d'autre part de -1-1h-II-


Il u(h) Il ~ Il dfa IThlI
(h) Il
+ Il SI (h) Il ~ Il dfa Il + Il SI (h) [l,

([1 dfa Il est la norme de l'application linéaire continue dfa)

on déduit que h f-'> Illï~li Il est bornée au voisinage de 0, donc À~ 103 (h) = O.

La relation (3) donne donc 9 af(a + h) = 9 af(a) + dgb a dfaCh) + o(h)


Ilsuffitalors de noter que l'application:

{ qJ : U
a -+
f-'> :f', (IRn-+lRq)
dgj(a) a dfa
est continue sur U, pour conclure par application du théorème 5 que 9 a f est de classe
CI sur U avec, pour tout a E U, d(g a f)a = dgj(a) a dfa.
La continuité de qJ, en tout point a de U, est conséquence de :
Ildgj(al) a dfa' - dgj(a) a dfall ~ Ildgj(al) - dgj(a) Il Il dfa' Il
+ Ildgj(aJilll dfa - dfa' Il
ainsi que de la continuité de df en a, de dg enf(a) et def en a
D

Corollaires:

c.1 JacobieriIle d'une fonction composée


On conserve les hypothèses du théorème 6
Pour tout a de U, les matrices jacobiennes vérifient:

Jgoj(a) = Jg(I(a)) Jj(a)

c.2 Composition des dérivations partielles


Soit f: IRn-+IRP de classe CI sur U ouvert de IRn et g: IRP-+IR de classe
CI sur V ouvert de IRP tel que fCU) c v.

f: (Xl,XZ,'" ,Xn) f-'> (Il(Xl'XZ,'" ,Xn),'" ,jP(Xl,XZ,'" ,xn))


g: (YI, Yz,"', yp) f-'> 9(Yl, Yz,"', yp)
Alors en tout point x = (Xl ,Xz,' .. ,xn) de U, on a, pour tout i E [1, n] :

a9 af
~(Xl,XZ,···,Xn)= L
)=1
a 9 (fl(X),jZ(x),
P ay.
IJ
.. ·,jp(x) ) ali
ax(Xl,Xz,
[
.. ·,Xn)

~ C'est une conséquence de l'égalité matricielle Jgoj(x) = Jg (I(x)) Jj(x) où:

Jgoj(x) = ----axI(x), ~(x), .. " a Xn (x) E JirLl,n (IR)


[ agaf agaf agaf]

Jg(I(x)) = [aa:l (I(x)). aa~ (I(X)) , aa~ (I(X))] EJLl,p (IR)

Jj(x) = a ~ (x) ]
[ai; E clipon (IR)
D
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 85

c.3 Composition des différentielles: méthode pratique


Soitf : [Rn~RP de classe CI sur U ouvert de [Rn
et g: [RP~Rq de classe el sur V ouvert de [RPavecf(U) c V.
f :x = (Xl, ... , xn) f-7 y = (YI, ... , yp)
g: Y = (YI,"', yp) f-7 Z = (Zl,"', Zq)
Alors, J;, i E [1, p], étant les fonctions composantes de f on a :

LP
dg =
.1
[=
ag
-dYi
a Yi
et ViE [l,p], dJ; =
. 1
)=
n
L-cbj
aJ;

aX]

et d(g 0 f) = L~.
. 1 â Yi )=
[=
P
- L-.-
. 1 dx;J
a9 n aJ;
cbj

On obtient donc d(g 0 f) en remplaçant dans dg les dYi par les dJ;.
cA Différentielle d'un produit, d'un inverse

il Soitf: [Rn-;-[Rp et g: [Rn~[R de classe el sur U ouvert de [Rn.


Alorsfg est de classe CI sur U avec:
V X E U d(jg)x = g(x)dfx + f(x)dgx (1)

ül Soitf: [Rn-;-[R de classe el sur U ouvert de [Rn et a E U tel quef(a) *' O.


1
Alors il existe V ouvert tel que {a} cVcU et 0 E f(V), J est de classe

(2)
CI sur V avec: VX E V d (}) x = f ; (x)1 dfx
(@f' il On sait déjà, voir propriété 4, que fg est de classe el sur U.
D'autre part, on peut écrire fg = Po F avec:
[Rn X [R -;- [Rn
{ F: [Rn
X
~
f-7 [Rn X [R
(i(x), g(x:») et (y, À) f-7 À Y

Sachant que dFx, XE U et dP(y,À)' (y, À) E [Rn X [R sont définies par:


[Rn X [R -;- [Rn
{dFx: [Rn
h -;-
f-7 [Rn X [R dgx(h») ,et
(dfx(h), . {dP(y'À) (u, [L) f-7 À u+ [L Y

j(x),g(x)
Le théorème 6 donne d(jg)x = dP( ) 0 dFx
donc d(jg)x: [Rn-;-[Rn, h f-7 g(x) dfx(h) + dgx(h)f(x)
ii1 On sait déjà, voir propriété 5, qu'il existe V ouvert tel que {a} c V c U, 0 E f(V) et
1
J de classe el sur U.
La formule annoncée s'obtient, comme ci-dessus, par application du théorème 6, en

..
ecnvant
1
J=Io
f avec
11ll'" 11ll'"
I:lf'ü'-;-lf'ü',tf-7t
1
0
c.5 Composition des fonctions de classe Cm, m ~ 1
Sif : [Rn-;-[Rp est de classe Cm sur U ouvert de [Rnet 9 : [RP-;-[Rq de classe Cm
1 sur V ouvert de [RPtel que feU) c V, alors go f est de classe Cm sur U.
(@f'
• Il suffit de montrer que les composantes (g 0 J)k, 1 <S k <S q, de go f dans la base
(ekh,,;k,,;q de [Rq sont de classe Cm.
Or, (g 0 J)k = gk 0 f;
on est donc ramené à démontrer la proposition dans le cas où
q=1.
86 Précis d'Analyse Il

• Procédons par récurrence .


Le résultat est acquis pour m = 1.
Supposons la propriété vraie pour les fonctions de classe Cm, et supposons f et g de
classe Cm+1.
Leurs fonctions dérivées partielles sont alors de classe Cm, donc, d'après l'hypothèse
ag
de récurrence, les -a-
Yj of sont de classe Cm.

On en déduit que les (: ~ 0 f) :~isont de classe cm, propriété 3, et donc que

les ". =L -- of -- sont de classe Cm.


a (g~0 f) ~. (
J~l aW
ag ) a~
ajj

Ainsi,go f est de classe Cm+1,la propriété annoncée est récurrente.


D

Exemples - Travaux pratîques

exemple 8
f: IR;2--;.1R;,(x, y) >--c> f(x, y) de classe C2 sur IR;2
g: IR;2--;.1R;2,(r, 8) >--c> (x, y) = (r cos 8, r sin 8).
dérivées partielles premières et secondes de F = f
a2f a2f
'" --Z + --2 (Laplacien def) en fonction des
ax ay

Onaici F(r,8) =f(rcos 8,rsin 8) d'où:


af af
ar - ax cos 8 +ay sin 8
aF af. af
{ - aF = --rsm 8 +-rcos 8
a8 ax ay
Dans ces formules, pour alléger l'écriture, notons:
aF aF af af .
pour ar(r,8)
ar et ax pour ax(rcos8,rsm8), ...
Le théorème de Schwarz s'applique, et on obtient:
a2F a2f a2j a2f
--2
ar
= --2 cos2 8
ax
+2aa
x y
sin 8 cos 8 +--9
a y-
sin2 8
a2f af af a2j ,)2j
8
--2
a8 = --a-rcos
x --a y rSln'8 +--2
ax
2.282c
r SIn - -iJ'x ay r 2'88
SIn cos
,2f
+_d_. r2 cos2 8
ay2
a2f af. af a 2f . a 2f 9 ')
a r a8 = --a x sm 8 +-ay cos 8 ---2ax r sm 8 cos 8 +-'--iJ,-r(cos-
dx y 8 - sin~ 8)
.2
cJ .

+~rsm 8 cos 8
dy

On en déduit --a2F + 2a2F r -- + r-aF. = ? .:::.


F
a82 ar2 ar
a2F 1 a2F 1 aF
Donc, pour tout (r,8) E IR;~x IR;: .:::.F = ~d r + 2"
r ~8d + r ar
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 87

exemple 9
{ex, y) E if' > O} ,,,? -

déterminer les applications j: U -,-IR:, (x, y) f-!> j(x, y) de classe CI sur U


• éJ2j" a2j, 1
(1 ).
Vlx,ylE L " 2IX,yl-
(IX . 2IX,y)=
oy G
yx2 _y2
donnée j E C2,:=:2, on définit g E e2(R2, par
IR) + y, x - y) = j(x, y)
') ')

----". envees par t'le Iles d•.f)g.


a-j en lonctIon d es d'"
;.rj - --,) .Ç ,

élx- ay~
les solutions de (1).

• d'f" "{' -')1 O} ') j(U+V u-v)


1 g est e Inle sur ,/ = 1U. L') E .",,- uv> par: gl,U, v = -2-' -2-
ou encore g = jo ç avec;,;:: lu.vi f-!> lx,y) = -2-' -2- et Cf' est évidemment de
1

classe ex sur :=:2. Donc g est de classe C2 tout


(u+ u- v)le corollaire
commej v(d'après 5 précédent).
De jlx. yi = glx + y. x - y), on déduit alors:
aj. é/g ag.
-ax1x.y) = aulx+y.X-yl+ éJvIX+y,x-y)
a2J ... d 2 g, ,ci .2 g .2 g
ci
--2
a x Ix. y) = --?
a u-
IX+ y.x - y) + 2-.--ci.-(x+
dU v y.x - y) + ~(x+
a V-
y,x - y)
aj ,ilg ilg. ,
-il Y (x,y) = -.-IX+
dU y.x - y) - -.-Ix
cil' + y.x - yJ
a2j , a2g. "a2g a2g
--:2
il Y (x, y) a u- lx + y. x - y) - 2-.--.-(x
= --') d U d V + y. x - y) + --2
il v (x + y, x - y)
a2j a2j éJ2g
donc --') (;'C. yl- --') lx. yJ = 4-.--,,-,lu. l'); U = x + y, v = x - Y
ax- ay- dUel'
'P réalisant une bijection de 1.-' = {eu. l') E [:22Iuv> O} sur U, le calcul ci-dessus donne donc
. ') . 1
(1)Ç=?V(U,V)E \~ 4 ,d-~ (u.v)= ~ (2)
cJ U dV vuv
Remarque fondamentale
Si P est un pavé ouvert de :::22:P = [ x J, et si h E CliP, la condition:

il h 1
V (x,y) E P, -,-(x,
elX
y) =0 équivaut à l'existence de /( E C (J, iR() telle que:
V (x. y) E P. h(x, y) = Je(y) (h est indépendante de x)
car, pour tout (Xl, X2) E [2 et tout y E J, le segment joignant (Xl, y) et (X2, y) est inclus dans P.
On a ici 1.-' = 1.-'1 U 1.-'2 avec VI = C~~)2 et V2 = (R:,;2, pavés de 1R2.
Pour (u, v) E VI, (2) donne successivement, d'après la remarque précédente:

U (u, v) = 2yu
aag ~ + al(U), al E Cl(iR(~,IR) étant arbitraire
g(u, v) = VUV+Al(U) + Bl(V), Al et BI étant arbitraires dans e2(1R:, IR)

Sur V2, (2) donne de même glu, v) = VUU+A2(U)+B2(V), A2 et B2 arbitraires dans C2(1R:, m.
En posant Ul = {(x, y) E iR(2 lx - y > 0, x + y > O}, U2 = {(x, y) lx - y < 0, x + y < O}, on en
déduit que la solution générale de (1) est définie par:
V (x, y) E Uk' j(x, y) = V x2 - y2 + Ak(x + y) + Bk(x - y)
Ak et Bk étant arbitraires dans C2(1R' ,IR), JeE {l, 2, 3}.
88 Précis d'Analyse Il

[!!! Différentiabilité
Ce paragraphe est spécial au programme M'.

A. Fonction différentiable en un point

Il. Fonction différentiable 1

d.13 Deux fonctionsj et 9 de E dans F définies sur V voisinage de a E E sont dites


tange:rltes e'fia. sij(a):;: g(a) etj(x) ~ g(x) = o(x - a) ql.lql'lg~t~nd vers a,
j(x) - g(x)
c'est-à-dire si j(a) = g(a) et lim=O
x;;,a Il x - a Il

d.14 f :E ---+ F est définie sur V voisinage de a E E.


f est diteqifférentiable en a s'il existe 'Pa, application affine de E dans F,
1 telle que j et 'Pa soient tangentes en a.
!kW
D'après la définition 13, on a alors 'Pa (a) = f(a), donc, si tjJa est la partie linéaire de
'Pa, ilvient: V x E E, 'Pa (a + x) = j(a)+ tjJa (x)

t.7 j :E ---+ F étant définie sur V voisinage de a E E, j est différentiable en a SI


et seulement si il existe tjJaE:;g (E, F) telle que:
1 j(a + h) = j(a)+ tjJa (h) + o(h) quand h tend vers O.
Propriétés:

p.8 Sij est différentiable en a,j est continue en a.


!kW E étant de dimension finie, tjJa est continue, d'où lim tjJa (h) =0
h-+O D

p.9 Sij est différentiable en a,j admet en a une dérivée suivant tout vecteur u
1 non nul de E.
!kW
En effet, f(a + tu) = f(a) + t tjJa (u) + o(tu) donne:
j(a + tu) - j(a)
lim
t_O
------ t =tjJa (u) c'est-à-dire DJ(a) =tjJa (u)
Ml
D

p.10 Sij est différentiable en a, l'application linéaire tjJa est définie de manière
unique.
Elle est dite différentielle de j en a et notée dja
Pour tout vecteur u non nul de E, on a donc DJ(a) = dfa(u).
!kW
E étant rapporté à la base (eih",i",n, on a :
af
ViE [l, n], tjJa (ei) = D;f(a)= -.dXi
-(a)

Ainsi, tjJa est l'unique application linéaire de E dans F définie par:

V h E E, h= L
n
i=l
hiei tjJa (h) = L
n
i=l
aj
hi-.-(a)
dXi D
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 89

Notation:

n.2 dfa=

OÙ (cL'(ih~i~n désigne la base duale de la base (qh~i~n de E, dxi : h ~ hi.

Propriétés:
p.11 Les notions précédentes (fonction différentiable en a, différentielle en a) sont
1 invariantes par changement de norme dans E ou F.
~ E (resp. F) étant de dimensions finies, toutes les normes sur E (resp. F) sont équiva-
lentes.
D

p.12 CasoùE= ~
f est différentiable en a si et seulement sif est dérivable en a et alors dfa
1 est définie par V h E~, dfa(h) = h1'(a) ou dfa =1'(a)dx
~ Les deux propositions se traduisent en effet par:
:3 A E F,f(a + h) = f(a) + hA + o(h) (A = l'(a» D

çxemples - Travaux pratiques

exemple 10
:E --+ F définie sur un voisinage de a avec f(x) = o(x).

quef est différentiable en O.Calculer dJO .


• Il suffit de constater que f et l'application nulle (de E dans F) sont tangentes en O.
Donc f est différentiable en a avec dfo = O.

exemple 11
la continuité et la différentiabilité de f définie par:
f : ~2--+R (x, y) ~ xy2
-2--2 SI
.
{a x + si (x,
LI y) = (0,0)
(x, y) (0,0) :;t

• Choisissons une norme sur ~2: (x, y) ~ sup{lxl, Iyl} = h.


h3
On a lf(x, y)1 ~ 2 = h. Doncf est continue en (0, 0).
h
O'X f(O' x, x) 0'
On a, pour tout 0' réel: f(O' x, x) = ~1
0' + x-+o
lim
X
= -2-
0' +1
0'
doncf admet en (0, 0) une dérivée suivant le vecteur (0', 1): D(a.1Jf(0, 0) = -2-'
0' +1
0'
Supposons f est différentiable en (0, 0), alors dfco.o)(O', 1) = -2-'
0' +1

L'application dfco,o) : ~2--+~ étant linéaire, O'~ --;-


0' +1 est affine; c'est une contradiction.

Doncf n'est pas différentiable en (0, 0).


90 Précis d'Analyse Il

n}

deE .
f:PI-'J> 11
• D'après la formule de Taylor-Lagrange:
2

'if (x, h) E ~2, 3eE ]0,1[, sin(x + h) - sin x = hcosx - ~ sin(x+ e h) d'où 'if (p, Q) E E2,

f(P+Q)- f(P)= fol [sin (t P(t) + t Q(t)) - sin (t P(t)) ] dt

f(P+Q)-f(P)= Jo/1 tQ(t)cos(tP(t)) dt- Jo/1 t2Q2(t)


-2-sin(tP(t)+te (t)Q(t)) dt

L'application L: Q I-'J> fol tQ(t)cos(tP(t)) dt est évidemment linéaire.

Avec, par exemple, Il Q Il = ( Jo/1 Q2(t) dt ) i , ilvient lt(P + Q) - f(P) - L(Q)I 1


os; zll Q 112

donc f(P + Q) = f(P) + L(Q) + o(Q)


En conclusion, f est différentiable en P avec dfp = L.

Théorème:

t.8 Linéarité de la différentiation


Sif :E --+ F et 9 : E --+ F sont différentiables en a E E, pour tout
(À., 1-")E ~2, À. f + 1-"9 est différentiable en a avec:
d(À.f+ 1-" g)a =À. dfa+ 1-" dga
q[a (E, F), ensemble des fonctions de E dans F différentiables en a, est donc
un sous-espace de l'espace vectoriel des fonctions définies au voisinage de a.

En effet f(a + h) = f(a) + dfa(h) + o(h) avec dfa E;g (E, F)


IŒ' g(a + h) = g(a) + dga(h) + o(h) avec dga E;g (E, F)
donne (À.f+ 1-"g)(a + h) = (À.f+ 1-"g)(a) + (À. dfa+ 1-"dga)(h) + o(h)
avec À. dfa+ 1-"dga E;g (E, F)
o

12. Matrice jacobienne 1

Théorème:

t.9 F est rapporté à une base (e()I~;~p, les composantes def sur cette base sont
fl,]2,'" ,]p.
f est différentiable en a si et seulement si chaque fi, 1 os; i os; p, est différen~
tiable en a.
On a alors (dfi)a = (dfa);, c'est-à-dire que la différentielle en a de la i ième
composante de f est la i ième composante de la différentielle en a de J.
IŒ' • Sif est différentiable en a, on a f(a + h) - f(a) =Wa (h) + o(h)
Donc, en introduisant les composantes (Wa); de Wa. on obtient:
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 91

\:j i E [1. p]. ji.(a + h) - ji.(a) = (t\JaMh) + o(h)


Ainsi,j est différentiable en a avec (dfi)a = (wal; = (dfa);.
p

• Inversement, si chaque fi est différentiable en a, posons t\Ja= 2)dfi)ael


i=l
On a alorsfla + h) - fia) =Wa (h) + o(h) ; doncf est différentiable en a.
o
Définitions:

d.15 Matrice jacobienne


Sif est clifférentiable en a, la matrice de dfa, par rapport au couple de bases
(ejh"0~T1 de E, (eD1~i~p de F respectivement, est appelée matrice jacobienne
def en a.

E Mp,T1 (IR)
On la note JjCa) et on a JjCa) = [ ~~ (al]
Ci: indice de ligne ;j : indice de colonne)
af P afi
En effet dfa(ej) = -.-(al
cL'j
= "L
.
-'aJ0 (a)~. D
,=1

d.16 Jacobien
,
On suppose E = F, (eih~i~T1 = (ejh"0~T1
Le déterminant de JJ(a) (c'est-à-dire aussi le déterminant de dfa) est appelé
jacobien ou déterminant fonctionnel def en a.

On le note

13. Gradient d'une fonction numérique 1

Définition :

d.17 On suppose ici que E est un espace vectoriel euclidien et que F =IR.
f: E ~IR étant différentiable en a, il existe un unique vecteur de E appelé le
gradient def en a et noté gradf(al tel que:
\:j h E E, dfa(h) = (gradf(a) 1 h)
I@f C'est une conséquence du fait que dfa appartient au dual de E qui est canoniquement
isomorphe à E (voir Algèbre 2, Espaces Euclidiens).

Si (ei)l~i~T1 est une base orthonormée de E, on a


o

.t:Xemples - Travaux pratiques

exemple 13 ~
MOntrer que f: E ~R x....." \1 x Il est différentiable sur E \ {O}
x
\:j X E E \ {O}, gradf(x) = TIXTf'
92 Précis d'Analyse Il

• Pour XE E \ {O} et h E E, on a Ilx + h 112 = Ilx 112 + 2(xl h) + Ilh 112


1
donc f(x+ h) = IIxll 1+2--2 + --2
( Ilxll
(xlh) Ilxll
Ilh112)2
.1 u
Sachant que, au voisinage 0, (1+ u)2 = 1 + "2 + oCu) U E IR

on obtient f(x + h) = f(x) + il~~~ + o(h),


(xlh)
f est donc différentiable sur
" x
E \ {O}avec

dfx : h ~ W d ou grad fCx) = TIXlf

B. D!1férentiabilité sur un ouvert

d.18 f : E -+ F est dite différentiable sur U ouvert de E si elle est différentiable


1 en tout point de U.
d.19 Sif : E -+ Fest différentiable sur U ouvert de E, l'application:
df : U -+::E(E, F), a ~ dfa
1 est dite application différentielle de f.
d.20 Sif : E -+ Fest différentiable sur U ouvert de E, elle est dite continûment
1 différentiable sur U si df est continue sur U.
Exemples
• f contante sur U est continûment différentiable sur U : df = O.
• Dans le cas où E =IR.
f est différentiable sur U si et seulement si elle est dérivable sur U.
f est continûment différentiable sur U si et seulement si elle est continûment dérivable
c'est-à-dire de classe C1 sur U.
Ilsuffit,par exemple, de noter que dans ::E (R F), on a :
sup Il h(l(a) -l(b»)
Ildfa - dfbll = Ihl~l Il = IllCa) - j'(b) Il

• Sif est la restriction à U d'une application linéaire c.p, (c.pE::E CE,F»), elle est continûment
différentiable sur U : V a E U, dfa =c.p, df est ici une application constante.
• Sif est la restriction à U d'une application affine e,j est continûment différentiable sur
U avec: V a E U, dfa =c.p, partie linéaire de e.

Il, Caractérisation des fonctions continûment dîfférentiables 1

E est rapporté à la base (ejh'0~n, F est rapporté à la base (ef)hi9'


Theorèmes:
t.10 f : E -+ F est continûment différentiable sur U ouvert de E si et seulement
1 si il en est de même pour chacune de ses fonctions composantesf1,f2, ... ,fp.
v:%'
C'est une conséquence du théorème 9
o
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 93

t.11 Pour que J :E --..;.If{soit différentiable en a, il suffit que J admette sur v,

1
voisinage de a, n fonctions dérivées partielles Xj toutes
aaJ, continues en a.
Il existe 1]> 0 tel que V contienne le pavé P = {x l 'ri jE [1, n], IXj - cyl <1]}
)
Pour h E E, tel que 'ri jE [1, n], 1 !-YI <1],
n
soit V) = L i=l
hiei, 1 ~j ~ n et Va = 0,

On a alors: J(a + h) - J(a) = LJ(a + V)) - J(a + V)-1)


)=1
n aJ n
donc: J(a + h) J(a) - '""
- ~ !-y-Ca)
ax- =~
'"" <Pl (l-y)- <Pl (0)
)=1 ':J )=1
aJ
avec:
<Pl: t f--J> J(a + V)-1 + te)) - tax:(a) ':J

L'inégalité des accroissements finis appliquée à <Pl sur [0, hjJ donne:

l<p) (h))- <Pl (0)1 ~ l!-YI Mj avec Mj = sup -(a + V)-1 + te)) - -(a)
tE [O'/ljJ \ aaJ
Xj a aJ
Xj 1

donc avec, par exemple, Il h Il = sup 1 !-y 1 :

l"'0s;n

1
1.(a + h) - J(a) - ~!-y
n aJ
aXj (a) ~ 1 Il h Il ~ n Mj
La continuité des dérivées partielles en a donne 'ri jE [1, n], lim Mj = 0
h~O

n aJ
d'où J(a + h) - J(a) - ~'"" !-y-Ca)
ax- = o(h). o
)=1 ':J

1.12 Pour queJ : E --..;.F soit continûment différentiable sur U ouvert de E, il faut
et il suffit que J admette sur U, n fonctions dérivées partielles (suivant la
1 base (e)l"'0S;n) continues sur U, c'est-à-dire queJ soit de classe el sur U

• SiJ est différentiable sur U, dJ: U --..;.::E (E,f), a f--J> dJa est continue sur U

si et seulement si Jj: U --..;.Jttlp,n (If{), a f--J> Jj(a) est continue sur U,

donc si et seulement si 'ri Ci,j) E [1, p] x [ 1, n], aaj;


Xj
est continue sur U.

