Vous êtes sur la page 1sur 1

Le pouvoir réglementaire en France

1/ Le domaine de la loi (article 37 de la Constitution)

2/ Le domaine réglementaire (article 34 de la Constitution)

3/ La normalisation du pouvoir réglementaire en France

Entre les deux guerres mondiales, les démocraties occidentales sont marquées par la nécessité
des décrets-lois : le Parlement, par une loi dite de pleins pouvoirs, autorise le Gouvernement à
modifier la loi existante par décret pendant une période de temps donnée et seulement pour

e
atteindre certains objectifs. Voulant rompre avec cette habitude jugée mauvaise, la IV
République les interdits mais par une loi du 11 juillet 1953, la pratique des décrets-lois
réapparaît. La Constitution de 1958 rend le recours à cette technique inutile puisqu’elle
prévoit les ordonnances. Celles-ci ne correspondent plus à un but précis mais à un domaine.
Les articles 34 CF et 37 CF répartissent les différentes matières entre la loi et l’ordonnance :
le domaine de la première est défini (art. 34 CF) tandis que celui de la deuxième (art. 37 CF) a
compétence générale. M. Marcilhacy, du Comité consultatif constitutionnel, aurait qualifié «
d’abominable » le principe posé par les articles 34 et 37. Les domaines respectifs sont
protégés par le Conseil Constitutionnel, mais au fil du temps la frontière est moins rigide. Le
Conseil admet d’abord la recevabilité d’un recours contre une loi pénétrant dans le domaine
réglementaire, puis renversant sa jurisprudence, il estime en 1982 que « la Constitution n’a
pas entendu frapper d’inconstitutionnalité une disposition de nature réglementaire contenue
dans une loi ».

Le Gouvernement ne peut donc s’opposer à un texte portant sur le domaine réglementaire


qu’au moment de sa discussion, en utilisant la procédure prévue par l’article 41 CF. Il peut de
plus, une fois la loi promulguée, demander au Conseil constitutionnel de la déclasser en
application de l’article 37 al.2 CF, ce qui lui permet ensuite de la modifier – ou même de
l’abroger par décret. Devant les séries d’extensions du domaine de la loi opérées par le
Conseil Constitutionnel, on peut se demander quelle est l’efficacité actuelle d’une telle
disposition constitutionnelle.