L'implication (f continûment dérivable sur U =? J de classe el sur U) en résulte.


• Réciproquement, si J est de classe el sur U, J est différentiable sur U d'après les
théorèmes 10 et 11, elle est alors continûment différentiable sur U d'après la condition
nécessaire et suffisante ci-dessus.
o
Conséquences

il SiJ : E --..;.F est de classe el sur U ouvert de E, elle est continue (classe Ca) sur U.

ii 1 Plus généralement, siJ:E --..;. F est de classe Ck+1 sur U, elle est de classe Ck sur U.

~ i 1 est une conséquence du théorème 12 et de la propriété 7

ii 1s'obtient en appliquant il à toutes les dérivées partielles d'ordre k def.


o
94 Précis d'Analyse Il

ni

En posant x = (Xl, ",Xm) E E, h = (hl, ", hm), hi = L hy ey


j=l
on obtient, pour tout X E E et h E E:
m ni al m ni
dfx(h) = LL ax.(x)hy = LLf(X1,··,xi-1,ey,xi+v"xn) hy
i=l j=l Y i=l j=l
m
d'où dfx(h) = Lf (Xl' "'Xi-l, h;,Xi+1' .. ,Xn)
i=l
2) Applications aux produits usuels

• Produit de n réels: p: IR;n~R (Xl,"" Xn) f--3> X1x2'" Xn


n
dpx : (hl, ... , hn) f--3> L xl ... xi-1 hi xi+1 ... Xn
i=l

• Produit d'un réel et d'un vecteur: p: IR;xE ~ E, (À, x) f--3>À X

dP(À.x) : (f.!., h) f--3>f.!. x+ À h


• Produit scalaire de deux vecteurs de E dans un espace vectoriel euclidien
p : E2 ~IR;, (x, y) f--3> X . Y

dp(x,y) : (h, le) f--3> h . Y + x . le


• Produit mixte de n vecteurs de E espace euclidien orienté de dimension n
p: En ~R (X1,X2,'" ,xn) f--3> [X1,X2"" ,xn]
n
dPCXl,X2 •. Xn) : (hl,' .. , hn) f--3> L[X1, ... ,xi-1· hi. xi+1 .... ,xn]
i=l
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 95

2. Compositions des fonctions différentiables

Théorème:
t.13 E. F G sont trois espaces vectoriels
normés de dimensions finies.
Sif : E ~ Fest différentiable en a E E et 9 : F --+ G différentiable en b = f(a),
f
alors go est différentiable en a et de plus:
d(g of)a = dgla) 0 dfa
Voirparagraphe Il : démonstration du théorème 4.
o
Corollaires:
c.1 E étant rapporté à une base (edl>S:i>s:n, F à une base (eJh"0>S:p et G à (e~)l>S:k>s:q,
sous les hypothèses du théorème 13, on a pour les matrices jacobiennes :

1 Jgof(a) = Jg (Pa») . Jf(a)


c.2 Sif est différentiable (resp. de classe el) sur U ouvert de E et G différentiable
(resp. de classe el) sur V ouvert de F tel que feU) c V,
1 f
alors go est différentiable (resp. de classe el) sur U.
c.3 Produit et inverse de fonctions différentiables . Considérons les propriétés:
• (1) application différentiable en a
• (2) application différentiable sur U ouvert de E
• (3) application de classe el sur U ouvert de E
i/Soitf:E--+iR et g:E~F.
Si fet 9 possèdent la propriété (k), k E {1.2.3}, il en est de même de
l'applicationfg avec d(jg)a = g(a)dfa + f(a)dga
ii / Soit f : E --+iRtelle que f(a) *- 0, si f possède la propriété (k), k E {1. 2, 3},
1
il existe un ouvert U, a E U, tel que a 11' feU). Alors J est définie sur U et
possède la propriété (k).

• pour k = 1, d (J) a f
= ---i-dfa
(a)

• pour k E {2. 3}, V x E U.d (J) f


x = -~dfx(x)
~ Voirparagraphe Il.démonstration du corollaire 4 du théorème 6.
o
cA Composition des dérivations partielles
Soitf: E --+ F de classe el sur U ouvert de E et 9 : F --+1R de classe el sur V
ouvert de F avecf(U) c V.
E et F étant rapportés aux bases (e;)l>S:i>s:n et (eJh0>S:p, on note:
• f: (Xl, .... Xn) ,.....,.
f(x) = f(Xl ....• Xn) = (YI. Y2 •.... Yp)
avec Yj = J](x) = J](XI ....• Xn) , 1 "'"j "'"P
• 9 : (YI .... ,yp) z
,.....,.

Ona: agofx,
-a-·-(Xl,X2.···,Xn)= ~
~~a~
. agYu' (fl(X),J2(X).···,fp(x) ) ~a~(Xl.X2.···.Xn)
aJ]
Xi
J~l
~ Voirparagraphe Il,démonstration corollaire 2 du théorème 6.
o
96 Précis d'Analyse Il

c.5
f: E -+ F, X = (XI,X2,'" ,Xn) f--? y = (YI, Y2"', Yp)
g: F -+ G, Y = (YI,Y2,'" ,Yp) f--? Z = (Zl,Z2,'" ,Zq)
f est supposée différentiable sur U et 9 différentiable sur V,f(U) c V.
Alors dg = L. l
a9
p
-dYi
[= aYi
Ll -cbj , dfi. =
n

.
J=
afi.

ax;J
(V i E [l,p])

et d(g 0 f) = L-
.1
[=
9
P
L1 -cbj
a

a Yi J=
.
n afi.

ax;J
On obtient d(g 0 f) en remplaçant dans dg les dYi par les dfi. (les fi. étant les
fonctions composantes de 1).
C.G fonctions de classe cm , m ~ 1
Sif; E -+ F est de classe Cm sur U ouvert de E et 9 ; F -+ G de classe Cm sur
1 V ouvert de F tel quef(U) c V, alors 9 of est de classe Cm sur U.
~ Voirparagraphe Il, corollaire 5 du théorème 6.
o

1 IV - Fonctions implicites

Conformément au programme, les théorèmes 14 et 15 sont admis.


t.14
Soitf ; ~n-+~ de classe C1 sur U ouvert de ~n et a E U tel que;
af
f(a) = ° avec -a-Ca)
xn 1= 0, a = (al,' .. , an)
Alors il existe :
• Q pavé ouvert de ~n-l contenant (al,"', an-l)
• ln intervalle ouvert de ~ contenant an
• \p application de classe C1 de Q dans ln
tels que, en notant P le pavé ouvert Q x ln de ~n ;
ai
V XE P. -a-(x)1=O
Xn (1)
V x = (Xl, ... ,xn) E P. i(X1,"', Xn) = 0 <==} Xn ='P (Xl,"" Xn-1) (2)
Conséquences
1) La condition (2) donne an ='P (al ..... an-l)
De plus, elle traduit que l'intersection avec P de l'hypersurface
S = {x E ~n / f(X1,' .. ,Xn) = O} est un graphe fonctionnel; celui de \p.
2) de 'Il

La fonction 9 : (Xl,"', Xn-1) f--? f ((Xl, ... ,xn-l, (Xl, ... , Xn-1)) est identique- c.p

f
ment nulle sur Q. Or, on sait que et 'Il sont de classe C1, donc, en notant:
'Il (Xl,'" ,Xn-l) = xn, on obtient V (Xl,'" ,Xn-l) E Q, ViE [l, n - 1],
ai a\p ai
-a ~. (XI,,,,,Xn_1,Xn) + -a ~.(X1"",Xn_I)· -a-~ (X1"",Xn_I,Xn) =0
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 97

af
a<D --a-:(Xl,···,xn-l,xn)
a~i(Xl"" ,Xn-l) = --a-;-' -------
--(Xl,'"
aXn
,Xn_l,Xn)

3) Sif est supposée de classe Ck, k ~ 1, 'P est de classe Ck sur Q.


t.15 Fonction implicite définie par un sYî,~m~
Soitf: [Rn X [RP~[RP de classe el sur U ouvert de [Rn X [RP.
f: (Xl,'" ,Xn,Xn+l,'" ,Xn+p)

~ (il (Xl, ... ,Xn+p),f2(Xl"" ,Xn+p),'" ,fP(Xl,'" ,xn+p))


et soit a E U tel quef(a) = 0 avec:

D(xn+l'
D(,fI, ,Xn+p)
,fp) (a) = det [ a af;.
xn+j (a)] IO;;io;;p ;<00
l"0~p
Alors, il existe:
• Q pavé ouvert de [Rn contenant (al, ... , an)
• P pavé ouvert de [RP contenant (an+l,' .. ,an+p)
• 'P application de classe el de Q dans P
tels que, en notant T le pavé ouvert Q X P de [Rn+p,

'VXET, D(D<Jl···fp)
Xn+l ... Xn+p )(x);<oO (1)

'V X = (Xl, ... , Xn+p) E T,

f(Xl""Xn,Xn+l,··,Xn+p)=O Ç=? (Xn+l,,,,Xn+p)='P(Xl, .. ,Xn) (2)


Conséquences
1) 'Pl,"', 'Pp désignant les composantes de 'P, (2) s'écrit:

'VxET :
.. Ç=? :

{fl(Xl'
fp(Xl, ",Xn,
",xn, ",Xn+p)
··,Xn+p) =
= 00 xn+p ='Pl
{xn+l ='Pp (Xl,
(Xl, ",Xn)
",xn)
2) La condition (2) donne (an+l,"" an+p) ='P (al,"', an)
De plus, elle traduit que l'intersection avec T de
S = {x E [Rn+p / f(x) = O} est un graphe fonctionnel: celui de 'P.
3) Calcul des dérivées partielles de 'P
La fonction :
g: (Xl,'" ,xn) ~f(Xl,'" ,xn,'Pl (Xl,'" ,xn),'" ,'Pp (Xl,'" ,xn))
est identiquement nulle sur Q, or on sait que f et 'P sont de classe el, donc
'V (Xl,'" ,xn) E Q, 'V E [1,i n] (en notant 'Pj (Xl,'" ,Xn) = xn+j' 1 ~j ~ p):

.
)=1
L --(Xl,
p
a~
a'Pj
··,Xn)--(Xl,
af
a~+J'
",xn,xn+l, ··,Xn+p)
af
+ --(Xl,
a~
",xn,xn+lo ",Xn+p) =0

En introduisant les composantes de f, on obtient:

~ --(Xl,
. aXi
··,Xn)--(Xl'
aXn+:J'
",xTl,xn+l, ··,Xn+p)
)=1
aA
{
=-
~
aXi(Xl""Xn,Xn+l,",Xn+p)
l~k~pa'Pj aA
98 Précis d'Analyse Il

Pour tout (Xl, ... ,Xn) E g, ils'agit là d'un système de Cramer aux inconnues
d'P'
d~ (Xl,"" xn), 1 ~j ~ p,

(le déterminant de ce système est De Xn+l,'"


DCfI, ... ,xn+p
,fp) ) (x).

4) Sif est de classe Ck, alors <pest de classe Ck sur g.

- Travaux pratiques

exemple 15 1

telle quef(O) = 0, définie implicitement par Arctan(xy) + 1 = eX+Y .

'DDéterminer
1 Montm qu'ille existe
développement
J, ~-R limité à l'ord"
x ~ 3 de J
y = Jexl dean c= audevoiainage
voisinage
da"e O. de 0,
• g: iR(2---+iR(, (x, y) f--O> Arctan(xy) + 1 - e'C+Y est classe C% sur iR(2. g(O, 0) = °
dg _ X x+y éJg_
T(x,
y y)
l+x+y2 - 2 - e donc -.-(0,0)
dy - -1
L'existence de f de classe C% résulte du théorème 14 et de sa conséquence 3).
Ilexiste CI.> 0, 'if X E]- CI., CI. [,f(x) E]- CI.,CI. [ et Arctan(xf(x» + 1 = ex+f(x)

ou encore en [1 + Arctan( xf(x))] = x + f(x)


Etant de classe C% au voisinage de 0,] admet un développement limitéà tout ordre au voisinage
de O.

Soit f(x) = ax + bx2 + cx3 + o(x3) le développement limitéd'ordre 3.


On a successivement:
xf(x) =~ + bx3 + o(x3)

Arctan(xf(x)) = ax2 + bx3 + o(x3)

en [1 + Arctan( xf(x))] =~ + bx3 + o(x3)


x + f(x) = (a + l)x + b~ + cx3 + o(x3)

x f--O> x + f(x) - en [1 + Arctan( xf(x))] étant identiquement nulle au voisinage de 0,

on en déduit b- a = 0 soit b = -1
c-b=O
{a+l=O c=-1
{a=-1
et, ainsi, f(x) = -x - ~ - x3 + o(x3) au voisinage de 0

exemple 16 _
Montrer que, au voisinage de (1, 1, 1), l'ensemble f:
f: {(x, y, z) E iR(3 / ,..(2 + lf + ~ = 3, x3 + 2x:z - y = 2}

admet une représentation de la forme z =lj; (x)


{y XEI
=<p (x)

Calculer les dérivées premières et secondes de <pet de lj; en 1.


Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 99

• Soit f:R3-RZ, (x,y.zlf--» C>?+~+~-3,x3+2xz-y-2)


f est de classe C=-C sur Ra fil. 1.11 = 0,

D(y,z)
D(fl.Jz) - -1
_Ii 2y 2x
2z -_ 4 .\.y+~z
') donc D(y.z) (1 " 1 1) -- 6
DŒ.Jz)
L'existence de 9 = (ç. ili) de classe ex sur I résulte du théorème 15 et de sa conséquence 4).

Pour tout x EO I, avec y =ç (Xl et z =ili (x), on a (1) 3


{xz+~+~
x +2xz- y = 23
d'où, en dérivant deux fois:
o
~ , 1 et
(2) {X 3.\C' + +2zyyl+ 2xz
+ ZZI- y = 0 o
Au point (1. 1. li, on a ç (1) =w Il) = 1
et en posant . Il' '1 •
ç
{ ",1 (1) = ac
(.11= ili' {II = bd
ili (1.1.=

on 0 tient avec: . _ou a =. = -L-


b' (2) {aa +- b2b= =-10 d" 1 b n

puis avec (3): { c +


- d2d= =-2
-6 d'où c= --3' 14 d= --3' 4
Remarque: Le théorème 15 des fonctions implicites a permis d'affirmer qu'autour de (1, 1. 1),

r est le support d'un arc de classe eX,


14. 4.
De 'PI (1) = 1. 'PI! (1) = - wl (1) = -2, 3'
wl! (1) = -"3' on peut deduire [a tangente, la
courbure et le centre de courbure de cet arc au point (1. 1. 1).

v - Difféomorphismes
Définition :

d.21 Soit U un ouvert de E, V un ouvert de F et k un entier naturel non nul.


On dit quef est un Ck-difféomorphisme de U sur V sif est une bijection de
1 U sur V telle quef soit de classe ek sur U etf-l de classe ek sur V.

Propriétés:

p.13
1
Si f est un ek-difféomorphisme de U ouvert de E sur V ouvert de F, alors,
pour tout a E U, avec b =frai, dfa est un isomorphisme de E; tel que:
(dfa)-l = dfb1
~ f etf-1 sont continûment différentiables puisque k ~ 1. Alors:
f-10f = Idu donne 'ifa E U. dfb-1 0 dfa = IdE
fof-1 = Idv donne 'ifbEOV,dfaodfb1=IdF
La conclusion en résulte.
o
100 Précis d'Analyse Il

p.14 S'il existef, Ck-difféomorphisme de U ouvert de E sur V ouvert de F, alors:


1 dimE=dimF
RiF En effet, d'après la propriété 12, E et F sont isomorphes.
o
Si f est Ck-difféomorphisme de U ouvert de E sur V ouvert de F, E étant
rapporté à la base (ei)l~i~n et F à CeDl"0~n, on a, pour tout a E U,

l5 avec b =fCa): JjCa) E GLnCIR), (JjCa») -1 = Jj-1Cb)

A. Propriétés des difféomorphismes


E et F sont deux espaces vectoriels normés de même dimension n.

1 M' 1 t.,16 Soit U un ouvert de E, V un ouvert de F etf un homéomorphisme de U sur V.


Sif est différentiable en a E U et si dfa est inversible

, t'
ces-a-lre
d' DifI,J2,'" ,Jn) C)
D(xl,X2, .. "Xn)a*-,
0

alors f-l est différentiable en b = fCa).


RiF Pour tout k E F tel que b + k E V, il existe h unique, h E V, tel que:
b+k=fCa+h): h=f-lCb+k)-f-lCb)
En utilisant la différentiabilité de f en a, b + k = fCa + h) donne:
k = fCa + h) - fCa) = dfaCh) + Il h Il e Ch) lim e Ch) = 0
h--+O

d'où, puisque dfa est inversible h = df,;lCk) - df,;l (\\ hll e Ch»)
Ainsi:
f-lCb + k) - r lCb) = df'; lCk) - Il h Ildf'; lCe Ch»

= df,;lCk) + Il k Il [- il ~ i: dfa-lCe Ch»]


Quand k tend vers 0, h tend vers 0 Cparcontinuité def-l), donc e Ch) tend vers 0 et
df'; lCe Ch» également.
Ainsi pour conclure à f-lCb + k) - f-lCb) = df'; lCk) + oCk) il suffit de montrer que

le rapport Ii ~ Il est borné au voisinage de O.

On a Il ~ Il = dfa ( Il ~ Il) + e Ch) et Il ~ Il décrit S sphère unité de E.


S étant un compact de E (c'est un fermé-borné et E est de dimension finie), par continuité
de x ~ IldfaCx)ll, on a XESinf IldfaCx)11 = IldfaCXO)11avec XO E S

XO non nul et dfa inversible donnent alors dfaCXO) *- 0, donc IldfaCXO)11


> O.
1
Pour Il h Il assez petit, on a Ile Ch)11"" zlldfaCXO)11

d'où Ildfa (II ~II) + e Ch)11;;. à IldfaCxo)11


On en déduit par continuité de f-l que, pour tout Il k Il assez petit:

_II h_11 -< _2_


Il kll ~ IldfaCXO)11
La conclusion en résulte.
[
-
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 101

1.17 Soit U un ouvert de E, V un ouvert de F etf un homéomorphisme de U sur V.


Sif est de classe ek sur U, (k ~ 1) et si, quel que soit a E U, dfa est inversible,
1 alorsf-l est de classe ek sur V.
D'après [e théorème 16,1-1 est différentiable sur V avec, pour tout b EV:

(df-l) b = (dfa)-l a =f-l(b)


En considérant les matrices jacobiennes, on a :

Jj-l(b)
. = LJj(a)
, ,]-lIt= detJjCa) comJj(a)
Tenant compte de la continuité de b f-7 a =f-l(b) et du fait quef est de classe Ck, on
en déduit que [es fonctions dérivées partielles de f-l sont de classe Ck-l sur V, donc
que f-l est de classe ek D

1.18 Théorème d'inversion locale


1

Soit U un ouvert de E, f :E - F de classe el sur U et a E U tel que dfa soit


inversible.
Alors, il existe Ul ouvert de E avec {a} c Ul c U, tel que la restriction de
fà Ul coïncide avec un Cl-difféomorphisme de Ul sur fCU1)'
~ C'est un corollaire du théorème 15 des fonctions implicites appliqué au système:

{ ~~:~~
fn (Xl·'.,'..
... ,, xn) !dn == 00
Xn) - !dl
D

1.19 Soit U un ouvert de E etf une application injective de classe Ck,(k ~ 1), de
U dans F.

Alors, V = feU) est un ouvert et f définit un Ck-difféomorphisme de U dans


V si et seulement si , quel que soit a E U, dfa est inversible.
Ce théorème est admis,
D

B. Application aux changements de variables


Problème
Soitf : LRn~lR de classe ek, (k ~ 1), sur U ouvert de [Rn :

f : (Xl, .... xn) f-7 !d= f(Xl, ... , xn)


Supposons disposer de c.p: [Rn ~lRn induisant un Ck-difféomorphisme de V sur U :

cp: (Ul,'··, un) f-7 (Xl,··· ,Xn) = ('-Pl (Ul,···, Un),··· ,cpn (Ul,···, Un»)
(ce fait pourra, par exemple, être mis en évidence au moyen du théorème 19).
La fonction g = fo cp est alors de classe Ck sur V et on désire calculer les dérivées
partielles def en fonction de celle de g,
• On af = go c.p-l et la difficulté tient au fait que l'on ne sait, en général, pas expliciter
-1
cp ,

On pourra, pour calculer les dérivées partielles de cp -l, inverser la matrice J'P(u) :
102 Précis d'Analyse Il

en posant \(I=cP- 1 ona JtjJ(X)= [a\(li


aXj(X) ] = (J<.F(u)
. ) -1
x = (Xl, ... , Xn) =cP (u), u = (U1, ... , Un)
On utilisera ensuite les formules:
af
-a-ex)
Xi = L
j=l
n ag
-Cul-ex)
au!J
a\(lj
aXi u =\(1(x)
• Une autre méthode consiste à écrire les formules:

-Cu) = Ln -(xl-Cu)
-,ag af acpj 1"'"i "'" n
dUi .
)=1 axj· au;
et observer qu'il s'agit là, pour tout u E V, d'un sytème de Cramer aux inconnues

aaf
Xj
(x), 1 "'"j "'"n; le déterminant n'est autre que le jacobien de cP en u.

Exemples - Travaux pratiques

exemple 17 _
Etude du changement de variable défini par X = r cos e, y = r sin e.
cp: (r, e) Ho (x, y) = (r cos e, r sin e) est une bijection de classe CCO sur

V =]0, +oc[x]- TI, + TI [ sur U = iR2\ {(x, O)lx "'" O}.


Sonjacobien est detJ<.F(r,e) = r (cf. exemple 7), donc, par application du théorème
19 , cP est un cO:: -difféomorphisme de V sur U.
Etant donnée f:
iR2-7iR de classe CI sur U, calculer les dérivées partielles de f en
fonction de celles de 9 = 0 cp . f
• • Première méthode

J'P(r,8) = . d'où Jili(X. y) = sin 8 cos 8


sm 8 rcos 8 --- ---
[COS e - r sin e] [ cosr e sinr 8 ]
ar ar a8 sin 8 a8 cos8
Ainsi - = cos 8. -,- = sin 8 . -,- = - -- -,- = --
ax dy (Ix r dy r

et ax
af
= 7fT ax +
ag ar ag a8
as
ax = 7fT cos 8 -as-r-
ag. ag cos8
{afay = aray
a9 a r + a9 ay as
a8 = axagagsm 8 +as-r- sin 8
Remarque: On a allégé la notation en écrivant:

J'X a\(11(
a r pour -a-x-x,y, ) -a-x
af pour -a-,/x,y),
af. agagpour -a-r(r,81,
-a-r ..... (x.y)=(rcos8,rsm8)
• Deuxième méthode
g(r, e) = fer cos 8, r sin 8) c'est-à-dire 9 =fo ç donne:
-,- = -,- cos 8 +-,- sm 8
dr dX dy
ag éJf af
{ -,-ag = --,-rsin
afdx 8 éJf
+-,-rcos
. 8
d8 dy
La résolution de ce système permet de retrouver les formules précédentes.
Remarque: on pourra vérifier que ç -1 est définie par:

'fJ-1: U - V (x, y) Ho (-./;>(2 + y2. 2A.rctan X + V'./y


x2 + y2 )
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 103

VI - Inégalité des accroissements finis


Théorème:

1.20 Soit U un ouvert de E etf: E - F de classe Ck sur U, k ~ 1.


Pour tout la. bi E [>2 tel que le segment [a, b] = {a + t(b - a) 1 t E [0,1J}
soit inclus dans C, on a flb) - fia) Il oS; Mil b - a Il
où;\1 est un majorant de { dJ.: lx E [a. bJ}.
L'existence de JI résulte de la continuité de X >--7dfx sur le compact [a, b].
Posons h =b- a et soit c: [O. 1] - F t >--7fia + th).
I.Ç est de classe el sur [O. 1] avec:
af .
'V r E [0.1]. C
, ..

(ti = LTl

i=l
hi-.-Ia
dXi
+ th) = dfa+th(h)

ç' étant continue sur [O. 1]. on a flb) - fia) =I.Ç (1)- cp(0) = 101 cpl (t) dt
Or 'V tE [0.1]. 'f' (t) = Ildfa+th(h)'i oS; h Il Ildfa+thll oS; Mil hll
D'où [f(b) - fia) oS; 1\111h,.
o
Exemple
Tl

Supposons E muni de la norme X>--7 x 1 = L;=1


IXil

et posons A = sup sup -.-(X)!


los;;os;Tl xdabJ 1 d afx, ..i· 1

Alors de dJ,,(h) = L Tl

i=l
hi-.-(xi
dXi
af
on déduit:

Tl

'V h E E. 'V x E [a. b]. ii cif,,(hJII oS; ALI hil = Ail h III
i=l
donc 'V x E [a. b]. il dfx Il oS; A et, dans ce cas Ilf(b) - fia) Il oS; Ail b - a Il
Corollaires:

c.i Soit U un ouvert de E etf: E - F de classe ek sur U, k ~ 1.


Soit tE::te lE. F)
Pour tout (a. b) E U2 tel que le segment [a, b] = {a + t(b - a) 1 t E [0,1J}
soit inclus dans U, on a Ilf(b) - f(a)- ((b - a) Il oS; MI! b - a Il
oùMestunmajorantde {lidJc{' Il/xE [a,bJ}.

On appplique le théorème 20 à x >--7f(x)- {'(x).


o
c.2 Soit U un ouvert convexe de E etf :E - F de classe el sur U telle qu'il existe
M majorant de {II dJ" Illx E U}, alorsf est lipschitzienne, donc uniformément
1 continue de U.

La convexité de U donne que, pour tout (a, b) E U2, on a [a, b] c U, donc, d'après le
théorème 20: Ilf(b) - fia) Il oS; Mil b - a Il
o
104 Précis d'Analyse Il

c.3 On dit que U est étoilé lorsqu'il existe XO E U tel que, pour tout x de U,
[xo,x] c U.
Soit U un ouvert étoilé de E etf une application de U dans F.
f est constante si et seulement si dfx est nulle pour tout x E U.

œ? On sait déjà que sif est constante sur U, elle est continûment différentiable sur U avec
'ri XE U, dfx = O.

La réciproque est une conséquence immédiate du théorème 20 et du fait que

'ri x E U, [XO,x] cU.


o

Exemples - Travaux pratiques

exemple 18 ~

~.~~"' (a b) Ë~'tel que ab * 1, exPri~::~~~~ + Ardan b en fonction de


•. Soit f : IR2 --+ IR. (a, b) --+ Arctan a + Arctan b - Arctan 1a+b
_ ab
f est continûment différentiable sur l'ouvert U = {(a, b) E 1R2 1 ab *- 1} avec:
af af.
'ri (a, b) E u, a a (a, b) = a b (a. b) = 0 donc d.fia,b) = 0

On a U = UI U Uz U U3'
YI!

2
UI = {(a, b) E IR 1 ab < 1} U2
UI \

\
U2 = Ha, b) EIR2 1 ab> 1, a> O}
---------...
\ 10"----- X
U3 = {(a, b) E 1R2 ab> 1, a < O} 1

U3
UI, U2 et U3 sont des ouverts comme images
réciproques d'ouverts par des fonctions continues.

Par exemple U2 =<p-I (]l, +x[x]O, +x[) avec <P: R2~R2, (a. b) --+ (ab, a)
1
Comme l'application IR: --+iR, t --+ t est convexe, on en déduit que Uz et U3 sont convexes, donc
étoilés.

UI est étoilé car, pour tout m = (a. b) E UI, on a [0, m] CUl-


Le corollaire 3 du théorème 20 donne alors que 'ri k E {l, 2, 3}.j est constante sur Uko donc
'ri (a, b) E UI, f(a, b) =f(O, 0) = 0
'ri (a, b) E U2, lim
Q--++cc'
f(a, a) ="
'ri (a, b) E U3' lim f(a. a) = - "
a---'--cx:,
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 105

VII - Formule de Taylor-Young


Extremums
Les fonctions considérées dans ce paragraphe sont à valeurs dans R

A. Formule de Taylor-Young
Théorème:

t.21 Soit U un ouvert de E etf : E ~R de classe C2 sur U.


a étant un point quelconque de U, on a, lorsque u tend vers 0 :
f(a + u) - fia) =

L
'\"' -.-(a)Ui
i=l
d X·
n of l
+ -2
1 (ni=l
L -2..2f (a)ui
'\"'
d
a X, 9
+2 L
'\"'
l";i,,f,,;n
.
dx ax
-.--(a)ui!,ij
a2f
l :J )
+ 0 (II u Il )
2

(Formule de Taylor-Young en a).


u:§"' U étant ouvert il existe r ER: tel que Bo(a, r) c U.
Alors, pour tout U E E tel que u Il < r, le segment [a, a + u] est inclus dans Bo(a, r),
donc dans U, et 9 : [0, 1] ~R. t f-c> f(a + tu) est de classe C2 sur [0, 1].
n af .. n n a2f
On a
L
g!(r) = '\"' ui-,-(a
i=l d~
+ tu) gll(t) = '\"' '\"' UiUj---(a
et
i=l j=l a~a~ LL + tu)

La formule de Taylor avec reste intégral appliquée à 9 donne:

g(l) - g(O) = gl (0) + 11(1- t)gll (t) dt

= g'(O) + àd/(O) + .la


r\l - t) (gll(t) - gll(O»)dt
naf 1
n n a2f
donc f(a + u) - J(a) = 2:=
. ui-.-(a)
d~ + -22:=2:=
.. UiUj---(a)
a~a~ + R(u)
1=1 1=1)=1

avec R(u) = 1\1- t) (gll(t) - d/(o») dt


g'l est continue et t f-c> 1 - t est positive sur [0,1], d'où, d'après la formule de la
moyenne, il existe 8E [0,1] tel que:

r1 (1-
R(u) = (d/(8) - gll(O»).la t)dt soit R(u) = 1 (gll(8) -
:2 g'/(O»)
1

Avec, par exemple, la norme euclidienne: Il u Il = (t 1=1ur) :2, on en déduit:

IR(u)1 ~ --;- 2:= 2:=


.nl' )=1
n
--(a+
aXi
a2fa~
8 u) - --(a)
a2fa~
aXi
Il 112 1= 1 1

a2f
et la continuité en a des aXi a~ donne alors R(u) = 0 (II u 112)
La formule en résulte.
D
106 Précis d'Analyse [1

c.1 l?f:1;r:t~I~1.l1ier: dimE = 2 - Notation de Monge


La formule de Taylor-Young s'écrit:
1
fCa + h, b + k) - fCa, b) = ph + qk+ 2Crh2 + 2shk + t~) + oCh2 +~)
où on a posé:

af af
p = axCa, b) q = --ay(a, b)
a~ a~ a~
r = ~(a,
dx
b) s= --a:a(a,
x y
b) t = ~(a,
dy
b)

Notation de Monge

B. Extremums relatifs
Rappel
• f: E -71R définie sur D, admet en aE D un extremum (maximum ou minimum)

local (ou relatif) si et seulement si il existe V voisinage de a tel que:


VUE E, a + U E V (î D =? f(a + u) ~ fCa) maximum
VUE E, a + U E V (î D =? fCa + u) ~ fCa) minimum
On parle d'extremum strict si, de plus u'* 0 =? fCa + u) '*fCa).
• Dans tout ce qui suit, U est un ouvert de E .

Il, Conditions nécessaires d'extremum 1

Théorème:

t.22 Soitf :E -71R de classe CI sur U ouvert de E.


Pour quef admette un extremum local en a E U, il est nécessaire Cmais non

suffisant) que dfa = 0, c'est-à-dire ViE [1. n]. ?f (a) =


dXi
0

L0f'
n
• U contient un pavé P = II i=l
]ai- ex, ai+ ex[.

Sif admet un extremum en a, chaque fonction partie[le :

Xi f-'Jo f(al,···. ai-l,X;' ai+l,···. an) (1 ~ i ~ ni


est dérivable sur ]ai- ex, aH ex[ et admet un extremum en ai, donc:

ViE [Ln], of (a) = 0


éiXi

• Ces conditions ne sont pas suffisantes .

En effet, sOltf
. ,.." ~"'.':0
.,fT')L ( x,•. y) f-'Jo :oey, on a éif 10 O·) -
-,-., -,-1.
éJf '0 . 0 )-- 0
dX .. c'y
Or,] n'admet pas d'extremum local en CO,0) puisque tout voisinage V de (0, 0) contient
des points pour lequels fCx, y.) > 0 c'est-à-dire f(x, y) > f(O, 0) et des points pour
[esquelsfCx, y) < o.
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 107

Définition:

d.22 Etant donnéf E C1(U. ::;:),on dit que aE U est un point critique def lorsque
1 dfa = O.

12. Conditions suffisantes d'extremum [

Théorèmes:

de f tel que la
M' 1 t.23 Soitf: E -::;: de classe C2 sur U et a E U un
forme quad.Tatique qa soit non dégénérée.
n 2 af . a2f
qa : U'--'" 2:=
.
ui -_--(a) + 2
d Xi
2:=
..
UiUj---(a)
a Xi a Xj
[=1 l~[~~n
Si qa est définie positive, f présente un minimum en a.
Si qa est définie négative, f présente un maximum en a.
Sinonf ne présente en a ni maximum ni minimum: on dit avoir affaire à un
point col.
lE? Dans les deux premiers cas, il s'agit d'un extremum strict.
Pour U oF 0, la formule de Taylor-Young s'écrit ici:

f(a + U) - f(a) 1
= 2qa(u) + 0 (9)
II U 11-


f(a+ u) -f(a). = pu q2
8: E -::;: est telle que lim 8 Cu) = o.
u-o
+ (u)
[ qaTIUll + 8 (u)]

• Supposons qa définie postive ou définie négative.


U
Quand U décrit E \ {O}. Ii
r--., ui '1 décrit S sphère unité de E.
S est un compact (fermé-borné et E est de dimension finie), Iqal est continue sur S,
donc il existe v E S tel que Iqdv)1 = inf Iqa(x)1
XES

qa étant définie (positive ou négative), v oF 0 donne qa(V) oF 0, donc:


inf Iqa(x)1 = m> 0
XES

De lim 8 (U) = 0 on déduit l'existence de r E~: tel que Il U Il < r =? 18(u)1 < m.
u-o

Donc, pour tout Il U Il < r f(a + u) - f(a) = Il u 112 [qa (II ~ Il) + 8 (U)]
est du signe de qa, ce qui assure la conclusion.
De plus, on note que dans ces conditions, U oF 0 =? f(a + u) - f(a) oF 0 ; donc, il
s'agit d'un extremum strict.
• Supposons qa non dégénérée, non positive et non négative.
Il existe alors v E E \ {O} tel que qa(V) = 1 et W E E \ {O} tel que qa(W) =-l.
D'où:
1 1
f(a + tu) - f(a) = 2 t2 + o(t2) f(a + tw) - f(a) = - 2 t2 + o(t2)
On en déduit que tout voisinage de a contient des points a + tu en lesquels
f(a + tu) - f(a) > 0 et des pointsf(a + tw) en lesquelsf(a + tw) - f(a) > O.

f ne présente pas d'extremum en a.


D
108 Précis d'Analyse Il

t.24 On suppose dim E = 2.


Soitf : E ~[R de classe e2 sur U et (a, b) E U un point critique de f tel qu'en
ce point on ait s2 - rt ° (cf. notations de Monge).
oF-

• Si s2 - rt < 0, r> ° f présente un minimum en (a, b).


• Si s2 - rt < 0, r < ° f présente un maximum en (a, b).
• Si s2 - rt > 0, (a, b) est un point col pour f, c'est-à-dire que f ne
présente en a ni maximum nin minimum.
C'est évidemment un cas particulier du théorème 23

C'est la seule forme figurant dans les programmes autres que M' dans lesquels ce
théorème est admis.

Exemples - Travaux pratiques

exempl~ 1t!i ~
Etudier les e~Jmums relatifs de :
f : [R2~[R, (x, y) ~ (x _ y)2 + x3 + y3
et de :
9 : [R2 ~[R, (x, y) ~ (x _ y)2 + x4 + y4

.J f est de classe eex sur [R2.

On commence par déterminer les points critiques def.

-(x,
ax
y) =0
s'écrit
af 2(x - y) + 3~
{ -2(x-y)+3if =
=0 °
{ af
ay(x, y) = °
=0
ce qUi..equlvaut
' a. - y) + 3x-~. =0
{ 2 ( x ~+if
On a donc un seul point critique: (O. 0).

D'entrée de jeu,f est donnée sous la forme d'un développement de Taylor-Young:


3 3
2 ?2 x +y
f(x, y) = (x - y) + o(.r + id) (car" Xy,-(Ü.O
1 X .+
l.im .' ~ 1 id = 0)

On a donc ici qco.oix, y) = 2(x - y)2 : rgqiO.OI = 1, qiO,OI est dégénérée

(On peut aussi noter que r = t = 2 et s = -2, donc s2 - rt = 0).

Ainsi, on ne peut pas conclure par application du théorème 24

Remarquons alors que f(x. x) = 2x3 est du signe de x, ce qui assure que (0, 0) est un point
col.

2) 9 est de classe eex sur IR.


On trouve un seul point critique: (0, 0), et ici aussi q'O.OI est dégénérée.

De façon évidente, on a \j (x, y) E R2, g(x, y) ~ g(O, 0) =°


Donc, 9 présente un minimum en (0, 0) (qui est d'ailleurs un minimum absolu et strict).
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 109

exemple 20 ~

1 Etudier les extremums de f :;g2~!R, (x, y) >--7 sinxsin y sin(x + y) .


• f est de classe ex sur R2.

Remarquons d'abord que;

• 'ïI (x. y) E ['(2, f(x+ TI. y) = f(x, y+ TI) = f(x, y)


Donc, sif présente un extremum en (x. y), il en est de même en (x+ 'TT, y) et en
(x, y+ 'TT), et ils sont de même nature.

• 'ïI (x, y) E['(2, fe-x, -y) = -f(x,y)


Donc sif présente un maximum (resp. minimum) en (x, y), elle présente un minimum
(resp. maximum) en (-x, -y).

On peut ainsi se limiter à la recherche des extremums sur [0,;] x [- ;, ;].

D éJf( .. (2 .. af(). (2 )'


e axX.y)=Sln. x+y)smy et ayX,y =sm y+x Slnx,

on déduit que les points critiques sur 0'2


['TT]
x
[
-2'2
'TT 'TT]
sont(O,O)et
('TT
3'3 . 'TT)

• En (0,0), on a f(O, 0) = o.

Or,f(x, x) = sin2 x sin 2x change de signe en a ; (0, 0) est donc un point col.

• 3V3
En 3'3
(TITI)
,onar=-y3,5=-2,t=~y3,f
fi) V3 fi) (TI
3'3 'TT)
-8-
donc 52 - rt < ° et r< a : f présente un maximum relatif stric!.
La deuxième remarque préliminaire montre que f présente un minimum relatif strict en

(-;,-;)
Remarque
L'étude précédente consiste en la recherche des extremums def situés sur le compact

0,
[TI]
2 x
[
-2' 2TI TI]
= K et non pas en la recherche des extremums de la restriction def à
K, (pour celle-ci le théorème 24 ne s'appliquerait pas).
Conclusion

f présente en 3' 3 ('TT TI)


un maximum local strict, c'est un maximum absolu (non strict), sa valeur

est -8-'
3vis
elle est aussi atteinte aux points
(
3 +n
TI
TI, 3
'TT)
+p TI ,(n,p) EZ'. .
2

La situation est analogue en -


('TT
3' - 3 'TT)
pour les minimums de f.
110 Précis d'Analyse Il

, j : 1R3--+1R, (x, y, z) ~ (x + i2)e\'(lf+z'2+1)


•j est de classe COO sur 1R3,et on a :

~~(x, y,z) = [(x + i2)(!f + i2 + 1) + 1] eX(lf+z'2+1)

~~ (x, y, z) = 2xy(x + i2)~(lf+hl)

~~ (x, y, z) = 2z(1 + x2 + d)ex(lf+z'2+1)


On en déduit quej admet un seul point critique: (-1,0,0).
Développons j à l'ordre 2 au voisinage de (-1, 0, 0).
Avec les notations x = -1 + u, y = v, z = w, r = vu2 + v2 + uP, on obtient:

j(x,y,z) = (-1+u+w2) exp[-1+u-v2-w2+0(?)]


1 2 u 2 2
j(x, y, z) = -e(1- u - w) 1 + u +""2 - v - w + o(?)
(2)

j(x,y,z) = _~ (1- ~2 -v2-2tif) +o(?)

j(x,y,z) = ~e1+ e1( ~2 + v2 +2w2


)
+ o(r2)
2

La forme quadratique (u, v, w) ~ ~ +v2+2tif étant définie positive,j présente en (-1, 0, 0)

un minimum relatif de valeur -


1
-.
e
Montrons qu'il s'agit en fait d'un minimum absolu.

• j(x, y, z) < 0 impose x + i2 < 0 donc x<0

• Sur IR::' x 1R2, on a j(x, y, z) ::3 xex avec égalité si et seulement si y = z = O.

1
• L'application cp: IR---+IR. x ~ xex atteint un minimum absolu strict en -1 : cp (-1) = - -.e
1
• En conséquence, \;f (x, y, z) E 1R3,j(x, y, z) ::3 - e avec égalité si et seulement si
(x, y, z) = (-1,0,0).
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 111

Exercices-types
Ex. 3.1 EX.3.6
:Jln (~) -[R.X detX.
Soitf f-7
Déterminer f: 1R2-+IR de classe el, solution de
Montrer que f est de classe el et trouver sa
l'équation aux dérivées partielles:
différentielle.

EX.3.2

Soit E =~n (euclidien) et Eo = E, {Od.


X"'+y
9 .2 + (afxax+yay af) f=O (1),

On définit l'application:
Ex. 3.7 ŒD
x
f: Eo - Eo,Xf-7 --9.' Soitf E Cl(lRn ,lRn) telle que:
Il xll-
1) Montrer que f est différentiable ; expri- 'if (x, y)E IRn x IRn,ll x- y Il eS Ilf(x)-f(y) Il (1)
mer dJ", Montrer que:
2) Vérifier que dJ" est une similitude.
1) f est injective,
Ex. 3.3
2) f(lRn) est un fermé,
Soitf E Cl(R~) et 9 : [R2_lR définie par
3) f(lRn) est un ouvert.
f(x) - f(y) ,
g(x, y) = ---- SI x"* Y Que peut-on en conclure?
x-y
et g(x, x) =f(x)
Ex. 3. 8 ŒD
1) Etudier la continuité de 9 sur [R2.
Soit U un ouvert connexe de IRn euclidien et
2) On suppose que fi
(a) existe, étudier la
différentiabilité de 9 en (a, a).
f: U -IR+ de classe el telle que:

Ex. 3.4 'if x E U, Il dfx Il eS kf(x) (k> 0) (1)


1) Montrer que, pour tous points Xl et x2 de
Soit D = {(x, y)) E 1R2 lx> O}.
U pouvant être joints par un chemin de
On recherche toutes les fonctionsf E clW, IR)
telles que: classe el et de longueur e, on a :

af af f(X2) eS ektf(xl) (2)


'if (x, y) E D, Xax + yay =0 (E). 2) Montrer que, s'il existe XO E U tel que
f(xo) = 0, alorsf = O.
1) Vérifier que 'l': (x, y) f-7 ~ est solution
du problème. 3) Généraliser au cas où f :U -+IR de

2) Soit 9 E el (R m, montrer que go f est classe el est telle que:

solution de (E). 'if x E u, Il dfx Il eS k lf(x)j (3)


3) Soit f une solution, montrer alors que
feu, uv) ne dépend que de v. Ex. 3. 9
4) Donner l'ensemble des solutions. Etudier les extremums de :
Ex. 3.5 2

Soit '1' et l\J deux fonctions de C2(1R:, IR) etf la


f :1R2_R(x,y) f-7 :a - (cosy)V6a2 -x2
fonction: (a> 0 donné)

Ex. 3. 10
f: (IR:) 2 --+R (x, y) f-7 VXY '1'( ~ ) +l\J (xy)
Soit D= {(x, y) E 1R2 I~ + ~ eS 9}.
a2f a2f
Montrer que: x2 ~
ax
- ~ ~
ay
=0 (1 ) Trouver les extremums sur D de f définie par:

Réciproque. f(x, y) = yi x2 + y2 + ~ - 1
112 Précis d'Analyse Il

G :[RZ-+IR, (x, y) g(x, y, <p (x, y» présente


f--J>

un extremum local en a, il est nécessaire qu'en


Soit f :[R3 --+[R de classe CI sur U ouvert de
ce point on ait:
[R3 et a = (X{), Yo, zo) un point de U tel que
ag af af ai
-(a)·
ax -(a)
az = -(a)
ax . -(a)
az
f(a) = 0 et ~~(a) *- O.
et (1)
On sait que l'équation f(x, y, z) = 0 définit, au
voisinage de a, z en fonction implicite de ag af af ag
-(a) . -(a) = -(a) . -(a)
ay az ay az
(x, y) : z =<p(x, y) (avec <pde classe CI et Application:
zo =<p(X{), yo»)· Trouver les extremums de

Soit 9 :[R3 --+[R de classe CI au voisinage de a, g(x, y, z) = x€nx + y€ny + z€nz


montrer que pour que où x, y, z sont liés par x + y + z = 2 a, a> O.

Indications
Ex.

3) Montrer que dfx est un automorphisme


x = (xy), calculer :f..
y
en considérant le dé- de [Rn puis utiliser le théorème d'inver-
veloppement de detX suivant la colonne j. sion locale.

Exprimer dfx(H) en fonction de t comX. Ex. 3.8


1) <p: [a, b] paramétrage d'un chemin joi-

f est le quotient de deux fonctions de classe CI, gnant Xl et Xz. Introduire:

le dénominateur ne s'annulant sur Eo.


F:t f--J> f( <p (t») exp ( -k fut Il <pl Il)
Considérer V = {x E U,j(x) = O}
1) Montrer que g(a+ h, a + k) = l' (x) avec 2)
3) Considérer f2.
xE [a + h, a + k].

2) Montrer que: EX.. 3,9

1 Dj = {(x, y) E [R2 /Ixl "'"aV6}


g(a+x, a+y)-g(a, a)- 2/I(a)(x+y)
rechercher les extremums de f:
= o(vxZ + yZ) o

1) sur Dj 2) sur Fr Dj'


Restreindre le problème à
aF o "'"x "'"aV6, 0 "'" y ""'TI.
3) alleu, v) = 0 sur D donne que Fest
indépendant de u car D est un pavé. &.3.10
Ex. 3,5 D= {(x, y) E [R2 10 < ~ + if < 9}
Réciproque: faire le changement de variable Rechercher les extremums de f
y
1) sur D 2) sur FrD.
u=xy, v=x' Ex. 3. 11
Ex.3.ô aG aG ....
Passer en polaires. Calculer a x et ay en fonction des denvees
de 9 etf.
Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 113

Solutions des exercices-types


Ex. 3. 1
?

On identifie Jtn (IR) à IRn~par X f-7 (xii)ILj)E[ l,n]2

On note "Iii (X) le cofacteur (i,j) de la matrice X. On note aussi X = t cornX.


1) Dérivées partielles de f.

Soit (i,j) fixé dans [1. n]2.


n
Le développement de detx suivant les termes de la colonne j donne L:: xl9 "119 (X)
k=l

Dans cette expression, les "119' k E [1, n], sont indépendants de xii, d'où l'existence de la

dérivée partielle aa;..:


y X f-7'fii (X).

Ces n2 dérivées partielles sont continues car "Iii est une fonction polynôme des coefficients de
X. En conclusion, J est de classe el.
2) Différentielle de f.

Elle s'exprime à l'aide des dérivées partielles deJ : dJx = L:: "Iii (X)dXii
(i,j)E[I,n]2

Autrement dit, dJx :Jtn (IR) ~IR, H f-7 L:: "Iii (X)Hii
(i,j)E[l,n]2

Sachant que tr(AB) = L:: AiiBji, on trouve dJx(H) = trcXh).


(i,j)E[l,n]2

Ex. 3.2

l
1) On a J = 9- avec l = IdE et g: E ~IR, x f-7 Il x 112.
9 est continûment différentiable sur E, avec:

pour tout x, dgx: E ~IR. h f-7 2(xl h)

D'autre part, 9 ne s'annule pas sur l'ouvert Eo, doncJ est continûment différentiable sur Eo,

l I(x)
avec: V xE Eo, dJx = -(
9x ) - ~dgx,
g(x) (rappelons que DIx = I)

, ' . h 2(xlh)
c est-a-dlre dJx: E ~ E, h f-7 --2
Ilxll
- --4
Ilxll
x.

2) Pour tout XE Eo, l'application Sx: E ~ E, Y f-7 Y - 2(xIY~x est la symétrie orthogonale
Ilxll
par rapport à l'hyperplan orthogonal à x.

De difx( h )-~- 1 (h _ 2 ~(xl h) x) _


-~' Sx(h)

S
on déduit que dJx = ~ est une similitude (indirecte).
Ilxll
114 Précis d'Analyse Il

1) La continuité en (a, b), avec a*- b, est évidente.


Etude en (a, a)

• Pour tout (h, k) E [R2,avec h *- k, on a, d'après le théorème des accroissements finis


(appliqué àJ sur [a + h, a + k]) :
g(a+h,a+k)=f(x) avec xE]a+h,a+k[
• Par définition de g: g(a + h, a + h) = l'(a + h)
• Dans tous les cas, on a donc g(a + h, a + k) =1'(x) x E [a + h, a + k]
et la continuité de 9 en (a, a) résulte de celle de f en a.
a a
2) Montrons que 9 admet en (a, a) des dérivées partielles d'
x9 (a, a) et d' 9y (a, a).

g(a + x, a) - g(a, a) J(a + x) - J(a) - xf (a)


On a ------- =
x x
2

Or, d'après la formule de Taylor-Young J(a + x) - J(a) - x1'(a) = ~ JII(a) + o(x2)

g(a+ x, a) - g(a, a) 1Il ag 1 Il


donc ~O
lim. ------- x = ~~ f (x) et ainsi -d' x (a, a) = -2J (a).
a 1
Etant donné la symétrie de 9 : g(x, y) = g(y, x), on a de même a~ (a, a) = 2/11 (a)
En conséquence, si 9 est différentiable en (a, a), on a nécessairement:
1 Il .
dgCa.a) = 2/ (a)(dx + dy)
et 9 sera bien différentiable en (a, a) à condition que:

g(a + x, a + y). - g(a, a) - 2/


11/ (a)(x + y) = 0 (~) Vx .+ y .

Posons
1 Il
q; (x, y) = g(a+x. a+ y) - g(a, a) - 2/ (a)(x + y)

• Cas où x = y ; x*-O
Alors q; (x, x) = f (a + x) - f (a) - xfll (a) = o(x) (1)

• Cas où x *- y
9.
8 (x)- 8 (y) 1 x-
Alors q; (x, y) = x _ y avec 8 (x) =J(a + x) - xf(a) - 2:f/(a)
De 81 (x) =f(a + x) - f(a) - xf/(a) = o(x), on déduit
facilement que, lorsque x et y tendent vers 0 :

8 (x)- 8 (y) = LY 81 (t) dt = 0 ([Y It: dt)

Or 1 {Yltldtl
.J x ~ Iy-xl sup
tElx.y] Itl ~ [y-xl ~

donc q; (x, y) = 0 ( J x2 + y2») (2)


Dans les deux cas (1) et (2), on a donc:

q; (x, y) = 0 ( Jx2 + y2) : 9 est différentiable en (a. a, )


Chapitre 3 : Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 115

EX.3.4

1)
acp
-,-(x. 11)
.
= ---"
y a'{ ..
-,-Ix. 11) =-
1 donc (!;EC (D,~)
l ' ..
et venfle (E).
dX CJ XL d Y' CJ x '
2) Si g E CIC~.::;\) alors go '{E CI(D. :::;').

-,-Ix.
agOLÇ~
dX
11)
::J
'
= g ,f.,1(!;x.(
\ • -
11)
::J
.\
/
I-,-Ix.
éJç.
dX
11)
::J
,
----ay(x,
a go <p y) = g 1 ( <p (x, y) ) --ay(x,
éJ<p y)
donc go cp vérifie (E).
3) Soitf solution de (E) et FE CIW.::2) définie par F(u, v) =f(u, uv),
aF .. af af.
alors -,-lu.
clu'
vi. = -,-lu.
dX
uv) + v-,-(u.
. dy
uv)

éJr . af. af
donc U-,-( u. v) = U-,-(U, uv) + uv-,-Iu, uv) = 0 car f est solution de (E).
dU' clX' cly
aF aF
Ainsi \;f lu.
,
v) E D, u-,-(u,
c!u
v) = 0 et donc
alleu. v) = o.
D étant un pavé, il en résulte F(u., v) =<p (v).
4) D'après 2) et 3), l'ensemble des solutions du problème est constitué des fonctions:

(x, y) >--+ g ( ~) avec g E CIOt~)

, ..
Dou
a2f
2-9 J--2
a2f
= o.
éJx-
-
éJy

2) Soitf une solution de l'équation (1) sur (~~)2, de classe C2.


y
Il est naturel d'introduire les nouvelles variables: u = xy et v --
- x'

Plus précisemment, on considère l'application <P:U -7 U, (x, y) >--+ ( xy, ~ ) .

0, v'rif;, 'co '" ,,' coo b;I'o1;O' dootl';,v,,,, ,,' <D-' , U ~ U, (u, cl ~ ( ~,VU;; )
et que <Pest CCO -difféomorphisme.
Posons g=fo<p-l ou f=go<P.
116 Précis d'Analyse Il

Autrement dit \;j (x, y) E U2,j(x, y) = 9 ( xy, ~ ) .

ax(x, y) = Yau xy, x - x2 au xy, x

ay(x,
g{es;;e y) = Xau
af classe c:
( xy, xy) donn:
ag~t I(ecalc~)1 + x1au
: a9( xy,
ag ( xy)y)
2 2 2 2 2 2

ax 2 ,y - x 3 av a u2 x 2 auav x 4 a v2
a2f a2g a2g 1 a2g
{ --2 = ~ --2
au + 2-a-a-
aj(x(x, y))_2Y~+J~_~~+JL~
ay u v+x 2 --2
av

" 2 a2f a2f y ag a2g


dou x --J-=2---4J--
ax2 al x av auav
a a2
Ainsi 9 est solution sur U de l'équation a~ - 2u au ~v = 0 (2)

Pour tout v E IR:, l'application partielle h : IR: --+IR,U f-7 ~ ~ (u, v) est solution de l'équation
différentielle linéaire z - 2ui = o.
,... 1 a2g 1 ag
(2) s ecnt aussI \;j (u, v) E U, VU au av - 2uvu au = 0

c est-a-dlre - - - = 0
, ,. au
a ( 1 av
VU a g)
U étant un pavé, ceci équivaut à l'existence de a E el(IR:, IR) tel que:
1 ag
\;j (u, v) E U, vuau = a(v)
d'où, enfin, à l'existence de A et B dans e2(1R:, IR)tels que:
\;f (u, v) E U, g(u, v) = A(v)VU + B(u)

En utilisant <P,il vient finalement \;j (x, y) E U,j(x, y) = A ( ~ ) vIXY + B(xy).


Ex. 3.6
Afin d'utiliser les coordonnées polaires, cherchons les solutions définies sur:
U=1R2Ü où ~={(X,O)/XEIR_}
L'application C: IR~ xJ- TI,TI [--+ U, (r, 8) f-7 (x. y) = (rcos 8, rsin 8) est un Cl-difféomorphisme.
Posons 9 =fo 0, c'est-à-dire g(r,8) =f(rcos 8, rsin 8)

Nous avons ar
ag = cos 8 ax
al. + sm 8 ay
al = r1 (alXax + y ay
al)
a
L'équation (1) est transformée en (2): dr . 9 = 0,
r + --!l-

et s'intègre par ? + g2 = h2(8) (h de classe el).

En prenant pour expression de 8 : 8 = 2 Arctan


la relation précédente permet d'expliciter 9 etf.
x+vx2+y2b (x, y) E U
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 117

Ex. 3. 7

1) D'après (1) f(x) = f(y) donne x = y.


2) Soit y E f(R,n) : y est limite d'une suite de points de f([Rn).

II existe donc (Xk)kEo'" E (J~n)" telle que y = lim f(Xk).


k-++co

La suite (f(Xk)) kE est de Cauchy (car convergente) donc, d'après (1), (Xk)kE N est également
une suite de Cauchy. Rn étant complet, elle converge vers x E [Rn.
A[ors,f étant continue, on a f(x) = hm
k~+x
f(Xk) = y, donc y E f([Rn).

Ainsi f(R,n) = f(Rn), f(R,n) est fermé.


3)
• On sait qu'il existe 8: R,n~Rn telle que:
f(x + h) - f(x) = dfx(h) + Il h Il 8 (h) et lim 8 (h) =0
h--+O

D'après (1), on en déduit Il h il ~ Il dfx(h) Il + Il h 1111 8 (h) Il


. 1
Puisque À~ 8 (h) = 0, i[ existe '1> ° tel que Il h Il ~1'] donne Il 8 (h) Il ~ '2

et donc Il dJ,,(h) Il ~ à!1 h II·

Pour tout U E Rn tel que Ii u il = 1, on peut appliquer [e résultat précédent à h =1'] u, et on en


1
tire Ii dJ,:Cu) Il ~ '2 d'où dfx(u) '* 0 et dfx E:;g ([Rn) .

• f étant de classe el sur Rn et dfx étant inversib[e en tout point x E [Rn, le théorème
d'inversion locale s'applique en tout point x E [R;n ;
en conséquence, pour tout y = f(x) de f([R;n), il existe un ouvert U contenant x et un ouvert V
contenant y tels quef induise un homéomorphisme de U sur V, on en déduit que V cf([R;n)
et donc que f([Rn) est un voisinage de y puisque V en est un.
Finalement,f([Rn) est un voisinage de chacun de ses points, c'est donc un ouvert de [R;n.
[Rn étant connexe, les conditionsf([R;n) ,*0,f([R;n) ouvert,f([Rn) fermé, donnent f([R;n) =[R;n,
ainsi f est surjective: 4).
De 1) et 4), on conclut alors que f est bijective.

Ex. 3.8
1) Soit cp: [a, b] ~[R;n, t ~<p (t) une paramétrisation du chemin joignant Xl et X2 :
<pE el([a, bl [R;n), <p(a) = Xl, cp (b) = x2, a ~ b

On a alors t= j.b
a Il <pl II·

-k j.t Il cp III
Introduisons F: [a, b] ~[R;+, t ~ f( <p(t)) e . a
La proposition (2) s'écrit F(b) ~ F(a) ; pour l'établir, il suffit donc de montrer que Fest
décroissante.

F est de classe el (comme composée de telles fonctions) sur [a, b], avec:

-k jt Il cp 1 Il
'if t E [a, b], F(t) = [d,hCt) (<pl (t)) - kll cpl (t) Ilf( cp (t))] e a

De df'fCt) (<pl (t)) ~ 1 df'f(t) (cpl (t)) 1 ~ Il df'f(t) 1111 cpl (t) Il

on déduit, en utilisant (1), que:

df'fCt)(cp/(t)) ~kll cp/(t)llf(<p(t)) etdoncque F(t)~O d'oùlaconclusîon.


118 Précis d'Analyse "

2) Posons V = {x E Ujj(X) = O}
(i) on a V *0 car )(() E V.
(H) montrons que V est un ouvert de U, c'est-à-dire un ouvert de IRn puisque U est lui-même
ouvert.

Soit x E V, on a x E U et U étant ouvert, il existe ï> 0 tel que B(x, ï) C U.


Pour tout y de B(x, ï), le segment
[x, y] est un chemin de classe CI et de longueur t< ï joignant
x et y; ce chemin est contenu dans B(x, ï) donc dans U.
D'après (2), on a alors 0 ~ j(y) ~ ekf.j(x) donc j(y) = 0 car j(x) = 0 (x E V) etj est
à valeurs dans IR+.
On a ainsi établi que, pour tout x de V, il existe ï> 0 tel que B(x, ï) eV: V est un ouvert de
IRn donc de U.
(iii) V est un fermé de U. En effet V = U Î\ j-1 ({O} ), j est continue et {O} est un fermé
de IR.

U étant connexe, on déduit de (i), (ii) et (iii) que V = U doncj = O.

Remarque
Sachant que U est ouvert connexe, U est connexe par arcs et on conclut à l'aide de (2).
1) Sij E C1(U, IR) vérifie (3) alors 9 =j2 E C1(U, IR) vérifie:
V x E U, Il dgx Il ~ 2lcg(x)
Donc s'il existe )(() E U tel que j()({)) = 0, on a 9 = 0 d'après (2), donc j = O.
Ex. 3. 9

• Remarquons que j est définie (et continue) sur un fermé D de 1R2 :

D= {(X,y)EIR2 jlxl ~ aV6}


Les résultats exposés au paragraphe VII, B. ne pourront être utilisés que pour la recherche des

extremums appartenant à: D = {(x, y) E 1R2 j Ixl < aV6}


• Remarquons, de plus, que x f-+ j(x, y) est paire et y f-+ j(x, y) est paire et périodique de période
2 TI, on peut donc se limiter dans les calculs à (x, y) E P = [0, aV6] x [O. TI].
o
1) Extremums sur D
~ 0
j est de classe CX sur D, on applique les théorèmes 22 et 24.

• On a sur D.
o. aj
-a-ex, y) _
- -2xa. + / xcosy aj , y). _.
-.-(x, - (sm y)V / 6a2 - x,
x 6a2 _ x2 dY
c
On en déduit que les points critiques sur D Î\ P sont (0.0) . (0, ••), (aV2, •.)
o a2j 1 6a2cosy a2j '. - xsiny
• Sur D : ---::-z(x, y) = 2a + 3 --O--a' (x. y) = ~/ ~~~
dx (6a2 _ ,,?)2 dx y v6a2-x2

'2j
~2 (x, y) = (cos y)V6a2 - x2
ay
donc, avec les notations de Monge:
1 1 ?
5- - ït < 0 et ï > 0
en (0,0), ï = -2 a + -----r/i 5= 0 t = aV6
av6
1 1 ït < 0 ï > 0
en (0,0) ï = -2a + -----r/i 5= 0 t = aV6 52 - et
av6
1 1 ?
5--rt>0
en (0, 'TT)
ï = -2 a - av6r;:; 5= 0 t = -aV6
1
en (aV2, TI) ï = - 4a
5=0 t=-2a 52 - rt < 0 et ï< 0
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 119

On en déduit que
en (0.0) c'est un minimum de valeur f(O. 0) = -aV6
en (0.0) c'est un minimum de valeur f(O, 0) = -aV6
en (O. Ti) c'est un point col, on a f(O, 'TT) = aV6
en (aV2. Ti) c'est un maximum de valeur m
f(av2,'TT) 5a
= "2
Conclusion

Sur D,f présente des maximums locaux aux points ( ±aV2, (2k + 1) 'TT) k E?L,

et présente des minimus locaux aux points (O. 2k Ti) k E?L.

1) Extremums sur la frontière de D.


roc - 3
En un point (av6, Yo), on a f(av!6. Yo) = 2" a
et, en posant x=aV6-u (u>O) , Y=Yo+v,ilvient:

f(x, y) = "2 u/6 + OIU)- V I~-(


3a - -2- 2av6 ,lu + Ol/U) ) (cos Yo + v sin Yo + o(u»)
3a
On en déduit que, si cos YO '" 0, flX, y) - 2 est, pour U et u assez petits, du signe de
-V2aV6/Ucosyo, donc:

• si cos Yo > 0, f atteint un maximum en ( aV6, yo)

• si cos Yo < 0, f atteint un minimum en ( aV6, yo) .


Il reste à étudier le cas cos Yo = O. D'après la remarque initiale, il suffit d'étudier le cas

Yo = 2'
Tout voisinage relatif (dans D) de ( aV6. ;) =A
contient un demi-disque ..l de centre A (cf. figure)
qui lui-même contient des demi-disques Dl et D.z

de centre ( aV6, YI) = Al et ( aV6, yz) = Az

avec 0 < YI < ; <Ti.


De cette étude, on déduit que Dl contient des points
3a
en lesquelsf(x, y) < "2 et D.z contient des points en lesquels
3a
f(x, y) > "2 ; ainsi A est un point col de f.
X
D'après la deuxième remarque initiale, les résultats sont
o aV6
identiques pour les points ( -aV6, yo) .

2) Etude globale.
L'image def est aussi celle du compact P = [O. aV6] x [O. 'TT] doncf est bornée et atteint
ses bornes. L'étude précédente a montré que:

s~Pf(x, y) = 52a est atteint aux points (±aV2, (2k + 1) 'TT) k E?L

inff(x.
D
y) = -aV"G est atteint aux points (O. 2k 'TT) k E?L
120 Précis d'Analyse Il

La fonction f: [R2-+1R,(x, y) f--') f(x, y) = V X2 + y2 + J -1 est continue sur [R2, de classe el


sur [R2\ {O}.
Comme D est une partie compacte de [R2,on dispose des bornes a= inff et [3= supf.
D D
Sur l'ouvert il= {(x, y)/O < x2 + J < 9}, sif atteint un extremum, alors la différentielle def est
nulle en ce point.
af x af y

Ona -a-=
x ~
yx2+y2 et y ~+2y.
yx2+y2 a=
On constate que df ne s'annule pas sur il :
les extremums de f sont atteints sur la frontière de il.
• Etude en O.
f(x, y) ;3 -1 avec égalité en 0 seulement.
Doncf présente en 0 un minimum absolu strict,f(O, 0) = -l.
• Etude sur (C) : x2 + J = 9.
On a f(x, y) = 2 + J E [2,11].
Donc supf = 11 atteint aux points (0, 3) et (0, -3).
D

Ex. 3. 11
1) Les points critiques de G sont définis par:

-a (x, y, z) + -a (x, y, z)-a (x, y) = 0


x z x z =cp (x, y)
agag acp
{ ay(x,
ag ag
y, z) + az(x, acp y) = 0
y, z)ay(x,
La conclusion résulte donc de :
af
acp h(x, y, z) acp af (
--ax(x, y) = af ay(x, y) = _ ay
af x,y,z)
az(x, y, z) az(x, y, z)
2) Application
f(x, y, z) = x + y + z - 3 a, l'équation f(x, y, z) = 0 définit évidemment une fonction de (x, y),
on peut ici expliciter:
cp: (x, y) f--') z = 3 a -x - y

ce qui permet de faire une étude directe de la recherche des extremums de G:


G: (x, y) f--') xtnx + yeny + (3 a -x - y) .en(3 a -x - y)
Nous allons procéder différemment:
• la condition (1) s'écrit 1 + enx = 1 + en y = 1 +.en z
on en tire x = y = z, G a donc un seul extremum possible: en (a, a, a) .
• Posons alors x =a +U, y =a +v, z =a +w,
la condition x +y+z= 3a donne u+ v + w = O.

en(a +u) = en a +- - --2 + oCu )


On obtient 2a a 2

{ (a +u) .en(a +u) =auen a u2


+u(1 + €n2a) + ; a + oCu2)

d'ou
• IL
g(x, y, z) = 3 a ut a +;ra(u
1 2 2 9 9 2 9
+ v + w-) + oCu- + v + ur)
Ainsi, il est clair quef atteint en (a, a, a) un minimum local et strict de valeur 3 a en a.
Chapitre 3: Fonctions de plusieurs variables réelles Calcul différentiel 121

Exercices proposés
Ex. 3. 1 Ex. 3.6

Soit E = ~3 [X] etj E el ([;;;;2 , ;2). Déterminer j E e2(~"2, IR)telle que:


2 2
V (x, y) E IR'2, ~ + a { (x, y) _ i a { (x, y)
Montrer que F : E -~, P '-" fol Jet, pet»~ dt ax ay
est de ciasse el sur E. Calculer dF. aj aj
-yay(x, y) + xax(x, y) = o.
Ex. 3.2 On utilisera le changement de variable défini par
u=€nlxl =€nlyl·
E =Jtn (~), montrer quej :E - E,A '-" AtA
est de classe el sur E. Calculer df.
Déterminer jE e2(U, ~), avec U ouvert de ~2
Ex. 3.3
à préciser, vérifiant:
E =Jtn (R). (1 )

1) Montrer que j :X ~ X2 est de classe


a2j a2j a2j
2(i-x)----::-2+2y-a-a-+----::-2-(i-x)
dx x y ay =0
el sur E.
en utilisant le changement de variables défini
2) Montrer que si X E en (R), djx est un par ~ = u2 + v2 , y = u+v
isomorphisme .

Ex. 3.4
(2) ~
. a2j
----::-2 + 3xy
ax TT
a2j
x y +2
en utilisant le changement de variables défini
i a2j
ay = 0
----::-2

Déterminer jE el(u, R), avec U ouvert de IR2 x2 x


à préciser, vérifiant: par u = - v =-.
y y

aj aj EX.3.a
(1) -.-
âx
- -.-
dy
+ 3(x - y)j = 0
Soitj E eco (R2 , IR)telle que
en utilisant le changement de variables défini
V x E Rj(x, 0) = O.
par: u = xy , v = x + y.
Montrer qu'il existe 9E eco (~2, ~) telle que
aj . aj V (x, y) E ~2 ,f(x, y) = yg(x, y)
(2) 2x ax -y(l+i) ay =0
Ex. 3.9
en utilisant le changement de variables défini
u2 + v2 u Trouver j E e2(IR~, IR)telle que 9 :IR3---+IR
défi-
par: x = --2- ,Y = Li nie par

Ex. 3.5
9 : (x, y, z) ~ j (x2---;-
+ 2) vérifie ~ 9 = O.

On pose U =IR2\ {CO, O)}.


Ex. 3.10
Déterminer j E e2(U, R) telle que: Montrer que le système:
(1) il existe 9 E e2(IR~,~) et h E e2(R~)
telles que V (x, y) E U,f(x, y) = g(r)h(8) {X y = cos uchv v
sin ush
définit, au voisinage de tout point
avec r = V x2 + y2,x = r cos 8, Y = r sin 8
(XO, Ya) = (cos ua ch Va, sin ua sh va), u et v
(2) en fonctions implicites de (x, y).
Calculer ~ u(x, y) et ~ v(x, y),
a2j a2j
V(x, y)E U,~ (f)= -2
ax
(x, y)+ -2 (x, y)=O.
ay ~u=--2+--2
( ax
a2u ay
a2u)
122 Précis d'Analyse Il

Ex. 3. 16

Soitf E C1(1J;gn,[Rn) telle que Dans le plan euclidien rapporté à un repère or-
thonormé, on donne les points A(1, 0), B(2, 0)
'if x E [Rn, dfx E (i)n ([R)
et C(O, 3).
(groupe orthogonal de [Rn euclidien canonique).
Trouver les droites Ç1 du plan telles que
1) Montrer que 'if (x, y) E [Rn X [Rn,
d(A, Ç1)2 + d(B, m2 + d(C, m2
Ilf(x) - f(y) Il ~ Il x - y II·
soit minimale.
2) Montrer que f est de classe e2 sur [Rn
(on pourra utiliser le théorème d'inver- Ex. 3. 17
sion locale).
Soit T un triangle du plan euclidien.
3) Montrer que df : x f-;> dfx est constante.
Etant donné un point M intérieur à T, on appelle
4) Montrer que f est une isométrie de [Rn. p, q,r les distances de M aux trois côtés de T.
Ex. 3. 12 Trouver M pour que le produit pqr soit maxi-
mum.
Soitf E e2([Rn, [R) telle que dfo = 0 et

,2f Ex. 3. 18
A = [au] avec au = d (0) est définie
y y aXi a_'j Soit D un domaine de [R2 tel que I5 soit compact
négative.
et soitf : I5 ~[R telle que
1) Prouver qu'il existe (a, r) E [R~2 tel que
'if (x, y) E D,f(x, y) > 0,
'if x E B(O, r),
'if (x, y) E Fr D,f(x, y) = 0
n af
g(x) = LXi-,-(X) ~ _allxI12. f de classe el sur D.
i=l dXi
L'espace étant rapporté à un repère orthonormé
2) Soit u :[R~[Rn de classe el telle que,
(0, T, T, k), montrer que,
quel que soit t E IR, u' (t) = (grad Du(t)
pour tout (a, b) E [R2\ Fr D, il existe une sphère
avec u(O) = XO, x:o E B(O. r).
tangente en (a, b, 0) au plan xOy et tangente
Montrer que
t~+x
lim u(t) = O.
au graphe de f.

Ex. 3. 13 Ex. 3. 19

Etudier les extremums de Soit E= eO([O, 1], Ji) normé par:

1) f=[R~2~IR,(x,Y)f-;>xtny+ytnx f f-;> Iif Il ex; = sup Lf(x) 1


[0.1]
2) f:[R2~[R,
et F = {J E e1([0. 1], R),f(O) = O} normé par
(x, y) f-;> ~ - xy + ~ - V x2 + y2
ff-;> ilfllF = sup V(x)!
Ex. 3. 14 [0.1]

u+v Soit 'F: F - E, 'F:f f-;> f2 + f.


Calculer sup 2 2 .
1) Montrer que 'F est de classe el
(U.V)E [0.1]2 (1 + u )(1 + v )
Ex. 3. 15
2) Montrer que f2 + f = 9 admet dans E
une solution pour Il 9 Il ex; assez petit.
Déterminer les triangles d'aire maximum inscrits
(on pourra utiliser le théorème d'inver-
dans un cercle.
sion locale).
Chapitre IV

Séries numériques
et vectorielles

1 1- Généralités
E désigne un IK-espace vectoriel normé (IK==~ou iC).

A. Espace vectoriel des séries à valeurs dans E

d.1 Soit (Un)nEN une suite à valeurs dans E.


On appelle série de termeg-énéralun le couple de suites:

n
d.2 La suite (Un)N de tenne général Un L
==
k=O
Uk est dite suite

1 des .sooonéS de la série de tenne général Un.


d.3 Une série à valeurs dans ~ (resp. dans iC) sera dite réelle (resp. complexe).
1

n.1 La série de tenne général Un sera notée L Un.


1

Remarque
Une série L
Un est entièrement définie par la donnée de la suite (Un)N (suite des
sommes partielles). En effet, on a ua ==Uo et ';f nE N*, Un ==Un - Un-l.
dA Soit (Un)n;;,no une suite à valeurs dans E, définie à partir du rang no E N*.
La série L u~ où (U~)N est définie par uh ==ui ==... ==~-l ==0, et u~ ==Un
pour n ;;;, no, est encore appelée série de tenne général Un et notée L
n;;,no
Un.

Pour la suite (U~)N des sommes partielles, on a alors:


n
';f nE N, n ;;;, no =? U~ == L
k=no
Uk
124 Précis d'Analyse Il

d.S Soit L Un une série à valeurs dans E, la série 2=: Un


n~no
(qui est du type défini

en dA) est dite déduite de LUn partTO,fiçàtupe au rang Il{).

Si (Un)nE N et (U~)n~no sont les suites des sommes partielles de 2=: Un et


2=: Un respectivement, on a :
n~no
V nEN. n? Il{) =} U~ = Un - Uno-l

t.1 L'ensemble S(E) des séries à valeurs dans E est un IK-espacevectoriel.


1

~ On vérifie que c'est un sous-espace vectoriel de EN x EN.


D

B. Séries convergentes

d.6 Une série L


Un à valeurs dans E est diteconyerge~te si et seulement si la
suite (Un)N de ses sommes partielles est convergente.
1 Une série non convergente est dite
+00
d.? On appelle sornm.e co:nv'er~;eIlteL Un, et on note 2=: Un l'élément
+00 n n=O

de E défini par "'"'


L..,; Un lim
= n--+ +00 "'"'
~ Uk
n=O k=O
+00

Dans le cas d'une série 2=: Un convergente, la somme est notée 2=: Un et on a :
n~no +00 n n=no

lim 2=:
2=: Un = n--++co Uk
n=TID k=no

p.1 Cas où E est de dimension finie p.


Soit (ei)lE;iE;p une base de E, (Un)nEN une suite de E et (Uh)nEN. Ci E [1. p])

ses suites composantes (v nE N. Un = t=l u~ei) t


La série L Un est convergente si et seulement si les p séries composanteE
L uh . (i E [1, p]) sont convergentes.

Alors E = f;n E u~
+00 Un p (+00 ) ei
n p
~ En posant Un = L Uk. U~ = L u~, on a Un = 2=: UAei
k=O k=O i=l

Cas particulier
Une série LUn à termes complexes est convergente si et seulement si la série de'
parties réelles L
an et la série des parties imaginaires
+00
bn sont convergentes.
+00 +00
L
Un = an + ibn. (an. bn) E (R2.Alors 2=:(an + ibn) = 2=: an + iL bn.
n=O n=O n=O
j,-.,j"-
=:hapitre 4 : Séries numériques et vectorielles ILO

p.2 Une série L Un E S(E) et une série L


n;?;no
Un s'en déduisant par troncature

1 sont de même nature.


p.3 Si deux séries ne différent que par un nombre fini de termes, elles sont de
1 même nature.
Application
La nature d'une série L Un ne dépend donc que du comportement de
unppur Il assez grand, on dit que la nature d'une série est une notion asymptotique.

Il. Reste d'une série convergente 1

d.a Etant donnée une série convergente L


n;?:no
Un E S(E) et p un entier naturel,

p :?o no, on appelle reste d'ordre p de cette série et on note Rp la somme de


+=
la série L
n;"p+l
Un: Rp= L
n=p+l
Un

D
~ Pour tout p :?o no, on a alors ~+00 Un = Up + Rp (PUp = ~ Un )

+00

Soit Rn = L
k=n+l
Uk le reste d'ordre n d'une série convergente L
n~no
Un·

pA Pour tout n :?o no, Un = Rn-l - Rn


1

p.5,:K" lim Rn = O~·


n--++oo
1

Remarque
p-l +00

On pourra aussi rencontrer les notations Up = L


n=T1Q
Un Rp = LUn.
n=p

2. Conditions nécessaires de convergence

t.2 Gritèrède Cauchy


Pour qu'une série L Un à valeurs dans E soit convergente, il est nécessaire

que \ISE IR:, 3 NE N, \1 (n,p) E r\:P, n:?o N =?- IlE ukll <s
La suite des sommes partielles doit être de Cauchy, on obtient le résultat en notant que
n+p

Un+p - Un-l = L
k=n
Uk
D
126 Précis d'Analyse Il

Application

La série harmonique ( Un = ~, n ~ 1) diverge. En effet:

n n+1 n+2 2n n 2n 2
U2 - Un = _1_ + _1_ + ... + ~ donc U2 - Un ~ n (~) = ~
t.3 Pour qu'une série L Un à valeurs dans E soit convergente, il est nécessaire
(mais non suffisant) que lim Un = 0
n........•..
+CXJ
1

lrW
On applique le critère de Cauchy avec p = O.
L'exemple de la série harmonique montre qu'il ne s'agit pas là d'une condition suffisante
de convergence.
D

Application
On utilise ce théorème pour mettre en évidence des divergences, par exemple:
Un = an, a E C, pour 1al ~ 1, Un ne tend pas vers zéro, donc Un diverge. L
Définition:

d.9 Une série dont le terme général ne tend pas vers zéro sera dite
1 grossièrement divergente.

3. Condition nécessaire et suffisante de convergence

Théorème:

tA Soit E un espace de.Banach et L


Un une série à valeurs dans E.
Pour que L
Un converge, il faut et il suffit qu'elle vérifie le critère de Cauchy.
Ce qui se traduit par l'une ou l'autre des formulations équivalentes sui-
vantes:

(1) \lsE!RI.:,3NEf:;J,\I(n,p)Er\P,n~N =} IIEUkll<s

lrW
(2) n ,!!;m sup
. +co pEN II~
k=n Ukll = 0 ou (ou,!!;m. sup
n . +X p""n lit k=n Ukll = 0)
E étant complet, la suite (Un)nE converge si et seulement si elle est de Cauchy,
c'est-à-dire \lsE!RI.:,3NEf:;J,\I(n,p)Ef:;J2,n~N =} IIUn+p-Un-lll<s
On obtient ainsi la formulation (1).

L'équivalence entre (1) et (2) est claire dès que l'on note que, Il ~ unll < s pour tout

p donne l'existence (dans de Sn = pE~j


sup avec 0 ~ Sn ~ D
E f:;J, !RI.) k=n Ukll
Il ~ 1 S.

Conséquence pratique
Pour montrer qu'une série L Un converge par application du critère de Cauchy, on

s'efforcera de majorer IlE Uk!! indépendamment de p (p ~ n) par une suite de limite


nulle.
Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 127

14. Séries absolument convergentes 1

Définition:

d.10 Une série L


Un à valeurs dans E est dite absolument convergente si et
1 seulement si la série;: Un Il E S(R) est convergente:---
Théorème:

t.5 Soit E un espace de Banach et L Un une série à valeurs dans E.


Pour que L
Un soit convergente, il est suffisant mais non nécessaire que
1 L Un soit absolument convergente.
Si L Un est absolument convergente, L Il Un Il vérifie le critère de Cauchy,
or, on a ,]II~
n+p uk Il
!i k=n ~ ~
n+p
k=n Il uk Il, donc L Un vérifie aussi le critère de Cauchy et
E étant complet, L
Un est convergente (d'après le théorème 4). La condition n'est pas
nécessaire car il existe des séries réelles qui sont convergentes et non absolument

convergentes. 0
(_l)n+l
Un exemple est celui de la série harmonique alternée ~-,
n~l
n
1 (_l)n+l
~
on sait que'\"' -n diverge et on verra plus loin que ~ --- n converge (exemple 2).
n~l n~l

15. Séries semi-convergentes 1

Définition:

d.11 Une série L


Un à valeurs dans E est dite semi-convergente si et seulement
1 si elle est convergente mais non~bsolument convergente.

C. Suites et séries
On peut, dans certains cas, conclure à la nature d'une série Un en étudiant directementL
la suite (Un) de ses sommes partielles. Pratiquement, ceci sera possible lorsqu'on pourra
n
donner de Un = ~ uk une expression simple en fonction de n.
k=O

Exemples - Travaux pratiques

exemple 1 /_/_/_/ _
La série géométri~ue ~ an, a E C, (par convention 'if a E C, aO = 1).
n~O

n k 1-a n+l
• Si a of. 1 Un=~a =-.-
k=O
128 Précis d'Analyse Il

1
• Pour lai < 1, lim an+1 = 0, donc
n-++oo hm
n-++co Un = 1- a
+00 1
La série géométrique est alors convergente avec
La 1-a ""'
n=O
n = _

• Pour lai;:;. 1, an ne tend pas vers zéro, donc L an est grossièrement divergente.

pie 2

L (_lf+1
n~l n

• Sachant que i: = 101 tk-1 dt, (k E N*), il vient:

dt=
Un=L--=
n (_l)k+1
k=l k !n1
0 ( k=l
n
L(-t)
k-1) lol0 1----dt
1(_t)n
+t

Or, Jo l+t
r1_d_t =.fn2 et 1
Jo
r1_(l+t
__t)_n dtl,,; Jo n+1
r\ndt=_l_.D'OÙ !Un-tn21,,;_1_1 n+
Ce qui montre que la série harmonique alternée est convergente, de somme:

+:0: (_1)k+1
hm
n--HOO Un = L ---=k
k=l
.fn2

exemple 3
dont le terme général s'écrit Un = hn+1 -

•• Proposition

Soit (hn) une suite de E et (Un) la suite défine par 'ri nE N, Un = hn+1 - hn.

La série de terme général Un est de même nature que la suite (hn)l'\j, et, dans le cas de la
+00 +x
convergence, on a ""'
~ Un = ~""' (hn+1 - hn) = -ho + lim
n--++oo hn
n=O n=O
n
Il suffit de remarquer que 'ri nE N, Un = L Uk = hn+1 - ho
k=O
1
• Application : Etude de la série
L
n~O Arctan n2 + n + 1

1
Onaici 'rInEN, Arctan 2 = Arctan(n + 1) - Arctan n
n +n+1
'lT

donc, puisque lim


n-++oo Arctan(n + 1) = -2 ' la série proposée converge avec:
+00
1 'lT

L
""'
n=OArctan n2 +n+ 1 = '2
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 129

Remarque
La proposition précédente s'utilise aussi pour ramener l'étude d'une suite à celle d'une
série.
n 1
Par exemple, la convergence de [a suite de terme général hn = Lk -
k=l
en n, (voir
Analyse 1, Chapitre VIII, Constante d'Euler), peut se déduire de celle de la série de terme

general Un = hn+l - hn = n + 1 - {n 1 + Tl
, ,Ir ( 1)
Convergence que ['on peut établir au moyen de la règle des équivalents comme on le
1
verra par la suite: Un - - --9 .
2n-

D. Opérations sur les séries


)' Un et )' L'n sont deux séries à valeurs dans E et À un scalaire (ÀE IK).
• Si )' Un converge. alors L À Un converge et on a :
+::c +x'
L ÀUn =À Lun
n=û n=û
• Si L Un et ;: Vn convergent, alors L(un + vn) converge, et on a :
+x +x +X'

L(un + L'n) = L Un + L Vn
n=û n=û n=û
• Si )' Un converge et L Vn diverge, alors L(Un + un) diverge.
• Si )' Un et L Vn divergent on ne peut rien dire a priori de L(Un + un).

E. Groupement de termes
Définition:

d.12 Soit L
Un une sélie à valeurs dans E, une application strictement
<p

croissante de ~ dans ~ telle que (0) = o. <p

<;Cn+l)-l

La série de terme général Vn = L Uk est dite déduite de L Un


k=<;(n)

par groupement des termes ou par sommation par tranches (définies au


moyen de la fonction <p).
Exemple
<p: n ~ 2n. Un = U2n+ U2n+l.
L Un et L Vn ne sont pas nécessairement de même nature: par exemple, pour
Un = (_l)n et Un = U2n+ U2n+l,L Un diverge et L Un converge (série nulle).
Théorèmes:
On conserve les notations de la définition 12.
+x +cx:;

t.6 Si L Un converge, alors L Un converge et L Un = L Un·


n=O n=O

Si L Un diverge, alors L Un diverge.


130 Précis d'Analyse Il

lfiF i / La deuxième proposition du théorème est la contraposée de la première.

ii / La première proposition résulte de ce que (Vn), suite des sommes partielles de ~ Un,
est extraite de (Un), suite des sommes partielles de :L Un.
D

t.7 Si hm
n-++oo
Un = 0 et s'il existe ME ~r tel que \;/ n E~. Cf' (n + 1)- Cf' (n) ~ l'II,

alors :L Un et :L Un sont de même nature.

lfiF i / D'après le théorème 6, on a déjà: (:L Un converge) =? (:L Un converge)

ii / • Montrons maintenant: (:L Vn converge) =? (:L Un converge)


Lemme
Quel que soit n E~, il existe Pn E~, unique, tel que Cf' (Pn) ~ n <~ (Pn + 1)
De plus, on a hm Pn =
n-++x,
+x.
• Si pn existe, on a pn = max{p E~. ~ (p) ~ n}, d'où l'unicité.
• Remarquons que, pour tout Je E \', on a ~ (k) ?o k, il en résulte que le sous·
ensemble de ~, {p E~, cp (p) ~ n} est majoré par n, comme il est non vide (il contien
0), il admet un plus grand élément, ce qui assure l'existence de pn.
P

• En écrivant cp (p) =~ (p)- Cf' (0) = L [ç


k=l
(Je)- Cf (k - Ii] ~ pA!'

on obtient n <cp (Pn + 1) ~ (Pn + 1)111 donc hm


n-+x Pn = +X.
Démonstration de il /
lpCPn+1)-1 ii GIPn+li-1
Formons Un Il =

Ona
Il Vpn -
L
k=n+l Ukll'~ L
k=n+l Ilukli
lim Un=O donc, pour tout nE "'", il existe an = sup ii Up
n-++oo
p~n
et hm an = O.
n-++oo

En remarquant que cp (Pn + 1) - 1 - n ~ III, on obtient Il Vpn - Un ~ JIan


lim Un - Vpn = 0
donc n-++c'>C·
+x
Par ailleurs, en posant V= L
n=O
Vn, on a n~:rrx Vn = V,

hm pn =
donc, puisque n-++x +x (d'après le lemme), il vient hm \p"--= Il
n-+x
et, finalement hm Un = V.
n----'-+-x

Exemples - Travaux pratiques

exemple 4 /

1
1

•L
Un = n (_l)n,j
+ (_I)n,
Un est de même nature que
n?o 2
L Vn, avec:

1 1 -1
Vn = U2n + U2n+l = 2n + 1 - 2n = 2n(2n + 1)
[~2 n~l
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 131

exemple 5

cos (zn;) n~1


n
•L
n~l
Un est de même nature que L
n~O
Un, avec:

- 1 1 1
Un = USn+l + U3n+2 + U3n+3 = 2(3n + 1) - 2(3n + 2) + 3n + 3
- 9n- 5
= 2(3n + 1)(3n + 2)(3n + 3)
Dans chacun de ces deux exemples, L Un pourra être étudiée au moyen de la règle des
équivalents car Un est de signe constant (cf. Il).

F. Modification de l'ordre des termes


Définitions:

d~13 Soit '> Un une série à valeurs dans E et une permutation de N, eT

\. la sélie :> Un de terme général Un = n) est dite déduite de


110-!Un par L
modificaton de l'ordre des termes ou par ré arrangement (associé à la per-
mutation de Œ).
Remarques
1) Un réarrangement peut modifier la nature d'une série.

Considérons, par exemple, la série harmonique alternée Un =


n
On peut réarranger (Un)n~l en une suite (U~)n~l telle que L u~ puisse, par un regrou-
1
pement de termes, donner une série L Un telle que, pour tout nE N, Un > n + 1.
Il suffit en effet de définir (u~) de façon à pouvoir poser:
Uo = 1
1 1 1 1 1
Ul =-2+3+0+"'+15>2
1 1 1 1 1
~'2 =-4+17+19+"'+51>3
1 1 1 1
Un =- 2n + 2pn + 1 + ... + 2pn+l - 1 > n +1
etc.
1
(L'existence de Pn+l est assurée par le fait que la série L
k?'>pn
2k + 1 est divergente).
n-l 1 1
Par construction L Un est divergente car"\"'L k=O
uk ~ 1+ -2 + ... + -,
n d'après le

théorème 6, L u~ est également divergente.


Par modification de l'ordre des termes, on a ainsi transformé une série convergente en
une série divergente.
132 Précis d'Analyse Il

2) Un réarrangement peut, sans changer la nature, modifier la somme d'une série.


Considérons toujours la série harmonique alternée :[ Un transformée par la modification
de l'ordre des termes en :

L/
n"'l
Un = 1-
1111
"2 - =1 + "3 - 6+'
1 1 1
+ 2n + 1 - 2(2n + 1)- 2(2n + 2) + 2n + 3-
1
..
D'après t.7, L
n"'l
u~ est de même nature et a éventuellement même somme que:

~ Un = (1 -"2 1) - =1
1 + (1"3 - 6'1) - 8+
1 . - 2(2n1+ 2) + (12n + 3 1)
- 2(2n + 3) +..
1
Or, on constate que L
n"'l
Un = "2 L
n"'l
Un·

1 +x
En conséquence, L
n",l
Un et, donc,
n"'l
L
u~ sont convergentes, de somme 2'
n=l
Un. L
Le réarrangement «a divisé la somme par 2))!

d.14 Une série :[ Un à valeurs dans E est dite commutative ment convergente
lorsqu'elle est convergente et que toute série :[ Un qui s'en déduit par modi-
1 fication de l'ordre des termes est convergente, de même somme.
Des exemples nous seront fournis par les séries à termes réels positifs et les séries
absolument convergentes dans un espace de Banach.

II - Séries à termes réels positifs


RémarqÙespréliminaires
• On a vu que l'on ne change pas la nature d'une série lorsqu'on modifie un nombre fini
de termes. Les résultats qui suivent concernant la nature des séries à termes positifs
sont donc valables pour les séries réelles à termes positifs à partir d'un certain rang .
• Si:[ Un est à termes réels négatifs, à partir d'un certain rang, ~ -Un est de même
nature et est à termes réels positifs à partir d'un certain rang. Le présent paragraphe
permet donc d'étudier les séries réelles de signe ~()!1~~nt à partir d'un certain~ng .

A. Théorème fondamental - Conséquences


Théorèmes :

t.8 Pour qu'une série :[ Un à termes réels positifs soit convergente, il faut et il
1 suffit que la suite (Un):\j de ses sommes partielles soit majorée.
IGF Il suffit de remarquer que (Unh est dans ce cas une suite croissante.
o
Remarques
+x
On a alors, V n E N, Un ~ U avec U= L
n=O
Un·

Dans le cas de la divergence lim Un = +X.


n-'-+x
Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 133

Conséquences
1) Une série '> Un à termes réels positifs, convergente, est commutativement convergente.

l!2F Soit '> L'n déduite de L Un par modification de l'ordre des termes: Un = llv-(n) où cr est
une permutation de Pour tout n E "':è, on a :
n n p

\ln = L
k=O
Vk = L
k=O
llv-rkl ~ L
k=O
Uk avec P = max{cr (k), 0 ~ k ~ n}
+x
L Un étant convergente, il en résulte \;/ nE f'ii. Vn ~ L
k=O
Uk, donc d'après

+x +:::0

[e théorème 8, )' Un est convergente avec ~LUk


lc=()

+00 +-

En notant que Un = Ucr-lln!' on obtient de même L


k=O
uk ~ ~
/, J
+x
Finalement L
k=O
ule = L
le=O
vle'
o
2) Une série )' Un à termes réels positifs et une série L Un s'en déduisant par sommation
par tranches sont de même nature.
Comparaison d'une série et d'une intégrale
Soit J une application de [a, +x:[ dans IR, (a E IR+), continue par morceaux,
positive et décroissante.

La série de terme général Un = J(n) est de même nature de l'intégrale r= f.


.la
Remarque
L'intégration des fonctions continues par morceaux est traitée dans le Chapitre VI.

• Un n'a de sens que pour n ? no, où no est le plus petit entier naturel tel que no ? a.

On compare donc L n~T1D


Un
et .la rx f.
n
• Posons Un = L
le=T1D
ule' (n? no) ; (x? no).


Rappe[ons
• J étant
que, J étant positive, J:1 converge si et seulement si F est majorée.
décroissante, on a :

\;/n?no, J(n)?.ln r+1J et \;/ n ? no + 1, J(n) ~ r


.ln-l J
d'où
jn+l J ~
. T1D
Un ~ uT1D +
jnT1D
J c'est-à-dire F(n + 1) ~ Un ~ uT1D + F(n) (1 )


Si J:x J converge, F est majorée, donc, d'après l'inégalité (1), (Un)n~T1D est majorée

et le théorème 8 permet de conclure à la convergence de L


n~T1(J
Un.

• J = +x:,
Si J~xJ diverge, on a
lim
n----;..+oo ln+1
no
donc d'après (1), lim
n-++oo
Un = +00
"
et L Un diverge.
o
134 Précis d'Analyse Il

Applications
1
• Aièmmann: L -U,
n~ln
(aE IRS)

Si a"'" 0, la série est grossièrement divergente.


1 ·+x dt
Si a> 0, par application du théorème 9, n~1n -u est de même nature de ·1 L l tŒ'

Formulaire:

f.1 L -un1 converge


n~l
si et seulement si a> 1

1
• Série de Bertrand: L
n~2 n(tn n)
,,(f3E IRS)

1
Soit a = sup(2, e-(3),f: x ~ .. R est positive, décroissante sur [a. +x[.
x(tnx)
1
Ainsi L
n~l n(tn n)
est de même nature que .I+X
a .'dx
x([nx) Q , qui est de même

nature que {na l3


.l+X tdt (changement de variable t = tnx) .

f.2 L n(tn1 "converge si et seulement si


n~2 n)
f3> 1

B. Premier théorème de comparaison de séries


Théorème:

t.10 Soit L Un et L Un deux séries à termes réels positifs telles que:


'if n E 0"'" Un"'" Un
Alors:
il Pour que L Un converge, il suffit que L l-'n converge, et, dans ce cas,
+::>.: +=:-:

'if nE i";. 0 "'" Lk=n


Uk "'" Lk=n
L'k

iil Pour que L Un diverge, il suffit que ;> Un diverge.


n n
lB5' Notons
Un = L
k=O
uk et 1/n = L
k=O
vk, on a 'if nE '\. 0 "'" Un "'" 1/n.

il La proposition il est alors conséquence immédiate du théorème 8, et par passage à la


p p +:': +x
limite, l'inégalité 0 "'" L
~n
uk "'" L
~n
vk donne 0 "'" L
~n
uk "'" L
~n
cie

ii 1 D'autre part, si L Un diverge, on a n-+x


lim Un = +x, donc, de Un "'" \ln, on déduit

lim
n-----'+N Vn = +x et L Vn diverge: c'est la proposition iil. C'
l'
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 135

Applications
Règle:

r.i Critère de Riemann ou règle nO'Un

Soit L Un une sélie à termes réels positifs.


i / Pour que L Un converge, il suffit qu'il existe a> 1 tel que:

Un = 0 ( ~O') (resp. Un = 0 ( ~) quand n tend vers +x


ii/ Pour que L Un diverge, il suffit qu'il existe a~ 1 tel que:
1 1
n
-----ex = o(un) (resp. ---ex
n = O(Un» quand n tend vers +00

~ Si Un = 0 ( ~O' ) ou Un = 0( ~O' ) , ilexiste a> a tel que 'cf n E N*, a ~ Un ~ ~


1
Or, pour ex> 1, L -----exest
n convergente, donc, d'après le théorème 10, L Un converge.
1 1 . a
Si -----ex
n
= O(Un) ou -----ex
n
= O(un), ilexiste a> a tel que, 'cf nE N", Un ~ -----ex.
n
1
Or, pour ex~ 1. L nO' est divergente, donc, d'après le théorème 10, L Un diverge. D

Remarque

Les conditions Un = 0 ( ~O') et Un = 0 ( ~O') se traduisent respectivement par


lim nO'Un = a et (UO'un) est bornée d'où le nom de la règle.
n---'-+co

1
Exemple: Série de Bertrand: L
n;;e2 nO'(€nn)
Q' (a, 13) E 1R2

• Le cas ex= 1 a été étudié précédemment,


1 1
noter, que pour j3~
'."
0, l'inégalité n(fnn)
13 ~ 11peut être utilisée.

• Cas 1 <ex: soit '( réel tel que 1 <'«ex.


On a n"Yun = n"Y-O'(1nn)-I3, et, puisque '( - ex< 0,

n~+c() n
lim n"Yun=O c'est-à-dire un=o( \) (quel que soit 13).
D'après la règle de Riemann, L Un est convergente.
• Cas ex< 1: on a ici nUn = n1-O'cen n)-I3, et, puisque 1- ex> 0,
1
lim nUn = +'X
n~+w c'est-à-dire -n = o(un) (quel que soit 13).

D'après la règle de Riemann, L Un est divergente.


=ormulaire :

1
f.3
L
n;;e2nO'(fnn)
13 converge si et seulement si (ex> 1) ou (ex= 1 et 13> 1)
136 Précis d'Analyse Il

Règle:
r.2 équivalents
Soit I: Un et I: Un deux séries réelles
telles que, au voisinage de +x, Un ~ 0
et Un ~ Un. Alors, on a également Un ~ 0 au voisinage de +x et les deux
séries sont de même nature.
~ On a, lorsque n tend vers +x, Un - Un = O(Un) et Un ~ O.

1
Il existe donc no E "'J tel que, pour tout n ~ no, Un - Un 2" Un 1 ~

3
donc Un ~ 2"Un et Un ~ 2un. On conclut avec [e théorème 10. o
Remarques
1) Cette règle très importante permet de ramener l'étude d'une série (:compliquée» à celle
d'une série «p[us simp[e». Il sera utile de déterminer ['équivalent [e plus simple possible.
La technique de calcul peut utiliser [es développements [imités au sens fort.
2) Cette règle s'applique aux séries de signe constant à partir d'un certain rang.
3) Cette règle est en défaut si les séries comparées ne sont pas de signe constant au
voisinage de +x, (voir exemple 16 deuxième remarque)

Exemples - Travaux pratiques

exemple 6 ,~~/ _
l'Etude de la série de terme général Un = {/n3 + an - \/n2 + 3. (a ER)

• En développant Un on obtient: Un = ~ (~ - ~) + t) ( ~)

Si a *- ~,un ~ ( ~ - ~) ~ et)" Un diverge (règle des équivalents)

Si a = ~. Un = t) (:3) et; un converge (règle nCiun).

exemple 7

t=-Et
1 ~tu d"e' d e la sene
~. de terme
' genera
~ ~ l 1 [,ln +
Un = nCi 11+1
J n - \H ! n
" - 1·1-1]

(n + 1)1+1
n = n 1+1 1
n 1 + _n n = n e -+n 1+-) 1+-
n tn ,n; J

( ) 1+1 tn n (' l' 1\ (

Or (1 + ~ ) tn (1 + ~) = (1 + ~) (~+ 0 ( ~ ) ) = ~ + 0 (~) = 0 ( t~ n)
= n + tn n + o(tn n)
Donc (n + 1) 1+1
n = n e tnn+o(tnn)
n n = n (' 1+ ----rL
tnn + 07, .('tnn'))

De même (n-1) 1_1n =ne _ tnn+o(


n tnn ') =n-{nn+o(tnnl
,n.
1+11-1 tn n
Fianlement (n+I)'n -(n-li n =2tnn+oCtnnl et Un - 2-- nCi

D'après ['étude des séries de Bertrand, L Un converge si et seulement si CD 1.


Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 137

C. Sommation des relations de comparaison


Théorèmes:

t.11 Soit :L Un et '> L'n deux séries à termes réels telles que:
• '> L'n est à termes positifs à pmiir d'un certain rang
• ~ L'n converge
• Un = alUni quand n tend vers +x.

L L
+:..:::

i\lors, les restes d'ordre n Rn = Uk et Tn = Ule vérifient


k=n+1 k=n+1
--.!!~n=o(!n) quand n tend vers +x.
[@f' Po~r-tout:; 0, il existe no E; ~'jtel que, pour tout n ~ no, [Uni ~ SUn.

La série '> Un est absolument convergente d'après le premier théorème de comparaison.


+::>: +x

Pour tout n ~ no, on a


i

Ik~l
+:-:
~Lk=n+1
1 Uk[ ~S L
k=n+1
uk

c'est-à-dire IRn\ ~S Tn
D

t.12 Soit:L Un et )' L'n deux séries à termes réels positifs à partir d'un certain
rang telles que:
• :L Un converge
• Un +-=-~ L'n quand n tend vers +x.
Alors, :L Un converge également et les restes Rn et Tn vérifient Rn - Tn.
+r:x=:

[@f' On a ici Un - Un = o(L'n). Le théorème 11 s'applique et donne:

(un - L'n) = a ( k=n+1


~ c'est-à-dire Rn - Tn = o(Tn) D
k=n+1
~ L'n)'

Exemples - Travaux pratiques

exemple 8
+x 1
un équivalent simple de ~?
L k~ quand n tend vers +x
le=n

1 1
en considérant la série de terme général L'n= ----
n n+ 1
n+1 dx
en considérant la série de terme général
wn=! n 2x
1 1
• 1)

D'après le théorème 12, on a alors


Un = n(n + 1)- n2'
L 2'1 - L (1k -
+x k
k=n +x
k=n 1)1
k+

1
donc
Or ~+x (1k - k+1)1 n
138 Précis d'Analyse Il

on déduit
1
2) De
__
(n +1_
1)2 ~;,n+1
n cIx
x2 ~ ~n2
wn~2n

D'où, d'après le théorème 12 L k1 L l'k+1 2x


+C0
Ie=n
2" ~ +co
Ie=n' le
cIx

+0::. ,laI 1 1
Li ~
+co

Or Ie=n le x = rco
.1n
cIx = ~
x2 n
donc
L
Ie=n k2 ~;:1

exemple 9

Lk ----a
1 ) de An = '" Œ> 1 2) de Bn = Lk1.nk
'" (f) )Πex> 1
!1Touve,"n :;:'. Ie=n
Ie=n i:alent simple quand n tend ver::% 1
1) De ---~ - ~ - on déduit - - -
• (n +11)C< 1n+1
,n cIx
xC< 1
nΠ1
nC< ,1n+1
n cIx

et le théorème 12 donne ~
Ie=n k
1c< _ ~
Ie=n.lle
rk+l eL:
x
1
donc
1
ü-1
Or ~ jk+1
Ie=n' le
~ =
x
rco
.1 n
clx
xC< (a _1)nü-1 An~ (a-1)n

2) On a de même

!
1
n(fnn)ü r+1
~.ln eL,
x(fnx)Œ
+x clx
d'où on déduit d'après [e théorème 12
Bn - '. n -Œ
x(tnx)

c'est-à-dire 1 --,
Bn - (a -l)iJnn)

Théorèmes:

t.13 Soit L Un et Vn deux séries à termes réels telles que:


':>'

• L Vn est à termes positifs à partir d'un certain rang


• L Vn diverge
• Un = O(un) quand n tend vers +x,
n n

Alors, les sommes partielles Un = L


Ic=O
Ule et Vn = L Ie=O
L'le vérifient Un = olYn)

quand n tend vers + x,


8
~ Pour tout 8> 0, il existe no E 'c tel que, pour tout n "'" no. Un ~ 2L'n.
n
En écrivant, pour n"'" no, Un = Un:> + L
k=no+1
ule

n
on obtient Uni ~ i Un" + ')-'8 '"
L L'k soit aussi . Un: ~ 1 Unr,! - ~8 l'Tl{, + ')8 vTn
') ....
k=nê+1
8
Un. , - - ITn.
1.(1 [ 2 lU)

Par ai[leurs, on a lim Iln = +x donc hm =0


n-+:,: n-+:--: Vn
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 139

1': 1':
et il existe nI EC, tel que pour tout n ? nl Uno1 - "2 Vno ~ "2 Vn.
Finalement, n ~ max(no. nl) =? 1 Uni ~I': V'n, d'où la conclusion
o
t.14 Soit:>' Un et :>' Vn deux séries à termes réels positifs à partir d'un certain
rang et telles que:
• ) Vn diverge
• Un ...:...-;:
L'n

Alors, :>' Un diverge également et les sommes partielles Un et Vn vérifient


Un - Vn.
+x
~ On a ici Un - en = olvn!. Le théorème 13 s'applique et donne:

f(UK
K=O - vk) = 0(f K=O VK)
" c'est-à-dire Un - Vn = o(Vn)

Exemples - Travaux pratiques

exemple 10 _

'. En déduire un équivalent simple, quand n tend vers +x de ~ ken k


l" Vélific' que, l",-'que n ten d ve" +x n ln n - (fn ({n(n + 1)) k=2
~ (n f~ n)
• Un calcul de développements asymptotiques donne:

tn(tn(n + 1)) - tn(tn n) - nt~ n


1
D'après l'étude des séries de Bertrand, ~ -1:-
n1.nn est divergente à termes réels positifs, donc
n~2
n 1 n
d'après le théorème 14 on a ~ ktn k - ~ (tntn(k + 1) - tnth k)
k=2 K=2

n 1
soit L
"""'
n=2
k~nk - ftn
-{- " (tn(n+ 1») - tntn2] - tn(tnn)

exemple 11
n 1
un équivalent simple, quand n tend vers +x, de ~ -,- _. Œ< 1
k=2

• La série de Bertrand ~ el)'"


n~2k(nn
avec Œ< 1 est divergente.
~
_

1
x f-+ x(fnx)O: est décroissante au voisinage de +x, il existe donc no EN tel que, pour tout

n?no ~
1
(n+ l)(tn(n+ 1»0: in+I ---~--
.n dx
x(enx)O: 1
n(€nn)O:

et on en déduit n (en1 n )0: - i·n+l


n -e-'
x( dx -
nx) 0:
140 Précis d'Analyse Il

Le théorème 14 donne alors L


k=2 n .1{k+l
n k( en1 k)a ~ k=2 k x( en L
dxxt

Soit
L 1
n k(enkt
k=2 ~ .12{n+l dx
n
n)l-a
D'où encore
Lk=2
1 .~ ~ (en(n+ 1»l-a - (en2)1-a
(en
1- 0'

D. Deuxième théorème de comparaison de séries


Théorème:
t.15 Soit L
Un et L
Un deux séries à termes réels strictement positifs.
On suppose qu'il existe no E N tel que :
Un+l
--~ un+l
\f n EN, no~n =?
Un Un
Alors:
i / pour que L Un diverge, il suffit que L Un diverge.
ii / pour que L Un converge, il suffit que L Un converge.
+'X +cx:·

iii / dans le cas ii /, pour tout n ~ no, on a ""'.


L-- uk ~ Un ""' uk.
vnL-
k=n k=n
n-l

rr=
""" • Ona \fn>no,-= Un
Uno II
k=no
--donc
uk+l
uk
\fn~no,Un~'-Un Uno
Uno

et les propositions i / et ii / résultent du théorème 10.


• Supposons L Un convergente. +::-<: +x
On a, pour tout k ~ n ~ no, Un
uk ~ -Vk
Un
d" ou
L
""' uk ~ Un
k=n
Vn
k=n
uk L o

Règle:
r.3 Critère de d'Alembert
Soit L Un une série à termes réels strictement positifs.

i/ S'il existe k E ]0, l[ et no E ['\, tels que \f n E ~'" n ~ no =? Un+l ~ k,


Un
+X kUn
alors, L Un converge, et pour tout n ~ no
° ~ Rn = k=n+l
""'
L uk ~<-1_ k

ii / S'il existe no E ['\, tel que \f n E '\;. n ~ no =? Un+1 ~ 1.


Un '
alors, L Un diverge grossièrement .

... / S"l1 eXIse


111 . tEl'<,= lm --,
Un+l a l ors
n---'-+::c~ Un
• si t< 1. L Un converge
• L
si t> 1. Un diverge grossièrement
• si t= 1, on ne peut rien dire.
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 141

l0f Introduisons la série géométrique de terme général L'n = len: Vn+1


Vn
= le,

i / est conséquence immédiate du théorème 15

ii / résulte de ce que 1 unln~nü est croissante, donc \::! n ~ Tl{) , Un ~ Uno > 0,

iii / • Si .( < l, soit le tel que .« le < l, puisque lim


n~+x
Un+1
Un
=(, il existe Tl{) E [\j tel que

\-1
V n ~ Tl{).
Un+1
-u n ~
J
c,
d
onc L Un converge
-- d' . '/
apres l"

• Si.( > l, il existe Tl{) E '\ tel que \::! n ~ Tl{) , un+1
Un ~ 1, donc L Un diverge
grossièrement d'après ii/,

• Le cas .(= 1 peut se produire aussi bien avec une série convergente (L :2 )

qu'avec une série divergente (L ~) , o

Exemples - Travaux pratiques

exemple 12 ~ ~ _
1 ennl
Etudier les séries de termes généraux Un = -,
n; et Vn= -n-
n

• _ 1 Un+1 _ 1 donc l'lm Un+1
- =0 t\ /'
Un - n!' u;:;- - n + 1 n~+x Un e L Un converge, ,/

• ~-=e -- =e 1+-n =e n = -.l.~O(l)


e2n ' Tl
Vn n+1
Vn+1 (n) n ( 1) -n 1-n.(n(1+1)

= + 0 -n .
1n
c est-a- Ire -'-Vn 1 + -2
, . d' Vn~l (1)
vn~l
On se trouve dans le cas douteux: lim
n---'-+x
-'-
Un
= l,
, , Vn+1 1
cependant, on a, au vOIsinage de +x, --Vn - 1 ~ -2 n '

donc il existe Tl{) E i'\! tel que \::! n~ Tl{), --


Vn+1
Vn
- 1> 0 et L Vn diverge.
142 Précis d'Analyse Il

III - Séries absolument convergentes


Remarque
Pour étudier l'absolue convergence d'une série L
Un à valeurs dans E, on utilisera les
critères développés dans l'étude des séries à termes réels positifs.
En particulier, s'il existe L Un à termes réels positifs convergente telle que Un = o(un)
ou = O(un) quand n tend vers +X, L Un est alors absolument convergente.

1.16 Cas où E est de dimension finie, p.


Soit (eihoS;ioS;pune base de E, (un) une suite de E et (uh) ses suites composantes.
La série L Un est absolument convergente si et seulement si les p séries
composantes L uh sont absolument convergentes.
Il§ E étant de dimension finie, toutes les normes sur E sont équivalentes: la nature d'une
série ne dépend pas de la norme choisie.
p p
Utilisons la norme définie par Il x IiI = L
i=l
IXil avec x = L
i=l
xiei.

On a alors, pour tout n E N, Il Un III = L [u~i


i=l
donc l'absolue convergence des séries

L uh donne celle de L Un·


De même, \J i E [l,p],\J n EN,[uh[ IIUnI11' donc l'absolue oS; convergence de
L Un donne celle de chacune des séries L uh, i E [1, p] .
• Cas particulier
Une série L Un à termes complexes est absolument convergente si et seulement si la
série des parties réelles L an et la série des parties imaginaires ~ bn sont absolument
convergente, (un = an + ibn, (an. bn) E ::::12).
o
t.17 Une série L Un à valeurs dans E, espace de Banach, absolument convergente,
1 est commutativement convergente.
Il§ Ce résultat est admis.

t.18 Uensemble des séries absolument convergentes à valeurs dans E, espace de


Banach, est un sous-espace vectoriel de l'ensemble des séries convergentes
1 à valeurs dans E.
Il§ C'est un sous-ensemble non vide (il contient la série nulle) de l'ensemble des séries
convergentes à valeurs dans E d'après le théorème 5, et il est stable par combinaison
linéaire car IIÀ. Un+ f.l Unll oS; ,IUnl + f.l' L'n
o
Produit de Cauchy des séries complexes
Définition :

d.15 SoitL Un et L Un deux séries complexes, on appelle produit


n
de Cauchy de

L Un par L Un, la série L Wn de terme général Wn = Lk=O


UkL'n-k
1
Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 143

Théorèmes:

t.19 Src) muni des trois opérations - somme de deux séries, produit d'une série

1 par un scalaire, produit de Cauchy - est une [>algèbre commutative unitaire.


~ Même démonstration que pour la vérification de la structure d'algèbre de C [X].
D

t.20 Le produit de Cauchy /' Wn de deux séries à termes réels positifs conver-
gentes /' Un et L
L'n est une série convergente.

De plus ~n=OWn = (.~


\n=O un) ('.~
n=Oun) .
n n n
~ Posons Un = L
~o
Uk, \ln = L
~o
L'k, HTn = L
k~
Wk·

On a HTn = L
Id lE T-,
UkU(, Tn = {(k. [) E 10""" k """n,O """["""n - k},

Posons ln = {k E \, 10 """ k """n}, on a Tn cI~ c T2n· A


10,Zn) 1

L Un et L Un étant à termes réels positifs, on en


déduit:

L
'ld)E Tc
unv( """ L
, k,[ lE I;
ukv( """
r
L """
k,OE T2n
ukv(

c'est-à-dire l'ln""" Un \ln """W2n 01

Wn """Un \ln donne, pour tout n, Wn """ (~Uk)


k=O (~Vk)
k=O

Donc, d'après le théorème 8, L Wn converge et ~k=OWk """ (~Uk) k=O (~Vk)


k=O
De Un \ln """W2n, on déduit ensuite (par passage à la limite) :

D
(~k=O Uk) (~Vk)
k=O """~k=O wlc- Finalement ~k=O wk = (~Uk)
k=O (~Vk)'
k=O
t.21 Le produit de Cauchy L Wn de deux séries complexes absolument conver-
gentes L Un et L Vn est une série absolument convergente.

De plus
~n=OWn = (~un)
n=O (~vn)
n=O n
On a, pour tout n, IWnl """ w~ avec w~ = L
k=O
IUkl IVn-kl.

L w~ est le produit de Cauchy de L IUnl et de L IVnl qui sont des séries à termes réels
positifs convergentes, donc, d'après le théorème précédent, L w~ est convergente. Il
en résulte que L Wn est absolument convergente,
Avec les notations de la démonstration du théorème 20, on a :
144 Précis d'Analyse Il

Or, d'après le théorème 20 :

n~~oo
En conséquence
t k=O W~ =
lim
(f k=O IUkl)
Wn -
(f
k=O [Vkl)
Un Vn =0
= n~~oo (t (t
k=O [Ukl) k=O IVkl)

n---;.-+oo

c'est-à-dire f
k=O wk = (f k=O Uk) (f
k=O Vk) o

/;
"'
- Travaux pratiques

exemple 13
n
Z
Etant donné z E C, on considère la série de terme général un(Z) = n!'
1) Montrer que ~ un(Z) est absolument convergente.
+:0
2) On pose f(z) = L
n=O
Un(z). Montrer que l'application f : C--+C ainsi définie

vérifie V (z, Z') E C2, f(z + Zl) = f(z)f(z)


• 1) Le critère de d'Alembert donne la convergence de ~ [Un(z)l.
2) D'après le théorème 21, on a :

V (z,
1
z ) E C,
2
f(z)f(z)
l'
L L, (_
= +:0
n=O (nk=O
Z Z
k.k nm~k)
k.)1

Donc f(z)j(z) = L,1 L


+:0
n=O
n. (nk=O
en zCz n-k
k 1 1 )
= L
+:0 (z
n=O
n.!
+ z)n
=f(z + Z).
1

IV - Séries à termes quelconques


Semi-convergence
Les méthodes ci-après seront utilisées pour l'étude de séries dont on n'a pas pu établir
l'absolue convergence.

A. Transformation et règle d'Abel


Définition :

d.16 Soit E un espace vectoriel normé, (8n) une suite réelle et (an) une suite de E.
n
En posant, pour tout nE ""J, An =L ab on obtient:
k=O
n+p n+p~l

V nE rr, V p E l'J. L
k=n
8k ak =- L
8n An-l +
k=n
(8k - 8k+l) Ak+ 8n+p An+p
n+p

On dit alors avoir effectué la transformation d'Abel sur la somme L


k=n
8n an
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 145

Ona VnE~:r. an=An-An_l' Donc, VnEr:Jx,VpE


n+p n+p n+p n+p-I

L
k=n
8k ak = L
k=n
8k (Ak - Ak-Il = L
k=n
8k Ak - L
k=n-I
8k+l Ak

n+p-I

/---
~'-
.
- 8n An-I + Lk=n
(8k - 8k+l) Ak+ 8n+p An+p
.(
;Règle:

Règle d'Abel
Soit E un espace de Banach, (8n) une suite réelle et (an) une suite de E telles
que:
i / (8n) est décroissante et lim 8n= 0
n-~:..:::
n
ii / la suite (AnY. définie par V n E '\, An = L
k=O
ab est bornée.

Alors la série de terme général. Un =8n an est convergente .

• Il résulte de i 1 que V nE i"'J, 8n? 0 et 8n - 8n+l? 0


et ii 1 s'écrit ::3 M E Gr. V nE 11An!1 ~ IH.
n+p n+p

• Effectuons la transformation d'Abel sur la somme L


k=n
Uk = L
k=n
8k ak,

n+p n+p-I

on obtient: L
k=n
~8n liAn-Iii + L
k=n
(8k - 8k+l) IIAkl1+ 8n+p IIAndl

d ou
,. 1
Lk=n ukllIl ~ l'vI
n+p Ir
. (
8n + L
k=n
n+p-I
(8k -
,
8k+l) + 8n+p
')
= 2M 8n

Puisque lim
n-----+x
8n= 0, cette majoration montre que L Un vérifie le critère de Cauchy,
elle est donc convergente (E est complet par hypothèse).
D

Exemples - Travaux pratiques

exemple 14 -,
cosne
des séries --,,-
n
et
sinne
na-
• Posons an = cos ne, bn = sin ne .
. n
n-I
in-Issm-e
On a alors L..
'\""'(ak + ibk) = n-
'\""' eikS _ I 1- einS =e 2 2
k=O L..--
k=O 1- eC srn -
. e
2

n-I n-1 n-l . n-1


donc An_ I = '\""'
L..
k=O
ak = cos --2
. e
e sm
. n
"2 e Bn-I = Lk=O
b k-_ sln-' 2 . eesm -2n e
Sln- Sln-2
2
146 Précis d'Analyse Il

1 1
et 'if n EN,

IAnl ~ceI Ism2[ IBn! ~ cel


Ism21

La convergence de L --Œ-n
n~l
cos n 8
et L
n~l
sinn 8
nCi
résulte alors de la règle d'Abel.

e inB
• Les séries précédentes sont les parties réelle et imaginaire de la série I: -Ci-·
n .

1
Pour 8E 2 Tld:, on retrouve la série de Riemann )' qui converge si et seulement si
n
---ci'

a> 1.
Pour 8E iR.\ 2 Tld:,

einB
• la série I: -Œ-
n est absolument convergente si et seulement si a> 1, car

le;BI = :Ci'
• pour 0 <a~ l, elle est semi-convergente.
• pour a~ 0, elle est grossièrement divergente.

• Comme 1 ~sin n 81 ~ 1
nΠet Il ~.
sin n 81 ~ 1
nCi' pour a> l,
cos n 8 . sin n 8
les séries L n ~
--Ci-· et L n -
--Ci-· sont absolument convergentes.
On montre qu'elles sont semi-convergentes pour 0 <a~ 1par les inégalités
Icosn8\ cos2n8 1 cos2n8 ',sinn8[ sin2n8 1 cos2n8
-- ? n Ci = 2 nΠ+ ~n
') Ci et nCi? nCi - 'f'"
~n - ---.
(minoration par des séries positives divergentes).

B. Séries alternées
Définition:

d.17 Une sélie réelle I:


Un est dite alternée si et seulement si la suite ((-l)nun)
1 est de signe constant.
Onaalors: \;fnE~;"un=(-l)n un' ou 'ifnE'·,.Un=l-ll'"l+l Un
N.B. On pose, par convention, (-lP = 1.

l, Critère spécial des séries alternées 1

Règle:
r.5 Soit )' Un une sélie alternée.

! Si la suite (! Un ). décroît et si lim


n--:--::--=-
Un = 0, alors, ">' Un conyerge.
~ On peut déduire ce résultat de la règle d'Abel. En effet Un = [-IF 'Un
• (1 UnI) est décroissante de limite nulle.
n
• L
'·:~O
(_l)k est le terme général d'une suite bornée (elle prend deux valeurs, 0 et 1).
Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 147

Autre démonstration

• On montre que les suites de sommes partielles (U2n) et (U2n+l) sont adjacentes.
En effet jU2n+l ~ U2ni = u2n+l donc lim
n-+x (U2n+l - U2n) =0

et, si nous supposons que 'if nE Un = (_I)n iUni, on a :


U2n+2 ~ U2n = !U2n+2 ~ U2n+li ,s; 0, donc (U2n) décroît
U2n+3 - U2n+l= - u2n+3. + U2n+2 "" 0, donc (U2n+l) croît
(dans l'autre cas, les résultats sont inversés) .
• (U2n) et (U2n+l) sont donc convergentes et ont même limite, et (Un) converge.
D

Exemples - Travaux pratiques

exemple 15 ~--
Exemple important

La série
nées.
L ~,
n
(_I,n
0:> 0, est convergente d'après le critère spécial des séries alter-

12, Majoration de la somme 1

Théorème:

t.2~ Soit L
Un une série alternée convergente d'après le critère spécial et U sa
/' somme. Alors:

il U est compris entre deux sommes partielles consécutives quelconques,

ii 1 U est du signe de U() et UI ,s;


1 1 U() l,

iiii Rn désignant le reste d'ordre n, Rn est du signe de Un+l et IRnl,s; IUn+ll.


~

i/ résulte de ce que les suites (U2n) et (U2n+l) sont adjacentes.

ii/Dans le cas où un=(~I)nlunl,ona Ul,s;U,s;UO,

d'où 0 ,s; U() + Ul ,s; U ,s; U() et la conclusion.


Dans le cas où Un = (-I)n+llunl, on a Uo,s; u,s; UI.
d'où U() ,s; U ,s; U() + Ul ,s; 0 et la conclusion.
+::X:'

iii/ On applique ii/ à la série L


k~n+l
uk (de somme Rn).
D
148 Précis d'Analyse Il

C. Méthode par éclatement


Un développement asymptotique peut permettre d'écrire [e terme général d'une série
I: Un comme somme de deux ou plusieurs termes correspondant à des séries faciles à
étudier.

Exétnples - Travaux pratiques

exemple 16
(_I)n
co 0, n ~ 2,
-=-" .Jncx + (-I)n'

• Comme 1Un 1+X'


- ~,
~
la série I: Un est absolument convergente si et seulement si ex> 2,
n2

Pour ° <ex~ 2, écrivons au voisinage de +:X::, Un =~ - 30: +a 3Q'


(-Il"
n2 2n21 ( n21 )
La série I: (- ~n converge d'après [e critère spécial des séries alternées.
n2
(_1)n 1
Avec Vn = --0:- - Un on a Vn +~ -----S;:;-, (vn) est donc positive au voisinage de +:x::,
n2 2n 2
1
la règle des équivalents s'applique : )' Vn est de même nature que >----sa donc que
~ 2n 2

1 2
I: n2-----s;x, c'est-à-dire qu'elle converge si et seulement si ex> 3'

Conlusion

• 2
pour ° <ex~ 3' I: Un diverge (somme d'une série convergente et d'une série divergente) .
• 2
pour ex> 3' I: Un converge (somme de deux séries convergentes) .

Remarques
• On a limité le développement à deux termes, car. dans le deuxième terme, l'alternance
de signe a disparu, ce qui permet d'uitiliser [a règle des équivalents.

1. (_I)n
• Dans le cas ex= 3' on a L Un divergente et I: -'-nt)
1- convergente, bien que

Un -
+x (-11)n
_ la règle des équivalents ne s'applique pas aux séries qui ne sont pas
n6
de signe constant au voisinage de +:x:: .
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 149

/
n? 1.
~/n . ,
~"'Un = sin (' sinn)
exemple')7

Au voisinage de +x
SIn (sinn~,n)

Or, ~. 3 _ 3 ~' 1. 3 d '


bln n - "4 bln n - "4 SIn n, onc,

sin n sin n sin 3n


avec
Un = --y- - ---sr! + 24n + Lin
n3
sin n sin n
~ Lin est absolument convergente (règle de Riemann) et les trois séries I: --1-n3 , I: -n- et
sin3n
I: --n- sont convergentes d'après la règle d'Abel, donc I: Un converge.
Remarque
Les séries qui apparaissent dans le développement ne sont jamais de signe constant.
On a donc dû pousser ce développement assez loin pour pouvoir conclure à la nature
de la [(série reste ii par absolue convergence,

D. Méthode par groupement des termes


Etant donnée une série I: Un réelle, de signe constant, le théorème 7 peut parfois
permettre de lui associer une série de même nature et de signe constant.

Exemples - Travaux pratiques

exemple 18
(_1)n
n+ (- l'n'
) n? 2.

•• Le critère spécial des séries alternées n'est pas vérifié (la suite (1 UnI) N n'étant pas
monotone),
• D'après le théorème 7, I: Un est de même nature que I: Lin avec:
1 1 - 1
Lin = U2n + U2n+1 = 2n + 1 - 2n = 2n(2n + 1)
-1
Or, Un ~ --2
4n ' au voisinage de +x, donc I: Lin converge car la règle des équivalents s'applique
à I: Lin qui est de signe constant.
150 Précis d'Analyse Il

Exercices-types
Ex. 4. 7

Soit L Un une série à termes réels positifs. Soit (Un) une suite décroissante de réels stric-
Discuter la nature de la série L Un

v
1 tement positifs telle que la série L nU~ ,((xE ~),
avec Un = 9
1+ n-Un converge.

Calculer 1im nI-a. un.


Ex. 4. 2 n---..,.+cc.'

Soit L Un une série à termes réels positifs.


Ex. 4. 8
Démontrer que L Un et L Un sont de même
nature avec Montrer que la série de terme général
1 cos(tn n) .
Un = Tl (Un + un+1 + ... + U2n-1) . Un = __ est divergente.

EX.4.3

Soit (Un)nE:'\I* une suite réelle positive. !//


/ EX.4.9

Etudier la série de terme général

On pose Un = ~(~1,
Montrer que les séries
1\ (t
L
1c=1 kUIc)'
Un et L Un sont de de l'écriture décimale de n.
1
un = 10 - nP où p est le nombre de chiffres

même nature et, qu'en cas de convergence,


elles ont même somme. Ex. 4. 10

Ex. 4. 4 Soit f : [1. +x[ - JO. +x[ de classe CI telle

Soit L Un une série à termes positifs, conver-


que
.
hm -. -
f(x)
= -x.
gente, pour n "" 2, on pose: x-+x f(x)
U1 .en2 + U2 tn3+·· fUn tn(n + 1) 1) Démontrer que la série de terme général
Un =
ntn ntn(n + 1) finl converge,
Montrer que L Un converge.

Ex. 4. 5 2) Trouver un équivalent de Rn = L


lc=n+1
f(k)
Soit (un) une suite réJile positive décroissante
et p un entier naturel fixé, p "" 2.
lorsque n tend
/ .fX.
vers

Montrer que L Un est de même nature que Ex. 4, 11


LPnupn. Soit (un) une suite réelle positive strictement
1
Application: Nature de L n(tnnJ' ' . croissante telle que:

1·lm Un = + X et l'lm Un+1 = 1.


--
Ex. 4. 6 n----'-+::-<:: n-+::c Un
Soit LUn une série réelle positive, convergente. Montrer que, au voisinage de +X,
n
Pour tout entier n"" L ulc·
-l, on pose Rn =lc=n+1 L ----
""
1c=1
uic - ulc-1
uic
~ (n
+x
Un.

1) Montrer que, pour tout O:EJO.1[, la série


Ex. 4. 12
d ••
e terme genera 1 Un Un
= -0.- est con-

vergente.
Rn-1 Soit L Url une série à termes réels strictement
positifs.
2) Montrer que la série de terme général
Un~l À.
Un =
On suppose que -'-
Un
1 - -
n + Vn où À.E ~
Wn = Rn est divergente.
et '> Vn est une série absolument convergente.
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 151

1) r ---
Montrer que ~n Un~l = - -nÀ + U'n où ___ ~n.
" F~~ 4. 14
Un
L Wn est une série absolument conver- Etudier la série de terme général
gente.
(-lPncos n
2) En/d&duire qu'il existe A E _ tel que Un= ------
/ A ny"n + sin n
Un -:-. ----:\' au voisinage de +%.
~.'- 1] Ex. 4. 15 ~>
3)
/_
/
Etudfér la série de terme général:
n 1 i 1) Montrer que la suite de terme général:
~
Un = \' n~TI sin ---= 111
p=l vP
Un = 2n + 1 + 2n + 3 + ... + 4n - 1
Ex. 4. 13
(n ~ 1), converge et calculer sa limite e.
Etudier la série de terme général
(_lin 2) yeuver, quand n tend vers +co un équi-
----------

Un = + (-llp,
nC<\A.-,3· valent de t: - Un.
152 Précis d'Analyse Il

Indications
Ex. 4. 9

1 Considérer la série )' L'p avec


Etudier le cas particulier Un = ---cx
n
l'p = ~ Un.
Montrer que: lOp-l ~n<10P-I

(2: Un converge) =? (2: l'n diverge) Puis minorer l'p.


Ex. 4. 10
EX.4.2

Comparer les sommes partielles


1) Il existe a ? 1 tel que

f(x)
Vn et U2n-I Un et Vn.
x ? a =? J(x) ~ -1.
EX.4.3 En déduire une majoration de J(n),

Etablir une relation simple entre Vn, Un et nl'n. 2) Montrer que Jin + 1) = G (JCnJî
\. ./

EX.4.4 Ex. 4. 11

Remarquer que, lorsque n tend vers +x,


Comparer n en
1
n {n( n +
et
un-un-I
1 1 tn Un - tn Un-I +-=:: Un-I
en n - ()-(- . 1\ au voisinage de +x.. Ex. 4. 12

EX.4.5 1) Au voisinage de +x :
Encadrer Upn+I + Upn+2+' . +Upn+l
Un
tn -- n
un+I = --+vn+O
À
\.
" (Un -
, (','
n/
-)À\2')
EX.4.6
n 1
1) l'n = (Rn-I - Rn)R-;;Ci 2) Utiliser Lk
k=l
=';' + (n n + 0(1)
comparer 2: l'n et 2: l'~
Ex. 4. 13
1
avec l'n = RI-Ci
n-I - RI-a
n
Dans le cas [3<0' :
1 C Rn-I 1) Etudier l'absolue convergence
2) Comparer Wn à Wn = ~n ~
2) Pour la semi-convergence, effectuer un
Ex. 4. 7
développement asymptotique de Un.
n
Considérer
o
'""" uk
kCi
et utiliser le critère
Effectuer
Ex. 4. 14

un développement asymptotique de
k=E(R)+l Un-
de Cauchy.
Ex. 4. 15
Ex. 4. 8
1) Encadrer Un par des intégrales:
Montrer que le critère de Cauchy n'est pas sa-
tisfait. 2) [-un = L1up+I - Upl
p=n
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 153

Solutions des exercices-types


Ex. 4. 1

1
1) . Etude du cas particulier: Un = ----a.
n O'E ~"t.

1
Pour 0'< 1, ::;- Un diverge et Vn ~--:.
n2-(,
.--"-- avec 2- 0'> 1donc :L Vn converge .•

Pour 0'= 1, ~ 1 . /
L Un diverge et Vn = n + 1 donc:L Un diverge. /
Pour 0'> 1, :L Un converge et :
1
si 1 <0'< 2, .. n2-0: avec
Vn ~-::.: 2- 0'< 1 donc :L Vn diverge,

1
si 0'= 2,
Vn = .2 donc :L Vn diverge,
si 0'> 2. Un +x
~ 1donc :L Vn diverge.

L'étude de cet exemple montre que l'on ne peut rien dire de :L Vn lorsque :L Un diverge.

2) Montrons que si :L Un converge alors :L Vn diverge.

Supposons :>: Un et :L Un convergentes.


1 1- Vn
- --9' on tire
De Vn - 1 + n~un UnVn=~

d'où

1
Or \ÎUnVn"':;.2( Un + vn) montre, d'après le théorème 8, que :L JUnVn est convergente.
On a ainsi obtenu une contradiction, ce qui permet de conclure à la proposition annoncée.

EX.4.2
n
Pour n E f'r, posons Un = L
k~l
uk

+x +':'0

et lorsque ces séries sont convergentes, U = L


k~l
Uk V= LVk'
k~l
2n-l
1
On a alors
Vn = L
k~l
QkUk avec
inf(Jc.n)

L p
P~l+E(~)
1) De inf(k, n) ",:; k, on déduit:

donc

Il en résulte Vn",:; 2U2n-l

Si :L Un est convergente, on a V nE N, U2n-l ",:; U donc Vn",:; 2U.

D'après le théorème 8, la série :L Vn, à termes réels positifs, est convergente.


154 Précis d'Analyse II

1
2) Pour 1 o<S k o<S n, on a ak = k L p1 ;?o k 1 (k - E "2
(k))
donc ak ;?o 2;'

P=l+E(~)
n 1
Tenant compte de Vn;?o L
k=l
akuk, il en résulte Vn ;?o 2; Un, c'est-à-dire Un o<S 2Vn.

Comme au 1), on en déduit que la convergence de L Vn implque celle de ~ Un.


3) On déduit de 1) et 2) que les deux séries sont de même nature.
EX.4.3
n n
Posons, pour tout n E l':r, Un = L
k=l
Un Vn = L
k=l
Vn, on obtient:

Vn = L p(p1 L L L'plp 1
n
p=l
+ 1) p kUk = n kUk n
k=l k=l p=k
+ 1) = L L (1p-- p- 1 1')
n
k=1
kUk
n
p=k
+

donc L (1k - 1)1


Vn =
n
k=l
kUk n + = Un - nVn·
+x
Si la série L Un converge, l'inégalité 0 o<S Vn o<S Un o<S U = L
k=O
Un prouve que la série positive

L Vn converge.
De nVn = Un - Vn, on déduit que la suite (nUn) converge, soit A sa limite.
A
Si kt- 0, alors Vn -
+0:: n ce qui est contradictoire
- C>' L'n converge)

donc 11.=0 et V = lim Vn = lim Un.


n~+,::<: n---'-+:·:

Si la série L Un diverge et la série L Un converge, on a lim


rl-----'+::>:'::
hm Un = +:x
'Fn = \' et n--:-:-.:.:

d'où lim
n---'-+o::;:
nUn = +:X, ce qui est contradictoire avec (~ Un converge).

Donc, si la série L Un diverge, la série L Un diverge aussi.


Ex. 4.4
1 1 1
On a n t:n n {(n n + 1) +x ~n nn - {( ,n + 1 . donc d'après la règle des équivalents')'
- -[- .1 ~ L'n est de

même nature que L Wn avec Wn =


(' tnn
1 - tn(n +
1)11 L uiJnik
k=l
n
+ 11

(il s'agit bien sûr de séries à termes positifs)

Formons
p=2
L
Wn = n wp = np(1
p=2 k=l
LL .
tnp - tn(p1+ '\
11 1 uk tnO~ + 11
j

Wn = Ul Ln('1
.... ~~np -
{ni"p=2 t nlp 1)
. + 11' . + k=2
n uktnU~+ L I\L-[--
n('1 m p
p=k _1 )

1 1
L'introduction de ~~nn - tn(n+ 1) trouve sa justification dans ce calcul, car on a :

~n ( 1 - tn(p+
tnp 1 1)') = tnk
1 --- 1

Onadonc Wn=ul{n2 (1tn2- tn(n+lJ, 1 ")+Euktnlk+l,1


n , ,,('1
,tnk- _1 )
Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 155

n [n(1e + 1)
et il en résulte puisque les Un sont positifs
V n~ 2, Vv'n ~ Ul + L
lc=2
Uk [n le '

[nUe + 1.1 [n Ie+ 1


Or Ulc [n le -i--=::Uk , donc ')' Uk [n le converge (règle des équivalents),
[n le + 1
L
-i-:':
et avec S= Uk on obtient V n~ 2, l,1,!n ~ Ul + S,
k=2

La série ')' Wn à termes positifs est donc convergente (théorème 8) et il en est de même pour L Un,
Ex, 4,5

(Un) étant décroissante, on a, pour tout nE

! n-i-l ~ p n\) Up~:<~ Upr~+l T, Up"+2 + ... + Upc+l ~ (n+l


(,p p - p n) Upn
X p~1 X

d,ou,
' pour tout 1\"'"Eo, L
n=O
i n+l - P n\) Llp,,+l~ ,
(p L
k=2
Uk ~ L
,
n=O
lp
! n+l - p n) Upn
n
Posons, pour n~ 2, Un = L
k=2
Uk et

La double inégalité précédente s'écrit alors (1-~) ('\FY+1 - Ul) ~ Up-\+l ~ (p - l)Vn.

Si L Un converge, on déduit de (1- ~) (YY+l - ul) ~ Up-'+I que la suite (Vn) est majorée et
donc que L pnUpr. converge.

Si L Un diverge alors ~-+x


lim Up-'cl = +X, et on déduit de Up-\+I ~ (p - I)Vn que N-+oo
hm VN = +X,
donc L pnup" diverge.
1
Application: pour Un = ., on a
n([nn)'
1
donc L Un converge si et seulement si L )\
n converge, c'est-à-dire À> 1.

Ex. 4. 6

1) Ecrivons Un = (Rn-l " Rn)R;;~l' alors la décroissance de x f--ô> X-Œ, (a> 0), donne

(Rn-l-Rn)R;;~l ~ JifRn-l
Rn x-Œdx donc Un ~ 1-1a (R~=~ _R~-Œ)

Puisque 1- a> 0 et n!!.rpoo Rn = 0, la sélle de terme général u~ = R~=~ - R~-Œ est


n

convergente, (L d (le) = R~lŒ _R~-Œ


k=O
tend vers R~lŒ quand n tend vers +x), et l'inégalité
1
o ~ Un ~ -1--
~a u~ donne la convergence de L Un par application du théorème 10.
2) On a de même Wn = (Rn-l ~ Rn)-R1 ~ l'Rn-l -dx
n ,Rn X
donc Wn ~ w~ avec w~ = €nRn_l ~ €nRn.
La série ) hm en Rn = -% donc
w~ est divergente car n---;-+x, L Wn diverge (théorème 10).
156 Précis d'Analyse Il

Le critère de Cauchy appliqué à la série convergente L u~


n montre que la suite de terme général
n
an = '""' Uk converge vers O. Envisageons alors deux cas selon [e signe de a.
L., ka
k=E(~)+I

1) Si
an ~ [n - E (~ )] ~~ > 0 donc n!iIfoo [n - E ( i)]~: = O.

On a, par ailleurs, n - E (-2n) +x 2


~.!2: (car
n- E "2
(n)
="2 ou
n n+
-2-)1

donc n - E -2 n +x
----ex
~ -2 n Un et n~+x
l.m n Un = O.
[ ( n)] Un 1 I-a l' I-a

2)
Si q< 0, an ~ [n - E (~ )] ~: Un > 0 et on conclut de la même manière.

Ex. 4.8
Montrons que le critère de Cauchy n'est pas satisfait.

Soit k EN. Pour 2k'iT -3TI "" -Lnn


c
"" 2k TI +3'
'TI
c'est-à-dire e
21(,Ti~.:!I
3 "" n "" e
2kTi+~
3, on a
1
cosœnn) ~ 2'
n2

Posons donc nI = E ( e2kTI- i) n2 = E ( e2k '1T+3)


.,,\
et Sic = L
n=nl+I
un·
n2 - nI
On a alors
Sk~~'
21 TI 2k TI '7k TI ')k TI
De e CTI--3 - 1 < nI "" e TI--3 et e~ TI+-3 - 1 < n2 "" e - TI+~3.

on déduit nI +'x'
~ e2kTI- i n') ~
-+x
e
21c.,,+ or
3

nI _2TI n') - nI -2."


donc lim - = e 3 puis lim ---- = 1 - e 3 > 0
k-+cx:· n2 k~+x n2
En conséquence, Sk ne tend pas vers 0, d'où la conclusion.

Ex. 4. 9
l
On a pour n ~ 1, 10p-1 "" n "" 10P - 1 donc n < 10P . nP < 10 et Un> O.

Ainsi, [a série L Un est à termes positifs.

Pour p ~ 1, posons vp = L
IOp-l ~n<10P-I
Un : L vp est déduite de L Un par sommation par tranches.

Ona vp ~ C10P - 10p-l) [la - C10P - 1)~] = 9· loP [1 - 11- 10-PI~]

Posons wp = 9 ·10P [1- C1-1O-P)~]. Lorsque ptend vers +X, on a:

1 - CI - 10-P)P = 1 - eP' = -- +0 -- donc wp-


l l (nil-IO-P, p
lO-P p
(lO-P) ~'- p9
La série L wp (à termes positifs) est donc divergente. Puisque vp ~ wp. il en est de même de L vp,
et d'après le théorème 6. L Un diverge.
Chapitre 4 : Séries numériques et vectorielles 157

Ex. 4. 10

fix)
L'hypothèse lim - - =-x permet d'écrire:
x-<·c fixl
(1) VAER.3 aE [1,+x[,VxE [l,+x[.x"'" a le>:) ~A
=? f(x)
1) Prenons A = -1.
CoX l(t! p>:)
Pour tout x "'" a, on a 1 --',
,Œfir) dr ~ a- x donc (nf(-a')~ a - x,
, À
En posant À= f(a)eŒ, on obtient, pour tout n "'" a, 0 < f(n) ~ 11'
e la convergence de

)' f(n) en résulte, (théorème 10 et)' e-n est une série géométrique convergente).
2) De la proposition (1), on déduit:

(2) VAE?c.3aE [l,+x[,VnEN,n"'"a =? lnr+l f(t)


f(t)dt~A

et, puisque fit) '-, dr =


-',
.;Con+llItJ
n f.(n)'
tn (Jfn+l)) , (2) traduit que:

f(n+ 1) f(n + 1)
lim tn --- = - x ou encore que lim=O
n-+x f(n) n-Hx f(n)
f(n) - f(n + 1) +x
~ f(n),
En conséquence, on a Jin + 1) = 0 (I( n)) donc

t
le théorème 12 donne alors:

Rn = t
...I.......,~

k=n+l
f(l() +~
X
...1...

k=n+l
(IOc) - f(k + 1)) c'est-à-dire
Rn ~ f(n
+x + 1)

Ex. 4. 11
Posons Un = tn Un - tn Un-l, (n"'" 1), on a alors:
Un
Un = tn -- ~ -- - 1 (car -- tend vers 1)
Un-l
(Un) +x Un-l
Un
Un-l

L Un et L Un - UnUn-l sont donc des séries à termes positifs, de même nature.


n

L
Par ailleurs, "'. Ulc =
~l
(n Un - tn U{)donc L Un est divergente,
n
il en est de même pour L Un-l
Un - Un

et d'après le théorème 12, on a, quand n tend vers +x, L


'" ----
uk - ulc-l ~ .en Un.
k=l Uk +:0
Ex. 4. 12

1) On a w --Un = th 1- -n + Un
f) un+l ( À )

Pour n assez grand, on a 1 Un < 1 1 donc u~ < Un et 1 1 L u~ est convergente.

Pour tout n "'" 1, on a 1


Tl
Un ~ 1
IUnl donc L Tl
Un est ab:olument convergente.

Il en résulte que L ( Un - À)2 =


Tl -n-
L (2Un - 2Àun + n2
À) est absolument convergente

et finalement Wn L où Wn = .en ( U:~l) +~ = Un + (') ( (un _ ~ ) 2) est absolu-


ment convergente.
158 Précis d'Analyse Il

2) Avec les notations du 1),


n-l

en -Ul = L en --
uk
= - À L -k + Wn-l où Wn-1=LWk
(Un) n-l
k=l uk+l n-l1
k=l k=l
+'X
n-11
Or, Wn-l = W + 0(1) avec W = L wk et L k ='1 + €n n+ 0(1) ('f constante d'Euler),
k=l k=l
A
donc Un = ule-;\,Y-i>.€nn+W+O(l) et Un ~ )\ où A = ule-kY+ÎF E Ri~.
+,x n

3)
On a ici Un+l
-- Un = vn SIn
.1 Vn;::; = 1 - -6n + ?
n- .
1 0 (1)
A
Le résultat précédent donne: Un +-:::.: 1
n6
donc L Un diverge.
Ex. 4.13

• Si 0'.=[3, Un n'est pas défini lorsque n est impair, Supposons donc 0'.;>=[3
.

• 1 1
Si 0'.<[3,
Un = nl3 + (_l)nno.
nl3 [1 + (_l)nno.-13]
1
On voit ainsi que Un est défini et positif pour tout n~ 2, avec de plus ."':. 13'
Un 7-"- n
La série L Un est donc convergente si et seulement si [3> 1.

. (_l)n

• SI [3<0'., Un =
nO.
. [
1+ (-ltn ~
-0.1
J

On voit ainsi que Un est défini pour tout n~ 2 et que )"' Un est une série alternée.
1
On a IUn\ ~ ---a lorsque n tend vers +:x:, en conséquence:
+:0 n
pour 0'.> l, L Un est absolument convergente.
pour O'.~ l, L iuni est divergente.
Il reste ainsi à étudier le cas où 0 <O'.~ 1.

On a alors 1 = 1+ (_lp+ln13-û. + oCnl3-C')


1+ (_l)nn13-o.
donc Un = --Œ-
n (-If - -2 1 13 + 0 (1~13
n Œ- n-Û.- ')
La série L (-n~n est convergente d'après le critère spécial des séries alternées.

(_l)n 1
La série L Un,avec Un = Un- --0.-,
n est telle que Vn ~-=: -
n2c,-3'
' elle est donc de même nature

1
que L -9 -13' c'est-à-dire
n-Œ- convergente si et seulement si 2 ex - [3> l, (Vn est de signe constant au
voisinage de +:x:, on peut donc appliquer la règle des équivalents).
Finalement, pour 0 <O'.~ 1:
• si 2 0'. - [3~ l,)"'Un diverge (somme d'une série convergente et d'une série divergente)
• si 2 0'. - [3> l, L Un converge (somme de deux séries convergentes)
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 159

• Résumons graphiquement les résultats

Absolue convergence : ACT'


sup!o:. 131 > 1
Semi-convergence: SCI'

0:
sup (.o.~.f3+1) <0:"S 1
Divergence: DJV

Ex. 4. 14

Un développement de Un au voisinage de +x s'écrit Un = (_1)n vnn + ()


cos ( n2
1 )

En posant Un = Un - (_lin-----;==-
cos n on a donc Un = ()
vn ( 2"
n1 ) et L Un est absolument convergente.

cos n
En ce qui concerne la série L( _l)n-----;==-
vn
on peut conclure à la convergence par la règle d'Abel,

., , . cos n 8, , 1
(voir IV - etude des senes L~ :le cas present correspondant a 0:= 2.8= 1+ TI).
Finalement L Un converge comme somme de deux séries convergentes.

Ex. 4. 15

2n-l 1 1
1) On a
Un = L
k=n
2lc+ 1 La décroissance de]: -2'
j,1 +x [ ~~, tl-'> 2t+1

donne pour tout k ~ 1 --


j,.k+l 2t+1 1
"S -- "S --

, , .k dt 2k+1 k_12t+1dt
h'/(

dou -- "S un"S --


., l2n
.n dt
2t+1 1·2n-1
.n_12t+1 dt
1
c'est-à-dire -
2 en --
2n + 1
"S Un "S

2 en ---
-

2n - 1 On en déduit lim Un = - €n2.


1 (4n + 1) 1 (4n - 1) n-;+::o. 2
+·x

2) On a L(Up+l - up) =( -Un, cherchons donc un équivalent de u[l+l - Un.


p=n
1 1 1
Un+1 - Un = 4n + 1 + 4n + 3 - 2n + 1
1 1 2 2 1
donc,avecx=4n+2, Un+l-Un= --1+--1--
x - x + x = x(x 2- 1) et Un+l-Un ~ 32n
+00
-3'
Sachant que 3~,
n1 +'X. J.n+l
n
3'
dt
t
le théorème de sommation des équivalents (cas des séries

1
positives convergentes) donne L(up+1
+'X
p=n
- up) -, 32
+CX:.
1 l+::O
n
3dt
t d'où e -Un +~ 64n2
160 Précis d'Analyse Il

Exercices proposés

EX.4.3

Déterminer la nature des séries de terme géné- Soit L Un une série à termes réels strictement
positifs. On suppose que
rai:
n! Un+l
1)
nn lim
n---,..+x,
n€n-- Un
=t
( )tnn
n (éventuellement t= +x).
a +(€nn)vn
2)
1) Montrer que:
bn + (y'Tl) €nn ' a > 0, b > O.

n€nn
si {> e, L Un converge,
3)
(€n n)n
si {< e, L Un diverge.
(on pourra comparer L Un et
4)
(vn+l- vn) vn L ,1 R au moyen du théorème 15)
n(€n n)
5) 2) Montrer que, pour t= e, on a un cas dou-
€nchn
( €nsh n) n"én teux (considérer les séries
1
6)
4
-Arctan--
n-1 L n tn n(.tn en n) R)'
'TI n+ 1
( ) nCenn)"
Ex. 4.4

7) La suite réelle (un) est définie par ua E ]0, 'TI [


€nn
(1- _1 )€n"n et la récurrence Un+l = sin Un.
n ex
Etudier les séries :> u~, 0:> O.
8) Arccos 1+ n ex
EX.4.5

Pour tout n E l'''J', on note J(n) le nombre de


9)
(1 + Jn) -nvn zéros de l'écriture de n en base 10.

Etudier suivant les valeurs de a E R~, la nature


a!lnl
10)
(
Arctan(n+
Arctan n
1)
) nU de la série L
n;;,l
------z.
n
EX.4.2
Ex. 4. 6

Soit L Un une série à termes réels non nuls Montrer qu'il existe une suite réelle (xn) telle
lim Un =
telle que n--'-+x O. que: \::j n E'\,Xn = Argth(tanxn),
TI
Montrer que, s'il existe un nombre réel r E ]0. 1[
n ••< Xn < n •• + 4'
tel qu'à partir d'un certain rang no on ait Etudier la série de terme général:
Un+l
-1~ --
Un
~ r, alors L Un est convergente. Un = n'TI
••
+4 - Xn·
Chapitre 4: Séries numériques et vectorielles 161

Ex. 4. 7 Ex. 4. 11

Montrer qu'il existe une suite réelle IXni telle


Application de la règle de Raabe Duhamel
que: V nE. é(c + Xn - n= 0,
Etudier la série de terme général
Etudier la série de terme général:

Un = Xn - a (,n n - -n
b (,'n n. ( a. bi E ,'ç.
_?
Un = ak=2
:t (,n(leb)
Ic(,n b
où a E et b E IM~.
EX.4.8
Dans le cas douteux, on pourra chercher un
Soit (Un) une suite décroissante de réels stric-
tement positifs. Montrer que, s'il existe un en- équivalent de Un en montrant qu'il existe un réel

tier le > 1 tel qu'à partir d'un certain rang no,


leukn ?'o Un pour tout n, la série L Un est di- À tel que
n~+x
hm
L
(~-i-,-
k=2
Ie~nlc
f.n(en n)) =À.
vergente.
Ex. 4. 12
EX.4.9

Soit L an une série réelle positive convergente 1


\.Fn = -n - (,n n + fn(n - 1)
de somme A. Montrer que la série de terme
1 +x

général bn = (fI ak)


k=1 Tl est convergente et
1) Montrer que I: Wn
n=2
converge. Calculer

sa somme en fonction de la constante


que la somme B vérifie B "'" eA.
d'Euler.
Ex. 4. 10

La règle de Raabe Duhamel. 2) Montrer que,

Soit L Un une série à termes réels strictement +x 1


positifs telle que, au voisinage de +x : L
'\" WP +X'
- -- 2n
p=n+l

3) En déduire que, quand n~ +x,


Un
un+l = 1_ ~n + 0 (~)
n
1) Montrer que:
I:-=tnn+'Y+-+o -
si 0'< 1, L Un diverge, n p1 2n
1 n
(1)
p=1
si 0'> 1, L Un converge.
Ex. 4. 13
2) En considérant les séries de Bertrand
1 Etudier la série de terme général
L n(f.n n) 13' montrer que 0'= 1 est un
cas douteux. Un = cr (1 - t) dt
n1 .0
!nI 2 n

tE?~riesà termes quelconques


(-1) nsin vn:

Déterminer
Ex. 4. 14

la nature des séries de terme géné-5)


7)
8)
.0 cos
cos
tn
XSln
!n2 [TI
nvn:
tan
vn:+(-l)n
n2 en21et;1+ ~1dx1)
n nx . ( n ]
rai: 6)
[
TI n (_l)k]
1)

(_l)n
2)
en n + (_l)n

3) tan -4 + -- na - 1
(TI (_l)n)
(_1)"
4) nvln-1
162 Précis d'Analyse Il

+= (_l)k
9)
2..=
k=n
en k Un (_l)n
= ~ 1+=
n xŒ+13 + dx
(_l)nxŒ

17

10) (t ~!)(t (~~)k) - 1


k=ü k=ü
Etudier la série de terme général

sin 'TT yin


11) 2..= (- ~) Un = n Π,CiE ]0,1] (on pourra comparer
1+=
k=n k lenn
sin \/X
Ex. 4. 15
2..= Un avec r+x
-0-'
x
'TT

-dx
n""l JI
Etudier la suite de terme général :

Un = II
n
p=1 (
1+
(-1t+1)
P
Π' CiE ]0, l[
Ex. 4. 18

Montrer que la série de terme général


Ex. 4. 16 z(z - 1) ... (z - n + 1)
Un = n.,
Etudier, suivant les valeurs de (Ci, [3) E !Ri2, la
série de terme général: où ZEe avec Re Z > 0, est convergente.

Sommes de séries

Ex. 4. 19
/ '
f n \
+x n - aE \- al
l, .
1

Calculer les sommes des séries suivantes, en 4) 2..= n(n+ ) -' a E o.'.,. a >2
~ .
n=1
montrant leur convergence:
+= n
5) 2..= 1
1) 2..=
n=ü
n4 + n'" + 1 n=O

2) E
+X(
...1..00
1
vn-1
Ti
1
+ Vn+1 -vn2) 6) tn=O 0
/2 (n(sin x) sinn xdx

3) t(_1)n]2 cosnxd.\: 7) ~ (_Ile


n=O 0 n=2 n

Suites et séries

Ex. 4. 20 Déterminer la nature de la série de terme géné-


Etudier la suite de terme général: rai Un - {n2,
n 1 Ex. 4. 22
Un = 2..= --- - Argsh n
k=l~ Etudier la suite réelle définie par:
o
Ex. 4. 21 1+ Un
ua = O. Un+l = ------:z-.
Montrer que la suite de terme général Trouver un développement asymptotique à trois
111 termes de Un. (n - +:x:).
un = en+1 + en+2 + ... + e2n - n
converge vers {n 2.
Chapitre V

Suites et séries
de fonctions

Notations
Dans tout ce chapitre, on convient que:
fK= R ou :C, A est un ensemble non vide,
F est un K-rspace vectoriel normé complet, donc un espace de Banach,
::F (A, F) est l'espace vectoriel des applications de A dans F donc
dl (A, F) est le sous-espace de ::F (A, F) formé des applications bornées,
'!Ji (A, F) = r,
Dans le cadre des programmes M, Pet p', on se limite au cas où F est de dimension finie.
Comme F désigne toujours l'espace d'arrivée des fonctions étudiées, et qu'en général
F = IR ou :C, la norme de F sera notée 1.1 .

A toute fonction f
E::F (A, F), on associe sa fonction norme notée lfl E'!Ji (A, IR)
définie par A -[Ri, x H> lf(x) 1 '

II- L'espace vectoriel normê C!A(A,F)


Définition :

d.1 On appelle norme de la convergence uniforme sur dl (A, F) l'application:


dl (A,F) ~IR. fH> Ilfl[x = suplf(x)1
1 XEA

S'il est nécessaire de préciser A, on notera Ilf II~ = sup lf(x) 1


XEA

L'espace vectoriel normé (dl (A, F), Il . ) est noté ÇfJJx(A, F).
Théorème:

L'espace vectoriel normé ÇfJJx(A, F) est complet.


}flt.11

lf'iF
Soit (jn)~ une suite de Cauchy de dlx (A, F) :
pour tout nE N, il existe 8n= sup Ilfn~p - fn Il::0 et on a lim 8n= O.
n-++oc,
pEN

Pour tout x de A, la suite (tn(X)) N est de Cauchy dans F car:


sup lfn+p(x) - fn(x) 1 '-S;8n
pEN

Or F est complet, donc elle converge :f(x) = n~+oo


lim fn(x), ce qui définitf : A -+ F.

Cette fonction est bornée car lfn+p(X) 1 '-S; lfn(x)1 + 8n'-S; Ilfn 1100
+ 8n
donne, en faisant tendre p vers +x, lfCx) 1 '-S; [[fn 1100+ 8n.
164 Précis d'Analyse Il

De même lfn+p(x) - fn(x)1 ~On donne lf(x) - fn(x)1 ~on


et donc IIJ - Jn \\00 ~on. Il en résulte lim
n----:-+oo
IIJ - Jn 1100 = O.
La suite de fonctions (fn)"'d converge donc vers J dans l'espace 7A00 (A, F).
o

II - Convergence d'une suite


ou d'une série de fonctions

A. Convergence simple, untforme, normale


Définitions :

d.2 Suite et série de fonctions


1

On appelle suite de fonctions une suite (fnh" de terme généralJn E;iF (A, F).
On appelle série de fonctions une série ~ Unde terme général Un E;iF (A, F).
n
La suite de fonctions de terme général Sn = L
i=O
Ui est la suite des sommes

partielles de la série de fonctions L Un.


Remarques
1) L'étude d'une série de fonctions L Un peut ainsi se déduire de celle de la suite de
fonctions (Sn)N'
2) Les fonctions Jn doivent avoir un ensemble de définition commun A (A ne dépend pas
de n).

d.3 Convergence simple d'une suite de fonctions


On dit que la suite de fonctions (fn)'" de ;iF (A, F) converge simplement sur
si, pour tout x E A, la suite Vn(X») converge dans F.
On appelle limite de la suite Vn) ", la fonctionJ de ;iF (A. FI définie par:
J :A - F, X i--7 hm Jn(X)
n-+x

dA Convergence simple d'une série de fonctions


On dit que la série L Unde fonctions de ;iF (A. F) converge simplement sur
si, pour tout x E A, la série de terme général Un(x) converge dans F.
On appelle somme de la série L
Un, la fonction S de ;iF (A. F) définie par:
+x
S : A - F, X i--7 L
n=O
un(.>':)

Il s'agit de la convergence simple sur A de la suite (Sn)'" des sommes partielles de la


série de fonctions L Un·
d.S Convergence uniforme d'une suite de fonctions
On dit que la suite de fonctions Un)'" de ;iF (A, F) converge unifonnéme~t
sur A s'il existe une fonctionJ de .ey (A, F) telle que lim ilJ - Jn cc = O. n---'-+x'
Chapitre 5 : Suites et séries de fonctions 165

Remarques
1) Ceci suppose qu'à partir d'un certain rang r, chaque fonctionJ - Jn (n ~ r) est bornée
et que la suite Cf - Jn)n~r converge vers 0 dans élAx (A, F).
2) Dans ce cas, pour tout x de A, Lf(x) - Jn(x) IIJ - Jn Iloc : la suite de fonctions
1 ~

converge simplement sur A versJ, (c.f propriété 1 suivante).


Cfn)',
3) Il se peut qu'une suite de fonctions Cfn)N de ;if (A F) converge simplement sur A vers
lim IIJ - Jn II~ = O.
JE 2F (A, F) et uniformément sur une partie B de A c'est-à-dire n--++oo
La limiteuniforme de sur B est la restriction de J à B.

4) Une suite (Jn)', de fonctions bornées (ln E éIA (A, F») qui converge uniformément sur A
a une limiteJ bornée if E éIA (A. F)).
d.6 Convergence uniforme d'une série de fonctii?1:ls
On dit que la série de fonctions L Un de ;if (A, F)
n
sur A si la suite de fonctions Sn : n ~ L
;=0
Ui converge uniformément sur A

Remarques
1) Dans ce cas, la série de fonctions :>: Un converge simplement sur A
+x
On dispose de la fonction somme S : A ~ F, x ~ L un(x)
n=O

et de la suite de fonctions (Rn)'" de 2F (A, F) (reste d'ordre n) :


+%

Rn : A -;- F, x ~ L
k=n
Uk(X)

2) Dans ces conditions S - Sn = Rn+1 et il est utile de retenir:


La convergence uniforme sur A de la série de fonctions L
Un équivaut à la convergence
uniforme sur A de la suite de fonctions (Rn)', vers 0 (fonction nulle de ;if (A, F)).
Convergence normale d'une série de fonctions
On dit que la série de fonctions L Un de ;if (A, F) converge normalement
sur A si la série réelle de terme général Il Un est convergente.
Remarques
1) Ceci suppose qu'à partir d'un certain rang r, chaque fonction Un (n ~ r) est bornée.
2) La convergence normale est une notion qui ne s'applique qu'aux séries de fonctions.
Propriétés:

p.1 ConvergenceJ!!?iivYïl18 =? convergenc~_~:p~


Pour une suite ou une série de fonctions de 2F (A, F), la convergence uniforme
1 sur A entraîne la convergence simple sur A.
~ C'est l'objet de la remarque 2) de la définition5.
p.2 Convergence normale =? convergence uniforme
Si une série de fonctions L
Un de gji (A, F) converge normalement sur A alors
1 elle converge uniformément sur A
La série de terme général Il Un , (n ~ r), est convergente:
pour tout x E A, IUn(x)1~ Il Un Ilx
donc, par critère de comparaison de séries positives, la série Un (x) converge. L
C'est la convergence simple sur A de la série de fonctions Un. L
166 Précis d'Analyse Il

+x
Introduisons les restes d'ordre n de la série réelle L Il Un Ilx, pn= L
/c=n
Il U/c

+x'
et celui de la série de fonctions L Un, Rn: A ~ F; X f--?> L
/c=n
u/c(x), Majorons :

""Pn
1 E
n+p u/c(x) 1 "" EIU/c(X)1
n+p "" EII
n+p U/c
d'où IRn(X)1 ""pn , Il Rn ""Pn et lim
n---i-+,x,
Il Rn Ilx = O.
Comme la suite de fonctions (Rnh converge uniformément sur A vers 0, la série de
fonctions L
Un converge uniformément sur A.

Remarques
1) Une série de fonctions L Un de 2F (A. F) peut simultanémant converger:
simplement sur une partie B de A' uniformément sur une partie C de B et normalement
sur une partie D de C.
2) Il est indispensable de préciser l'ensemble de convergence simple, uniforme, normale
d'une suite (ou série) de fonctions.

Exemples - Travaux pratiques


1
exemple 1 /~

1
Montrer que, ,uit1,!de
Soit (j;,) une pour toute suite CX:n),\'1
fonction, de :J de(A, A,
Pl la
quisuite
ronve,"e est convergente
Vn(Xn»)uni[onn'ment ve" o.
.

• A partir d'un certain rang r, chaque fonctionfn (n ::;, r) est bornée


et la suite réelle n f--?>
Ilfn Ilx = sup Ûn(x)1 converge vers O.
XEA

Par comparaison Ûn(xn)1 "" Ilfn Ilx, la suite Vn(xn»)" converge aussi vers O.

exemple 2 ~ .--=-

Soit fn: IR--,.IR. x f--?>


fn(x) = _sl_'n_2_1l:_x
llX (InC0) = 0) .••.
~

iLYMontrer que chaque fonctionfn est bornée (n ::;, 1).

~ ;' Montrer que la slli~~e. fonctions (jn h,* converge simplement sur iR(.
c La convergence est-elle uniforme?

• 1) La fonction cp: IR--,.!R, tf--?><.p(t)=-t-.


~t (<.p(0)= 1) est continue sur IR et bornée, Il Cf Ilx = 1.

De plus ûn(x)1 "" 1 sl~nxl = !<.p(nx)! "" 1, donc chaque fonction fn est bornée et
continue.

2) n x 1 donc
Pour tout x E IR~, ûn(X) 1 "" ~l' n-+x
hm fn(x) = 0, et commef(O) = 0, la suite de
fonctions (fnh,* converge simplement sur IR vers ° (fonction nulle).L.--

Comme fn (Ti) 2n = 2Ti' la suite ((Ti))


fn 2n 'i* ne converge pas vers 0, donc la suite
de fonctions f(n)~,,* ne converge pas uniformément sur IR, d'après l'exemple précédent.
Chapitre 5 : Suites et séries de fonctions 167

Méthode
Pour étudier la convergence simple et uniforme d'une suite de fonctions, on pourra suivre
le plan suivant:
1) Etude de chaque fonction fn

• Donner explicitemeot fn: A ~ F, X i-+ fn(x)


L'ensemble de définition A ne doit pas dépendre de n.
• Remarquer la parité, la période, la continuité de fn.

• Dessiner l'allure du graphe de la fonctionfn (n = 1, 2,' .. , 100)


2) Etude de la converqence simple de la suite (fn)N

• Fixer x dans A et étudier la convergence de la suite (Jn(X) ) N'

• Trouver l'ensemble B = {x E AI (fn(x») N converge}


• /
Expliciter la limite f :B - F, X i-+ fn(x) = lim
71----7-+0:.'
fn(x)

• Conclure: la suite de fonctions (fnhj converge simplement sur B vers la fonction f.


3) Etude de la converqence uniforme de la suite (fnh.
• Expliciter la fonction différence: On=f - fn

On : B ~ F, X i-+ f(x) - fn(x)


• Chercher une partie C de B où chaque fonction f - fn est bornée.
Si possible, calculer Iif - fn Il~ = sup lf(x) - fn(x)1
XEe
ou trouver une suite réelle majorante (j..I..n)', : V XE C, lf(x) - fn(x)[ ~j..I..n.
• Si la suite réelle n i-+ ilf - fn II~(resp j..I..n)converge vers 0,
conclure : la suite de fonctions (fnh, converge uniformément sur C.

exemple 3
/'
fn : IR~IR, x i-+ fn (x) = inf n, xn ' (n E i\r).
V ( 2)
;etudier la convergence simple et uniforme de la suite de fonctions (fn)j\!' .

• Chaque fonction fn est paire et bornée.


Pour tout x E IR,dès que n ?'o 14
2
x
fn(x) =-n
fn
. donc lim
71--'-+·:-':':':
fn(x) = O.

Conclusion: la suite de fonctions (fn)o,.


converge simplement sur IRvers 0 (fonction nulle)

Par ailleurs, sup lfn(x)1 = Ilfn 1100 = n.


XE ?,

La suite (fn)~, ne converge pas uniformément sur IR;,

x
168 Précis d'Analyse Il

1+ XZn+l
= Z nE
l+x n
suite de fonctions (fn)N converge i;limplement sur (versI). [R;

Hure des courbes représentatives (cen) et (ce) defn etf.


'l'sa convergence uniforme sur 1 ~ a.~ 1 + a[ pour tout a> O.
[R; \] -

• Observons que fn(-l)=O, fn(O)=l et fn(l)=1.


1) Convergence simple
Les courbes (cen)nE N* des fonctions (fn)N ont donc trois points communs:
A=(-l,O) , B=(O,l) , C=(l,l)
x-l
Si Ixl > 1, fn(x) - x
n--++CXJ
et x - fn(x) = -Z-n--
X + 1
xZn(l -x)
Si Ixl < 1, fn(x) - 1 et 1 - fn(x) = Zn
n--++CXJ l+x
La suite (fn)N converge donc simplement sur [R; f
vers définie par:
si x<-l

f : si x = -1
[R;-+[R;,
-1 1
2) Convergence uniforme
X~ g si